Merci de vos reviews ! Désolée ça fait longtemps que je n'ai pas posté, mais j'ai carrément oublié que tout n'était pas encore mis et mettons que je n'ai pas vraiment la tête à ça. Enfin, ce n'est pas encore fini, c'est juste la dernière ligne droite. Bonne lecture
Jo marcha sur le campus et se rappela des commentaires d'Henry, assez agaçants au début. Combien de fois s'était-elle retenue de ne pas lui envoyer une balle entre les deux yeux ? Ou dans son joli derrière.
Elle aurait peut-être dû relever le commentaire au moment où il lui avait dit qu'elle était encore bien jeune.
29 septembre 2014
- Oh ! Je dois admettre que mes années universitaires me manquent. Est-ce que vous êtes partie à l'université, détective ?
Ils marchaient sur le campus qui était encore exceptionnellement bien chaud et agréable. Elle sourit.
- Oui ! J'ai pris quelques cours de soir, puis j'ai arrêté quand mon mari est entré à la faculté de droit. Et je n'ai jamais songé à y retourner.
Henry l'écoutait attentivement et fit un petit sourire, en lui jetant un œil
- Oh ! Vous êtes encore bien jeune ! L'éducation qu'elle soit formelle ou pas, est l'un des plus grands trésors de la vie.
Jo releva le commentaire sur le fait qu'elle était encore jeune et ne put s'empêcher de sourire bêtement. Il était plutôt mignon.
- Ouais ! J'ai lu votre dossier ! Vous avez fait une école de médecine à Guam ! Ça devait être une école bien dispendieuse.
Henry ne préféra pas en dévoiler plus pour l'instant
- C'était il y a bien longtemps !
Qui eut cru que cela signifiait littéralement ? À la minute où il avait fait des références à l'âge, elle aurait dû y faire un peu plus attention. Mais à cet instant, elle ne voulait vraiment pas le bousculer et jouer les petites détectives curieuses.
Elle s'installa sur un banc et regarda les étudiants qui allaient et venaient en courant, certains en retard pour leurs examens, d'autres qui étaient ravis d'avoir enfin terminé.
Elle se vit descendre de l'un des bâtiments et faire la leçon de morale à Henry, où elle avait sérieusement considéré à lui envoyer une balle dans le front pour comprendre qu'il devait apprendre à rester en place. Maintenant, elle comprenait mieux pourquoi il avait toujours agi de cette façon.
Jo et Henry étaient partis à la résidence universitaire où Vicky Hulquist faisait ses études. En y arrivant, ses parents étaient là en train de rassembler ses dernières affaires et tout aussi meurtris et peinés.
Après avoir parlé quelques minutes avec eux et posé quelques questions, la mère de la victime s'était approchée d'Henry et lui avait montré une photo de sa fille en murmurant à quel point elle était belle et qu'elle donnerait n'importe quoi pour la serrer de nouveau dans ses bras !
Henry après s'être perdu dans ses pensées quelques secondes, avait soufflé dans le cou de cette mère endeuillée
- Ne vous inquiétez pas ! Je trouverais qui a fait ça.
À ce moment-là, Jo l'avait regardé de travers. Ce n'était que leur troisième affaire ensemble et elle avait bien remarqué qu'il avait toujours tendance à mettre les pieds dans le plat, mais pour le coup, il poussait vraiment trop loin. Il ne devait pas encore être au courant que dans la police, on ne faisait pas ce qu'on voulait quand on le voulait.
Jo ne fit aucun commentaire, mais dès qu'ils sortirent, elle le disputa.
- Est-ce que vous avez vraiment promis à la mère la victime que vous alliez résoudre l'affaire ?
- Je suis content de savoir que vous vous référez enfin à elle comme une victime.
Jo haussa la voix
- Henry ! Je ne suis pas supposée m'occuper de cette affaire ! Et après qu'est-ce qui va se passer quand ces parents vont appeler ma boss et vont dire « hey, ils ont promis de trouver qui a fait ça » ?
- Eh bien, je suppose que vous avez plutôt intérêt à résoudre l'affaire.
Jo soupira. Elle finirait par l'envoyer dans sa propre morgue s'il continuait de la provoquer ainsi.
- Okay ! Très bien, stop !
Elle se mit devant lui pour l'obliger à s'arrêter de marcher et le regarda droit dans les yeux, en lui faisant une leçon de morale
- Même si nous faisons notre maximum, il arrive que dans certaines affaires, on ne parvienne pas à savoir ce qui s'est réellement passé. Une seule affaire peut prendre parfois jusqu'à des années.
Henry ne l'avait pas lâché des yeux pendant toute sa petite leçon et faisait un petit sourire sardonique, qui mériterait qu'il se prenne une bonne claque dans la figure.
Il lui répondit d'un ton assez misogyne
- Eh bien, j'ai tout mon temps.
Et il la dépassa pour rejoindre la voiture. Jo resta de marbre, et ferma rapidement les yeux, en se disant qu'il allait vraiment terminer à la morgue et qu'elle allait être responsable de le disséquer.
Jo regarda ses doigts. Tous les indices avaient été devant ses yeux, tous… Henry n'avait jamais été subtil. Il semblait qu'il avait toujours voulu dévoiler sa condition. Elle ignorait de quelle manière elle aurait pu réagir s'il lui en avait parlé au début de leurs premiers mois de travail ensemble. Possiblement, elle lui aurait ri au nez.
À force de se balader partout dans la ville, elle ne réalisa pas que c'était déjà l'heure de déjeuner. Le reste des endroits qu'elle voulait visiter étaient surtout la morgue et le poste… Elle préférait s'y montrer en fin de journée quand elle serait certaine que ni Reece ni Hanson ne seraient dans les parages. Et Henry non plus.
Elle se sentait un peu seule. Enfin bien sûr, elle était soulagée d'en savoir plus sur cette part de son petit ami, mais elle n'arrivait pas bien à gérer toutes les émotions qu'elle ressentait.
Il devait tellement avoir peur de voir tous ces gens disparaître l'un après l'autre… Et elle qui ne pouvait même pas non plus lui promettre l'éternité.
Elle soupira. Elle appellerait Abe plus tard pour l'inviter chez elle et qu'ils discutent. Pour l'instant, elle avait besoin de se libérer l'esprit avec une seule personne, sans dévoiler la nature de la condition d'Henry. Elle comptait bien taire ce petit secret… Enfin, plutôt gros secret.
En prenant la route, elle passa à côté de la forêt où leur confrontation avec leur suspect s'était terminée après l'affaire de Tyler Forester.
La première fois qu'Henry avait tenté de prendre une balle pour elle, une semaine suivant son premier tir mortel.
Elle tenta de rester concentrée sur son volant, mais les souvenirs s'imprégnèrent dans sa tête
28 octobre 2014
Ils étaient retournés à la station pour discuter avec le propriétaire. Pour une raison inconnue, ni l'un ni l'autre n'avait senti le danger ce jour-là. Des coups de feu furent tirés et le premier réflexe de Jo fut de regarder si Henry allait bien, prête à laisser filer le suspect pour rester à ses côtés. Fort heureusement, plus de peur que de mal et il l'encouragea à faire sa course poursuite et qu'il irait bien.
Maintenant, la jeune fille comprit que c'était une manœuvre dans le cas, il aurait dû y rester.
Elle avait poursuivi leur suspect tout le long de la forêt et éviter les tirs de justesse. Quand elle se retrouva face à lui, elle lui cria.
- Lâchez votre arme !
Sa voix tremblait à demi. L'homme se retourna prêt à se rendre. Jo réitéra.
- Lâchez votre arme, maintenant !
Mais en pointant son arme dans la direction de l'homme, elle revit les flashs du moment où elle avait tiré sur Mark Bentley qui était tombé raide mort à ses pieds. Elle fut complètement désorientée par ce souvenir et sa respiration se saccada. Malheureusement, le suspect comprit son hésitation et repointa son arme dans sa direction.
- Non ! Vous lâchez la vôtre !
Jo ne savait plus comment agir, mais elle s'agrippait à son arme comme s'il s'agissait de la seule chose capable de la sauver.
- Ce n'est pas moi le méchant ici, mais ces imbéciles de riches de cette école privée – le suspect avoua, sans lâcher son arme de la direction de Jo.
Cette dernière sentait qu'elle allait probablement lâcher son arme et être incapable de faire quoi que ce soit. Elle se pensait forte, mais en réalité, sa première tuerie ne cessait de la hanter et elle craignait de continuer de manipuler son arme.
Ce fut quand elle entendit la voix d'Henry, qu'elle réalisa la situation dans laquelle elle était et qu'un civil était avec elle et que sa vie était fortement en danger. Comment avait-il pu se retrouver derrière elle si rapidement ? Avec un bras ensanglanté ?
Mais enfin, il devait avoir l'habitude de pire, cela ne devait sans doute pas le déranger.
Henry semblait savoir qu'elle était figée à l'idée de tirer et l'avait rejoint pour être certain qu'il pourrait agir si jamais quelque chose devait mal tourner.
- Oui ! On sait ce qu'ils ont fait, monsieur Morris !
Henry avança pour se rapprocher de sa partenaire
- Et on sait aussi que vous travailliez là-bas, le soir où ils ont frappé Mitchum et vous aviez compris ce qu'ils ont fait… Et quand vous avez compris que Tyler venait d'une famille aisée… Vous avez décidé de lui faire du chantage.
Le suspect semblait autant désorienté que la pauvre Jo qui ne bougeait plus et écoutait Henry débiter
- Jusqu'à ce qu'il décide de se confesser – continua Henry
Henry avança lentement, certainement dans le but de tenter de prendre l'arme que Morris tenait. Jo tenta de l'en dissuader.
- Henry ! Arrête ! Henry !
Morris ne se laissa pas impressionner et regarda le couple.
- Hey ! C'est toi ou elle mec, tu choisis !
Jo et Henry se regardèrent. L'un comme l'autre savait qu'ils ne pourraient pas s'en sortir ensemble. Henry regarda Jo. Elle était pétrifiée à l'idée de tirer et elle ne pourrait pas les protéger tous les deux. Elle devait penser à elle en premier. Il savait qu'il reviendrait alors il s'en fichait. Des années auparavant, il avait préféré fuir plutôt que de dévoiler son secret. Cette fois-ci, deux personnes risquaient de le voir disparaître, mais ça ne l'importait pas. Il voulait protéger Jo, il voulait la sauver et au moins elle aurait le temps de neutraliser le suspect même s'il y laissait la vie. Alors, plein de détermination, il n'hésita pas.
- Moi ! Tirez sur moi !
Jo n'en croyait pas ses oreilles ! Qu'est-ce que cela voulait dire ? Pour qui il se prenait encore celui-là ?
Il avait perdu l'esprit ou quoi ?
- Henry ! Arrête !
Henry ne voulait pas en démordre alors il avança et Morris pointa son arme dans sa direction, mais Jo ne fut plus du tout paralysée et désarma leur suspect. Elle se précipita vers lui et lui hurla de mettre ses mains derrière son dos.
Elle se retourna pour échanger un regard avec Henry et ignorait s'il fallait l'étouffer ou bien l'embrasser… Car il avait quand même tenté de la sauver. Pur imbécile qu'il était.
Jo était arrivée devant l'école où travaillait sa sœur et une petite larme s'écrasa sur sa joue en repensant à ce moment. Ces derniers jours, c'était exactement ce qui s'était passé, ce qu'il avait voulu faire et cette fois, elle était passée devant la balle comme il aurait souhaité le faire ces deux fois-là.
Même de savoir qu'il était immortel, elle ne l'aurait jamais laissé se faire tirer dessus. Ce n'était pas une excuse.
Jo sortit de la voiture et avança vers la classe de cours de sa sœur. Elle y frappa deux petits coups.
- Entrez !
En voyant Jo, Clara retira ses lunettes et fit un large sourire
- Petite sœur ! Oh bah dis donc, quel teint ! Tu es déjà prête pour l'été. Ça me fait plaisir de te revoir.
Elle se leva et attrapa sa sœur pour lui faire une longue étreinte comme à chaque fois qu'elles se voyaient. Finalement, après l'avoir regardé de la tête aux pieds, elle remarqua que Jo avait l'air plutôt distraite. Elle fronça des sourcils.
- Qu'est-ce qui ne va pas ma chérie ?
Jo se mordit les lèvres
- Je ne veux pas prendre sur ton temps, je sais que tu as du travail
Clara lui désigna sa boîte à lunch
- Je suis en train de manger donc le temps je peux toujours l'avoir pour ma petite sœur.
Elle lui prit la main de Jo et la fit asseoir sur une chaise face à son bureau, tandis qu'elle prit sa boîte à lunch et s'installa elle-même sur le bureau.
- Tu m'as l'air bien songeuse ! En tout cas, être en Australie t'a réussi avec ton bronzage doré.
Jo sourit
- Oui ! Enfin, j'aurais peut-être dû y rester si je savais tout ce qui allait me tomber dessus en revenant !
Clara avala lentement sa bouchée et regarda alors sa sœur avec le même sérieux que lorsque ses enfants faisaient des bêtises.
- Ça s'est mal passé ?
- Le séjour ? Non, absolument pas ! Nous avons résolu ce qui avait besoin d'être résolu ! Disons que c'est plutôt le retour qui a été difficile !
Elle lui parla donc de son kidnapping et le fait qu'elle avait failli mourir en voulant protéger Henry. Sa sœur était sur le bord de la syncope, mais elle la rassura en lui disant que son gilet l'avait protégée et que c'était une chance.
- Ça en fait des émotions pour un retour ! Tu m'étonnes que tu serais mieux de l'autre côté de la Terre ! Mais alors, est-ce qu'il y a autre chose ?
Jo releva la tête vers sa sœur et se tortillait les doigts nerveusement
- C'est… C'est assez personnel et je ne veux rien dévoiler, mais je…
Clara la regarda longuement et claqua dans ses doigts
- Oh mon Dieu ! Ça y est !
Jo fronça des sourcils
- Ça y est, quoi ?
- Tu es enceinte ! C'est ça, n'est-ce pas ? Ce petit séjour en Australie a sans doute aidé les petits nageurs d'Henry et si ça se trouve, c'est aussi ça qui t'a sauvé. Il n'aura pas perdu de temps.
Jo tira une longue grimace. Quoi ? Mais est-ce que sa sœur s'entendait parler ?
- Mais ? Non ! Clara ! Non ! Ne t'excite pas tout de suite ! Je ne suis pas enceinte, ni rien du tout ! ça n'a rien à voir !
Clara laissa retomber son excitation, sec, et posa sa boîte
- Bon alors quoi ? Ne me dis pas que toi et Henry vous avez décidé de rompre après tout ça ? Là par contre si c'est ça, je vous tords le cou à tous les deux.
Jo leva les yeux au ciel
- Non ! On n'a pas rompu ! Clara, tout va bien entre Henry et moi… Je voulais juste des conseils de ma grande sœur.
Clara fut flattée et fit un large sourire
- Oh ! Eh bien si ce n'est que ça.
Jo n'avait vraiment pas l'intention de dévoiler ce qu'Henry lui avait dit. Elle tiendrait sa parole et pour l'instant sa famille n'avait pas lieu de savoir ça.
- Mettons… Si quelqu'un te disait quelque chose… Quelque chose de vraiment important, mais qu'il craint ta réaction par peur de te perdre et qu'il a déjà souffert précédemment de ce poids et qu'il finit par te le confier. Mais tu dis avoir besoin de quelques jours pour réfléchir… Comment réagirais-tu une fois ces quelques jours passés ?
Clara n'avait aucun doute qu'elle faisait référence à Henry. Elle n'était pas idiote. Le légiste avait quelque chose à cacher, c'était certain. Ça ne la regardait pas et si le couple décidait d'en parler, il le ferait de lui-même.
Elle posa sa main sur celle de sa sœur
- Est-ce que tu as des doutes concernant la suite de votre relation suite à cette révélation ?
Jo secoua la tête négativement
- Non… Pas spécialement. Je veux dire c'est quand même gros et j'ai peur de faire une gaffe un moment ou de ne pas être assez présente pour l'aider ou de ne pas savoir quoi faire ou…
Clara l'arrêta
- Ma chérie ! Ce n'est pas le plus important ! Tu as su garder un secret pendant 20 ans depuis l'âge de 10 ans. Ce n'est pas un petit quelque chose qui t'aura été révélé que tu ne pourras pas garder. Un jour éventuellement si vous voulez en parler à d'autres, vous le ferez, mais pour l'instant si tu l'aimes et que cet amour est sincère alors tu n'as pas besoin de te poser plus de questions. Dépendant du secret, tu as le droit d'avoir du temps pour y penser, mais à mon avis, rien ne devrait briser deux personnes qui s'aiment vraiment. On a tous des secrets et ça ne devrait pas nous ralentir dans notre vie de tous les jours. L'amour quand il est sincère passe au-delà de ça.
Jo avait déjà songé à cette réponse, évidemment. Elle savait ce que son cœur voulait. Mais elle avait besoin d'être rassurée et sa sœur était quand même bien mieux placée qu'elle.
Elle sourit. C'était tout ce qu'elle avait besoin d'entendre, semblait-il. Elle se leva et donna une longue étreinte à Clara.
- Merci Cla ! Je savais que tes conseils me seraient très précieux. Je prendrais encore quelques jours pour réfléchir, mais je sais déjà ce que je ferais par la suite, mais j'ai juste besoin d'y voir plus clair !
Clara lui pinça délicatement la joue
- C'est tout à fait normal ma belle !
La sonnerie retentit. Jo se sentit mal.
- Oh ! Mince ! Je suis désolée ! Tu n'as même pas fini ton lunch et je suis venue empiéter sur ton territoire !
Clara rigola
- Jo ! C'est correct là ! C'est la fin de l'année ! Et je n'ai cours que dans une heure. Je n'ai plus beaucoup d'élèves qui sont présents, certains sont déjà en vacances. Donc ça me fait toujours plaisir de te voir, ne t'inquiète pas. Repasse quand tu veux, tant que je suis encore dans cette école puisqu'en septembre, je reprends mon poste de directrice dans ton école privée.
Jo acquiesça. Clara devait également une fière chandelle à Henry. Son cœur se mit à battre davantage. Rien ne l'empêcherait de l'aimer.
Elle sortit et mangea rapidement dans le bar où généralement toute l'équipe se retrouvait.
Devant son burger, elle se perdit dans ses pensées, en regardant la table vide à laquelle la première fois Henry les avait rejoints pour prendre un verre.
11 novembre 2014
Henry avança parmi dans le bar plein à craquer et Jo fut la première à le repérer et ne pouvait exprimer à quel point elle était heureuse de le voir. Elle se retint de lui sauter au cou.
- T'es venu !
Henry laissa ses bras retomber le long de son corps
- Eh bien, j'étais dans le voisinage et je me disais…
Hanson le coupa en se levant
- Hey Doc, doc ! Asseyez–vous ! C'est quoi votre poison ?
Hanson avait attrapé une chaise pour qu'il s'assoie. Après deux mois de travail, il semblait que le détective avait finalement eu de l'affection pour le Doc, surtout suite aux derniers événements.
- Cognac ! Plus c'est vieux, mieux c'est !
Hanson parut vraiment surpris de son commentaire, mais ne posa pas plus de questions
- Okay ! Compris, je vous ramène ça.
Dès que Mike se fut éloigné, Henry porta son attention sur Jo. Il prit une profonde inspiration.
- Quand tu m'as demandé pour ma cicatrice… Si je ne t'ai pas répondu c'est que…
Jo le coupa
- Non ! non ! Je suis désolée ! Je… Je ne voulais pas m'immiscer.
Henry la coupa également gentiment
- Non… Je veux que tu connaisses l'histoire !
Jo fut particulièrement touchée. Elle n'était pas dans sa vie depuis très longtemps, mais pourtant, il lui accordait déjà une certaine confiance.
Il la regarda droit dans les yeux et dit clairement
- Je me suis fait tiré dessus !
Jo resta abasourdie ! Qu'est ce qu'il venait de dire ? Elle voulut se rapprocher de lui pour poser sa main sur son torse. Comment avait-il pu s'en sortir vivant avec une telle cicatrice ?
Il allait en dire plus, mais Lucas débarqua comme à son habitude et brisa leur instant.
Jo se retint de soupirer. Décidément, le monde entier devait avoir une dent contre eux pour toujours les interrompre. Elle porta son soda à ses lèvres et se demandait encore quelle histoire il allait pouvoir inventer à cet instant. Il n'allait sans doute pas lui dire la vérité, pas dans un bar rempli de personnes. Mais connaissant les blessures fatales, elle se doutait bien que son histoire aurait relevé du miracle. À partir de ce moment, elle avait commencé à se poser davantage de questions, mais encore une fois, elle ne voulait vraiment pas passer pour la fille chiante qui n'attendait que des réponses à ses questions.
Elle se leva et fit craquer son dos. Elle grimaça, car sa côte lançait encore un peu.
Peut-être qu'elle retournerait au poste ce soir pour laisser aller à ses souvenirs ou bien elle s'allongerait sur son lit toute la journée et repensait à tout ceci.
De repasser à ces endroits où Henry n'avait fait que laisser des indices, lui permettait de mieux relier le tout ensemble.
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Après une longue journée à être sans sa partenaire et terminer des rapports, Henry sortit du poste et se fit intercepter par Hanson.
- Hey Doc !
Il sursauta, bien trop perdu dans ses pensées !
- Mike !
Le détective fut plutôt surpris qu'Henry l'appelle par son prénom. C'était une rare chose.
- Est-ce que ça va ? Vous avez été plutôt silencieux aujourd'hui. Jo va bien ?
Henry repensa encore à leur conversation de la veille. Elle ne l'avait pas appelé ni laissé de message. Mais Abe lui avait dit d'arrêter de vouloir la harceler. Elle avait besoin de ses quelques jours pour s'en remettre. Il faisait plus confiance à Jo et pouvait comprendre qu'elle faisait ça pour se faire à l'idée que l'homme qu'elle aimait et passablement, allait passer le reste de sa vie avec resterait éternellement le même. Ce n'était pas toujours facile à digérer.
- Oui ! C'est vraiment une battante ! Je l'admire pour ça.
Hanson acquiesça
- Je pense qu'on l'admire tous, mais entre nous, on sait parfaitement que c'est vous qui lui donnez la force nécessaire.
Henry fut touché. Il espérait que tout rentrerait rapidement dans l'ordre.
- Vous voulez qu'on aille boire un verre ? - suggéra Hanson – vous vous ennuyez d'elle, mais vous aurez le temps de rester collés ensemble. En plus, je la connais, elle va revenir avant même qu'on lui donne l'autorisation.
Henry savait que Jo ne pouvait pas tenir en place. Hanson avait tenté de l'éloigner de l'affaire lui rappelant Sean l'année précédente, mais elle avait quand même continué de pousser.
Reece avait fait de même lorsqu'elle avait dû retourner parler à son père pour en savoir plus sur les habitudes de son frère, il y a quelques mois.
Henry accepta l'invitation d'Hanson
- D'accord ! Je n'ai rien de mieux à faire. Je dois laisser un peu d'air à Jo, elle va finir par me tuer.
Hanson pouffa
- Je peux très bien imaginer ! Alors, allons-y.
Ils se retrouvèrent dans leur habituel bar qui était un peu plus plein le soir que la journée, vu le nombre de professionnels qui venaient se détendre.
Ils s'installèrent au bar et cela fit bizarre à Henry de venir avec quelqu'un d'autre que Jo.
Cela était souvent un moment spécial pour eux. Bien sûr, maintenant leurs sorties se passaient ailleurs que dans les bars, mais dans le fond, elle était celle qui lui donnait envie de sortir et prendre un verre depuis qu'il travaillait avec elle.
Hanson commanda deux cognacs et Henry le regarda d'un air surpris
- Je ne pensais pas que vous buviez du cognac !
- Ah ! Je peux vous surprendre Doc ! Je me suis dit que pour une fois il n'y avait aucun mal à essayer !
Ils trinquèrent. Ils ne surent pas trop à quoi. Sans doute au soulagement d'avoir sortie Jo des griffes d'un psychopathe et qu'elle avait été assez maligne pour garder son gilet pour le coup.
Hanson finit par parler après de longues minutes de silence entre eux
- Vous vous êtes toujours bien occupé de Jo, Doc !
Henry ne comprit pas où il voulait en venir
- Que voulez-vous dire ?
- Quand elle a perdu Sean, je n'ai jamais réussi à lui faire entendre raison. Elle faisait tout et n'importe quoi et je ne pouvais pas la raisonner, ni moi, ni Karen, ni sa sœur ou sa mère. La peine rend les gens méconnaissables.
Henry avala lentement sa gorgée en appréciant la chaleur de chaque goutte. Il avait subi la même chose donc il pouvait très bien imaginer dans quel état Jo avait été suite à la perte subite de Sean.
- Et quand vous êtes arrivé dans sa vie – continua Hanson – elle a changé drastiquement ! Elle s'est calmée et malgré sa peine, elle ressemblait plus à la Jo que j'avais connu à l'époque.
Henry savait qu'ils s'étaient sauvés mutuellement, que ce soit physiquement ou moralement
- Elle m'a sorti d'une mauvaise passe aussi ! L'avoir à mes côtés est ce qui me donne une raison de me lever le matin.
Hanson sourit
- Et elle pense la même chose de vous ! Elle l'a prouvé en se jetant devant une balle qui vous était destiné. J'espère que vous allez la choyer !
- Soyez sûr que oui !
Il regarda Mike. Il n'était pas encore au stade à rentrer dans des délires surnaturels alors il ne voulait pas lui casser les pieds. Sans doute, que cela aurait été plus simple de parler directement à Lucas, mais le jeune homme ne pouvait s'empêcher de faire des blagues et des références assez douteuses.
En tournant son verre dans ses mains, il demanda d'une voix à moitié cassée
- Est-ce que dans votre couple, ça vous est déjà arrivé d'avoir des secrets l'un pour l'autre et d'en avoir un qui pourrait mettre en péril votre avenir amoureux ?
Hanson haussa un sourcil.
- Pourquoi cette question ? Quelque chose s'est passé depuis la sortie de Jo, de l'hôpital ?
Henry sourit
- Non ! Pas vraiment ! Je me pose une simple question.
Hanson n'y croyait pas trop, mais il n'en demanda pas plus
- Eh bien, j'imagine qu'on a tous des secrets plus ou moins importants dans la vie ! Bien sûr que dans mon couple, nous en avons eu certains, dévoilés ou pas. Parfois, rien ne nous oblige à tout dire, surtout si les souvenirs sont assez douloureux. Sachez qu'en aucun cas cela ne doit mettre en péril l'amour qu'il y a entre vous… À moins d'une chose irréversible, mais si ce qu'il y a entre vous est vrai et fort alors vous passerez au travers de ça.
Henry avait pourtant plus d'expérience que son collègue dans le domaine, mais il semblait si sage. Un vrai papa gâteau qu'il était là.
- Vous avez eu des désaccords avec Karen au long de votre mariage ? Des vrais, je veux dire, qui auraient pu mal terminer ?
Mike hocha la tête
- Plus d'une fois ! Mais on se rappelait toujours pour quelle raison on s'est marié, pour le meilleur et aussi pour le pire. Et on se demandait toujours, est ce qu'on veut vraiment se séparer avec deux enfants turbulents ? Ou bien est-ce sous le coup de la colère ? On sait qu'on s'aime fort alors nous séparer ne nous aurait jamais fait du bien ! Elle me botte le train arrière donc jamais je ne la laisserais partir !
Il parvint à déclencher l'hilarité d'Henry. Au moins une chose que Jo et Karen avaient en commun.
- J'imagine que ça ne fait que ressortir la force de l'amour ! Merci de m'avoir répondu ! Ça me permet d'avoir un autre point de vue et d'y voir plus clair !
Hanson termina son verra et donna une tape amicale dans le dos du doc
- Ne vous inquiétez pas ! Si quelque chose vous tourmente et vous remet en question dans votre relation avec elle… Je suppose que ça a à voir avec le fait ou qu'elle ait voulu se sacrifier pour vous, mais ne voyez pas ça d'une mauvaise manière… Je comprends que cela vous énerve qu'elle ait failli perdre la vie pour vous, mais c'est une preuve qu'elle est dévouée et cela faisait des années qu'elle ne l'avait pas été. Vous êtes chanceux Doc et elle aussi !
Henry le regarda longuement et ne savait pas trop quoi faire… Hanson leva les yeux.
- Bon allez venez, ça ne va pas être tous les jours !
Henry fit un large sourire et ils se firent une sincère étreinte. Ça y est ! Ils étaient officiellement deux meilleurs amis et cela faisait du bien à l'immortel d'avoir une vraie famille sur qui compter. Il savait que ça ne durerait pas toute leur vie, mais ils étaient là dans le moment présent et il fallait en profiter.
Mike le raccompagna jusqu'à la boutique et pour le remercier, Henry l'invita donc à dîner, histoire d'avoir une petite compagnie. Il accepta avec joie et prévint sa femme et ses enfants que ce soir, il ne serait exceptionnellement pas à la maison.
Jo était retournée au poste et avait vu Henry et Hanson sortir. Elle avait également attendu que Reece ne soit plus dans les parages pour monter… Ou plutôt descendre. Elle comptait se rendre à la morgue.
Il y avait certains détectives, mais elle ne les prit pas en compte. La morgue était vide à son plus grand soulagement.
Elle rentra dans l'office d'Henry et s'installa à demi sur le bureau et regarda la porte vitrée
29 septembre 2014
- Hey !
Henry sursauta en repliant une lettre qui avait l'air importante pour le peu qu'elle avait pu comprendre.
- Est-ce que ça va ? Je ne voulais pas vous faire peur.
Il la regarda en faisant un sourire forcé
- Euh… je peux me perdre dans mon imagination
Jo se retint de soupirer
- J'avais remarqué !
Henry se leva rapidement et Jo lui emboîta le pas
- Vous avez dit que vous aviez de nouvelles informations sur la jeune fille qui a sauté ?
- Oui ! Il y avait quelqu'un d'autre sur le pont avant qu'elle ne meure. Il y avait des traces de pas sur le rebord.
Jo n'était pas bien sûre d'avoir compris
- Attendez ! Quoi ? Comment vous pouvez savoir ça ?
Henry se retourna et chercha rapidement pour une excuse potable
- Parce que je passais en vélo dans le coin et j'ai regardé !
Jo n'était pas sûre que l'univers ne lui avait pas envoyé un clown pour travailler avec elle. Il ne pouvait pas y avoir d'autres solutions.
- Quoi ? Vous êtes monté sur le rebord du pont ?
Henry se disait qu'il fallait peut-être qu'il revoie ses excuses
- Euh, je n'ai jamais vraiment été dérangé par les hauteurs.
Un clown ! Un véritable clown qu'elle avait trouvé. À défaut d'avoir fait l'école de médecine, il avait dû faire l'école de cirque.
- Mais et la mort ne vous dérange pas non plus ?
Elle le sentait bien transpirer et il semblait grandement hésiter dans sa réponse
- Hmm, une relation encore plus compliquée ! Si vous voulez bien m'excuser.
Jo crut halluciner. C'était une blague ! Personne ne pouvait sortir de telles âneries et parler de la mort comme si elle n'affectait pas.
Elle sourit, sa main caressant doucement le bureau de son légiste. Évidemment. Il n'y avait que lui pour ne pas cligner des yeux devant la Faucheuse.
Elle sortit du bureau pour regarder une des tables d'examen, bien propre et nettoyée. Henry et son côté maniaque.
21 octobre 2014
- Eh bien j'ai comparé le corps à mes notes du crime original.
Jo réalisa ce qu'il venait de dire
- Euh… Est-ce que tu as sérieusement les notes du crime original ?
« Continue comme ça Henry », pensa-t-il. Avant la fin de l'année, Jo lui aurait déjà sorti un roman avec introduction et conclusion sur ce qu'elle pensait de sa vraie nature.
- Avant… Jack l'Éventreur, les médecins légistes n'existaient pas, notre profession commençait tout juste à apparaître et chaque personne qui ouvre des corps devrait l'étudier.
Elle n'avalait pas trop son mensonge, mais laissa passer. Elle ne cherchait plus vraiment à comprendre sa passion pour l'histoire ancienne.
- Et au vu de ce qui se présente, notre tueur l'a étudié aussi. Chaque petite coupure et chaque couture sont exactement là où elles devraient être, c'est-à-dire à environ 15cm d'incision du sternum. La dislocation du fémur et même la lacération du poignet !
Il s'arrêta pendant quelques secondes avant de dire
- Le tueur n'est pas Jack l'Éventreur
Jo se retint de lui rire au nez
- Euh oui… Il doit être mort depuis environ 100 ans maintenant ! Qu'est-ce que tu as trouvé ?
Henry avait l'air tellement excité de travailler devant ce corps et cette affaire que Jo aurait juré qu'il aurait pu se marier avec.
Il lui répondit en lui mettant le bras de la victime, bien en évidence sous le nez
- Une erreur !
Jo fit un pas en se retenant de ne pas le prendre de dégoût ou lui vomir dessus. Elle avait vraiment encore du mal à se faire à ses petites manières de procéder.
- La vraie Mary Kelly avait une coupure au poignet sous la forme d'un demi-cercle. Mais un journal, le Manchester Harold, l'a mal reporté et l'a décrit sous forme d'une étoile.
- Alors notre tueur a peut-être lu cet article sur internet – suggéra Jo
- Peut-être– il commença à retirer sa blouse et Jo sut qu'il avait quelque chose en tête – mais le Manchester Harold a fait faillite en 1889, ça m'étonnerait qu'il y ait des copies numériques… En réalité, il n'y a qu'un seul endroit dans la ville qui pourrait avoir des archives !
Jo fronça des sourcils
- Est-ce qu'on a besoin d'un mandat ?
Henry la rejoignit à la vitesse éclair en enfilant son écharpe
- Non ! Juste d'une carte de bibliothèque !
Considérant l'âge qu'il disait qu'il avait et son année de naissance, Jo savait pourquoi il s'était laissé aller ce jour-là et avait dit que le tueur n'était pas Jack L'Éventreur… Il avait connu l'affaire et naturellement les notes étaient bel et bien les siennes.
Jo resta de longues minutes à cogiter. 24h depuis qu'elle était au courant et le chemin semblait s'éclairer de plus en plus. Se remémorer ces moments lui permettait de voir réellement qu'Henry avait toujours tout fait pour lui faire comprendre.
8 février 2015
- Ça veut dire, longue vie au roi, en Russe.
Jo fronça des sourcils.
- Je ne comprends pas Henry ! Il faudrait avoir vécu dix vies pour assimiler tout ce que tu sais.
Henry ne réfléchit même pas à la réponse qu'il donna
- Ou bien une très longue vie !
Il sentit le regard de la détective sur lui, mais ne cligna pas du tout des yeux. À cet instant, beaucoup de choses semblaient remuer dans le cerveau de Jo, mais elle n'en tenu une nouvelle fois pas rigueur, car elle avait l'habitude qu'Henry se perde dans ses petits délires.
3 mars 2015
- Super nouvelle ! La division de cybercriminalité est sur l'affaire !
- La division de cybercriminalité ? C'est vraiment quelque chose qui existe ?
Jo répondit d'un ton sarcastique
- Ouais ! Tu sais, on a des ordinateurs qui peuvent te faire trouver l'amour, des ordinateurs avec des virus alors pourquoi pas des ordinateurs flics. On appuie sur un bouton et boom, qui a besoin de preuves – elle grommela un bon coup et se concentra sur l'affaire – qu'est-ce que tu as ?
- L'heure de la mort était entre 3 :40 et 4h du matin il y a deux jours. La victime était sinon en bonne santé, sans aucune marque suspecte de quelconque blessure.
Il lui montra fièrement un sac hermétique avec un contenu qui laissait vraiment à désirer
- C'est quoi ça ? – demanda-t-elle d'un air dégoûté
- Le dernier repas de notre victime ! Des pâtes au calamar.
Jo ferma rapidement les yeux et essaya d'enlever l'image qu'il venait de lui mettre en tête. Il pouvait être encore parfois vraiment dégoûtant.
- Sinon, Eric Shaw est mort de la même façon qu'il a vécu… Avec ses secrets enfouis.
Jo se sentit complètement à côté de la plaque
- Peut-être qu'ils ont raison ! Un meurtre par informatique ne peut être que résolu par l'informatique.
Son regard se perdit dans le vide
- Tu n'as pas le sentiment de te sentir vieux d'un coup ?
Henry hésita quelques secondes avant de répondre d'une voix bien trop fausse pour être crédible
- Euh… Oui, je connais le sentiment !
Jo le regarda simplement en fronçant des sourcils, mais avala ses paroles… Une nouvelle fois il semblait que son cerveau avait déjà trouvé la solution.
- Jo ?
Elle sursauta et se retourna pour voir Lucas, avec des écouteurs dans les oreilles et un roman graphique dans la main.
- Mais qu'est-ce que vous faites là ? Vous n'êtes pas censée vous reposer ?
Jo se retint de lever les yeux au ciel. Elle n'avait pas besoin d'une leçon de morale en plus.
- Je suis juste passée pour me rendre compte de deux trois choses – elle fit un signe de main –, mais et toi ? J'imaginais que tu serais chez toi depuis longtemps ?
- Oh oui, je voulais juste terminer mes rapports dans lesquels j'ai pris du retard et j'avais envie de rester un peu plus pour avoir la paix parce qu'en ce moment mon voisin a une nouvelle copine et bon, les murs de l'appartement sont fins et il est en vacances alors bon…
Jo se retint de rire. Du Lucas tout craché que c'était là. Elle réalisa que le jeune homme connaissant la condition d'Henry depuis un petit moment maintenant. Elle lui fit comprendre d'un ton accusateur.
- Mais aussi parce qu'Henry et moi on a discuté et puis j'ai appris des choses intéressantes.
Lucas commençait déjà à transpirer et se disait que finalement c'était le bon moment pour prendre ses jambes à son cou.
- Ah oui ? De quoi vous avez parlé ?
- De choses et d'autres… Et d'histoire d'immortalité surtout
Lucas marchait à reculons. Il le savait. À la minute où Jo serait au courant, il savait qu'elle allait le passer au broyeur. Plus elle avançait, plus Lucas reculait. Il finit par se buter dans les casiers qui contenaient les corps.
Elle le regardait de la même façon qu'elle regardait Henry dès qu'il faisait quelque chose de travers. Il était mort et Henry avec, mais au moins il aurait l'avantage de s'en sortir, ce qui ne serait pas son cas.
- Tu le savais depuis tout ce temps et tu n'as rien dit ?
- Écoutez… Ce n'est pas si simple. Henry n'a jamais voulu me le dire, c'est le hasard qui a fait que… Et puis je n'ai encore jamais eu l'occasion d'aller le ramasser… Ça ne fait pas si longtemps, c'était y'a un mois et demi avant qu'on ne parte.
Jo le regardait longuement. Lucas ferma les yeux et lui demanda, en mettant ses mains en croix comme pour prier
- Bon ! Si vous avez envie de me tuer, faites ça vite et s'il vous plaît, donnez tous mes romans graphiques à mon ex, elle les adorait.
Jo resta de longues minutes à faire semblant de le menacer puis finit par lui donner une tape dans le torse
- Je ne vais pas te tuer ! Je réfléchirais à tuer Henry plus tard – elle soupira et se retourna pour s'appuyer contre la table d'examen où elle méditait quelques minutes plus tôt – juste que j'aurais souhaité qu'il m'en parle quand même avant… Je sais qu'il te connaît depuis longtemps et je ne t'en veux pas, mais c'est assez…
Lucas s'avança prudemment vers elle
- Blessant ?
Jo hocha la tête. Lucas tenta de la rassurer.
- Jo ! Je vous l'ai dit, il ne me l'a pas dit de son plein gré. C'était de ma faute. Je lui ai fait peur et il était en équilibre sur un escabeau et il a pris une épée en plein ventre… Je... Je dois reconnaître que le traumatisme était assez gros et j'ai dû faire comme si de rien n'était quand il est revenu devant moi… Mais j'ai eu mal à dormir pendant plusieurs nuits quand même.
Jo se disait que ça avait été une chance qu'il ne soit pas mort devant elle avec tous les dangers dans lesquels il s'était plongé.
- Alors… Il a été forcé de te le dire ?
- C'est ça ! Et jusqu'à présent, j'ai encore un peu de mal à me dire qu'effectivement, il restera toujours le même, mais… On s'y fait. J'ai toujours su qu'il avait quelque chose de spécial et je suis certain que vous aussi.
Elle ne put empêcher le petit sourire amoureux de s'incruster sur ses lèvres
- Sentez-vous flattée ! Il vous l'a dit sans aucun danger outre qui le menaçait et sans mourir devant vous ! Je pense que ça prouve à quel point vous êtes spéciale pour lui, car d'après ce que je comprends, il a toujours eu des doutes concernant son secret.
Il se poussa de la table et s'étira
- Je vais rentrer cette fois ! Ne tardez pas trop pour faire de même et donnez-vous du temps pour cogiter, c'est normal ! Bonne soirée Jo !
Il la laissa à ses pensées. La jeune femme savait qu'elle n'apprendrait rien de plus en restant là. Elle retournerait chez elle et peut être ferait-elle quelques recherches pour voir l'homme qu'Henry avait toujours été et qui apparemment ne changeait pas.
Author's note: fallait que je fasse la joke de Clara qui dit à Jo qu'elle est enceinte lol. Et je me dis, qu'il manque certains moments entre Henry et Mike et qu'ils mériteraient d'être un peu plus proches tous les deux, un peu à la façon de deux frères, étant donné que Mike se prend pour le grand frère de Jo. Je sais que ce chapitre contient plus de flash backs que de scènes inédites mais quand j'ai écris (et en général de toute façon), je me mets dans la peau de Jo et je me dis que pour accepter Henry tel qu'il est, il faut que tout lui remonte à la surface et qu'elle fasse le point sur chaque moment où il aura laissé des gros indices.
