Bonjour à toutes et tous.

Eh oui, je suis encore en vie ! Je suis vraiment désolée, voilà près de 2 ans que j'annonce un épilogue et... rien. J'avais commencé à en écrire des bouts au fil de l'inspiration. Puis les obligations de la vie sont passées par-là. L'inspiration et l'envie d'écrire se sont un peu envolées. Mais je n'abandonne pas. J'ai vraiment voulu vous offrir cet épilogue pour clôturer une bonne fois pour toute cette fanfic qui a presque 7 ans ! Incroyable, n'est-ce pas ?

Bref, voilà l'épilogue. Encore désolée pour cette si longue attente. Merci à vous de m'avoir suivie jusqu'ici. N'hésitez pas à me laisser une dernière review, ça fait toujours plaisir :)

Bisous et bonne lecture. A bientôt !


Haletante, à bout de forces, Tokito lâcha ses sabres et vint s'accroupir devant Keichi, lequel tentait, tant bien que mal, de tenir assis contre le mur, étouffant des gémissements plaintifs. Sans autre forme de procès, elle déchira une partie du vêtement qui recouvrait son torse afin de voir sa blessure. Celle-ci, bien que pas très jolie, était superficielle. La lame ne s'était pas enfoncée profondément, l'homme ayant eu un assez bon réflexe d'esquive -étonnant, pour un empoté comme lui. Du sang avait taché le vêtement et Keichi gémit un peu plus fort lorsque Tokito effleura l'entaille.

-Je...je vais mourir ?

-Mais non.

-Sûre ?

-Mais oui. T'es pas en sucre, hein ?

Malgré son air pâle et les grosses gouttes de sueur qui perlaient sur son front, l'homme fit un timide sourire.

Tokito retira son kimono violet, ne gardant, au-dessus de son short, que son vêtement blanc. Elle le tendit à Keichi :

-En attendant, appuie ça sur la blessure, pour endiguer l'hémorragie.

-Hein ? Mais que…

Elle soupira en levant les yeux au ciel et s'employa à lui montrer l'exemple. L'homme cria littéralement lorsqu'elle commença à compresser la plaie.

-Mais ça fait mal !

-Ouais ben fais-le quand même sinon tu vas continuer de perdre du sang.

Elle se releva alors que Keichi semblait à deux doigts de tourner de l'oeil.

-Eh, c'est pas le moment de défaillir. Reste là, je reviens.

Elle commença à s'éloigner puis, au bout de quelques pas, elle se retourna :

-C'est très courageux ce que tu as fait. Ta femme et tes enfants seraient fiers de toi.

Un furtif sourire passa sur son visage fatigué avant qu'elle ne reporte son attention sur le mur de glace. Elle reprit ses sabres, sait-on jamais puis, rassemblant ce qui lui restait d'énergie, elle fit la peau au mur. Prudemment, elle sonda ce qui se passait de l'autre côté. C'était le calme plat. Tout le couloir était envahi par de la glace et de nombreux soldats avaient été brisés, au sens premier du terme -congelés puis explosés en des dizaines de morceaux.

Au milieu de tout ce champ de mort, un homme se tenait debout. Il ne pouvait pas en être autrement. Cet abruti avait la volonté comme aucune autre de rester debout, face aux événements.

-Tu as survécu, lança Tokito d'un air narquois.

-Apparemment toi aussi.

Rangeant leurs sabres, ils firent l'un et l'autre quelques pas et, dans un même élan, ils s'étreignirent. Posant son visage contre l'épaule d'Akira, Tokito ferma les yeux, épuisée, mais heureuse de le retrouver.

-T'as beau être un minable, je savais que tu t'en sortirais face à ces crétins de zombies.

Le samouraï eut un sourire affectueux alors que ses bras serrèrent un peu plus le petit corps de sa belle guerrière.

-Je savais que tu réussirais face à Atsuko.

Un petit silence plana. Tous les deux peinaient à sentir leur propre corps, blessé de partout, physiquement à bout. Mais ils étaient ensemble. Et à cet instant-là, c'était ce qui leur importait.

-Putain, c'est Akari qui va être contente, elle va encore nous demander un secret pour nous remettre sur pied.

A ces mots, Akira ne put s'empêcher de sentir une sueur froide lui couler le long du dos. Un nouveau silence passa, pendant lequel chacun essayait d'échafauder un plan pour échapper à ce terrible rituel. Le plus simple aurait été de se faire soigner par quelqu'un d'autre qu'Akari. Le Shogun devait bien avoir une équipe médicale compétente, non ? Néanmoins, fallait avouer qu'avec la chamane, au moins, ils n'en auraient pas pour plusieurs jours d'hôpital, à réparer toutes les blessures.

Une nouvelle voix brisa ce silence :

-Je crois que je saigne encore !

Tokito s'écarta d'Akira :

-Ah, c'est Keichi.

-Qu'est-ce qu'il fiche là ?!

-Il est arrivé pile poil au bon moment. Ce minable n'est pas si trouillard, finalement.

Elle fit un beau sourire au jeune homme et, ensemble, ils rejoignirent le blessé, toujours assis contre son mur, à gémir comme un type à l'agonie.

Après avoir répété à l'homme que, non, il n'allait pas mourir, ils le soutirent à deux afin de quitter les lieux et tenter de retrouver les autres. Personne ne parlait. Chacun avec sa propre fatigue, ses propres blessures, ses propres pensées.

L'agitation de la nuit s'était calmée et, par les fenêtres, un début de jour pouvait être aperçu. Il y avait, çà et là, des corps, figés dans la mort. Parfois des hommes portant l'armure de la garde impériale. Parfois d'autres aux allures de zombies qui ne bougeraient plus. Akira eut un sourire : la magie du nécromant avait donc été levée. Il n'y avait plus d'ennemi immortel. Seulement des soldats d'outre-tombe qu'il fallait abattre pour leur offrir une deuxième et réelle mort.

Après avoir erré sans être tombés sur de nouveaux ennemis, le trio arriva dans une grande salle servant, autrefois, aux banquets et réceptions. Elle avait apparemment connu des combats durant les heures précédentes, puisque des pylônes avaient été abattus, des débris de pierre traînaient au sol. C'était ici qu'étaient rassemblés les survivants du palais et les blessés en attente de soin, l'infirmerie étant remplie au maximum de ses capacités.

L'ensemble de la Kyo-team était présente. Pas de perte à déplorer. Et tout le monde tenait encore à peu près debout. Yuya, qui s'était remise de ses émotions et de ses blessures, accueillis les trois nouveaux venus avec un sourire, lequel se rembrunit rapidement face à la grimace de souffrance de Keichi.

-Il croit qu'il va crever, commenta stoïquement Tokito.

-Je me sens partir, haleta l'homme, le front couvert de sueur.

-Mais il ne va pas crever, continua la blonde, sur le même ton.

-Je me sens pas bien…

-Vous avez été blessé, répondit doucement Yuya, c'est normal que vous ayez mal. Venez, on va vous soigner.

-Vous allez surtout me raconter un magnifique secret ! s'écria Akari, déboulant à grands pas, sourire radieux -un poil sadique- aux lèvres. Et si vous ne voulez pas, alors, oui, vous allez vraiment crever.

Face au visage de Keichi qui venait de virer à du blanc encore plus blanc que précédemment, Tokito leva les yeux au ciel. Et abandonna l'homme entre les bras de la chamane.


Récit des combats, explications, guérison des plaies. La matinée fut rythmée par des activités d'après-bataille. Les jours des blessés n'étant plus en danger, les survivants et bien portants s'occupèrent d'enterrer les morts. Les soldats zombies furent incinérés ensemble. Tandis qu'une cérémonie fut organisée pour les autres. Le Shogun en personne la présida, rappelant le courage des hommes tombés au combat et le sacrifice qu'ils avaient fait pour la ville, pour leur pays.

Après les larmes et le deuil, ce fut un temps de décompression et de fête. Nourriture et boisson coulaient à flot. Yukimura fut on ne peut plus heureux de pouvoir renouer avec une flasque de sake. Yuya regardait, avec une tendresse infinie au fond des yeux, ces gens de la Kyo-team reprendre leurs concours d'alcool et leurs éternelles piques les uns envers les autres. Ils avaient frôlé la mort, aidé à sauver le pays, s'en étaient sortis avec de nombreuses blessures, et pourtant, ils étaient là, bien vivants, à festoyer, rire, se taquiner et se saouler. Ces amis qu'elle avait rencontrés au fur et à mesure de sa route étaient bien exceptionnels.

Le Shogun avait accordé à la Kyo-team le gîte et le couvert aussi longtemps qu'ils le souhaiteraient. Il considérait que c'était bien la moindre des choses. Il avait également balayé toutes les charges pesant sur Keichi, lequel était désormais libre d'aller où il voulait -retrouver sa famille- sans être inquiété.

Les jours passèrent, le temps que tous se refassent une santé. Dans la ville, on s'activait pour la reconstruire. Guérir les âmes en deuil, s'aimer, s'entraider. Edo revivait après une nuit de massacre.

Puis il fut temps.

Personne ne voulait rester définitivement dans la capitale. Certains avaient des attaches ailleurs. D'autres ne voyaient pas leur vie autrement qu'en voyageant et ne voulaient donc en aucun cas se sédentariser ici. A l'exception de Tigre, qui avait décidé de revenir vers son père, et de Mahiro. Ainsi Yukimura fut le premier à repartir, avec les guerriers de Sanada. Il remercia, d'un grand sourire, pour ces chouettes vacances et promit qu'ils s'en referaient des pareilles bientôt. Okuni annonça aller vers Nara pour un temps. Changement d'air, changement de ville et donc bien plus de nouvelles informations potentiellement intéressantes à glaner pour une informatrice comme elle. Sakuya et Kyoshiro repartirent ensemble, main dans la main, bâtir leur petit nid d'amour à eux. Incertains du futur et de leur destination, Bontenmaru et Luciole firent route ensemble. Ils avaient voulu convaincre Akira de se joindre à eux -sous des prétextes un peu flou il avait refusé- ainsi qu'Akari -qui avait dit vouloir retourner en territoire Mibu afin de continuer les recherches d'Hishigi sur un remède contre la maladie de la Mort. La chamane avait donc mis le cap vers le territoire Mibu, en compagnie de Shinrei qui avait voulu retrouver les siens. Kyo avait aussi été invité à suivre les deux Shiseiten sur les routes. Mais comme tout le monde s'y attendait, il avait décliné d'un regard. Il avait quitté Edo en même temps que Yuya. Si celle-ci avait clairement affiché son intention de retrouver son auberge, tout le monde se demandait si Kyo allait vraiment s'installer définitivement et durablement là-bas. Pour un voyageur solitaire comme lui, c'était assez incongru. Mais pourquoi pas. L'amour vous change des hommes, même lorsqu'il s'agit d'Onime no Kyo !

Voyant que tout le monde mettait les voiles, Keichi décida d'en faire autant. Il n'avait pas de sac, pas d'affaires à emporter avec lui. Il était arrivé sans rien, il repartirait sans rien mais irait retrouver tout ce qui comptait dans sa vie. Il avait fait des au revoirs un peu timide aux personnes restantes de la Kyo-team, leur souhaitant bonne continuation. Tigre lui avait passé un peu d'argent et lui avait fait préparer des provisions pour son voyage.

Alors qu'il quittait le palais, une voix s'éleva :

-T'es un humain assez chiant, un peu trouillard, pas débrouillard. Mais t'es quelqu'un de bien. Alors oublie pas ça quand tu retrouveras ta famille et agis en tant que tel.

Il découvrit Tokito, adossée à une colonne du palais, qui ne le regardait pas vraiment. Il eut un sourire et s'approcha d'elle :

-Toi t'es une gamine vraiment flippante avec un sale caractère mais t'es aussi quelqu'un de bien. Bonne continuation à toi et Akira. Qu'est-ce que vous allez faire ?

-Je suppose que ce minable va repartir sillonner le pays en long en large et en travers pour s'entraîner et continuer de se forger. Et comme il ne m'a toujours pas accordé ma revanche, je le suivrai.

-Alors, si jamais vous passez par Kobe, n'hésitez pas à venir nous voir, on sera très heureux de vous accueillir.

Il lui tendit la main ; elle la serra, au début un peu hésitante.

Ils échangèrent un regard d'au revoir, léger sourire aux lèvres. Puis Keichi reprit sa route. Au moment où il allait disparaître du champ de vision de Tokito, il s'arrêta, se retourna :

-Au fait. Merci de m'avoir sauvé.

Elle ne répondit rien, mains dans le dos, dans une attitude un peu désinvolte. Mais elle lui adressa un hochement de tête pour lui signifier qu'elle l'avait entendu. Et que ses remerciements lui étaient parvenus.

Une page de tournée. Une enquête folle, un complot déjoué. Des vacances bien remplies. A présent, une nouvelle page pouvait s'écrire. Plein des souvenirs de cette folle aventure. Et, surtout, une nouvelle histoire dans laquelle elle aurait Akira à ses côtés.

Un mince sourire se dessina sur ses lèvres.

Alors qu'elle faisait demi-tour, pour aller préparer ses affaires. Ils n'allaient pas tarder à se remettre en route, eux aussi.