Pfiou, enfin ce chapitre est né ! J'ai tellement de boulot en ce moment que j'ai un peu de mal à combiner cours et fanfics. Et pourtant, mon esprit turbine toujours à cent à l'heure avec de nouvelles idées, de nouveaux éléments à imbriquer et même de nouveaux projets de fanfics. Ahlàlà, j'aimerais écrire tellement de trucs sur notre (ou seulement mon) couple préféré Akira et Tokito :D Mais le temps me manque...

Enfin, bref, je ne suis pas là pour me plaindre, voici la suite, bien plus romantique comme je vous l'avais dit :) Merci pour vos reviews, ça me fait toujours autant plaisir ^^ Et merci Neliia et Breaker pour toutes vos reviews sur mes OS également :D

Bonne lecture !


En fredonnant un air d'un ton joyeux, Yuya essora ses cheveux alors qu'elle sortait de la source d'eau chaude. La journée avait été riche en émotion et elle avait éprouvé le besoin d'aller faire trempette. Et ça lui avait fait un bien fou ! Elle était assez attristée de cette histoire de mise à mort mais si l'homme avait réellement commis ce crime –ce dont elle ne doutait pas puisqu'il avait plaidé coupable- il avait le châtiment mérité. Pourquoi y penser plus ? Cela risquait de gâcher leur séjour ! Heureusement, l'affaire s'était dénouée rapidement ce qui signifiait que les portes étaient de nouveau grandes ouvertes. Ils n'avaient plus à rester enfermés dans cette ambiance étouffante et pouvaient continuer de profiter du jardin.

L'après-midi touchait à sa fin. A l'ouest, le soleil déclinait peu à peu. Mais l'air restait doux. Cela promettait encore de belles journées ensoleillées. Pourquoi pas aller faire une marche tous ensemble à la campagne, pour profiter de ce beau temps ? Avec un pique-nique ! Tiens, bonne idée ça… Il allait falloir qu'elle la soumette aux autres. Elle entendait d'ici les critiques que Kyo lui faisait juste pour la taquiner, Yukimura qui répliquerait que tant qu'il y avait du saké tout irait bien, Akari qui déclarerait qu'elle irait là où irait le samouraï aux yeux de démons et Sakuya et Kyoshiro, généralement assez enthousiastes à ce qu'elle proposait.

Vêtue d'un simple kimono assez léger, elle sortit de la petite cabane qui servait de vestiaire à la source d'eau chaude. Elle était en train d'attacher ses cheveux quand elle remarqua Kyo, appuyé contre la palissade de bois. Immédiatement, elle s'énerva :

-J'espère que tu n'étais pas en train de mater ! s'écria-t-elle en s'approchant de lui.

Il eut un rictus en lui attrapant le bras.

-De toutes façons, répondit-il, il n'y a rien à mater.

Sans préavis, il porta passa sa main dans son décolleté :

-Hum… ça n'a pas grossi, hein ? Tu pourrais faire des efforts quand même !

Yuya se dégagea, rouge comme une tomate. Son démon pervers n'avait pas du tout changé : il était toujours aussi pervers !

-T'occupe ! s'exclama-t-elle en tentant de se rhabiller.

Mais le samouraï ne lui laissa pas le temps de rajuster correctement sa tenue. Il l'embrassa, la plaquant contre la palissade en bois. Yuya cessa de se débattre, complètement subjuguée par ce baiser d'amour. Les mains de Kyo se firent de nouveau baladeuses, cherchant à dénouer la ceinture de son kimono.

-A… arrête Kyo, murmura la jeune fille d'un ton peu convaincant.

Le jeune homme n'obéit pas et préféra l'embrasser dans le cou tout en continuant son exploration. Elle gémit doucement quand il passa ses mains sous son kimono et caressa son ventre. Elle ne pouvait plus bouger, bloquée par le poids de son amant. C'était lui qui avait l'initiative et dirigeait les choses.


Assise sur un banc, les genoux repliés contre la poitrine, séparée de Kyo et Yuya par une haie, Tokito fut tentée de crier aux deux jeunes gens qu'elle connaissait si bien qu'ils n'étaient pas seuls dans le jardin et qu'ils pourraient aller faire leurs cochonneries ailleurs.

-N…non Kyo, arrête, pas ici, on pourrait venir…

« Ecoute-la pour une fois, pensa la jeune Mibu qui ne tenait pas vraiment à être témoin auditive de leurs ébats. Je t'en supplie, écoute-la et allez vous trouver un autre coin ! ».

-Pff… t'es pas drôle.

Cela signifiait que le samouraï se résignait. Ouf… Elle imagina un instant Yuya en train de remettre de l'ordre dans sa tenue avant de rejoindre l'intérieur de l'auberge. En effet, quelques secondes plus tard, les deux amants passèrent près d'elle sans vraiment y faire attention, main dans la main, léger sourire aux lèvres de la jeune fille et air quelque peu frustré pour son compagnon. Tokito eut envie de rire. De toutes les façons, si ça n'avait pas été Yuya qui avait réfréné ses ardeurs, ça aurait été elle ! Non mais, le jardin est à tout le monde, quoi !

Lorsqu'ils disparurent de son champ de vision, elle se replongea dans ses pensées. Elle revit le visage terrifié et honteux de Keichi, lorsqu'il lui avait avoué avoir été forcé d'être complice de ce meurtre. Puis son air décidé quand il s'était enfui. Il avait cru à sa chance. Tout ça pour se retrouver condamné à mort. Alors qu'il était innocent. Sauf qu'au fond, la justice s'en foutait. Il lui fallait juste un coupable, vrai ou faux, histoire de rassurer tout le monde : « voyez, avec nous, vous êtes en sécurité. On sait arrêter les fous furieux ! ». Si jamais elle rapportait ce qu'elle savait, on ne la croirait pas. Surtout que cet abruti avait plaidé coupable. Que pouvait-elle faire face à ça ? Pas grande chose.

Elle secoua la tête avec rage. Elle s'inquiétait pour rien ! Pourquoi la mort de ce type l'affectait-elle tant ? Elle avait vu tellement de cadavres, elle-même avait tué à tant de reprises… Ses mains étaient loin d'être blanches et pures. Elles étaient plutôt rouges de sang. Alors pourquoi se préoccuper de ce minable ? Parce que c'était injuste ? Certes. Mais depuis quand se penchait-elle sur la justice humaine ? Elle avait toujours soutenu que cette justice-là était minable, corrompue et qu'elle n'en avait rien à faire. Elle appartenait à un clan de dieux. Hors de question qu'elle soit soumise aux mêmes règles !

Un mouvement la fit sortir de ses pensées. Elle vit Mahiro qui se dirigeait vers elle. Elle ne connaissait pas bien la femme-araignée. Elle savait seulement qu'elle était au service du père de Tigre et de Tigre lui-même. Qu'elle avait connu Muramasa parce que sa sœur était sa copine ou un truc dans le genre. Et elle avait cru entendre une histoire comme quoi c'était Chinmei qui avait tué sa sœur mais elle n'en était pas bien sûre. Chinmei… ce minable qui avait osé la tromper en prenant l'apparence de Pique ! Quand elle pensait qu'elle avait fait confiance à ce type…

-Salut Tokito. Je peux m'asseoir ?

-Euh oui, bien sûr, viens.

L'approche que tentait Mahiro l'intrigua. Elles ne s'étaient jamais vraiment parlé et, comme elles se connaissaient peu, elles ne pouvaient prétendre être amies.

Il y eut un silence, comme si ni l'une ni l'autre ne savait pas trop quoi dire. Finalement, la brune se lança :

-Tu avais l'air bien pensive quand je suis arrivée. A quoi tu songeais ?

-Qu'est-ce que tu veux exactement ? demanda immédiatement Tokito d'un ton brusque.

Se rendant compte de sa violence, elle se reprit rapidement. Elle ne voulait pas faire la même erreur qu'avec Akira.

-Excuse-moi, je ne voulais pas le dire comme ça. C'est juste que… on ne s'est presque jamais parlées alors je me demandais pourquoi… d'un seul coup…

Mahiro eut un sourire rassurant :

-Justement, comme on ne se connaît pas énormément mais qu'on va quand même passer deux semaines dans la même auberge, je pensais qu'on pourrait faire un peu plus connaissance. Sauf si ça te gêne, bien évidemment.

-Non, ça va, ça ne me gêne pas.

Les deux jeunes filles commencèrent à parler de banalités, de la pluie et du beau temps et du séjour qui, elles l'espéraient, finiraient bien. Puis elles continuèrent sur ce qui venait de se passer. La brune avoua trouver la mise à mort un peu directe et que, selon elle, les gardes devraient approfondir leurs recherches et ne pas se contenter de ce simple aveu.

-Mais comme la victime ne semble pas être issue d'une grande famille très riche qui pourrait faire pression, ils s'en fichent, dit-elle d'un air triste. Il leur suffit juste de couper une tête pour leur image.

-Comment tu sais qu'elle n'est pas issue d'une grande famille ?

-J'ai entendu dire qu'on n'a pas encore réussi à la contacter. Ca veut dire qu'elle n'est pas assez éminente pour qu'on puisse la localiser de suite.

Tokito hocha la tête. C'était vrai, elle avait entendu le garde dire ça à la réceptionniste. Voulant changer de sujet pour passer à quelque chose de plus joyeux, Mahiro finit par aborder le thème sensible, déconseillé et même proscrit :

-Tu es sûre qu'il n'y a vraiment rien entre toi et Akira ?

D'un seul coup, la jeune blonde la trouva bien moins sympathique.

-Ah non, tu ne vas pas recommencer ! Déjà que j'ai eu droit à tes théories à la noix sur le combat !

Son interlocutrice sourit :

-Souvent, quand on réagit brusquement comme ça, c'est qu'on a un truc à cacher, non ?

-Et toi, tu veux que je te parle de Tigre ?

-Hein ? Qu…quoi ? Sire Hidetada est mon maître et protégé ! Il n'y a pas plus que ça entre…

-Ouais, ouais, c'est c'qu'on dit, c'est c'qu'on dit ! Tu te protèges derrière l'argument de « je le suis parce que c'est mon rôle », tu n'arrives même pas à avouer ce que tu ressens vraiment et après c'est moi que tu viens embêter ! Parce qu'il me semble que de mon côté, les choses sont claires : je veux juste une revanche pour mettre ce minable au tapis et lui faire ravaler son insupportable fierté ! Alors que toi… l'argument du garde du corps ne tient pas debout. Surtout que Tigre t'a répété, je ne sais combien de fois, qu'il n'avait besoin d'aucune protection.

Cette fois-ci, ce fut au tour de Tokito de sourire face à la mine rougissante de son amie.

-Aloooooors ? demanda-t-elle d'un ton malicieux.

Mahiro sembla réfléchir à un nouvel argument –un nouveau mensonge- avant de se résigner. Peut-être qu'elle avait raison au fond. Elle eut subitement un visage attristé qui alarma quelque peu la jeune Mibu. Qu'avait-elle dit de mal ?

-Eh, qu'est-ce qu'il y a ?

-De toutes façons, dit sombrement la femme araignée, il n'a d'yeux que pour elle. Il la suit partout, se prenant râteau sur râteau mais il continue, il s'accroche. Je pensai que… que…

Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Quelle idiote elle faisait. Pourquoi pleurer pour si peu ? Ce n'était pas digne d'une kunoichi de son rang. En plus, elle avait honte de se laisser aller ainsi, face à Tokito qui la considérerait immédiatement comme faible. Et tout le monde savait qu'elle avait une sainte horreur des gens faibles. Des minables comme elle disait. Mais bon… peu importe… elle avait besoin de parler, quelle que soit la personne qui l'écoutait.

-Je pensais que ça lui passerait, reprit-elle. Qu'il se ferait à l'idée qu'elle ne l'aime pas. J'ai eu cette lueur d'espoir quand la relation entre elle et Kyo s'est concrétisée. Mais en fait… j'ai lu dans ses yeux que non. Qu'il continuerait comme avant.

Elle se mordit la lèvre et les larmes se mirent à rouler doucement le long de ses joues.

-Je ne serais, pour lui, qu'une femme au service de son père, qu'une kunoichi parmi tant d'autres. Certes intégrée au groupe mais jamais plus que ça à ses yeux.

Elle pleura franchement. Quelle honte. Mais quelle honte !

Tokito le regarda un moment avant de poser une main sur son épaule. Elle ne pensait pas qu'elle souffrait autant.

Sentant ce contact inattendu, Mahiro releva la tête, surprise. Le visage de son amie était presque compatissant. Etrange ça... certainement que personne n'avait jamais vu Tokito avec une telle expression.

-Tu sais, commença la blonde, je comprends parfaitement ce que tu dis et c'est vrai que Tigre donne l'impression de ne pas lâcher l'affaire. Mais c'est un peu étrange, non ?

-De quoi ?

-N'importe quel homme sensé aurait fini par abandonner après s'être pris tous les râteaux qu'il s'est pris. A fortiori si la fille aimée en aime un autre et est aimée par ce même gars. Ce qui est le cas pour Kyo et Yuya. Je veux bien croire que Tigre est un abruti fini à qui il manque quelques cases et pas mal de petites cellules grises, mais je ne le pense pas idiot à ce point-là.

Elle marqua une pause avant de continuer, léger sourire aux lèvres :

-Sinon, il dépasserait Akira et Bonten réunis et ça, c'est tout simplement pas possible !

Mahiro ne put s'empêcher d'émettre un rire. Elle avait fini par comprendre que traiter les gens de crétins et d'abrutis finis était sa preuve d'amour à elle. Elle montrait qu'elle les appréciait mais qu'elle ne voulait pas l'avouer explicitement.

-Donc comme il ne peut pas être aussi bête, j'en suis venue à la conclusion qu'il y a forcément une raison à son acharnement. Et pas une raison liée au cœur. Plutôt liée à l'intérêt personnel.

-…

-Tu ne le vois peut-être pas, mais Tigre t'apprécie beaucoup. Parfois, on a l'impression que c'est lui qui veille sur toi plutôt que toi sur lui. C'est peut-être juste pour te faire réagir qu'il continue d'agir comme avant vis-à-vis de Yuya. Parce que franchement, je pense que tu es, à ses yeux, autre chose que la simple kunoichi qui monte la garde. Plusieurs fois, il a essayé de te faire abandonner ce rôle. Mais tu t'y accroches comme à un bouclier pour ne pas te confronter à la réalité de tes sentiments.

-Mais je ne peux pas… peux pas lui dire… murmura Mahiro. Ce serait incorrect de ma part ! Une kunoichi ne peut pas tomber amoureuse de son maître. Ou alors, elle doit cesser de le servir en tant que garde du corps.

-Justement, reprit Tokito. Tu en viens au point essentiel. Si Tigre veut que tu abandonnes ton rôle de garde du corps, c'est peut-être parce qu'à ses yeux, tu représentes bien plus que ça. Et qu'il préfère t'avoir à ses côtés comme petite amie plutôt que comme kunoichi protectrice.

La brune rougit en entendant les paroles de son amie.

-Tu… tu crois ?

-Je ne sais pas, ce n'est qu'une supposition, mais elle se tient.

La jeune Mibu eut un grand sourire alors que son interlocutrice séchait ses larmes. Soudainement, une voix bien familières les interrompit :

-Kyo ! Tu ne voudrais pas lâcher Yuya ?!

-Tigre, barre-toi avant que je ne te bute ! s'écria la voix mélodieuse de la chasseuse de prime.

-Ah tiens, quand on parle du loup, constata Tokito en se levant.

-Où vas-tu ? demanda Mahiro.

-Je crois qu'il vient par-là. Je vais te laisser.

-Mais… non, reste !

-Les choses ne se feront pas toutes seules. Parle-lui, si tu veux être fixée. Prend ton courage à deux mains et juste dis-lui. Malgré ses quelques cases manquantes, Tigre est quelqu'un de compréhensif.

Elle lui fit un large sourire et commença à faire quelques pas, laissant derrière elle une Mahiro timide et presque apeurée. Puis elle s'arrêta et se retourna :

-Et oublie le vouvoiement. Ca ne fait pas très intime.

A pas rapides, elle retourna vers l'auberge. En chemin, elle croisa effectivement Tigre, qui venait tout juste d'échapper à une balle de Yuya.

-Pfiou c'est pas gagné, dit-il à l'adresse de la jeune Mibu. Mais bon, peu importe, l'espoir fait vivre !

« J'espère que je ne me suis pas trompée dans mon analyse, pensa la blonde. Bon… au moins, Mahiro aura confirmation et je pourrai enfin savoir s'il est possible d'être plus idiot d'Akira et Bonten réunis… ».

Alors qu'elle allait entrer dans le hall de l'auberge, elle tomba justement face à Akira qui sortait, l'air furieux. Au vu de son visage dégoulinant d'eau, quelqu'un lui avait joué un mauvais tour.

-Où est cet abruti de Tigre ?! Je vais l'étriper, le congeler jusqu'à ce qu'il meure d'hypothermie !

« Hors de question qu'il ruine les efforts de Mahiro ! ».

Tokito s'interposa alors et doucement, fit reculer le samouraï, une main sur son épaule.

-Tu le tueras après, pour le moment, il est occupé, déclara-t-elle.

-Occupé à quoi ?

Akira était toujours énervé mais son face-à-face inattendu avec la jeune blonde avait quelque peu diminué sa fureur. Et maintenant, après sa phrase étrange, c'était la curiosité qui primait.

-Quelque chose me dit que ça va batifoler sévère dans le jardin. Mieux vaut les laisser tranquilles.

Le samouraï leva un sourcil intrigué avant de répondre :

-Depuis quand tu joues les entremetteuses ?

La réaction ne se fit pas attendre : il se reçut une grande claque derrière la tête made by Tokito. Ses cheveux, trempés, envoyèrent quelques gouttes d'eau alors que sa tête partait en avant.

-Eeeeh ! s'écria la jeune fille qui venait d'en recevoir. On dirait un vrai chien après l'averse !

A son tour, elle se prit une claque derrière la tête :

-Qui as-tu traité de chien ?

-Pourquoi donc renier ta vraie nature ? répondit la blonde avec un large sourire.

-Intéressant, répliqua le samouraï, ne voulant pas céder à une quelconque forme d'agacement, cela signifierait que la grande Tokito Mibu pourchasse depuis des mois quelqu'un qui n'a pas plus de valeur qu'un chien ?

-Hein… ? Mais…

-Je ne te croyais pas tombée si bas !

A son tour, il eut un large sourire alors que la jeune fille tentait trouver une réponse adéquate.

-Qui a dit que les chiens étaient sans valeur, d'abord ? Ne dit-on pas qu'ils sont le plus grand ami de l'Homme ?

-J'ai donc une valeur à tes yeux, toi qui me traite toujours de minable ?

Tokito s'empourpra violemment.

-J'ai…j'ai jamais dit ça ! Tu restes un minable, un sale minable orgueilleux !

Ils continuèrent de se disputer jusqu'à ce qu'Akari intervienne :

-Eh, les tourtereaux !

-Qu'est-ce que tu as dit ?! s'exclamèrent-t-ils en chœur.

-Venez jouer aux cartes avec Sasuke et moi, continua la femme en faisant comme si elle n'avait pas entendu. Il nous faut deux personnes !

-Pourquoi nous ? demanda Tokito en fronçant les sourcils.

-On a peut-être autre chose à faire.

-Mais oui, c'est ça, c'est ça ! Et surtout, lorsque vous nous ferez des petits, n'oubliez pas de nous en garder, hein ?

-QUOIIII ?!

Dans un parfait ensemble, les deux samouraïs se précipitèrent sur la chamane laquelle usa de son regard super-meurtrier-flippant-glacial et de son argument décisif habituel :

-Attaquez-moi et je révèle tous vos secrets à tout le monde !

Aussitôt, son visage s'éclaira à l'idée de pouvoir encore briser quelques réputations.

-Qu…

La menace eut un effet radical : aucun des deux n'osa plus esquisser le moindre geste de violence envers Akari. Ils essayaient de trouver un autre moyen pour se défiler, n'ayant, ni l'un ni l'autre, très envie de jouer aux cartes avec Sasuke qui restait toujours très silencieux et Akari qui trichait, accusait les autres de tricher avant de les menacer de tout raconter à tout le monde si jamais ils osaient remettre en question sa bonne foi. D'ailleurs, ils se demandaient comment le jeune Sarutobi avait pu accepter de jouer avec elle.

-Pourquoi tu ne choisis pas quelqu'un d'autre ? interrogea Tokito.

-Parce qu'il n'y a plus que vous dans cette foutue auberge ! Yukimura et Bonten sont partis draguer dans des bars en y emmenant Luciole, lequel, j'en suis sûr, doit être en train de draguer un scarabée (Akira et Tokito eurent une drôle de tête en tentant d'imaginer la scène). Kyoshiro, Sakuya et Shinrei sont partis visités je sais quel truc culturel. Okuni est partie faire du shopping. Tigre s'est barré dans le jardin après avoir échappé in-extremis à une balle entre les deux yeux. Mahiro a disparu dans la nature. Kyo et Yuya doivent être en train de se bécoter ou de nous faire des petits quelque part ! Donc voilà, mes chers, il ne reste plus que vous deux.

Elle afficha un large sourira face aux deux jeunes samouraïs qui commençaient à se dire qu'ils ne pourraient pas y échapper.

-Et si vous ne voulez pas, je révèle aussi vos secrets à tout le monde !

L'argument de poids, auquel nul ne sait répondre…

« Je la hais… » songèrent Akira et Tokito en se résignant.

-Venez, on s'est installés dans la salle à manger !


Tigre poussa un profond soupir en ralentissant l'allure. Une fois encore, il avait échappé bel aux balles de la charmante Yuya.

Alors qu'il croyait être seul dans le jardin, il remarqua Mahiro, assise sur un banc. Celle-ci ne le regardait pas et semblait troublée. Il s'approcha d'elle, sourire aux lèvres. Lorsqu'il fut assez près, il constata, avec une certaine surprise, qu'elle avait pleuré. Elle avait beau avoir essuyé ses joues, ses yeux reflétaient toujours une extrême tristesse et les traces de larmes qui y étaient toujours présentes confirmèrent ses pensées.

Il ne l'avait jamais vue pleurer. Elle était toujours restée droite, digne et fière. Même lorsqu'elle évoquait sa sœur. Malgré la mélancolie, la tristesse et le deuil qui composaient alors son visage, elle ne pleurait pas. Qu'est-ce que avait bien pu la mettre dans un tel état ?

En entendant des bruits de pas, Mahiro releva la tête et le vit. Son cœur fit un triple saut périlleux en arrière. Elle ne voulait pas l'affronter. Elle ne se sentait pas le courage de l'affronter. Et pourtant… il était si près désormais. Elle ne pouvait plus le fuir. Et puis, ce serait indigne d'elle. Une kunoichi ne fuit pas. N'abandonne pas. Elle devait se montrer forte.

Tigre s'assit à côté d'elle, prenant la place que Tokito avait laissée.

-Qu'est-ce qui t'arrive, Mahiro ?

-Rien… rien… je… ne vous en faites pas.

Aussitôt, les paroles de son amie lui revinrent en tête : Oublie le vouvoiement. Ca ne fait pas très intime.

Elle avait raison. Mais tutoyer son maître lui semblait tellement anormal.

-Si, il y a quelque chose, reprit Tigre en insistant. Je ne t'ai jamais vue dans un tel état.

Doucement, il obligea Mahiro, qui fixait le sol la tête basse, à le regarder. Elle vit alors qu'il était réellement inquiet. Ce simple constat la toucha énormément. Il était inquiet. Il se préoccupait un peu d'elle. Même s'il n'avait d'yeux que pour Yuya.

Voyant qu'elle ne répondait pas, il soupira :

-Tu sais, si quelque chose ne va pas, tu peux me parler. Je peux peut-être t'aider.

Il fit une courte pause avant de reprendre :

-Depuis si longtemps, c'est toi qui m'aide, me rend service. Il faut bien que je te rende la pareille.

-N… non… c'est mon travail de veiller sur vous. Vous n'avez aucun compte à me rendre.

-Ecoute, Mahiro.

La voix de Tigre avait changé. Elle était devenue bien plus sérieuse, solennelle.

-Je n'ai jamais demandé à ce que tu veilles sur moi, d'accord ? Je ne t'ai jamais ordonné de le faire. Si cela te tient à cœur, OK. Mais dans ce cas, ne le prends pas comme étant ton devoir, ton métier. C'est seulement en tant… qu'amie que tu fais ça. Et entre amis, on peut s'aider.

Amie… Il la voyait donc comme une amie. C'était déjà bien. Même si, au fond, ce n'était pas tout à fait ça, ce qu'elle souhaitait.

Soudainement, contre toute attente, Tigre la prit dans ses bras, en un doux geste consolateur. Mahiro resta pétrifiée par cette proximité, par cette réaction qu'elle n'avait même pas imaginée. Un moment s'écoula en silence avant que le samouraï ne reprenne la parole, après s'être détaché d'elle :

-Tu es sure que tu ne veux pas parler ? Parfois, ça soulage, tu sais.

Malgré ses quelques cases manquantes, Tigre est quelqu'un de compréhensif, avait dit Tokito. Dans ce cas, cela signifiait qu'il saurait comprendre ses sentiments. Et même s'ils n'étaient réciproques, il l'entendrait. Au fond, il avait raison : parler peut soulager. Parler à Tokito lui avait fait du bien, même si, auparavant, pas une seule fois elle n'avait cru qu'elle se confierait un jour à elle. Sous ses airs durs de garçon manqué, la jeune blonde était, finalement, une amie à l'écoute et plutôt accueillante !

Son cerveau n'eut pas plus le temps de réfléchir que sa parole s'était mise en marche, débitant, à un rythme rapide, ce qu'elle avait déjà exposé à Tokito et qui lui pesait tellement :

-Je… vous ne comprenez donc pas. Tout ce temps, où j'ai veillé sur vous. Où j'ai assuré votre protection. Où je m'inquiétais, à chaque fois que vous disparaissiez de mon champ de vision. Toutes ces fois, où j'ai passé des nuits entières à monter la garde près de votre chambre. Pourquoi croyez-vous que je l'ai fait ? Toutes ces années, je me suis entraînée. Je me suis formée, j'ai combattu tant mes ennemis que mon propre corps. J'ai renoncé à tout ce que la vie aurait pu m'offrir de différent –une vie heureuse et tranquille auprès d'un mari aimant- pour vivre dans un monde si violent, si dur pour une femme. Pourquoi, à votre avis ? Certes, au début, c'était pour Kyo. Parce que je voulais le tuer. M'entraîner pour, enfin, réussir à venger ma sœur. Et puis, petit à petit, j'ai compris qu'une autre raison s'était imposée à moi. Inconsciemment. J'ai compris que tout ce travail, cet acharnement, ces sacrifices, je les ai faits pour vous.

-Qu'est-ce que tu racontes ?

-Parce que ma seule manière d'être proche de vous était en jouant le rôle de la kunoichi, garde du corps. Parce que c'était l'unique façon que j'avais trouvée pour rester à vos côtés.

-Mais non… tu aurais pu…

-Rester en tant qu'amie ? Maintenant, vous dites ça. Mais il y a quelques années, cela ne venait à l'esprit de personne. Je vous connaissais si peu. J'étais, avant tout, au service de votre père. L'idée qu'un futur shogun puisse sympathiser avec la kunoichi de l'ombre de son père était tout simplement irréaliste. Je l'ai rapidement compris. J'ai compris que si je voulais espérer rester à vos côtés, je devais continuer de tenir ce rôle. Et petit à petit, c'est devenu une habitude. C'est devenu mon déguisement préféré. Mon masque favori pour cacher mes réels sentiments, mes réelles intentions.

Elle fit une courte pause pour reprendre son souffle.

-A priori, ça n'a que trop bien marché, continua-t-elle. Parce que… parce tu ne sembles pas avoir compris ce que je pouvais ressentir, à chaque fois que tu lui cours après.

Tigre nota mentalement qu'elle s'était mise à le tutoyer. Depuis le temps qu'il lui demandait d'abandonner le vouvoiement !

-A chaque fois que tu lui fais tes déclarations, multiples et variées. Alors que tu sais très bien que tu ne l'auras jamais. Qu'elle en aime un autre et qu'elle n'a jamais été amoureuse de toi. Malgré tous les vents, tu t'accroches. Et tu ne te rends pas compte à quel point je peux ressentir du… désespoir. Parfois, je me demande pourquoi je me suis autant attachée à un homme qui aimera, jusqu'à la fin de ses jours, une femme qui ne partagera jamais ses sentiments. Si longtemps, j'ai caché mes sentiments derrière le prétexte d'être là pour te protéger. Mais maintenant… j'en ai marre ! Je sais bien que tu ne voudras jamais de moi mais au moins, ouvre les yeux. Ou tu seras malheureux toute ta vie. Il faudrait que tu comprennes enfin que Yuya et toi ne vivrez pas l'amour éternel ensemble.

Elle se tut, presque honteuse de ce qu'elle avait dit. En plus, elle avait osé tutoyer son maître ! Elle voulait disparaître. Partir, loin, et ne plus jamais revenir. Ne plus jamais avoir à l'affronter en face. Pourtant, elle en avait vu, des dangers. Elle en avait affronté, des ennemis. Combien de fois avait-elle frôlé la mort ? Elle avait vu toutes sortes d'horreurs dans sa vie. Mais ne s'était jamais découragé. N'avait jamais fui. Avait toujours cru en un avenir meilleur. Et là… face à une situation si banale, comparée à ce qu'elle avait vécu, elle ne trouvait rien de mieux que de vouloir disparaître, esquiver, se dérober.

Elle se leva, prête à aller se fondre dans la foule de Kyoto. Prête à s'immerger dans ce raz-de-marée humain. A s'y noyer et se volatiliser.

Mais Tigre se leva également et, avant même qu'elle n'ait pu faire le moindre geste pour partir, il lui attrapa le poignet. L'attirant vers lui, il la serra dans ses bras.

-Je sais bien, que Yuya ne m'aimera jamais, répondit-il doucement. Je le sais depuis un moment.

-Alors pourquoi…

-C'était devenu une habitude. Comme un rituel. Mais bien vite, je me suis aperçu que courir ainsi derrière elle était également une façon pour moi de me faire remarquer. En même temps, qui ne remarquerait pas un type qui vient d'échapper in extremis à de multiples coups de feu ?

Il eut un sourire et resserra un peu plus son étreinte. Mahiro ne tenta pas de se dégager. En vérité, son corps ne réagissait plus du tout.

-Je crois que je voulais me faire voir en continuant de jouer le rôle de l'amant éconduit. Attirer l'attention, en particulier celle d'une charmante brune si discrète, si secrète, toujours dans l'ombre.

Il prit son menton entre ses doigts et leva son visage vers lui :

-Depuis tout ce temps où tu es au service de mon père, j'ai appris à t'observer, à remarquer tes manies et tes habitudes. J'avoue qu'au début, tu n'étais que la garde du corps de la famille. Mais peu à peu, j'ai compris que tu étais bien plus que cela.

Doucement, il replaça une mèche brune de la jeune femme derrière son oreille, afin de dégager son visage, lequel affichait un air surpris, perdu, confus.

-Avant tout, tu es, tu restes une femme. Une belle femme. Gentille, douce, attentionnée. Plus d'une fois je me suis fait la remarque que sourire en kimono sous le soleil t'irait bien mieux que de vivre dans ce monde violent, dur, sans pitié, comme tu le qualifies toi-même. A force de vivre à tes côtés, ayant appris à te connaître, j'ai compris que la place que tu occupais dans ma vie était bien plus que celle d'une simple kunoichi.

Il l'embrassa sur le front avec douceur et même… amour ? Mahiro ne pouvait pas y croire.

-Tu es une fille exceptionnelle, Mahiro. Ce serait dommage que tu dissimules ce que tu es réellement derrière le rôle de la femme de l'ombre, qui monte la garde et ne connais que la haine et la violence. Tu es bien au-dessus de ça. Tu es bien plus que ça. J'ai essayé de te le faire comprendre. De te pousser à abandonner cette sorte de hiérarchie que tu t'étais imposée, cette relation de maître à serviteur que tu décrivais. En vérité, je t'aime énormément, Mahiro. Pour tout ce que tu es. Alors je t'en prie, ne te cantonne pas au seul rôle de garde du corps. Tu occultes tellement d'autres choses extraordinaires de ta personne.

La jeune femme ne croyait pas ses oreilles. Il avait dit qu'il l'aimait ? Qu'il l'aimait énormément ? Avait-il vraiment dit une chose pareille ? Elle avait du mal à le croire. Et pourtant, le doux baiser qu'il déposa sur ses lèvres lui prouva qu'elle avait bien entendu.

Sans plus se contrôler, elle lui sauta au cou, heureuse comme jamais. Tigre eut un sourire en passant ses bras autour de sa taille pour la garder un peu plus blottie contre lui.

« Finalement, il n'est pas plus abruti que Bonten et Akira réunis, songea la Mahiro, aux anges. Faudra que je le dise à Tokito. Et que je la remercie ».


En parlant de Tokito, celle-ci était à deux doigts d'étriper Akari. Enfin, cela faisait plus d'un quart d'heure qu'elle était à deux doigts de massacrer la chamane. Akira tentait, tant bien que mal, de calmer les pulsions meurtrières de sa voisine de table. En face, Sasuke avait un air totalement blasé, jouant ses cartes comme par automatisme. Lui aussi semblait en avoir marre mais personne n'osait le dire de peur de voir ses fantasmes ou hontes les plus intimes révélés au grand jour.

-Encore gagné ! s'exclama Akari, les deux bras levé en signe de victoire.

« Quand on triche tout le temps, ce n'est pas bien compliqué », pensa Tokito qui, une fois encore, avait été tentée de lancer ses propres cartes de tarot sur la chamane avant d'être arrêté par un Akira qui ne voulait pas faire de vagues.

-Allez, on recommence !

« Oooooh noooon ! ».

Heureusement pour nos trois personnages, l'arrivée de Kyoshiro, Sakuya et Shinrei les sauvèrent. Ceux-ci semblaient ravis de leur petite balade. Sakuya leur dit avoir repéré un restaurant où ils pourraient aller dîner tous ensemble.

L'idée fut soumise, peu après, à toute la communauté, chacun étant revenu de ses différentes activités. Elle fut adoptée à la majorité (en fait, personne ne s'y opposa). C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent attablés dehors, sur une terrasse, autour d'une longue table. Les discussions allèrent bon train, chacun racontant son expédition. La nouvelle du nouveau petit couple fit rapidement le tour et tous se réjouirent. En particulier Tokito bien qu'elle ne le laissât pas transparaître. Yukimura raconta sa rencontre avec une charmante brune, attirante et pulpeuse à souhait. Sauf qu'il s'était avéré que ladite brune était mariée et le Sanada avait été provoqué en duel par le mari. Ne voulant pas qu'il y ait d'esclandre et surtout de morts, Bonten avait forcé Yukimura à quitter les lieux, disant que cet abruti ne valait pas la peine qu'il salisse son sabre de son sang. Luciole n'avait pas dragué un scarabée mais une chenille. Malheureusement, celle-ci n'avait pas semblé accepter ses avances. Quant à Okuni, elle commença à faire le détail de tout ce qu'elle avait acheté avant qu'il ne soit voté, à la majorité encore une fois, que tous s'en fichaient.

Yuya profita du repas pour soumettre son idée de pique-nique pour le lendemain midi. Kyo la taquina, comme elle l'avait prévu, Luciole parla de sa chenille et ils eurent à nouveau recours au vote. Aucune opposition n'ayant été exprimée (en plus, personne n'avait voté blanc !) il fut décidé qu'ils iraient à la campagne le lendemain.

-Avec du saké, précisa Kyo. Sinon, on ne part pas.

-D'accord, avec du saké, soupira Yuya.


Le reste de la soirée fut animé : après le dîner, ils observèrent un moment la ville nocturne. Celle-ci vivait pleinement, de jour comme de nuit. Les lanternes éclairaient les rues lesquelles étaient pleines d'animation. Mahiro et Yuya parvinrent à convaincre les mecs de ne pas aller faire un tour au bar et tous rentrèrent, sobres et en parfait état, à l'auberge.

Le hall était vide, la réceptionniste n'étant certainement pas loin. Cette dernière avait eu beaucoup de courage pour reprendre ses journées telles qu'elles étaient autrefois, après le terrible évènement qui s'était produit. Yuya avait peur que ce meurtre ne lui fasse perdre de la clientèle. Il était encore trop tôt pour en juger.

-Moi, je vais me coucher, lâcha la chasseuse de prime avec un bâillement non contenu. Je suis crevée !

-A mon avis, on va tous faire de même, répondit Shinrei que sa visite culturel avait quelque peu claqué (et oui, piétiner en ville peut être épuisant, même pour un samouraï !).

-Sauf le fils à papa, répliqua Sasuke d'un ton toujours aussi neutre.

En effet, ils eurent juste le temps de voir Tigre s'éclipser au bras de Mahiro dans le jardin.

-Bah, laissons-les se conter leur nouvel amour, s'exclama Okuni qui semblait, en revanche, péter la forme.

-Au moins, maintenant, il ne m'embêtera plus, sourit Yuya.

-Tu ne donnais pas l'air de le trouver embêtant, la taquina Kyo. Moi je trouve que tu l'encourageais plus qu'autre chose à continuer.

-Quoi ?! Comment tu peux dire ça ? Tu n'es pas dans ma tête, que je sache ! Tu ne sais absolument pas ce que j'en pense ! Je t'interdis de parler à ma place ! Tu n'es qu'un…

-Tais-toi, planche à pain. Tu fais trop de bruit.

-Hein ?! Mais va te faire…

Kyo lui coupa la parole par un langoureux baiser qui fit fortement rougir Yuya.

-Ne crois pas que tu vas t'en tirer aussi facilement ! continua-t-elle lorsqu'il se furent séparés.

-Dites-donc, les amoureux, commença Okuni, vous pourriez, vous aussi, aller conter fleurette autre part !

-D'ailleurs, je suis persuadé que si Yuya et Akira acceptaient d'intervertir leurs chambres, ça plairait à tout le monde, ajouta Bonten avec un large sourire en direction du plus jeune des Shiseiten.

-Qu'est-ce que tu racontes ?! s'écria celui-ci en rougissant. Tu veux vraiment mourir congeler ?

-Boh, c'est mignon tout plein un petit Akira rougissant !

Ni une ni deux, le pauvre Bonten ne fut bientôt plus qu'un glaçon sous les rires du reste du groupe. Cependant, le plus étrange était le fait que Tokito n'ait pas réagi. En temps normal, le colosse se serait retrouvé assailli de cartes de tarot tranchantes avant même d'avoir pu dire ouf. Mais pas là.

Alors que Yuya partait se couchait, suivie d'une bonne partie de la bande, Akira chercha Tokito des yeux (ou du moins de ses yeux du cœur). Elle était près du comptoir vide et était absorbée par quelque chose. Elle n'avait certainement pas entendu ce qu'avait dit Bonten alors.

Le samouraï s'approcha d'elle. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Il ne réfléchissait pas. Il avait juste envie de s'approcher d'elle. Maintenant qu'elle s'était excusée, qu'elle avait pris conscience de son comportement, il n'avait plus aucune raison de lui en vouloir. Et puis même si elle ne s'était pas excusée, certainement aurait-il très difficilement résisté à aller vers elle.

Il posa une main sur son épaule pour lui faire reprendre pied avec la réalité. Il la sentit tressaillir et tourner la tête vers lui.

-Tout le monde a déserté, commença-t-il. Tu ne vas pas te coucher ?

-Si, si, j'y vais…

Cependant, elle ne bougea pas. Elle avait remarqué, quelques minutes plus tôt, que le registre était ouvert sur le comptoir. Et la réceptionniste n'était pas là. Il n'y avait pas de mal à jeter un coup d'œil. Juste un petit coup d'œil. Rien de plus…

-Tu sais, tu n'as pas besoin de m'attendre pour aller te coucher, reprit Tokito, constatant qu'Akira était toujours là. Je ne suis pas une maman qui doit accompagner son petit au dodo, ajouta-t-elle avec un léger sourire moqueur. Quoique peut-être dans ton cas en aurais-tu besoin.

-Qui traites-tu de petit ? Je suis plus âgé que toi, je te signale.

-Ca, tu n'en sais rien ! On doit avoir à peu près le même âge. Alors, ne la ramène pas trop.

Ils se chamaillèrent encore un peu avant d'éclater de rire face à leur comportement puéril. Puis Akira décida de monter se coucher, ayant compris que la jeune fille souhaitait un peu de solitude, pour une raison qu'il ignorait. Néanmoins, il ne chercha pas à en savoir plus et lui souhaita bonne nuit.

Il la laissa donc seule, dans la hall désert, face au registre dans lequel avait trouvé ce qui l'intéressait au plus haut point.


J'espère que ça vous a plu ! Malgré leurs disputes incessantes, Akira et Tokito s'adorent en réalité ! (et je crois qu'au fond, l'idée d'intervertir les chambres avec Yuya n'aurait pas gêné plus que ça Akira :p)

A la prochaine ! :3