Et voici le dernier chapitre de cette fic. J'espère que vous avez autant pris de plaisir à la lire que moi, de l'écrire ! Cela faisait un moment que ça me trottait dans la tête de faire une fin moins "cruelle" de la trilogie pour notre couple !

Un très grand merci à ceux qui prennent le temps de laisser une review, je me répète encore mais ça fait toujours plaisir !

D'ici quelques jours je posterai une nouvelle fic, un AU. Donc restez dans les parages !

Merci et prenez soin de vous !


Tobias avait décidé de sortir, n'en pouvant plus. Il comptait aller courir pour se défouler quand il croisa Shauna et Zeke.

- Salut mec ! dit Zeke.

- Salut, répondit sèchement Tobias en continuant son chemin.

- Hey, que se passe-t-il ? demanda Zeke. Quatre ?

- Pas maintenant Zeke, finit-il en prenant la cage d'escalier.

- Bébé, ne le laisse pas comme ça, commença Shauna. Reste avec lui, je vais voir Tris.

Zeke embrassa rapidement Shauna puis courut dans la cage d'escalier à la recherche de son meilleur ami mais ne le trouvant pas, il sortit du bâtiment et scruta les alentours pour l'apercevoir en train de courir en direction du parc. Zeke dut accélérer la cadence pour parvenir à le suivre et quand il ne fut qu'à quelques mètres de lui, il l'appela. Tobias s'arrêta aussitôt, se retourna puis l'attendit. Il le laissa récupérer son souffle :

- Nom de Dieu Quatre… pourquoi tu cours si vite ?

- Je ne savais pas que tu me suivais. J'ai besoin de me défouler, dit-il en se passant la main sur le visage.

- Tu as surtout besoin de faire une nuit de 24 heures !

- Je… je ne dors pas très bien en ce moment.

- Allez viens, je te paie un café.

Les deux amis se dirigèrent vers le café du quartier et commandèrent deux expressos puis s'assirent.

- Je n'ai peut-être pas l'air de quelqu'un d'attentif mais je sais quand mon meilleur ami ne va pas bien et ça fait un moment que je vois qu'il y a un problème, commença Zeke.

- En fait, ça dure depuis le retour de Tris et Abigail à la maison.

- Ton petit ange t'empêche de dormir ?

- Si c'était ça, je serai heureux de ne pas dormir !

- Que se passe-t-il alors mec ?

Tobias réfléchit un instant à ce qu'il pouvait annoncer à son meilleur ami. Avec Tris, ils avaient gardé secret ce qu'elle avait vécu après sa césarienne puisque cela était parfaitement personnel et ne regardait qu'eux mais il se retrouvait dans une impasse à présent. Il ne savait plus comment faire pour aider Tris et cela commençait à peser lourd sur ses épaules. Après tout, il s'agissait de son meilleur ami, pas du premier venu :

- Lorsque Tris a mis au monde Abigail, elle a fait une hémorragie et ils ont dû pratiquer sur elle une hystérectomie.

- Oh, répondit-il, choqué.

- Ça consiste…

- Je sais ce que c'est Quatre, inutile de me l'expliquer.

- Elle ne l'a pas bien pris, bien que je pense qu'il n'y ait pas de bonne façon de l'accepter. Elle s'est renfermée sur elle-même depuis et j'ai beau essayer de la faire parler, elle ne lâche rien. Mais ça ne s'arrête pas là. De ce fait, depuis qu'on a ramené Abigail, elle la surprotège en permanence du monde extérieur…

- C'est une maman, c'est normal…

- Et de moi.

- Que veux-tu dire ?

- Elle ne me laisse que très peu de temps avec notre fille. Si j'ai pu profiter d'elle ce matin c'est parce que Tris dormait encore alors je me suis levé sans bruit et je lui ai donné son biberon. Ça faisait trois semaines que je n'avais pas pu le faire. Tris ne la lâche jamais. Au début, je m'étais dit comme toi que c'était l'instinct maternel mais maintenant ça devient obsessionnel. Je n'ai pas pu être à ses côtés pour sa grossesse et elle ne me laisse pas non plus faire maintenant que je suis de retour. Je… Je ne sais plus quoi faire ! finit-il en mettant sa tête entre ses mains.

- Hey, tu dois tenir le coup, dit Zeke en posant sa main sur l'épaule de son ami.

- Merci d'être là Zeke, ajouta-t-il en le regardant dans les yeux. Cette année a été mouvementée… pour toi et moi mais tu es toujours à mes côtés.

- De rien mon ami, réagit-il puis devenant subitement distant.

- Zeke, tu vas bien ?

- Je crois savoir comment aider Tris, termina-t-il en prenant son téléphone portable.


Une fois Zeke parti, Shauna frappa à la porte de Tris. N'ayant pas de réponse, elle tourna la poignée et entra pour retrouver la jeune femme complètement recroquevillée sur le canapé, en pleurs. Shauna s'assit à ses côtés et posa une main sur son épaule.

- Hey ma belle, que se passe-t-il ?

- Tobias… il est parti…

- Nous l'avons vu, ne t'inquiète pas, Zeke est avec lui. Tu ne dois pas te mettre dans cet état. Vous vous êtes disputés ?

- Oui…

- Tu veux en parler ?

- C'est de ma faute ! dit-elle en pleurant à chaudes larmes.

Shauna, voyant qu'elle ne pourrait rien obtenir de Tris dans l'état qu'elle était, la prit dans ses bras et tenta de lui dire des paroles rassurantes afin de l'apaiser mais les sanglots ne s'arrêtèrent pas. Cela dura cinq bonnes minutes avant que la porte s'ouvre à nouveau pour laisser apparaitre Hana. Shauna la regarda, peinée de l'état de son amie quand sa belle-mère lui proposa de prendre sa place, ce qu'elle accepta immédiatement.

- Ma douce, peux-tu nous laisser s'il te plait, avec Tris, nous devons parler, dit-elle à Shauna.

- Bien sûr. N'hésitez pas à m'appeler si besoin.

Hana hocha la tête et regarda Shauna partir. Lorsqu'elles furent seules, Hana desserra son étreinte puis se leva et alla préparer du thé pendant que Tris reprenait ses esprits. Quelques instants plus tard, la matriarche Pedrad revint dans le salon et donna une tasse à la jeune femme.

- C'est gentil Hana mais je vais mieux. Vous n'avez pas à rester avec moi.

- Ezekiel m'a appelé. Il est avec Quatre et m'a expliqué ce que vous traversez.

- Oh… je vais bien…

- Tris, en tant que mère, je peux comprendre ton état d'esprit.

- Vous aussi on vous a…

- Non, je n'ai pas subi ce genre d'opération mais là où je veux en venir, c'est que la vie nous envoie des épreuves, de notre naissance, jusqu'à notre mort. Soit elles nous consument, soit on les affronte et on se relève. Ce que je vais te dire maintenant, tu seras la seule à le savoir, même mes fils ne l'ont jamais appris… Lorsque j'ai perdu mon mari, mes fils étaient des enfants et il a fallu que je tienne pour eux. La journée, j'étais la maman forte qui s'occupait de ses enfants mais quand la nuit venait, le chagrin me touchait de plein fouet et je ne pouvais que le subir. Cela a duré plusieurs mois mais je m'en suis sortie. C'est grâce à cette épreuve que j'ai pu tenir le coup lorsque mon Uriah m'a été enlevé. J'ai appris à sourire en me souvenant des bons moments passés avec eux plutôt que de pleurer en songeant à leur perte.

- Le fait de ne plus pouvoir avoir d'enfant m'a détruit, Hana. Je suis si jeune et je ne pourrais plus donner d'enfant à Tobias. Si je n'avais pas Abigail, je ne sais même pas si je serais encore de ce monde.

- Tu dois te servir de la force que ta petite fille te donne et aussi te reposer sur Quatre. Mon fils m'a dit qu'il n'allait pas bien parce que tu le mets de côté. Tu dois lui parler, il peut t'aider mais tu dois le laisser faire.

- Je n'y arrive pas.

- Je sais que tu vas y arriver, vous êtes fait l'un pour l'autre et la petite Abigail en est la preuve !

- J'ai tout gâché avec lui. Je l'aime tellement mais ce qui m'est arrivé m'a brisée.

- Et bien il ne te reste qu'à te reconstruire avec ceux que tu aimes.

- Je ne sais pas si Tobias pourra me pardonner ce que je lui fais endurer depuis que nous sommes rentrés de la maternité.

- Ne doute pas de lui car je pense qu'il pourra te pardonner quoi que tu ais fait. Alors maintenant je vais sortir et avec Quatre, vous allez parler. D'accord ?

- Où puis-je le trouver ?

- Ne t'inquiète pas, c'est lui qui va venir à toi. Fais-moi un beau sourire ma belle.

Tris la regarda et lui fit un sourire sincère, rempli d'amour et de reconnaissance. Hana lui caressa la joue puis sortit. La jeune femme prit deux gorgées de thé quand sa porte d'entrée s'ouvrit pour laisser apparaître Tobias, les yeux rougis et fatigués, les cheveux en bataille. Tris l'observa un instant puis d'instinct, elle se leva et se précipita dans ses bras. Cela faisait des semaines qu'ils n'avaient pas eu ce genre de contact affectueux. Elle ne bougea pas et il l'entoura de ses bras musclés et rassurants.

- Nous devrions nous asseoir, dit-il en la dirigeant vers le canapé.

- Nous devons parler, finit-elle par dire alors qu'ils s'assirent.

- Je n'aurais pas dû partir comme ça…

- Non Tobias, tu n'as pas d'excuses à me faire. Je t'ai mis dans une position impossible pour toi, j'en ai conscience maintenant. Hana m'a ouvert les yeux et je suis prête à en parler avec toi.

- Je suis là pour toi.

- Je sais et je t'en remercie, continua-t-elle puis se stoppa, incapable d'en dire plus alors que les larmes menacèrent de tomber.

- Mon amour, me fais-tu confiance pour Abigail ?

- Quoi ? Bien sûr. Tobias, j'ai une totale confiance en toi et je sais que tu es un super papa, notre fille t'adore. Elle a les yeux qui brillent quand tu la tiens dans tes bras. Non, ce n'est pas en toi que je n'ai pas confiance mais plutôt en moi. Comment pourrais-tu encore m'aimer alors que je ne suis plus capable de te donner un enfant ?

- Tris, j'aimerais te poser une question.

- Je t'écoute.

- Lorsque nous nous sommes rencontrés, j'étais brisé dans mon corps et mon âme. Comment as-tu pu tomber amoureuse de moi ?

- Ce n'est pas cela que je voyais quand je te regardais. J'y voyais de la force, du courage et une force de caractère sans limite.

- Et bien pour moi, c'est pareil. Quand je te regarde, je vois de l'amour, je vois la personne la plus courageuse que je connaisse, la plus forte et tu as donné la vie à la plus merveilleuse des petites filles. Je n'aurais jamais espéré avoir autant de cadeaux dans ma vie. Une vie tous les trois me convient parfaitement et si jamais un jour on voudra agrandir notre famille, il y aura toujours l'adoption. Tris, je t'aime et c'est tout ce qui compte.

- Merci. Je t'aime aussi mais j'ai juste besoin que tu comprennes quelque chose à mon sujet.

- Je t'écoute.

- Cette opération ne m'a pas seulement enlevé une partie de mon anatomie, cela a aussi arraché une partie de mon âme de femme et de mère. Je ne sais pas comment te l'expliquer, continua-t-elle en pleurant. J'ai mis un moment à l'accepter et c'est pourquoi j'étais si exécrable envers toi alors que tu n'y étais pour rien. J'espère qu'un jour tu pourras me pardonner.

- Je ne te cache pas que lorsque tu as dit tout à l'heure qu'Abigail était « ta » fille, ça m'a fait mal, rétorqua-t-il, une larme tombant sur sa joue. Tu sais ce que j'ai vécu étant enfant, ou tout du moins, tu en sais suffisamment et j'ai bien l'intention de donner à notre fille tout ce dont j'ai manqué.

- Tobias…

- Laisse-moi finir s'il te plait… Mon amour, je n'ai rien à te pardonner. Tu as été obligée d'endurer sans moi ta grossesse, pire encore, tu as dû être suffisamment forte pour croire que je me réveillerais. Tu n'as été inconsciente que quelques heures et j'ai cru tomber fou. Je ne sais pas où tu as trouvé toute cette force pour continuer à avancer jour après jour. Il est temps maintenant pour toi de savoir que tu n'es plus seule pour porter le poids de notre famille, je suis là et tu peux te reposer sur moi. Jamais, tu m'entends bien, jamais, je ne t'en voudrais pour ton comportement compte tenu de ce que tu as traversé.

- Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort parait-il… dit-elle en essuyant ses larmes et en souriant à son homme.

- A qui le dis-tu ! répondit-il en lui souriant comme lui seul savait le faire.

Tobias n'attendit pas une seconde de plus et embrassa Tris. Le baiser fut passionné et tellement désiré qu'ils ne parvinrent à s'arrêter que lorsque l'air leur manqua. Les mains du jeune homme frôlèrent le dos de Tris de haut en bas alors que les baisers devinrent torrides mais avant qu'ils ne puissent aller plus loin, ils entendirent Abigail pleurer. Ils se stoppèrent aussitôt et se regardèrent, le sourire aux lèvres.

- Nous sommes parents maintenant, tu devras attendre pour la suite Mr Eaton.

- Oh mais je vous réserve un traitement spécial pour ce soir, Mme Prior.

- J'ai hâte d'y être. Tu veux t'occuper de notre fille ?

Tobias la regarda et Tris put voir dans ses yeux la joie qui l'animait. Il embrassa la joue de sa femme puis se leva et se dirigea dans la chambre d'Abigail. Elle le suivit et sourit lorsqu'elle le vit la prendre à bout de bras, tout en lui parlant, ce qui calma la petite fille aussitôt :

- C'est papa, mon ange, dit-il en la regardant puis en la posant contre lui.

- J'ai remarqué que tu ne l'appelles jamais Abigail quand tu lui parles.

- C'est vrai ? demanda-t-il alors que Tris hocha la tête. Je ne sais pas, c'est naturel pour moi de l'appeler mon ange.

- Et si tu l'habillais ? Il fait un temps magnifique et nous pourrions aller pique-niquer au parc, qu'en dis-tu ?

- Ce serait génial. Et si nous appelions nos amis pour qu'on s'y retrouve tous ?

- Bien sûr. Tu peux aussi prévenir Evelyn, je sais qu'elle n'a pas beaucoup vu sa petite fille dernièrement, ajouta-t-elle, se sentant coupable.

- Ok. Allez viens mon ange, on va te trouver une belle petite robe pendant que maman se fait belle.

Une heure plus tard, ils se retrouvèrent tous au parc et s'installèrent sur des couvertures pour déjeuner. Ils passèrent un moment merveilleux. Après manger, Tris était assise en observant Tobias en train de balader sa fille dans ses bras et lui montrant toutes les merveilles du parc. Tris sourit de voir leur fille, qui était encore une nouveau-née, regarder son père lui parler attentivement. Elle fut sortie de sa rêverie par Evelyn qui s'assit à ses côtés.

- Du café ? lui demanda Evelyn en lui proposant une tasse.

- Merci, répondit-elle alors qu'elle s'assit à ses côtés.

- Ça fait tellement de bien de les voir ensemble, continua Evelyn en montrant Tobias et Abigail.

- Oui, c'est comme si c'était naturel pour lui.

- Tout comme toi. Je sais que vous serez de très bons parents, bien meilleurs que je ne l'ai été avec mon fils.

- En ce qui me concerne, vous faites partie de notre vie et je pense que Tobias est du même avis que moi, même si vous savez que c'est difficile pour lui de s'exprimer sur ses sentiments.

- En effet, je connais cet aspect de lui mais apparemment, ça ne concerne pas ma petite fille. Je pense qu'elle le tient par le bout du nez du haut de ses quelques semaines !

Tris et Evelyn se mirent alors à rire, sachant pertinemment que ce qu'elle venait de dire était facile à deviner rien qu'en voyant comment Tobias agissait avec Abigail. Il se rapprocha d'elles :

- Qu'y a-t-il de si drôle ?

- Rien mon chéri, ne t'inquiète pas, répondit Evelyn en se levant puis en les embrassant et en retournant vers Hana.

- Viens, ajouta Tris en tapotant par terre à ses côtés.

Tobias s'assit d'abord puis s'allongea, la tête sur les genoux de Tris et Abigail sur son torse qui commençait à s'endormir au son des battements de cœur de son père. La jeune femme passa ses doigts dans les cheveux de son homme qui finit par s'assoupir à son tour. Elle les observa et sourit, heureuse de ce que la vie lui avait donnée après tant d'épreuves.