Merci de vos reviews, contente que ça vous plaise. J'espère que vous n'allez pas stresser ;).
Jo ne se réveilla que deux heures après, avec la sensation qu'on venait de la passer dans un rouleau compresseur. Sa bouche était pâteuse et sa vision plutôt floue.
Elle était allongée sur du béton glacé et tout était sombre autour d'elle. Il semblait n'avoir que très peu de lumière. Après plusieurs minutes à rester allongée, en position de fétus, elle finit par se relever, ses yeux retrouvant une vision normale. Sa tête tournait encore, mais elle savait qu'elle finirait par reprendre ses esprits.
Elle prit connaissance de l'endroit où elle était. Il y avait une porte avec une petite fenêtre et une trappe au bas, digne d'une prison. Il y avait un matelas posé sur le sol, un miroir à moitié brisé dans un coin et une petite table, peu stable. Elle s'appuya contre le mur pour se donner de l'élan et se leva avec difficulté. Il y avait une autre petite pièce à l'intérieur de celle où elle était et en poussant la porte, elle vit qu'il s'agissait de toilettes avec un lavabo. Il n'y avait aucune fenêtre alors elle ne pouvait compter dessus pour tenter de s'échapper.
Elle appuya fortement sur sa tête et sentit une petite bosse. Pendant son état comateux, elle avait dû heurter quelque chose.
Elle s'appuya sur le rebord du lavabo, avec le peu de lumière que l'intérieur pouvait offrir et se demanda ce qui avait bien se passer et pourquoi est-ce qu'elle n'avait rien vu venir ?
Depuis qu'ils avaient trouvés les corps le matin même, elle avait eu ce mauvais pressentiment ne la lâchant pas tout le reste de la journée. Elle ignorait pourquoi elle n'avait pas fait part de ses doutes de façon plus alarmante. Maintenant à voir où elle se trouvait ce soir, elle avait quasiment la certitude que quelqu'un les avait bien observés plus tôt, lors de leur visite à Brooklyn.
Elle sortit de la salle de bain en titubant quelque peu et s'avança vers la porte… Bien sûr que cela serait trop facile de s'échapper par là et son gourou devait être certainement en train de l'observer.
Elle n'eut pas le temps de se faire plus de réflexions que la porte s'ouvrit brutalement et elle recula jusqu'au centre de la pièce, jusqu'à ce que son dos soit bloqué par le mur séparant les toilettes.
L'homme qui avançait vers elle devait faire sa taille si ce n'était plus petit. Une si petite carrure, elle se demandait comment il avait bien pu la porter jusque-là.
Il avait toujours son masque sur les yeux, empêchant la jeune femme de voir si elle le reconnaissait.
Elle chercha son arme et son téléphone et sentit son cœur battre dans ses talons quand elle ne trouva ni l'un ni l'autre. Son agresseur finit par parler avec un petit rictus sur le coin des lèvres.
Il secoua le téléphone et l'arme devant son nez
- C'est ça que vous cherchez ? Désolé ! Je n'allais pas vous laisser ce plaisir.
Jo fronça des sourcils.
- Je connais votre voix !
- Évidemment ! Et moi je ne vous ai jamais oublié. Détective Martinez.
Jo croisa ses bras et ne cligna même pas une seconde des yeux
- Tant qu'à m'avoir amené ici, vous voulez peut-être me montrer votre visage ? Mais j'ai comme déjà un sentiment…
- Vous êtes le flic intelligent de la bande on dirait… Mais enfin, je n'avais pas l'intention de faire perdurer le suspens, vous aviez tous déjà plus ou moins compris.
Il releva sa cagoule et Jo parut à peine surprise quant au visage qui se trouvait devant elle. Il s'agissait de Devon Bentley, le fils de l'homme qu'elle avait tué un an et demi auparavant.
Elle avait une petite idée des motivations
- Laisse-moi deviner… Tu m'as kidnappé parce que je suis responsable d'avoir tué ton père ?
Il frappa dans ses mains d'un air ironique
- Bravo ! Vous êtes vraiment maligne ! Oui, il se pourrait que j'aie un compte à régler avec vous. Alors je voulais vous mettre sur la piste en faisant comme mon père.
Jo ne pensait pas qu'il se désignerait si vite comme coupable. Il finit par lui expliquer en tournant en rond, tenant sa propre arme.
- Je n'ai rien à cacher. J'ai fait tout ça pour que ça vous rappelle des souvenirs. Je n'avais pas l'intention d'en tuer d'autres. Je voulais simplement vous attirer dans mon piège et ça a fonctionné. Les deux victimes n'étaient là que pour faire diversion. Je savais que vous alliez retourner à Brooklyn pour me chercher ma mère et moi alors j'ai attendu le bon moment...
Jo ne voulait même pas imaginer les motivations stupides qui avaient bien pu le pousser à la kidnapper, mais bon, son père n'avait pas été un ange non plus.
- Je croyais que vous étiez sur la côte ouest.
Il haussa des épaules
- Ma mère oui ! Moi, j'ai trouvé ça injuste de continuer à me demander ce que mon père aurait fait dans telles ou telles situations si un flic ne l'avait pas descendu donc j'ai décidé de revenir faire un petit tour dans le coin.
Jo souffla
- Pourquoi est-ce qu'on n'a pas trouvé votre nom dans les agences de voyages ni rien ?
- Parce que je suis venu en voiture, petit génie. Je n'ai pas eu de frontière à passer et je ne suis répertorié nulle part, vu que je ne reste dans aucun hôtel.
Jo pensa au cœur découpé
- Mais le cœur que vous avez retiré d'une des victimes… On en est venu à la conclusion qu'il s'agissait d'une affaire de trafic d'organes.
Il fit un signe de la main
- Oh oui ! Je, je n'ai pas fait ça moi-même, je devais de l'argent à quelqu'un alors je lui ai donné l'autorisation de prendre le cœur pour le revendre. C'était ma dette. Mais il a flippé et l'a laissé dans une des stations de métro.
Jo se retint de faire part de son dégoût. Le regard de Devon changea et il avança vers Jo d'un pas décidé.
- Je parie que vous n'avez pas l'ombre d'un remords d'avoir descendu mon père ?
Jo le trouvait gonflé. Pouvait-il être seulement dans sa tête pour comprendre ce qu'elle avait ressenti, suivant cet homme qu'elle avait abattu ? Elle savait que raisonner avec Devon serait parfaitement inutile, mais elle tenta d'expliquer son point de vue.
- Votre père était un psychopathe qui tuait des femmes pour le plaisir de tuer. Je me suis retrouvée dans une embuscade, je suis désolée, j'ai fait preuve de légitime défense, c'était soit lui, soit moi… De plus, je ne comptais pas le laisser tuer un autre civil.
Devon ne sembla pas trop apprécier la réponse et lui donna une gifle. Jo ne se laissa pas impressionner même si elle devait reconnaître que cela lui avait fait mal vu la force qu'il avait mise dedans.
- Je n'ai jamais voulu le tuer – se défendit-elle – croyez-le ou non, je n'ai pas dormi pendant près d'une semaine à cause de ça. Je n'avais jamais tué personne de ma vie.
Devon étouffa un rire jaune
- C'est ça ouais ! Et moi je suis le pape. Vous êtes flic ! Je suis certain que vous en avez descendu des gens pour votre propre protection.
Jo secoua la tête. Jamais elle n'aurait osé se servir de son arme par plaisir. Elle savait qu'il fallait l'utiliser juste quand la situation le demandait. Bien sûr, Mike avait déjà tué deux ou trois personnes, Reece en avait vu passer dans sa carrière, mais Jo avait toujours refusé de s'en servir pour cette raison… Désarmer était plus important pour elle, mais ce jour-là, elle n'avait juste pas eu le choix et elle avait appris à vivre avec ce sentiment de culpabilité pendant longtemps.
- Croyez ce que vous voulez ! Être flic ne fait pas de moi une personne sans cœur. Si quelqu'un d'autre avait été à ma place, votre père serait mort depuis bien longtemps.
Devon sentit ses épaules se contracter et Jo se prépara à recevoir une autre gifle, mais il n'en fit rien.
Il regarda le téléphone de la détective. Son fond d'écran était une photo d'elle et Henry prise lors d'une de leur soirée-bar.
Devon fit un petit sourire en coin
- Je vois que vous avez l'air proche du Dr Morgan, considérant votre fond d'écran.
Jo ne répondit pas. Devon continua de sourire de façon malsaine.
- À voir vos visages à tous les deux, je dirais que vous êtes même amoureux l'un de l'autre. L'amour… Ça rend les gens faibles et pourtant, on en fait des choses pour ça.
Jo leva les yeux au ciel
- Vous devriez peut-être essayer, je suis sûre que ça calmerait votre esprit !
- Vous avez le sens de l'humour en plus ! On verra bien si vous allez rire quand j'aurais élaboré quelques stratégies.
Il regarda le téléphone et l'heure.
- Vos collègues s'imaginent que vous êtes tranquillement à la maison. Voyez ! Je ne vais pas vous maltraiter, pour l'instant. Je vous passerais de la bouffe par la trappe, plus tard. Demain soir, une fois que je serais sûr que tout le monde se sera inquiété de votre sort, votre téléphone fera l'intermédiaire.
Avant qu'il ne quitte, Jo lui hurla
- Qu'est ce que vous attendez de moi ?
Devon se retourna lentement en tenant la porte
- Rien, détective ! J'ai plusieurs plans et vous comprendrez très vite de quoi je parle.
La porte se referma dans un grand fracas. Jo tapa sur le mur en face d'elle comme si celui-ci allait lui permettre de trouver une issue. De plus, Devon possédait son téléphone et son arme, elle était sans défense et si jamais il décidait de la tuer, il pourrait parfaitement le faire.
Elle se laissa glisser tout le long et n'espérait qu'à une seule affaire… Que tout le monde comprenne que quelque chose n'irait pas rapidement. Depuis la dernière prise d'otage, elle avait espoir que ses amis ne tarderaient pas avant de partir à sa recherche.
Le lendemain, Henry appela Jo une première fois pour savoir s'ils prendraient leur petit déjeuner quelque part avant le boulot ou bien ils se retrouvaient directement sur place.
Sachant que très souvent la jeune fille venait le chercher, il trouvait logique de lui demander son avis avant.
Après trois essais et un renvoi sur la boîte vocale, il resta perplexe en regardant son cellulaire.
Abe qui passait avec son thé, remarqua la tête qu'il tirait
- Qu'est ce que tu as ? Vous avez reçu des mauvaises nouvelles concernant les corps ou autre ?
Henry se mordilla les lèvres
- Non ! J'ai essayé d'appeler Jo pour savoir si on prenait le petit déjeuner ensemble ce matin ou si elle passait me chercher, mais je n'ai aucune réponse même après trois essais.
Abe haussa les épaules
- Peut-être qu'elle dort encore ? Tu sais, vous avez eu une dure journée pour un retour hier et elle devait être épuisée.
Henry accepta cet argument
- Certes ! Bon ! Je ne peux pas lui en vouloir. J'imagine qu'elle arrivera juste un petit peu plus tard aujourd'hui.
Abe lui fit un large sourire
- Alors, pour une fois, tu peux t'asseoir avec moi et prendre ton petit déjeuner. Tu as été dans les pattes de Jo pendant un mois, elle ne va pas s'échapper.
Henry sourit sincèrement et s'installa donc pour prendre un petit déjeuner avec son fils. Il fallait dire que depuis que l'un et l'autre étaient en couple, ils n'en avaient plus vraiment l'habitude. Un petit moment père et fils était parfois tout ce dont Henry avait besoin.
Il partit au travail environ une demi-heure après et retrouva Hanson et tout le monde, mais toujours pas de Jo en vue, quand il débarqua dans les bureaux des détectives.
- Bonjour Hanson ! Jo n'est pas là ?
Mike était en train de boire son café et semblait surpris que ce soit à lui que le doc s'adresse.
- Non ! Je pensais qu'elle serait venue vous chercher et que vous seriez arrivés ensemble, comme d'habitude.
Henry avait son expression qui disait que quelque chose ne tournait pas rond. Hanson lui demanda.
- Pourquoi ?
- Juste que je l'ai appelé ce matin et qu'elle n'a pas répondu donc entre temps, je me suis dit que je la retrouverais sans doute ici si elle a raté le réveil.
Hanson pouffa
- Ça semble plausible. J'ai eu beaucoup de mal à me lever ce matin donc ça ne m'étonnerait pas. Elle nous passera un coup de fil dès qu'elle sera debout.
Henry accepta ce que son collègue lui dit, mais il décida quand même d'envoyer un SMS à sa petite amie et également de lui laisser un message vocal lui disant de rappeler dès qu'elle serait en route pour le poste.
Le problème fut que la journée passa et Jo ne donna toujours de nouvelles à personne. Cette fois-ci, Reece, Hanson et même Lucas avaient tous essayé de l'appeler et Henry n'avait vraiment pas cessé et sa batterie en avait pris un coup, il avait dû passer une bonne partie de l'après-midi dans la morgue, à le laisser brancher et tenter en vain de joindre sa collègue.
Cela ne sentait pas bon. Jo n'était pas du genre à laisser son téléphone sonner et inquiéter tout le monde.
En fin de journée, Hanson demanda, lui aussi inquiet
- Vous avez eu des nouvelles ?
Henry secoua la tête
- Je vais m'en assurer en passant chez elle ! Il suffirait qu'hier soir elle ait eu un malaise et que sa tête ait heurté quelque chose pour… - Henry sentit un frisson d'horreur le parcourir. Cela était rare, mais pouvait arriver et dans l'état de fatigue que Jo était et surtout qu'elle n'avait que très peu mangé… Cela pouvait arriver. Il se maudit de ne pas avoir insisté qu'elle reste avec lui et Abe.
Il ne laissa le temps à personne de répondre qu'il fonça à Washington Heights, priant pour que la jeune femme n'ait seulement qu'égaré son téléphone dans son fouillis, bordélique comme elle était. Et qu'elle était bien trop épuisée pour venir travailler. Il ne voulait pas penser au pire, mais en même temps, la jeune femme vivait seule et si jamais quelque chose se passait…
Il serra fortement des poings. Il savait mieux que quiconque qu'il n'y avait pas mort d'homme sans cadavre et Jo était une femme forte, elle ne se laisserait pas facilement impressionner.
En arrivant dans le voisinage, il repéra la voiture de sa petite amie. Elle n'était pas sortie de chez elle, mais au moins elle y était arrivée.
Il monta les marches du brownstone et frappa plusieurs coups, essayant de repérer à l'intérieur, s'il ne la voyait pas allongée dans le hall.
- Jo ? Est-ce que tu es là ? Je me fais vraiment du souci. Réponds-moi s'il te plaît !
Il fut grandement tenté de défoncer la porte. Il avait suffisamment observé ses collègues le faire pour savoir comment s'y prendre, mais il ne voulait rien risquer surtout si elle n'était pas à la maison.
Lucas lui avait dit qu'il avait même tenté d'envoyer des messages sur les réseaux sociaux de la jeune femme, mais rien à faire, aucune réponse et surtout les messages n'avaient pas été lus.
Henry prit une profonde inspiration. Ce n'était pas bon signe et il le savait. Son intuition ne le trahissait que très rarement et quelque chose était arrivé, mais quoi ?
Il descendit d'un air morose et finit par remarquer un objet brillant près de la voiture de la détective. Il s'avança lentement et reconnut… Ses clés. Elle avait toujours un petit porte clé, écrit en espagnol qui y était accroché. Il les ramassa et sentit ses mains devenir moites.
Il regarda tout autour du véhicule pour voir s'il ne repérait pas des traces de lutte ni de sang, mais il n'y avait absolument rien de tout ça. Il savait que Jo était parfaitement capable de se défendre et si elle avait été surprise, elle n'aurait rien pu faire.
Cette histoire ne sentait pas bon. Il reprit un taxi pour rentrer chez lui, en gardant les clés de la jeune femme avec lui. Il fallait qu'il appelle ses collègues et qu'il explique la situation.
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Jo n'avait pas bougé de sa cellule et essayait surtout de repérer par des sons extérieurs ou autre, à quel endroit de la ville elle pourrait être, mais elle n'était pas assez douée pour ça. Et sans aucun point de lumière, rien ne pourrait l'aider… Rien sauf son téléphone, dont bien sûr la localisation n'était pas activée. Elle prenait soin de la retirer lorsqu'elle rentrait chez elle. C'était une précaution à prendre en tant que flic.
Quelle idiote !
Devon rentra dans la pièce et s'appuya contre la petite table, en ricanant
- On peut dire que votre Henry s'inquiète pour vous ! Pas moins de 72 appels. Dis donc, je pensais berner un peu plus longtemps, mais ça ne va pas être possible. Pas avec un gars qui vous harcèle comme ça.
Jo sentit ses poings se resserrer
- Il s'inquiète pour moi, ce n'est pas dans mes habitudes de ne pas répondre. Vous aviez cru que vous alliez être en mesure de n'avoir aucune réaction de leur part ? Surtout Henry !
Devon leva les yeux au ciel
- Je n'imaginais pas à quel point il tenait à vous. Très souvent, l'amour est éphémère de nos jours. Mais je suppose qu'il doit bien y avoir des exceptions.
Le téléphone continuait de sonner. Même dans un taxi, Henry ne lui lâchait pas la grappe et obtiendrait une réponse coûte que coûte.
Devon prenait un malin plaisir à lire tous les SMS que le légiste lui avait envoyés. Il ne mentionnait pas non plus que ses autres collègues apprécieraient qu'elle réponde à quelqu'un.
- Bon ! Voyons ce que ce cher monsieur a à vous dire, vu le nombre de messages vocaux qu'il a laissé.
Devon appuya sur la messagerie de la jeune fille, qui se haïssait de ne pas avoir mis de code à son téléphone, mais justement, les flics ne pouvaient pas se le permettre dans le cas où une connerie dans le style se produisait.
En entendant la voix haletée d'Henry, Jo sentit son cœur se serrer
« Jo ! Écoute, ça fait plusieurs fois que j'essaie de te joindre. Je commence vraiment à m'inquiéter. J'imagine que tu dois être très fatiguée avec le retour dans notre routine et le décalage, mais je ne sais que ça ne te ressemble pas. On est tous inquiets. Lucas t'a envoyé des messages, sur, je sais ne pas trop… Facebook, ou peu importe le nom là… Dès que tu as un temps, essaie de nous rassurer… De me rassurer ! Je viens te rendre visite pour m'assurer que tout va bien. À tout à l'heure »
Les autres messages que Devon fit écouter firent entendre la voix d'Henry clairement paniqué d'avoir retrouvé ses clés et sur le point de prévenir la police. Il regarda le cellulaire de la jeune fille et la regarda elle. Elle était assise en position de lotus sur le matelas et avait un petit rictus sur le coin des lèvres.
- Vous n'allez pas me garder longtemps.
Il se rapprocha d'elle et lui envoya une gifle bien plus forte que la veille. Cette fois ci elle se leva et fit de même avec lui, mais il l'attrapa par la gorge et la cogna contre le mur. Elle fut sonnée et il la poussa sur le matelas.
- À votre place j'éviterais de faire la maligne détective ! Et croyez-moi, vous n'allez pas vous en sortir comme ça et lui… Il n'appellera pas vos collègues, c'est moi qui vous le dis !
Il se mit au centre de la pièce alors que Jo tentait de reprendre ses esprits. Elle se frotta la joue et l'envie de courir et sortir hors de cette cellule était si grande, qu'elle se demandait pourquoi elle n'osait pas…
Tout simplement parce qu'il avait son arme sur lui et qu'il pourrait facilement tirer. Son arme était bien chargée et cela lui apprendra aussi.
Elle soupira intérieurement. Se faire kidnapper deux fois en l'espace de six mois… Naturellement, il fallait que cela tombe sur elle… Même si la première fois n'était pas tout à fait comparable, s'agissant d'une prise d'otage, mais cela revenait au même.
Et elle savait que ce n'était pas une bonne idée de challenger Devon. Elle testait déjà sa patience à jouer les dures.
Elle reconnut le bruit de l'appel Facetime, et ses yeux s'écarquillèrent en gros.
- Qu'est-ce que vous faites ? - cria-t-elle
Devon la regarda comme si elle parlait une autre langue
- Qu'est-ce que vous croyez que je fais ? Je ne vais pas le laisser mêler vos collègues à cette histoire. Puisqu'il veut jouer les super héros, il va devoir m'obéir.
Jo n'eut pas le temps d'en dire plus, qu'un Henry en panique décrocha
- Jo ? Est-ce que ça va ?
Devon avait tourné la caméra dans le sens de Jo, mais avait mis sa main sur la lentille pour qu'il ne la voie pas de suite.
Il la retira lentement en s'approchant de la détective. En voyant son visage, Henry plaqua ses deux mains sur le téléphone. Il était au beau milieu de la rue, avant de rentrer dans la boutique. Il voyait bien qu'elle n'était pas chez elle et qu'elle semblait être dans un état de détresse même si elle faisait comme si de rien n'était.
- Henry... Je…
- Jo ! Qu'est-ce qui se passe ? Où est ce que tu es ? Je t'en prie dis-moi que…
Elle ouvrit la bouche, mais Devon retourna la caméra vers lui et le légiste tomba des nues.
- Vous ! – cracha-t-il – alors c'était vous pour les deux corps… On le savait et pourtant, on a voulu chercher d'autres suspects.
Devon fit un large sourire
- Je n'ai pas le temps de me perdre dans les détails Dr Morgan, mais c'était tout prévu pour que ça aille dans mon sens. Je devais passer par cette étape pour que vous vous souveniez de mon père.
Henry se sentit bouillir. Si le téléphone ne finissait pas sa course sur le béton, ça serait une chance.
- Qu'est-ce que vous voulez à Jo ? Laissez-la tranquille ! Si c'est par rapport à votre père, elle n'a jamais voulu le faire de son plein gré… La légitime défense, vous en avez entendu parler ?
Devon zieuta Jo qui semblait ravie d'entendre qu'Henry raisonnait comme elle. Le jeune homme semblait pas mal dégoûté, mais ne se laissa pas marcher sur les pieds pour autant.
- C'est bon ! Elle m'a déjà fait toute une leçon de morale dessus, je n'ai pas besoin d'entendre la deuxième version. Bref, je pense que vous allez devoir m'écouter Dr Morgan.
Abe qui voyait son père à l'extérieur, au bord de la crise de nerfs, sut immédiatement que quelque chose n'allait pas.
- Voilà ! Je sais que vous étiez sur le point de prévenir vos petits camarades de la NYPD pour leur expliquer que votre petite copine a disparu... Enfin, elle est toujours là, mais bon, je ne peux pas garantir pour combien de temps.
- Ne commencez pas à la menacer, ça pourrait être la dernière chose que vous dites – aboya Henry
- On se calme Doc ! Vous n'êtes pas en bonne position pour proférer des mots pareils. J'ai l'arme de votre copine donc si je veux, je lui explose la cervelle. Et vous avez plutôt intérêt à vous tenir à carreau si vous ne voulez pas tout gâcher.
Jo surveillait la porte et se disait qu'il fallait qu'elle sache à quel endroit de New York elle était. Ou au moins qu'elle puisse activer la localisation sur son téléphone, mais il fallait vraiment être précis.
Henry prit une profonde inspiration. Cela sentait le chantage et les négociations à plein nez, mais pour sauver la vie de Jo, il était prêt à tout endurer.
- Qu'est ce que vous voulez ?
- Déjà, vous allez me faire un plaisir de ne pas prévenir vos collègues. Elle a l'air de beaucoup tenir à vous et au ton de votre voix et votre visage à savoir que je la détiens, vous tenez énormément à elle aussi. J'ai vu vos photos sur son téléphone, vous êtes pas mal mignons ensemble, ça serait dommage de finir brutalement cette histoire d'amour pour en faire une tragédie, n'est-ce pas ?
Devon regarda Jo et Henry à la fois. Ni l'un ni l'autre ne répondit, mais leurs expressions étaient similaires et en disaient long sur les sentiments qu'ils éprouvaient.
- Bien ! Maintenant que j'ai toute votre attention, voilà ce que vous allez faire. Si vous voulez revoir votre copine vivante, vous allez devoir venir seul pour la chercher. Si vous faites un seul faux pas, je la descends et je n'aurais aucune pitié, tout comme elle n'en a pas eu pour mon père. Est-ce que je suis bien clair ?
Henry ne fit que hocher la tête, sa veine gigotant nerveusement sur son front
- Mais comment est-ce que je suis censé savoir où vous êtes ?
Devon pouffa
- Débrouillez-vous ! Je ne la tuerais pas, vous avez ma parole. Si vous faites ce que je vous dis, tout ira bien !
Henry sentait qu'il y avait anguille sous roche
- C'est tout ? Vous voulez que je vienne seul, mais sans aucun prix en retour, vous allez me rendre Jo comme ça ? Désolé, mais j'ai tendance à ne pas me fier aux psychopathes.
Jo fit un petit sourire. Voilà pourquoi elle était amoureuse de cet homme.
- Je ne veux juste pas que vous rameniez vos petits copains de la NYPD. Je ne vais pas vous imposer de me ramener quelque chose, parce qu'il va déjà falloir savoir trouver où nous sommes. Vous êtes un homme intelligent, mais il n'y a aucun indice qui pourra vous aider. Bon courage ! Ça risque de durer longtemps.
- Non ! attendez... Je voudrais lui pa…
Devon coupa sans aucun remords. Il remit le téléphone de la jeune femme dans sa poche et la regarda comme s'il allait faire d'elle sa prochaine proie.
- Ce que votre petit copain ne sait pas c'est que j'ai fait ça pour l'amadouer.
Jo ne le suivait pas, mais désormais aurait souhaité tout faire pour dire à Henry de rester en place
- Qu'est ce que ça veut dire ?
- Ça veut dire qu'il me sert d'appât. Il vous trouvera. L'Amour donne des ailes, paraît-il… Et quand il sera ici…
Devon prit l'arme de Jo et tira dans la table qui s'écroula. Jo sursauta. On ne pouvait pas faire plus explicite. Elle se leva d'un seul bond et se rua sur Devon.
- Si vous mettez vos sales pattes sur lui, c'est moi qui vais vous tuer et cette fois-ci je ne me sentirais pas désolée !
Elle le poussa suffisamment fort pour parvenir à faire tomber le téléphone de sa poche. Elle l'avait cogné dans la porte et à la même façon qu'il avait faite avec elle, il fut sonné. Jo ouvrit l'application de localisation. Devon fonça vers elle.
- Oh nan ! Ça serait bien trop facile détective !
Il lui reprit le téléphone, mais Jo lui attrapa la jambe et lui fit un croche-pied. Elle parvint à appuyer sur le bouton de localisation avant que Devon ne l'attrape par les hanches, l'envoie brutalement sur le matelas et lui pointe un couteau sur la gorge alors qu'elle tentait de revenir à la charge.
- Je vous jure détective, si vous continuez de me provoquer, avant même que votre copain ne soit là, c'est votre corps en petits morceaux qu'il va ramasser. Je suis très capable de vous lacérer et de vous faire souffrir comme je l'ai fait avec les deux précédentes victimes. Je vous rends service et je reste gentil, alors soyez un peu plus clémente sinon…
Il s'arrêta comme s'il venait de penser à un plan génial.
- J'ai déjà quelque chose de prévu et quand le Dr Morgan sera là, vous aussi vous comprendrez ce que ça fait de perdre quelqu'un qu'on aime.
- Non ! Laissez Henry tranquille, il n'a rien à voir là dans.
Devon fut fatigué d'entendre ses plaintes et lui envoya un coup de pied qui l'assomma direct. Il marmonna.
- Les femmes alors !
