Voilà -enfin- ce onzième chapitre ! J'en ai mis du temps mais j'ai de plus en plus de mal à tout concilier en ce moment ^^
Bref, qu'importe puisque ce onzième bébé est enfin là ! Très bonne lecture à vous :)
Et grand merci, beaucoup de bisous et d'amour à vous, chers lecteurs, merci pour vos reviews qui me motivent pour avancer (même si cette avancée est trèèèès trèèèès lente en ce moment ^^'). Voilà, je vous envoie tous les coeurs du monde, de l'univers, de la galaxie !
Doucement, le soleil déclinait à l'ouest. Il illuminait, de ses derniers rayons, la ville de Kyoto. Se frayant un passage dans les rues, Tokito et Shinrei rentraient en direction de l'auberge. La jeune fille n'avait plus sorti un mot depuis leur incroyable découverte dans la salle des archives. Si ce n'était pour ordonner à son cousin de ne pas en souffler un mot aux autres. Celui-ci avait promis de rester muet comme une tombe.
Alors qu'ils remontaient une des artères principales, un gamin un peu trop pressé leur rentra dedans. Il s'excusa aussitôt, à la fois gêné mais aussi pressé de repartir. Shinrei lui adressa un léger hochement de tête, pour signifier que ce n'était pas grave. Mais, alors qu'il repartait en courant, Tokito s'exclama, dans sa direction :
-Regarde où tu vas la prochaine fois, sale mioche !
Le maître de l'eau ne dit rien mais constata, en son for intérieur, que leur expédition dans la salle des archives n'avait pas adouci la charmante Tokito. Au contraire, elle semblait sur les nerfs, à fleur de peau.
En vérité, elle était énervée de ne pas comprendre. Ne pas comprendre pourquoi Yoko avait fait un truc pareil. Pourquoi simuler sa propre mort ? Et quel lien avec sa mort réelle, dans cette auberge ? Qui était derrière tout ça ? Et puis, l'autre abruti de bureaucrate, qu'est-ce qui l'avait poussé à se porter coupable ? Elle savait bien qu'il était totalement idiot, inconscient, stupide comme ses pieds. Mais lorsqu'elle s'était confrontée à lui, l'autre nuit, elle avait lu en lui le réel désir de sauver sa peau. Alors, aussi bête soit-il, il savait que se porter coupable ne l'aiderait pas à préserver sa tête. Il y avait quelque chose –ou quelqu'un- qui l'y avait poussé. Qui ? Si elle découvrait qui, certainement que ça la mènerait à celui qui avait assassiné Eiko/Yoko. Ou du moins, l'en rapprocherait grandement.
Soudain, elle sentit Shinrei lui secouer légèrement le bras. Elle reporta brusquement son attention sur lui et arqua un sourcil, lui demandant ce qu'il y avait. Le jeune homme lui désigna, d'un signe de tête, un marchand derrière le comptoir de sa petite carriole.
-Eh ben quoi ?
-Ca ne te dirait pas, des dangos ?
Tokito resta un moment muette. Qu'est-ce qu'il lui parlait de dangos ? Mais avant qu'elle n'ait pu manifester son assentiment ou son refus, Shinrei lui prit le bras et l'entraîna vers le marchand ambulant. Il savait qu'un des points faibles de sa cousine était les sucreries et qu'elle affectionnait particulièrement les dangos. Il espérait ainsi lui arracher un sourire. Souvent, passer par le ventre pour remonter le moral de quelqu'un était quelque chose qui marchait.
En voyant arriver ces deux jeunes, le marchand eut un grand sourire accueillant. Le jeune homme lui commanda deux botchan dango.
Une fois cela acheté, il tendit une brochette à Tokito. Celle-ci, qui commençait à comprendre le pourquoi eut un sourire face à l'attention de son cousin. Néanmoins, elle ne laissa pas échapper un mot et tous deux se remirent en route.
Dans l'auberge, l'agitation était palpable. Tigre et Bonten disputaient un bras de fer, sous les rires de Yukimura et Kyoshiro qui buvaient, encourageant l'un ou l'autre. Sasuke était spectateur silencieux et concentré tandis qu'Akari criait qu'elle prenait les paris et que Luciole, assis dans un coin, prenait feu tout seul pour une raison inconnue. Yuya tentait de le calmer afin qu'il ne crame pas l'auberge et Kyo les observait de son rictus habituel. Okuni était, selon les dires de Yukimura, en train de draguer un type de l'auberge qui l'avait invitée à boire un verre dans un bar. Mahiro discutait avec la réceptionniste et Sakuya avait décidée de se détendre à la source d'eau chaude.
Akira, qui était installé à côté de Tigre et qui venait de le voir se faire écraser par Bonten fut le premier à remarquer le retour de Tokito et Shinrei. Cependant, il ne dit rien. Il se demandait toujours ce qui pouvait se tramer entre eux deux. Déjà leur conversation privée demandée par Tokito, et ensuite leur petite sortie en ville, tous les deux. Qu'avaient-ils dit, déjà ? Ah oui, que Tokito avait un truc ultra important à montrer à Shinrei, dans un des commerces de Kyoto et qu'il fallait qu'ils y aillent dare-dare sinon… Akira ne se rappelait plus le reste de l'argumentaire. Mais à priori, ni l'un ni l'autre n'avait fait un grand effort pour paraître crédible avec leur excuse bidon et certainement qu'ils s'étaient doutés que personne ne les prendrait au sérieux. Une fois qu'ils étaient partis, Yukimura s'était exclamé qu'il n'aurait jamais pensé que Shinrei puisse faire battre de cœur de Tokito. Luciole avait répliqué un truc à côté de la plaque tandis que Kyoshiro avait renchérit en demandant, sur le ton de la plaisanterie, si l'union entre cousins était autorisé. Tous avaient ri sauf Akira. Et Bonten.
Le géant avait d'ailleurs pris l'ancien Shiseiten un peu à part, lorsqu'ils avaient quitté leur lieu de pique-nique pour revenir vers la ville. Même s'il ne l'avouerait sans doute jamais, Akira voyait en Bonten un grand-frère à qui il tenait énormément et comme tout bon grand-frère, celui-ci avait entreprit de le consoler du mieux qu'il pouvait. Comme à son habitude, Akira avait nié, disant qu'il s'en fichait de cette gamine et du type de bonne famille. Mais il savait que Bonten n'était pas dupe et, bien qu'il n'ait pas insisté, il avait dû comprendre.
-Ah, vous êtes enfin rentrés ! s'exclama Yuya, en allant vers eux. Dis, Shinrei, tu ne voudrais pas calmer Luciole ? Genre, lui balancer un peu d'eau dessus pour qu'il s'éteigne ?
Le samouraï jeta un coup d'œil en direction de son demi-frère avant de demander :
-Qu'est-ce qu'il lui arrive ? Pourquoi il semble prostré dans son coin, tout en flamme ?
-Aucune idée mais si pour le moment ce n'est pas encore dangereux, ça risque de le devenir. Tu veux bien faire quelque chose ?
Shinrei se dirigea donc vers le maître du feu en grommelant un truc comme il est vraiment pas croyable, celui-là.
Akari lâcha sa boîte en bois qu'elle avait intitulée boîte à paris pour fondre tel un oiseau de proie sur Tokito, laquelle comptait mentalement les gens présents pour en déduire qu'il en manquait deux. La chamane, petit sourire aux lèvres, attrapa la blondinette par les épaules. Elle avait hâte de savoir la raison réelle de son départ prématuré en compagnie de Shinrei et de pouvoir l'embêter un peu là-dessus. Le bazar habituel ayant repris ses droits (Tigre venait de se faire de nouveau écraser par Bonten et commençait à s'énerver) elles passèrent plus ou moins inaperçues. Plus personne ne les regardait vraiment.
-Et moi qui pensait que tu avais un faible pour mon p'tit Akira, soupira Akari, d'une voix assez basse pour que seule Tokito l'entende dans ce brouhaha. Je me serai trompée sur toute la ligne. Mais tu nous avais caché cette petite histoire qui se noue entre Shinrei et toi ! ajouta-t-elle sur un ton taquin.
Tokito se dégagea brutalement de l'étreinte de la jeune femme. Ses joues étaient rouges mais c'était plus un rouge de colère que de gêne cette fois-ci. Colère de ne pas comprendre Yoko. Et colère contre Akari, contre les autres, qui ne comprenaient pas non plus qu'elle n'aimait pas Akira, qu'elle n'aimait pas Shinrei, qu'elle n'aimait personne et qu'elle était seulement hantée par ces fantôme, poursuivie par ce passé qui n'était pas le sien.
-Je n't'ai rien demandé, répondit-elle sèchement.
Akari comprit de suite que Tokito n'était pas d'humeur. Elle n'était d'ailleurs pas souvent d'humeur à se faire charrier et répondait généralement assez violemment. Cependant, elle sentit que cette fois-ci, c'était différent. Elle n'était pas d'humeur parce qu'autre chose la tracassait. Autre chose plus sérieux, dont elle ne semblait pas vouloir parler.
-Où sont Okuni et Sakuya ? demanda la blonde, après un temps.
-Okuni est sortie, répondit prudemment Akari. Sakuya à la source d'eau chaude.
La chamane dévisagea le profil de la jeune Mibu. Elle était renfrognée, sombre, pincée. Pour sûr, sa sortie en ville avec Shinrei n'était pas une balade romantique. Ou alors une balade romantique qui avait mal tourné, au vu de sa mine peu souriante. Mais elle n'y croyait pas trop. Non, en fait, au fond d'elle, elle savait pertinemment que Tokito n'était pas amoureuse de Shinrei et que, quoi qu'ils soient allés faire en ville, ce n'était pas pour aller se bécoter tranquillement, loin du regard des autres. Elle utilisait juste cette théorie pour embêter un peu l'ancienne Taishiro. Bien qu'elle ait compris que ce n'était clairement pas le moment.
-Je crois que je vais suivre l'exemple de Sakuya, soupira Tokito, un air légèrement désespéré sur le visage.
Akari fronça les sourcils. Cet air aussi grave ne lui ressemblait pas. Ou alors elle avait bien grandi depuis qu'elle avait quitté le territoire Mibu. Ses traits et expressions gamins semblaient, en cet instant, avoir totalement disparus de son visage devenu si adulte d'un seul coup. La chamane eut un petit sourire en voyant la blonde prendre congé. Son voyage avec Akira ne lui avait pas été inutile, à priori.
Akira vit Tokito abandonner Akari au milieu de la salle et aller en direction du jardin. A son aura, il sentit qu'elle n'était pas super joyeuse et même qu'elle était passablement énervée. Elle passa devant lui sans lui accorder un regard. Elle ne voulait qu'une chose : fuir le groupe, retrouver le calme. Un peu plus loin, Shinrei venait d'asperger Luciole pour le calmer mais cela ne fit qu'augmenter ses flammes et sa fureur. La blonde l'entendit vaguement crier un Shinrei, tu vas crever ! mais elle était déjà dehors.
Il faisait plutôt doux et à l'horizon, l'énorme boule rouge et orangée qu'était le soleil disparaissait. Tokito le regarda un moment, plantée au milieu du jardin. C'était calme. Les clients semblaient avoir déserté depuis que l'arrestation du « coupable » leur avait permis de quitter l'auberge. Il n'y avait personne pour prendre l'air.
Cris. Ah, si, voilà deux énergumènes qui décident de mettre le nez dehors. Yuya venait de chasser Shinrei et Luciole pour qu'ils se battent à l'extérieur au lieu de tout détruire dedans. Tokito entendit Kyo ricaner –certainement qu'il devait être en train de boire du saké tout en profitant du spectacle- et Bonten crier qu'il avait encore écrasé Tigre.
Elle pressa le pas. Ne pas se faire rattraper puis engloutir par le groupe. Elle arriva à l'entrée de la cabane de la source d'eau chaude. Elle se saisit d'une serviette, se déshabilla dans les vestiaires.
Sakuya était en effet là, se prélassant dans l'eau. Elle regardait l'horizon qui s'assombrissait de plus en plus. Lorsqu'elle entendit des pas légers se rapprocher, elle se retourna et découvrit Tokito qui alla s'immerger dans le bassin jusqu'au menton. La brune lui adressa un sourire amical.
-Alors, vous êtes allés faire quoi avec Shinrei ? demanda-t-elle en se rapprochant.
Tokito se contenta d'hausser les épaules. Elle n'était pas venue ici pour se faire de nouveau interroger. Elle avait espéré que Sakuya comprendrait et la laisserait en paix. Après un silence, la jeune fille décida d'abandonner toute nouvelle interrogation, ayant saisi que la blonde ne répondrait pas. Trop mystérieuse. Elle décida alors d'embrayer sur un autre sujet sur lequel la Mibu accepterait de participer. Et le nom qui lui vint immédiatement à la bouche fut Ex Roi Rouge.
Tokito tourna brutalement la tête vers la jeune brune, surprise d'entendre ce nom qu'elle n'avait plus entendu depuis une éternité, il lui semblait. Et pendant un temps, elle oublia Eiko, elle oublia Yoko, elle oublia sa double identité, le bureaucrate condamné à mort et tout le mystère qui se cachait derrière.
Sakuya venait de faire émerger des souvenirs qui lui étaient propres. Une histoire qui était la sienne. Et pas celle d'une autre. Peut-être qu'au fond elle s'était intéressée à Yoko seulement pour s'oublier elle-même et faire fi de ses propres problèmes.
La discussion entre les deux jeunes filles s'engagea sur les paroles pleines de remords et de colère de la blonde.
-Si j'avais su plus tôt, commença-t-elle, les dents serrées. Et puis, de toutes les façons, j'l'ai jamais aimé c'type. Non mais vraiment il avait du tout la tête d'un vrai souverain.
Avec un frisson, elle repensa à cette fois où elle avait envisagé le mettre à l'épreuve avant de se faire psychologiquement massacrer par le concerné.
Sakuya eut un hochement de tête compréhensif. Elle non plus, n'en avait pas un très bon souvenir. Elle avait plusieurs fois cru qu'elle allait y laisser sa peau. Mais finalement, elle était toujours là, profitant d'un bon bain chaud alors que la nuit tombait. Que demander de mieux ?
Les minutes s'égrainèrent dans les vapeurs du bain. Rien ne bougeait. Seulement le bien-être, les vacances. Et des préoccupations que Tokito ne désirait pas partager.
Finalement, Sakuya annonça qu'elle allait rejoindre les autres avant de finir toute fripée. La blonde émit un rire :
-Je reste encore un peu. Assomme Tigre si tu le vois traîner dans les parages.
-Je ne suis pas assez méchante pour ça, répliqua son amie d'un rire entre la gêne et l'amusement.
-Tu lui rends un service, crois-moi. Si tu ne l'assomme pas, je le déchiquette si par malheur je le surprends l'œil collé contre la palissade.
Un ton calme qui ne laisse aucun doute quant à la véracité de cette prophétie. Tigre n'avait pas intérêt à se trouver dans le coin !
Une fois la brune partie, Tokito plongea un peu plus profondément dans l'eau. Elle s'immergea jusqu'au nez comme elle se blottirait dans une confortable couverture. Sa tête lui faisait mal. Trop de pensées en même temps. Elle revoyait le visage d'Eiko, la veille de sa mort. Elle fumait tranquillement dehors tandis qu'un homme chargé de la surveiller ne faisait que son boulot. Savait-elle que…
Qui était-elle, d'abord ? Une samouraï ? Une riche femme forcée de simuler sa propre mort pour échapper à un mariage arrangé par sa très noble famille ? A moins que cette fausse mort n'ait été orchestrée dans son dos et qu'elle n'ait rien à voir avec tout cela. Mais quel intérêt, dans ce cas… ?
Et puis Yuya. Toujours Yuya qui l'embêtait avec Akira. Qui était persuadée que… Quoi ! Elle et Akira ?! Jamais ! Elle avait bien mieux à faire que de s'encombrer d'un pareil minable. Même si son for intérieur lui criait qu'elle se sentirait perdue sans ce minable-là.
Tout allait de travers, tout se construisait pour se déconstruire ensuite. Tokito s'en sentait de plus en plus énervée. Alors quoi ?
Elle pesta en sortant de l'eau. Elle avait même oublié la probabilité que Tigre traîne dans le coin et finisse avec un bras en moins. Seule Eiko était là. Fantomatique dans son kimono parme. Belle. Mystérieuse. Gracieuse.
Elle était là, brillante dans la nuit qui s'installait peu à peu sur Kyoto. Elle regardait Tokito. La défiait. Trouve qui je suis et tu comprendras.
-Et meeeerde, lâcha la blondinette en enfilant son kimono.
Elle avait besoin de jurer. De frapper. Se défouler. Ca faisait longtemps qu'elle ne s'était pas entraînée. Qu'elle n'avait pas combattu. Pour de vrai. Pas les cartes envoyées valdinguer dans la figure de Bonten. Non. Un bon vrai combat comme celui qu'elle avait eu contre Akira.
Akira… d'ailleurs ce minable ne lui avait toujours pas accordé sa revanche !
Elle sortit à l'extérieur encore plus tendue que lorsqu'elle était entrée. L'air frais la prit à la gorge mais il lui sembla qu'enfin, elle retrouvait son corps ramolli par l'eau chaude.
La lumière de l'auberge était là, telle une lumière de phare. De joyeux rires s'en échappaient. Certainement que les autres festoyaient. Rien ne pouvait arrêter leur bonne humeur, surtout après une magnifique journée hors de la ville, à pique-niquer et blaguer. Rien. Pas même la mort d'Eiko. A croire qu'il n'y avait qu'elle pour s'en préoccuper. Ca, c'était un comble ! Elle qui se foutait pas mal des minables humains, elle était la seule à vouloir connaître cette femme que tout le monde avait déjà oubliée.
Comment les autres pouvaient-ils continuer de rire dans cette baraque qui avait accueilli un cadavre ? Pas un cadavre tué sur un champ de bataille ou lors d'un duel. Non. Une femme empoisonnée. Lâchement empoisonnée.
Comment pouvaient-ils continuer de vivre comme avant alors qu'un homme innocent, victime collatérale de tout ça était sur le point de se faire trancher la tête ?! Hallucinant !
Tokito shoota dans un caillou en grommelant. Elle ne voulait pas revenir dans cette communauté certes accueillante mais étouffante.
Soudain, des bruits de pas se firent entendre. Très légers. Furtifs. Comme quelqu'un qui veut se faire tout petit, discret. Se cacher. Passer inaperçu.
Tokito s'arrêta, fronça les sourcils. Cet imbécile de Tigre ! Il croyait qu'elle ne l'avait pas remarqué ! Il allait dérouiller, le pauvre. On n'observe pas de pauvres jeunes filles sans défense dans leur bain sans récolter la punition adéquate.
-Inutile de te cacher, Tigre. Je sais que t'es là et fais gaffe, tu vas t'en prendre une dont tu te souviendras !
Pas un mouvement. Etrange. Généralement, Tigre était plutôt du genre à sortir des buissons : pitiéééé ! C'est pas moi j'te juuure !
Alors quoi… ? Il dérogeait à ses habitudes ?
Les bruits de pas reprirent. Plus rapides. Et cette fois, c'était dans la direction de Tokito qu'ils allaient. Elle sut de suite que ce n'était pas Tigre. Ce n'était personne. Juste une ombre. Qui lui bondit dessus, le scintillement d'une lame surgissant au beau milieu de la nuit noir.
Ce fut bref. Tokito esquiva. Elle ne savait pas qui c'était. Mais ce qu'elle savait, c'était que l'autre était armé. Pas elle.
Elle se maudit d'avoir perdu ses vieilles habitudes. Toujours se balader avec son sabre ! Toujours se tenir prêt. Méfiance.
Deuxième coup. Nouvelle esquive. L'ombre était rapide, agile. Mais Tokito avait gardé ses réflexes et ses bonds félins. L'autre ne parvenait pas à la toucher. Mais la Mibu savait qu'il n'abandonnerait pas. Qui était-il ? Aucune idée.
Soudain, des mots lui revinrent à l'esprit. Le bras armé de l'ombre, avait dit Keichi.
Etait-ce lui ? Pas le temps de se poser des questions. Fallait qu'elle s'en débarrasse.
Le combat était silencieux. Ni l'un ni l'autre ne parlait. Et au loin, les rires. De l'auberge.
-Moi, j'trouve que j'en sais pas assez sur vous !
-Non, Akari ! On ne fera pas un action ou vérité !
La chamane foudroya Bonten du regard. Avant d'afficher une mine boudeuse :
-Personne ne veut me faire plaisir de toutes les façons… Alors je vais me faire plaisir toute seule ! Eh, les gens, vous saviez que Bonten avait une poupée baptisée Hanna et que une des rares fois où il s'est vraiment mis en rage c'est quand un gosse a osé la lancer sur le sol ! Comme quoi, il est très sensible au fond, notre gros colosse !
Comment décrire la tête que fit Bonten à ce moment-là et le rouge ketchup qui colora ses joues ?
-Dingue comme on en apprend tous les jours ! s'esclaffa Kyoshiro.
-J'en sais aussi beaucoup sur toi, lui fit remarquer Akari avec un air malicieux.
-Je suis sûre que Sakuya aimerait savoir quelques anecdotes ! répliqua Yuya, une étincelle étrangement sadique dans le regard.
-Mon dieu, lança Tigre, Yuya, je ne te croyais pas aussi machiavélique.
-Elle apprend bien ses leçons, répondit Kyo, l'air stoïque après avoir avalé une gorgée de saké. Ce n'est pas mon esclave pour rien.
-Hééé ! Je ne suis pas ton esclave, combien de faut faudra-t-il que je te le dise, hein ?!
-Ca t'apprendra à essayer de faire en sorte qu'Akari balance des trucs sur moi.
Comme souvent, la soirée était animée. Kyo et Yukimura voulaient a-bso-lu-ment sortir ce soir. Voir le monde tourner, la foule s'agiter et surtout les bouteilles défiler. En revanche, Akari faisait des pieds et mains pour organiser un action ou vérité histoire d'allonger sa liste d'anecdotes compromettantes. Bien évidemment, personne ne voulait se plier à ses désirs.
-Ecoutez, tenta Sakuya.
Mais elle ne parlait pas assez fort pour couvrir les voix des autres. Soudainement, Tigre décolla de son canapé pour venir atterrir sur le tapis. Apparemment, il venait de faire une remarque sur le manque d'exercice d'Okuni qui pourrait occasionner quelques kilos supplémentaires non désirés.
-Eh ! tenta de nouveau la jeune femme.
-Tu devrais parler plus fort, lui suggéra Kyoshiro avec un large sourire aux lèvres. Genre… HE OH, LES GROS, ON VEUT VOUS PARLER LA !
Immobilisation générale. Les paires d'yeux qui se braquent dans la même direction.
-C'est bon, Sakuya. Tu peux y aller.
-Hum… je propose qu'on sorte un peu ce soir, puisque personne ne veut jouer à action ou vérité. Et on n'a qu'à voter pour l'endroit où on veut aller. Ou bien faire des groupes. Personnellement, l'idée de traîner dans un bar plein d'ivrognes ne m'emballe pas vraiment.
-Il y a un marché nocturne il me semble ! s'exclama alors Yuya. Il paraît qu'ils vendent des kimonos super beaux. J'irais bien voir.
-Pfff… c'est pas un truc d'homme, ça.
-Kyo ! Tu devrais t'acheter un nouveau kimono toi aussi ! T'as vu le tiens ? Il est tout délavé. Renouvelle ta garde-robe !
-Je suis sûr qu'Okuni te servira de guide, ajouta Yukimura en adressant un clin d'œil à l'informatrice, fraîchement revenue de son rancard. Pour ma part, je veux aller voir de belles filles ! Et bien sûr, j'emmène Sasuke avec moi.
Sur ce, il enlaça son disciple d'un geste paternel poussé à l'extrême.
-J'veux pas venir avec toi !
-Mais il serait temps que tu fasses de belles rencontres toi aussi, mon p'tit. Tu resteras pas un bébé indéfiniment, tu sais !
-Et toi, Shinrei, continua Kyoshiro sur un ton taquin, je suis sûr que si les librairies pouvaient être ouvertes de nuit, tu y passerais des heures, s'pèce de solitaire !
Le Mibu, assis dans son coin un nouveau bouquin à la main, releva la tête et fixa son interlocuteur sans rien dire.
-Alleeeez, j'plaisante ! Tu sais qu'on aime bien ton côté solitaire !
Silence. Shinrei eut un léger haussement d'épaules. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent !
-Et toi mon p'tit Akira ? demanda Akari d'une voix mielleuse en se tournant vers celui que tous avaient oublié tant il restait muet.
-Princesse des glaces essaie de se faire tout petit dans la conversation, charria Tigre.
Eclat de rire tandis que tous s'attendaient à voir une tête munie d'un bandana congelée d'une minute à l'autre. Mais rien. Si Akira avait eu ses yeux, il aurait foudroyé le Tokugawa sur place. Mais il ne l'attaqua pas. Il ne sortit qu'une seule phrase. Une seule question.
-Où est Tokito ?
Tous se figèrent. Elle aussi, ils l'avaient oubliée. Même Sakuya n'avait pas réalisé que ça faisait un moment, qu'elle l'avait laissée au bain.
-La dernière fois que je l'ai vue, c'est quand j'ai quitté la source d'eau chaude. Elle doit toujours y être, non ?
-Elle s'est endormie dans l'eau ! plaisanta Tigre tout en sachant que si la blonde l'entendait, elle le massacrerait.
-Ou alors elle a escaladé le mur et a filé en douce, suggéra Bonten avec un large sourire. On doit trop lui faire peur finalement.
-Tu parles, répliqua Akari, c'est toi qui devrais avoir peur. Parce que c'est toi qui t'es retrouvé avec les deux bras cassés lors de votre premier affrontement.
Rires. Rien ne pouvait entraver leur bonne humeur. Mais Akira n'était pas de cet avis. Il ne riait pas. Quelque chose clochait. Il ne savait pas bien quoi, mais il avait ce foutu pressentiment. Que Tokito avait plongé la tête la première dans les ennuis. Et ça, c'était mauvais. Très mauvais.
L'ombre était rapide. Tokito dut augmenter sa propre vitesse pour la suivre, suivre ses mouvements et éviter sa lame. Tout en bougeant elle se saisit de son paquet de cartes qui, heureusement, était toujours sur elle.
Le noir la handicapait. Elle n'était pas nyctalope, bon sang ! Elle percevait l'ombre, sentait ses gestes, les déplacements d'air. Mais ce n'était pas pareil qu'en plein jour. Aussi ses tirs étaient moins précis et l'autre réussit à éviter ses cartes.
Tokito pesta intérieurement. Se maudit de ne pas avoir son sabre. Sinon, elle aurait découpé son adversaire en fines rondelles depuis bien longtemps ! Pourquoi était-elle aussi imprudente ? Comment la Kyo-team avait-elle pu la changer autant ? Au point qu'elle en oubliait le monde pourri, le monde violent dans lequel tout être vivait. Au point qu'elle en négligeait d'avoir toujours son arme sur elle.
Prise dans ses pensées et ses maugréassions, elle ne vit que trop tard l'ultime coup. D'un réflexe qu'elle ne contrôla pas, elle fit basculer son corps sur le côté si bien que la lame n'érafla que son flanc. Rien de grave. Juste un peu de sang. Qui coulait, tâchait son vêtement. Pas de quoi en faire un plat. Elle avait vécu pire.
Cependant, cela prouvait qu'elle avait même perdu de sa concentration ! Elle était drôlement rouillée…
Cela la mit dans une rage folle. Plus contre elle-même que contre son adversaire. Elle augmenta d'un seul coup sa vitesse et ses tirs se firent plus précis. Plus ciblés.
L'autre comprit rapidement que la situation avait évoluée. Il déjoua une carte de son sabre, en évita quelques unes encore mais l'une d'entre elles entailla sa pommette. Le combat prit une nouvelle forme. L'ombre n'avait pas déployé toute sa force. Loin de là.
Les deux auras se rentraient l'une dans l'autre, s'affrontaient, se défiaient. Dans le noir. Dans la nuit. Lame contre cartes. Les deux puissances se mesuraient, se cherchaient, s'attaquaient. Un fort vent se souleva lorsqu'elles se jetèrent l'une sur l'autre, se croisèrent, chacune évitant l'attaque de l'autre.
Tokito se retourna rapidement pour envoyer une énième carte qui faillit toucher à nouveau son adversaire. Ce dernier allait repartir à l'assaut quand une voix s'éleva du lointain.
-Tokito !
La blonde se figea, sentant l'autre s'immobiliser aussi.
C'était la voix d'Akira. Elle lui paraissait si loin ! Comme si ce combat avait lieu sur un autre plan. Une autre dimension. Un autre monde.
En un instant, l'atmosphère se refroidit. L'herbe parut geler. Depuis l'auberge, quelques ombres se précipitaient vers eux. Tokito reconnut la silhouette massive de Bonten, entendit la voix d'Akari dire quelque chose.
L'autre resta figé quelques secondes avant de comprendre que c'était fichu. Pour l'heure. Il ne pouvait pas les affronter tous en même temps. Il ne s'était pas préparé à ça. Il n'avait pas reçu des ordres pour ça. Mais il se promit que la prochaine fois… il l'aurait, cette garce !
Il allait repartir aussi rapidement qu'il était apparu quand quelque chose retint son attention. Ce rouge qui se détachait dans la nuit. Des yeux. D'un sang écarlate.
Kyo.
Aux yeux de démons.
Kyo était ici. Voilà une information cruciale. Personne ne vit, personne ne remarqua ce léger sourire qui se dessina sur ses lèvres, masquées par la cagoule noire qui lui permettait de protéger ses traits. Profitant de la confusion qui régnait au sein du groupe, il disparut.
Tokito ne bougeait pas. Ses pensées, en revanche, tournaient à cent à l'heure. Dans tous les sens. C'était… incompréhensible et compréhensible à la fois. C'était… surtout inattendu.
Akira la saisit par l'épaule pour la secouer. La sortir de sa torpeur. Sa léthargie. La blonde tourna doucement la tête vers lui. Il ne voyait pas mais il sentait. Sa surprise. Ses questions. Et son anxiosité. Elle parut le fixer quelques secondes –ou peut-être était-ce un point bien au-delà de son épaule qu'elle regardait ainsi- avant de retirer sa main de son épaule pour se libérer de son contact.
Sans un mot, elle se dirigea vers l'endroit où l'autre se tenait, quelques secondes plus tôt.
Parti.
Il était parti.
Il ne restait plus que sa propre carte, gisant dans l'herbe. La carte qu'il avait évitée. Du moins elle l'avait cru. Car lorsqu'elle la ramassa, elle constata, à la lueur de la lune, que quelques gouttes vermeilles perlaient. C'était brillant. C'était beau. Du rouge dans ce noir. Comme les yeux de Kyo. Elle resta immobile à regarder sa carte. Par deux fois, elle l'avait touché. Mais elle était persuadée qu'il n'avait pas montré toute sa vraie puissance.
Qui était-il ?
Que voulait-il ?
La tuer ? Ce n'était pas comme ça qu'il allait y arriver.
Un blabla incessant résonnait dans ses oreilles. Bruit d'arrière-fond. Elle n'entendait rien. Ou plutôt elle n'écoutait rien. Jusqu'à ce que le blabla se fasse insistant.
-Tokito !
Elle sursauta. Akari s'était approchée et la fixer dans le noir. Sérieuse. Elle ne riait plus. N'allait pas sortir une grosse blague ou quelque chose pour la taquiner. Non. Ses sourcils étaient froncés. Derrière elle se tenait Kyo. Il paraissait impassible mais la blonde sentit cette tension qui émanait de lui. Il avait compris que ce qui venait de se passer n'était pas anodin.
Une main attrapa son bras. C'était Yuya. Elle parlait d'une voix soucieuse :
-Est-ce que ça va ? Tu es blessée ?
Tokito resta muette. Elle se sentait incapable de prononcer un mot. Elle ne sentait même plus son corps. Elle avait l'impression de planer. Au-dessus de tout. Au milieu de concepts, idées, hypothèses, interrogations et réponses.
Elle fut même incapable de faire un sourire –un faux sourire- à son amie pour la rassurer. Elle se contenta de mettre un pied devant l'autre. Rentrer à l'intérieur de l'auberge. Fermer les portes. Les fenêtres. Ne plus rien voir. Rien entendre. Etre seule. Réfléchir. A la signification de ce qui venait de se passer.
Mahiro lui adressa un mot qu'elle ne comprit pas tandis que sur le seuil de la porte, Sakuya, Kyoshiro et Shinrei attendaient, inquiets.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda ce dernier, tapotant nerveusement la reliure de son livre.
Tokito eut un haussement d'épaule. Comme si ce n'était rien. Rien de grave.
En vérité, elle n'avait surtout aucune réponse.
-Tu saignes ! s'exclama alors Sakuya, en voyant la tâche qui s'était agrandie sur son kimono. Akari !
Le salon fut de nouveau occupé. Il était tard. La réceptionniste avait apporté des bandages pour Tokito. Tous étaient installés dans le plus grand silence. Plus personne n'avait le cœur à plaisanter, sortir, se saouler, se charrier les uns les autres.
D'un seul coup, la réalité leur était retombée en pleine face. Une réalité qu'ils connaissaient bien parce qu'ils l'avaient affrontée quotidiennement. Ils avaient tracé ce que Bonten nommait leur chemin des bêtes. Ils avaient avancé péniblement parmi les broussailles du réel. Ils s'étaient battus. Mais ils avaient cru que, d'une manière ou d'une autre, ils pourraient s'en écarter. Avec la mort de l'Ex Roi Rouge, la chute du clan Mibu puis sa reconstruction pour un avenir meilleur, tous avaient cru que cette réalité serait changée.
Illusions. Dérisoires illusions qu'ils s'étaient faites là.
Ils venaient de réaliser que le monde était toujours tel qu'ils l'avaient laissé avant de s'enfermer dans leurs utopies personnelles. La cruauté était toujours là. La violence, les coups, les combats. Eux aussi, étaient toujours là. Prêts à se défendre.
Ce soir, la grande question était pourquoi. Tous se la posaient. Personne n'osait la formuler à voix haute. Jusqu'à ce que la voix de Luciole ne s'élève. S'élève du vide, du vague. Pour réveiller les esprits, réveiller les pensées.
-Qu'est-ce qu'il voulait ?
Tokito se contenta d'un haussement d'épaules. Cette réponse muette ne parut pas satisfaire Kyo qui enchaîna :
-Je suis sûr que tu as une idée sur la question.
-Pourquoi il t'a attaquée ? continua Yuya en se rongeant les ongles.
-Et d'abord, c'était qui ? interrogea Yukimura, on ne peut plus sérieux.
Tokito eut un soupir tandis qu'elle se laissa un peu plus couler sur le canapé. Elle n'avait pas envie de parler. Cependant, elle comprit vite qu'il le fallait. Cette affaire les concernait tous, puisqu'ils étaient là. Puisqu'ils avaient été témoins.
-Je ne sais pas qui c'est. Mais ce qu'il voulait… soit me tuer, soit me tester. Ou m'effrayer. Peut-être.
Nouvelle question muette du groupe. Pourquoi.
Silence.
-Qu'est-ce que tu caches, Tokito ?
La voix de Tigre, qui résonna, sonna et se répercuta dans l'esprit de la blonde.
Qu'est-ce que tu caches ?
Le cachait-elle vraiment ? Elle se rappela Shinrei, qui lui avait demandé pourquoi elle ne voulait pas que les autres sachent. Soient au courant. Elle-même ne savait pas bien. Elle n'avait pas d'arguments rationnels. Raisonnables. A exposer.
Après tout, ils faisaient partie de la même bande. Elle pouvait parler. Leur parler. Non ?
-Je pense que…
Elle se tut. Dévisagea chacun des membres ici présent. En dernier, son regard se posa sur Akira assit à côté d'elle. Son visage n'exprimait rien. Comme souvent. Mais elle sentait son inquiétude. Mêlée peut-être d'un peu de curiosité.
Aussi étrange que cela puisse paraître, elle qui était persuadée de se ficher éperdument de lui, elle se décida à parler. Pour lui.
-Je pense que c'est parce que j'ai touché un point sensible. J'ai remué une chose qu'il ne fallait pas remuer. Une chose qui embête quelqu'un. Caché dans l'ombre. Une personne dont nul ne connaît le visage, qui agit dans le noir, tire les ficelles de tout un réseau. Dès qu'on s'approche un peu trop de lui, un peu trop de ce qu'il cache, il envoie quelqu'un. Le bras armé de l'ombre.
-Explique-toi clairement, interrompit Akari, visiblement impatiente.
Une demie-seconde. Tokito pesa le pour et le contre. Puis se lança dans son récit. Pour Akira. Bien plus que pour les autres. Pour Akira. Et elle ignorait pourquoi.
Elle raconta les grandes lignes. Le type qu'elle avait coincé à l'auberge, l'aristo terrifié qui avait été engagé de force aux côtés d'un mystérieux commanditaire. Un type qui avait plaidé coupable alors qu'il ne l'était pas. Et que le temps jouait contre elle. Si elle voulait qu'il sauve sa tête, il fallait qu'elle comprenne au plus vite qui était derrière tout ça. C'est pourquoi elle avait remonté le passé de la victime. Et là… le pot-aux-roses. La fausse identité. La mort simulée. Pour une raison inconnue.
-Il y a quelque chose là-dedans qu'on ne doit pas savoir. Sinon, ça n'aurait jamais réveillé et alarmé les ombres. Une vérité qui ne doit pas être révélée.
Silence. Personne ne parlait. Personne ne trouvait quoi dire. Ce fut Tokito qui prononça alors les derniers mots.
-Sauf que moi, je vais la découvrir et la révéler, cette vérité.
« Parce que depuis le début, je suis obstinée par elle, songea-t-elle. Il est hors de question que j'abandonne aussi près du but. Quitte à reprendre mon sabre, découper de nouveau des corps en morceau. Tous ceux qui se mettront en travers de ma route… »
Elle n'acheva pas sa pensée. Elle était incapable de l'achever. Elle était fatiguée. Abasourdie.
Les autres étaient tout aussi surpris. De ses révélations. De comprendre à quoi elle employait ses vacances.
N'hésitez pas à me laisser vos impressions ^^ D'énormes bisous à vous !
