Bonjour bonjour !
... Ahem. J'ai réussi à avoir un boulot pour le mois d'août. Et comme je me disperse trop, j'ai pas eu le temps d'avancer la suite. Disons que ça risque d'être un chapitre une semaine sur deux plutôt que toutes les semaines.
Bêta-lecteurs : Phoenix Penna, Yumeshiro
Bonne lecture à tous !
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Chapitre 3
Apprivoiser Cullen
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Dorian arpentait de long en large la salle à manger, le long de la grande table rectangulaire. Cela faisait une dizaine de minutes que le dîner était prêt et il avait poliment demandé à Anders de prévenir son invité. Depuis son apparition, le mage avait repris espoir de lever la malédiction, surtout que le jeune homme était tout à fait à son goût.
Il regrettait d'ailleurs d'être dans cette forme immonde pour le courtiser. Le jeune homme aurait très largement mérité qu'il l'aperçût dans toute sa splendeur d'antan, pour mieux pouvoir le charmer. Mais, ne pouvant pas compter sur son physique, le Tévintide s'efforçait de réprimer toute impatience et toute amertume pour être le plus courtois et agréable possible.
— Mais que fait-il ? pesta-t-il entre ses crocs, alors qu'il jetait un regard sur Fenris pour avoir l'heure.
— Il a peut-être encore passé Anders par la porte.
Celui qui était autrefois un elfe le foudroya du regard, ses yeux lui promettant mille morts s'il avait envoyé le guérisseur au casse-pipe. Dorian préféra ne pas faire remarquer que, faisant partie de la bande d'aventuriers stupides qui avaient envahie son manoir, le blond avait vu bien pire. Même sous forme d'horloge, le guerrier était dangereux et il ne voulait pas se retrouver avec des touffes de poils en moins. Il était déjà assez laid comme ça pour ne pas empirer !
Il entendit soudain un bruit de cavalcade dans les couloirs et soupira. Il cessa de faire les cent pas pour aller ouvrir la porte de la pièce. Un repose-pied aboya joyeusement et passa l'embrasure, un chandelier accroché et verdâtre sur son dos, avant de terminer sa course en glissade sur le parquet. La Bête passa une main griffue et poilue devant son visage, avant de siffler ce qui fut un jour un mabari baveux et puant.
— Hope, au pied, tu vas rendre malade Anders.
Le repose-pied grogna, n'aimant guère recevoir d'ordre de lui, avant de planter ses griffes dans les plinthes pour arrêter sa course. Anders passa alors par-dessus bord au freinage brusque, et Fenris se précipita pour le rattraper, se mettant entre le mur et le chandelier.
Dorian soupira simplement quand les deux frappèrent le mur, emportés par l'élan, avant de flatter le tissu du repose-pied, qui agitait un de ses pompons comme s'il s'agissait d'une queue. Il était parfois étrange de voir à quel point le caractère de l'animal ressortait, même maudit et sous forme de meuble.
— Puis-je savoir pourquoi notre invité n'est pas encore descendu ? s'enquit-il calmement, même s'il sentait l'agacement l'envahir.
Le mage aurait presque voulu pouvoir accélérer le temps pour presser la relation entre lui et son invité, pour que la malédiction soit levée au plus vite. Il ne lui restait qu'à peine plus de deux ans avant que cela ne fût irréversible et le jeune homme était le premier à pouvoir l'en libérer. Hawke et son groupe ne comptaient pas, pour la simple et bonne raison qu'ils n'avaient qu'une idée en tête en venant ici : détruire la fleur.
Quel dommage qu'ils n'aient pas réussi et qu'ils doivent partager les conditions de vie de ses domestiques. Au moins, il se sentait déjà moins seul, avec la pagaille bruyante qu'ils créaient.
— Votre invité est tombé malade. J'ai cru comprendre qu'il ne s'était pas changé… finit par répondre Anders en se massant l'arrière de la branche.
Dorian crut que son sang se gelait dans ses veines un court instant. Non, il était hors de question que Cullen tombe malade ! Il ne pouvait pas appeler un médecin et si jamais cela s'aggravait…
— Pavus, il va bien. C'est un petit coup de froid. Je lui ai déjà demandé de se changer et à un domestique d'apporter une couverture supplémentaire.
Le mage n'écouta pas plus le chandelier, terrifié à l'idée de perdre la seule âme capable de lui rendre sa beauté et sa liberté. Il appela un domestique, lui demandant de préparer une bouillotte et quelque chose de facile à manger pour un malade, avant de courir comme une flèche jusqu'aux appartements de son invité.
Il savait de toute façon qu'il ne pourrait trouver le repos tant que Cullen serait souffrant. Rien que l'idée de perdre son seul espoir de s'en sortir le rendait angoissé. Jamais il n'arriverait à fermer l'oeil dans ces conditions. Il veillerait sur lui jusqu'à ce qu'il aille mieux, jusqu'à ce qu'il soit certain qu'il s'en sorte, parce qu'il devait s'en sortir, il ne pouvait pas en être autrement !
Il s'arrêta néanmoins devant la porte fermée pour reprendre son souffle et il passa sa grosse patte dans ses poils au-dessus de sa tête pour tenter de les discipliner. Puis il frappa contre le battant et le poussant, entrant doucement dans la chambre confortable.
Dans la faible lumière provenant d'un feu crépitant dans une large cheminée, la Bête ne distinguait que la silhouette de Cullen dans le lit à baldaquin. Il s'approcha doucement, saisissant au passage la chaise devant un bureau.
Ce dernier aussi était animé et ses yeux le suivirent, la poignée du tiroir centrale semblant soudain à un sourire en coin charmeur, irrésistible et...
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— Mais c'est injuste, pourquoi vous ne nous présentez pas comme ça aussi, avec autant de classe ?
La bouche d'Anders se tord en une moue boudeuse, sous les rires discrets de la Charge en bout de table.
— C'est le privilège du conteur, Blondie, désolé, s'excuse Varric.
Son sourire est pourtant légèrement moqueur, jusqu'à ce que Cassandra se permette une remarque.
— J'aurais préféré que vous restiez un bureau, le nain.
— Et ne pas avoir la suite de La Rose et le Glaive, Chercheuse ? réplique-t-il.
Face au regard noir de la guerrière, le Hérault décide soudain que le conteur est en danger. Il prend la chaise de son ami et la traîne dans un grincement derrière lui, alors que ce dernier garde son sourire.
— Enlevez-moi tout de suite ce sourire goguenard de votre visage et n'essayez même pas de vous cacher derrière Hawke ! s'emporte l'ancienne Main Droite
— C'est plutôt Hawke qui met son compagnon à l'abri, sans vouloir vous vexer.
— Inquisiteur, n'en rajoutez pas, conclut-elle en grinçant des dents.
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Le bureau suivait donc du regard le maître du château et souriait en coin, alors que celui-ci s'asseyait auprès du chevet du malade. Ce dernier se retourna alors, le front baigné de sueur et les yeux fiévreux.
— Vous ? Mais qu'est-ce que…
La voix était rauque et cassante, et l'effort fourni déclencha une quinte de toux terrible. Cullen se retrouva presque plié en deux et il geignit sans s'en rendre compte. Dorian hésita un instant, avant de poser sa main sur l'épaule du jeune homme.
Celui-ci tressaillit vivement et se recula pour échapper à son toucher, manquant presque de passer par-dessus le lit pour s'écraser au sol. L'homme maudit le rattrapa néanmoins, blessé par ce rejet plus qu'il ne le laissa paraître.
— N'ayez pas peur, je ne vous ferais aucun mal.
— Vous êtes un mage, rétorqua-t-il avec une lueur de terreur dans les yeux.
Dorian recula et pâlit alors qu'il comprenait ce que Cullen sous-entendait. "C'est dans votre nature". Il fut soudain tenté de partir et de retourner déprimer dans son lit. Cette violence dans ses propos et la peur dans son regard…
Il craignait n'avoir aucune chance de le faire changer d'avis un jour sur les mages, comme s'ils étaient tous des monstres prêts à le torturer, à jouer avec lui, à le détruire jusqu'au plus profond de son âme. Le Tévintide ne comprenait pas les raisons de cette aversion profonde et ne voulait pas les connaître. Il voulait juste être libéré de cette fichue malédiction !
Pourtant, il resta, malgré sa détermination vacillante. Il redoutait de faire tous ces efforts pour rien, mais il ne pouvait pas abandonner avant même d'avoir essayé. Il relâcha néanmoins sa prise sur l'épaule du jeune homme et s'assit, ses yeux fixant le visage rougi. Il remarqua alors une cicatrice au-dessus de sa lèvre supérieure, les traits fatigués et les légères cernes que leur courte rencontre ne lui avait pas permis de remarquer.
Il avait surtout vu son corps bien proportionné, son air perdu qui lui avait donné envie de le cajoler, et… Il fut interrompu dans ses pensées par un bruit lourd et il tourna son regard vers le bureau qui bougeait lentement pour s'approcher à son tour du malade.
— Bouclette, laissez donc Pavus s'occuper de vous. C'est le seul dans ce maudit manoir à pouvoir le faire.
— Bou… Bouclette ?!
Un léger rire incrédule passa les lèvres du jeune homme, avant qu'il ne se remette à tousser. Dorian foudroya du regard le bureau, qui prit son temps pour revenir à sa place, avant de retourner son attention au malade. Il hésita une brève seconde, avant de repousser délicatement les mèches humides de sueur de son front. Son invité se crispa, avant que ses yeux ne se posent sur lui, semblant vouloir comprendre pourquoi il était si doux avec lui.
— Voulez-vous manger ? La journée a dû être longue pour vous, proposa doucement Dorian.
Cullen se raidit, comme une biche devant un chasseur, lui adressant un regard méfiant. Son ventre répondit néanmoins pour lui dans un gargouillis qui reléguerait le cri d'attaque d'une Wyverne dominante à une tendre berceuse.
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— J'ai soudain l'étrange impression que tu m'en veux toujours pour l'histoire de Château Haine, Varric.
Hawke tourne son regard vers son compagnon qui a repris sa place. Varric claque sa langue contre son palais.
— J'ai jamais aimé combattre les animaux qui font cinq fois ma taille et tu m'as traîné dans une chasse à la Wyverne ! Entre celle dominante et Léopolde, j'ai été servi, parce que Serah Hawke voulait impression la jolie Tallis !
— … Il vous en veut vraiment, Hawke. Je n'ose imaginer la taille de la dent qu'il a contre moi de l'avoir emmené à la chasse au dragon.
L'Inquisiteur incline sa tête et gratte nerveusement sa barbe. Maintenant qu'ils en parlent, il est vrai que l'arbalétrier n'est clairement pas aussi enthousiaste que Bull et lui quand il s'agit de s'attaquer à de gros animaux.
— C'est pas la chasse au gros le problème.
Evret Cadash écarquille les yeux alors qu'il saisit le problème.
— Oh. Vous…
— J'étais stupide.
Hawke rentre la tête dans les épaules et tout le monde s'accorde silencieusement pour changer de sujet.
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Dorian haussa simplement un sourcil velu en entendant le bruit incongru, avant de remonter la couverture sur le jeune homme tendu. Il devait ignorer la peur qu'il engendrait chez son invité, qui lui donnait l'impression que son coeur s'écrasait dans sa poitrine. Même Hawke, à la langue venimeuse et bien pendue, ne lui l'avait jamais fait sentir ainsi. Le regard terrifié et hanté de Cullen le transperçait, l'accusant d'un crime qu'il ignorait. Il était certain qu'il ignorait ses origines Tévintides, alors il ne pouvait que s'agir d'un traumatisme plus récent.
Un chariot poussa soudain la porte de la chambre, un bol sur le plateau du dessus et une couverture en bas. Il esquissa un bref signe de tête, avant que l'objet ne s'arrête devant lui. Il prit alors en silence le plaid pour le déplier sur le lit, recouvrant la couette déjà présente. Ses bras tremblaient légèrement, reflet de l'anxiété qui le tourmentait, et il sentit le regard fiévreux du malade se poser dessus.
— Pouvez-vous vous redresser ? demanda-t-il doucement, ignorant le noeud dans son estomac.
Cullen continua de fixer les pattes velues et griffues quelques longues secondes, avant d'acquiescer d'un mouvement de la tête. Il prit appui sur ses bras pour se relever, installant l'oreiller dans son dos pour ne pas sentir la tête de lit sculptée de végétaux. Chaque geste semblait néanmoins laborieux, mais Dorian n'osa pas esquisser le moindre mouvement, de peur de l'effrayer.
La Bête saisit alors le bol de bouillon et le lui tendit. Le Féreldien s'en saisit avec délicatesse, avant de lui lancer un regard en coin. Le silence se fit encore un peu plus lourd et pesant, alors que le mage comprenait lentement qu'il voulait qu'il parte de la chambre. Ses babines se retroussèrent et il se releva lourdement, sachant qu'il n'aurait pas le dernier mot. Il jeta un bref regard au malade qui ne cessait de le fixer, avant de soupirer et de se glisser hors de la chambre. Il n'alla cependant pas plus loin et s'adossa contre le mur à côté de la porte, fermant ses paupières un bref instant.
La douleur dans sa poitrine ne semblait pas vouloir se calmer alors qu'il se remémorait les yeux foncés le vriller de peur. Il regrettait soudain presque que Hawke ne fût pas venu pour autre chose que la fleur. S'il pouvait reprocher beaucoup de choses à l'aventurier, la terreur n'en faisait pas partie. Il avait même plaisanté sur son apparence sans réfléchir, alors même qu'il avait été maudit et transformé en armoire à glace.
Dorian passa une main devant son visage. Avait-il même ne serait-ce qu'une chance de ramener son invité à de meilleurs sentiments envers lui ? Cela lui semblait tellement irréaliste. Il rouvrit les yeux en soupirant, le coeur lourd, et s'apprêtait à abandonner pour ce soir, quand le chariot repassa la porte. Il se planta devant son employeur, tordant ses colonnes de fer pour désigner l'intérieur de la chambre, le poussant à y retourner.
La Bête haussa un sourcil. Cela ne l'étonnait guère que son domestique le pousse à rejoindre Cullen, sans doute en espérant se libérer de la malédiction au plus tôt. Néanmoins, il n'avait aucune envie d'affronter encore son regard noisette hostile. Le chariot se mit alors dans son dos pour le pousser à l'intérieur de la pièce, et le mage se jura de lui rendre la pareille un jour. S'il reprenait sa forme humaine.
Il était néanmoins tenté à l'idée de ressortir aussi sec, espérant que l'humain ne l'ait pas vu. Cependant, ses espoirs furent brisés aussi sec quand Varric le salua à nouveau, ne lui laissant aucune échappatoire. Il adressa un regard noir au bureau, alors que le jeune homme, à nouveau allongé, ne laissa échapper qu'un grognement dépité.
— Vous… Avez-vous besoin de quelque chose d'autre ? demanda Dorian sans oser s'approcher.
Pourquoi les autres maudits complotaient-ils contre lui, enfin ? Il se débrouillait très bien tout seul, il n'y avait aucunement besoin de forcer le contact ! Il était sûr et certain que le jeune homme lui demanderait de partir et de le laisser se reposer. Ce serait d'ailleurs le plus sage à faire, même s'il ne trouverait personnellement pas le sommeil dans tous les cas.
— Je ne veux pas vous déranger, je…
— Vous êtes inquiet. Pourquoi ?
Le jeune homme se redressa à moitié dans un froissement soyeux de draps, pour plonger son regard dans celui de la Bête. Il ne comprenait pas ce comportement doux et attentionné. Il s'était attendu à être dédaigné par le monstre, qu'il l'aurait laissé à sa maladie sans rien faire. Pourtant, le chandelier l'avait presque forcé à se changer pour enfiler des habits secs et avait prévenu le maître du château, qui s'inquiétait pour lui. Il avait beau être fiévreux, il l'avait compris au travers de sa sollicitude et de sa voix. Il était totalement interdit par les actions du mage.
— … Parce que j'ai fait une promesse à votre soeur.
Dorian sortit la première justification qui lui passa par l'esprit. Il ne pouvait pas expliquer les tenants et aboutissants de sa malédiction sans que Cullen ne pense que ses actes étaient motivés par l'envie de retrouver son corps. Ce qui était en partie le cas, mais l'avouer ne lui permettrait aucunement de gagner l'amour du plus jeune.
Il eut le droit au regard dubitatif de son invité, avant que celui-ci ne se laisse retomber sur le matelas dans un bruit sourd. Hésitant quelques secondes, la Bête finit par revenir s'asseoir à côté du lit, sur la chaise qu'il avait déserté peu de temps auparavant. Le silence reprit ses droits, seulement entrecoupé des quintes de toux du malade. Il hésita à nouveau, avant de repousser les mèches humides du visage fiévreux. Cullen le laissa faire cette fois, sans essayer de s'éloigner. Il serra simplement le tissu recouvrant le matelas de sa main, fermant les yeux pour ne pas le voir. Dorian se mordit la lèvre, à nouveau blessé, mais moins que la première fois. Au moins, il acceptait sa présence.
— Je… Je doute que ma soeur vous fasse réellement peur, chuchota-t-il.
— Elle peut alerter des Templiers et ça, c'est effrayant, répondit doucement la Bête.
Dorian avait bien conscience que les Templiers de Férelden ne seraient pas aussi flexibles que ceux de Tévinter. Il serait sans doute tué à vu, sans aucune pitié. Il se défendrait, évidemment, mais il n'avait aucune idée de ses chances de survie et il ne préférait pas le savoir.
— Les Templiers sont pas si effrayants que ça, Pavus, grinça une armoire à côté du bureau.
— Oh, vraiment, Garrett ? Rappelle-moi quel était ton premier réflexe quand tu en voyais un, répliqua le bureau.
— Je n'avais pas peur, j'étais prudent ! Nuance !
Dorian laissa échapper un ricanement, cachant ses crocs derrière sa main velue. Cullen haussa un sourcil, son regard passant du bureau à l'armoire qui se chamaillaient gentiment. Un léger rire lui échappa, avant qu'une quinte de toux ne le secoue à nouveau. Il se recroquevilla et les deux meubles se turent, alors que le mage redevenait inquiet.
Il remonta les deux couvertures sur le jeune homme, qui esquissa une moue gênée. La Bête crut apercevoir une légère rougeur sur ses joues avant qu'il ne lui tourne le dos. Alors qu'il hésitait sur la conduite à tenir, s'il devait partir ou rester, un léger murmure le sortit de ses pensées.
— Merci.
Le mage en resta bouche-bée, ne s'attendant absolument pas à ce que son invité le remercie. Il aurait plutôt parié sur un lourd silence, voire même des paroles acides et amères. Peut-être que la situation n'était pas aussi catastrophique qu'il se l'était imaginé.
Un sourire dévoila ses dents, alors que Varric et Hawke ricanaient derrière lui. Il se retourna pour les fusiller du regard, les calmant quelques instants, avant de s'installer le plus confortablement sur la chaise. Il avait bien l'intention de veiller Cullen pour s'assurer lui-même que son état ne se dégraderait pas.
Sans doute était-ce de mauvaises raisons qui le poussaient à rester auprès du plus jeune. Mais que pouvait-il faire d'autre ? Retourner dans sa chambre et faire les cent pas ? Il ne supportait pas l'inactivité et la seule chose qu'il pourrait faire pour se changer les idées était de lire. Seulement, avec ses grosses pattes, c'était déjà plus compliqué que dans son magnifique corps humain. Il n'avait qu'une hâte, le retrouver.
— J'ai promis de prendre soin de vous, chuchota-t-il pour lui-même. Je ne compte pas me parjurer.
Si Dorian avait vu à cet instant le visage de Cullen, il aurait observé de magnifiques rougeurs. Le militaire n'avait pas l'habitude qu'un étranger s'occupe de lui, encore moins un mage. Les tensions entre ces deux ordres étaient bien trop importantes. Alors, bien qu'il restait méfiant et dubitatif, il était néanmoins touché.
Il se mura cependant dans le silence, fermant les yeux pour se concentrer sur le doux crépitement de la cheminée. Le son lui permit alors de glisser dans un sommeil profond, la Bête à ses côtés.
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— Et c'est tout pour ce soir ! s'exclame Varric en levant sa chope.
— Oh, c'était court… J'espère qu'ils se rapprocheront bientôt !
— Vous voulez à ce point du croustillant, éclaireuse Hardings ? s'enquit l'aventurier.
— Du croustillant ?!
Le cri indigné de Cullen n'échappe à personne et surtout pas au conteur, qui arbore un sourire innocent.
— J'avais des doutes, mais maintenant j'en suis sûr : Varric, si vous osez… le menace le militaire.
— Commandant, enfin, ce n'est absolument pas dans mes habitudes !
— J'espère pour vous.
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Prochain chapitre : lundi 17/08
