Coucou mes petits loulous !

Je suis désolée du temps qu'a pris ce chapitre. Ce dernier mois, je n'ai pas trop eu le temps d'écrire puis me lancer dans la rédaction de ce chapitre fut assez laborieux, je l'avoue. J'ai pas mal galéré à retranscrire tout ce que j'avais en tête et je ne sais pas si j'y suis parvenue... En tout cas, le voilà, le numéro 19, qui est l'avant-dernier chapitre de cette fanfiction qui dure depuis, maintenant, 5 bonnes années !

Merci énormément pour vos reviews qui m'ont bien encouragée et que je prends toujours plaisir à lire :)

Pour info, plusieurs soundtrack de films m'ont accompagnée dans la rédaction de ce long texte. Notamment celles d'Avengers et Captain Marvel. J'ai d'ailleirs glissé une très légère référence à Avengers, si vous avez vu les films, peut-être saurez vu la dénicher ;)

Des bisouilles !


Okuni avait réussi à quitter la ville et allait à la rencontre des guerriers de Sanada, dont elle espérait la venue rapidement. Dans Edo, elle avait croisé de nombreux soldats de l'armée du Shogun qui se battaient contre d'autres soldats armés jusqu'aux dents. Ceux-ci pouvaient ressembler à n'importe quel être humain si ce n'était qu'aucun coup ne les affectait et ils parvenaient à se relever même en se faisant transpercer d'un sabre.

Bientôt, l'informatrice aperçut des silhouettes venir à sa rencontre. Yukimura était là, avec ses renforts.

-Eh bien on peut dire que vous arrivez à temps.

-Daisuke est déjà là ?

-Et comment ! Son armée aussi. Et ils ont l'air sacrément puissants. Comme vous l'aviez dit, ils sont increvables. Mais cette fois, même le feu ne semble pas avoir raison d'eux.

Imperceptiblement, les poings de Sasuke se crispèrent.

-Il faut tuer Yukio, murmura-t-il entre ses dents. Pour défaire sa nécromancie. Une fois qu'il aura été éliminé, son armée ne sera composée plus que de simples soldats mortels comme tout le monde.

-Han, quel bon sens de l'analyse, mon petit Sasuke ! Je suis si fier de toi. Comme tu grandis vite !

-...

-Bon allez, on se sépare ! Vous autres, allez prêter main forte aux soldats du Shogun et assurez sa protection si besoin. Sasuke et moi allons retrouver Yukio et régler nos comptes une bonne fois pour toute.

Tous acquiescèrent en silence.

-Et n'oubliez pas, reprit Yukimura, tant que Yukio n'aura pas été éliminé, c'est une course de fond et non un sprint. Economisez vos forces et attendez vous à devoir affronter les mêmes adversaires pendant un bon moment. Votre but est seulement de protéger la population, le temps que nous nous débarrassions du nécromant.


Du côté d'Akari, Luciole et Shinrei

-Ils sont vraiment increvables !

Shinrei venait de tuer le même homme pour la cinquième fois, autant dire que ça commençait à lui Allez, taper sur les nerfs. Sans parler de son frère, qui n'était pas de meilleure humeur, surtout depuis que les soldats résistaient à ses flammes, qui avait tendance à balancer son feu un peu partout, y compris en direction de ses propres alliés.

-Ils sont pas increvables, ils sont déjà morts, répondit stoïquement Luciole. Ils ne peuvent donc pas mourir plus que ça, en théorie.

-Merci, je sais ça !

-Alors pourquoi tu fais des remarques idiotes ?

-Keikoku tu m'énerves ! Et fais gaffe, regardes où tu balances ton feu sinon je te noie !

-Essaie un peu de me noyer, tu vas voir.

Soupirant, Akari regardait les samouraïs se disputer tout en se débarrassant d'ennemis qui se relevaient sans cesse. Elle se fit la remarque qu'ils risquaient d'être là pour un bon moment s'ils ne trouvaient pas de solution face à leurs increvables ennemis. Tout à coup, un lueur se fit dans son cerveau et, sans plus attendre, elle entra dans la folle danse du feu et de l'eau.

En voyant l'air effrayant qu'affichait la chamane, Luciole eut une sueur froide dans le dos. C'était un peu le même visage qu'elle affichait lorsque vous lui donniez un secret qui n'était pas satisfaisant ou que vous essayiez vaille que vaille de l'embobiner à ce propos.

Ni une ni deux elle envoya quelques coups bien placés aux soldats qui, déjà aux prises entre Shinrei et Luciole, furent pris par surprise et n'eurent pas le temps d'esquiver ou riposter. Ils finirent rapidement assommés, inconscients au sol.

-Ils ne peuvent peut être pas mourir plus, mais au moins, là, ils nous fouteront la paix. Allez, on avance ! Les autres ont sans doute besoin d'aide.


Du côté d'Akira et Tokito

-Putain, si je tiens l'architecte qui a dessiné le palais, je vais lui faire passer l'envie de créer des labyrinthe insolubles !

Cela faisait plusieurs minutes que Tokito s'énervait de tourner ainsi en rond. Pour sûr que si Atsuko s'était présentée à cet instant là devant eux, elle en aurait eu pour son grade. On sait tous à quel point une Tokito en colère peut être effrayante -et à raison. Néanmoins, l'ennemie qu'ils traquaient ne semblait pas résolue à se montrer, aussi Akira sentait bien le moment où la frustration de sa compagne allait lui retomber dessus. Il n'avait pas tellement envie que cela arrive et, surtout, ils n'avaient pas le temps pour se taper dessus -même si on sait bien que l'un et l'autre adore ça.

-Calme-toi, ça ne sert à rien de jurer après l'architecte ou Tigre ou son père.

Lui aussi, commençait à sentir ses nerfs à vif mais n'en dit rien, pour ne pas relancer la jeune femme sur cette piste là.

Tout à coup, une idée lui traversa l'esprit et il s'arrêta brutalement de marcher, attrapant au passage le poignet de Tokito. Celle-ci rouspéta et se tourna vers lui :

-Quoi ?

-Tu te rappelles ce qu'on a appris sur Atsuko ?

-Hm ?

-Une manipulatrice d'esprit. Qui peut jouer avec nos sens comme elle le veut. Je doute que le Shogun ou qui que soit la personne ayant commandité ce palais ait demandé un dédale de couloirs labyrinthiques. Mais si elle, elle veut nous emmener là-dedans, elle en a le pouvoir.

-Rien de tout ça n'est vrai ?

Akira ne répondit pas, concentré. L'idée qu'on puisse jouer avec ses sens n'était pas pour le mettre à l'aise, étant donné que sa plus grande fierté était, justement, l'utilisation de ces sens plus aiguisés, plus développés que ceux de n'importe qui grâce à ses yeux du cœur.

Mais là, il fallait l'avouer, il n'était plus sûr de rien. Qu'il puisse y avoir un labyrinthe dans une aile parfaitement banale du palais lui paraissait absurde. Il se concentra pour retrouver ses esprits. Rester focalisé sur ce qui pouvait relever du domaine du réel, sans plus croire à ses sens. Soucieux, il fronça les sourcils.

Tokito répétait sa question, mais elle lui paraissait étrangement lointaine.

-Comment on fait ? demanda-t-elle.

-Il faut qu'on trouve un point de repère réel qui puisse nous ramener là où nous sommes pour de vrai.

-Si elle a brouillé nos sens je ne vois pas quel point de repère réel on pourrait avoir.

Akira remarqua qu'il n'avait pas lâché le poignet de la jeune Mibu. Il sentait sa peau sous ses doigts.

-Toi, tu es réelle.

Sa prise sur son poignet se raffermit davantage et il se concentra dessus. Elle était là, avec lui. C'était son unique certitude. Peu importait ce qu'il pouvait y avoir autour. Puisqu'il n'était pas sûr de leur existence. Mais elle. Il savait qu'elle était là.

Se forçant à faire abstraction du reste, il resta focalisé là dessus. Sans trop savoir pourquoi, ses pensées remontèrent le temps jusqu'à la nuit qu'ils avaient passée ensemble, quelques jours plus tôt. La sensation de sa peau contre la sienne, de son souffle dans son cou, de ses lèvres sur les siennes. Elle était là, il n'y avait qu'elle, la seule à laquelle il puisse se raccrocher.

Ses pensées filèrent et, comme on sort d'un rêve éveillé, il reconnecta ses sens. Ce fut un afflux de sensations, de sons, de nuances de teintes derrière ses paupières closes qui n'y étaient pas avant. Il sentait que l'atmosphère avait changé. Ils étaient dans un simple couloir, qui ne tournait pas, qui ne proposait pas plusieurs embranchements.

-Eh, Tokito, reviens avec moi, appela-t-il en la secouant. court-métrage

Elle eut, pendant quelques instants, un air perdu. Avant de cligner des yeux et regarder autour d'elle. Akira était parvenu à la faire revenir à la réalité qu'il venait lui même de retrouver, rompant ainsi l'illusion dans laquelle ils avaient, de toute évidence, baigné depuis le début.

-Oh merde, lâcha la blonde en découvrant l'unique couloir dans lequel ils se trouvaient.

Elle ne mit pas longtemps à se remettre en action elle se précipita en avant sans plus attendre. Au bout, Atsuko attendait, appuyée contre un mur. Elle souriait, à la fois railleuse et admirative.

-Vous vous en êtes sortis ? J'ai cru que vous tourneriez en rond dans ce couloir jusqu'à la fin de vos jours.

La fureur de Tokito monta d'un cran. L'idée qu'on se soit moqué ainsi d'eux, ajoutée à la frustration accumulée depuis de longues et interminables minutes créait un cocktail plutôt explosif.

Ses sabres en main, elle se prépara à mettre une dérouillée à la femme qui lui faisait face. Un peu en retrait, Akira aussi se cramponna davantage sur ses armes.

-Laisse la moi, lui dit alors la Mibu. On a de vieux comptes à régler. J'ai pas tellement aimé qu'elle ait essayé de me tuer dans son laboratoire. Alors je vais régler les choses à ma façon. Et toi., tu restes là.

Ce n'était même pas une question. Son ton autoritaire ne laissait place à aucune discussion.

Un peu vexé et frustré de ne pas se battre, le samouraï ne fit néanmoins aucun commentaire. Se tenant tout se même prêt à riposter ou prendre le relais. Et le combat s'engagea, les deux femmes s'élançant l'une vers l'autre d'un même mouvement.


Du côté de Kyo

La silhouette de Yuya se dessinait au fond de la pièce. Allongée au sol, elle était immobile. Peut être inconsciente. Kyo doutait que Daisuke l'ait tuée. Elle lui était sans doute utile pour un potentiel futur chantage (dans le genre tu me tues, je l'emmène avec moi dans la tombe). Ou encore avec l'idée de la tuer sous ses yeux, ça serait bien une idée à lui, ça.

En parcourant le palais, ils étaient tombés sur des soldats hargneux et bien décidés à leur faire la peau. Kyoshiro, Tigre, Bontenmaru et Mahiro avaient décidé de se charger d'eux, clamant que rien ne devait ralentir Kyo lequel avait des comptes à régler avec Daisuke et devait sauver Yuya.

Il était ainsi arrivé seul jusqu'à son vieil ennemi qui l'attendait en souriant.

-Libère Yuya, grogna le samouraï aux yeux rouges.

-Tu m'en demandes beaucoup, Kyo. Pourquoi me séparerais-je d'une si jolie présence ? D'autant qu'elle semble compter pour toi. Et tout ce qui compte pour toi compte pour moi, tu sais bien.

Il eut un ricanement satisfait.

-Avoir Yuya ne t'empêchera pas de crever une fois encore. Et cette fois je vais m'assurer que personne ne puisse récupérer ton corps pour te ressusciter !

Sur ces mots, il attaqua. Il ne savait pas trop s'était passé des choses entre leur combat au château Kuru et celui-ci. De ce qu'Akari leur avait dit, Daisuke et ses bras droits faisaient des recherches sur le sang, peut être en vu de développer une arme ou un sérum rendant plus fort. Néanmoins, il n'avait aucune clé pour savoir si leurs recherches avaient abouti. Jusqu'à ce que Daisuke repousse sa première attaque avec une facilité déconcertante.

Son aura protectrice toujours en action, il semblait être plus rapide, plus vif que la fois précédente. Décidé d'en finir au plus vite pour sauver Yuya, Kyo ne perdit pas de temps et contre-attaqua. Sans plus de succès.

Alors qu'il évitait à son tour l'assaut de son adversaire, passé en mode offensif, il évalua la situation. Daisuke était physiquement assez loin de Yuya, néanmoins son aura lui permettant une allonge plus grande, il pouvait parfaitement, à cette distance, l'atteindre et la blesser voire la tuer si les choses tournaient mal pour lui. Il fallait donc l'achever d'un seul coup, pour ne pas lui laisser le temps de faire du mal à la jeune femme. Ou alors sortir cette dernière de là avant mais Kyo se doutait que son ennemi ne le laisserait pas passer ses défenses aussi facilement.

-Eh bien, as-tu perdu en vigueur, Kyo aux yeux de démon ? Ou peut-être est ce moi qui suis devenu trop fort ?

-Tu ne seras jamais aussi fort que moi. Tout simplement parce que je suis le meilleur. Et tu vas l'apprendre à tes dépens.

Le combat reprit aussitôt, sans merci. Coup sur coup. Daisuke semblait avoir renforcé ses défenses et encaissait bien mieux qu'auparavant. Le tenro fendait l'air, bien souvent arrêté par les invisibles bras supplémentaires de son adversaire. Celui-ci profitait de cet avantage pour attaquer en même temps qu'il bloquait le sabre ennemi. Malgré sa vitesse et son habilité, plusieurs fois Kyo sentit sa chair s'ouvrir au contact de la lame.

L'homme qu'il avait face à lui n'était clairement plus le même qu'avant. Il semblait avoir accumulé la puissance, la précision, la rapidité et l'agilité de dizaines d'autres grands guerriers. Il parvint à repousser le Suzaku de Kyo sans avoir l'air d'en éprouver une grande difficulté.

« Impossible... comment peut-il... »

-Byakko !

Un tigre déchira l'air, se précipitant vers son ennemi. Celui-ci, confiant, tenta de le repousser comme il venait de le faire. Cependant, il fut surpris de la puissance de l'attaque qu'il avait sous-estimée. Aussi, il n'en sortit pas complètement indemne et une grimace de fureur déforma son visage.

-Je te l'avais dit, lâcha posément Kyo, c'est moi le plus fort ici.

Détruisant et balayant tout dans la pièce, les ennemis reprirent leur combat. Celui-ci parut durer une éternité pendant laquelle désigner un vainqueur aurait été difficile. Kyo ne s'attendait pas à se battre un jour d'égal à égal avec un homme comme Daisuke.

Tout à coup, un mouvement vint perturber cet équilibre du combat.

Daisuke attaqua plus vite, plus fort et réussit à déstabiliser son adversaire assez longtemps pour lui faire lâcher son sabre. Rapide comme l'éclair, il s'en empara et se recula de quelques pas.

-Espèce de salaud, grogna Kyo, prêt à récupérer son arme peu importait le prix.

-Shhhht, intima l'autre en rangeant son propre sabre et en brandissant le tenro.

Il paraissait très concentré.

-Quelle belle arme. C'est un Muramasa, à ce qu'on dit.

-Les armes Muramasa ne sont pas manipulables pas n'importe qui. Tu n'es qu'un faible, Daisuke, et le tenro te tuera avant même que tu puisses faire quoi que ce soit avec lui.

-Tu as raison. Les sabres Muramasa ne sont pas manipulables par n'importe qui. Mais tu te trompes en pensant que je fais partie du commun des mortels qui succombent à l'appel de sang de ces armes. En vérité...

Sourire inquiétant aux lèvres, il fit un mouvement de poignet, pour contempler la lame sous tous ses aspects.

-Je pense même pouvoir le contrôler, au même titre que toi.

-Tu n'es qu'un idiot prétentieux qui ne sait même pas de quoi il parle. Et je vais te démolir la face !

Mais une lueur interrompit le samouraï aux yeux rouges dans son élan.

La lueur venait du sabre.

Le tenro semblait scintiller.

Kyo s'arrêta brutalement. Le cœur battant d'incompréhension. Comment était-ce possible ? Comment Daisuke pouvait...

-On ne m'a pas menti, reprit l'homme sans quitter le sabre du regard. Cette fille est bel et bien une descendante de Muramasa.

-Tokito ? Tu parles de Tokito ?

-Hm, oui, je suppose que c'est ça son nom, j'avais un peu oublié. Enfin, pas comme si elle m'intéressait vraiment. Seul le sang qui coule dans ses veines a un intérêt. Ce sang qui coule désormais en moi, comme celui de tant d'autres guerriers aux habilités extraordinaires.

Kyo se souvint des recherches menées dans le laboratoire du château Kuru. Ils étaient donc parvenu à leur but.

-Ce sérum n'est qu'une ébauche. Qu'un début. Il me manque encore beaucoup de données, pour qu'il soit parfait et que je m'assure une complète invincibilité. Notamment, il me manque toi.

Il pointa le tenro en direction de l'homme aux yeux de démons.

-Je récupérerai ton sang sur ton cadavre encore chaud. Et tu ne pourras rien faire pour m'en empêcher.

Daisuke semblait en totale communion avec le sabre. Sans doute qu'ils avaient récupéré du sang de Tokito lorsqu'elle s'était retrouvée au château. S'ils avaient réellement trouvé le moyen de s'approprier les capacités génétiques des personnes grâce à leur sang, il n'était pas étonnant qu'il s'entende avec un sabre Muramasa. Et ce n'était pas pour arranger les affaires de Kyo. Si seulement il pouvait récupérer son arme.


Du côté d'Akira et Tokito

Atsuko se débrouillait bien mieux que ce qu'ils avaient envisagé. Akira regardait le combat qui faisait rage entre les deux femmes d'un air soucieux. Le couloir avait rapidement était réduit en miettes sous les assauts répétés des sabres.

Tout à coup, alors que Tokito semblait avoir pris l'avantage sur son ennemie, l'acculant contre un des rares morceaux de mur restant, Akira la sentit trembler et perdre autant en force qu'en vitesse. Elle retrouva in extremis son équilibre, évitant la chute.

-Espèce de sale minable, arrête de jouer avec mes sens, je vais te découper en morceaux !

La petite seconde de faiblesse permit à Atsuko de se retrouver libre de ses mouvements, non plus acculée contre un mur. Elle envoya, de sa main qui ne tenait pas son sabre, un puissant coup de poing que Tokito n'aurait eu aucun mal à éviter en temps normal mais qu'elle se retrouva obligée d'encaisser.

Tout se passa rapidement, les coups s'enchaînèrent et malgré les blessures que lui infligeait la Mibu, Atsuko ne semblait pas prête à faiblir. La jeune blonde finit par se faire éjecter, tandis que le sabre de son ennemie lui ouvrait une plaie au niveau du flanc, tranchant net vêtements et chair.

-TOKITO !

Akira voulut se précipiter vers elle mais une présence dans son dos le força à se retourner. Des soldats armés jusqu'aux dents arrivaient.

-Besoin d'aide, Mamzelle Atsuko ?

-Débarrassez moi de ce gêneur, répondit la femme, agitant la main comme pour balayer ce qui l'importunait.

Akira se mit en position de combat tandis qu'il sentait Tokito se relever.

-Eh, minable, t'as pas à t'inquiéter pour moi, j'ai connu pire.

Elle afficha un de ses sourires narquois, auquel il répondit. Elle n'avait pas tort. Il savait qu'elle était robuste et ne se laisserait pas abattre par un mauvais coup.

-T'as raison. Je vais plutôt m'occuper de ceux-là.

Une sensation de froid mordant envahit le champ de bataille tandis qu'il s'avançait vers les soldats. Il sentait qu'ils étaient différents de ceux du château Kuru. Ceux-ci avaient une aura, une réelle présence. Sans doute qu'ils étaient plus perfectionnés. Il ne devait pas sous-estimer ses ennemis.

Il eut le sentiment de se retrouver comme Tigre, lorsqu'il était venu l'aider lors de son combat contre Tokito.

Il se retourna vers la jeune Mibu, un air confiant au visage. Et, pour lui assurer sa tranquillité dans son règlement de comptes, créa un mur de glace les séparant. Après quoi, il se recentra sur ses adversaires qui passaient à l'offensive.

-Muhyogetten !


Sans un mot, Tokito repartit à l'assaut, ne faisant pas attention à la blessure précédemment reçue. Pas comme si elle avait le temps de s'arrêter là-dessus !

Les sabres s'entrechoquèrent. Ils se cherchaient, se trouvaient, chacun tentant de briser les défenses de l'autre, sans succès. Bientôt, elles se retrouvèrent en face à face proche, Tokito ayant bloqué une attaque d'Atsuko. Celle-ci avait toujours son sourire et son air flegmatique. Pourtant, elle avait de nombreuses blessures sanguinolentes.

-Tu es coriace, gamine. A croire que la rage rend les êtres plus forts.

Elle partit dans un rire aigu :

-Lorsque je t'ai vue au château Kuru, rien ne présageait le fait que tu aies, en fin de compte, un tel talent. Tu as lamentablement perdu face au Maître des Ombres.

-C'est parce que tu m'as bousillé les sens avec ton super don, grogna la blonde entre ses dents. Mais ça n'arrivera plus, je saurai toujours me défaire de tes stupides pouvoirs, et je vais te réduire en poussière !

-T'es craquante quand tu t'énerves, en fait.

Un gloussement provocateur plus tard, Atsuko embrassa furtivement la jeune blonde avant de faire quelques sauts en arrière, juste à temps pour esquiver l'attaque puissante qui venait sur elle.

-ATTENDS T'AS FAIT QUOI LA ?! JE VAIS T'ATOMISER ET T'AVISES PAS DE ME TOUCHER DE NOUVEAU !

Lame contre lame, sang contre sang, les coups pleuvait, chacune encaissait, rendait. Mais bientôt, alors qu'un nouveau vertige la submergeait, Tokito se retrouva dominée par Atsuko. Celle-ci n'était pas au meilleur de sa forme. En son for intérieur, elle reconnaissait avoir sous-estimé son adversaire, aussi elle tentait du mieux qu'elle pouvait reprendre le dessus. Néanmoins, depuis qu'elle s'était sorti une première fois de l'emprise de son maléfice, la jeune Mibu semblait y être désormais plus résistante. Aussi le vertige dura moins de temps qu'escompté. Néanmoins, Atsuko parvint, dans cette demie seconde, à porter un coup vers l'une des mains armées de son ennemie.

Un cliquetis caractéristique résonna lorsque l'un des sabres de Tokito tomba au sol.

Atsuko profita de cette ouverture pour attaquer vite, et fort, jetant toutes ces forces et toute sa hargne dans cet assaut.

Les deux femmes étaient épuisées mais aucune ne s'avouerait vaincue à moins d'être tuée. Elles le savaient, il n'y avait aucune autre issue à ce combat.

Tokito n'eut pas le temps de récupérer son sabre et para ce qu'elle pouvait de sa deuxième arme. Elle sentait que son ennemie était sérieusement affaiblie. Elle avait une chance de la mettre à terre rapidement. Mais il lui fallait son second sabre. Elle devait aller le récupérer.

Tandis qu'elle réfléchissait à tout ça, elle reculait tout en esquivant ou parant les attaques d'Atsuko. Elle se retrouva bientôt au bout du couloir, là où il en croisant un autre en perpendiculaire. Et de cet autre couloir surgit une silhouette étrangement familière. Qui courait. La Mibu se laissa un instant décontenancée par cette arrivée qui n'aurait pas dû avoir lieu. Elle quitta Atsuko des yeux une fraction de secondes. Assez pour lui laisser une ouverture.

-Ne jamais se déconcentrer lors d'un combat, règle numéro un ! Et tu vas chèrement payer ton erreur !

Tokito reprit ses esprits au moment où la lame arrivait sur elle. Elle fit un mouvement de hanche pour l'esquiver mais sut qu'elle n'aurait jamais le temps d'éviter complètement l'attaque.

-Toi, tu ne la touches pas ! s'écria alors la silhouette en se jetant, sans plus réfléchir, sur le champ de bataille.

La lame d'Atsuko zébra le ventre de Keichi, lui arrachant un cri de douleur alors qu'il s'écroulait au sol, une main plaquée sur sa blessure.

« Mais merde, il fout quoi ici ?! » s'interrogea Tokito.

Néanmoins, elle sauta sur cette occasion unique. L'apparition inattendue de Keichi et surtout son geste pour s'interposer surprirent tellement Atsuko qu'elle en oublia un instant sa réelle adversaire. Laquelle en profita pour récupérer son deuxième sabre.

-Ne jamais se déconcentrer lors d'un combat, hein ?

Tokito eut un ricanement et donna toute sa haine, sa rage, son ressentiment dans cet unique coup.

-Les sept étoiles successives d'Hokuto !

Chacune des blessures qu'elle infligeait à Atsuko étaient plus profondes, plus dévastatrices que tout ce qu'elle avait pu faire auparavant. Car cette fois-ci, elle se battait pour autre chose que pour elle-même.

-Tonro !

Oh, bien sûr, il y avait beaucoup de ressentiment personnel là-dedans. Elle n'avait pas beaucoup apprécié se faire presque tuer dans le laboratoire du château Kuru.

-Komon !

Mais ce n'était pas l'unique raison de son combat.

-Rokuson !

Elle lui en voulait aussi pour Keichi. Pour ce qu'elle et ses acolytes lui avaient imposé en le traînant à Kyoto avec sa famille.

-Monkoku !

Et aussi parce qu'il gisait, gémissant, dans son sang.

-Rencho !

Elle lui en voulait pour ce qu'elle faisait subir actuellement à une ville entière, pleine de civiles et de gens ne voulant ou ne pouvant se battre -comme Keichi.

-Mugoku !

Elle lui en voulait pour avoir mis son talent et ses connaissances au service d'un type détestable comme Daisuke.

Mais surtout

-Hakun !

Surtout

Elle lui en voulait

Lui en voulait à mort

-Et celle-ci, c'est pour Yoko !

Pour la pauvre femme empoisonnée sans scrupules dans un salon d'auberge.

Les deux sabres de Tokito se croisèrent tandis qu'ils perforaient le torse d'Atsuko de part en part. Cette dernière eut un hoquet et un filet de sang coula du coin de ses lèvres.

-Yoko à qui vous n'avez même pas accordé une mort digne de ce nom.

Elle enfonça davantage ses sabres. Atsuko tenta de dire quelque chose mais elle ne parvint à sortir que quelques balbutiements pleins de sang.

-Elle était une guerrière. Peut-être qu'elle ne maniait pas de sabre. Mais à sa façon, elle était une battante. Elle a combattu toute sa vie pour survivre. Dans la rue, dans un bordel, auprès des ombres. Et vous n'avez même pas été assez courageux pour l'affronter en face, préférant lâchement l'empoisonner.

Elle fixa Atsuko droit dans les yeux. Cette dernière avait tout perdu de son air flegmatique et de son sourire provocateur. Néanmoins, dans un dernier effort, ses lèvres s'étirèrent et elle parvint à prononcer :

-Tout ça, ce sont des histoires d'adulte, tu n'aurais pas dû mettre ton nez dedans, gamine.

Rageuse, Tokito retira ses sabres, d'un mouvement sec, provoquant par la même de larges hémorragies internes. Atsuko tomba d'abord à genoux avant que tout son corps ne s'affaisse.

-Je t'apprendrai pour ta gouverne que je suis plus âgée que vous ne le pensez, répondit Tokito en regardant son ennemie mourir. Juste une stupide histoire de... ralentissement de croissance.


Du côté de Sasuke et Yukimura

Yukio avait été compliqué à trouver. Néanmoins, ils été parvenus à le dénicher dans une allée reculée de la ville. C'était là qu'il s'était installé pour contrôler à distance ses morts pantins. Entouré de cercles mystérieux et mystiques, il était en pleine concentration lorsque Sasuke et Yukimura lui étaient tombés dessus. Malgré l'effet de surprise, le nécromant fut assez rapide pour esquiver les deux attaques combinées. Comme il fallait s'y attendre, il n'était pas seul et bientôt, plusieurs dizaines de soldats furent sur eux, avec pour mission de protéger leur Maître.

Ils étaient plus puissants que ceux du château. Plus tactiques, aussi.

Sasuke savait qu'ils n'avaient pas de temps à perdre avec ce menu fretin. Ils devaient atteindre Yukio pour mettre fin à tout ça. Il ignorait comment s'en sortait l'armée du Shogun, si elle tenait bon et pour combien de temps encore. C'est pourquoi plus vite ils se débarrasseraient du nécromant mieux cela vaudrait pour tout le monde.

Tandis que son sabre s'électrifiait et qu'il venait de détruire pour la deuxième fois le même homme, il jeta un coup d'oeil à Yukimura. En silence, le Maître et l'élève se comprirent. Ils étaient deux, bien assez pour tout ce beau monde, il suffisait seulement qu'ils s'organisent.

Concentrant son énergie, Sasuke planta son sabre dans le sol, créant une toile de foudre qui, en un clin d'oeil, vint prendre dans ses griffes tous les soldats. Ceux-ci tentèrent de s'en défaire, sans succès.

-Bien joué, je suis si fier de toi mon petit Sasuke !

Le passage étant ainsi dégagé, Yukimura sautilla vers Yukio lequel dégaina son sabre, sentant bien qu'il n'échapperait pas au combat.

La lutte s'engagea.

D'un côté Sasuke prenait soin à abattre les soldats pour les empêcher de rejoindre et protéger leur Maître. De l'autre, Yukimura se démenait avec Yukio, afin d'abattre une bonne fois pour toutes la tête maîtresse.

Le bruit des lames s'entrechoquant sans cesse résonnait, les murs s'abîmaient à mesure qu'ils recevaient les coups manqués.

Yukio était doué au sabre. Mais pas assez. Il était sans doute bien meilleur dans ses tours de magie morbides. Il avait toujours compté sur son armée et sur ses morts pour le protéger. Aussi il n'avait jamais imaginé qu'il aurait un jour à affronter un samouraï tel que Yukimura Sanada.

Dents serrées, refusant une éventuelle défaite, il cherchait un moyen d'obtenir quelques secondes de répit pour invoquer de nouveaux soldats. Il sentait bien qu'il n'y arriverait pas seul et l'autre gamin avec sa foudre se débrouillait rudement bien pour éloigner la petite armée dont il s'était entouré.

Une nouvelle blessure s'ouvrit sur son épaule et Yukio eut un grognement rageux.

-Tu vas me payer ça, Sanada.

-Hm, tu crois ? lança le concerné dans un sourire faussement innocent.

Au lieu de repartir à l'assaut, Yukio recula de quelques bonds. Il saisit, à sa ceinture quelques aiguilles qu'il aimait utiliser en projectile. Il était pas mal doué en la matière, une fois qu'il était à une certaine distance de son adversaire -trop près, cela ne servait à rien.

Yukimura esquiva sans difficulté les armes et railla :

-Allons, c'est tout ce que tu peux faire ?

-Idiot !

Ce laps de temps servit à Yukio pour rejoindre l'un de ses cercles dessinés au sol et, sans plus attendre, il s'employa à invoquer une armée plus grande, destinée à lui venir en soutien.

Le sol se mit à trembler et, tels des fantômes, une bonne centaine de corps le traversèrent. A l'air libre, ils parurent prendre une consistance plus en chair et, bientôt, alors que leur regard prenait un éclat vivant, ils s'animèrent.

Sasuke se retourna en sentant le sol vibrer et vit cet amas de soldats qui menaçait de les prendre à revers. Yukio, quant à lui, venait de se fondre dans la masse pour disparaître.

-Merde, il veut s'enfuir ! lança le ninja.

Yukimura eut une grimace contrariée. Ils ne devaient pas le laisser partir. Ils devaient l'achever ici, et maintenant.

Au loin leur parvenait des bruits de bataille qui n'était pas la leur. Sans doute celle que menaient les hommes du Shogun contre ces soldats qui se relevaient sans cesse. Le temps comptait. Il ne savait pas combien de temps encore tiendraient ces hommes avant de s'épuiser et se faire tuer.

-Sasuke, occupe-toi d'eux !

Le jeune homme eut un hochement de tête décidé. Le nombre d'ennemis ne lui faisait pas peur. Il fallait juste qu'il parvienne à les tenir en respect assez longtemps, jusqu'à ce que le nécromant ne soit plus et que sa magie n'opère plus.

Puisant son pouvoir du ciel obscur de nuit qui se chargea soudain d'éclairs terrifiants, Sasuke se sentait plus prêt que jamais à assurer les arrières de Yukimura.

Ce dernier, bien décidé à porter un grand coup, se concentra, paupières closes un court instant. Son poing se crispa sur son sabre puis

Les yeux du Hochequeue !

Le temps ralentit alors que sa propre vitesse augmentait d'un seul coup.

Il put ainsi se faufiler sans souci entre les soldats morts et se précipiter sur Yukio. Il se jeta sur le nécromant pour l'empêcher de fuir. Les deux hommes roulèrent au sol et leurs sabres, une fois encore, s'abattirent l'un sur l'autre.

Alors que le temps reprenait son cours normal, les morts, conscients que leur Maître était en danger, voulurent se retourner et aller le protéger. Mais un éclair les irradia, recentrant leur attention sur le jeune homme qui leur barrait désormais la route.

-C'est moi, qui vois allez devoir affronter.

De son côté, Yukimura, bien décidé à en finir, attaquait vite et fort. Yukio avait du mal à suivre ses mouvements, parfois même à le voir alors qu'il sentait sa peau s'ouvrir sous les coups de lame.

Le combat s'étira, les morts, tenus en respect par un Sasuke hargneux, ne pouvaient plus rien pour leur maître lequel s'essoufflait dans un affrontement qui ne lui laissait aucun répit.

Yukimura avait décidé de ne pas laisser la moindre seconde à son adversaire, pour éviter qu'il ne puisse invoquer une énième armée -de combien de corps disposait-il encore ?!

Au bout de longues minutes de combat intense, Yukio fut littéralement mis à terre. Il se releva, crachant du sang et la poussière du sol qui collait à ses lèvres, à ses plaies.

-Je ne peux pas te laisser vivre, lança froidement le Sanada. Je dois arrêter l'armée que tu as lancée sur Edo.

-Tue-moi si tu le veux, cela ne changera rien. Les ombres seront toujours là. Un autre prendra ma place auprès de Daisuke. Et si ce n'est pas aujourd'hui qu'il obtient le pouvoir,proh ce sera demain, ou dans un an, deux ans mais vous n'y échapperez pas !

-Tu as bien trop confiance en Daisuke.

-Il m'a tout appris. Je crois en lui plus qu'en n'importe qui.

Yukio, ayant rejoint les Ombres à l'âge de neuf ans, un an et demi après son emprisonnement, avait, en effet, quasiment tout le temps grandi auprès de Daisuke qui l'avait formé, lui avait appris à maîtriser et accroître son don morbide. Il l'avait façonné et avait fait de lui celui qu'il était à présent. Aussi le nécromant s'était toujours juré de suivre cet homme jusqu'en enfer s'il le fallait et de donner jusqu'à son propre corps, sa propre âme pour ses projets de grandeur.

-C'est normal de croire en ceux qui nous ont élevé. Mais moi, je crois en Kyo. Nous verrons bien qui de nous deux a raison.

Et le sabre s'abattit.

Au même moment, Sasuke tranchait l'un de ses ennemis en deux. Celui-ci s'écroula. Et ne se releva pas. Le ninja sut alors que l'homme en qui il avait toujours cru avait gagné.

Un sourire réjouit aux lèvres, il se cramponna davantage sur son sabre, décidé à en finir. Désormais, plus rien ne lui résisterait. En écho à sa détermination, le ciel gronda, lourd de promesses. L'armée des morts n'était plus invincible.


Du côté de Kyo

Le noir se dissipa et les bruits devinrent plus distincts. Cependant, malgré sa conscience qui lui revenait, elle ne bougeait pas. Elle ignorait où elle était, si elle était en danger, où étaient les ennemis. Elle n'entendait que son propre souffle et les battements de son cœur. Puis, en se concentrant, elle perçut autre chose. Elle perçut le chaos extérieur, le bruit des sabres qui se frappent et s'attaquent. Un combat se déroulait non loin d'elle. A cette idée, une flamme d'espoir se mit à brûler en elle.

Il était là.

Il l'avait retrouvée.

Elle croyait en lui. Il allait les sortir de là.

Tout à coup, les presque rassurants bruits de sabre s'interrompirent.

Intriguée, Yuya risqua un œil, se redressant doucement pour ne pas se faire remarquer. Elle constata qu'elle était dans une pièce détruite, à l'image du hall du château Kuru qui avait connu l'affrontement de Kyo et Daisuke.

Après avoir analysé le lieu où elle se trouvait allongée, elle regarda les deux silhouettes qui se faisaient face un peu plus loin. Elle les reconnut sans mal. Soudain, elle se figea. Le tenro scintillait. Mais pas entre les bonnes mains.

Yuya ne comprenait pas ce qui se passait ni comment un tel exploit pouvait être possible. Elle avait cependant une certitude : il fallait rendre le sabre à son véritable propriétaire.

Elle eut à peine le temps de penser à ça que Kyo se jetait nouveau sur son adversaire, prêt à le défaire, même à mains nues. Yuya eut un tremblement et étouffa un cri qui faillit trahir le fait qu'elle était toujours consciente. Daisuke venait de repousser sans peine son ennemi, le blessant avec son propre sabre.

Le combat était clairement inégal. Kyo ne pouvait se battre avec toute sa puissance sans son arme.

Réfléchissant à toute vitesse, Yuya se dit qu'elle pouvait tirer profit du fait qu'on la croyait toujours inconsciente. Daisuke ne l'avait pas attachée. Première erreur. Il lui avait pris son pistolet mais ne l'avait pas fouillée plus que ça et donc n'avait pas remarqué la deuxième arme qu'elle portait sur elle, au cas où la première n'ait plus de balles. Deuxième erreur. Et sa troisième erreur. Il ne s'était pas méfié d'elle.

Sans quitter les deux combattants du regard, elle attrapa son deuxième pistolet en des gestes lents. Il ne fallait pas qu'elle soit brusque au risque d'attirer l'attention de Daisuke. A l'aveugle, elle vérifia que l'arme était chargée.

Elle inspira profondément pour calmer les battements fous de son cœur.

Elle savait qu'elle n'aurait droit qu'à une seule chance.

Aussitôt qu'elle se rappellerait à Daisuke par son coup de feu, celui-ci s'en prendrait à elle et elle aurait extrêmement peu de chance de pouvoir tirer une deuxième fois.

La pression monta d'un cran en elle.

Ne pas se louper. Ne pas se louper.

Elle pouvait sauver Kyo. Elle pouvait lui permettre de récupérer son sabre et d'en finir. Elle devait juste. Attendre le bon moment. Bien viser. Tirer.

Elle compta trois respirations tout en suivant le combat des yeux. Daisuke rigolait, s'adressait à Kyo mais Yuya ne cherchait pas à comprendre ce qu'il disait.

Trois autres respirations. Kyo s'était mis hors de portée du sabre, cherchant une ouverture. Il fut balayé par l'aura de son ennemi qui rit de plus bel.

Quatre respirations. Le combat se stabilisait. Les deux ennemis bougeaient moins. Daisuke semblait se vanter et jouer dans la provocation. Imbus de son propre pouvoir et ce qu'il pensait être une réussite totale. Il était plus vulnérable que jamais.

Inspiration.

Yuya arma son pistolet. Si elle avait crû en des divinités quelconques, elle les aurait toutes priées à cet instant là.

Et elle tira.

Visant le bras armé.

La balle fusa plus vite que Daisuke ne se retourna.

Elle fusa plus vite que l'aura de l'homme qui, surpris, ne forma sa carapace de protection que trop tard.

Elle fusa et déchira la chair.

Elle pénétra la peau et n'en ressortit pas.

Par réflexe, la main lâcha le sabre et, avant même qu'il ne touche le sol, Kyo l'avait récupéré.

-Espèce de sale petite...

Le rire et le sourire de Daisuke avaient disparu en un éclair. Il se mit dans une rage folle. Son aura attaqua Yuya qui ne parvint pas à éviter l'assaut. Elle sentit sa chair s'ouvrir et se corps se faire malmener, ballotté, frappé contre les murs aux trois quarts détruits. Elle cria tandis que son sang semblait la fuir. Pendant un instant, elle cru que c'était la fin. Elle cru qu'elle allait mourir là, le corps explosé contre la pierre ou alors découpé en morceaux, au choix.

Mais une voix bien familière lui fit comprendre qu'il y avait encore une chance.

-Ne. Touche. Pas. A. Yuya.

L'aura meurtrière de Kyo balaya tout sur son passage, obligeant Daisuke à se désintéresser de la jeune blonde. L'assaut final commença. Le Maître des Ombres eut du mal à faire face à ce qui semblait être un véritable démon assoiffé de sang.

Haletante et tremblante, la jeune femme s'éloigna tant bien que mal du champ de bataille. Elle essuya le sang qui coulait au coin de ses lèvres.

Malgré la considérable puissance accumulée par Daisuke grâce à son sérum, il ne put contenir toutes les attaques de son adversaire. Celui-ci perça ses défenses et se rapprocha dangereusement de sa cible.

Kyo ne ressentait ni douleur ni fatigue. Il n'entendait que la soif de sang de son sabre et sa propre haine d'avoir vu Daisuke s'en prendre ainsi à Yuya. Il voulait abattre cet homme. Une bonne fois pour toute. Et cette fois-ci, pas de résurrection.

Les coups de sabre pleuvaient sans discontinuer. Malgré tous ses efforts, malgré son aura censée être forteresse, Daisuke sentait chaque coup le toucher dans sa chair. Le sang imprégnait le sol et les pierres alentours.

Yuya suivait le combat, le souffle coupé, le cœur battant. Elle avait parfois du mal à tout voir tant les adversaires étaient rapides. Mais elle ne doutait pas -elle ne doutait plus- du l'issu de l'affrontement.

Effectivement, après avoir encaissé encore et encore, le corps de Daisuke finit par ne plus tenir. L'homme pesta, hurla qu'il ne pouvait pas perdre, que c'était impossible, lui qui était parvenu à devenir si fort.

-Ce n'est qu'un retour juste des choses, commenta Kyo, un regard glaçant posé sur son ennemi au sol, tu aurais dû mourir il y a plusieurs années à Sekigahara.

-Non... non tu ne m'auras pas... je te retrouverai Kyo je te ferai payer...

Il n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Ce coup de sabre fut le bon. Le corps de Daisuke glissa lentement pour ne plus se relever. Crispée, tendue, Yuya sentit son souffle lui revenir. Fini. C'était fini. L'aura meurtrière de Kyo se calma. Il ne perdit pas contrôle de lui-même. Et se contenta de fixer le cadavre encore chaud de son vieil ennemi.


La suite, ce sera l'épilogue de toute cette aventure !

J'espère que vous avez apprécié ce chapitre 19. N'hésitez pas à me laisser vos impressions et à bientôt pour la conclusion !