Héhé !
Me revoilààààààà !
AlexHM trop contente que mon chapitre t'ait plu autant :D Oui, Tokito a toujours un petit côté violent malgré tout, mais c'est comme ça qu'on l'aime ! Enfin perso, c'est comme ça que j'adore ce personnage.
Neliia merciii pour ta review ! Les adversaires de Kyo ont plus d'un tour dans leur sac, héhé, mais je n'en dirais pas plus :p Par contre, pour le coup, on n'en sait pas encore énormément plus ici, c'est pas sur ça que j'ai voulu centrer cet épisode. Mais dès le chapitre suivant, ça devrait s'éclaircir !
/!\ Chapitre légèrement pour public averti sur la deuxième partie (je le dis, au cas où). Et du coup, enfin, le chapitre AkiToki que j'ai pensé, repensé, remodelé différemment, bref, il n'a sans doute pas la même tête que celui que j'avais imaginé au départ (donc y'a plusieurs années, en fait x)). Mais je pense qu'il n'est pas trop mal quand même.
Bonne lecture !
-T'essaie de tricher ! Tu me l'as déjà dit, ça !
Une demie-seconde plus tard, Tigra Rouge se retrouva à mordre la poussière, une petite larme à l'oeil.
-On n'embobine pas comme ça Mlle. Akari, continua la chamane, d'un air suffisant.
Le reste du groupe resta parfaitement immobile face à la scène qui était en train de se dérouler. Ceux qui avaient déjà été soignés étaient installés tranquillement, en attendant que tout le monde soit de nouveau sur pieds. Les autres flippaient à l'idée de devoir révéler un énième secret à Akari.
Difficilement, Tigre se releva :
-C'est pas juste, tu en sais déjà bien trop sur moi !
-Tu as quelque chose à y redire ?
Le regard plus qu'effrayant que lança la jeune femme suffit à lui fermer le clapet et le Tokugawa n'eut d'autre choix que de se résigner. Tous y passèrent, les uns après les autres, exceptés Kyo qui n'avait nul besoin de révéler un secret pour être soigné ainsi que Yuya, Akira et Tokito qui n'étaient pas tant blessés que ça et donc n'éprouvèrent pas le besoin d'avoir recours aux services d'Akari. Celle-ci était un peu déçue un secret à rajouter dans l'énorme dossier qu'elle avait sur Akira ne lui aurait pas déplu. Puis reportant son attention sur la Mibu, elle réalisa subitement un chose :
-Oh, toi, d'ailleurs, t'as de la chance que je ne t'aie pas demandé un secret tout à l'heure, quand je t'ai remise sur pieds !
-QUOI ?! s'insurgea Tigre avant de se prendre un magistral coup offert par Tokito, laquelle eut un sourire narquois.
-T'avais pas envie d'avoir ma mort sur la conscience si j'avais pas voulu t'en donner un. Puis toutes façons, apparemment, j'aurais pas été en état de t'en donner un. Alors viens pas râler.
-Non, on va dire que je t'ai fait une faveur parce que je sais quand même me montrer magnanime envers une femme mourante, déclara Akari, bras croisés sur sa poitrine.
-J'ETAIS PAS MOURANTE !
-Tututut, tu l'as toi-même avoué à l'instant !
Tokito s'empourpra sous le léger ricanement d'Akira -lequel eut rapidement droit à un traitement semblable à celui reçu par Tigre quelques instants plus tôt.
-Ahlàlà, cette jeunesse qui veut se montrer invincible alors qu'elle ne l'est pas, rit Yukimura en passant un bras autour du cou de Tokito.
Celle-ci se dégagea bien vite et se contenta de bouder. Ce fut Kyoshiro qui désamorça la folle ambiance :
-Allons, puisque tout le monde est vivant, ne tardons pas ! Okuni et Sakuya nous attendent peut-être déjà. Faudrait pas qu'elles s'inquiètent plus que de raison.
-Le preux chevalier a surtout envie de revoir sa belle, se moqua gentiment Bonten.
-Tu dis ça parce que tu es jaloux, lui renvoya le pharmacien dans un sourire taquin. Vivement que tu trouves quelqu'un toi aussi !
Pris au dépourvu, Bonten bafouilla une chose inaudible et c'est sous quelques vagues de disputes-taquineries que l'équipe se mit en route. Ils quittèrent rapidement le château encore plus en ruine que lorsqu'ils étaient arrivés. Plus aucune menace ennemie ne semblait planer sur eux. Mais dans sa main, Tokito tenait sans doute une preuve que rien n'était terminé. Mahiro lui avait demandé ce que c'était, ce qu'elle avait ramené. La blonde avait répondu, d'un ton évasif, qu'ils regarderaient tout ça une fois à l'auberge et non plus en plein territoire ennemi.
Ils s'acheminaient d'un bon pas vers la ville. Tandis qu'elle marchait, Tokito nota que Luciole s'était rapproché d'elle et calait son pas sur le sien. Elle plissa les yeux, l'air méfiant. Ce type était étrange. Y'avait vraiment pas plus bizarre que lui. Elle ne l'avait jamais compris. N'avait jamais trop cherché à le comprendre non plus, d'ailleurs.
Le blondinet l'observait à présent avec attention. N'y tenant plus, elle lui lança un :
-Quoi ? d'un ton un peu agressif.
-Oh c'est vrai que t'es pas grande comme ça, répondit simplement Luciole, levant haut son bras.
Sa réponse déstabilisa la jeune femme qui ne trouva rien à répondre dans un premier temps. Puis, reprenant ses esprits, elle embraya :
-Qu'est-ce qu'il y a ? Tu te fous de moi ?
Cette simple idée n'était pas pour la mettre de meilleure humeur. Luciole, son fidèle air perdu accroché au visage, se contenta de la regarder :
-T'es plus petite que moi, en fait.
-HEIN ?!
-Fais pas attention, fit la voix exaspéré de Shinrei. C'est une longue histoire.
-Quelle histoire ?
-Le débat sur la taille que tu fais. Depuis qu'on est partis à ta recherche, Keikoku est persuadé que tu es plus grande que lui. Mais c'est Keikoku. Faut pas faire attention.
Tokito regarda le samouraï du feu d'un air blasé. Celui-ci eut un petit haussement d'épaules et accéléra d'un seul coup le pas, trottinant vivement pour rejoindre Kyo, qui était en tête, avec Yuya. Cette épisode conforta Tokito dans l'idée qu'il n'y avait vraiment pas plus bizarre que Luciole sur cette terre.
Exténués mais bien vivants, ils parvinrent à l'auberge où Sakuya et Okuni étaient déjà là. Elles se précipitèrent pour les accueillir. La chamane serra Kyoshiro dans ses bras, soulagée de le revoir.
-J'ai eu peur que tu ne reviennes pas, murmura-t-elle.
-Eh, t'en fais pas, c'était vraiment des adversaires de pacotille ! répondit le samouraï pour la rassurer.
Ils se réunirent dans le salon, vide à cette heure-là, pour faire le point. Ce fut Mahiro qui parla en premier, évoquant l'homme du nom de Yukio qui avait la capacité de faire revivre les morts à l'infini et de se servir d'eux comme pantins.
-Des morts, murmura Akira, c'est pour ça que je n'ai senti aucune aura émaner d'eux lorsqu'ils nous ont attaqués...
-A quel point ce type est doué dans son domaine ? interrogea Kyo. Ses soldats n'avaient pas l'air robuste ni de fins stratèges.
-Avant de disparaître, il a dit qu'ils n'étaient que la première génération de ses expériences, répondit sombrement Yukimura. Ce qui signifie qu'il doit avoir d'autres pantins dans le genre sous la main, bien plus perfectionnés.
-Oh putain ! jura Tokito en frappant le plat de sa main avec son poing. La morgue, ça lui sert à ça !
-Quelle morgue ?
-Il y avait une sorte de pièce secrète en sous-sol qui servait de morgue, expliqua Akira. Je suppose que c'est ce qui lui servait de laboratoire.
-Y'avait des morts-vivants là-dedans ? demanda Sasuke.
-Non, juste des morts morts, répondit Tokito. C'était peut-être ses cobayes. Son matériel.
En quelques mots, Kyo parla de Daisuke et son aura destructrice, bien plus puissante que celle qu'eux-mêmes peuvent déployer.
-Il a progressé depuis la dernière fois, se contenta-t-il de lâcher en guise de conclusion.
-Il est absolument terrifiant, ajouta Yuya dans un frisson. Son aura lui obéit au doigt et à l'oeil. Il en fait ce qu'il veut. Elle lui sert autant d'arme que de protection.
Enfin, Tokito et Akira parlèrent d'Atsuko, apparemment spécialiste en mélanges douteux et mortels, sans doute une scientifique ou ayant des bases en la matière et possédant l'étrange capacité à ralentir les mouvements et le métabolisme de ses adversaires.
-D'accord, donc en résumé, on a trois adversaires aux capacités assez incroyables plus toute une armée de morts dont on a vu qu'une petite partie dans le château, c'est ça ? résuma Kyoshiro, du ton le plus posé possible.
-Et c'est ça que tu appelles des adversaires de pacotille ?! s'exclama Sakuya.
-Oh, Sakuya, je ne voulais pas t'inquiéter, se justifia le jeune homme en prenant ses mains dans les siennes. Tu n'as aucune raison de t'inquiéter, je te promets.
-Qu'est-ce que vous avez appris, vous ? interrogea Kyo pour couper court à a discussion.
-De ce qu'on a entendu sur le personnage de Daisuke, ça correspond en tout point à la description que tu nous en as faite, répondit Okuni. Mais on a aussi entendu des rumeurs assez folles qui circulent, à mi-voix, à son propos. Certaines personnes disent qu'il aurait été ramené de parmi les morts par ses plus fidèles généraux.
Tous froncèrent les sourcils.
-Quels généraux ?
-Avec ce que vous me dîtes, je me demande si ce n'est pas l'oeuvre de notre nécromant. Daisuke aurait été ressuscité par cet homme après être tombé à Sekigahara.
-Quoi d'autre ? voulut savoir Kyo, extrêmement sérieux.
-Concernant le château Kuru, personne ne sait vraiment ce qui se passe dedans. C'est un lieux hautement mystérieux et rares sont ceux qui osent s'en approcher de trop près. D'ailleurs on dit que les rares personnes à y être entrées n'en sont jamais ressorties. C'est un lieu qui a une sombre réputation. Certains racontent qu'on y mène des expériences pas nettes. Allant même jusqu'à dire que, lorsque le vent est porteur, on peut entendre des gémissements et cris de douleur s'en échapper. Mais rien qui ait pu être prouvé.
Un silence tomba. Des expériences. Des cris de douleur. Des gens qui disparaissent à vouloir regarder de trop près chez les ombres. Rien de bien enthousiasmant, en somme.
-On a récupéré ça, lança Tokito, rompant le mutisme qui s'était installé.
Elle posa au centre du cercle les cartes ainsi que le carnet.
-Ce sont la carte d'Edo et du palais du Shogun, avec des points qui étaient indiqués. Mais je ne sais pas à quoi ils correspondent. Et ce carnet, je ne le comprends pas. Ca a l'air très médical. Akari, tu veux regarder ?
La chamane s'en saisit, le parcourut rapidement, l'air soucieux. Pendant ce temps-là, Tigre avait déplié les cartes et les regardait attentivement.
-Opération Enfer, lut Mahiro à voix haute. Qu'est-ce que ça signifie ?
-Rien de bon, assurément, répondit Shinrei.
-Et si ça avait un lien avec tous les morts que Yukio s'efforce de ramener à la vie ? suggéra Yuya. L'Enfer, c'est la mort.
-Daisuke veut le pouvoir, commença Kyo. Qu'il s'attaque à Edo n'était qu'une question de temps. La capitale représente un enjeu principal pour lui.
-Il veut la place du Shogun ? demanda Tigre, inquiet.
-Ou le manipuler. Quels que soient ses plans réels, le Shogun en fera les frais, pour sûr.
Le Tokugawa se releva subitement :
-Je dois aller à Edo, prévenir tout le monde !
-Je viens avec toi, affirma Mahiro, d'un ton déterminé.
Yuya allait protester, mais Kyo la devança :
-Pas maintenant. La nuit tombe, on ressort d'une longue journée, personne ne se met en route ce soir.
Le ton sans appel du samouraï aux yeux rouges suffit pour faire rasseoir les deux jeunes gens.
-Mangeons et reposons-nous avant, appuya Yuya d'un ton doux. Demain, nous aurons les idées plus claires pour savoir comment nous allons procéder.
-Vu la raclée qu'on leur a mise, nos ennemis ne vont pas se remettre en route de suite non plus, ajouta Yukimura, d'un ton ragaillardi.
-Je garde le carnet, prévint Akari. Je prendrai le temps de le lire et de l'analyser ce soir. Mais avant, il faut MANGEEEEEER !
Sans plus attendre, la chamane galopa hors du salon pour se précipiter vers la salle à manger, où le dîner était prêt. Après un regard silencieux échangé, tous lui emboîtèrent le pas. Ils avaient bien mérité ce repas.
Le reste de la soirée fut consacrée à de la détente. Laver et relaxer le corps meurtri, savourer les bouffées d'air frais nocturne avec le souvenir qu'ils auraient pu ne pas être là pour en profiter, rassurer l'aubergiste quant à leur excursion de la journée. Personne ne lui raconta ce qui s'était en réalité passé car personne ne voulait l'impliquer dans tout ça.
La nuit était déjà bien avancée lorsqu'Akira monta se coucher. Plusieurs d'entre eux étaient déjà partis dans leur coin. Akari analysait le carnet dans un tranquille coin du salon, Shinrei avait préféré partir trouver du calme dans sa chambre, Yuya et Kyo avaient disparu -de très très fortes suspicions planaient, quant à ce qu'ils pouvaient être en train de faire- et Sasuke également avait préféré quitter le groupe, visiblement préoccupé par tout ce qui s'était déroulé depuis le matin.
Dans la chambre, Tokito était assise en tailleur par terre et entretenait son sabre. Elle tournait le dos à la porte d'entrée mais elle sentit Akira entrer. Néanmoins, elle ne se retourna pas. Il resta un instant immobile. Ni lui ni elle n'avait reparlé de ce qui s'était passé au château Kuru. De ce fugace baiser partagé. Enfin, pas tellement partagé, d'ailleurs, même si Tokito n'avait ni crié, ni hurlé et ne l'avait pas frappé en retour. Elle lui avait pris doucement la main, comportement qui, chez elle, valait mille mots.
-Il faut que je trouve deux sabres jumeaux, énonça-t-elle, toujours dos à lui. Je ne peux pas me battre sérieusement avec celui-là.
-C'est un Muramasa...
-Il n'a rien à voir avec mon Hokutoshichisei. Il sert principalement à de la défense, pas à l'attaque. Puis... j'aime pas, avoir une main vide lorsque je me bats. Si je veux tuer cette minable d'Atsuko, je dois pouvoir me battre à 100%.
Son ton s'était durci et son poing se crispa sur son arme. Atsuko était une étrange adversaire. Puissante et désinvolte, mystérieuse, moqueuse, elle était difficile à décrypter.
Akira s'approcha d'elle, s'accroupit et posa une main sur celle qui tenait fermement le sabre.
-T'en fais pas. Tu vas y arriver.
Elle leva la tête vers lui. Elle aimait observer son profil se découpant dans la faible clarté d'une lampe à huile. Ce visage qu'elle avait si souvent regardé, notamment lorsqu'il dormait et qu'elle montait la garde.
-Tu crois ?
-Depuis quand Tokito Mibu doute-t-elle de ses capacités ? demanda le jeune homme avec un rictus.
-T'as raison, pourtant, je ne doute pas que je te battrai quand tu m'auras accordé ma revanche, répondit-elle, sur le même ton.
-Tu perds pas le nord, commenta-t-il dans un rire.
-Penses-tu !
Hésitante au début, sa main libre se posa doucement sur la joue d'Akira. Elle aimait le contact de sa peau, pouvoir enfin effleurer ces traits qu'elle avait secrètement dévorés du regard. Le jeune homme se bougea pas, se contentant d'apprécier silencieusement le contact.
-D'ailleurs, je... je voulais te dire, commença Tokito, enfin...
Elle sentit la main d'Akira venir se poser sur celle qui caressait sa joue et elle inspira profondément :
-Je voulais te dire merci. Tu sais, je t'ai entendue, quand j'étais dans une sorte de... néant ténébreux. Tu m'as appelée. Et c'est en t'entendant que j'ai eu envie de revenir.
Elle sentit Akira entrelacer leurs doigts et elle sourit.
-Je voulais aussi te dire que je t'aime, ajouta-t-elle dans un souffle.
Elle se sentait presque épuisée d'avoir avoué ça. C'était beaucoup trop de choses pour elle, qui n'avait pas l'habitude de mettre ses sentiment à nu de cette façon. Mais là, tout était différent. Elle était différente. Elle laissa son sabre au sol et fit complètement face à Akira. Se redressant sur ses genoux, elle le surplombait, lui qui était assis au sol. Avec un sourire affectueux, elle se pencha vers lui et posa ses lèvres sur les siennes. S'ensuivit un baiser tout d'abord léger et tendre puis bien plus passionné. La main d'Akira quitta la sienne et vint se poser sur sa taille tandis que l'autre était plaquée contre son dos. Lorsqu'ils se séparèrent, à bout de souffle, le cœur et le corps vibrant de ce sentiment nouveau, il se releva, l'entraînant avec lui. Debout, il la prit dans ses bras, la sentant se blottir contre lui.
-Moi aussi je t'aime, murmura-t-il en caressant ses cheveux blonds.
Ils restèrent ainsi un long moment. Akira était heureux de pouvoir enfin serrer le petit corps de Tokito sans qu'elle se dérobe ou l'insulte ou tente de le frapper. Il se souvint de la seule et unique fois où il l'avait vue de ses véritables yeux. Cette fois où il avait vu à quel point elle était belle, malgré ses airs hargneux et violents.
Tokito se détacha un peu de lui et sembla subitement reprendre les choses en main. Elle l'embrassa à nouveau et le força à reculer de quelques pas. Avant qu'il puisse comprendre quoi que ce soit, elle l'avait fait tomber sur le lit et était assise à califourchon sur lui. Il ne le voyait pas mais devina le large sourire peu rassurant qu'elle affichait. Tandis que ses doigts parcouraient la nuque, les épaules du jeune homme, écartant les pans de son kimono pour venir effleurer le haut de son torse, elle susurra :
-Hm je pense que ma revanche, tu vas me l'offrir dès cette nuit.
Face à l'audace et, surtout, aux paroles non dénuées de double-sens de la jeune femme, il piqua le fard du siècle, se demandant un instant si Luciole n'avait pas déteint sur lui et s'il n'était pas en train de prendre feu.
-Tu sais que t'es mignon quand tu rougis ? reprit Tokito dans un léger ricanement.
Il fallait bien l'avouer : à cet instant-là, elle le subjuguait complètement. Il était comme hypnotisé -bien que ce terme ne soit pas adéquat à son cas, puisqu'il avait toujours les yeux clos- par le comportement de la jeune blonde, se sentant frissonner sous ses doigts qui s'amusaient à parcourir sa peau.
Tokito eut un sourire satisfait. Avoir le samouraï à sa merci de cette façon lui plaisait. Elle allait lui montrer, comment elle allait le battre cette fois-là. Eventuellement, elle allait aussi lui montrer combien elle l'aimait. Maintenant qu'elle avait fini par s'avouer que non, il ne la laissait pas indifférente et que oui, elle avait terriblement besoin de lui. Besoin de son affection, de son attention, de ses sourires même moqueurs.
Elle se redressa et, tendant la main vers la lampe positionnée entre leurs deux lits, elle entreprit de l'éteindre. Cela ne changeait sans doute pas grand-chose pour lui. Mais pour elle, oui.
Elle se fit plus entreprenante, embrassant Akira dans le cou tandis que ses mains s'occupaient de défaire la ceinture qui retenait les pans de son kimono.
De son côté, le jeune homme s'était senti pris au dépourvu. Lui qui avait l'habitude de tout calculer à l'avance, devinant les mouvements adverses pour les anticiper, cette fois-ci, il n'avait rien senti venir. Pas une seule fois il n'avait envisagé que Tokito pût agir ainsi. Néanmoins, il avait eu le temps de reprendre ses esprits et un fin sourire se dessina sur ses lèvres. Une de ses main se fraya un passage dans les cheveux blonds de son amante tandis qu'il murmurait :
-Tu crois vraiment pouvoir me vaincre dans ce combat ?
D'un habile mouvement, il inversa leur position, plaquant le corps de Tokito contre le matelas. Elle afficha un rictus dans le noir suivi d'un soupir sous les baisers de l'homme qu'elle aimait. Bientôt, son kimono subit le même sort que celui d'Akira qu'elle s'était employé à défaire, dévoilant sa petite poitrine qu'elle n'avait aucun mal à noyer dans d'amples vêtements.
-T'es qu'un minable, bien sûr que je te vaincrai, murmura-t-elle, après un énième soupir, tandis qu'il embrassait ses seins.
A son tour, il eut un rictus :
-C'est ce qu'on va voir.
Planquant ses lèvres sur les siennes, ils partagèrent un intense baiser, à la hauteur de l'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Leurs mains se cherchèrent, se trouvèrent, découvrirent l'autre, s'appréhendèrent, apprivoisant le corps adverse. Ils se séparèrent, se retrouvèrent, dans des embrassades et des caresses passionnées.
C'était une danse à deux sur l'infini de l'univers. Une danse jusqu'à épuisement, jusqu'au bout de la nuit, à se sentir l'un l'autre dans une osmose parfaite.
Ils apprirent à se connaître, se guidant mutuellement à la découverte de ces sensations nouvelles. Leurs cœurs et leurs corps emmêlés, ils coururent ensemble sur cette route qu'ils n'avaient, jusque là, jamais empruntée, heureux de la présence de l'autre.
Hors de l'espace et du temps,
Vous valsez ensemble, accordant vos souffles et vos mouvements.
Les maladresses du début, bien vite rattrapées. Ensemble, vous apprenez. Vous cherchez, vous trouvez. Vous vous aimez et c'est sans doute ça, la recette clé.
Celle qui permet d'ouvrir toutes les portes vers tous les astres de l'infini.
Dans les bras l'un de l'autre. Frissons, chaleur, tremblements.
Tu ne t'es jamais sentie aussi tranquille, aussi aimée, respectée, acceptée qu'à cet instant-là, contre lui, à caresser son visage, apprécier son corps, envoyer valser la pudeur et la gêne.
Il te sourit tandis que tu reprends le dessus et à cet instant, tu dis que
Peut-être
C'est ça, le bonheur.
Se noyer dans son sourire, croquer son âme à pleines dents, lui offrir la tienne en retour.
Plus que ça
Ce bonheur,
Vous y avez droit. Tu le sais, à votre manière, l'un et l'autre, vous en avez bavé. Il a tout sacrifié pour devenir celui qu'il est à présent, il a péniblement avancé sur la voie du samouraï alors que rien ne l'y prédestinait. Tu as sans cesse combattu les regards et l'amertume que les autres te portaient pour une chose dont tu n'étais même pas responsable -ta seule faute étant d'être l'enfant d'un traître- tu t'es battue bec et ongles pour t'imposer auprès des Mibu qui ne voyaient que le fils de Muramasa.
A votre façon, vous avez lutté pour exister.
Vous n'avez jamais envisagé autre chose que le combat permanent.
Mais à cet instant, tu découvre qu'être heureuse, ça tient à peu de choses.
Et que vous avez le droit, vous aussi, de saisir ces instants. Parce que chaque être mérite de trouver son bonheur.
Vos souffles et vos gémissements se mêlent, vos auras de confondent dans un magnifique ballet à la fois universel et très personnel. Cette danse qu'ont connu tant d'êtres avant vous, mais que vous interprétez à votre façon.
Tu as un peu l'impression de voler.
Aller à la conquête du monde et de l'univers avec lui.
En soi, oui. Vous pourriez aller jusqu'au bout de la galaxie, ensemble. Vous pourriez faire trembler les monts les plus solides à l'aide de votre bonheur. Vous pourriez défier la loi de la gravité et même ressortir vainqueurs face à la Mort simplement en restant unis.
Votre combat ne cesse pas, tu prends le dessus avant de t'abandonner de nouveau il agit de la même façon, te laissant la main, reprenant le contrôle. Finalement, il n'y a ni dominant ni dominé, ni vainqueur ni perdant dans votre jeu. Seulement un partage.
Et vous continuez de courir
Jusqu'à exploser
Peut-être que les étoiles explosent avec vous
Tandis que tous vos rêves les plus fous semblent à portée de main
Dans cet élan qui dérègle les sens, rend folles les âmes et annihile la froide pensée cohérente. Il n'y a plus que vous, vos cœurs battant à tout rompre et vos corps, qui aimeraient rester à jamais liés. Tu aimerais que la course n'ait jamais de fin.
Tu ne t'es jamais sentie aussi bien qu'au moment présent.
Tes paupières battent doucement
L'élan s'estompe peu à peu
Tu fermes les yeux
La valse ralentit
Les étoiles sont toujours là -celles que vous deviez conquérir à deux
Et tu inspires profondément.
Epuisée mais heureuse, Tokito vint se blottir tout contre Akira. Celui-ci l'enserra dans ses bras, la tenant fermement contre lui. Il avait le souffle court, le cœur battant. Cette nuit était presque trop belle pour être vraie. Il caressait doucement le dos nu de sa belle, profitant de la douceur de sa peau, de la chaleur de son souffle dans son cou. Il aurait voulu que l'éternité ressemble à ça. Qu'ils puissent continuer de flotter ainsi jusqu'à l'infini, dans les bras l'un de l'autre, vibrants de tout ce qu'ils venaient de vivre. Il voulut lui dire qu'il l'aimait mais sur le coup, aucun son ne sortit. Il embrassa alors son front et la sentit sourire.
Qui aurait pu penser que lui, le « minable »Akira de basse extraction, même pas prédestiné à devenir samouraï, passerait un jour la plus merveilleuse des nuits en compagnie de Tokito qui était, sur ce plan-là, tout l'inverse de lui (issue d'un haut et noble clan de samouraï avec un héritage génétique à la hauteur de ses origines) ?
Il eut un sourire à cette pensée. Le sang n'était rien. Et sans doute pas une barrière. Car les sentiments ne connaissent pas de telles frontières socialement construites.
Tokito passa une main derrière la nuque du jeune samouraï et entremêla ses doigts à ses cheveux blonds vénitiens.
-J'espère pour toi que je ne suis pas enceinte, lâcha-t-elle au bout d'un moment.
-QUOI ?!
Tokito, ou comment briser le romantisme en une seule phrase. Il la sentit être agitée par un rire franc et amusé et elle se redressa un peu, embrassa son front :
-T'en fais pas, ça devrait pas.
Si elle ne connaissait pas grand-chose au monde extérieur, ayant toujours vécu chez les Mibu, elle connaissait en revanche extrêmement bien son propre corps. Ce corps qu'elle avait si souvent maudit, qu'elle avait caché, qu'elle avait détesté. Elle s'était longtemps demandé pourquoi la nature l'avait fait naître avec un vagin et avait été jusqu'à le nier, heureuse que tout le monde la prenne pour un jeune garçon. Mais, parce que la nature est mal faite, ledit corps aimait rudement bien la ramener à la réalité au minimum une fois par mois. Elle avait beau le maudire, cela n'y changeait rien.
Alors, puisqu'elle ne pouvait rien faire pour modifier ça, elle avait adopté une autre tactique. Elle avait appris à le connaître. Parce que plus on connaît son ennemi, mieux on pourra le vaincre. Froid et implacable raisonnement.
Discrètement, elle avait eu tendance à fouiner près de chez Hishigi et ses livres de biologie. N'ayant aucun parent pour lui parler de tout ça, eh bien elle s'était renseigné toute seule ! Ca ne l'avait pas réconciliée avec l'idée d'être née avec un vagin, loin de là. Mais au moins, elle avait appris des trucs. Et à force de temps, de lectures et d'analyses empiriques, elle avait appris à se comprendre, à connaître ses cycles, les redondances, les changements imperceptibles au regard extérieur suivant la période du mois. Ca avait été la grosse galère les premières années, quand aucun cycle ne ressemblait au précédent. Mais en grandissant, les choses s'étaient stabilisées.
-T'as toujours le don pour sortir les bonnes phrases au bon moment, ricana-t-il.
-Mais c'est pour ça que tu m'aimes.
Il l'embrassa tendrement.
-C'est pour ça que je t'aime, répéta-t-il avec douceur.
Ils finirent par s'endormir dans les bras l'un de l'autre, bercés par ce bonheur nouveau qui les enveloppait.
Des avis ? :3
Ca faisait longtemps, que j'avais pas écrit un truc romantique comme ça. Puis je sais pourquoi, j'ai eu envie d'écrire à "tu" et "vous" et il a fallu que je choisisse, entre Akira et Tokito et du coup j'ai pris Tokito... je sais pas trop quoi penser de ce passage en fait. Mais je l'ai écrit et j'ai pas voulu l'effacer. Alors il est là, entre deux trucs.
Bref, hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre !
Et rendez-vous la prochaine fois, pour la suite et dernier arc de leurs aventures ! Nous allons entrer dans la phase affrontement final dès les prochains chapitres :D
