Note d'auteur.
Bon, je ne sais pas trop où je suis partie pour les OS qui suivent : 4 OS écrits pour la nuit qu'on a fait entre nous (Aeli, Lou-anne, Neil, coeur sur vous) et 3 dont je sais pas trop quoi faire. J'ai hésité à les poster parce qu'ils sont vraiment pas top, et j'ai vraiment galéré comme pas possible pour écrire des trucs à peu près... disons, des trucs qui se lisent (les UA c'est pas facile parce que OOC mais d'habitude ça me dérange pas... bref ça veut rien dire) en ce moment jsais pas ce que je fais, im trying
Le thème a été donné par Neil, et c'est le lyrics juste en dessous (on a décidé qu'on pouvait donner n'importe quoi : un image, des paroles, un mot, c'était vachement libre et honnetement, very good idea même si c'est pas simple)
Comme pour l'os précédant, vive lou anne et aeli qui parlent sur notre conv et qui nourrisse mon cerveau plutot stérile en ce moment, car la plupart des idées sont d'elles, they great vive elles i love you girls, big up à l'amitié Nobara/Sukuna très chaotic
Kiss !
HEAD & HEART
« it could have been worst. We could have fallen in love »
Gojo le regarde avec pitié, et franchement Megumi ne sait pas trop ce qu'il y a de pire dans la vie. Gojo Satoru vous regardant avec pitié, c'est un peu comme dire à un malade du cancer en phase terminal « bon, tu vas crever d'accord mais y'a pire dans la vie, non ? Je me suis cogné le petit orteil contre le pied de la table basse ce matin. Chacun ses problèmes mon gars ». Oui, c'est un peu la même chose, et Megumi n'a pas envie de se faire prendre en pitié par Gojo Satoru parce que de un : sa journée est déjà assez merdique et de deux, ça lui fait comprendre que tout est vraiment de sa faute et que sa vie est nulle.
C'est emmerdant. Et déprimant.
— Alors, qu'est-ce que t'as fait ?
— Me regarde pas comme ça. Je vais appeler Suguru.
Gojo sourit de toutes ses dents.
— Je t'en prie.
— Je vais appeler Nanami.
— Tu peux y aller.
— Je vais appeler Nobara et l'autre abruti de jumeau en même temps et tu seras obligé de les entendre parler de verni et de célébrités enceintes et de leurs flammes snapchat pendant des heures, puis ils s'engueuleront et se jetteront des pots de fleurs et péteront la table comme la dernière fois et finalement Sukuna ce gros débile va encore casser une fenêtre dans ta chambre qui te forcera à te peler le cul pendant des jours, le temps qu'elle soit réparée.
C'est un peu fatiguant de parler autant, mais les grands problèmes demandent des grands moyens. Le sourire de Gojo tremble, puis disparaît. Il soupire.
— T'es vraiment le gamin le moins drôle du monde.
— J'ai vingt-deux ans.
— Et en plus t'es mal élevé.
— C'est toi qui m'a élevé.
— Oui, c'est exactement ce que je dis. Super mal élevé. Pourquoi on m'a confié ça à moi ? Qui a eu cette idée pourrie ?
Ils se regardent dans le blanc des yeux, puis le sujet est naturellement écarté car dans cet appartement on ne parle pas de choses trop sérieuses comme leur compte en banque rempli de thunes, et l'abandon de leurs parents respectifs.
Gojo reprend donc :
— Qu'est-ce que t'as fait pour qu'il soit énervé ?
— Il est pas énervé.
Il le regarde à nouveau avec pitié, et Megumi est à deux doigts de composer le numéro de Nobara rien que pour le faire chier.
— Il te parle plus depuis une semaine. Il est super énervé. Il répond plus à tes messages. Et il m'a dit aujourd'hui qu'il était super énervé et qu'il ne voulait plus jamais te voir.
Megumi pâlit.
— Il a dit ça ?
— Non, je me fous de ta gueule. J'ai juste croisé Nanami qui m'a dit de te dire de venir reprendre Yuji qui lui envoie des dizaines de smiley tristes tous les soirs.
Megumi ne peut pas le tuer, car le gros compte en banque et l'appartement appartiennent à Gojo. Et que Yuji l'aime bien, même si ça n'a pas de sens car personne n'aime Gojo de son plein gré, une fois les présentations faites et la première semaine passée. Yuji, si. Et Suguru, mais lui c'est pas vraiment de son plein gré étant donné qu'il est amoureux, le pauvre. Megumu a pitié. Parfois.
— Pourquoi il le bloque pas ?
Ce n'est pas exactement ce qu'il veut dire, mais les choses ont du mal à sortir correctement en ce moment. Il veut demander à Yuji comment s'est passée sa journée, et à la place il lui dit de partir sans lui à la fin des cours. Il veut essayer de mettre en pratique les conseils de Google en lui demandant s'il veut aller voir un film le samedi, et à la place il lui dit de ne surtout pas lui envoyer de message ce week-end.
Il veut demander pourquoi Yuji est triste, et à la place il demande pourquoi Nanami ne l'a pas encore bloqué, ce qu'il avait pourtant déjà fait à un moment.
Gojo prend un faux air peiné.
— Des dizaines de smileys tristes, répète-t-il. Tous les soirs.
Et Megumi comprend, parce que tout le monde a un faible pour Yuji car il est mignon et gentil et qu'on ne peut pas juste l'ignorer quand il envoie des smileys tristes. Des dizaines.
Il soupire.
— Je n'ai rien fait.
— Bien sûr que si. Le faux Yuji a envie de te casser la gueule. T'as forcément fait un truc.
Gojo n'appelle pas Sukuna par son prénom, c'est une règle (que Megumi approuve, pour une fois). Il l'ignore, hurle qu'il entend des voix quand Sukuna est dans la pièce, et affirme prendre de la coke et avoir des hallucinations quand les jumeaux sont côte à côte.
Sukuna est un con. Megumi approuve. Et Sukuna veut casser la gueule de tous ceux qui font de la peine à son frère (ou qui le frôlent dans les couloirs, qui lui marchent sur le pied, qui essayent de le battre en sport, qui lui adressent trop sèchement la parole). Si Sukuna aime bien Megumi la plupart du temps, c'est parce qu'il accepte de ne rien dire et d'ignorer sa présence quand il va voir les gros chiens adorables de la petite vieille de la maison de retraite. C'est un bel endroit, la maison de retraite, et Gojo aime bien y aller pour parler aux vieilles femmes séniles en se faisant passer pour leur petit-fils, ce qui est vraiment immoral. Il a emmené Megumi quand il était petit. Tout est parti en cacahuète.
Megumi cligne des yeux.
— Il veut me casser la gueule ?
Gojo hoche la tête. Peut-être que Megumi a bien fait quelque chose, alors.
Il essaye d'y repenser. De se souvenir. Il n'a rien dit de particulier. Peut-être que Yuji lui en veut d'avoir critiqué son nouveau t-shirt ? Pour sa défense, Megumi le trouve vraiment laid alors il n'a pas trop envie de s'excuser.
Il a parlé du temps, du t-shirt, de Nobara qui lui casse les pieds avec Maki, et a écouté Yuji parler pendant une bonne partie de l'émission qu'ils regardaient. Yuji a fait à manger parce qu'il se débrouille bien mieux que Megumi et Gojo réunis (ce qui revient à Megumi tout seul), et l'émission a commencé à parler des relations à distance, puis des relations tout court.
Et Megumi s'est dit que peut-être c'était le moment de faire une approche discrète. Alors il a peut-être dit quelque chose comme « oh ces gens étaient amis avant de sortir ensemble ? C'est un peu stupide. Ça aurait pu être carrément pire, ils auraient pu tomber amoureux. Comme nous, ça aurait été stupide. Des amis. Qui tombent amoureux. Stupides. Ça aurait pu être pire ». Et peut-être qu'il a arrêté de parler après ça car Megumi s'est rendu compte : que ça ne voulait rien dire et qu'il s'éloignait de son sujet, et Yuji a soudain posé son bol très fort contre le plan de travail, dos à lui dans la cuisine.
Megumi Fushigoro relève la tête. Gojo sourit de toutes ses dents et le regarde avec pitié.
— Je vais appeler Sukuna et Nobara comme ça ils seront occupés et je pourrais aller parler à Itadori.
C'est une bonne idée, même si Gojo n'a pas l'air d'accord.
Yuji ne lui referme pas la porte au nez, car il est gentil même en colère.
Il hausse un sourcil en le voyant sur le pas de la porte, se renfrogne, puis le laisse quand même entrer (il fait froid dehors, et Yuji lui prépare un café chaud avec irritation et soin). Il claque la tasse sur la table basse, croise les bras sur sa poitrine, et attend sagement que Megumi se mette en accord avec sa bouche.
Il dit :
— Nanami a pitié de toi alors il va pas te bloquer, mais faut que t'arrêtes de lui envoyer des smileys.
Ce n'est pas du tout ce qu'il voulait dire, et Yuji fait une tête affreuse et triste et peut-être que Megumi s'en veut et pense qu'il mérite le regard de pitié de Gojo. Il reprend :
— C'est pas ce que je voulais dire. Tu peux arrêter de me regarder, je crois que tu me déconcentres.
Yuji fronce les sourcils, mais détourne quand même le regard. Il observe la baie vitrée avec énervement, et attend. Megumi inspire.
— Je veux dire des choses, mais ça sort jamais comme il faut. D'accord, alors écoute moi. Je sais que t'es énervé contre moi, ce que j'avais pas compris avant ce matin. Mais maintenant je le sais. Alors je vais me rattraper et dire les choses clairement.
C'est un peu plus dur que prévu. Megumi sent ses mains moites, même si Yuji ne regarde pas.
— Je t'aime bien, dit-il. Ce que je voulais dire, c'était quelque chose comme « ça serait stupide de pas tenter sa chance car des amis tombent amoureux, et que ne pas essayer serait pire ». Oui, un truc comme ça. C'est bien ça.
Et finalement c'est plus facile, en fait. Les mots sont sortis comme il faut, ça ressemble à peu près à une déclaration. Il se sent mieux, d'un coup. Il l'a dit, et son esprit semble décider immédiatement que c'est suffisant pour être en paix avec soi même.
Yuji tourne très lentement la tête vers lui, les yeux écarquillés.
— Je..., commence-t-il en articulant un peu trop. Je pensais bouder encore un peu et attendre que ça passe. Je pensais pas que tu viendrais dire ça.
Il ne bouge pas beaucoup, et reste immobile devant la table basse au milieu du salon. Megumi soupire. Il en sourirait presque, alors à la place il se lève, se penche, attrape Yuji par les épaules et fait en sorte que leurs lèvres se touchent. C'est délicat, doux, et un peu gênant car les yeux de Yuji sont toujours grands ouverts, mais ça lui va.
Il est satisfait. Et Yuji n'est plus triste. Et Gojo est certainement en train de souffrir.
— Bien, dit Megumi. Super. Je vais rentrer, maintenant que tout est clair.
Il part, en laissant sa tasse fumante sur la table. Yuji murmure dans le vide :
— D'accoooord.
Car il n'est pas certain d'avoir tout compris.
Des bisous !
