Devant la boutique, Henry était fou de rage, à deux doigts d'exploser son téléphone. Abe n'avait pas manqué une miette de ce qui s'était passé et fit rentrer son père.

- Henry ! Qu'est-ce qui se passe ?

La dernière fois qu'il avait vu son père dans un tel état était au moment où il allait devoir affronter Adam… Il ne pouvait qu'imaginer que tout ceci avait naturellement avoir avec Jo.

Il se mit à tourner en rond et il ne semblait même plus être conscient d'une seule réalité.

- Le fils du gars que Jo a tué l'année passée vient de la kidnapper pour se venger.

Abe porta les mains à sa bouche

- Mais ? Préviens tout de suite la police !

- Abe ! Tu ne crois pas que c'était ce que j'étais sur le point de faire avant qu'il ne m'appelle pour me dire justement de ne pas les prévenir ? Je vais le tuer si jamais il arrive quelque chose à Jo.

Lorsqu'il s'agissait de la vie de Jo, Henry était incapable de contrôler ses paroles. Avec Adam cela avait été quelque chose et Abe avait bien cru que son père aurait pu faire plus d'une chose stupide comme tuer quelqu'un qui ne pouvait pas être en mesure de mourir.

- Alors quelles sont ses motivations ?

Henry se frotta énergiquement le visage. Il bouillait tellement de rage qu'il voulait exploser tout ce qui se trouvait sur son passage.

- Il veut que j'y aille seul, mais je ne sais pas où il la détient et…

Abe le coupa

- Tu ne vas pas aller seul retrouver un psychopathe. Regarde où ça a bien failli te mener la dernière fois. Cette fois, on prévient la police. C'est du n'importe quoi là.

Henry haussa la voix

- Est-ce que tu crois que j'ai envie qu'il tue Jo ? Si je viens avec mes collègues, il va la descendre. Crois-tu vraiment que j'ai envie de perdre la femme dont je suis tombé fou amoureux ? Crois-tu que j'aie envie de revivre cette souffrance alors que ma vie avec elle commence tout juste ? Je ne laisserais pas aux mains d'un imbécile et je ne laisserais personne faire foirer ce plan, tu m'entends ?

Abe resta silencieux. Son père avait les larmes aux yeux. Il était prêt à tuer pour Jo et il semblait qu'il ne l'avait jamais vu ainsi, pas même avec Abigail… Mais enfin d'après l'histoire qu'il connaissait, ceci ne l'avait vraiment pas réussi lorsqu'il avait tenté de faire le malin avec l'ex de la jeune femme.

Henry se rendit compte du ton qu'il avait employé et essaya de reprendre son souffle. Abe pouvait cependant le comprendre. Henry reprit d'une voix plus calme.

- Je dois le faire Abe ! Je dois la sauver ! Si je la perds...; Je…

Abe posa ses mains sur les épaules de son père

- Henry ! Je comprends très bien ! je sais à quel point tu l'aimes. Mais je t'en prie, préviens tes amis, même si vous vous arrangez pour qu'ils attendent à l'extérieur ou quelque chose, mais n'y va pas tout seul.

Henry secoua la tête

- Je ne peux pas laisser entre les mains de ce fou et risquer sa vie. Je l'aime et je la sauverais ! Désolé, Abe ! Je me débrouillerais et si quelque chose va de travers, tu sais où me trouver, mais le plus important c'est de la protéger elle.

Henry monta à l'appartement. Il fallait qu'il étudie la carte de la ville pour se rendre compte de l'endroit où Devon aurait pu emmener la jeune femme. Il n'avait pas encore eu le réflexe de regarder via l'application de localisation pour repérer son numéro et voir où elle se trouvait exactement.

Abe savait parfaitement qu'il ne pouvait laisser son père se jeter là dans tout seul, certainement pas. Il avait besoin d'aide. La NYPD trouverait certainement une solution pour éviter un bain de sang, mais son père n'avait pas les compétences pour jouer les super héros sans aucun badge, qu'il le veuille ou non.

Il prit son téléphone et décida donc d'appeler le lieutenant Reece. Il fallait qu'elle soit au courant de la situation et qu'elle mette en place un plan de sauvetage.

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- Il va faire quoi ? – hurla Reece qui était encore au bureau et qui venait d'attirer l'attention sur elle. Hanson n'était pas encore rentré et se précipita dans le bureau de la boss.

- C'est comme je vous dis Lieutenant ! Le gars l'a appelé et l'a menacé de tuer Jo s'il venait avec la NYPD. Je sais qu'il faut tout prendre en considération, mais on ne peut pas le laisser se jeter dans un tel piège, ça serait du suicide.

Abe songea que le suicide serait surtout plus pour son père que Jo. Mais il ne pouvait pas non plus risquer la vie de la petite.

Reece se frotta les sinus. Décidément, le couple aurait mieux de rester en Australie, personne ne leur aurait cherché de noises.

Elle avait mis Abe sur haut-parleur et Hanson était à deux doigts de prendre une carabine et descendre Devon lui-même.

- Est-ce qu'il a dit à Henry où il se trouvait ? – demanda Reece, en tentant de garder l'air le plus professionnel qu'elle puisse trouver.

Abe secoua la tête comme si le lieutenant pouvait le voir et se rendit compte à quel point il était stupide.

- Non bien sûr que non. C'est à Henry de deviner et je le connais, il ne va pas dormir pour étudier la question.

Hanson aboya

- Mais et la localisation du téléphone, elle sert à quoi ?

Abe souffla

- On parle d'Henry ! Il ne pensera pas à ça ce soir. Il est bien trop enragé pour s'en soucier. Je pense que je ne l'ai jamais vu dans un tel état.

Hanson pouvait bien imaginer ce qu'il ressentait. Il avait déjà eu un aperçu quand elle avait été aux prises avec le détective Dunn. Reece essaya de trouver une solution.

- Abe ! Rendez-moi un service, prévenez-nous dès qu'Henry sort de la maison, parce que je ne lui donne pas la nuit pour comprendre où Jo se trouve. L'Amour rend les gens bêtes. Pour une bonne raison, mais bêtes quand même. Ce n'est pas la première fois qu'il va tenter de passer au laser pour elle donc cette fois-ci, on va empêcher qu'un drame se produise.

Abe approuva

- Parfait lieutenant ! Je ferais ça ! Mais qu'allez-vous faire ?

- Il y a de fortes chances que je trace le téléphone d'Henry pour qu'on le suive discrètement et qu'on le retrouve avant qu'il ne fasse une boulette. Parce que je n'ai pas que ça à faire que de ramener deux corps. Mais croyez-moi, que ce sauvetage va être une grosse opération, nous n'allons pas nous reposer !

Abe pouvait entendre dans la voix de Reece qu'elle était déterminée et c'était un comportement qu'il adorait.

- C'est ce que j'avais besoin d'entendre. Henry n'a aucunement conscience du danger. Et comme vous le dites, pour Jo, il prend des décisions qui dépassent toute logique. On se tient au courant, merci beaucoup !

- Merci à vous Abe !

Quand elle raccrocha, elle regarda son détective qui avait des allures, paré à se transformer en Hulk.

- Si Henry ne le tue pas avant, je vous assure que je ne vais pas me gêner !

Le lieutenant leva sa main

- Ne nous emballons pas trop vite. Dans ce genre de situation, menacer de mort le gourou est encore pire. Il faut que nous puissions rentrer sans alarmer et sans risquer de blesser Jo ou Henry. Donc, croyez-moi que je brûle d'impatience de pouvoir mettre la main sur lui, mais nous devons agir prudemment si nous ne voulons pas de plus grosses retombées. Restez près de votre téléphone, je vous appelle dès que j'ai du nouveau et nous irons ensemble sauver notre belle détective !

- Compris !

Hanson savait qu'il allait de son côté très peu dormir également. À chaque fois que Jo se retrouvait dans une impasse, il craignait réellement qu'elle n'y passe. Il ne comptait plus le nombre de fois qu'il avait réussi à la sauver in extremis au cours de leur carrière… Il espérait que cette fois ne serait pas la dernière. Il sentit son estomac se retourner aux pensées qui le travaillèrent et se reprit. Il ne pouvait pas flancher, sa collègue avait besoin d'une lueur d'espoir et Henry également.

Et de son côté, Henry resta des heures, éveillé et ne voulait pas entendre les commentaires d'Abe. Il avait décidé de descendre dans son labo pour avoir la paix et réfléchir aux différents endroits de la ville où Devon pourrait retenir Jo. New York était immense et il y avait bien trop de possibilités, mais il ne pouvait pas se permettre de faillir cette mission.

Il n'avait pas eu l'occasion d'observer le personnage l'année passée alors il n'arrivait pas à se mettre dans sa tête. De plus, il était bien trop énervé pour réussir à se concentrer à s'imaginer à la place d'un serial killer.

Ce fut au beau milieu de la nuit que le sommeil le gagna et sa tête retomba comme une masse sur la carte qu'il observait, avec un stylo en main.

Flash-back

Pendant son séjour en Australie, Lucas était en train de lui apprendre comment gérer certaines applications de son téléphone. Après de (très) longues explications, ils en étaient arrivés à l'application de localisation.

Henry regarda l'application qui avait l'air d'une boussole. La technologie en inventait des choses que ses vieilles épaules ne pouvaient comprendre.

- Bon ! Doc ! Ça peut toujours nous être utile surtout dans votre cas. Et comme on travaille avec la police, ça nous sert d'autant plus. Bref ! Vous pouvez partager votre position avec vos contacts et cela leur permettra de vous trouver si jamais vous avez un pépin.

Henry fronça des sourcils

- Mais comment ?

Lucas leva les yeux au ciel

- C'est simplement via le réseau cellulaire. Votre position est automatiquement détectée, à condition que vous ne soyez pas dans une grotte. Croyez-moi ! c'est l'outil numéro un, dans de nombreux cas de kidnappings.

Henry regarda l'application comme s'il s'agissait de la huitième merveille du monde. Il autorisa le partage de position.

- Donc, mettons que j'ai envie de te trouver, je n'ai qu'à rentrer ton nom et si ta position est activée, je devrais voir où tu es ?

Lucas acquiesça. Bien content d'être celui aux commandes des explications cette fois-ci.

- Laisse-moi essayer !

Henry fit toute la manipulation et rentra le nom de Lucas qui indiqua parfaitement qu'il se trouvait à ses côtés. Il fit un large sourire.

- Mais c'est génial ce petit bijou !

Lucas se retint de le traiter de vieillard. Il savait qu'Henry était capable de découper des corps, il ne valait mieux pas le froisser.

- Bref ! N'en abusez pas quand même. Et faites attention, à votre place je la désactiverais si je fais un petit tour dans la rivière, sinon tout le monde va finir par comprendre.

- J'y penserais ! merci Lucas !

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Henry se réveilla en sursaut et lâcha le stylo qu'il avait en main. Son cellulaire était posé juste sur la table d'où il faisait ses petites expériences suicidaires les trois quarts du temps.

Il l'attrapa et il avait de nombreux messages, mais il les ignora tous, car aucun d'eux n'était de Jo. Il n'avait pas reçu d'autres appels non plus, mais il décida de regarder l'application de localisation.

Il n'était vraiment pas à la page. Il aurait pu décider de faire tout ceci dès le début, mais sa rage et son côté classique ne s'étaient juste pas accordés ensemble.

Il rentra le nom de Jo, priant pour qu'elle ait activé sa localisation. Mais il connaissait Jo. Elle était intelligente et ferait toujours en sorte que ses collègues la retrouvent. Elle ne s'était jamais laissée impressionnée, peu importe qui la tenait en otage.

Il attendit de très longues minutes. Évidemment, si elle était détenue dans un endroit plutôt en sous-sol, le réseau aurait sans doute plus de mal à la détecter. Il regardait la flèche tourner. Il s'agrippa à son téléphone jusqu'à ce que finalement il y eut un zoom sur la partie de la ville où elle était détenue.

La localisation la situait vers le parc du pont de Brooklyn. En zoomant un peu plus sur le téléphone, il vit qu'il s'agissait d'un entrepôt qui n'avait pas servi depuis bien des années et qui fut jadis un ancien théâtre. Henry avait entendu parler du fait qu'ils voulaient le retaper pour remodeler le théâtre qu'il fut, mais le projet n'avait pas encore commencé et n'était pas prévu avant plusieurs années donc pour l'instant, il était laissé à l'abandon.

Il regarda l'heure. Il était près de six heures du matin et il faisait déjà jour dehors. Henry n'avait vraiment pas de temps à perdre. Il fallait qu'il sauve Jo des griffes de son gourou avant que quelque chose ne lui arrive.

Il remonta de son labo et vérifia qu'Abe n'était nulle part dans la boutique pour l'empêcher de faire ce qu'il avait besoin de faire et il sortit rapidement.

Ce qu'il ignorait c'était qu'Abe était dans les escaliers et l'avait surveillé et su où il se rendait.

Il appela la NYPD et espérait qu'à leur tour, ils pourraient tracer où Jo se trouvait.


Jo avait encore passée une nuit affreuse à supporter les jacassements de Devon et ses commentaires pour le moins déplacés.

Il lui fit parvenir un plateau avec un morceau de pain et du beurre et du jus de fruits, mais elle ne le toucha pas.

Elle ne mangeait que très peu ce qu'il lui donnait. Elle ne pouvait pas savoir s'il comptait l'achever avec du poison ou pas.

Il rentra dans la salle et eut un mauvais rictus.

- Qu'est-ce que ça va vous apporter de me tuer ? Ça ne ramènera pas votre père !

Devon cligna plusieurs fois des yeux

- Mais ce n'est pas vous que je vais tuer détective ! C'est l'homme qui viendra vous sauver, je vous l'ai dit. Je veux vous faire souffrir tel que vous m'avez fait souffrir.

Jo se détestait de ne pas être en mesure d'agir plus que ça, tout simplement parce qu'elle devait penser à sa propre sécurité. Elle avait déjà tenté le coup et s'était fait ramassé. Au moins, elle avait pu activer la localisation et Devon n'avait pas eu l'air de s'en rendre compte. Elle savait que ce n'était qu'une question d'heures avant que ses collègues ne finissent par débarquer comme des bourrins et mettre fin à cette torture. Cependant, elle craignait ce que le jeune homme avait derrière la tête si jamais Henry rentrait dans cette salle.

Rien ne disait non plus qu'il allait lui laisser la vie sauve, ça ne semblait être qu'une option, considérant qu'elle était responsable de lui avoir enlevé l'homme qui lui avait donné la vie. Elle songea que certaines personnes feraient mieux de ne pas procréer tout court.

Jo essaya donc de jouer la sensibilité

- Vous savez… Rien ne vous oblige à finir comme votre père. Vous pouvez avoir d'autres choix dans votre vie. Mon père est un criminel et regardez la voie que j'ai choisie ? Personne ne nous oblige à suivre la voie de nos parents. On suit notre propre chemin.

Devon leva les yeux au ciel

- Ne venez pas essayer de me faire changer d'avis avec vos leçons à deux sous.

Jo savait que de raisonner avec un psychopathe serait l'équivalent que de parler à un mur, mais au moins cela pourrait lui faire gagner du temps.

Il avait laissé la porte ouverte, alors celui lui permettrait de voir un peu l'étendu de l'entrepôt. Il semblait y avoir comme une sorte de porte de garage un peu plus loin. Peut-être la porte d'entrée, mais rien n'était sûr.

Elle ne connaissait pas assez bien l'étendue de la ville pour connaître tous les entrepôts qui s'y trouvaient. À l'odeur, ce n'était certainement pas une usine ni un ancien restaurant. Elle parvint à repérer des rideaux déchirés et des sièges comme on en trouvait dans les salles de cinéma ou de théâtre.

Voilà. C'était exactement là qu'elle devait être. Henry avait un bon sens de déduction, donc il comprendrait sans doute rapidement, elle espérait. Il n'était pas fan de technologie, mais pourvu qu'il pense à regarder son téléphone. Elle savait également qu'il n'allait sans doute pas venir tout seul… Si ce n'était pas lui qui prévenait ses collègues, Abe le ferait pour ne pas le laisser se mettre en danger tout seul… De plus, elle refusait qu'il vienne seul. Il n'était pas flic, mais il avait prouvé plus d'une fois, être capable de se jeter sous les roues d'une voiture pour elle.

Elle releva les yeux vers Devon qui tournait en rond

- Votre téléphone n'a presque plus de batterie. Dommage ! Je sais que vous avez activé la localisation, je ne suis pas stupide. Mais au moment où le téléphone va s'éteindre, la localisation va disparaître et s'ils n'ont pas eu le temps de regarder, ça sera tant pis pour vous !

Il regarda de nouveau la photo de fond d'écran de la jeune femme.

- Il n'a pas l'air de quelqu'un qui semble savoir ce qu'il fait avec la technologie, donc je parie qu'il est simplement en train de remuer ciel et terre pour vous retrouver. Sans imaginer que nous ne sommes pas si loin dans la ville.

Jo sentit son corps entier se parcourir de spasmes par les nerfs qui s'emparaient d'elle. Elle regarda son arme qu'il cachait dans la poche arrière de son jean. Si elle était assez rapide, elle pourrait l'immobiliser au sol et reprendre le dessus. Mais elle manquait de forces et elle le savait.

Elle décida de continuer de lui parler

- Vous savez, vous dites que je ne connais pas la douleur d'avoir perdu un être cher… C'est faux. J'ai mes deux parents, mais wow, l'un est en prison… Ensuite, j'ai été mariée pendant trois ans et j'ai perdu mon mari un an avant de rencontrer Henry. Il était tout pour moi et le seul homme que j'avais aimé. Sa perte m'a détruite et a failli faire de moi un cadavre… J'ai rencontré Henry juste à temps.

Devon l'écoutait, mais à moitié

- Vous êtes bien rapidement passé à autre chose si après un an vous êtes tombée dans les bras d'un autre homme.

Jo se demandait s'il était complètement stupide ou il le faisait exprès. Remarque, il était encore jeune donc la première solution était sans doute la bonne.

- C'est… Votre argument est complètement absurde ! Vous n'avez même pas 20 ans alors bien sûr, vous ne pouvez pas encore comprendre, surtout si vous n'avait pas ressenti ça de cette façon. Le fait d'avoir perdu mon mari ne voulait pas dire que je me fermais – elle s'arrêta – en fait si, pendant un temps, pour moi, considérer des nouveaux sentiments était impensable, mais quand vous grandirez vous comprendrez que les sentiments ne se contrôlent pas… C'est arrivé et puis c'est tout. Henry m'a aidé à remonter la pente. Je ne suis pas sûre que vous êtes capable de comprendre vu que vous ne jurez que par la vengeance.

Il la regarda longuement en sentant la rage s'emparer de lui. Il se rapprocha dangereusement d'elle et la poussa en passant une main sur son visage. Elle le regarda avec dégoût.

- Depuis le début, je dois avouer que lorsque vous êtes rentré dans cette salle, vous m'avez tapé dans l'œil détective. Vous avez de très beaux attributs. Je ne sais pas comment votre doc est au lit, mais j'imagine que vous ne devez pas être mauvaise avec vos racines espagnoles.

Jo se recula le plus loin possible sur le matelas, cherchant l'échappatoire. Devon avait déjà mis les mains à sa ceinture, la jeune femme fut sur le point de vomir.

- Vous êtes complètement malade ! Je suis beaucoup plus vieille que vous et je ne suis pas intéressée à ce genre de délires.

- L'âge n'a aucune importance et je suis majeur alors on s'en fout. Ça tombe bien, il y a longtemps que j'avais envie d'essayer avec une femme d'expérience. Vous allez me faire ce plaisir.

Il avançait à quatre pattes vers elle. Jo ferma les jambes par réflexe et puis elle réalisa qu'elle n'était pas une fillette; qu'elle était flic et qu'elle ne le laisserait pas la toucher !

Elle se leva en double vitesse, mais il lui tenu le bras en la poussant contre le mur et se rapprocher d'elle pour en faire sa proie.

Il la regarda avec des yeux de démon et jamais Jo n'avait vu un tel regard chez un homme. Elle comprenait alors ce que les femmes devaient ressentir face à leur agresseur et d'un seul coup, elle comprit parfaitement la rage de Zoé à tuer Ethan.

Elle lui donna un coup de pied dans les bijoux de famille et parvint à attraper son arme avant de détaler, le temps qu'il se torde de douleur

- Oh petite salope ! Tu ne vas pas m'échapper.

Jo était parvenue à sortir de la salle et courait en direction de cette porte de garage qu'elle avait vu et qui serait sans doute son issue de secours.

Malheureusement avant même qu'elle ne puisse ouvrir, Devon parvint à la neutraliser avec un tazer et elle retomba comme une masse sur le béton.

Elle tenta de se relever, mais son manque d'énergie la cloua au sol et elle sentit l'homme derrière elle. Elle pointa son arme sur son front quand il se baissa pour la soulever.

- Tu me touches encore une fois et je te fous une balle entre les deux yeux et cette fois-ci, je ne vais pas avoir un seul regret pour ça !

- Arrête de jouer les dures sale pute ! – il lui donna un coup de poing ce qui fut assez pour l'assommer.

Il la tira par les jambes pour l'installer sur une chaise et la remettre dans sa salle.

Elle était parvenue à le rendre en colère et il allait se venger comme jamais.

- Tu vas voir ce que ça coûte de te foutre de moi ! Crois-moi, ton copain ne sortira pas vivant d'ici et une fois qu'il sera mort, c'est toi que je vais achever.

###

À l'extérieur, Henry était devant l'entrepôt. Il n'avait pas idée de ce qui venait de se passer, mais était bien soulagé d'être à destination.

Il hésitait à appeler Devon pour lui dire qu'il était dehors et qu'il comptait revoir Jo vivante mais il se disait qu'il ne pouvait non plus lui laisser l'occasion de le savoir.

Il hésita et se ravisa. Il allait se débrouiller et le prendrait par surprise.

Il regarda dans sa poche. Il se promenait avec un couteau de cuisine, suffisamment tranchant pour arrêter son cœur à la minute où la lame serait plantée dans n'importe quel organe vital.

Il n'aurait aucun regret s'il sentait que Jo ne pourrait pas s'en sortir.

Il fut sur le point de rentrer, par une des fenêtres ouvertes et basses quand il entendit des éclats de voix derrière lui.

- Vous comptez vous suicider, doc ?

Il sursauta avant de voir, Lucas, Reece et Hanson arriver en courant derrière lui. Il fronça des sourcils.

- Qu'est ce que vous faites là ? Comment vous m'avez retrouvé ?

Lucas pointa son téléphone. Hanson lui fit la leçon de morale.

- Vous êtes malade ? Vous croyez que vous alliez venir secourir Jo tout seul ? Sans aucun back-up, juste parce que ce taré vous a dit de le faire ? Vous vivez dans quel monde Doc ?

Il se retint de faire part de son commentaire. Il croisa ses bras, la rage étant évidente.

- Je ne vais pas risquer sa vie en vous faisant tous rentrer. Il a été clair. C'est moi qu'il veut et vous ne devez pas agir !

Hanson lui répondit d'un ton sarcastique

- C'est ça ! On est flics et vous médecin légiste. Cherchez l'erreur !

Reece essaya de calmer les ardeurs

- Messieurs ! Respirez ! Nous sommes tous sous pression que Jo soit là dans. Mais Henry a raison, il ne faut pas qu'on se fasse repérer. Je propose qu'on le laisse rentrer tel que prévu et nous allons y aller à sa suite et dans le silence total. On ne doit pas laisser paraître à Devon que nous sommes avec Henry. Jusqu'à ce que Jo soit retrouvée, nous devons faire comme si nous n'existions pas.

Elle regarda Henry. Elle comprenait que par amour pour Jo, il ferait n'importe quoi, y compris mettre en danger sa propre vie.

Elle lui donna un bipeur

- Dès que vous êtes près de lui, appuyez deux fois là-dessus ! Nous accourrons aussi vite que possible et nous allons nous disperser pour l'attraper à tous les coins s'il tente de s'échapper.

Henry prit délicatement le bipeur et regarda toute l'équipe. Reece posa ses mains sur ses épaules.

- Soyez très prudent !

- Je vais faire de mon mieux, lieutenant !

Il fit volte-face pour rentrer, mais Reece l'interpella

- Hey Henry !

Il la questionna du regard

- La prochaine fois que vous avez envie de jouer les héros, prévenez-nous que vous le vouliez ou non. Heureusement, vous avez un colocataire qui s'occupe de votre santé mentale !

Henry se doutait bien qu'Abe ne lui aurait pas laissé une seule chance d'aller sauver sa dulcinée tout seul. Aveuglé par sa rage et son désir de la protéger, il ne pensait pas aux conséquences, mais il comprenait pourquoi ils étaient avec lui et pourquoi il avait besoin de leur service. De plus, aucun d'eux ne laisserait jamais Jo aux mains d'un fou furieux.

Devon regardait le téléphone de Jo qui n'avait plus que 10% de batterie et il vit Henry qui avançait dans l'entrepôt. Il fit un petit sourire.

- On dirait que l'amour que votre petit ami vous porte a été plus fort que tout. Il vient de rentrer ! Et nous l'accueillerons comme il se doit !

Jo reprenait difficilement ses esprits et la première chose qu'elle vit devant des yeux, fut un long fil et deux fusils rattachés à un trépied, le fil était enroulé autour de sa chaise. Ses deux mains étaient attachées avec du ruban adhésif d'emballage et sa bouche était bayonnée.

Elle sentit des larmes dans ses yeux. Devon lui murmura à l'oreille.

- À la minute où le Dr Morgan rentrera dans cette salle, ces fusils vont se déclencher automatiquement. Il y a un mécanisme qui est fait pour détecter la cible et il ne pourra pas échapper à son terrible sort. Et une fois que j'en aurais fini avec lui, je vous décapiterais de la même manière que ces deux pauvres jeunes filles.

Il lui lécha le visage et Jo parvint à lui écraser le pied malgré le ruban adhésif lui retenant également les chevilles.

- Mouais ! Vous ne ferez plus la rebelle bien longtemps.

Elle s'agita dans tous les sens. Il ne fallait pas qu'Henry rentre dans cette salle ou n'importe qui d'autre. Ses amis n'avaient pas le droit de mourir pour elle. La menace de Devon semblait bien loin, qu'elle se fasse tuer, elle s'en foutait, mais personne d'autre et surtout pas Henry n'allait y passer pour elle.

- Bon courage ! – ricana Devon en passant à côté de l'arme pour éviter de se faire prendre comme cible et referma la porte

Jo bougeait dans tous les sens dans le but de défaire ses liens et surtout pour crier à qui que ce soit rentrant dans cet entrepôt de ne pas ouvrir la porte.

Elle entendit un grand fracas et des bruits de lutte

- NYPD !

Apparemment, Devon se faisait la malle vu qu'il avait été pris en sandwich ! Elle entendit la voix d'Henry au loin.

- Jo ! Jo !

Elle entendit d'autres bruits de lutte, Devon tentait peut-être de mettre des bâtons dans les roues d'Henry ou bien ses collègues faisaient en sorte de le couvrir.

À force de bouger la tête, elle parvint à faire glisser le foulard qui retenait sa bouche.

- Hey ! Quelqu'un ! N'avancez pas ! Il ne faut pas rentrer dans cette salle !

Des pas se rapprochaient et Henry était désormais devant la porte.

- Jo ?

Les larmes des yeux coulèrent de plus en plus à la voix de son petit ami.

- Henry ! Henry ne rentre pas ! Je t'en prie !

- Jo ne t'inquiète pas, je vais te sortir de là ! Accroche-toi ! La NYPD s'occupe de récupérer Devon !

- NON ! Henry ! Reste dehors ! Je t'en supplie, ne rentre pas !

Il ne comprenait pas pourquoi il lui disait de rester à l'extérieur, cela n'avait pas de sens. Il était là pour la libérer et il ne comptait pas se défiler. Parce que si cela ne tenait qu'à lui, Devon serait déjà mort. Il était parvenu à lui faire une entaille à la jambe quand il s'était retrouvé face à lui en le voyant déguerpir comme un voleur.

Il en avait profité pour lui donner un coup de pied, mais il n'avait pas eu le temps de faire davantage. Il avait appuyé sur le bipeur et l'avait laissé aux mains de ses collègues, mais il avait eu le temps de se carapater malgré ses blessures et Henry n'avait pas le temps de s'occuper de lui.

La porte semblait difficile à ouvrir, évidemment, le mécanisme de déclenchement la rendait plus lourde à ouvrir.

Jo hurlait au désespoir, les larmes ne cessant de couler

- Henry ! ne rentre pas !

Elle vit la poignée bouger et le mécanisme se mettre en place. Devon avait placé autant d'adhésif sur la fenêtre, ce qui ne permettait plus à Henry de voir la jeune fille à l'intérieur.

Son cœur battait à cent à l'heure, elle ne pouvait pas laisser Henry se faire tuer. Tout se passa alors comme dans un ralenti. Henry parvint à rentrer dans la salle et les fusils pointèrent dans sa direction, il eut un mouvement de recul et vit les gâchettes tourner et sut qu'il allait en prendre plein la face et qu'il reviendrait dans les secondes qui suivaient, dans le East River… Mais c'était sans compter l'intervention de Jo.

Ne pouvant supporter de perdre un autre homme qu'elle aimait, ses liens la retenant, elle trouva la force que l'amour lui donnait et ce fut à pieds joints et avec sa chaise qu'elle sauta devant les armes et se prit deux balles en plein abdomen, retombant inerte sur le sol.

- JO !


Author's note: ooooh que je suis mauvaise :p. J'ai pesé le pour et le contre pour tout poster d'un coup mais nah, ça ne serait pas drôle sinon ;).

Jo est prête à tout pour l'amour de sa vie, that's how devoted she is.

Au fait, cette histoire a eu 2 ans à la dernière update que j'ai faite (je pensais que ça faisait moins longtemps par rapport à ma précédente mais bon apparemment pas. Juste que de mon côté j'ai terminé son écriture il y a bien des mois maintenant, je ne poste pas ce que j'écris en même temps, tout est planifié). Bref c'était la petite parenthèse. Cela étant, c'est bel et bien la dernière ligne droite, donc on va dire que je suis dans les temps ^-^ .