Toujours un très grand merci pour vos reviews.
Voici l'avant dernier chapitre. Je dois dire que j'ai longtemps hésité quant à ce qu'il se passe pour Tris. Mais bon, voila, c'est dur mais j'assume !
bonne lecture
Tobias se réveilla sur la chaise de la chambre d'hôpital. Il avait laissé sa main posée dans le lit de sa fille afin d'avoir un contact permanent avec elle quand il sentit qu'elle gigotait. Il se redressa douloureusement et observa son petit bonheur : elle pesait 2,5kg pour 45cm et le médecin avait indiqué que c'était un petit gabarit mais elle était en parfait santé malgré qu'elle soit née un petit mois en avance. C'était pour cela que le médecin l'avait autorisé à rester avec ses parents dans la chambre. Elle n'avait pas besoin d'être mise sous couveuse et s'adaptait parfaitement à son environnement. Tobias resta à l'observer quand il la vit se réveiller. Il ne bougea pas, s'arrêtant presque de respirer quand une infirmière le rejoignit :
- Vous pouvez la prendre si vous voulez, dit l'infirmière.
- Oh mais vous croyez qu'elle va se laisser faire ?
- C'est un bébé Mr Eaton, votre fille ne vous mordra pas. Asseyez-vous sur le fauteuil et ouvrez votre chemise.
- Pardon ? demanda-t-il, ne comprenant pas où l'infirmière voulait en venir.
- La petite Abigail a pu pratiquer le peau contre peau avec sa mère à sa naissance mais pas avec vous. Il est temps de rattraper cela. Il est important pour le bébé de sentir que son père est aussi là.
- Oh, très bien.
Tobias s'assit donc et ouvrit de sa main valide sa chemise. L'infirmière prit la petite Abigail et la posa contre le torse de son père. Tobias la maintint avec son bras droit mais cela le gênait de ne pas pouvoir toucher sa fille.
- Pouvez-vous m'aider à retirer l'attelle de mon épaule s'il vous plait.
- Quatre, après une luxation de l'épaule, ce n'est pas conseillé de vous en servir.
- Je veux pouvoir tenir ma fille, c'est tout ce que je demande.
- Très bien, dit-elle, résignée.
Elle aida donc Tobias à libérer son épaule gauche et il put poser sa main autour du visage de sa fille. Elle était si petite et semblait fragile mais il savait qu'elle était une battante, comme sa mère. Il vit l'infirmière se rapprocher de Tris qui était allongée dans son lit, endormie depuis maintenant des heures. Il devait attendre qu'elle se réveille mais le temps passait plus vite avec Abigail qui occupait aussi ses pensées malgré son inquiétude pour Tris. Lorsqu'elle eut fini de prendre les constantes de la jeune femme, l'infirmière se retourna vers Tobias qui attendait des nouvelles :
- Ses constantes sont bonnes.
- Pourquoi n'est-elle pas encore réveillée ?
- Son corps a subi une césarienne et ce qui s'en est suivi. Elle a perdu beaucoup de sang. C'est épuisant pour elle. Il faut lui laisser le temps de se réveiller, dit-elle alors qu'Abigail commença à s'agiter.
- Que se passe-t-il ? demanda Tobias, quelque peu paniqué.
-Elle doit avoir faim. Je vais chercher un biberon.
Pendant que l'infirmière s'absenta, Tobias se leva et se rapprocha de Tris.
- Tu vois mon petit ange, maman se repose alors c'est moi qui vais te donner le biberon. Je te promets que je veillerai toujours sur vous deux. Je t'aime mon petit ange.
Il embrassa tendrement sa fille lorsque l'infirmière revint avec le biberon. Tobias s'assit sur la chaise et elle lui expliqua comment il devait s'y prendre. Le jeune homme écouta attentivement puis le donna le biberon. Sa fille, affamée, se laissa faire docilement. L'infirmière, voyant qu'il maitrisait la situation, sortit de la chambre. Tobias était fasciné par ce petit être qui venait d'entrer dans leur vie. Quand il y repensa, un jour il était en train de sauver la ville avec Tris et le lendemain, il se retrouvait papa avec la plus jolie des petites filles entre ses bras. Alors qu'Abigail avait presque terminé son biberon, on frappa à la porte. Tobias se retourna pour voir qui venait d'entrer :
- Bonjour Tobias.
- Evelyn, répondit-il en souriant.
- Oh mon dieu, c'est ma petite fille ? demanda-t-elle en l'observant comme s'il s'agissait de la huitième merveille du monde.
- Je te présente Abigail Prior Eaton, ajouta-t-il en retirant le biberon qu'elle venait de terminer.
- Elle est tellement belle !
Tobias s'apprêtait à se redresser quand son épaule et son dos le stoppèrent puis le firent grimacer, ce qu'Evelyn remarqua aussitôt.
- Tobias, tu es blessé ?
- Ce n'est rien. Tu veux bien la prendre et la mettre dans son landau.
Evelyn n'insista pas et prit Abigail dans les bras. Elle l'observa un instant, scrutant ses traits, la douceur de sa peau, les petits gestes qu'elle faisait puis elle la mit sur son épaule. Après quelques instants, la petite fit son rot puis elle la posa dans son lit où elle s'endormit presqu'aussitôt. Entre-temps, Tobias s'était levé et lorsqu'il avait entendu sa petite fille faire son rot, il s'était arrêté. Evelyn se releva et regarda son fils qui ne bougeait plus.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle.
- Je ne savais pas qu'il fallait lui faire son rot.
- Oh, et bien maintenant tu le sais, au moins je t'aurais appris ça.
Tobias sourit puis reboutonna sa chemise puis il tenta de remettre son attelle à l'épaule mais Evelyn comprit rapidement qu'il n'y parviendrait pas seul alors elle l'aida. Une fois fait, elle remarqua des pansements dépassant du col de sa chemise. Choquée, elle ne demanda même pas à Tobias son autorisation, qu'elle leva le vêtement et observa le dos blessé de son fils.
- Mon Dieu, Tobias, ton dos ! dit-elle en portant sa main à sa bouche.
- Je t'ai dit que ce n'est rien, répondit-il sèchement en se dégageant. Que fais-tu là ?
- Tris avait demandé que je sois prévenue si tu devais être à nouveau hospitalisé. Lorsque je suis arrivée on m'a expliqué que Tris avait dû accoucher en urgence donc me voilà. Vas-tu me dire ce qu'il t'est arrivé ?
- Marcus et David nous ont kidnappés. Marcus a repris ses anciennes habitudes dirions-nous mais ce n'est rien. Evelyn, Marcus est mort.
- Oh… et comment te sens-tu ?
- J'ai parfois rêvé de sa mort et maintenant qu'il l'est, je ne sais pas vraiment ce que je ressens mais je n'ai ni l'envie ni le temps de m'apitoyer sur son sort. C'est Tris ma priorité, et notre petite fille.
- Que lui est-il arrivé ?
- Tris a eu beaucoup d'émotions fortes ce qui a fait considérablement augmenter sa tension. Abigail était en souffrance fœtale donc ils ont dû procéder à une césarienne. Et… Tris a fait une hémorragie interne.
En disant cela, Tobias se rapprocha de l'amour de sa vie, s'assit à ses côtés puis lui serra la main.
- Elle a perdu beaucoup de sang. Je… je ne sais pas ce que j'aurais fait si…
Malgré lui, des larmes coulèrent sur les joues de Tobias. Evelyn se rapprocha alors de lui et le prit contre elle où ce dernier se laissa faire et pleura à chaudes larmes. Evelyn ne bougea pas, passant doucement sa main dans les cheveux de son fils pour l'apaiser. Le jeune homme, après quelques instants, se calma et se sépara de sa mère. Evelyn sortit un mouchoir de sa poche et essuya les larmes sur les joues de son fils.
- Merci, dit-il.
- Pour quoi ? Prendre soin de mon fils ? Je t'aime Tobias.
- J'ai retrouvé mes souvenirs.
- C'est merveilleux, ajouta-t-elle en frôlant la joue de Tobias avec sa main. Je suis contente pour vous deux, enfin vous trois maintenant. Je suis là pour vous mon grand garçon, ne l'oublie pas.
- Je me rappelle la promesse que je t'ai faite avant de revenir à Chicago et je compte bien l'honorer. Je vais faire des efforts pour me rapprocher de toi. Et puis, Abigail aura besoin de sa grand-mère.
- J'y compte bien ! Ne t'inquiète pas, Tris est forte, elle s'en sortira, ajouta-t-elle alors que Tobias fixait le corps de Tris. Je vais vous laisser, je repasserai vous voir. A bientôt.
Evelyn étreignit doucement son fils, posa sa main sur celle de Tris pour qu'elle sente sa présence puis alla embrasser Abigail sur le front et partit. Tobias vérifia que sa fille dormait puis il rapprocha la chaise du lit de Tris et s'assit, attendant qu'elle se réveille.
Lorsque Tris ouvrit les yeux, la lumière d'hôpital lui brouilla la vue puis elle regarda à côté d'elle. Elle vit Tobias en train de dormir de façon inconfortable puis son regard se fixa sur le landau qui se trouvait entre Tobias et son lit d'hôpital. Elle voulut s'asseoir quand une violente douleur la prit dans le bas ventre la faisant gémir. Aussitôt, cela réveilla Tobias qui cherchait du regard d'où venait ce gémissement lorsqu'il aperçut Tris en train de se tenir le ventre. Il se leva et se retrouva tout de suite à ses côtés sur son lit :
- Mon amour, tu as mal ?
- Mon ventre Tobias.
- Ne bouge pas, dit-il en appuyant sur le bouton d'appel. Mon amour, regarde-moi, insista-t-il alors qu'elle le fixa. Respire avec moi.
Tobias inspira profondément et expira puis recommença. Tris réussit à suivre ses respirations et fut forcée de constater que la douleur commençait à diminuer.
- Tu reprends des couleurs, dit-il.
- Tobias, où es notre fille ?
- Elle est juste là, elle dort, tout va bien.
- Tu es sûr ?
- Oui, elle est en parfaite santé. Elle est magnifique, comme sa maman.
- Oh arrête, je dois être hideuse, répondit-elle en rougissant.
- Tu es l'amour de ma vie, ajouta-t-il en l'embrassant. J'ai eu tellement peur de te perdre. Comment as-tu fais pour attendre des mois lorsque j'étais dans le coma ?
- Heureusement, je n'étais pas seule et puis je savais que tu reviendrais vers moi.
- Je t'aime mon amour.
- Je t'aime aussi mon cœur... Tobias, que s'est-il passé après la naissance d'Abigail. Je ne me souviens pas.
Tobias blêmit subitement, ce que remarqua Tris aussitôt. Elle s'apprêta à l'interroger à nouveau lorsque le médecin et une infirmière entrèrent dans la chambre.
- Tris, vous êtes enfin réveillée. Vous nous avez fait une sacrée peur lors de votre césarienne, dit le médecin.
- Que s'est-il passé ? questionna-t-elle.
Tris regarda après le médecin qui scruta Tobias. Ce dernier, à cet instant, ressemblait plus à Quatre qu'à son Tobias, son visage ne laissant passer aucune émotion, sinon qu'il serrait tellement les dents qu'il aurait pu s'en casser une.
- Après votre accouchement, vous avez fait un placenta accreta avec une hémorragie. Nous avons dû vous transfuser tellement votre perte était conséquente. Votre cœur s'est même arrêté mais nous avons réussi à vous ramener.
Le médecin s'arrêta dans son récit. Il regardait Tris comme s'il cherchait ses mots tandis que Tobias serrait fort la main de Tris, ce qui ne la rassurait pas.
- Nous avons été dans l'obligation de procéder à une hystérectomie sinon vous n'auriez pas survécu, continua le médecin voyant que Tris fut confuse. En d'autre terme, nous avons dû vous retirer votre utérus.
Tris fut sous le choc de la nouvelle. Inconsciemment, des larmes coulèrent de ses joues qu'elle essuya aussitôt.
- Vous comprenez ce que cela veut dire ? demanda le médecin.
- Oui, répondit-elle sèchement.
- Nous pouvons vous mettre en contact avec la psychologue de l'hôpital…
- Ça ira, merci.
- Vous n'êtes pas seule…
- Si, justement, ça ne concerne que mon corps mais merci. Maintenant j'aimerais passer du temps avec ma famille.
- Très bien. Nous vous laissons. Nous repasserons plus tard.
Le médecin et l'infirmière sortirent de la chambre où un silence angoissant régnait.
- Mon amour… commença Tobias.
- Je voudrais tenir notre fille dans mes bras s'il te plait.
- Tris…
- Tobias, répondit-elle sèchement.
Le jeune homme n'insista pas, sachant qu'il n'obtiendrait rien de Tris. Il se leva, retira son attelle puis prit sa petite fille et la posa dans les bras de sa mère. Tris la serra contre sa poitrine, tellement heureuse de pouvoir enfin la tenir ! Elle dormait toujours malgré que son père l'ait sorti de son landau et tous deux sourirent en regardant leur fille.
Les semaines qui suivirent furent difficiles pour le couple. Même s'ils étaient heureux d'avoir ramené leur fille chez eux, la convalescence de Tris avait duré presque deux mois et elle refusait de retourner travailler pour le moment. Elle surprotégeait Abigail de façon presque obsessionnelle, ne laissant que peu de répit à Tobias pour passer du temps seul avec sa fille. La communication dans leur couple était quasi inexistante depuis le retour de Tris. En effet, les retombées psychologiques de son opération avaient affectée Tris au plus profond de son âme et elle ne laissait personne entrer. Pendant les cinq premières semaines, Tobias était resté à la maison à s'occuper de ses deux femmes mais rapidement, Tris avait pris le dessus et prenait soin d'Abigail en permanence. A contrecœur, le jeune homme avait alors décidé de se jeter à corps perdu dans son travail avec Johanna et avait pris le relai de l'emploi de Tris. Ainsi, il revenait tard le soir et partait tôt le matin, s'accommodant de ce rythme puisque Tris refusait de partager ses sentiments et s'était renfermée sur elle-même. Il savait pertinemment qu'elle avait besoin de temps et qu'elle ne viendrait pas d'elle-même vers lui pour se confier mais maintenant il devait penser en chef de famille, et non plus en simple petit-ami. Alors il prenait sur lui et laissait Tris faire mais il ne savait pas combien de temps encore il pourrait faire bonne figure.
Un dimanche matin, Tris s'était réveillée en entendant la voix de Tobias mais elle semblait lointaine. Lorsqu'elle ouvrit les yeux et qu'elle ne le vit pas dans la chambre, elle comprit qu'elle l'entendait à travers le babyphone et qu'il se trouvait dans la chambre d'Abigail. Il était tôt et il avait dû se lever quand il l'avait entendu. Elle se leva donc et se dirigea vers la chambre de leur fille mais elle n'y entra pas, restant devant la porte afin que Tobias ne la voie pas.
- Tu avais faim mon petit ange ? Papa t'a donné ton biberon. Tu sais, c'est moi qui t'ais donné ton premier biberon, maman n'était pas encore réveillée et je me suis occupé de toi. Je suis tellement fier d'être ton papa. Je sais que je n'ai pas passé beaucoup de temps avec toi dernièrement mais papa a beaucoup de travail et puis ta maman est toujours là. Mais je veux que tu saches que je t'aime mon ange. Ne l'oublie jamais ! On va te faire faire ton rot ? Tu sais, c'est ta grand-mère Evelyn qui m'a appris que je devais le faire, dit-il alors qu'Abigail fit son rot. Ça c'est ma fille !
- Je ne le savais pas, ajouta Tris en entrant dans la pièce, surprenant Tobias.
- Quoi donc ?
- Que ta mère était venue à l'hôpital avant que je me réveille.
- Oh, c'est que je n'ai pas eu vraiment l'opportunité de t'en parler, continua-t-il en reposant doucement Abigail dans son berceau.
- Tu aurais pu me réveiller.
- Tu as besoin de sommeil et puis ça m'a permis de passer un peu de temps avec notre fille. Petit déjeuner ?
- Oui, merci.
Tobias fit un baiser sur le front d'Abigail, passa par la salle de bain pour enfiler un t-shirt, changea son bas de pyjama par un jean noir puis se dirigea vers la cuisine, suivi par Tris après qu'elle ait elle aussi embrassé leur fille. Le jeune homme était en train de servir un café à Tris lorsqu'elle arriva et s'assit sur une chaise. Il prit aussi une tasse et porta à ses lèvres le liquide brûlant.
- Il va faire un temps merveilleux aujourd'hui, commença-t-il. Nous pourrions peut-être sortir nous balader, ça nous ferait du bien à tous.
- Non, je ne veux pas exposer Abigail aux bactéries extérieures, elle est encore fragile…
- Tris, au cas où tu l'aurais oublié, j'étais aussi là quand le médecin nous a expliqué tout ça. Ça fait deux mois qu'elle est sortie de l'hôpital et elle peut aller en balade maintenant.
- Je suis sa mère et je sais ce qu'il lui faut.
- Et je suis son père !
Tris était restée de marbre lorsque Tobias avait dit ces paroles. Elle savait qu'il ne lui voulait que du bien mais elle ne voulait pas sortir et craignait d'exposer Abigail trop tôt à tout ce qui l'attendait à l'extérieur.
- J'ai essayé d'être patient Tris. Je ne saurais jamais ce que tu ressens mais tu dois en parler.
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Mon amour, dit-il plus calmement en s'asseyant à ses côtés. Ça m'est égal qu'on ne puisse plus avoir d'enfant.
- Je… je ne veux pas en parler.
- Mais c'est ça le problème Tris ! Tu ne veux pas en parler, tu ne me parles plus du tout ! Nous ne sommes que des colocataires ! Si Abigail n'était pas là, je ne sais même pas si on pourrait encore vivre ensemble ! Je vous aime toutes les deux du plus profond de mon être mais j'ai besoin que tu réagisses. Je veux retrouver la femme dont je suis tombé amoureux, la fille venant des Altruistes et qui est devenue une Audacieuse, qui a risqué sa vie pour les autres, celle qui m'aime !
- Et bien je suis désolée mais cette fille a changé !
- Tout ce que je veux c'est t'aider…
- Mais tu ne peux pas m'aider Tobias ! hurla-t-elle. Il n'y a que ma fille qui compte !
- « Ta » fille ? soupira-t-il, blessé.
Tobias resta un instant sans rien dire. Il fut profondément blessé par les paroles de Tris. Ainsi, il ne faisait plus partie du tableau aux yeux de sa femme.
- Tris, est-ce que tu m'en veux ?
- Pourquoi dis-tu ça, le questionna-t-elle, visiblement troublée.
- Depuis la naissance d'Abigail, nous nous sommes éloignés à tel point qu'on dirait des étrangers. Et puis tu ne me laisses jamais m'occuper de notre fille. Regarde, ce matin, dès que j'ai entendu qu'elle se réveillait, je me suis précipité pour avoir un peu de temps avec elle. Je ne trouve pas ça normal donc c'est pour ça que je te demande si tu m'en veux au point de ne pas me laisser prendre soin d'elle.
- Le problème ne vient pas de toi Tobias.
- Mais alors explique-moi ! Parle-moi ! Avant, c'était moi qui avait du mal à me confier et maintenant c'est toi. Je ne te reconnais plus.
Le silence régna dans la pièce. Tobias ne savait plus quoi faire pour qu'elle se confie à lui. Il savait que quelque chose la rongeait mais elle ne se livrait pas à lui et ça commençait à le rendre fou.
- Mon amour, je te jure que je fais mon possible pour nous tenir la tête hors de l'eau, je me bats de toutes mes forces pour que nous restions unis mais si tu ne veux rien me dire, je ne sais pas combien de temps j'arriverais à tenir.
Tobias avait espéré la faire réagir en lui disant cela mais c'était peine perdue. Il souffla, blasé du silence continu de Tris puis il prit sa veste et sortit en claquant la porte.
