Désolée je ne poste presque pas mais bon, ça n'a plus l'air d'intéresser grand monde(et ma santé mentale n'est pas non plus au top alors ça ne me donne pas envie de poster quand je n'ai aucun feedback. Et même si entre temps j'ai commencé une mini fic (et un one-shot) que je n'ai pas posté, je verrais si je la (les) poste bientôt ou si tout le monde s'en fout...elle sera en anglais, parce qu'au moins j'ai un peu plus de feedback quand je n'écris pas dans ma langue officielle donc bon. Je l'écris en français mais juste pour la traduire et la poster (généralement j'écris directement en anglais, mais là c'est une question d'organisation technique, cependant elle ne sera jamais postée en français dans tous les cas *haussement d'épaules*) enfin, celle ci est bientôt finie, le prochain chapitre sera le dernier, et il sera très très long.
Bref bonne lecture pour ceux qui suivent encore !
Plus tard ce soir-là, quand Jo s'allongea sur le lit après avoir passé des heures à lire de vieux articles impliquant Henry dans de nombreux sauvetages, ce qui la rendit particulièrement fière, elle se rappela d'un autre moment où l'indice qu'il avait laissé avait été évident. Elle y songeait, ce jour-là, elle lui avait certainement donné une opportunité de se confier. Pourquoi parlait-elle de la mort à chaque fois qu'elle était avec lui ? Une partie d'elle l'avait toujours su, mais n'avait jamais voulu voir l'évidence en face.
3 mars 2015
- Pourquoi la mort, Henry ?
Apparemment, il semblait savoir ce qu'elle allait demander. Il fit un petit sourire en coin, en regardant l'outil qu'il avait en main.
- On se sent existentiel détective ? Peut-être que le gaz fonctionne finalement !
Elle sourit et se mit sur le côté comme pour avoir plus de proximité avec lui et le regarder. Une vraie discussion sur l'oreiller qu'ils avaient là.
- Non je veux dire… Pourquoi tu as choisi la mort comme carrière ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Est-ce que tu as grandi à côté d'un cimetière ou quelque chose comme ça ?
Henry ne put cacher son sourire. Elle le taquinait et il adorait ça. Si cela continuait, il savait qu'elle allait finir par le percer à jour. Il semblait que personne ne l'avait autant challengé depuis des années.
- Je veux dire, dans ton dossier c'est marqué que tu as été fossoyeur.
Il n'était pas sûr de la réponse qu'il fallait lui donner. Tout ce qu'il savait c'est que les battements de son cœur s'étaient accélérés dans le moment. Depuis quand parler de la mort était devenu si romantique ?
- Oui ! Effectivement !
Il finit par se tourner dans la même position pour lui faire face et au moment où il bougea, ses lèvres si elles n'avaient pas été cachées par un masque, manquèrent d'atterrir sur les siennes. Tant de proximité ne sembla pas pour autant la déranger.
Il avait du mal à regarder autre chose que ses lèvres et il ignorait pendant combien de temps, il parviendrait à lui résister.
- J'imagine que j'aime déchiffrer des puzzles ! Je veux dire, qui sait quelle charade est-ce qu'on peut trouver ?
Jo fronça des sourcils
- Mais qu'est-ce que tu veux déchiffrer ? Tu veux vivre éternellement ?
Il se mordilla les lèvres. Comment pouvait-il lui dire ? Au beau milieu d'une enquête. Il se rapprocha et murmura.
- Pas exactement !
Jo sentit les battements de son cœur s'accélérer. Il était bien trop près et si ce n'était pas pour des masques, quelque chose aurait très bien pu se passer à cet instant
- Alors quoi exactement ?
Ils se regardèrent pendant de longues minutes. Il était certain qu'elle voulait savoir la vérité. Elle avait totalement le visage de quelqu'un qui pourrait l'accepter, peu importe la difficulté à comprendre cette vérité, derrière.
Il ne savait pas trop ce qu'il allait dire à cet instant, mais l'outil qu'il avait en main pour mesurer les niveaux de gaz sonna, et leur moment prit fin.
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Elle avait fini par s'endormir sur ce souvenir, mais serrait un oreiller fort contre elle, comme si Henry était à ses côtés comme il l'avait été durant tout le mois. Elle réalisa à cet instant, qu'elle avait toujours su, que dès le début, en le voyant sauter puis revenir, qu'il était soit immortel, soit venait d'une autre planète, soit avait des pouvoirs quelconques, aussi fou que cela sonnait.
Quelques jours après, Jo appela Abe pour qu'ils puissent discuter. Elle commençait à se faire à la condition d'Henry. Elle avait quasiment réuni toutes les pièces que son cerveau avait éparpillées pendant un an et demi.
Elle voulait juste entendre le point de vue de quelqu'un qui avait passé sa vie avec un homme immortel.
- Hey ! Merci d'être venu – dit-elle lorsqu'elle accueillit le vieil homme
Il lui fit une rapide étreinte. Abe n'était jamais venu chez Jo et trouvait son petit coin très plaisant. Un peu grand pour une seule personne, il avait hâte que sa relation avec Henry soit un peu plus avancée pour qu'ils puissent s'installer ensemble.
Jo l'invita à s'installer au salon et lui servit du thé
- Ce n'est pas du thé anglais, mais c'est tout ce que j'ai.
Abe accepta la tasse et pouffa
- Ne t'en fais pas pour ça ma grande. C'est Henry le maniaque, entre nous deux.
Cela fit sourire la détective. Il y eut un long silence, durant lequel Jo ne pipa mot. Abe continua de siroter son thé et finit par briser ces non-dits.
- Comment va ta côte ?
Bien sûr ! C'était le sujet qui lancerait tout le reste. Par réflexe elle posa sa main dessus.
- Ça va ! Je pense que j'ai vraiment été chanceuse même sur ça. Parfois, elle est encore un peu douloureuse, mais avec les médicaments, je sens quand même une nette amélioration par rapport aux jours précédents.
Abe hocha la tête
- Tant mieux ! C'est vraiment le plus important si c'est en bonne voie pour guérir.
Jo pencha sa tête sur le côté
- Ça ne m'empêche pas de faire mes affaires et je vais retourner au travail dès lundi donc c'est plus que mieux.
Abe se doutait bien qu'il n'était pas là pour parler de la guérison de la jeune femme. Il déposa lentement sa tasse.
- Comment est-ce que tu t'en sors avec le gros secret ?
Jo baissa rapidement les yeux. Ses doigts semblaient bien plus intéressants dans le moment.
- Justement ! Je voulais avoir ton point de vue comme tu as vécu avec lui toute ta vie.
Abe s'enfonça dans le canapé en croisant les bras
- Qu'est-ce que tu aimerais savoir ? D'abord, rassure-moi, tu ne comptes pas le quitter, n'est-ce pas ?
Jo fut surprise de la question. Elle se demandait si elle avait laissé cette possibilité. Elle posa sa main sur le bras du vieil homme.
- Non ! Abe, non ! Ne t'inquiète pas ! Bien sûr que non. Je voulais juste me poser et penser à tout ça. J'en avais besoin… Honnêtement, j'ai réalisé que je pense que je le savais depuis longtemps, mais c'était bien trop irréel pour que j'accepte déjà l'idée à ce moment.
Abe n'était nullement surpris. Henry n'avait jamais fait dans la demi-mesure en la présence de la jeune femme et s'il avait sauté du toit à peine 72h après leur rencontre, il y avait de quoi lever les soupçons.
- Mais ce que je veux savoir, c'est comment tu as géré tout ça pendant 70 ans ? Et surtout – elle soupira – ça doit tellement être difficile pour toi d'avoir l'air plus vieux que l'homme qui t'a élevé.
Abe sourit tendrement. Il s'était fait à l'idée et trouvait même ça amusant, car désormais, les rôles s'inversaient.
- Au début quand j'ai commencé à avoir l'air plus vieux que lui, je dois t'avouer que ça me mettait vraiment mal à l'aise, mais il n'y a rien de plus drôle que de pouvoir faire la leçon de morale à son père, sachant qu'il n'a pas l'air assez vieux pour riposter.
Jo rigola sincèrement. Elle comprenait beaucoup mieux ce lien entre eux désormais. Et elle trouvait ça réellement attachant.
- Mais sinon pour tout le reste… Eh bien ! Quand tu as 10 ans, que tu vois ton père mourir sous tes yeux parce qu'il ne sait pas regarder à droite et à gauche quand il traverse, je dois avouer que tu n'as pas le choix. Tu dois rapidement te faire à l'idée qu'il est immortel.
Jo n'était pas bien sûr d'avoir saisi
- Attends… Henry s'est fait fauché par une voiture devant toi ?
Abe leva les yeux au ciel
- Et je ne sais pas ça faisait combien de tentatives à ce moment-là. Mais oui, c'est comme ça que j'ai découvert son secret et que j'ai couru comme un fou dans la maison, en pleurant et expliquant ce que je venais de voir à Abigail qui m'a juste emmené au East River et Henry a dû s'expliquer. La conversation a duré toute la soirée et je ne lui ai pas adressé la parole pendant une semaine. J'avais voulu m'enfermer dans le placard, mais Abigail n'a pas été trop du même avis.
Jo ne savait pas pourquoi, mais elle arrivait parfaitement à imaginer la scène. Henry et Abigail avaient dû vivre une belle vie, enfin jusqu'à ce que l'âge ne les rattrape et vu le destin tragique que la jeune femme avait connu. Elle ravala sa salive. Elle avait encore des doutes à savoir si elle lui suffirait. Et qui serait là pour lui une fois qu'elle serait partie ?
Abe pouvait lire dans ses pensées. Il décroisa ses bras et enlaça ses doigts avec les siens.
- Je sais que tu as plein de questions qui te taraudent l'esprit. Et maintenant que tu sais ce qui a réellement séparé Henry et Abigail et qu'en plus… Elle a connu un funeste sort en le protégeant, tu imagines que tu ne seras pas à la hauteur.
Les larmes de Jo coulèrent toutes seules. Elle ne put les arrêter et Abe ne l'avait jamais vu ainsi. Il se leva et essuya ses joues comme un père avec sa fille.
- Jo ! C'est normal de se sentir comme ça. Tu dois savoir qu'Henry est très fier de t'avoir dit son secret et il respecte ton choix de prendre un peu de distance pour réfléchir. Il n'y a aucun mal… Tout comme il n'y a aucun mal à avoir peur du futur. Tu es avec un homme immortel et tu sais dans quoi tu t'engages, alors ne sois pas effrayée par tout ça, ce sont des réactions qui sont parfaitement logiques.
Jo souriait, mais les larmes continuaient de couler. Elle renifla et essuya rapidement son nez, en essayant de reprendre ses esprits.
- C'est juste que je demande ce qu'un homme aussi parfait que lui, à la limite d'être un Dieu pourrait faire avec une simple mortelle comme moi, qui ne pourra sans doute pas lui apporter son éternel bonheur comme ça.
Abe lui secoua les mains
- Oh Jo ! Il est loin de penser ça de toi. Au contraire, tu es sa force. Il a besoin de toi et ce peu importe le nombre d'années que vous passerez l'un à côté de l'autre. Je suis persuadé que votre destin est bien plus lié que vous ne pouvez le penser. Je l'ai toujours su quand tu t'es présenté à la boutique pour lui dire qu'il était devenu ton légiste officiel.
Elle étouffa un rire dans ses sanglots. Abe se sentait tout émotif également.
- Tu peux continuer de prendre le temps qu'il faut, il respectera ça. Il avait peur que tu fuies ou que tu préviennes un organisme ou quoi, mais je lui ai dit d'avoir confiance. Il craint également que tu mettes fin à votre relation…
Jo le coupa
- Abe ! Si tu savais comme je l'aime ! Il est tout pour moi et de savoir qu'il sera à mes côtés jusqu'au bout, sans jamais le perdre… Ça me rend si heureuse que je me fiche d'être égoïste à ce point. Je ne jure que par lui Abe, je suis follement amoureuse de cet homme et je ne pensais même pas que ce sentiment pouvait avoir une telle force.
Abe n'avait jamais entendu personne parler ainsi de son père. Il avait vu ses parents très amoureux dans le temps, mais entendre Jo le dire de vive voix, de savoir qu'elle était le genre de femme, dont l'amour, était si fort pour son homme, qu'elle ferait tout et n'importe quoi pour lui. Il attrapa Jo et la serra fortement contre lui, elle se laissa aller et pleura doucement. Des larmes de joie, des larmes de tristesse, des larmes d'amour… Un tout-en-un… Son cœur réalisait, son cœur acceptait que l'homme qu'elle aimait si fort, ne mourrait jamais, ne vieillirait jamais physiquement… Elle se fichait pas mal de ce qu'il était ou n'était pas. Elle le voulait lui et personne d'autre. Et à cet instant précis, à partager ça avec la seule personne qui le connaissait mieux que quiconque, elle savait qu'elle ne reviendrait en arrière pour aucune raison. De plus si Henry n'avait pas vécu toutes ces années, jamais elle n'aurait pu le rencontrer et jamais elle n'aurait pu faire le deuil de Sean.
Jo se décala d'Abe et lui sourit
- Je sais ce que je veux Abe !
Abe répondit à son sourire
- Bien sûr ! Ça se voit sur ton visage ma belle ! Il n'attend que toi. Quand tu es prête, reviens-lui !
Jo acquiesça simplement. La séquence émotion fut grande et Abe décida donc de rester avec la jeune femme pour lui faire à manger et discuter encore un peu des bêtises et morts loufoques que son père avait pu avoir.
Il partit en début de soirée et Jo sut qu'une nouvelle page de son histoire allait bientôt commencer.
Après quelques jours, Jo savait qu'il était temps qu'elle parle à Henry. Cela faisait quand même près de deux semaines qu'elle avait décidé de réfléchir à tout ceci, le temps de se remettre de ses émotions avec les révélations et l'accident qui aurait pu lui être fatal.
Elle était revenue au 11 après seulement une semaine et elle croisait Henry et ils se souriaient timidement, mais Henry lui laissait de l'air. Ils parlaient des affaires et travaillaient toujours main dans la main, mais le légiste savait que ça ne servait à rien d'insister.
Jo n'avait pas voulu attendre si longtemps, mais ils avaient été pris avec des meurtres et autres alors elle s'était retrouvée embarquée dedans, mais avait rassuré Henry à plusieurs reprises en lui disant, qu'elle trouverait un créneau pour qu'ils discutent sincèrement.
Ce fut un soir après le boulot, qu'après avoir pesé le pour et le contre et le cœur battant, qu'elle se présenta à la boutique.
Abe lui ouvrit et fut ravi de la voir.
- Oh Jo ! Ça fait plaisir de te voir. Tu as l'air bien plus en forme en tout cas.
Jo lui fit une bise sur la joue et rentra
- Oui ! J'ai fait les derniers examens et les docteurs ont dit que ma côte s'était bien réparée et ils ont été surpris de voir à quelle vitesse cela avait été fait.
- C'est parce que tu es une battante Jo et tu n'aurais rien laissé t'atteindre.
Jo fut touchée du commentaire. Elle regarda tout autour d'eux et demanda d'une voix timide.
- Henry n'est pas là ?
Abe lui désigna la terrasse
- Il est en haut ! Maintenant qu'on peut dire que l'été est revenu, il passe moins de temps dans son sous-sol et plus de temps à profiter de la nature.
Jo resta quelques minutes, plantée dans la boutique à cogiter. Tout allait changer cette nuit-là, absolument tout. Elle avait réfléchi à leur avenir et était prête à se lancer dans cette aventure. Son cœur ne cessait de battre à tout rompre.
Abe ne pouvait cacher son sourire
- Je vais faire quelques courses ! Henry et moi on avait prévu de faire des grillades ce soir, mais on dirait que je vais trouver une excuse pour traîner.
Il lui fit un clin d'œil. Jo ne pouvait que le remercier de se faire tout petit pour une fois.
Elle prit une profonde inspiration et monta donc jusqu'à la terrasse où la vue d'Henry la fit frémir de partout.
C'était comme si elle le voyait pour la première fois… Ou en tout cas la première fois sous un angle différent.
Il sirotait un thé… Il commençait à faire quand même chaud et elle se demandait comment il faisait.
Elle avança lentement derrière lui
- Henry !
En entendant sa voix, sa tasse manqua de finir brisée au sol. Il la déposa rapidement sur la table à dîner et regarda la jeune femme comme s'il ne l'avait pas vue littéralement depuis une éternité.
Ils s'approchèrent l'un de l'autre sans pour autant se sauter dessus directement.
Jo lui souriait tendrement.
- Jo ! Euh… J'imagine que tu… Tu as réussi à prendre le temps qu'il fallait, même si on s'est vu au boulot entre temps.
Jo avança de plus en plus
- En effet ! J'ai beaucoup réfléchi à ces dernières semaines et je me suis laissé emporter par mes souvenirs des moments où tu m'as presque révélé ta condition.
Henry s'était toujours demandé s'il le faisait exprès parce qu'il avait été très prudent au cours de sa vie pour éviter que ses collègues ne se doutent de quoi que ce soit… Mais étrangement avec Jo, dès le début il lui avait fait comprendre qu'il était dix fois plus âgé qu'il ne paraissait.
- Tu sais, même si ce n'est pas évident de se dire que tu ne vas jamais mourir et surtout vieillir, j'en suis venue à une conclusion.
Henry se sentit devenir nerveux
- Ah oui ? Laquelle ?
Elle se rapprocha dangereusement de lui et posa une main sur sa joue
- Avant que je te le dise… Je voudrais te dire, le moment où je pense techniquement, mon esprit a fait que 1 +1 = 2. Je sais que tu m'avais laissé des indices, mais il y a eu l'affaire de ton harceleur et même si j'ai toujours enfoui tout ça au fond de moi, c'est à ce moment-là que j'ai su que tu avais un don bien différent de nous tous.
9 décembre 2014
- Henry !
Il reprit ses esprits
- Oui, pardon ! Qu'est-ce que tu disais ?
Jo savait bien que quelque chose le tourmentait. Elle demanda délicatement.
- Est-ce que tu crois qu'avec de telles marques, on peut récupérer des empreintes ?
Henry souffla et Jo sut qu'il cherchait à tergiverser
- Avec toute cette eau, j'en doute fort !
Jo se contenta de sa réponse, mais n'était pas du tout satisfaite. Henry savait parfaitement que s'ils le voulaient, ils pouvaient récupérer les empreintes, vu comment elles étaient ancrées dans la voiture, ce n'était certainement pas l'eau qui allait les faire disparaître.
Il finit par s'apercevoir avec horreur que sa montre était restée dans le taxi et qu'elle pourrait compromettre l'affaire.
Il fut sur le point de l'attraper quand Jo fut plus rapide que lui
- Henry ! C'est ta montre !
Hanson qui était également dans la voiture avec eux, fronça des sourcils et demanda d'une voix sèche
- Quoi ?
Henry était tétanisé. On allait finir par le prendre pour un suspect et il n'allait même pas être en mesure d'expliquer le pourquoi du comment.
Jo regarda Mike et regarda Henry. Si sa montre était dans la voiture c'était qu'il…. Comment cela pouvait-il être possible ? Quoiqu'il en fût, elle lui faisait assez confiance et elle ne pouvait pas laisser Mike commencer à avoir des doutes. Elle lui sauva la mise.
- Oui ! T'as dû la faire tomber !
Elle le lui tendit, mais son regard exprimait grandement le fait qu'elle aurait souhaité des explications quant à la présence de sa montre.
- Essayez de ne pas contaminer la scène de crime, Doc ! Personne ne veut penser que c'est vous le tueur, n'est-ce pas ?
Henry releva lentement les yeux et se disait que si on pouvait mourir de honte, il l'aurait fait.
- Ça serait choquant !
Jo haussa un sourcil. C'était ça, il était dans ce fichu taxi et il avait été la victime.
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Henry la regarda longuement
- Attends, une seconde. Tu me dis que dans ce taxi, tu avais déjà compris quelque chose ?
Jo haussa des épaules
- Ce n'est pas vraiment le moment qui m'a fait réaliser que tu avais vécu plus que tu ne le disais, mais effectivement, je t'ai couvert quand Mike a commencé à avoir des soupçons, parce que je me suis dit qu'éventuellement, on en parlerait tous les deux.
Henry baissa les yeux. Il aurait tellement souhaité être complètement honnête à ce moment. Jo le rassura.
- Ce n'était pas le bon temps pour ça. Tu avais d'autres soucis.
Elle le dépassa pour se mettre près de la barrière et regarda les bâtiments. Henry s'avança prudemment derrière elle.
- Tu m'as dit que c'est pendant cette affaire que ça t'a frappé ?
Jo hocha la tête sans pour autant se retourner
- C'est le cas ! Je veux dire, après j'ai fait comme si je n'avais pas eu cette pensée et je l'ai enfoui au fond de moi, jusqu'à ce que tu m'en parles là. Mais en faisant le tri, je me suis rendu compte qu'effectivement, je le savais depuis longtemps, mais c'était bien trop…
Elle n'osa pas développer le fond de sa pensée, mais Henry le fit pour elle
- Insensé ?
- Oui ! Parce que ce sont des choses que j'ai lues dans des contes ou autres histoires fantastiques dans ma vie alors j'avais du mal à me dire que dans la vie de tous les jours, un homme avec qui je travaille pouvait être… Immortel. Pourtant… Dès qu'on a discuté et qu'on a parlé de ton harceleur et que tu m'as raconté qu'il se prenait pour un immortel, c'est à cet instant que mon cerveau a fait le lien. Mais ça a été surtout quand on a discuté avec Reece et Mike.
12 décembre 2014
- Henry ! Dites-nous tout ! Plus de secrets !
Au mot secret le visage de Jo se durcit quelque peu, parce que le lieutenant ignorait qu'il y avait plus sous cette histoire.
Henry ne savait pas de quelle façon commencer, alors il regarda sa partenaire qui lui fit un signe de tête pour l'encourager.
Henry prit une profonde inspiration et dit
- Je me fais harceler ! Ça a commencé il y a quelques mois… C'est une personne très seule qui a une obsession pour la mort. Mais j'ai réalisé très rapidement qu'il était dérangé. Il se croit immortel.
Au moment où le mot avait franchi les lèvres d'Henry, Hanson rigola
- Immortel ?
La chose la plus stupide qui pouvait être dite bien évidemment. Mais Jo ne cligna même pas des yeux et trouva le ricanement de Mike complètement enfantin. Elle se retint de lui flanquer une raclée.
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Henry resta dubitatif. Jo le regarda d'un air taquin.
- Tu ne me dis rien ?
Il ne sut quoi répondre. Au point qu'elle mette toutes les pièces du puzzle ensemble à ce moment… Maintenant qu'il y pensait, elle ne cessait de le taquiner et de faire des allusions pour qu'il se confie. Au final, il avait déjà eu une bonne idée de sa réaction alors pourquoi avait-il douté ?
Il planta son regard dans le sien et Jo sut que c'était le moment d'aller au bout de sa confession.
- En réalité, tu sais quoi, ça m'importe peu que tu sois immortel ou autre. Tu pourrais me dire que tu viens de Mars, que je m'en ficherais complètement.
Henry sentit des palpitations. Jo était maintenant très proche de lui et ses mains se posèrent sur son torse, ses yeux brillaient d'amour et elle se mit à demi sur la pointe des pieds en chuchotant
- Ça m'est complètement égal de savoir que tu ne vieilliras jamais et que moi je serais à mettre en maison de retraite dans 50 ans. Tout ce que je veux, c'est être avec toi. À cet instant, dans ce millénaire. Il n'y a que ça qui compte et on profitera du nombre d'années que nous aurons ensemble. Peu importe que tout soit contre nous, je m'en fiche. – Henry sentit le moment arrivé, Jo avait les yeux rivés dans les siens, ses lèvres soufflant sur les siennes, une main se posa sur sa joue – je t'aime Henry ! Et tant que je suis en vie, j'essayerais de t'aimer pour l'éternité.
Henry sentit son cœur exploser de joie. Il ne pouvait pas croire qu'il avait pu être si chanceux dans la même vie. Jo avait des larmes au bord des yeux parce qu'elle avait accepté le fait qu'elle passerait sa vie avec un homme assez vieux pour être son très arrière-grand-père, mais cela l'importait peu, l'amour qu'elle ressentait pour lui passait au-dessus de tout.
Il glissa une main sur sa joue et en frôlant ses lèvres, il répondit
- Je t'aime aussi Jo et je pense que je t'aime depuis le premier jour !
Jo enroula ses bras autour de son cou et il la pressa contre lui avant qu'ils ne s'échangent un long et langoureux baiser qui en disait long sur cette passion qui les unissait. Ce qu'ils cachaient depuis un an sans jamais agir et cette fois, tous les secrets étaient envolés et ils pouvaient vivre leur amour au grand jour, sans personne pour leur mettre des bâtons dans les roues. Jo avait raison, pour une fois, il ne valait mieux pas s'occuper du temps qui passe.
Après le baiser, car ils étaient sérieusement en manque d'air, Jo le taquina
- Il a fallu que je tombe amoureuse d'un homme qui a plus de 200 ans. C'est du Martinez tout craché ça.
Henry explosa de rire et la serra contre lui en lui baisant le front
- Il paraît que je ne fais pas mon âge !
Elle lui donna une tape dans le torse
- Mais apparemment, j'ai un faible pour les hommes plus vieux donc je suis bien avec ça.
Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre à se regarder longuement. Ils se sentaient plus légers et surtout Henry qui savait qu'il n'avait plus à lui mentir et que désormais, elle l'acceptait tel qu'il était et que leur futur semblait plus brillant.
Après mûre réflexion, Jo fit une moue et fit semblant d'être en colère
- Au fait ! Est-ce que Lucas savait vraiment avant moi ?
Henry se retint de lever les yeux au ciel. Évidemment, la question qu'il redoutait tant. Jo était très bonne pour le faire culpabiliser. Il commença à bégayer.
- Euh… Je… Écoute, je n'ai jamais voulu, mais c'est… Disons qu'il était au mauvais endroit au mauvais moment et je n'ai pas eu le choix que de…
Jo se pinça les lèvres et finit par rire avant de déposer une bise sur sa joue
- Je te taquine ! J'ai parlé avec lui et il m'a tout raconté. Tu ne pouvais pas savoir et lui non plus. Mais si j'étais lui, j'éviterais de rester dans mes pattes.
Henry fut amusé et était incapable de la dégager de ses bras. Il voulait profiter au maximum de la chaleur de son corps.
Il finit par réaliser qu'il avait quelque chose à lui donner. De plus, le timing semblait parfait.
- Attends-moi quelques secondes, je dois aller récupérer quelque chose !
Il déguerpit rapidement. Jo se disait que pour un homme de son âge, il avait vraiment une bonne endurance. Elle ne put s'empêcher de sourire comme une perverse à y penser. Maintenant qu'elle savait qu'il était immortel, il y avait sans doute d'autres domaines où il devait excéder.
Elle s'appuya contre la barrière et se sentit envahie d'une grosse vague de bonheur et cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu ce sentiment. Enfin, bien sûr, sortir avec Henry lui avait redonné ce goût, mais comme elle savait qu'il y avait le secret entre eux, elle n'arrivait pas à en profiter au maximum et librement sans craindre ce qui pourrait leur tomber dessus.
Il revint et enlaça sa taille en se mettant derrière elle. Elle se laissa pleinement aller contre son torse, ses doigts s'agrippant aux siens.
- J'ai l'impression que ma place était gravée là depuis toujours – murmura-t-elle en regardant l'horizon qui devenait orangé.
- Sans doute que c'était le cas, mais tu n'étais pas encore née quand je débarquais à New York.
Elle lui donna une petite tape sur la main. Il n'avait pas besoin de lui rappeler ceci. Elle préférait ne pas penser où ils étaient, 20 ans auparavant. Elle, une petite fille encore en primaire et lui déjà à découper des corps probablement. Elle chassa rapidement ces pensées. Beaucoup trop bizarre.
Henry la retourna délicatement vers lui
- Il y a quelque chose que je dois te donner depuis un an, mais j'attendais le bon moment !
Jo haussa un sourcil
- Tu n'as quand même pas prévu de me demander direct en mariage ? Je sais que tu es classique et que ça marchait comme ça dans le temps, mais enfin quand même.
Henry éclata de rire et la rassura
- Mais non ! En plus, crois-le ou non, mais j'ai tardé avant de demander Abigail en mariage donc ne t'inquiète pas pour ça, on ne va pas se précipiter à ce point. Non, c'est une chose qui nous tient à cœur, mais avant j'aimerais que tu fermes les yeux.
Elle lui fit son fameux regard qui voulait dire « vraiment », mais il haussa un sourcil réprobateur.
- Bon d'accord !
Elle s'exécuta et Henry lui prit les mains pour y glisser une enveloppe.
- Tu peux les ouvrir !
Elle regarda l'enveloppe en main et Henry lui fit un signe de tête. Elle l'ouvrit délicatement et manqua de s'étouffer en y voyant le contenu.
- Oh mon Dieu ! C'est vraiment vrai cette fois ?
- Oh que oui Jo ! Ça fait un an que je ne pense qu'à ça et… Et je crois que maintenant c'est l'occasion.
En effet dans l'enveloppe il y avait deux billets aller-retour pour Paris, avec dates flexibles alors ils pouvaient partir quand ils voulaient.
Jo était toute retournée par l'émotion. Il lui semblait que personne ne lui avait jamais fait de cadeaux si précieux.
- Je ne rêve que ça depuis notre conversation dans ton bureau. Je sais qu'on en a parlé depuis qu'on sort ensemble, mais je ne pensais pas voir ce rêve se réaliser de sitôt.
Henry caressa sa joue en enroulant une de ses mèches de cheveux autour de ses doigts. Depuis leur séjour en Australie, la chevelure de la jeune femme avait également grandement poussé et ils atteignaient maintenant le haut de son dos et rendait Henry toute chose.
- Je dois t'avouer que j'ai acheté ces billets depuis l'année dernière quand tu devais partir !
Jo ne pensait même pas qu'il avait compris ce qu'elle voulait quand elle avait osé faire le premier pas.
- Vraiment ?
Il acquiesça
- Oui ! En réalité, dès qu'on a terminé notre discussion, je suis partie dans une agence de voyages et j'ai demandé des billets avec des dates flexibles que je pouvais utiliser quand bon me semblait sans date d'expiration, dans une période de cinq ans… Alors j'ai pris une chance en me disant que peut-être d'ici là, il pourrait y avoir plus entre nous.
Jo cogita quelques minutes
- Mais attends une seconde ! Tu avais acheté ces billets avant même que je ne revienne et que je dise que je n'avais pas envie d'y aller avec Isaac ?
Henry hocha la tête et s'expliqua
- En réalité… C'est peut-être… Enfin, ça ne fait pas très gentleman, mais dès que tu m'as dit que tu partais, j'ai senti ce sentiment de jalousie m'envahir comme jamais et j'ai simplement décidé que je te rattraperai à l'aéroport et que je te proposerais de venir avec moi.
Jo tomba des nues et ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit.
- Mais ? T'es un vrai petit malin toi. Et pourquoi tu ne l'as pas fait ?
Sa question était stupide vu qu'elle ne s'était jamais rendue à l'aéroport. En passant devant chez Henry, elle avait failli provoquer un accident en criant au chauffeur de s'arrêter et sortir une tartine d'excuses à Isaac que ça ne pourrait pas marcher entre eux, que ce n'était pas ce qu'elle voulait… Et qu'en voyant la figure dans la boutique, Isaac lui avait clairement dit qu'elle était amoureuse du Dr Morgan et que ça pouvait se comprendre si elle voulait être avec lui ! Elle n'avait jamais renié, mais jamais avoué non plus.
- Jo… Tu semblais heureuse et je me suis rendu compte que je n'avais pas le droit de te priver de ton bonheur pour mes raisons égoïstes… Je ne pouvais que m'en prendre qu'à moi-même de ne pas avoir agi plus tôt. C'est pourquoi j'ai été vraiment surpris de te voir et que j'ai été incapable de sortir un mot.
Jo pouffa ! Rien ne disait seulement qu'ils auraient été prêts à vraiment se lancer dans cette relation à ce moment.
- Henry ! Même si j'avais voulu, je n'aurais jamais pu tomber amoureuse d'Isaac. Il n'était pas du tout mon type. J'imagine que j'étais flattée que quelqu'un s'intéresse à moi, mais ça m'a juste fait réalisé que j'étais vraiment amoureuse de toi. J'avais espoir que tu m'arrêtes quand j'ai pris l'ascenseur.
Henry la tira vers lui et posa ses deux mains sur ses joues
- Comme je te l'ai dit. J'étais bien trop poli pour ça. Mais regarde où tout ça nous a menés.
Il était vrai qu'elle n'échangerait tout ça pour rien au monde. Ils en avaient parcouru du chemin en un an et demi et comme disait Lucas, ils avaient sans doute brisé des records pour deux partenaires de travail, se mettant ensemble rapidement. Jo en savait quelque chose, son amie Kate lui avait dit avoir pris cinq ans avant de se mettre avec Richard et ils avaient été bien plus bornés qu'Henry et elle. Lois lui avait dit la même chose pour se mettre avec Clark.
- Alors ? Quand est-ce qu'on part ? - demanda la détective, avec des yeux brillants.
Henry avait déjà tout calculé de ce côté-là. Il posa sa tête dans son cou et elle soupira, en se sentant devenir faible.
- Je me disais qu'on pourrait s'envoler pour ton anniversaire, qu'est-ce que tu en dis ?
Jo avait complètement oublié son propre anniversaire, tellement elle était perturbée par les derniers événements.
- Mais mon anniversaire n'est que dans deux semaines.
- Je sais ! On aura le temps de se préparer et si l'on part tout de suite, Reece va nous regarder de travers. On a déjà fait un long voyage il y a quelques semaines, je te rappelle.
Jo lui donna raison. Elle planta son regard dans le sien.
- Alors, je suis partante. Ça serait un super cadeau d'anniversaire, le meilleur depuis des années certainement.
- Parfait dans ce cas ! On partira le 17 juin, donc la veille, comme ça on sera dans la capitale pour pleinement profiter de ta journée et faire ce que tu veux.
Jo ne put se retenir et sauta dans ses bras, en enlaçant ses jambes autour de sa taille et l'embrassant encore plus langoureusement
- Tu es le meilleur Henry Morgan ! Je t'aime comme une folle !
- Et moi aussi ! Tu es prête à te perdre ?
- Plus que jamais !
Author's note: Bon, on ne va pas se mentir, je suis quasi certaine que Jo a plus ou moins compris qu'il y avait quelque chose d'étrangement fantastique avec Henry et bien sûr, leur première affaire est le déclenchement, faut pas abuser, elle l'a vu sauter du toit et se faire tirer dessus, elle n'est pas stupide. Ensuite, je le répète souvent, mais pour moi l'épisode où vraiment elle s'aperçoit de quelque chose et se pose réellement des questions, c'est bel et bien l'épisode 11. Il y a trop d'indices, et c'est de toute façon les flash-back de cet épisode que j'ai écris dans ce chapitre quand Jo discute avec lui sur la terrasse. Pour moi, c'est évident, même si elle ne prétend pas à l'histoire d'immortalité, il y a quelque chose qui l'a frappé dans cet épisode. Déjà, le fait qu'elle le couvre devant Mike, tout en sachant parfaitement bien que la montre d'Henry était effectivement dans le taxi, ça prouve qu'elle se doute bien qu'il y a autre chose et qu'elle attende qu'il soit honnête. Ensuite, pendant la conversation avec Reece, (d'ailleurs je sais pas comment personne ne peut griller Henry par rapport à son immortalité, tellement il est fake à cet instant lol, enfin bref), et Mike rigole bien, mais Jo ne cligne même pas des yeux et au contraire, semble trouver le commentaire de Mike assez lourd, comme si, elle et Henry avaient discuté d'un plan avant, ou tout simplement que toutes les pièces du puzzle s'étaient réunies quand il a prononcé le mot immortel quand il lui a parlé de son harceleur (qu'on ne peut qu'imaginer).
Bref, je me perds toujours dans ces détails, mais il est évident que peu importe que quique ce soit en pense et me dit que j'imagine peut être, mais après avoir revu la série 150 fois, j'ai eu le temps d'analyser en profondeur, il est clair que Jo se doute de quelque chose, qu'elle sait ce qu'Henry est mais qu'elle l'enfouit tout au fond d'elle.
Quant à la fin du chapitre, j'ai trouvé cool d'avoir comme headcanon, Henry qui achète les billets d'avions après sa discussion avec Jo, dans le bureau, sachant très bien que c'était un rêve qu'il aurait aimé se voir concrétiser avec elle. Et qu'il aurait pu tenter de la stopper à l'aéroport, mais bien trop gentleman pour ça.
Et je dois avouer que j'ai eu une petite larme lorsque j'ai écris la scène entre Abe et Jo, lorsqu'elle lui avoue à quel point elle aime Henry et qu'elle ferait tout pour lui, immortel ou pas.
Désolée pour la longue parenthèse.
