Je vous préviens, ce chapitre sera bien plus court (je veux dire par là que les chapitres vont moins s'étirer parce qu'en réalité il n'a pas été plus court que les autres) vu qu'il s'agit du dernier et il n'aura exceptionnellement aucune enquête (je pense que tout le monde en a eu assez lol). Et il sera plutôt écrit sous forme de flashback pour une bonne partie et très centré sur le point de vue de Jo. Cela vous replongera dans la saison 1 (en général on adore les épisodes avec des flashbacks, eh bien faites comme s'il s'agissait de ça), vous comprendrez que c'est pour les besoins. J'espère que même s'il est écrit différemment des autres, il vous plaira quand même et saura vous satisfaire quant à la fin de cette histoire mais je pense que le titre spoile déjà un petit peu le dénouement.

Bonne lecture. PS : possible que certains flashbacks se retrouvent vu que j'en ai écrit certains au cours de l'histoire; ce n'est pas trop grave, c'est juste un call back.

Références aux épisodes suivants (tout le long des chapitres) Pilot(ep1), Look before you leap(ep2), the frustrating thing about psychopaths(ep6), New York Kids(ep7), The ecstasy of agony(ep8), skinny dipper(ep11), the king of Columbus circle(ep15), social engineering(ep17)


Chapitre 16: Se perdre

Henry n'était pas bien sûr de ce qu'il voyait sur le visage de la jeune fille. Il peinait même à le comprendre.

Il s'approcha lentement d'elle et lui demanda

- Est-ce que tu souris ?

Elle ne répondit pas et son sourire ne lâcha pas son visage. Abe se demandait s'il était complètement stupide. Il donna un coup de coude à son père.

- De quoi est-ce que tu as besoin Henry ? Tu voudrais t'en inquiéter ? C'est plutôt bon signe, non ?

Henry murmura à son fils, comme si Jo était dans une autre dimension

- Je n'arrive pas à déterminer si c'est un sourire pour me tuer ou pour m'embrasser. C'est difficile à vraiment le savoir.

Abe regarda Jo qui ne clignait pas des yeux. Il y avait évidemment une bonne part de choc dans ses pupilles et il se pourrait que tout ce qu'elle venait d'apprendre était en train de jouer avec son esprit d'une telle façon, qu'elle ne se croyait sans doute pas dans la réalité. Mais Henry devrait apprendre à faire confiance à certaines personnes.

Jo finit par reprendre ses esprits et avança vers Henry et en le regardant droit dans les yeux, elle demanda

- Est-ce que je peux voir ta cicatrice ?

Abe sut que c'était une bonne chose alors il se retint de ne pas s'exciter à la façon Lucas.

Henry fut surpris de la demande, mais s'exécuta néanmoins. Il ouvrit suffisamment sa chemise pour que Jo puisse la regarder. Elle posa une main tremblante sur la brûlure. Elle sentit le cœur de son petit ami battre très fort contre sa paume. Henry sentit sa gorge se nouer, mais pas de peur, mais de désir à cause de la situation.

Elle passa sa langue sur ses lèvres et elle regarda Abe

- Est-ce que je peux voir la photo familiale, s'il te plaît ?

Abe s'exécuta sans demander son reste. Henry voulut protester, mais Jo posa sa main sur sa bouche. Elle regarda la photo et regarda Henry, pendant de très longues minutes. Des minutes qui parurent interminables pour tout le monde.

Elle hocha la tête et regarda la photo à Abe et regarda de nouveau la cicatrice.

- Il est clair que tu n'aurais pas pu t'en sortir vivant avec une telle cicatrice… Beaucoup trop proche de ton cœur, il aurait été complètement explosé.

Abe était satisfait. Depuis le début il n'avait fait que dire à Henry de faire renter Jo dans sa vie et de lui dire la vérité, et ce depuis le début. La jeune femme n'aurait jamais eu la même réaction que Nora, personne ne le pouvait. Et en tant que flic, des preuves étaient tout ce qu'il fallait pour la convaincre et bien évidemment, elle avait suffisamment de connaissance pour connaître les blessures par balle… La preuve avec les derniers jours.

Henry fronça des sourcils

- Jo… Est-ce que ça veut dire que tu… Tu me crois ?

Elle hésita de longues minutes, mais planta son regard dans le sien.

- Je crois que oui !

Abe ne put s'en empêcher

- Yes !

Henry préféra l'ignorer et ne pensait pas être si chanceux deux fois dans la même vie. Jo se pinça les lèvres.

- J'ai regardé cette photo ! Je te connais Henry donc je sais bien que c'est toi… Et au moins – elle enroula ses bras autour de sa taille, Henry ne sut même pas comment réagir, tellement qu'il ne croyait pas qu'il était possible que deux femmes puissent l'accepter si facilement – ça va être égoïste de ma part de dire ça, mais… Mais tu ne vas jamais mourir alors je n'aurais pas cette peur de te perdre comme j'ai perdu Sean.

Elle resta quelques minutes dans ses bras. Henry la garda près de lui, de peur qu'elle s'envole. Cette fois, Abe préféra leur laisser un moment. Les choses allaient sans doute beaucoup changer dans leur couple désormais, mais en bien.

Après cette longue étreinte, Jo sous le coup de l'émotion, se détacha lentement de lui.

Elle prit une profonde inspiration.

- Je suis contente que tu m'aies dit la vérité et que tout soit clair entre nous.

Henry sentait le « mais » arriver à plein nez. Peut-être qu'elle ne digérait pas si bien finalement.

- Cependant… Cela fait beaucoup à encaisser pour moi, surtout avec les derniers jours. Si ça ne te dérange pas, j'aimerais prendre un peu de temps pour penser à tout ça avant qu'on continue notre relation.

Henry sentit son cœur se briser. Jo ne voulait pas lui faire du mal et tenta de le rassurer.

- Henry ! Ne panique pas ! Juste ! Il faut que tu me laisses y penser, s'il te plaît. Je te crois, je ne vais pas appeler l'asile ni rien du tout, personne ne va savoir ce que tu m'as dit, mais c'est quand même un gros truc… Et wow… Il faut que je mette de l'ordre dans mes idées. Tu penses pouvoir me laisser quelques jours ?

Elle ne l'avait pas lâché des yeux. Henry voyait bien qu'elle ne comptait pas le trahir. Comment pourrait-elle ? Elle était loin d'avoir ce cynisme que Nora avait. Sa compréhension et sa douceur se rapprochaient bien plus d'Abigail. Il tourna ses mains dans tous les sens, toujours un peu incertain.

- Est-ce que tu es sûre que ce n'est pas parce que tu aurais besoin d'une preuve, pour savoir que je suis bel et bien immortel ?

Jo se retint de lever les yeux au ciel

- Henry, tout ce que tu m'as dit/montré, ça me suffit. Je ne veux… Écoute, mets-toi à ma place ! C'est un gros secret que tu viens de me dire et je veux être certaine de faire les choses comme il faut pour continuer. Je t'ai dit de ne pas t'inquiéter. Je veux juste que tu me donnes quelques jours. Pas besoin de te suicider.

Henry pouvait bien imaginer ce que cela faisait d'apprendre que quelqu'un était immortel. Le choc devait être intense une fois qu'on réalisait lentement qu'une personne qu'on connaissait n'allait jamais vieillir et resterait éternellement la même tandis que le temps passerait pour eux.

Il hocha poliment la tête. Il se devait de respecter son vœu. Jo sourit faiblement et lui déposa une bise sur la joue.

- Merci pour ta franchise et pour le dîner… Et aussi pour avoir été aux petits soins avec moi. Bonne nuit !

Elle le quitta en saluant Abe qui remontait sur la terrasse. Il fut un peu surpris de la voir déguerpir. Il aurait plutôt pensé que leur soirée finirait dans les draps.

Il rejoignit son père qui était songeur avec sa tasse de thé.

- Bah ! qu'est-ce que tu lui as dit encore ?

Henry le regarda de travers

- Rien du tout ! Elle m'a dit avoir besoin de quelques jours pour penser à tout ça. Je ne peux pas la blâmer.

Abe fut un peu surpris, mais ayant été à la place de la jeune fille, il comprenait parfaitement son point de vue.

- Bon ! En même temps, ça paraît quand même normal. Il faut qu'elle se fasse au fait que l'homme qu'elle aime ne vieillera pas et bon, ça peut être un challenge de se faire à l'idée, quand elle sait qu'elle aura l'air plus vieille que toi dans plusieurs années.

Henry ne voulait pas imposer tout ceci à la jeune femme et il savait bien la souffrance dans laquelle il la plongerait au fur et à mesure, mais une partie de lui n'était quand même pas prête à la laisser partir. Il était devenu bien trop dévoué à elle.

Abe posa ses mains sur ses épaules pouvant lire cette détresse qu'il avait toujours eue dès que cela concernait son secret.

- Henry ! À mon avis, tu n'as pas à t'en faire. Elle reviendra. Son amour pour toi prendra le dessus, tout comme maman l'avait fait à l'époque.

Henry avala son thé et songea à Zoé. Il regarda l'heure. Il était 10h du matin en Australie. La jeune femme avait sans doute repris les cours, rien n'était sûr.

Il tenterait et il verrait.

- On verra bien ! Je lui ai dit ce qu'il fallait !

Il déposa la tasse et avant de s'isoler dans son donjon, s'arrêta dans l'embrasure de la porte, en regardant son fils avec un sourire en coin

- Elle a quand même réussi à voir que j'étais la même personne avec une simple photo datant de 70 ans auparavant. Ça me flatte énormément. Il lui a fallu me regarder dans les yeux pour le voir.

Abe secoua la tête

- Tu crois Jo stupide ? Évidemment ! Et une femme amoureuse sait reconnaître son homme donc forcément, ne sois pas si surpris. De plus, tu n'as tellement pas changé, n'importe qui pourrait te reconnaître.

Henry leva les bras

- Oui, enfin… On pourrait penser que c'est mon grand-père !

Abe savait qu'il n'avait pas tort, mais il était très rare de ressembler trait pour trait à un grand parent, pas à ce point. Le légiste fit un signe de tête à son fils et décida d'aller dans son labo pour discuter avec Zoé.

Il fut soulagé quand la jeune fille répondit sur la terrasse du petit café où Nicole avait ses habitudes. Le vent lui soufflait dans les cheveux et elle était enroulé dans un pull plutôt épais.

- Hey Henry ! – salua-t-elle avec un grand sourire – je suis vraiment contente de vous parler ! Comment ça va ?

- Plutôt bien ! Il n'a pas l'air de faire bien chaud.

Zoé secoua la tête

- Depuis que vous êtes partis, le temps a drastiquement changé et le matin maintenant, il ne fait plus que 12C et la journée s'il y a du vent, il fait un peu frisquet. Mais là, vous imaginez qu'à l'heure qu'il est, il ne fait pas chaud du tout.

Henry ne sourit qu'à demi

- Je ne voudrais pas vous déranger et prendre sur votre temps ! Vous devez avoir cours ?

- Je n'ai qu'un seul cours dans la semaine et il n'est pas aujourd'hui donc soyez tranquille. Je suis juste en train d'écrire mon mémoire ou en tout cas essayer.

Elle remarqua bien l'expression de l'immortel. Il n'y avait personne sur la terrasse, elle était la seule qui aimait l'odeur de l'air marin pour faire son travail, tout en buvant un cappuccino bien chaud.

- Est-ce que je peux vous êtes utile en quoique ce soit Dr Morgan ? Par rapport au gros secret ?

Henry se demandait si sa tête de six pieds de long en disait beaucoup

- Je… J'ai dit la vérité à Jo ce soir ! Après notre retour à New York, nous avons eu une affaire assez difficile et elle a failli mourir alors j'ai voulu être honnête, sachant que c'est là le seul moyen de construire une vie avec elle.

Zoé acquiesça

- Alors ? Vous avez l'air rempli de doutes ! Elle vous croit, n'est-ce pas ?

- C'est ce qu'elle me dit, mais elle a besoin de temps pour y penser.

Zoé pouffa

- Henry, à sa place, j'en aurais besoin aussi ! C'est normal ! Elle reviendra. Je vous ai dit que tout irait bien pour vous deux.

Zoé voyait bien qu'il n'était pas tranquille. Il ne s'inquiétait pas que de son secret, mais de beaucoup d'autres choses.

- Ce n'est pas que ça qui vous tracasse !

Il s'agissait là d'une affirmation et Henry ne la renia pas

- J'aime Jo vraiment fort, mais je pense à cette souffrance de revivre une histoire d'amour avec elle.; quand elle vieillira, elle aura sans doute la même réaction qu'Abigail et je ne pourrais pas la retenir… Et puis, avec ce malade qui a voulu la tuer, je pense maintenant à Adam que j'ai mis dans le coma, mais je sais qu'il n'y tiendrait pas pendant deux siècles non plus…

Zoé se disait que pour un homme qui avait vécu tant de choses, il avait beaucoup de pensées négatives. Elle pouvait le comprendre. Elle n'était pas dans sa tête, mais son ancêtre avait eu une bonne raison de le rendre tel qu'il était. Et il n'allait pas faillir ce don… Car quoi qu'il en dise, il s'agissait bien d'un don.

- Henry ! Vous ne pouvez pas penser à tout ainsi. Vous verrez bien comment les années avanceront. Ne vous mettez pas tant de pression si tôt. Attendez déjà de voir Jo revenir vers vous. Je vous l'ai dit et répète, tout va bien se passer. Vous vous aimez et c'est le plus important. De plus, arrêtez de culpabiliser par rapport à votre immortalité, mon ancêtre savait ce qu'il faisait.

Henry n'avait jamais pris son immortalité comme la chose la plus positive de sa vie, bien au contraire.

Mais à entendre Zoé, depuis qu'elle lui avait raconté toute l'histoire, il avait l'impression d'être un Dieu et qu'il devait sauver la Terre. C'était ridicule, mais c'était le sentiment qu'il avait.

Henry appuya sur ses tempes

- J'imagine que… Que j'ai juste besoin d'être rassuré à certains sujets ! Maintenant que je sais que vous êtes mon intermédiaire par rapport à toute l'histoire.

- Je comprends ça Henry ! Vous avez été trahi une fois et vous avez peur de le voir se produire une seconde fois, mais vous n'avez vraiment rien à craindre de ce côté.

Henry lui sourit. Il se sentait un peu plus léger. Zoé n'avait peut-être pas la même condition, mais ses pouvoirs lui donnaient une grande force… Enfin, peu importe le style de pouvoirs qu'elle possédait.

- Je pense que dans ce cas, je ne vais pas vous embêter plus longtemps. Il se fait tard ici et je vais devoir apprendre à laisser à Jo un peu de temps pour réfléchir.

- Faites donc ça et arrêtez de vous faire du souci. Bonne nuit, Henry

- Bonne journée à vous, Zoé, et merci encore !

Henry s'étira une fois l'appel terminé. Il observa son cellulaire et ouvrit sa galerie photo pour regarder les nombreuses photos qu'il avait prises avec Jo lors de leur séjour. Il se dirigea ensuite vers un tiroir et regarda le contenu. Un sourire lui effleura les lèvres. Tout irait bien et ils réaliseraient leurs rêves, une fois qu'elle se serait faite à l'idée que son petit ami serait éternel.


Après une nuit bien agitée pour Jo, la jeune femme hésitait à aller au bureau ou bien juste rester assise à regarder n'importe quoi à la télé pour libérer son esprit de ce qu'Henry lui avait appris. Enfin, le libérer. Elle n'avait aucune envie d'oublier tout ceci, bien sûr que non. Au contraire, elle se faisait une joie d'enfin être dans la confidence et de savoir que cet homme ne la quitterait jamais de la même façon que Sean… Comme elle le disait, c'était égoïste de sa part, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Retomber amoureuse d'Henry lui avait mis en tête beaucoup de moments où elle avait ce sentiment qu'elle allait le perdre, surtout à la station en septembre.

Mais après tout, les preuves avaient été devant elle. Seulement, quelqu'un qui ne craignait pas la mort et non pas parce qu'il la côtoyait en permanence, pouvait se croire invincible comme Henry.

Elle savait que si elle se montrait au 11, Reece l'enverrait paître bien rapidement. Finalement, revenir à New York n'avait pas été aussi excitant. Elle aurait pu éviter le tour à l'hôpital… Mais au fond d'elle, elle était presque contente que Devon lui ait fait passé un sale moment, cela avait permis à Henry de s'ouvrir.

Assise dans son canapé avec son pyjama, elle enroula ses jambes sous ses fesses et regarda la coupure de journal de l'accident de métro dans la journée où elle avait rencontré Henry. Elle l'avait toujours gardé, pour une raison qu'elle ignorait et il traînait sur sa table basse depuis.

Elle avala son café et prit une rapide douche avant d'enfiler une veste en cuir. Il faisait bon, mais pas non plus chaud, pour le moment.

Elle voulait réfléchir et être en mesure de repenser aux différents moments où Henry avait laissé des indices quant à son immortalité. De nombreux moments qui lui permettraient de rassembler ses idées et en faire un topo à la fin.

Elle savait qu'elle aurait sans doute des personnes à qui parler… Pas sa mère, pas sa sœur (ou peut être un autre type de conversation) et encore moins son père ou son frère. Elle passerait sans doute un coup de fil à Abe dans les jours à venir pour qu'ils puissent discuter… Et elle songea à Lucas. Elle leva les yeux. D'abord, il fallait qu'elle ait des pensées claires et ensuite elle considérerait à les tuer tous les deux pour lui avoir fait des cachotteries et Henry pour l'avoir dit à Lucas en premier. Il ne lui avait pas encore raconté de quelle façon le jeune homme le savait.

Après, il connaissait Lucas depuis plus longtemps qu'elle, alors une part d'elle savait que cela pouvait être tout à fait normal.

Elle se rendit à Grand Central et marcha tranquillement les mains dans les poches pour se rendre sur le toit.

Elle se fit aveuglée par les rayons du soleil. Ce n'était pas tout à fait les mêmes circonstances que la première fois qu'elle y était, à la fin de sa toute première enquête avec Henry.

Elle avança prudemment vers la barrière et regarda en bas.

24 septembre 2014

- Henry ! Henry ! Où est-ce que vous allez ?

Henry marchait à grande vitesse dans la gare comme si quelque chose le tourmentait

- J'ai réalisé quelque chose ! Il fait un peu frais ce soir !

Jo lui répondit d'une voix sarcastique

- Oh quel sens de l'observation ! Pourquoi est-ce monte comme ça ?

- Parce que la climatisation est en marche. Il a fait en sorte que les toxines soient solubles pour qu'elles soient transférées dans l'air.

Jo avait un peu de mal à le suivre, mais semblait comprendre son point de vue

- Le système de ventilation est sur le toit !

Ils ne perdirent pas de temps et Jo passa devant lui pour défoncer la porte de sortie qui menait au toit où généralement personne ne montait. Personne à part la NYPD et leur suspect apparemment ce soir-là.

L'un comme l'autre, ils vérifièrent chaque partie du toit et Henry se dirigea vers les conduits d'aération qui étaient cadenassés.

Jo se retourna vers lui avec un regard qui lui fit comprendre s'il avait encore d'autres bonnes idées comme ça.

Henry sembla lire dans ses yeux et laissant tomber ses bras le long de son corps, il lui dit

- Peut-être que j'ai eu un excès de zèle…

Jo ne put le contredire, mais ils n'eurent même pas le temps de penser qu'elle se fit tirer dessus et retomba directement au sol. Dans sa chute, elle avait entendu Henry crier.

- Détective !

Avant de se précipiter vers elle pour poser sa main sur son épaule et appuyer sur sa blessure. Tout s'était passé très vite et en se retournant, Hans Koehler était derrière lui.

- Venez ici ! Je pourrais avoir besoin de votre aide ! – cria Koehler.

Jo était dans les vapes, mais entendait à demi ce qui se passait. Henry ne voulait pas laisser la jeune femme à l'agonie, mais il se faisait menacer d'une arme et leur suspect n'avait pas l'air du genre à plaisanter.

Il avança les mains en l'air et Jo ouvrit lentement les yeux en regardant la scène qui se passait… Sa vision était floue, mais elle assistait absolument à tout.

Koehler désigna une bonbonne

- Prenez ça ! – Allez, dépêchez-vous ! – cria-t-il plus fort quand il vit qu'Henry hésitait bien trop – emmenez-le, ici !

Henry essaya de le raisonner, tout en sachant que la détective était sur le sol et qu'il voulait gagner du temps pour empêcher leur suspect de l'achever.

- Ce n'est pas la solution ! Tuer toutes ces personnes innocentes, ne va pas ramener votre femme !

- Non c'est vrai ! Mais ces connards de la MTA vont se souvenir d'elle !

Jo entendait de façon très chaotique les paroles qui se disaient, mais elle était assez consciente pour suivre la conversation. Sa vision était vraiment trop floue pour se faire une idée exactement de la position des deux hommes, mais suffisante pour qu'elle sache qu'Henry se faisait menacer d'une arme.

- Je comprends ce que vous ressentez – À ce moment, Henry ne semblait pas conscient du fait que Jo entendait parfaitement ce qu'il disait – j'ai expérimenté la peine et la perte d'une façon que vous ne pouvez…

Koehler le coupa en criant

- Vous ne savez rien !

Henry ne voulut pas lâcher prise. Jo était derrière lui, sans défense, si jamais quelque chose se produisait, le suspect l'abattrait pour de bon. Henry ne pouvait pas laisser ça arriver.

- Croyez-moi, je sais ce que ça fait de perdre quelqu'un. De ressentir comme si la vie était en train de vous jouer un tour ! Mais tuer tous ces gens ? Ça n'effacera pas la peine.

Henry posa la bonbonne et lui dit d'un ton ferme

- Je ne peux pas vous laisser faire ça !

Koehler se rapprocha de lui, se faisant bien plus menaçant avec son arme

- Je pense que vous oubliez que c'est moi qui tiens le flingue !

Henry ne le lâcha pas du regard, sa voix tremblante et fier comme un coq, il répondit

- Ça peut paraître surprenant, mais un tir de balle ? Ce n'est pas ce qu'il y a de pire pour disparaître.

Le suspect sembla confus pendant quelques secondes, en se demandant ce qu'il voulait dire par là comme s'il avait déjà expérimenté la chose.

Henry avait déjà repéré un outil de bricolage au moment où il avait déposé la bonbonne. Il avait son plan. Il assommerait le suspect, aurait le temps de prévenir le reste de la NYPD, il serait arrêté et Henry resterait près de Jo le temps qu'une ambulance arrive.

Il attrapa une tenaille et tenta d'assommer leur suspect, mais il n'y parvint pas, car il frappa simplement dans le bras de l'homme au lieu du visage. Il y eut un affrontement pendant quelques secondes jusqu'à ce que la détonation de l'arme retentisse et qu'Henry tombe raide sur le sol, sous les yeux de Jo qui grimaça, craignant la suite des événements.

- Ça va aller ! Vous irez dans un endroit meilleur !

Henry à l'agonie comme à son habitude, secoua la tête

- Je ne pense pas !

Henry pensait à Jo qui était allongée de l'autre côté et qui ne pouvait pas non plus agir pour se sauver elle ou le sauver lui ou la population. Il ne pouvait pas laisser cet homme tuer une ville entière alors malgré son peu de forces et sachant très bien le sort qui lui serait réservé par la suite, cela n'avait pas d'importance. Jo avait tout vu. Henry s'était levé et s'était jeté sur leur suspect pour l'empêcher de propager le poison et dans la force de la lutte, ils étaient tous les deux passés au travers la barrière.

Jo perdit connaissance quelques secondes après la chute d'Henry.

La jeune femme regarda la distance entre le sol et le toit. Et elle était importante. Elle posa ses mains sur la barrière.

Elle murmura du bout des lèvres

- J'ai toujours su que je n'avais pas rêvé ce jour-là !

Elle repartit dans la direction qui avait été la suite logique de cet événement, où elle s'était réveillée à l'hôpital.

Un hôpital qu'elle ne connaissait que trop à force. En la voyant déambuler dans les couloirs, l'infirmière qui s'était occupée d'elle ces derniers jours, vint à sa rencontre.

- Détective Martinez ! Est-ce que tout va bien ?

La jeune femme ne pensait même pas au fait qu'elle était restée plusieurs jours dans l'établissement déjà et que le personnel pouvait l'aborder à tout moment.

Elle sourit poliment

- Oh oui ! Ne vous inquiétez pas pour moi, tout va bien très bien !

L'infirmière la regarda longuement

- Vous n'avez pas d'effets secondaires de vos traitements ici ou quelques séquelles de votre… incident ?

Jo comprenait bien son point et elle appréciait

- Non ! Je vous assure que tout va bien ! Il me semble juste que j'ai laissé une brosse à cheveux dans la salle de bain donc je vais aller vérifier, si la chambre n'est pas occupée.

L'infirmière préférait entendre ça

- Oh ! Eh bien si ce n'est que ça ! Allez-y.

Jo la remercia d'un signe de tête et avança dans le corridor et s'arrêta devant la chambre qu'elle avait occupé un an et demi auparavant. Là où elle avait su que désormais, beaucoup de choses allaient changer dans sa vie maintenant qu'Henry y était.

25 septembre 2014, hôpital

La première chose qu'elle vit quand elle se réveilla fut un Henry Morgan baigné de lumière, comme si elle se levait dans un autre monde, comme si en l'espace de quelques secondes, un ange gardien venait de lui être attitré.

Henry lui souriait tendrement et son cœur ne fit qu'un bond dans sa poitrine.

- Hmm ! Qu'est-ce qui s'est passé ? – demanda-t-elle d'une petite voix

- Eh bien pour résumer, on vous a tiré dessus et Koehler a décidé de se suicider en sautant du toit !

Jo semblait assez surprise du dénouement

- Et pour le poison ?

Henry semblait bien trop avoir réfléchi à la question

- Eh bien, je suppose qu'il a eu des remords !

Jo savait que quelque chose ne tournait pas rond. Ce n'était pas du tout ce qu'elle avait vu. Elle le savait, ses yeux étaient restés ouverts suffisamment longtemps pour qu'elle en ait conscience… Et elle avait surtout bien entendu la conversation.

- Ça n'a aucun sens !

Henry fit un large sourire, en se rapprochant de son lit

- Okay ! Qu'est-ce que vous pensez qu'il s'est passé ?

Jo n'arrivait pas à décrypter l'expression qu'il avait sur le visage, mais il avait sans doute le pire poker face qu'elle n'avait jamais vue.

- Je… Je pensais que vous aviez tous les deux sautés du toit ?

Henry fronça des sourcils en feignant un air surpris. Oh oui ! Vraiment; le pire poker face du monde !

- Nous deux ? Comment est-ce possible ? Croyez-moi, j'aurais aimé être un peu plus héroïque, mais je peux vous assurer que c'est la morphine qui parle.

Jo se redressa un peu dans les oreillers. Il n'était pas très crédible. Elle sentait encore la douleur de la balle, mais la morphine neutralisait largement.

- Il y a quelque chose que vous ne me dites pas !

Henry la regarda avec des yeux aguicheurs. Oh ! Cette jeune fille pourrait rapidement le percer à jour et il y avait quelque chose dans ses grands yeux marron, qui lui donnaient envie de se confier. Il ouvrit la bouche, prêt à lui dire quelque chose, mais le téléphone sonna à ce moment et ce fut pour lui, la seconde fois qu'il parlait à Adam. Jo avait su que quelque chose de terrible se disait à ce moment vu les réactions d'Henry, mais elle n'avait pas réalisé l'ampleur de la situation. À la fin de l'appel, il semblait assez perturbé et déposa le téléphone, sans oser la regarder dans les yeux.

- Hum… je… Je ferais mieux d'y aller.

Jo trouva sa réaction assez bizarre. Elle l'interpella avant qu'il ne franchisse les portes.

- Henry !

Il se retourna lentement et quelque chose remplit la pièce à ce moment-là. Un sentiment de bien-être qui les enveloppa tous les deux, que ni l'un ni l'autre ne prit en compte à cet instant.

- Est-ce que ça va ?

- Je survivrai !

Il la regarda profondément et elle lui rendit son regard. Leurs yeux se soutinrent pendant de longues minutes ainsi avant qu'Henry ne la laisse se reposer après un sourire. Jo sentit quelque chose remuer en elle et sut que vraiment, son année pourrie venait de prendre un nouveau tournant.

Elle sourit tendrement. À y repenser, était-ce possible qu'ils aient eu le coup de foudre l'un pour l'autre ? Mais avaient préféré complètement renfermer ce sentiment, considérant la perte qu'ils avaient eue ? Elle n'avait pas de réponse à cette question, mais au moins une chose était sûre… Elle avait toujours su que son légiste avait bel et bien sauté du toit et qu'elle avait absolument tout vu.

En retournant dans sa voiture, elle resta assise dedans à regarder son volant. Elle observa longuement la place à ses côtés. Elle pouffa. Elle lui avait quand même donné une opportunité et il semblait s'amuser de la situation.

- Est-ce que vous pouvez allumer les sirènes ?

Jo le regarda d'un air sarcastique, avec un sourire en coin

- Vraiment ? Mais vous avez quel âge ?

Jo n'avait pas vu son visage à ce moment comme il s'était retourné pour regarder dehors, mais maintenant elle pouvait parfaitement imaginer ce sourire qui flottait sur ses lèvres, l'air de dire « si tu savais ».

Elle démarra. Son prochain arrêt serait le campus de Colombia.


Author's note: je prends la date de diffusion des épisodes pour mes flash-backs, avec quelques jours supplémentaires, suivant le dénouement de leurs affaires puisque tout ne se résoud pas en une journée. Je centre la timeline ainsi (même si récemment j'ai appris qu'en réalité Jo et Henry se sont rencontrés en mars et non pas en septembre mais bon maintenant que j'ai gardé ce headcanon, on chipotera pas).

Je voulais ajouter aussi, j'ai l'impression qu'on me reproche un peu d'avoir fait trainé le fait qu'Henry n'ait dit la vérité à Jo que maintenant, (ne le prenez pas personnellement) Mais un petit rappel, que cette histoire est une saison 2 à ma façon, que je me base sur ce que Matt Miller nous a dit et il a clairement spécifié que Jo n'aurait sû la vérité qu'à la fin de la saison(avec Henry essayant de lui dire plusieurs fois au cours de la saison), donc bon, je ne voulais pas gâcher l'idée de base que j'avais déjà et il n'y avait absolument aucun moment pour placer cette révélation comme il se devait. Je sais que j'aurais pu le faire, il aurait pu lui dire à la moitié, mais je n'avais pas envie. Vraiment ça n'aurait pas fonctionné comme je le voulais (je sais que c'était long mais c'est juste que mes chapitres sont très longs), le principal c'est qu'il lui ait dit maintenant (et croyez moi, un an et demi-deux ans d'attente pour une révélation, ce n'est rien du tout. J'ai attendu cinq ans avant qu'il lui dise la vérité, pour mon couple principal lol).