Title: Désir et Jalousie
Author: kill_titi
Pairing: AS/S, Albus Severus/Scorpius
Rating: R maybe M later
Disclaimer:belong to JK Rowling
Bonjour à tous!
Pour une fois j'ai réussi à faire un chapitre court... bon "réussi" c'est un peu exagérer, le chapitre est super long du coup je l'ai découpé.
Mais ça veut dire que le prochain chapitre va arriver rapidement.
Là encore nous sommes à un chapitre intermédiaire, l'action réelle vient dans le prochain (qui faisait partie de celui là mais passons).
Je pense finir le prochain chapitre dans la nuit, si je ne sors pas trop tard et si je ne bois que de l'eau. Mais comme j'ai rendez-vous dans le café où ils servent mes Irish Coffee préférés, je doute de ma capacité à viser les touches du clavier convenablement ce soir...
Bonne lecture!
Chapitre 9 : Devenir un ange, même si les ailes sont noires.
Il crachait encore. La toux était roque et un goût de sang envahissait déjà ses lèvres. Il se redressa légèrement dans son lit, cherchant d'une main fébrile et malhabile une des fioles posées sur sa table de chevet. Il reconnut la forme bombée de l'une d'entre elle, la porta à ses lèvres et en avala le contenu. Le goût âcre faillit le faire vomir. Il se leva de son lit et sans bruit, il se dirigea vers la salle de bain. Il ouvrit les robinets et rinça sa bouche. Il laissa couler l'eau alors qu'il se regarder dans le miroir.
Ses doigts se crispèrent sur l'acrylique à la vue de son reflet.
Il était tellement maigre que la peau se dessinait autour de l'os, surtout aux poignets et en haut du torse. Pour la première fois, il se trouva laid. Et que dire de ces marques bleues sur la peau blanche de son cou? Ces hideuses traces de doigts bouffis. Il n'avait jamais fait cas de son physique auparavant, portant pour acquis qu'il était beau sans que lui ne l'éprouve réellement. Un fait, un message rapporté par d'autres. Le miroir ne lui avait rien inspiré pendant toutes ces années, c'était son visage et cela était tout. Peu importait que les gens se retournent pour le regarder ou qu'il provoque une jalousie sordide comme pour sa mère, ou une fierté irraisonnée comme pour son père. On porte un visage et voilà tout.
Mais maintenant qu'il semblait perdre de son éclat, Scorpius eut peur. Il ne s'était jamais cru d'une telle vanité, mais qu'avait-il d'autre que sa beauté? Ce pouvoir qui lui apportait tant de problèmes et dont il tirait tant d'avantages. Repoussant ses cheveux en arrière, gardant les doigts au contour de sa tête, il observa son teint, blafard comme si les couleurs avaient fui ses traits. Un instant, il se demanda ce que pourrait penser son père de son apparence. Il serait effrayé cela était sûr, inquiet aussi. Il devait grossir autant que possible avant de le revoir. Moins d'une semaine avant son premier match, et son père y assisterait surement, une bonne raison de doubler les coups de fourchettes.
Il se mit de profil, regarda sa forme plate. Alors qu'il aplatissait sa chemise bouffante, il se dit qu'il ressemblait à une petite tige ou une brindille et dégouté relâcha le tissu de flanelle qui descendait jusqu'aux genoux.
Il pensa à Kate Davies. Elle avait des formes douces et pleines. Oui la douceur émanait d'elle. S'il n'avait pas autant détesté la façon dont elle regardait Albus et le dédain voilé dans ses yeux, Scorpius lui-même aurait voulu être pris dans ses bras. Elle avait la délicatesse que les hommes recherchent chez les femmes, elle inspirait leur besoin de caresse et le désir de poser la tête sur sa poitrine ronde.
Mais lui? Il faisait poupée, ce genre de poupée ancienne au visage de porcelaine mais aux bras en bois, rigide, aux mouvements désarticulés. Rien de charnelle, juste une quintessence fragile et irréelle. Le résultat d'une consanguinité à répétition, mais subtil et ingénieuse, qui donne un éclat singulier aux traits sans dégénérer le corps. Un résultat effrayant finalement, comme inhumain.
Un instant, il se demanda pourquoi il pensait à Kate alors qu'il se regardait, comme s'il comparait leur deux corps, chose déroutante car il était un garçon. Jamais Scorpius n'avait pensé à ce genre de chose, même lorsqu'il était dans les bras d'un autre homme. Il se voyait comme une personne asexuée sans prendre conscience des implications de ce terme, attirant tout type de personnes peu importait leur sexe, de sorte que son propre genre ne l'intéressait pas. Personne ne semblait le prendre pour un homme, après tout?
Mais, les choses avaient changé. Kate et lui avaient une chose en commun et c'était Albus. Albus qui la regardait avec douceur, presque fièvre, s'attardant sur ses lèvres, ne laissant pas de distance entre eux. Scorpius secoua la tête, comme si cela pouvait effacer les souvenirs et frustré il frappa le lavabo de son poing fermé.
Il entendit la chasse d'eau, il voulut fuir et il sortit. Il rejoignit son lit dans l'obscurité. Des pas remontaient l'escalier, passaient leur porte puis plus rien. Scorpius expira. C'était stupide, pourquoi avait-il fui ? Sale réflexe. Il avait l'impression d'être un fantôme depuis qu'il était à Poudlard. Ne cherchant pas à se faire voir, à s'afficher, et cela n'avait pas changé le regard des autres élèves à son égard. Alors à quoi bon être ce qu'ils souhaitaient ou éviter les faux pas ? Cela ne l'avait pas empêché de prendre une raclée par l'un ou de devenir la poupée d'un autre. S'il devait avoir mal, que ce soit digne de lui, et non de l'ombre qu'il semblait devenir entre ces murs.
Qu'ils aillent au diable ! Je les y rejoindrais peut être.
Il se retourna. Albus dormait profondément dans le lit près du sien, la couverture repoussée à ses pieds. Il devait avoir un lit double chez lui, car ses jambes débordaient toujours de son lit, repoussant les limites du matelas. Sauf quand ils dormaient ensemble, en secret. C'était déjà arrivé. Mais cette fois, Malfoy avait refusé de rester près d'Albus comme il le lui avait demandé. La respiration du garçon devenait insupportable, elle lui rappelait les râles de James, et son souffle sur sa gorge le révulsait. Ils avaient presque la même odeur, le même grain de peau au toucher, les mêmes mains.
Jetant un coup d'œil autour de lui pour s'assurer du sommeil des autres élèves, il attrapa la petite bougie sur sa table de nuit. Il souffla délicatement sur la mèche et une flamme apparut, un petit tour de magie sans baguette que Dorian lui avait appris. Il ouvrit le tiroir pour y prendre un bout de parchemin et une plume puis griffonna aussi lisiblement qu'il le peut avec si peu de lumière.
C'est terminé, j'arrête. SM.
Cette courte phrase lui sembla effrayante.
Il plia minutieusement la missive en lui donnant la forme d'un minuscule moineau, en prenant bien soin que les ailes soient équilibrées, longues et uniformes. Satisfait de son modelage, il le posa sur le matelas entre ses jambes écartées et prit sa baguette magique. Le garçon jeta un rapide coup d'œil autour de lui pour être sûr que ses camarades dormaient, il tapa trois fois sur le petit oiseau et murmura: «Secretis Epistola ad James Potter.»
Le moineau de parchemin prit vie, il secoua et étira ses petites ailes. S'il avait pu, Scorpius se dit qu'il aurait voulu chanter, mais il se contenta de sautiller joyeusement sur les draps. Malfoy tendit le doigt et l'oiseau de papier se percha sur son doigt. «Sois discret, ne te laisses pas voir.» Et il le lança dans les airs. Il vola sans bruit et haut.
Il regarda la petite ombre disparaître dans l'escalier en colimaçon.
La peur le gagnait, mais de la même manière que lorsque Goyle l'avait attaqué, il ressentait une certaine plénitude. Il lui sembla qu'il respirait mieux, comme si un mauvais sort était levé.
Il se glissa dans son lit, remonta la couverture jusqu'à sa taille. Il scruta le plafond, les paumes levées vers le ciel qu'il ne voyait jamais dans les cachots. Il tentait de calmer cette vague sourde qui écrasait sa poitrine, une gêne empreint de tristesse qui rampait sous sa peau. Ce n'était pas de la peur. Son père avait lui aussi cette sensation désagréable et il décrivait si bien cette étouffement intérieur.
« Tu sais cette impression insupportable que tu es plus grand que ton propre corps? Ce sont tes ailes qui essayent de sortir de ton corps et n'y arrivant pas, les plumes écrasent ton cœur. »
Il aimait cette image qui expliquait si bien cette sensation, même si cela était un mensonge. Et en s'accrochant à cette imposture, il s'endormit.
Je sais déjà comment James réagira à ce message, et c'est un moment que j'aime assez dans le prochain chapitre,
Espérons que vous l'aimerez aussi!
Review please!
