Title: Désir et Jalousie
Author: kill_titi
Pairing: AS/S, Albus Severus/Scorpius
Rating: R maybe M later
Summary: Voir chapitre 1
Warning(s): Violence, masturbation, rapport sexuel forcé, mention de viol, mention de kidnapping et séquestration. (ouais c'est de pire en pire …)
Disclaimer: belong to JK Rowling
Notes de l'auteur: Je vous prie de m'excuser du temps qu'il m'a fallu pour écrire ce chapitre, j'essaie de mettre à jour l'ensemble de mes histoires le plus rapidement possible mais récemment j'ai eu très peu de temps pour écrire. Et comme je suis incapable d'écrire de court chapitre et bien je tarde à les publier. Désolée encore...
Quelques passages hot, mais sans gravité, donc je reste en rating K, mais je pense que d'ici le prochain chapitre, je passerai au M.
Mes personnages sont de plus en plus tordus et de plus en plus torturés, mais c'est comme cela que je les aime.
Pour l'ambiance,
Heu... disons que j'ai tout écrit en écoutant: All Good things come to an end de Nelly Furtado et je l'ai relu en écoutant la Bo d'Angélique Marquise des Anges, de Michel Magne.
Pour les parties dramatiques, vous pouvez écouter aussi la BO de Harry Potter et le Prince de sang mêlé - Slughorn Confession.
Des reviews s'il vous plait, n'essayez pas de me punir parce que j'ai été longue à publier, je voudrais savoir si la tournure de l'histoire vous plait. J'ai la fin en tête...
Enjoy!
Chapitre 5 : L'Art d'aimer et de haïr.
Première nuit, premier jour, premiers ennuis.
Albus rangeait ses affaires dans la malle au pied de son nouveau lit près de celui de Scorpius, contre le mur sous la fenêtre. Le précédent lit d'Albus était plus éloigné mais il avait demandé à l'un de ses amis de lui céder le sien afin qu'il soit plus proche de Malfoy.
«Pour qu'il ne soit pas seul. C'est dur d'arriver en cours d'année. »
Carlson avait hochait la tête avec un sourire entendue devant cette pâle excuse mais il avait accepté.
Du coin de l'œil, il observait le jeune blond, assis sur son nouveau lit, qui feuilletait distraitement le magazine qu'il lui avait prêté. Il n'avait déballé aucune de ses affaires et sa malle de voyage était logée contre le mur à l'abandon.
Durant le repas, Albus l'avait présenté à ses amis qui s'étaient montrés chaleureux mais la conversation était restée superficielle; et après quelques politesses, Scorpius s'est ensuite enfermé dans le mutisme, ne touchant pas à son assiette et lançant de temps en temps des regards vers Dorian qui lui répondait par des sourires. Albus avait détesté cette pointe de douleur qui s'était formée dans le creux de son estomac lorsqu'il regardait les échanges entre les deux garçons. Mais ce qui le troublait d'autant plus, c'était le regard froid qu'échangeait Scorpius avec son frère quand leurs yeux se croisaient.
« Dis-moi, dit-il en fermant sa malle à clé et en jetant un coup d'œil vers les trois autres occupants de la chambre qui étaient déjà endormis, toi et mon frère, vous vous connaissez ?
-Pas vraiment », dit Scorpius, détaché. Pourtant il avait cessé de tourner les pages et il semblait déconcerté. « On s'est rencontré une fois, continua-t'il. Ça ne s'est pas très bien passé.
- Il s'est mal comporté ? Tu sais, James peut parfois se montrer brutal et lourd mais il n'est pas méchant.
Scorpius réfléchit quelques instants mais ne détacha pas ses yeux du magazine.
-Non… dit-il enfin, perdu dans ses souvenirs. En fait, il s'est montré charmant…, du moins au début.
Il ferma la revue et la jeta sur le lit d'Albus en ajoutant :
« Ton frère n'a pas l'habitude qu'on lui refuse ce qu'il veut, comme tous les enfants gâtés, alors quand ça arrive, il se met en colère. »
Il se leva, ouvrit son pantalon et le fit glisser le long de ses longues jambes blanches. Albus rougit et détourna les yeux, le temps que Scorpius rentre dans les draps, ne portant que sa chemise. Albus s'éclaircit la gorge et attrapa son pyjama et l'enfila rapidement, ne souhaitant pas que quelqu'un aperçoive la bosse qui commençait à se former dans son sous-vêtement. Il se glissa dans les couvertures et éteignit la lumière à l'aide de sa baguette. Il essayait de faire défiler dans sa tête des images assez grossières qui pourrait faire redescendre son désir ; le chat de Lily, un épisode de l'émission culinaire de sa mère, « pour que le homard soit plus tendre, il faut lui arracher la queue pendant qu'il est vivant… »
« Potter ? entendit-il murmurer dans le noir. Il sursauta, oubliant le homard. C'était la voix de Scorpius bien sûr.
- C'est Al, répondit-il, mais sa voix était douce.
-… Al… désolé pour ce qui s'est passé dans le train.
-C'est rien, répondit Albus après une courte pause. Bonne nuit. »
Albus ouvrit les yeux un peu plus tard dans la nuit, réveillé par ce qui semblait être des pleurs étouffés, provenant du lit de Scorpius. Il alluma une des bougies qui se trouvaient sur la table de chevet et s'approcha du garçon. Les pleurs avaient cessé.
« Je t'ai entendu. Est-ce que je peux faire quelque chose ? »
Scorpius se tourna vers lui et se redressa légèrement, faisant glisser les couvertures, dévoilant ses jambes. Une manche de sa chemise était descendue sur son bras, découvrant une épaule blanche. Des larmes avaient coulés sur son visage mais il ne pleurait plus.
Il tendit le bras vers Albus.
« Dors avec moi cette nuit, l'invita-t'il. Mais la voix était impérieuse, sans douceur.
La gorge d'Albus devint sèche et il eut du mal à déglutiner. Scorpius en chemise débraillée était un tableau ravissant et sans doute l'image la plus séduisante qu'il n'ait jamais vue. Il jeta un coup d'œil vers les autres lits, veillant à ce qu'il ne soit pas vu et approcha de Scorpius qui écarta les couvertures et se reculait pour lui laisser de la place. Albus s'assit sur le lit puis hésita. Scorpius posa la main sur son épaule mais Albus le repoussa doucement, lui faisant face.
« Est-ce que Dorian dort avec toi d'habitude », demanda-t-il.
Ce fut au tour de Scorpius d'hésiter mais il finit par acquiescer.
Albus secoua la tête, désabusé, faisant mine de se lever du lit.
« Je ne suis pas un jouet de remplacement.
-Non ce n'est pas ça, dit Scorpius qui le retint par le bras, et se colla contre lui.
Albus se raidit et regarda le jeune blond s'asseoir sur ses genoux, tout en passant les bras autour de son cou. Les lèvres de Scorpius touchèrent les siennes, légères et douces.
Un instant, Albus oublia tout ce qui l'entourait, comme si le monde disparaissait derrière un voile sombre. Plus rien ne semblait réel, si ce n'était les lèvres sucrées qui caressaient sa bouche. Mais cette douceur disparut soudain, quand Scorpius le lâcha et recula, levant à nouveau les couvertures dans une invitation silencieuse.
Charmé, Albus le suivit et se glissa dans les draps. Il s'allongea contre le jeune Malfoy, passant son bras autour de sa poitrine et logeant sa tête au creux de son cou. Il eut envie de l'embrasser, de déposer des baisers tendres et aimants le long de sa gorge mais il se retint, se contentant de la chaleur de leur étreinte nouvelle. Il sentait le cœur de Scorpius battre contre son bras. Le battement d'abord rapide se ralentit doucement alors qu'Albus sentait le garçon se détendre dans ses bras. Bercé par ce rythme, engourdit par la chaleur de leurs deux corps blottis, il s'endormit.
Quand Albus se réveilla, le jour pointait à peine à l'horizon, et la lumière qui transparaissait à travers la vitre était pâle.
Il avait chaud, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas aussi bien dormi, même s'il s'était réveillé un nombre incalculable de fois. Scorpius se débattait dans son sommeil, mais il revenait toujours se blottir dans les bras d'Albus. Il se redressa dans le lit, et observa le jeune garçon qui dormait à ses côtés.
Il avait toujours pensé que Scorpius était un être indépendant et solitaire ; quelqu'un qui possédait la liberté qu'il n'avait pas, quelqu'un qu'il admirait.
Mais pour la personne qu'il avait tenue dans ses bras cette nuit, il ne ressentait aucune admiration, mais un attrait plus simple et plus profond ; du désir pur, un désir de possession.
Il pourrait l'aimer, simplement l'aimer.
Il ne l'avait jamais imaginé sous cet angle, seulement comme un fantasme mais jamais dans un sens romantique. Maintenant, il savait qu'il désirait Scorpius, cette personne fragile et pourtant froide, qui s'offrirait à lui pour ne pas être seul.
En observant son visage, Albus se rendit compte qu'il était dur, comme tous les garçons le matin. Pourtant, cette érection matinale était différente, d'habitude il ne ressentait pas de désir. Mais la chaleur de Scorpius et le contact de ses jambes nus contre les siennes, ou la manière dont le jeune garçon collait son corps contre le sien, excitaient le jeune adolescent.
Il se leva sans bruit pour rejoindre son lit, mais il changea d'avis et alla dans la salle de bain.
Il se dirigea vers la rangée de lavabos, hésita un instant, puis glissa sa main dans son pantalon et commença à se masser, se remémorant le baiser que lui avait donné Scorpius et sa peau contre la sienne. Sa respiration devint haletante et il serra ses doigts avec force autour de son sexe, jusqu'à se faire mal. Il voulait éteindre ce désir, ce feu qui le consumait sans qu'il comprenne pourquoi. Il pensa au garçon avec qui il avait passé la nuit, la douceur de ses jambes, la chaleur de son corps, ses lèvres tendres, ses fesses rondes…
Dans un dernier cri étouffé, il se vida dans l'évier.
Il ouvrit l'eau et laissa le liquide effacer les traces de sa passion sur l'acrylique. Il resta un instant immobile, les deux mains sur le rebord du lavabo, essayant de reprendre son souffle, puis leva les yeux vers le miroir lui faisait face et toucha sa lèvre fendue. Un ami lui avait guérit le bleu qui s'était formé mais il n'avait pas pu cicatriser la lèvre. Il avait les cheveux en bataille, les yeux hagards et le visage rougit du plaisir éprouvé. Il se sentait pitoyable.
Comment faisait Dorian pour résister? Une pensée traversa alors son esprit : est-ce que Dorian et Scorpius couchaient ensemble ? Ils partageaient le même lit après tout. Il sentit la colère envahir son être et il se retint de retourner dans le dortoir pour ravager le corps du garçon qui osait jouer ainsi avec ses sentiments et son désir. Mais c'était stupide, la faiblesse venait de lui. C'est lui qui cédait à ses pulsions pour le garçon. Pourquoi lui en vouloir ?
Il passa une poignée d'eau sur son visage, ferma le robinet et repartit se coucher dans son propre lit, froid et vide.
Salle de Cours, Potions.
« La potion « Species Mortis » permet de feindre la mort pendant environ quarante heures. Cette potion est célèbre car il s'agit du poison que but Juliette pour éviter son mariage avec Paris dans l'œuvre de Shakespeare « Roméo et Juliette ». Si le Frère Laurent, qui lui a donné la potion, avait été un sorcier, il lui aurait expliqué que l'effet peut varier selon la dose d'extrait de fèves noires utilisée. L'histoire aurait pu être moins tragique. Les moldus ne devraient pas utiliser ce qu'ils ne comprennent pas.»
-Excellent, monsieur Malfoy, trente points pour Serpentard. »
Le professeur Slughorn inclina légèrement la tête vers le jeune garçon qui avait réalisé avec brio la potion « Species Mortis » aussi appelée « l'apparence de la mort ».
« Je ne savais pas que tu étais aussi doué en potion, dit Albus en faisant disparaître sa mixture violette qui n'avait pas la couleur pourpre de celle de son voisin de table.
-J'aime les poisons, dit Scorpius avec un sourire ravageur en versant un peu de liquide rouge dans une fiole qu'il étiqueta. Cela peut être utile de temps en temps. Et toi, dans quoi tu excelles ?
- La défense contre les forces du mal bien sûr, comme tout Potter qui se respecte, déclara le jeune garçon aux cheveux noirs, en lui faisant un clin d'œil.
Scorpius sourit en secouant doucement la tête et attrapa son sac pour suivre Albus qui quittait déjà la salle de classe pour se rendre à leur prochain cours.
Ils avaient passés la matinée ensemble, comme si cela était naturelle. Scorpius était plus détendu en présence d'Albus qui appréciait cette légèreté qui régnait maintenant entre eux.
Bien sûr, les remarques et commentaires n'avaient pas tardé à fuser autour d'eux.
« Malfoy tape dans la famille Potter maintenant » ou « Potter est ami avec le petit-fils de l'homme qui a voulu tué sa mère ».
Albus avait du mal à supporter ces commentaires contrairement à Scorpius qui les ignorait superbement, lançant des répliques acides et cinglantes à toutes personnes qui se montraient agressives envers eux et cela avec beaucoup de maîtrise. Il était sans doute habitué à ce genre d'insulte.
« Et même s'il était blessé, il ne le montrerait certainement pas en public » se dit Albus qui commençait à comprendre comment fonctionnait le jeune blond.
Ce qui était plutôt une bonne chose, vu que les attaques se multipliaient au cours de la journée. Albus avait arraché une photo mobile de Scorpius qui dansait avec Adams Rice, avec l'inscription en rouge « Je suis une trainée », collée sur le tableau de répartition des salles. (Une gentillesse de Goyle sans aucun doute…) Il avait aussi intercepté un mot d'insulte déguisait en oiseau volant en papier destiné à Malfoy.
Sinon le reste de la matinée fut agréable… Ce qu'il avait moins anticipé, c'était les mots et lettres que recevaient Scorpius, lui vantant sa beauté, ou même l'invitant à la bibliothèque, dans la tour d'astronomie ou un dortoir quelque conque pour des rendez-vous secrets.
Mais à son grand soulagement, Malfoy n'y prêtait aucune attention et jetait les lettres après chaque lecture. Le jeune Potter se reprochait déjà cet attachement possessif qui le liait à Malfoy, mais il ne parvenait pas à s'en défaire.
Ils pénétrèrent dans la salle de classe et s'assirent à une table sur la gauche, proche du mur et ils gardèrent la table de derrière pour Linz Carlson et Aaron Briani qui restaient avec eux à chaque cours.
« Au fait, nous sommes ici pour quelle cours ? demanda Scorpius qui n'avait pas jeter une seule fois un coup d'œil au planning, comptant sur Albus pour le guider à travers les différentes salles.
- Métamorphose. »
Scorpius se raidit soudain, les yeux écarquillés, les poings serrés. Il fit mine de se lever, comme possédé, mais Albus le retint par le bras.
« Qu'est ce qui se passe ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Il faut que je sorte, dit-il tremblant. Je crois que je vais sécher ce cours, je ne peux pas le suivre.
-C'est un cours obligatoire. Et tu as mal choisi ton coup, il est enseigné par le Professeur McGonagall, la directrice de l'école.
-Je m'en fiche il faut que je sorte.
Il dégagea violemment son bras et se leva, prit ses affaires et attrapa son sac, mais au moment où il s'engageait dans l'allée, le Professeur Mc Donagall entra dans la salle de classe, lui faisant face.
« Avez-vous quelque chose de plus intéressant à faire que de suivre mon cours monsieur Malfoy » demanda-t-elle d'un ton pincé et autoritaire.
Toute la classe regarda le jeune garçon. Scorpius respira rapidement, tremblant. Il se mordilla la lèvre mais il finit par secouer la tête.
-Non professeur, répondit-il faiblement.
-Bien, veuillez retourner à votre place. »
Scorpius expira lentement, et se résigna à se rasseoir aux côtés d'Albus qui le regardait avec étonnement. Il croisa le regard de ses deux amis, qui lui demandèrent ce qui c'était passé, mais Albus haussa les épaules d'un air innocent ; il n'en savait rien. Scorpius ouvrit son livre sans rien dire, pendant que le Professeur leur distribuait des coupes de fer plaqué d'or qu'il fallait transformer en petit tabouret victorien.
« Tu m'expliques ? demanda Albus au bout de quelques minutes.
-Non.
-Tu n'aimes pas ce cours ? »
Scorpius hésita, concentré sur cette fichue coupe qu'il aurait été incapable de transformer en louche à soupe tellement il était nerveux.
« Je n'ai pas aimé le professeur qui m'a enseigné cette matière, répondit platement Malfoy, espérant que cette explication suffirait à son voisin curieux.
-Il t'a fait du mal … ?
-Bon écoutes, explosa Scorpius en prenant toutefois garde de ne pas élever la voix. Je t'apprécie, on s'amuse bien ensemble, mais qui je suis et ce que j'ai vécu ne te regarde pas. » Il ignora le regard surpris et blessé que lui lança Albus et continua : « Restes à ta place Potter, dans ton monde pleins de joie et de paillettes. Tu ne peux pas comprendre. »
Visiblement irrité, il attrapa la coupe et se mit à feuilletait son livre, cherchant les raisons qui l'empêchaient d'exécuter le sort avec succès. Peut-être qu'il prononçait mal l'incantation, ou qu'il n'était pas assez concentré. Mais il savait très bien que cela n'avait rien à voir avec son talent. Il n'avait jamais pu transformer quoique ce soit depuis ce jour-là, de toute façon. Il était incapable de mettre en pratique ce que cet homme lui avait enseigné. Plongé dans ses réflexions douloureuses, il ne s'attendait pas à ce qu'Albus lui dit ensuite.
« Un fou m'a enlevé quand j'étais enfant. »
La déclaration surprit tellement Scorpius qu'il lâcha la coupe, qui roula sur la table et atterrit sur le sol, propageant un bruit de ferraille qui résonna à travers toute la pièce. Il murmura « désolé » en direction du professeur qui le regardait en fronçant les sourcils et se leva pour ramassa la coupe, récoltant des ricanements moqueurs de la part de Goyle et de sa bande.
Quand il se rassit, il posa la coupe et se tourna pour regarder Potter.
« Maintenant que je me suis bien ridiculisé, tu veux m'en dire plus ? »
Albus sourit tristement et continua :
« J'avais cinq ans. Je n'ai rien compris. J'étais avec mes cousins dans le jardin de mes grands-parents, tu sais les Weasleys ; puis l'instant d'après j'étais dans les bras d'un type en cape noire, avec une énorme barbe affreuse et des yeux rouges. » Albus se tordit sur sa chaise, ses gestes devenaient mal-assurés. Il luttait pour empêcher les souvenirs de lui faire du mal.
« En fait il n'avait pas les yeux rouges, continua-il d'une voix toujours détachée, mais quand je pense à lui je ne vois que cela ; une énorme barbe noire, des yeux rouges et des ongles longs et sales. Il m'a emmené dans une vieille maison, j'étais enfermé dans une cave, attaché au mur. J'étais seul la plupart du temps sauf quand cet homme venait me regarder et me prendre en photo ou me dessiner. Il m'appelait Harry... Je ne m'en souviens pas très bien. Je me souviens d'avoir eu faim et froid et j'avais peur. Cela n'a duré que quatre jours ; mon père m'a retrouvé en quatre jours. Laisses-moi te dire que tous les Aurors étaient sur le coup, dit-il en riant, mais il n'y avait aucun humour dans son rire. Il souffrait de se souvenir et il tremblait.
Scorpius gardait les yeux sur son livre de métamorphose, il ne pouvait pas regarder Albus, car il ne savait pas quoi lui dire. Tous les mots qui lui venaient à l'esprit lui paraissaient fades et inappropriés. Après tout, il n'avait jamais eu à consoler quelqu'un. Il n'avait jamais su quoi dire à Dorian… Il n'avait même pas les mots pour se guérir lui-même. Il soupira, tendit la main et prit celle d'Albus sous la table, serrant ses doigts, en un geste de compassion et de réconfort. Potter lui sourit, et referma sa main sur la sienne. Ils communièrent un moment en silence.
« Les fans de ton père,… ils craignent… déclara finalement Scorpius.
Albus éclata de rire malgré lui, le genre de rire qui détend lorsque l'on parle d'un sujet tragique et douloureux.
« Monsieur Potter ». Les deux jeunes garçons sursautèrent et se lâchèrent la main. McGonagall se tenait juste derrière leur bureau.
«Puisque vous semblez beaucoup vous amuser, veuillez faire une démonstration de la transformation.»
Albus se recomposa, prit sa baguette et s'exécuta. Sa coupe devint un magnifique tabouret en acajou, ce qui permit à Serpentard de récolter dix points supplémentaires. Quand le professeur eut quitté leur rangée, Albus se tourna vers Scorpius.
« A toi, parles-moi », murmura-t-il. Malfoy se raidit et secoua la tête mais Albus insista : « Je n'ai jamais raconté ce qu'il m'était arrivé. A personne, tu es le seul.
- Je n'ai rien à raconter, répondit Scorpius, pas pour le moment…
-D'accord, répondit Albus, j'attendrai.
Dortoir des Serpentards
Albus donna un violent coup de pied dans la malle au pied de son lit. Ce n'était pas de sa faute, il n'était pas le chef de cette école, il ne pouvait pas contrôler tout le monde. Mais Scorpius était parti, après lui avoir reproché de n'avoir rien fait. Comment aurait-il pu savoir bon sang !
Durant le diner, Scorpius avait été surpris de ne voir ni Dorian ni Nicolas Greengrass à la table des Gryffondor, mais il n'en avait rien dit, se contentant de lancer des coups d'œil vers la porte pour surveiller leur probable arrivée. Mais ils ne vinrent pas. C'est en retournant vers la salle commune qu'ils avaient entendu un groupe de Serpentards discuter.
« Je ne l'ai pas vu, mais il parait que Finnigan et ses potes lui ont bien arrangé la face. Il est sorti de l'infirmerie contre l'avis de Madame Pomfresh. Il parait qu'il boitait.
-C'est bien fait pour lui. Nott a une trop grande gueule, il fallait le calmer un peu. »
Avant qu'ils aient pu comprendre ce qui leur arrivait, Scorpius avait fondu sur eux, leur hurlant de se la fermer, leur jetant tous les objets qui se trouver à porter de main. Cela aurait pu mal finir si Albus ne l'avait retenu pour l'empêcher de se battre, s'interposant entre le frêle garçon et les élèves. Il l'avait emmené dans le dortoir, le portant pratiquement et l'avait jeté sur le lit le plus proche.
« De quel côté tu es ? avait demandé Scorpius, en hurlant.
-Pas du tien, quand tu réagis comme cela ! avait répliqué Albus en pointant son doigt vers la porte.
- Finnigan est un ami de ta famille, avait craché Scorpius, jaugeant Albus d'un œil dédaigneux, tu ne peux même pas nous protéger de tes proches ? Tu vas me dire que tu ne savais pas ce qu'il comptait faire ?
- Non je n'en savais rien !
Scorpius s'était levé et avait repoussé le jeune Potter, puis s'était dirigé vers la porte.
« Où vas-tu ?
- Je vais voir Dorian. » Il avait claqué la porte derrière lui, laissant Albus, seul.
Potter s'assit sur le lit. Un instant, il se demanda s'il aurait dû suivre Scorpius. Comment allait-il retrouver son chemin dans le château ? Mais il ne savait pas où il pouvait être. Epuisé, il s'allongea sur son lit, quand il entendit la porte s'ouvrir. Il se redressa, croyant que Scorpius était de retour, mais ce fut Aaron Briani qui pénétra dans la chambre. Il sourit devant le visage déçu de son ami.
« Désolé, ce n'est que moi, dit-il en s'asseyant sur son lit.
- Je suis content de te voir aussi, dit Albus d'un ton d'excuse, c'est juste…
-Ouais je sais, t'inquiète pas. On m'a dit que Malfoy avait craqué.
Le jeune garçon aux cheveux bruns sembla hésiter, puis se frotta les yeux en soupirant avant d'ajouter : « J'ai vu Nott tout à l'heure. »
- Il est comment ? demanda Albus, fixant le plafond.
- Bien amoché. »
Albus ne répondit pas. Il mit son bras sur ses yeux, barrant la lumière et il souhaita que cette journée se finisse vite.
Couloirs du château.
Alors que Scorpius traversait un énième couloir, assez étroit, orné de portraits ronflants, il se rendit enfin à l'évidence… Il était perdu ! Jamais il n'aurait dû partir seul dans cet immense château le premier soir… il aurait dû demander à Potter de l'accompagner. Non, il n'avait pas besoin de lui ! Il n'avait besoin de personne. Il s'était toujours débrouillé, il avait affronté les insultes, les menaces seul… avec Dorian. Il pensait au visage de Nott, il avait peur de le voir, de le découvrir meurtri,…encore une fois ! Albus, le fils d'Harry Potter, ne pouvait pas comprendre ce qu'il ressentait. Scorpius s'arrêta soudain, figé. Il se rappelait ce qu'Al lui avait raconté durant le cours de métamorphose. Il lui avait fallu beaucoup de courage pour lui dire ce qui lui était arrivé; un courage dont Malfoy manquait cruellement. Il préférait ignorer ce qu'il avait vécu, l'enfermer au plus profond de son âme plutôt que de l'affronter, de dire qu'il avait été… qu'on l'avait…
« Tu cherches quelque chose ? » entendit-il. Il sursauta et se retourna pour découvrir Potter… mais ce n'était pas son Potter. James se tenait derrière lui, grand et droit, les yeux brillants. Scorpius eut un mouvement de recul, mais pour aller où ? Il était incapable de retourner au donjon.
« Oui, je cherchais l'entrée de la Tour dans laquelle se trouve ta maison, répondit-il la gorge sèche, en tapotant nerveusement sa cuisse des doigts.
- Ah. Tu t'es perdu ? dit James. Il te faudra du temps pour t'habituer aux escaliers, ils sont capricieux.
- Oui, il semble, souffla Scorpius, mal-à-l'aise en présence du plus âgé des Potter.
James le fixa intensément puis s'approcha. Scorpius se raidit, le souffle coupé, mais Potter passa à côté de lui.
- Viens avec moi, dit James en le dépassant.
Scorpius hésita, mais le jeune homme continuait à avancer. Il soupira et le suivit, persuadé qu'il faisait une erreur. Ils longèrent un large et sombre couloir, à peine éclairé par la lune. Scorpius sortit sa baguette. Il était sur le point d'opérer un sort de luminosité quand James l'arrêta et lui prit sèchement la baguette des mains.
« Le couvre-feu est passé, expliqua-t-il. Tu ne veux pas qu'on se fasse repérer ?»
- Non c'est vrai. »
Mafoy tendit la main pour reprendre sa baguette, mais James ne fit aucun geste pour la lui rendre et se contenta de le fixer.
« Rends-moi ma baguette s'il te plait. » murmura-il, la main toujours tendue.
Potter l'ignora et se dirigea vers les toilettes de l'étage qui se trouve juste à côté.
« On fait un court arrêt, ça ne te dérange pas. » Ce n'était pas une question.
James entra et Scorpius hésita encore. Pourquoi est-ce qu'il n'y avait pas des plans affichés dans ce fichu château? Il ne pouvait pas retourner au donjon et il lui fallait sa baguette. Il tapa du pied, frustré de n'avoir aucune prise sur la situation, puis il se résigna et entra à son tour dans les toilettes.
James avaient posé sa baguette et la sienne sur le bord du lavabo. Il se lavait les mains et les essuyait sur les serviettes blanches. Scorpius s'avança vers l'évier pour reprendre sa baguette, sans rien dire, évitant de rencontrer les yeux de James dans le miroir. Mais alors qu'il tendait la main pour la reprendre, James se tourna vers lui, lui barrant la route.
« C'est assez étrange de se revoir ici, non ? » dit James, le sourire aux lèvres.
Scorpius ne répondit pas. Il regardait tour à tour sa baguette et le jeune brun.
« C'est difficile de te voir seul, continua James. Nott n'est plus avec toi donc je pensais qu'on pourrait se voir, mais maintenant il semble que mon frère ne soit attribué la fonction de protecteur. »
-De protecteur ? Et de quoi devrais-je être protégé ? »
Le sourire de James devint mauvais.
« De rien, murmura-t-il, en tendant la main vers le visage du garçon. Je suis content de te voir tu sais ? Ça fait longtemps. Tu te souviens ? «
Scorpius recula, contre le mur de pierre, essayant d'échapper à cette main qui lui caresser les cheveux. « C'était quand ? » dit James en feignant de se remémorer des souvenirs qui étaient présents dans sa mémoire. « Ah oui, il y a quelques mois à l'ouverture de Salon Bleu.» Il s'approcha de Scorpius, coinçant le jeune garçon contre le mur. Malfoy évitait son regard et tremblait sous le contact de son corps.
«Tu portais un jean noir et une chemise blanche », murmura James, en passant doucement ses lèvres sur sa tempe et son front, « et tu avais détaché tes cheveux. » Il caressa les longs cheveux blonds et retira l'élastique qui les tenait. «Moi je me souviens très bien de cette soirée. »
James posa ses mains sur les hanches de Scorpius, se serra contre lui, et gémit quand tout son corps rentra en contact avec le sien. Il posa doucement son front contre celui du garçon qui fermait les yeux.
« Je me souviens de ton corps contre le mien. Je me souviens de tes caresses. Et je me souviens du goût de tes lèvres.»
James se pencha et embrassa Scorpius, fermement mais tendrement, caressant sa bouche. Scorpius se raidit et lui mordit la lèvre, ce qui arracha à Potter un cri de douleur. Puis Scorpius le repoussa par les épaules et tenta de courir vers sa baguette, mais James l'attrapa par le bras, le rejeta brutalement en arrière et lui barra le passage. Il ricana en passant sa langue sur sa blessure.
« Ah oui, ça aussi je m'en souviens, cette façon que tu as eu de me repousser, » dit-il en se rapprochant de Scorpius, menaçant. « Sauf que la dernière fois, tu m'as frappé. »
James leva la main et gifla violemment Scorpius qui tomba sur le sol de pierre. Malfoy porta les doigts à bouche et se rendit compte que sa lèvre saignait. James se mit à genoux près de lui et tendit une main tendre. Il recula, rampant sur le sol pour lui échapper. Mais Potter l'attrapa par le poignet et l'attira, le faisant glisser à genoux sur la pierre jusqu'à lui.
« Pourquoi tu fais ça ? » souffla-t-il comme on réprimande un enfant. Sa voix était douce et son regard indulgent. « Pourquoi tu m'as mordu cette fois-ci ? Pourquoi tu as essayé de m'attirer si c'était ensuite pour me repousser. Tu croyais qu'un Potter ferait bien à ton tableau de chasse ? Mais moi je veux plus, tu le savais. »
Scorpius tenta de le frapper de sa main libre, mais James enserra ses deux poignets dans ses mains.
« Allons chaton, dit-il en souriant, range tes griffes. Tu veux que Dorian soit en sécurité ? Tu veux qu'il aille bien ? »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » grogna Scorpius, en levant des yeux furieux vers son assaillant.
James se mit à rire et déposa un baiser sec sur ses lèvres, visiblement amusé par la fureur impuissante de sa jeune victime.
« Tu sais pourquoi tu as toujours ton beau visage de porcelaine ? demanda-t-il doucement. C'est parce que je le veux. Si je ne retenais pas Finnigan, toi aussi, tu serais un peu abimé. Mais Nott, je ne sais pas ce que je peux faire pour lui. Ou si je vais faire quelque chose.» Il plongea ses yeux bruns dans ceux de Scorpius et murmura : « ça dépend de toi ».
Scorpius eut le souffle coupé. Il regardait l'homme qui serrait ses poignets dans ses mains ; l'homme qui lui demandait de se donner, de se prostituer en échange de la sécurité de Dorian et de la sienne. Mais avait-il le choix? Des larmes lui montaient aux yeux mais il refusait de les laisser couler.
« Tu veux que Dorian aille bien, non ? insista James sans quitter le jeune garçon des yeux.
- Oui…
- Alors laisses-toi faire. »
James le poussa doucement sur le sol et se posa au-dessus de lui, couvrant son corps du sien et l'embrassa. Il enserrait le visage du garçon en une étreinte parfaite, plongeant ses doigts dans ses cheveux dorés et doux, lui caressant les joues de ses pouces. Scorpius ouvrit la bouche et James passa sa langue entre ses lèvres, jouant avec la sienne, intensifiant le baiser. Le jeune Potter tremblait, comme s'il luttait pour garder le contrôle. Mais ses gestes se faisaient plus insistants, passionnés. Il abandonna la bouche de Scorpius et embrassa sa joue, sa mâchoire avant de descendre sur sa gorge. Il se redressa légèrement, desserra la cravate du garçon et ouvrit sa chemise. Paniqué, Scorpius fit un mouvement pour le retenir mais James l'ignora, écartant les mains qui tentaient de le bloquer. Il se mit à embrasser son cou et ses épaules avec passion, mordillant la chair sans la briser. Scorpius ne bougeait pas, mais il voulait tellement arrêter ses tremblements qui devenaient de plus en plus forts alors que James embrassait son torse puis son ventre, et lui caressait les cuisses à travers son pantalon.
Du plaisir… réalisa Scorpius. Il ressentait du plaisir sous les caresses de James et il maudissait ce corps qui le trahissait; il maudissait les soupirs de plaisirs qui lui échappaient. James le maintenait au sol, l'écrasait sous son poids et ses baisers. Ses mains parcouraient son corps, ses côtés, ses hanches, glissaient sur ses fesses puis le long de ses cuisses. Soudain, il écarta brutalement ses jambes, et se plaça entre ses cuisses, les deux mains sous ses genoux, les serrant avec force.
«Je te veux, dit-il en faisant glisser une de ses mains à l'intérieur de la cuisse du garçon, « je te veux tellement.
- T'es un salaud ! » cracha Scorpius en rejetant la main de James qui s'approchait de son entrejambe.
Le jeune homme se mit à rire et murmura amoureusement : « Aides moi, ma beauté ».
Il se releva, à genoux entre les jambes de Scorpius, et ouvrit son pantalon. Le garçon se tétanisa, et regarda James sortir son sexe durcit. Il le massa une ou deux fois et de sa main libre attrapa le poignet de Malfoy pour le redressait et l'approcher de lui. Puis il lui prit la main et la plaça sur son membre rigide. Il gémit au contact de la peau froide et douce de sa main, et il se pencha en avant, attrapant les épaules de Malfoy, les serrant avec force et posa son front contre celui du garçon. Il avait attendu ce moment depuis si longtemps et il pensait perdre la raison à ce simple contact. Scorpius commença à bouger sa main, en un rythme lent, resserrant ses doigts pour intensifier le plaisir. James enfonça ses ongles dans ses épaules, la respiration haletante. Malfoy se fichait de lui faire du bien, mais il voulait que cela finisse vite. James le regardait, tremblant. Il lâcha ses épaules et il lui caressa le visage, repoussant les cheveux qui lui tombaient sur les yeux, afin de le regarder intensément, presque amoureusement, alors que Scorpius le branlait de plus en plus fort. James remuait les lèvres, formant des mots sans qu'aucun son ne sorte, tout en embrassant le visage du garçon.
Troublé par son regard empli de plaisir, Scorpius détourna le regard, mais James le secoua, le forçant à lever les yeux vers lui :
« Non, regarde-moi, n'imagine pas que tu es ailleurs. Ne pense pas à un autre ! Il n'y a que moi ici. Regarde-moi ! »
Scorpius lui obéit, endurant son regard brillant et ses murmures sensuels, priant pour que la fin arrive.
Alors que James atteignait presque l'orgasme, Scorpius, écœuré par ce qu'il était en train de faire, sentit la nausée lui monter aux lèvres pendant que les larmes qui ne coulaient emplissaient ses yeux, lui brouillant la vue.
James le repoussa soudain en arrière, le forçant à s'allonger et se positionna au-dessus de lui tandis que l'extase finale secouait son corps. Le visage contrit de plaisir, il se vida sur le jeune garçon.
« Je te déteste!» gémit Scorpius avec passion alors que James éjaculait sur son ventre.
James ricana au milieu de ses râles de plaisir. «Moi aussi je te déteste » murmura-t-il enfin, encore tremblant, avant d'embrasser Scorpius.
Il se redressa légèrement et fit glisser ses doigts sur le ventre du garçon, encore couvert de sa semence, l'étalant. Il souriait en soupirant de satisfaction. Scorpius détourna le regard, horrifié par ses gestes tendres et malsains, car il savait que James se délectait de sa victoire et contemplait les restes de la bataille gagnée. Potter passa une main tremblante sur son front, épuisé, puis attrapa sa baguette sur le bord de l'évier sans se lever et murmura « Tergeo » pour nettoyer leurs vêtements. Puis il entreprit de refermer la chemise de Scorpius.
Le jeune garçon tenta de l'en empêcher :
« Attends ! Sur mon ventre il y a encore… Tu n'as pas…
- Je sais, le coupa James en souriant, tout en continuant de fermer la chemise.
Quelle perversion! Il avait nettoyé leur vêtements mais pas les trainées blanchâtres encore visibles sur son corps. Ce malade marquait son territoire. Scorpius connaissait bien ce sentiment qui envahissait son être ; la disparition de la dignité, l'impression de pourrir de l'intérieur. Il se dégoûtait. James referma doucement les boutons de la chemise, recouvrant la semence collée au ventre de Malfoy. Il le rhabillait comme on rhabille une poupée, avec délicatesse et contrôle. Le jeune garçon ne bougeait pas, les yeux vitreux perdus dans le vide. Il se sentait humilié, forcé de porter sur sa peau les preuves de sa faiblesse et de ses actes écœurants. Ce n'était pas la première fois qu'il s'était senti aussi impuissant devant le désir d'un homme. Mais cette fois, il avait accepté, il avait même participé. N'étais-ce pas plus humiliant encore ?
Alors que James resserrait sa cravate verte, Scorpius lui attrapa les mains, enfonçant ses ongles dans sa chair.
« Tu me le paieras », murmura Scorpius, tremblant de haine.
James soutint son regard, imperturbable et se leva brusquement, l'emportant avec lui par les poignets, pour le mettre debout. Il le dominait de sa grande taille et plongeant son regard dans le sien, il murmura :
« Quand tu veux mon cœur ».
Dortoir des Gryffondors.
« Tu as mal ? demanda Scorpius en s'asseyant sur le lit de Dorian.
-Non, plus maintenant.»
Madame Pomfresh avait fait des merveilles. Elle avait réparé sa côte et son bras cassés, même si de lourds bandages entouraient encore sa poitrine et sa hanche fracturée. Son visage était bleuté mais tirait sur le vert, ce qui signifiait qu'il allait vite guérir. Sa bouche était encore boursouflée et des fines meurtrissures barraient ses joues.
D'après ce que lui avait dit Nicolas en le faisant pénétrait dans le dortoir, Nott et Finnigan avaient échangé quelques mots, et Nott en avait prononcé un de trop au goût du gardien de l'équipe de Gryffondor. Dans l'après-midi, il l'avait coincé dans les toilettes du troisième étage, avec deux amis. Bien sûr, Dorian s'est bien défendu, ce qui expliquait l'œil au beurre noir qui décorait le visage de Finnigan.
« Tu ne devrais pas venir ici, murmura Dorian, surtout pas seul.
- Je m'inquiétais pour toi, expliqua Scorpius en faisant doucement glisser ses doigts sur ses bandages.
- Tu ne dois pas. Nicolas m'a soigné et Sally est là aussi.
Scorpius acquiesça, mais des larmes lui piquaient les yeux, menaçant de couler sur ses joues blanches. Il se détourna, refusant une telle faiblesse devant son ami blessé. Il se mordillait nerveusement la lèvre inférieure, rouvrant presque sa blessure.
« Depuis quand tu n'as plus besoin de moi ? demanda-t-il tristement. Il sentit aussitôt les mains de Dorian touchait ses cheveux, les caressaient avec douceur, comme il aimait toujours le faire. Il ferma les yeux, réconforté par ses cajoleries familières et tendres qui existaient entre eux.
« J'ai toujours besoin de toi, murmura Nott, c'est pour cela que c'est si dure. Je voulais tellement être à Serpentard… Maintenant j'ai peur pour toi.»
Scorpius se tourna vers lui, leva la main et parcourut les blessures de ses joues du bout des doigts, traçant meurtrissures qui se dessinaient sur son magnifique visage. Il aurait voulu se blottir contre lui, retrouver cette chaleur qui l'avait accompagné depuis de nombreuses années, mais il avait peur que Dorian ne distingue sur son corps l'odeur d'un autre homme, et ne comprenne dans ses yeux ce qu'il avait fait…
- Tu n'as pas à t'en faire pour moi, dit-il en souriant. J'ai cartonné en potion et j'ai fait gagner trente points à Serpentard. Tu vois, tout va bien.
- Alors d'où vient cette blessure sur ta lèvre ?
Scorpius cligna des yeux, troublé, et passa machinalement la langue sur sa lèvre brisée. Il ne pouvait pas répondre, il n'avait rien à répondre ; si ce n'était la vérité, et il ne voulait ni la dire, ni que Dorian l'entende.
Gardant le silence, il affronta le regard de son ami, souhaitant qu'il ne lise rien dans ses yeux.
« Si quelqu'un t'a fait du mal, dit Dorian le regard dur, je le tuerais. »
« Et moi je ferais n'importe quoi pour toi, pensa Scorpius. J'ai fait n'importe quoi. »
Il sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale et son corps se glaça car il venait de réaliser le lien tragique qui l'unissait à Dorian. Nott pourraient tuer pour lui, et lui pourrait coucher avec n'importe qui si cela pouvait le protéger.
Comment pouvaient-ils espérer être heureux s'ils ne connaissaient pas de limite? Ils étaient leur propre faiblesse.
« Je vais dormir », dit Dorian, le sortant de ses pensées. Le jeune homme semblait épuisé, ses paupières étaient lourdes et sa voix s'affaiblissait. « L'infirmière m'a drogué, je passe mon temps à dormir. Mais je devrais être sur pied pour les essais de Quidditch. Même si James Potter ne me laissera surement pas intégrer l'équipe.
- Qui sait ?dit Scorpius, un sourire amère se dessinant sur ses lèvres, peut-être qu'il changera d'avis.
-On verra », murmura Dorian. Il tendit la main vers Scorpius qui la prit et la serra.
« Restes un peu », demanda Dorian. Et Scorpius accepta, regardant son meilleur ami s'endormir paisiblement.
Scorpius resta un moment à tenir la main de Dorian, traçant des cercles sur sa paume. Il veillait sur son sommeil, réconforté par le son de sa respiration régulière. Au bout d'un moment, il se pencha sur lui et déposa un léger baiser sur son front avant de quitter la chambre.
Scorpius commençait à descendre les marches de la tour quand il aperçut James, adossé au le mur de l'escalier en colimaçon, les mains dans les poches.
Le jeune Potter leva les yeux vers lui.
« Je te ramène ? »
- Non, répondit sèchement Scorpius en le dépassant, je préfère me perdre.
- Attends, tu as oublié quelque chose. »
Irrité, Scorpius se retourna mais il vit que James lui tendait sa baguette.
Quel imbécile, il avait failli l'oublier ! Il tendit la main pour la saisir mais au dernier moment James lui attrapa le bras et le ramena vers lui, l'obligeant à remonter quelques marches. Il le plaqua contre le mur et l'embrassa, passionnément, goûtant ses lèvres comme il l'avait fait plus tôt. Scorpius endura le baiser, priant pour que Dorian ne sorte pas de son dortoir, et ne le voit tel qu'il était à présent ; pathétique et faible. Mais le baiser prit fin rapidement, James le lâcha enfin et recula, la respira rapide. Il lui donna sa baguette en souriant, puis il remonta les marches vers son propre dortoir. Malfoy resta immobile, se maudissant pour ce qu'il allait faire.
« Je ne veux plus que l'un de vous le touche », s'écria Scorpius, la gorge sèche, les jambes vacillantes.
James s'arrêta de monter les marches, et acquiesça sans se retourner avant de murmurer :
« Alors à très bientôt mon cœur.»
Devant les donjons de Serpentard.
« Heureusement que je faisais ma ronde dans le coin, tu aurais pu tourner longtemps. » dit Victor Zabini qui portait fièrement son badge de préfet, en arrivant devant le donjon des Serpentards.
-Merci pour ton aide, dit Scorpius en inclinant la tête, avant de prononcer le mot de passe. Quand la porte s'ouvrit, Victor l'attrapa par le bras pour l'obliger à lui faire face. Il tapota la lèvre blessée de Scorpius du bout de l'index et lui dit : « Si tu as des problèmes, tu devrais en parler avec ton père… ou alors je pourrais peut-être en toucher un mot au mien. »
Scorpius sourit tristement en secouant la tête. Jamais il n'avait osé dire à son père ce qu'il lui était arrivé au château durant leur séjour dans le monde des moldus. Drago n'aurait pas pu supporter de savoir ce que ce professeur lui avait fait; il aurait pensé qu'il avait échoué en essayant de le protéger. Alors comment lui dire ce qu'il avait dû faire aujourd'hui? Ce qu'il s'était engagé à faire et à refaire pour Dorian... Drago gérait mal la culpabilité de ses jeunes années, et les erreurs de son passé lui donnait encore des cauchemars terrifiants. Mais il avait toujours été un bon père et il le savait. Et puis il était tellement fier que Scorpius suive ses traces à Poudlard.
S'il savait… Non il ne devait rien savoir !
Il serra la main de Zabini et entra dans le donjon.
La salle commune était vide à cette heure tardive. Scorpius la traversa rapidement pour rejoindre son dortoir. Il voulait une douche, se débarrasser de l'odeur de James, se débarrasser de ses souvenirs. Il traversa la chambre sans s'occuper de savoir si les occupants dormaient et atteignit la salle de bain. Il ouvrit la porte de la première douche, mais ne la ferma pas. Il tourna frénétiquement les robinets et laissa l'eau pleuvoir sur lui. Il n'avait pas ôté ses vêtements froissés mais il s'en fichait. Il voulait que cette odeur, les sensations de mains et de bouches sur son corps disparaissent. Sa chemise devint lourde, il l'ôta et leva son visage vers le jet d'eau. Les deux mains appuyées sur le mur carlé, ses larmes se mêlaient à l'eau qui dégoulinait sur son visage. Ses jambes cédèrent et il resta un instant à genoux sur le sol.
Un son attira son attention. La porte sans doute. Quelqu'un avait pénétré dans la salle de bain.
Il se retourna et colla son dos contre le mur, attendant que l'inconnu arrive devant l'entrée de la douche. Il reconnut rapidement les yeux impossiblement verts qui le fixaient avec douceur et tristesse, ces cheveux noirs décoiffés, et cette maladresse naturelle que se cachait derrière un détachement nonchalant. Scorpius se sentit soulagé de cette apparition.
Sans mot, tremblant sous une cascade d'eau, la lèvre fendue, mais qui ne saigne plus, Scorpius tendit la main vers Albus.
Et à son grand étonnement, Potter le rejoignit dans la douche, s'agenouilla et prit sa main.
Ses cheveux ébènes se plaquaient contre son visage, alourdit par l'eau, ses lèvres mouillées devenaient plus rouge. Le jeune Potter s'assit près de lui, tenait toujours sa main, mais ne fit aucun geste pour le toucher. Scorpius apprécia cette retenue et cette distance respectueuse de la part du jeune garçon. Mais il avait besoin de lui, besoin de ses bras pour oublier les ennuis, les menaces, les souvenirs, Dorian, James...
« Fais-moi oublier ton frère… » pensa- il en plaçant ses bras autour du cou d'Albus. Il plongea ses yeux gris dans les perles émeraude du jeune Potter.
« Ne me demande rien, murmura-t-il.
-D'accord ».
Et sous la cascade d'eau, ils s'embrassèrent longuement, blottis dans les bras de l'un de l'autre.
Un commentaire?
Dis-moi ce que vous en pensez. Je dévoilerais un peu plus d'indices sur la relation Scorpius/James dans les chapitres suivants et les raisons de Potter pour détester le jeune Malfoy.
Je reviendrai également sur le passé d'Albus.
J'espère que ce chapitre vous a plu.
TBC
