Bonsoir ou bonjour (tout dépend de quand vous lisez ceci) ! J'espère que vous vous portez bien, c'est la période des jours fériés et ça, c'est vachement trop classe. Alors pour pas trop que vous vous ennuyiez en ces temps plus relâchés, je vous envoie ce nouveau petit chapitre, en espérant qu'il vous plaira !

Neliia, eh oui, Edo, c'est un beau symbole pour un feu d'artifice. Et évidemment, la pauvre Yuya risque de déguster. Il lui arrive toujours des malheurs à cette pauvre femme ! C'est jamais bon d'être trop proche de Kyo, en fait.

En tout cas, bonne lecture à tout le monde ! Et n'hésitez pas à me laisser votre avis ;)


-Aaaaaaah, je vais exploser je crois !

Tigre Rouge se laissa tomber au sol, le sourire du bienheureux sur son visage. A côté de lui, Mahiro paraissait gênée :

-Ce… ce n'est pas un comportement adéquat ici ! s'exclama-t-elle sans trop oser le regarder, son attention davantage rivée sur leur hôte qui n'était autre que le père de l'abruti écrasé au sol, autrement dit Ieyasu Tokugawa.

-C'est ta faute, tu t'es empiffré comme un porc, fit remarquer Yuya.

-Il faut avouer que c'était très bon, commenta Sakuya d'un ton tranquille. Merci infiniment de votre hospitalité, Sire Tokugawa.

Tigre commençait à se rouler au sol, comme pour en apprécier la texture, heureux d'être si bien repu. L'ensemble de la bande arbora un air désespéré jusqu'à ce qu'une voix grave et autoritaire ne s'élève :

-Hidetada, il suffit !

Le fils se figea et obéit aussitôt.

-Et si vous m'explicitiez davantage ce qui vous a tous conduits ici ? reprit l'homme après un court silence.

Ils étaient en effet arrivés à Edo peu avant la tombée de la nuit. Sur le chemin, ils avaient retrouvé Akari et Shinrei, lesquels étaient assez soucieux. Apparemment, ils n'avaient pas été les seuls à avoir eu l'idée de revenir au château Kuru et leurs ennemis étaient passés avant eux. Beaucoup de choses du laboratoire avaient été emportées et la morgue était vide.

-Nous avons toutes les raisons de croire que la capitale est menacée, commença Kyo après une gorgée de saké.

-Onihiro Daisuke, ce nom vous dit quelque chose ? interrogea Bonten.

Le Shogun eut un air sombre à l'évocation de ce nom et hocha lentement la tête :

-Un renégat avide de pouvoir. Qui a disparu après Sekigahara.

-Il est réapparu, se contenta de dire Kyo, sans regarder le Tokugawa.

-Il semble en vouloir à la capitale, continua Yuya. Plusieurs indices nous le suggèrent. Nous ne savons pas quand il est susceptible d'arriver...

-Mais vous devez vous tenir prêt, acheva Kyoshiro.

Se relayant les uns les autres, ils exposèrent la situation, ce qu'ils savaient des plans de Daisuke, les suppositions qu'ils avaient faites quant à son sérum et la forte probabilité que son armée soit composée de morts-vivants.

Ieyasu ne les interrompit pas, l'air soucieux. Son regard sombre était plongé dans le vague, ses sourcils froncés. Tigre l'avait rarement vu aussi concentré.

-Si ce que vous dites est vrai, nous n'avons pas de temps à perdre. Jusque là, nos informateurs n'ont rien signalé de suspect mais il ne faut pas sous-estimer Daisuke. S'il a pu revenir d'entre les morts, il peut beaucoup de choses, avec ses deux mains armées, comme vous les appelez.

Il se leva subitement.

-Je vais en informer la garde de ce pas. Nous allons redoubler de vigilance et faire en sorte que tout le monde se tienne prêt. Lorsque vous aurez terminé votre repas, on vous montrera vos quartiers. Vous pourrez y rester aussi longtemps que vous le souhaiterez.

-Nous y resterons au moins jusqu'à ce que Daisuke et son équipe ne soient plus qu'un tas de cendres inoffensif, répondit Kyo d'un ton sans appel.

-Oooooh j'adore quand tu parles comme ça ! s'exclama Akari.

-Oui, nous allons protéger Edo tous ensemble, approuva Kyoshiro.

-Yukimura ne devrait pas tarder à nous rejoindre avec ses guerriers, ajouta Mahiro d'un ton confiant.

-Et nos deux jeunes caractériels aussi, renchérit Bonten avec un sourire.

-Ils marchent trop lentement, commenta Luciole en regardant vaguement le plafond.

-Je crois qu'ils sont surtout trop heureux d'être seuls et trop occupés à faire des bêtises pour nous rejoindre rapidement, hihi. Ah, c'est qu'il grandit mon p'tit Akira !

Tout le monde jeta un coup d'oeil dubitatif à Akari, qui était toute réjouie à cette idée.


Mais les prédictions de la chamane n'était pas tout à fait vraies. En vérité, s'ils pouvaient avancer plus vite, Tokito n'en aurait été que plus heureuse. Malheureusement, il y avait comme qui dirait un poids qui les empêchait de rejoindre Edo rapidement.

-A... attendez ! J'ai mal aux pieds ! J'en peux plus !

-Aaaaaaarh mais vous êtes en sucre ou quoi ?!

-Pas en sucre, madame, mais j'suis pas formé à marcher ! Et vous m'imposez ça !

Tokito fit un brusque volte-face et, en trois pas, elle combla la distance entre Keichi et elle. Elle attrapa l'homme par le col de son vêtement et lui lâcha, d'un ton de colère contenue :

-On ne vous impose pas ça, on vous sauve la peau ! Le minimum serait d'être RECONNAISSANT ! Alors maintenant, vous vous démerdez mais si vous ne suivez pas le rythme, crevez ici, rien à foutre !

A mesure qu'elle parlait, l'homme, effrayé, rentrait dans son col à la façon d'une tortue dans sa carapace. A cet instant, il aurait voulu être partout sauf là. Il voulait disparaître. Cette gamine était vraiment trop flippante, il ne comprenait pas comment l'autre -qui se nommait Akira, apparemment- parvenait à la supporter et garder son calme.

Tokito lâcha l'homme et reprit sa route, d'un pas plus vif.

Akira, qui avait assisté à toute la scène en silence, fit un petit signe de tête à Keichi qui signifiait « allez, on se remet en route ». Puis il rattrapa la blonde qui fulminait.

-Tu sais que tu fais peur, quand tu t'énerves. Même si ça te donne des couleurs qui te vont bien, ajouta-t-il dans un sourire malicieux.

Elle lui envoya une claque derrière la tête :

-Raconte pas n'importe quoi, tu ne vois pas.

-Non, mais je t'ai vue énervée pendant notre combat. Et c'était exactement ça : tu fais peur mais ça te donne un charme fou.

A ces mots, elle s'empourpra, bégaya une phrase sans sens, toute sa colère ayant disparu en fumée. Akira eut le sourire du vainqueur : il aimait tellement la déstabiliser ainsi.

Il tourna légèrement la tête derrière son épaule. Keichi avançait. Plus lentement, mais il avançait.

Le samouraï prit dans sa main celle de sa compagne avant de lui glisser :

-Tu sais à qui il me fait penser ?

-Hm ?

-A une certaine furie blonde qui avait un peu tendance à toujours se plaindre et geindre en me suivant.

La main dans la sienne s'échappa et bientôt, un poing vint percuter son estomac. Tokito ricana en l'entendant gémir légèrement.

-Répète un peu ! Je ne me plains ja-mais !

-C'est trop drôle comment tu pars au quart de tour. T'es vraiment explosive. Mais je t'aime comme ça, ajouta-t-il en reprenant sa main.

Cette fois-ci, elle ne se déroba pas et, bien au contraire, entrelaça leurs doigts, un léger sourire aux lèvres.

Après quelques crises de nerf et de jours de voyage somme toute sans incident, ils parvinrent à Edo. Akira en tête, ils prirent de nombreuses petites ruelles, avançant peu à peu vers le palais, espérant retrouver bientôt les autres. La première chose que les deux samouraï constatèrent, en voyant l'activité de la capitale était que Daisuke n'avait toujours pas frappé. Un bon point. Même si ce n'était que repousser à plus tard cette échéance. Néanmoins, au fond d'elle, Tokito avait espéré que cela n'arrive pas en leur absence car elle avait quelques petits différends à régler avec Atsuko. Et elle voulait absolument être celle qui lui ferait mordre la poussière.

-Eh, eh, appela Keichi. Vous allez où ? Vous êtes sûrs que c'est par là ? On dirait plutôt que c'est le chemin pour aller au...

-Ouais, au palais, exactement, coupa Tokito.

-Mais... pourquoi on va au palais ? Eh, je suis recherché, moi ! Ca craint pas...

-Mais noooon.

-C'est justement là-bas que vous trouverez votre contact privilégié pour vous aider à quitter le pays, répondit Akira. Et nous, on retrouve les autres.

Une heure plus tard, Akari sautait au cou d'Akira qui tentait vainement de se défaire de son emprise, sous le rire moqueur de Tokito.

-Oh làlà, on a crû que vous vous étiez perdus en court de route ! s'exclama la chamane d'un ton empli de sous-entendus que personne ne voulait entendre.

-Et c'est qui, lui ? interrogea Luciole en pointant Keichi du doigt.

-On vous a déjà vu, constata Shinrei, fronçant les sourcils, cherchant à se rappeler. A Kyoto, non ?

-C'est Keichi, annonça Tokito. Et il va avoir besoin d'un coup de main pour quitter le pays. En l'occurrence, Tigre, c'est de TON aide dont il va avoir besoin. Et si tu veux pas, tu peux toujours demander leur avis à mes poings, ajouta-t-elle d'un sourire carrément flippant.

-Ouh, mais tout ce que tu veux, je veux juste pas que tu me casses les bras !

Le lancier prit un petit air suppliant, faisant exploser de rire toute l'équipe. Keichi regardait cet homme avec suspicion. Puis, se penchant vers Akira -lequel était parvenu à décoller Akari de lui- :

-C'est vraiment lui qui est censé m'aider ? Je sais pas pourquoi, mais je n'ai pas tellement confiance.

-On dirait pas comme ça, avec son air d'abruti fini, mais il se trouve que cet idiot est Hidetada Tokugawa, celui qui, en théorie, devrait succéder à Ieyasu Tokugawa en tant que Shogun.

Cette révélation eut l'effet d'une bombe chez Keichi. Il pâlit, à l'idée que ce noble personnage ait pu entendre son commentaire dubitatif à son sujet. Il s'apprêter à se prosterner pour présenter toutes ses plus plates excuses mais Akira le retint :

-T'embête pas avec ça. Puis faudrait pas qu'il prenne la grosse tête non plus. En plus, je suis persuadé qu'il ne t'a pas entendu.

En effet, Tigre semblait plus occupé à masser la bosse que lui avait quand même faite Tokito -un mot de trop, sans doute, comme bien souvent.

La blonde reporta brusquement son attention sur Keichi, lequel se figea. Après ces quelques jours passés avec elle, fallait bien l'avouer, il se méfiait. Mais étrangement, elle ne semblait pas énervé et, bien au contraire, affichait une mine réjouite :

-Bon, je crois que ton problème est réglé, Keichi ! Le Tigre-Débile t'aidera à quitter le pays avant que tu ne te fasses trancher la tête.

-Mais je ne peux pas m'en occuper de suite, précisa le lancier. J'ai bien peur qu'il nous faille attendre que la menace Daisuke soit écartée. Mon père ne laissera personne partir dans ces conditions.

-Alors butons Daisuke rapidement, une bonne fois pour toute, répondit Kyo, un large sourire sadique aux lèvres.


Alors qu'ils dînaient tous ensemble dans une sorte de salle à manger privée, Ieyasu Tokugawa fit son apparition.

La mâchoire de Keichi faillit se décrocher tellement la surprise de rencontrer le Shogun pour de vrai était grande. Il ne pensait pas que ça lui arriverait un jour. L'arrivée de l'homme fit tomber un grand silence et, d'un geste discret, du bout de l'index, Tokito exerça une pression sous le menton de Keichi pour lui refermer la bouche.

-Venez avec moi, déclara le Shogun. J'ai quelque chose à vous montrer.

Personne ne contesta et tout le monde se leva, suivant l'homme à travers de nombreux couloirs. Ne sachant trop ce qu'il était censé faire, Keichi fit de même. Et comme personne ne lui dit rien ou ne tenta de l'évincer, il supposa que c'était la bonne chose à faire.

Ils arrivèrent dans une grande pièce qui semblait mener à d'autres pièces attenantes. Des centaines d'étagères croulaient sous la paperasse. Quelques tables étaient disséminées et c'est vers l'une d'elle que Ieyasu les conduisit. Deux dossiers étaient posés dessus.

-J'ai ordonné qu'on fasse des recherches dans nos archives pour voir si nous avions quelque chose à propos des deux individus qui accompagnent Daisuke. Mon personnel est très compétent aussi il a réussit à dénicher des profils qui peuvent correspondre.

Il tapota les deux dossiers et, d'un regard, les invita à en prendre connaissance.

Ce fut Yuya qui s'avança, ouvrit le premier.

-Minai Atsuko, lut-elle à voix haute.

Le dossier compilait une fiche d'identité, un acte de naissance, l'acte de mariage de ses parents, des notes éparses et un acte de décès. Yuya se figea en découvrant ce dernier.

-Qu'est-ce que...

-Minai Atsuko était une jeune infirmière, commença Ieyasu, très douée, apparemment. Un peu sauvage et violente sur les bords. Les gens n'aimaient pas trop s'approcher d'elle mais elle avait un bon contact avec les patients. Ses supérieurs disaient qu'elle avait un don étrange, celui d'apaiser la douleur en persuadant la personne que tout allait bien, qu'elle n'avait pas mal.

-Une manipulation de l'esprit ? s'enquit Shinrei.

-Quelque chose comme ça. Enfin, c'est ce qui se raconte. On n'a jamais su ce qu'il en était réellement. Car elle mourut avec ses parents et son petit frère dans l'incendie qui ravagea leur foyer.

Ieyasu pointa du doigt le deuxième dossier.

-Lui, c'est Yukio, on ne lui connaît pas de nom de famille. Un orphelin qui a vécu dans la rue. On a une trace de lui à partir du moment où il a été incarcéré pour meurtre. Il avait sept ans. Il aurait affirmé que c'était parce que le garçon tué ne voulait pas être son ami. Et, je cite « mort, il aurait été mon ami. Les morts sont toujours mes amis ». Le lieu où il a été emprisonné a connu un incendie ravageur un an et demi plus tard. Comme toutes les autres personnes présentes, il a été déclaré mort puisqu'il n'est plus jamais réapparu ensuite.

-Qu'est-ce que ça signifie ? interrogea Okuni. Si Daisuke a été ramené à la vie par Yukio, qui a ramené Yukio et Atsuko à la vie ?

-Personne, répondit Tokito d'un ton lent. L'incendie, le corps calciné et donc non identifiable, c'est comme pour Yoko. C'est leur modus operandi. Simuler une mort et disparaître. Pour rejoindre les ombres.

-Nous avons donc un nécromant fasciné par le morbide depuis très jeune et une manipulatrice d'esprit, résumé Kyo, d'un ton neutre. On va bien s'amuser.

Un homme en armes les interrompit :

-Sire, des informateurs nous ont avertis d'un mouvement suspect au nord. Je pense que vous devriez venir voir.

Ieyasu ne perdit pas de temps. Il informa ses invités qu'ils pouvaient rester ici s'ils le souhaitaient et il disparut à la suite du soldat.

-La tempête approche, murmura Sakuya.

-Et nous allons l'affronta, affirma Kyo. Que ceux qui ne souhaitent pas se battre rejoignent les civiles pour se mettre à l'abri. Toi, là, le type -il désigna, de son sabre, Keichi, lequel eut un air paniqué en voyant une lame pointé dans sa direction- tu sais te battre ?

-Hein ? Euh mais non je...

-Il n'est pas non plus formé à marcher, renchérit Tokito en levant les yeux au ciel.

-Bon alors quand ça va exploser, t'auras intérêt à avoir ramené tes fesses ailleurs.

Ils quittèrent l'énorme aile des archives et constatèrent qu'il y avait du mouvement dans le palais. Apparemment, le mouvement suspect était vraiment suspect aussi le Shogun avait pris des dispositions pour mettre la population à l'abri. Des cavaliers sillonnaient la ville pour intimer les gens de rester chez eux dans le palais, les civiles étaient invités à se regroupés dans un lieu sûr, conçu spécifiquement en cas de danger et d'invasion.

Les pupilles rouges de Kyo se posèrent sur Keichi.

-Oh euh... oui oui je vais aller avec eux, s'empressa de dire l'homme.

-Je viens avec vous, déclara Sakuya d'une voix douce.

Elle se tourna vers Kyoshiro et posa une main sur sa joue :

-Je ne ferais que vous empêcher de les combattre. Ne t'en fais pas pour moi, je vous attendrai.

-Sa... Sakuya... pourquoi faut-il toujours qu'un mauvais truc nous tombe dessus ?

Elle eut un doux sourire :

-Avec un peu de chance, ce sera le dernier mauvais truc.

-Oui, je te promets qu'après ça, on mènera ensemble la vie dont on a toujours rêvé.

Il prit ses deux mains dans les siennes.

-Ca me paraît être un bon plan, répondit la jeune femme.

Puis elle s'éloigna en compagnie de Keichi.

-Je ne sais pas pourquoi Yukimura n'est toujours pas là, commenta Okuni. Je vais aller à sa rencontre et le prévenir de la situation.

A son tour, elle quitta le groupe, s'échappant non pas dans un couloir mais par une des fenêtres.

-Eh bien, pour nous autres, on sait ce qu'il nous reste à faire, dit Bonten en faisant craquer les os de ses grosses mains.

-Arh, c'est horrible ce bruit ! s'écria Akari. Tu tiens à ce que je révèle tous tes secrets ?

Elle agita son bâton de chamane en direction du géant, l'air menaçant. Celui-ci cessa aussitôt son activité, blanc comme un linge.

« En fait, Akari est peut-être encore plus effrayante que Tokito » songea Akira, une petite goutte de sueur coulant le long de sa tempe.

Le temps sembla infiniment long.

Avant les premiers cris.

Tigre était parti se renseigner sur l'avancement de la situation. Il revint en courant vers la Kyo-team qui n'avait pas bougé du hall dans lequel ils se tenaient tous, attendant.

-La porte nord a cédé et c'est la voie royale pour une invasion de zombies de la mort qui tue ! s'exclama-t-il. L'armée tente de leur faire obstruction et de les mettre à terre mais ils ont l'air vachement plus débrouillards que ceux qu'on a vus au château Kuru. En plus, apparemment, ils se relèvent, même pris dans les flammes.

-C'est qu'ils ont pas du bon feu, déclara Luciole, s'enflammant tout seul.

-Arrête ça ! ordonna Yuya. Tu vas incendier tout le palais !

-Ca, c'est du vrai feu, continua le samouraï, ne se préoccupant pas des remarques de la chasseuse de primes.

-Keikoku, on a compris, éteins-toi sinon je te balance de l'eau dessus.

Le regard tueur que lança le concerné à son demi-frère aurait fait pâlir n'importe qui. Mais Shinrei, qui y était habitué, ne se laissa pas décontenancé. Et finalement, il eut gain de cause. Luciole-la-torche-vivante finit par redevenir uniquement Luciole.

Tout à coup, Kyo remarqua, par l'une des fenêtres, quelque chose qui arrivait dans leur direction à grande allure.

-ATTENTION ! hurla-t-il tandis que le projectile défonçait la vitre.

D'un même mouvement, il firent un ou plusieurs sauts pour s'éloigner alors que l'engin explosait en un grand bruit, soufflant les fenêtres et dégageant une atroce fumée.

Kyo s'était jeté au sol, plaquant Yuya sous lui pour la protéger.

Il entendit les débris de verre voler et certains virent érafler sa peau. Mais au moins, l'explosion n'avait pas eu raison d'eux.

La fumée noire qui se dégageait le fit tousser tandis qu'il guettait, la main crispée sur son sabre. Cette attaque était synonyme du début du combat. Il fallait s'attendre à tout, compte tenue de leurs ennemis. Ils étaient apparemment déjà entrés dans Edo et causaient pas mal de soucis à l'armée du Shogun. La solution pour en finir au plus vite était de tuer l'hydre pensante à trois têtes : Daisule, Yukio et Atsuko.

Tout à coup, un sifflement strident emplit les oreilles du samouraï aux yeux rouges. Il n'avait aucune idée d'où provenait ce son. Mais il prit conscience qu'il n'entendait plus les autres, ne sentait plus ni leur présence ni leur aura. Il était comme au milieu de rien, enveloppé dans un fumée noire.

Même Yuya, censée être tout près, il ne la sentait plus. Où était-elle ? Il doutait qu'elle soit partie à moins d'avoir une très bonne raison de le faire. Sa Planche-à-Pain était plutôt du genre à rester avec lui quoi qu'il en coûte. Alors pourquoi ne ressentait-il plus sa présence ? Il chercha à se relever complètement mais son corps ne lui obéissait plus. Ses pensées lui paraissaient confuses. Mais surtout, où était Yuya ?!


Elle avait senti Kyo se jeter sur elle et la plaquer au sol. Puis ensuite, plus rien. Elle était sûre de ne pas s'être évanouie, puisqu'elle pensait toujours. Mais elle n'entendait rien, ne sentait rien. Elle voulut appeler Kyo. Mais ses cordes vocales semblèrent refuser de lui obéir. Comme si elle était complètement ahurie suite à l'explosion. A ceci près qu'elle avait l'impression d'avoir basculé dans une autre dimension.

Il faisait noir.

Si noir.

Elle avait l'impression d'être toujours allongée au sol mais sans trop en être sûre.

Elle avait senti le corps de Kyo contre le sien quelques secondes plus tôt. Mais là, il n'y avait plus rien, plus personne.

Elle était seule.

Elle ne comprenait pas ce qui lui était arrivé. Elle entendait son cœur battre plus vite, plus fort, à mesure que le temps passait. Mais même ce concept-là -le temps- sonnait étrange dans cet univers exclusivement ténébreux, où elle avait l'impression de végéter, solitaire.

A nouveau, elle tenta d'appeler Kyo. Même échec.

Soudain, elle sentit quelqu'un ou quelque chose l'attrapa par la cheville et la tirer sans ménagement. Elle hurla. Ou du moins elle voulut hurler. Sans trop savoir si ses cris avaient porté. Elle tenta de se débattre. Mais ses bras lui paraissaient lourds et elle n'était même plus certaine de tenir toujours son arme dans sa main.

La personne ou la chose continua de la traîner, de l'éloigner, mais le paysage ne changeait pas, elle continuait d'être dans le noir. Elle sentait seulement qu'on la déplaçait.

Puis tout à coup, elle fut bousculée, ne comprit pas grand-chose, se reçut un coup et perdit connaissance.


-Kyo. Kyo !

Kyoshiro claqua des doigts et l'homme aux yeux rouges parut soudainement se rendre compte de sa présence.

Tout se dissipa en un instant et Kyo vit le hall en grande partie détruit par l'explosion ainsi que les quelques personnes avec lui. Kyoshiro le regardait d'un air inquiet, Bonten, Tigre et Mahiro étaient un peu en retrait, muets, pâles.

-C'était quoi, ça ?

-Un explosif particulièrement puissant, répondit le pharmacien. Mais il y a eu autre chose. Après l'explosion, apparemment on a... c'est comme si on s'était tous retrouvés dans des endroits différents tout en étant là. J'étais sur une route sans fin, flottant dans l'univers.

-Le palais était complètement désert et je ne vous voyais pas, compléta Tigre.

-J'étais en train de me noyer au milieu de mes araignées, frémit Mahiro.

-Et moi, j'étais dans un paysage indistinct d'où il ne provenait ni son, ni odeur, ni sensation.

Les dents de Kyo grincèrent alors qu'il se relevait. Il repensa à l'absence soudaine qu'il avait sentie. La fumée qui lui gâchait la vue et le manque de sensations, comme si tous ses sens avaient été obstrués.

-Il semblerait que notre manipuleuse d'esprits se soit trouvée dans le coin, grimaça-t-il.

Puis son regard dévisagea les quatre personnes présentes, une à une.

-Où est Planche-à-Pain ?

-Je ne l'ai pas vue, souffla Kyoshiro.

-Elle était avec moi ! Je l'ai sentie, elle était là puis...

Puis il n'avait plus rien senti. Plus rien vu. Compte tenu de la confusion totale qui avait dû agiter le groupe, il aurait sans doute été très facile de l'enlever. Mais pourquoi ?

« Parce que tu tiens à elle. Et Daisuke le sait » lui souffla une petite voix.

Son poing se crispa sur son sabre, à en faire blanchir les jointure de sa main.

-On doit la retrouver. Vite.


-Le couloir tourne.

-Merci Keikoku, on avait vu.

Le samouraï de feu eut un petit haussement d'épaules, l'air perdu. L'explosion les avait balayés, lui, Shinrei et Akari. Lorsqu'il s'était relevé, il avait senti que tout tournait, il n'avait pas très bien compris cette sensation alors il avait marché. Et il avait retrouvé ses deux compagnons. Personne ne savait où étaient les autres, aussi ils avaient pris la décision d'avancer ensemble, pour sonder les environs.

Les couloirs du palais paraissaient calmes. Trop calmes, peut-être, compte tenue du cataclysme qui était en train de s'abattre sur la capitale.

Tout à coup, alors qu'ils tournaient, justement, dans ce couloir qui tourne, ils tombèrent nez-à-nez avec des soldats ennemis. Ils ne ressemblaient plus à ceux qu'ils avaient vu au château Kuru. Ceux-ci semblaient plus réels, plus humains, moins zombies-pantins. D'ailleurs, le nécromant semblait avoir fait son travail jusqu'au bout puisqu'ils s'avérèrent être dotés de parole :

-Oh, quelle bonne surprise, encore des avortons à éliminer.

Shinrei se prépara à l'attaque, l'air déterminé. Tandis que son demi-frère lançait un regard vague au plafond.

Un premier soldat crut pouvoir profiter de cet air absent pour se jeter sur lui, sabre prêt à l'emploi. Mais, comme à son habitude, en mouvements étranges et désordonnés, Luciole l'évita sans peine et contra-attaqua, blessant son adversaire.

Ainsi le combat s'engagea.

Le feu et l'eau alliés face à des ennemis qui ne cessaient de se relever.

-Allez, montrez-leur ce que vous valez ! encourageait Akari.


Tokito n'avait pas très bien compris comment, mais suite au souffle puissant de l'explosion, elle avait été balayée à l'extérieur, dégringolant d'un toit.

Elle avait rapidement redressé la situation et avait avancé, un temps, sur le toit du palais, avant de revenir à l'intérieur par une fenêtre dont elle avait brisé la vitre.

Elle avait été séparée du reste du groupe mais cela lui importait peu. Tout ce qu'elle voulait, c'était trouver Atsuko. Maintenant qu'elle avait deux sabres, elle pourrait lui montrer toute l'étendue de ses techniques et elle allait la découper en rondelles sans aucune pitié.

Elle avançait à pas de loups, prête à dégainer son arme.

Elle se trouvait dans une aile du palais apparemment très silencieuse, qui contrastait avec le bruit d'armes qu'elle avait entendu, en provenance de la ville, lorsqu'elle était dehors, sur le toit.

Sens aux aguets, elle était attentive au moindre souffle suspect, au moindre mouvement qui ne viendrait pas d'elle.

Au fond d'elle, elle savait qu'Atsuko saurait la trouver. Qu'elle aussi, voulait en découdre. Elles avaient des choses à régler et ni l'une ni l'autre ne laisserait passer cette occasion.

Viens et marche.

Tu nous trouveras.

Tokito repensa au message, qui avait été à l'origine de toute cette escalade. Celui qui l'avait conduite jusqu'au château Kuru.

Elle faisait exactement la même chose à cet instant-là. Elle marchait. Et elle savait qu'elle trouverait.

Tout à coup, elle s'arrêta.

Il lui sembla percevoir quelque chose, un peu plus loin. Dans un angle mort dû au couloir qui tournait sur la gauche.

En silence, elle dégaina ses sabres et minimisa son aura. Elle avança d'un ou deux pas, sans bruit. Puis, de son agilité et de sa légèreté félines, elle bondit, à toute vitesse, faisant face à cette nouvelle portion de couloir. Ses sabres s'entrechoquèrent avec d'autres armes en un bruit caractéristique. Elle avait reconnut la personne à qui elle avait à faire avant même que leurs sabres ne se rencontrent.

-Merde, Akira ?

-Tu as l'air heureuse de moi voir, dis donc !

-Ce n'est pas toi que je cherchais, grogna-t-elle en rangeant ses sabres.

Il fit de même. Et ils échangèrent sur ce qui s'était passé depuis l'explosion. Comme les autres, il avait été balayé. Abasourdi, il avait vécu un moment étrange pendant lequel tous ses super sens semblaient s'être mis en grève. Il était resté un temps comme dans une bulle, où même ses yeux du cœur ne parvenaient pas à percevoir quelque chose. Il ne savait pas combien de temps ça avait duré. Puis lorsque tout était revenu, il s'était aperçu qu'il était seul. Alors il avait marché au hasard.

Ils continuaient d'explorer le couloir tout en échangeant à mi-voix, attentifs en même temps à ce qui les entourait.

Tout à coup, Tokito arrêta Akira en lui tirant légèrement le bras.

-Attends.

-Quoi ?

-On est déjà passés ici. Enfin je suis déjà passée ici.

Le samouraï fronça les sourcils et la blonde lui désigna une fenêtre. C'est par là que je suis passée. J'ai défoncé la vitre pour entrer. Qu'est-ce que ça veut dire... ?

Prise d'un affreux doute, elle reprit sa marche, d'un pas plus vif. Akira la suivit sans rien dire, calant son rythme sur le sien.

Quelques minutes plus tard, Tokito s'arrêta de nouveau.

-Merde. Encore la fenêtre.

Elle sentait son cœur battre plus fort dans sa poitrine. Comment était-ce possible ? Pourquoi ce couloir, qui n'offrait jamais aucune autre possibilité que ce chemin, semblait-il faire une éternelle boucle ?

Pour bien le vérifier, ils reprirent leur chemin mais finirent par se retrouver au même point.

-Je ne comprends pas, murmura Akira.

-C'est insensé... d'où il y a des couloirs en boucle ici ?

Tout à coup, un rire s'éleva, près d'eux. Ils se retournèrent vivement. Atsuko était là, souriante, éclatante de vivacité.

Sans plus attendre, les deux samouraïs dégainèrent leurs sabres.

-Je savais qu'on se reverrait, grogna Tokito, plus déterminée que jamais à ce combat.

-Tu sembles bien en rogne, gamine. Et bien décidée aussi. Mais seulement, saura-tu me retrouver ?

Avant qu'ils n'aient eu le temps de comprendre, elle disparut à l'angle du couloir. Ils se précipitèrent et se figèrent. Rien n'était pareil à ce qu'ils avaient vus quelques minutes plus tôt. Cette fois-ci, il n'y avait plus une seule et unique possibilité. Mais des dizaines. Des couloirs perpendiculaires qui s'enfonçaient dans l'obscurité. Et Atsuko n'était plus là.

-Bienvenue dans mon labyrinthe, déclara la voix de la jeune femme. Si vous me voulez tant que ça, trouvez-moi.

Les deux samouraïs se regardèrent.

-C'est quoi ces conneries ? murmura Tokito.

-Y'a vraiment un labyrinthe dans ce palais ?

Tout était beaucoup trop étrange depuis l'explosion. Le couloir qui tourne en boucle et qui, soudainement, s'étend en dizaines de ramifications.

Leurs poings se crispèrent davantage sur leurs sabres. Ils ne comprenaient pas vraiment ce qui se passaient. Mais ils se décidèrent à avancer. Entrant dans le labyrinthe pour y dénicher celle qu'ils cherchaient.


On approche du dénouement ! Que va-t-il arriver à Yuya ? Que fichent Yukimura et ses guerriers ? Quelle est cette étrange histoire de labyrinthe ? Keichi finira-t-il traumatisé à vie de sa rencontre avec Kyo et toute la clique ?

Venez lire la fin pour le savoir :p

Et en attendant, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, ça fait toujours plaisir ! Bisouilles baveuses !