Après tant d'absence, je me décide à reprendre cette fanfic, maintenant que j'ai pas mal d'idées pour elle ! ^^ J'espère juste avoir le temps d'écrire tout ça... En tout cas, bonne lecture de ce chapitre 2 :)
Les premiers rayons de soleil réveillèrent Tokito. Elle ouvrit péniblement les yeux. Elle dut mettre un long moment avant de se rappeler de où elle était. Contre sa joue, elle sentait quelque chose semblable à une épaule. Deux bras entouraient sa taille. Soudainement, elle se souvint de la veille. Le froid. Akira qui lui proposait de dormir contre lui pour ne pas qu'elle congèle. Elle se redressa brusquement. Son compagnon de voyage la regardait, avec un léger sourire, mi sincère, mi moqueur. La blonde leva les yeux vers le ciel. Il était assez tôt à en juger le soleil qui se levait à peine.
-Pourquoi tu m'as pas réveillée ? lança-t-elle en guise de bonjour.
-Généralement on salue les gens le matin avant de les engueuler, fit remarquer Akira.
-Crétin !
-Tu ne vas pas te plaindre quand même ! Tu dormais tellement bien que finalement… ben je me suis dit que tu pouvais bien passer une nuit complète.
-Parce que tu me crois incapable de monter la garde ou quoi ? cria la jeune fille en se dégageant brutalement de ses bras.
« Quel caractère de merde », pensa le samouraï.
Finalement, lâchant un long et profond soupir, il déclara qu'ils allaient se mettre en route. Rapidement, ils rassemblèrent leurs affaires et repartirent sur les chemins. Une nouvelle journée ensoleillée s'annonçait. Aucun des deux ne parla, chacun plongé dans ses pensées.
Tokito se disait que Yuya avait vraiment eu une bonne idée en organisant ces retrouvailles. Cela faisait un bon moment qu'ils ne s'étaient plus vus, tous ensemble. Et surtout, elle était heureuse d'avoir été, elle aussi, conviée à ce petit séjour. Elle avait enfin l'impression d'appartenir à un groupe, à une famille. Elle devait reconnaître que la Kyo-team avait grand cœur car certainement qu'aucun d'eux n'avait oublié qu'elle avait été leur ennemie, autrefois. Pourtant, ils l'avaient accueillie comme si de rien n'était, prenant soin d'elle et l'intégrant totalement à leur bande. Même Bontenmaru s'était révélé bien plus gentil qu'il n'aurait dû l'être. En vérité, il était très attentionné envers elle, presque comme un grand frère ou un père, alors qu'elle lui en avait fait voir des vertes et des pas mûres ! Un discret sourire se dessina lorsqu'elle se figura à quoi pourraient ressembler ces retrouvailles. Une chose était sûre : ils n'allaient pas s'ennuyer !
Akira, de son côté, était pressé d'arriver. Déjà parce que, bien qu'il en ait l'habitude, il commençait à en avoir marre de vagabonder surtout avec une furie blonde qui ne lui lâchait pas la grappe. Et puis surtout, il avait hâte de retrouver Kyo. Il voulait un nouveau combat ! Sa dernière défaite lui restait encore en travers de la gorge. Ce qui, d'ailleurs, semblait amuser Tokito car elle lui avait dit qu'elle allait commencer un cahier de compte, comptabilisant le nombre de victoire et de défaite de l'un et de l'autre. En vérité, il s'agissait surtout de compter le nombre de victoires de Kyo et de défaites d'Akira puisque ce dernier n'avait, à ce jour, que des échecs face au démon aux yeux rouges. Cela devait faire près d'un an qu'il n'avait plus combattu Kyo, il avait progressé depuis et il comptait bien mettre en pratique ses avancées. Bon, d'accord, Tokito le tannait encore de temps à autres pour qu'il l'affronte mais ce n'était pas une gamine capricieuse et pot de colle qu'il avait envie de combattre sinon le célèbre samouraï aux yeux de démon.
L'après-midi était bien avancée lorsqu'ils arrivèrent dans une petite ville qui précédait Kyoto. Il ne devait leur restait plus que deux ou trois heures de marches ils seraient dans la grande ville pour la nuit.
Il y avait foule dans les rues, le marché mensuel étant installé un peu partout. Les gens se pressaient, regardaient les fruits et légumes, marchandaient, discutaient, se retrouvaient, allaient boire un verre dans un café.
Akira se fraya un chemin tant bien que mal, maugréant car son rythme s'en trouvait considérablement ralenti. L'artère principale était vraiment trop bruyante et surpeuplée. Il envisagea alors clairement de passer par des petites ruelles parallèles, certes plus sombres et peut-être malfamées mais où, au moins, il y aurait moins de monde. Il allait se retourner pour dire à Tokito qu'ils changeaient de direction quand il s'aperçut que sa petite tête blonde n'y était plus. Il fronça les sourcils. Il ne l'avait même pas sentie partir ou se laisser distancer. En même temps, avec la foule qu'il y avait, c'était dur, même pour lui, de différencier les présences les unes des autres. C'était comme un amas de chair et d'os humains, tous pareils les uns aux autres. Il n'avait donc même vérifié si sa compagne de route le suivait toujours ou non.
Il poussa un soupir, s'apprêtant à faire demi-tour. Puis il s'arrêta. Elle pourrait bien retrouver son chemin toute seule, non ? Ils étaient proches de Kyoto, il ne lui resterait plus beaucoup de route à faire. Elle n'allait tout de même pas se perdre sur une si courte distance ! Et puis, depuis le temps qu'il rêvait qu'elle lui lâche la grappe ! Il avait, à cet instant précis, la possibilité de continuer d'avancer seul et de finir son voyage tranquillement, sans risque d'entendre la blonde se plaindre, réclamer un nouveau duel ou dire n'importe quoi d'autre juste pour l'embêter. Oui, il avait enfin la possibilité d'être seul et libre.
Il s'engagea dans une petite ruelle qu'il avait repéré, fit quelques pas et s'arrêta de nouveau. Elle lui en voudrait terriblement de l'avoir abandonnée. Quoi, il culpabilisait ? Pas du tout ! Il n'avait jamais promis qu'il veillerait sur elle ou qu'il resterait avec elle quoi qu'il arrive ! C'était elle, qui s'était mis en tête de la suivre et de ne le lâcher sous aucun prétexte. Pas de remord à avoir, il continuait sa route comme il l'avait toujours voulu, point final.
Sur cette pensée, il parcourut rapidement la ruelle jusqu'à tomber sur une autre rue, parallèle à l'artère principale et nettement moins peuplée. Plus sombre et plus humide, elle attirait beaucoup moins de monde. Akira se dit que ce ne devait pas être drôle tous les jours d'habiter dans ces quartiers-là de la ville. Il reprit sa marche d'un bon pas. Mais son esprit ne pouvait pas s'empêcher de penser à Tokito, qui devait être quelque part, dans la foule.
La jeune blonde regardait, avec des yeux émerveillés, tous ces étalages, ces gens qui vantaient leurs marchandises et ces clients qui marchandaient. Chez les Mibu, il n'y avait pas toute cette agitation. Certes, depuis qu'elle était sortie de sa cage dorée et qu'elle avait voyagé aux côtés d'Akira, elle avait un peu mieux découvert le monde. Néanmoins, elle avait toujours ce même air d'enfant émerveillé quand elle voyait l'activité et la foule qu'il pouvait y avoir. Ca, c'était la vraie vie, se disait-elle sans cesse.
Elle s'arrêta plusieurs fois pour regarder de plus près des étalages. Elle n'avait pas la moindre intention d'acheter mais elle voulait fixer ces images dans un coin de sa mémoire. Retenir les parfums, les voix, les bruits. Ce marché proposait vraiment des articles de toutes sortes. En arrivant devant un marchand de bijoux, elle repéra une paire de boucles d'oreilles qu'elle trouva très jolies. Elle ne les mettrait jamais, ce n'était pas son genre. Mais elle pensa qu'elles iraient bien sur Yuya. Elle était partie dans l'optique de ne rien acheter, juste regarder. Mais quand même… Yuya s'était donné la peine d'organiser ce séjour, de réserver l'auberge, de prévenir tout le monde. Elle méritait quand même ça ! Tokito hésita un long moment avant de se décider : elle les acheta au marchand, qui, d'un grand sourire poli, lui répliqua qu'elle avait fait le bon choix.
Puis elle repartit d'un pas léger et gai. Elle s'arrêta de nouveau chez un marchand d'armes. Il avait de très beaux sabres. Certes, pas magiques, mais leur manche était joliment sculpté. Elle en soupesa quelques uns, les trouva vraiment lourd comparés à son ancien Hokutoshichisei, et les reposa. Elle n'avait pas besoin de sabre. Mais elle aimait les regardait. Le vendeur l'observait à la dérobée d'un air intrigué. Certainement qu'il avait peu voire pas du tout de clientèle féminine. Tokito lui adressa un rapide sourire comme en remerciement de l'avoir laissée admirer ses armes et repartit.
C'est à cet instant qu'elle s'aperçut qu'elle avait perdu Akira. Elle s'était un peu trop attardée sur les étalages. Et bien évidemment, lui, ne l'avait pas attendue ! Elle eut un air contrarié en l'imaginant continuer sa route sans elle. Il ne ferait quand même pas ça, si ? Non ! Enfin… il n'avait jamais manifesté un grand enthousiasme à voyager avec elle. Même si, parfois, il pouvait se révéler plus gentil qu'on ne le pense, comme la veille. Mais elle avait l'impression qu'il s'agissait plus de pitié que de réelle gentillesse. Quoique… Enfin, toujours est-il qu'il n'était plus là !
Avec la foule qu'il y avait, il ne pouvait pas avancer bien vite. Elle avait peut-être encore une chance de le rattraper. Encore fallait-il qu'elle sache où il était. Elle repéra une fontaine dont la sculpture représentait deux geishas avec des jarres. Elle se fraya un chemin, escalada la sculpture de pierre pour prendre de la hauteur. Un murmure à la fois de désapprobation et d'amusement parcourut la foule assemblée. Tokito s'en fichait bien. Elle voulait retrouver Akira !
Du haut de son perchoir, elle scruta l'artère principale aussi loin qu'elle le pouvait. Ok, ce n'était pas très précis, Akira n'était pas très grand et n'avait pas particulièrement de signe distinctif qui pourrait lui permettre de le repérer rapidement dans toute cette masse humaine. Elle ne vit aucune trace de lui. Elle serait bien restée un peu plus longtemps à regarder quand une voix l'interrompit :
-Madame ! Veuillez descendre ! Il est impoli et interdit de monter sur cette fontaine !
La blonde baissa les yeux sur un garde, qui semblait mécontent de son action. Soupirant, elle décida de ne pas faire de vague et obtempéra. A nouveau au même niveau que tout le monde, elle se demanda comment elle allait faire, pour retrouver le jeune homme. Les lèvres pincées, elle sentit une petite angoisse monter en elle. Elle pourrait toujours trouver le chemin de Kyoto toute seule mais… ça allait être la première fois qu'elle serait toute seule depuis sa sortie de chez les Mibu. Elle avait toujours été accompagnée. Principalement par Akira. Mais parfois aussi par Yuya, lorsqu'elles se retrouvaient, ou la famille de Yuan. Là, elle était seule et, bien qu'elle ne veuille pas se l'avouer, cette idée l'effrayait un peu.
Lentement, elle s'écarta de la foule qui devenait à présent oppressante. Le bruit l'empêchait de réfléchir correctement. Elle gagna ainsi un petit chemin obscur et perpendiculaire qui menait elle ne savait où. Sans vraiment voir où elle marchait, elle avança, plongée dans ses pensées, cherchant à toute vitesse une solution. Il ne serait quand même pas parti sans elle !
Une main agrippant son bras la ramena à la réalité. Elle s'arrêta et se tourna vers la personne qui était dans l'ombre. En fait, il n'y en avait pas une mais trois. Elle fronça les sourcils, l'air de demander : « Qu'est-ce que vous voulez, minables ? ».
-Tu es perdue, ma jolie ? demanda celui qui tenait toujours son bras.
-Absolument pas, répliqua Tokito en se dégageant brusquement, je sais parfaitement où je vais !
Elle allait bientôt devenir la pro de la négation. Elle niait toujours les vérités qui la mettaient dans des positions inconfortables.
-Tu parles, renchérit un deuxième, on voit bien que tu es perdue. On peut t'aider, si tu veux. Dis-nous où tu veux aller, on peut même t'escorter, princesse.
-Je n'ai pas besoin d'escorte, je me débrouille très bien toute seule, répondit sèchement la blonde en s'éloignant.
Mais les trois jeunes la rattrapèrent et deux d'entre eux posèrent une main sur chacune de ses épaules pour lui intimer de s'arrêter.
-Je vois que tu ne veux pas être gentille avec nous, dit alors, d'une voix à faire dresser les cheveux, celui qui avait parlé en premier.
-On va alors devoir être méchants, poupée, ajouta le troisième qui n'avait toujours rien dit.
Exaspérée, Tokito se retourna et envoya son poing valser dans la figure de celui qui se tenait au milieu donc pile en face d'elle. Celui-ci s'écroula au sol, le nez en sang et la lèvre ouverte.
-Merde ! s'exclama-t-il, elle m'a défiguré cette…
Il n'acheva pas sa phrase, tentant d'éponger le sang qui coulait. Ses deux amis sortirent de leur poche un petit couteau et s'avancèrent, menaçant. Tokito eut envie de rire : que comptaient-ils faire contre elle et son sabre ? Ils étaient ridicules au possible !
-Tu vas nous le payer cher, dit l'un d'un ton grinçant.
-On ne voulait pas trop être méchants mais là, c'est terminé, ajouta l'autre.
La blonde ne bougea pas, une main sur la poignée de son arme, prête à les accueillir comme il le fallait une fois qu'ils seraient sur elles. Cependant, ce moment n'arriva jamais. Les deux gaillards furent bloqués au beau milieu de leur avancée par un on ne sait quoi. Ils eurent un air des plus surpris et tentèrent, malgré tout, de faire un nouveau pas, sans succès. Tokito constata, avec le plus grand étonnement, que leurs deux jambes étaient prisonnières d'un bloc de glace. Se pouvait-il que… ?
-N'y pensez même pas, dit une voix bien familière.
La jeune fille sentit son cœur rater un battement. Elle n'était pas heureuse qu'Akira débarque et prenne le rôle du sauveur –elle se serait très bien débrouillée toute seule- mais elle était heureuse qu'il l'ait retrouvée et qu'il ne l'ait pas abandonnée.
Le samouraï sortit de l'ombre et s'avança vers le trio. S'il avait eu ses yeux, il leur aurait lancé un regard à faire fuir n'importe qui. Néanmoins, son aura glacial suffisait à réfréner les ardeurs les plus fortes. Il se planta devant les deux gaillards prisonniers et leur dit, d'un ton bas et menaçant :
-Je vous libère et vous déguerpissez, compris ?
Sortant un de ses sabres, il ajouta :
-Si non, je vous jure que je vous fais votre fête.
Sur ces mots, il fit disparaître la glace et les compères partirent sans demander leur reste, ramassant leur ami au passage. Akira se tourna ensuite vers Tokito et n'eut pas le temps de dire un mot que celle-ci lui parlait déjà, sur un ton de reproche, sec et froid :
-Je n'avais pas besoin de ton aide. Je me serais très bien débrouillée toute seule.
-Autant que cette histoire se termine sans mort, répliqua le jeune homme sur le même ton. Si je t'avais laissée faire, tu les aurais hachés menus.
Il n'ajouta rien d'autre, lui tourna le dos et fit quelques pas. Tokito comprit le message : ils repartaient. Elle aurait bien voulu répliquer à sa remarque mais ne trouva rien d'autre à dire au fond, il avait raison.
Par des petites ruelles toutes plus sombres et inquiétantes les unes que les autres, les deux voyageurs finirent par quitter la ville et retrouver les chemins de campagne. La fin d'après-midi était déjà bien là et on apercevait, au loin les lumières de Kyoto.
Akira marchait vite. Il avait déjà assez perdu de temps !
-J'ai cru que tu étais parti sans moi ! dit la blonde au bout d'un long moment de silence.
Son compagnon de route ne répondit rien, n'haussa même pas les épaules. Il fit comme s'il n'avait pas entendu. Sans savoir pourquoi, la jeune fille s'en sentit blessée. C'était comme s'il était venue la chercher pour ensuite oublier son existence. Dans ce cas-là, autant l'avoir réellement abandonnée.
En vérité, Akira était parti pour aller à Kyoto sans Tokito, se rassurant en se disant qu'elle était assez grande pour retrouver son chemin. Cependant, après beaucoup de luttes avec lui-même, il s'était senti mal à l'idée de la laisser là, sans avertissement. Plusieurs fois, il s'était mentalement giflé il n'en avait rien à faire de cette gamine, alors pourquoi faire demi-tour pour elle ?! Il était énervé contre lui-même de s'être laissé emporter par de tels sentiments. Mais il l'était encore plus contre Tokito, pour avoir su provoquer ces sentiments-là en lui.
La nuit était déjà présente et installée quand ils atteignirent Kyoto. La ville rayonnait de lanternes, les gens étaient dehors par cette douce soirée, les spectacles de rue foisonnaient, les bars étaient pleins.
Les deux samouraïs mirent un temps avant de trouver l'auberge dont leur avait parlé Yuya. Finalement, ils y parvinrent et entrèrent à l'intérieur.
Dans la salle principale qui faisait réception, quelques personnes étaient assises et discutaient en petits groupes. Une belle jeune femme en kimono accueillait les clients d'un ravissant sourire. Elle les salua mais n'eut pas le temps d'ajouter autre chose que Yuya, qui était dans un coin de la pièce à compter son argent (comme souvent) se précipita vers eux :
-Akira ! Tokito ! Je suis heureuse de vous revoir !
N'hésitez pas à me laisser votre avis sur ce chapitre :) A la prochaine pour un chapitre 3 ;)
