Merci pour la review !
Tris se leva immédiatement, ne lâchant surtout pas la main de Tobias tout en se rapprochant de lui alors que le bruit du moniteur cardiaque, qui fut tout d'abord régulier, commença aussi à s'affoler :
- Matthew ? demanda-t-elle, paniquée. Que se passe-t-il ?
- Son cerveau doit s'adapter au sérum.
- Son cœur s'emballe, ce n'est pas normal !
- C'est tout à fait normal Tris ! Un flux important de souvenirs lui reviennent donc la réaction de son corps est tout à fait cohérente.
- On ne peut pas le laisser comme ça, il a l'air de souffrir !
- Laisse-lui le temps de s'adapter.
Le sang de Tris bouillonnait dans ses veines en regardant l'homme de sa vie souffrir. Il transpirait à grosses gouttes et fronçait les sourcils. Il était en train de se battre contre lui-même et Tris ne pouvait rien faire pour l'aider à gagner cette bataille.
- Ça y est ! Je vois les premières images ! Ça marche Tris !
- Que vois-tu ?
- Toi, sautant dans le filet au début de ton initiation… on dirait la salle de contrôle où il travaillait… maintenant vous êtes dans la salle d'entrainement et il te donne des conseils pour te battre… C'est assez troublant, plusieurs souvenirs arrivent pêle-mêle ! Là, il vient de comprendre que tu es divergente… wow retour en arrière, il a l'air plus jeune, moins musclé… son premier tatouage, celui sur ses côtes. Oh ça a dû faire mal ! Attends, c'est pas fini !
- Ça fait beaucoup d'informations Matthew !
- Mais le sérum fonctionne, on ne peut pas l'arrêter en si bon chemin ! Là, il dit à Eric qu'il connait son rôle dans la mort d'Amar ! Oh, sa première rencontre avec Evelyn n'était pas très chaleureuse ! Tris, ton homme est quelqu'un d'intelligent, il avait compris que les Erudits étaient derrière le leadership de Max ! Oh mon Dieu…
- Quoi ? Matthew, qu'y a-t-il ?
- Marcus… il l'a battu la veille de la cérémonie du choix… Quel monstre !
Au même moment, le rythme cardiaque de Tobias qui tambourinait dans toute la pièce, ralentit peu à peu jusqu'à devenir très lent, trop même.
- Matthew, son cœur ne bat pas assez vite, il faut le réveiller !
Le scientifique retira les fils le reliant à l'ordinateur et se rapprocha de Tobias. Il saisit une grande seringue qui était installée sur une table et ne perdit pas un instant : il l'enfonça de toutes ses forces dans le cœur de son ami en injectant son contenu puis la retira aussitôt. Tobias se réveilla presque instantanément en bondissant du fauteuil en haletant, son rythme revenant à la normale puis il se rallongea. Il rouvrit les yeux et regarda autour de lui, visiblement désorienté.
- Hey Tobias, tout va bien, dit Tris. Regarde-moi s'il te plait, continua-t-elle mais n'ayant pas de réaction de son homme. Tobias Eaton, regarde-moi ! insista-t-elle, le voyant enfin focaliser son attention sur elle. C'est bien. Tu me reconnais ?
- Bien sûr que je te reconnais Tris… Oh j'ai un de ces mal de crâne.
- Tobias, tu saignes du nez, réagit-elle presque paniquée.
Le jeune homme leva sa main instinctivement et essuya le sang qui venait de couler de son nez.
- Tu l'as trop poussé Matthew ! Je t'avais dit d'arrêter et tu as insisté !
- Ça marchait Tris, il fallait le laisser explorer le plus de souvenirs possible !
- Mais regarde-le !
- Alors tout d'abord, vous baissez d'un ton s'il vous plait, commença Tobias. Ensuite, je tiens à préciser que je suis dans la pièce avec vous alors arrêtez de parler de moi comme si ce n'était pas le cas, ok ?
- Excuse-moi mais ton cœur n'arrêtait pas de faire le yoyo et j'étais extrêmement inquiète, rétorqua-t-elle en s'asseyant à nouveau.
- Nous allons te donner un antidouleur pour ta tête, ce doit être un effet secondaire du sérum. Je devrais peut-être te faire admettre pour qu'on surveille ton rythme cardiaque pendant quelques heures encore…
- C'est hors de question.
- Mais… commença la jeune femme.
- Tris, je t'en prie, fais-moi un peu confiance.
- Très bien.
- Alors, j'ai vu tes souvenirs revenir petit à petit. Comment te sens-tu à ce sujet ? demanda Matthew, tout excité.
- Pour être honnête, je ne sais pas, j'ai besoin de faire le point sur ce que je viens d'apprendre.
- Oh, oui, bien sûr, répondit-il, déçu.
- Quand pouvons-nous reprendre ? dit Tobias.
- Tu ne songes quand même pas à remettre ça alors que ton cœur a failli flancher ! l'interrompit Tris.
- Je vais devoir suivre Tris sur ce coup, ajouta Matthew.
- Quoi ? Matthew, tu as ouvert la boite de Pandore et tu crois que je vais me contenter de ça ?
- On ne connaît pas les effets du sérum sur ton corps. Ton cerveau doit assimiler ce que tu as découvert et on doit contrôler tes signes vitaux pendant quelques jours avant d'envisager de continuer. Même si je suis enthousiaste des résultats obtenus aujourd'hui, il en va tout de même de ta santé et c'est mon devoir de veiller à ce que tu ailles bien. Donc, tu vas rentrer chez toi et tu m'appelles demain pour que je voie comment tu t'en sors.
- J'y veillerai, dit Tris.
- Je vais te chercher quelque chose pour ton mal de tête, ajouta Matthew en sortant de la pièce.
Tobias s'assit lentement et retira les capteurs sur son torse. Tris lui donna sa chemise puis le silence embauma la pièce jusqu'à ce que Matthew revienne avec ce qu'il avait promis à Tobias. Ce dernier avala le comprimé sans rechigner puis se mit debout. Il avança prudemment car chaque pas résonnait dans sa tête mais il ne voulait rien laisser paraître devant ses amis, de peur qu'ils lui interdisent de recommencer à utiliser ce sérum. Cependant, Tris connaissait bien son homme et se doutait qu'il devait souffrir mais elle savait pertinemment qu'il était inutile de le confronter maintenant alors elle le guida silencieusement en dehors du labo de Matthew en le saluant au passage. Le retour se fit dans un silence dérangeant, inconfortable mais Tris ne lâcha pas un mot. Lorsqu'ils entrèrent dans l'appartement, la jeune femme prit la parole :
- Allonge-toi sur le ventre, dit-elle en lui montrant le canapé.
- Pardon ?
- Tu dois absolument te détendre et je ne connais pas de meilleur moyen qu'un massage.
- Tu n'es pas obligée…
- Tobias, ajouta-t-elle simplement.
Le jeune homme n'insista pas, sachant qu'il n'aurait pas le dernier mot et s'assit sur le canapé alors que Tris revenait avec une petite fiole de la salle de bain. Voyant qu'il faisait ses gestes au ralenti, Tris se doutait que son mal de tête ne s'était pas dissipé mais elle espérait surtout qu'il ne s'était pas aggravé. Elle l'aida à retirer sa chemise puis il s'allongea. Elle s'assit à ses côtés, mit de la lotion sur ses mains puis les posa sur le dos musclé et tendu de Tobias qui sursauta à ce contact :
- Tu as les mains gelées, dit-il.
- Désolée. Il faut que tu te détendes maintenant, continua-t-elle en le massant.
Progressivement, au fil de ses gestes, elle sentit le corps de Tobias se relâcher. Elle sourit, contente d'avoir atteint son objectif puis elle comprit qu'elle allait enfin pouvoir aborder le sujet :
- Alors, ton corps a l'air d'aller mieux, qu'en est-il de ton cerveau ?
- Matthew t'a dit ce qu'il a vu ?
- En effet mais ce n'était rien que je ne savais déjà, excepté pour la dernière partie.
- Marcus ?
- Oui, avoua-t-elle de façon presque imperceptible.
- J'aurais préféré que tu ne saches pas…
- Tobias, peut-être que je ne sais pas précisément ce qu'il t'a fait subir mais je te connais suffisamment pour savoir que ces sévices sont ancrés au plus profond de ton âme. Savoir que tu as souffert jusqu'à la fin avec lui me fait mal pour toi mais tu ne dois surtout pas avoir honte de ça, tu n'es y pour rien !
- Merci Tris.
- Il y a autre chose dont tu voulais parler au sujet de tes souvenirs ?
Cette question n'était pas désintéressée car elle voulait savoir s'il se doutait de quelque chose entre eux deux. Elle sentit son dos se tendre en entendant cette question.
- Non, dit-il froidement.
Tris leva les yeux, fatiguée qu'il se comporte de la sorte. Elle savait que quelque chose trottait dans sa tête mais elle ne savait pas quoi et cela la contrariait profondément. Il pouvait parfois paraître si borné que cela la faisait bouillir de l'intérieur puis elle y repensa et songea que malheureusement, elle était pareil ! Elle sourit alors et se rendit compte que la respiration de Tobias s'était ralentie. Elle s'arrêta puis s'aperçut qu'il s'était endormi. La journée ayant été épuisante, elle décida d'aller en faire autant car ses côtes commencèrent à la faire souffrir. Elle posa tout d'abord une couverture sur Tobias puis alla dans sa chambre, laissa sa porte ouverte puis s'allongea pour s'endormir seulement quelques instants plus tard.
Tris fut réveillée quelques heures plus tard par un cri. Elle ouvrit subitement les yeux et se mit debout aussi vite que son corps le lui permettait. Elle s'inquiéta, n'entendant plus un bruit puis elle entendit Tobias jurer, ce qui la fit sourire. Lorsqu'elle arriva, elle le vit assis sur le canapé en se tenant le pied gauche.
- Un problème, demanda-t-elle en tentant vainement de ne pas rire.
- Lorsque je me suis réveillé, j'ai voulu aller boire mais j'ai tapé mon pied dans la table basse. Ça fait un mal de chien ! Oh bon sang !
- Oui, j'imagine que ça fait mal…
- Merci de ta compassion ! dit-il ironiquement. Excuse-moi si je t'ai réveillé.
- Ce n'est rien. Tu as faim ?
- Oui mais ne bouge pas, je vais te préparer quelque chose.
- Non, assieds-toi à table, je vais nous réchauffer quelque chose. Tu n'as plus la migraine ?
- Non, ça va mieux, merci, dit-il en sortant les assiettes et les couverts sur la table.
Tris sortit les lasagnes du frigo et les mit à réchauffer au micro-ondes. Pendant ce temps, elle jeta de temps en temps des coups d'oeil en direction de Tobias qui ne disait plus un mot et paraissait perdu dans ses pensées. La jeune femme ne voulut pas l'interrompre et continua à tout préparer puis lui apporta son assiette. Il la remercia brièvement puis picora en silence, la tête baissée.
- Tu vas me dire ce qui te préoccupe ou je vais devoir t'arracher des aveux complets ? dit-elle en souriant.
- Je me suis souvenu que nous avons traversé ensemble mon paysage des peurs.
- Oh, répondit-elle en reposant sa fourchette, n'ayant subitement plus faim.
- Je dois t'avouer que je suis un peu perdu.
- Pourquoi ? rétorqua-t-elle tout bas.
- Tris, j'ai absolument besoin de savoir quelque chose et je veux que tu sois honnête avec moi, c'est tout ce que je te demande.
- Je t'écoute, lui demanda-t-elle le cœur battant la chamade.
- Au fur et à mesure des souvenirs qui me reviennent, j'ai l'impression que nous sommes plus que de simples amis. Je me rappelle aussi d'une discussion après la mort d'un de mes initiés… comment s'appelait-il déjà ?
- Al.
- C'est ça. Lors de notre conversation, j'étais bien plus proche qu'un instructeur ne doit l'être de son élève mais c'est surtout ce que j'ai ressenti lorsqu'on se tenait presque l'un contre l'autre… Je ne sais pas trop comment te le décrire car c'est quelque chose que je n'ai jamais ressenti avant.
- Tu avais comme des papillons dans le ventre ?
- C'est ça. Alors ?
Tris resta silencieuse, pesant le pour et le contre. Il était visiblement à deux doigts de découvrir leur lien mais elle pensa encore aux conséquences de ces révélations à leur sujet. La jeune femme se mit à trembler comme une feuille, ce que remarqua Tobias.
- Hey, Tris, que se passe-t-il ? Pourquoi tu te mets dans cet état ?
Les larmes commencèrent alors à tomber des joues de Tris, ne parvenant plus à les retenir. Tobias ne perdit pas un instant, se leva et lui proposa de s'asseoir sur le canapé. Une fois assis, il la prit dans ses bras où elle se laissa complètement aller. Une fois qu'il sentit les tremblements se calmer, il relâcha son étreinte et la regarda dans les yeux.
- Je n'aime pas te voir dans cet état. Tu sais, tu es la personne la plus forte que je connaisse. J'ai l'impression que c'est toujours toi qui prend soin de tout le monde mais qui s'occupe de ton bien-être ? Je pense que tu fais toujours passer les autres avant toi, je me trompe ?
Tris ne put répondre qu'une nouvelle crise de larmes la saisit. Elle porta sa main à sa bouche en espérant que cela passe rapidement. Elle vit Tobias se lever et lui rapporter des mouchoirs. Elle le remercia et essuya ses larmes.
- J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
- Si tu as été blessé c'est justement parce que j'ai voulu faire passer le bien-être de mon frère avant le mien. C'est de ma faute si tu es dans cet état ! Je suis tellement désolée !
- Tris, regarde-moi, dit-il en posant ses mains sur les bras de la jeune femme. Est-ce que c'est toi qui m'as tiré dessus ?
- Non, bien sûr que non !
- Alors ce n'est pas de ta faute.
Il ne perdit pas un instant de plus et la prit à nouveau dans ses bras. Tris ne refusa pas l'étreinte puis elle se laissa entourer par ses bras musclés et rassurants. Ils restèrent un moment ainsi jusqu'à ce qu'elle sente le corps de Tobias se tendre. Elle comprit à cet instant qu'il y avait un problème. Elle se sépara de lui et vit de la confusion dans ses yeux.
- Tobias, que se passe-t-il ?
- Tris, j'ai besoin de savoir.
- Quoi ?
- Je viens de me rappeler, nous nous embrassions…
- Tobias ?
- Est-ce que je suis le père du bébé ?
Tris haleta à la question de Tobias. Ce moment qu'elle attendait mais craignait tout autant depuis plusieurs semaines, était enfin arrivé. La réaction de Tobias serait maintenant déterminante pour eux mais elle ne pouvait plus lui cacher la vérité à présent. Elle s'apprêta à répondre quand on défonça la porte d'entrée. Un groupe d'hommes armés entra et les attaqua. Tobias se mit instinctivement devant Tris mais fut vite dépassé. Il se prit plusieurs coups et fut obligé de laisser Tris en découdre avec un de leurs assaillants. Elle se tint prête à combattre quand elle sentit une piqûre dans son cou et s'effondra aussitôt. Tobias s'en aperçut et voulut se rendre à ses côtés mais il subit le même sort et perdit connaissance.
