Bonjour bonjour !
Bonne nouvelle, j'ai encore un chapitre d'avance, peut-être même deux si je finis le suivant dans la semaine.
Mauvaise nouvelle, cette histoire est totalement en train de m'échapper XD
Donc, je n'ai plus aucune idée de la taille qu'elle fera. En espérant qu'elle continuera à vous plaire !
Bêta-lecteurs : Phoenix Penna, Yumeshiro
Bonne lecture à tous !
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Chapitre 5 :
Vaciller au bord du gouffre
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Cullen se réveilla dans un cri, le corps en sueur et haletant. Il se roula en boule, essayant de maîtriser la soif qui brûlait sa gorge et la terreur qui faisait trembler ses doigts. La respiration hachée, il s'agrippa aux draps humides pour tenter de reprendre pied.
Une patte se posa alors sur son épaule, l'obligeant à se rallonger. Le militaire prit une inspiration dans un hoquet, alors que ses yeux plongeaient dans le regard sombre qu'il commençait à bien connaître.
— Pavus…
— Tout va bien, Cullen. Vous êtes en sécurité, ici, chuchota la Bête avec bienveillance et chaleur. Ce n'était qu'un cauchemar.
Le Féreldien plissa les yeux, incertain. Mais la prise sur son épaule le rassurait plus qu'il n'aurait bien voulu l'admettre. La chaleur des coussinets était agréable et étrangement réconfortante, comme l'étreinte de sa soeur. Il humecta ses lèvres sèches et se redressa dans son lit, son regard ne quittant pas celui de son hôte.
— Est-ce que…
Sa voix lui fit soudain défaut et sa gorge fourmillait de plus en plus. La patte le relâcha et il eut soudain froid, jusqu'à ce qu'il se retrouvât avec un verre d'eau fraîche entre les mains. Il le but d'une traite, se léchant les lèvres sans ressentir pourtant l'apaisement. Il commença à se gratter l'intérieur du poignet droit, quand le Tévintide lui reprit le verre. Il écarta avec fermeté ses doigts de la peau fine, ses yeux inquisiteurs l'observant comme s'il était un livre ouvert.
— Je… Désolé, chuchota simplement Cullen, incapable d'exprimer sa gratitude.
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— Oh, je suis certaine que le Commandant sait désormais comment montrer sa gratitude…
Isabela esquisse un sourire en coin, jouant machinalement avec le bord du col de sa choppe. Cullen manque de s'étouffer dans sa propre boisson, les joues écarlates, avant de redresser la tête.
— Pardon ? Qu'est-ce que vous insinuez, pirate ?
— Lustrez-vous son bâton ? Rangez-vous votre épée dans son fourreau ? continue-t-elle, son sourire montant jusqu'à ses oreilles.
Le militaire ouvre la bouche, puis la referme en silence alors que ses rougeurs gagnent en intensité. Dorian étouffe un rire discret, alors que son compagnon finit par lâcher :
— Vous… Vous êtes d'un vulgaire !
— … Est-ce que vous espérez vraiment que ça l'arrêtera, Commandant ? ricane Hawke, blasé depuis longtemps par les commentaires de son amie.
— Il y a toujours de la place dans la prison de l'Inquisition, fait innocemment remarquer l'éclaireuse Hardings.
Isabela sourit largement, appuyant son menton sur la paume de sa main.
— Oh, j'ai toujours eu un bon doigté avec…
— Nous avons saisi l'idée, catin, la coupe Aveline, le regard noir.
— Vous êtes toujours si adorable, très chère.
Les deux femmes s'affrontent en silence du regard, avant que Varric ne reprenne.
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La Bête leva alors simplement les yeux au ciel, avant de saisir une carafe posée sur le bureau. Il remplit à nouveau le verre et Cullen s'en saisit avec une précipitation tremblante. Un peu d'eau se renversa sur les draps, assombrissant le tissu. Le soldat pinça ses lèvres déjà bien malmenées, mais la patte de son hôte tomba à nouveau sur son épaule, la tapotant quelques secondes.
— Ce n'est pas grave, vous n'avez pas à vous excuser. Je ne peux qu'imaginer ce que vous traversez.
Le Féreldien n'eut même pas l'énergie de se méfier de tant de compassion et de prévenance venant d'un mage de Tévinter. Il porta le verre à sa bouche, tentant d'étancher sa soif. Les fourmillements dans sa gorge s'apaisèrent et il se laissa à nouveau glisser dans les draps poisseux de sa sueur.
Il n'osa cependant pas en faire la remarque, de peur de braquer son hôte déjà bien conciliant. Son regard s'attarda sur la chaise en bois qui disparaissait presque derrière la masse de muscles et de poils qu'était la Bête et, légèrement abruti par le fatigue, fit remarquer l'évidence :
— Vous… Ce n'est pas inconfortable ? Je veux dire, vous veillez sur moi et…
Il s'interrompit en voyant une lueur amusée dans les prunelles sombres et un semblant de sourire s'esquisser sur le visage animal. Le silence s'empara un instant de la pièce, alors même que le militaire s'attendait à une remarque de Hawke.
— Si c'est une proposition pour partager le lit, je ne suis absolument pas contre.
Cullen sentit ses joues chauffer et il se retrouva à court de mots, incapable de réagir à ce rentre-dedans à peine dissimulé. Il posa ses doigts sur ses tempes, fuyant les yeux de son hôte pour ne pas avoir à le croiser. Il inspira doucement, ne comprenant pas la chaleur qui éclosait dans sa poitrine à cet instant. Il ne reconnaissait pas ce symptôme du manque.
— Je… Vous… bégaya-t-il.
— Je me demande bien ce que vous avez pu imaginer, le taquina le Tévintide. Je proposais simplement que vous vous poussiez. Je ne vous laisserai pas seul, mais un lit serait plus confortable que la chaise, vous l'avez dit vous-même.
Le militaire tenta de protester, mais laissa finalement tomber. Après tout, il avait autorisé la Bête à rester, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même pour cette situation. Il hésita longuement, s'interrogeant sur la possibilité d'un refus. Son geôlier se mettrait-il en colère s'il ne voulait pas partager son lit ?
Immédiatement, cette idée lui parut stupide. Pavus n'avait jamais esquissé le moindre geste violent, ni prononcé une seule parole trop haute. Il ne semblait pas du genre à s'énerver pour cela, pas après tout ce qu'il avait fait pour qu'il se sente bien dans le château.
Lentement, appréhendant la suite, il se décala. Ses yeux remontèrent nerveusement vers le regard du mage, son corps plus tendu qu'il ne l'aurait voulu, avant de fixer le plafond du lit à baldaquin.
Le sommier grinça quand le Tévintide s'allongea à ses côtés, creusant sa place dans le matelas sous son poids. Néanmoins, il veilla à laisser un espace entre lui et Cullen, ce dont il le remercia d'un léger mouvement de tête.
Le militaire se détourna néanmoins, un frisson le parcourant alors qu'une fragrance florale emplissait soudain son nez. Il eut une pensée pour sa soeur Rosalie, la plus coquette, qui avait un parfum semblable. Ses lèvres se retroussèrent en un sourire sans qu'il ne le réalisât vraiment. Il ne s'attendait pas à ce que la Bête fusse aussi soigneux de sa personne.
Cependant, le Tévintide prenait plus de place qu'il ne l'avait pensé et, avec l'écart entre eux, il se retrouvait un peu à l'étroit. Même si cela ne le dérangeait pas particulièrement, il hésita quelques instants, avant de prendre sur l'écart pour s'installer plus confortablement. Dos à dos, il pouvait néanmoins ressentir la chaleur dégagée par son hôte.
Il s'endormit en quelques minutes, mais Dorian attendit d'être certain qu'il fusse dans un profond sommeil pour se retourner. Il aurait sans doute dû se sentir coupable de l'observer pendant qu'il dormait, mais il en profitait sans grande honte.
Il ignorait ce que l'homme avait vécu pour avoir des idées aussi arrêtées sur les mages. Sans aucun doute, son expérience de Templier avait dû être douloureuse. À croire que le Créateur se plaisait à lui mettre des bâtons dans les roues pour l'empêcher de lever sa malédiction. Comment pouvait-il se faire aimer de quelqu'un qui le craignait plus que tout ?
Le mage essayait d'être patient, doux et gentil, alors même qu'il avait parfois envie d'hurler et de se défouler, tellement la situation était frustrante. Et le groupe de Hawke, aussi maudit que lui, ne l'aidait absolument pas avec leurs langues bien pendues. Il ne manquerait plus que Cullen apprît le moyen de le libérer de sa forme bestiale. Il penserait sans nulle doute et pas vraiment à tort qu'il se comportait bien pour qu'il tombât amoureux de lui.
Jamais le militaire ne pourrait penser qu'il était comme ça de nature.
Dorian sortit de ses pensées lorsque le Féreldien se remit à bouger et à gémir dans son sommeil. Son visage se tordait dans des grimaces de douleur, ses poings se serrant sur les draps, presque à les en déchirer. Il se raidit, incapable de savoir quoi faire, quand un léger grincement de gond lui fit tourner la tête.
Le Tévintide croisa les yeux de Hawke, plein d'une sollicitude qui le dérangeait un peu. Était-ce l'ancien Templier que le mage prenait en pitié, ou lui-même ?
— Vous devriez le prendre dans vos bras. Ça… ça marchait avec ma petite soeur, quand elle faisait des cauchemars.
La voix d'habitude si pleine d'assurance était brisée par une émotion que Dorian reconnût après réflexion. De la douleur. Il ne connaissait pas bien les Marchéens, trop préoccupé par sa malédiction pour vraiment vouloir en apprendre plus sur eux. Mais il n'y avait pas besoin d'être un génie pour qu'il comprenât qu'il ne rencontrerait jamais la dite-soeur.
Il prit néanmoins en compte le conseil. Se détournant de l'armoire, il passa une patte autour de Cullen, l'observant attentivement pour voir comment il le prenait. Il tressaillit de surprise quand le militaire se cala inconsciemment contre lui, comme un enfant cherchant du réconfort. Ne maudissant pas pour une fois Hawke pour ses paroles, le mage esquissa un sourire sur ses babines et resserra doucement son étreinte.
Il s'endormit à son tour sans songer un seul instant à la réaction de Cullen au réveil.
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— Je suppose qu'il n'a pas apprécié ? demande Hardings, les yeux brillants d'impatience.
— Sans vouloir vexer Hawke, il n'a pas que des bonnes idées, souffle Anders, malicieux.
Le mage de soins se baisse soudain pour éviter la taloche du Hérault et se met à rire doucement, se cachant derrière l'épaule de son compagnon. Fenris esquisse un léger sourire, alors que Hawke croise les bras sur son torse, boudant.
— Ou peut-être au contraire que notre Commandant a beaucoup apprécié ce réveil… glisse l'Inquisiteur, cachant ensuite son nez dans sa choppe.
— Je ne suis même plus étonnée par vos propos, soupire Dorian avec un sourire sous sa moustache. Mais aucun de vous n'a raison.
— Comment est-ce possible ?
L'interrogation de Merrill se pare de son innocence et ses yeux sont écarquillés sous l'incompréhension. Elle n'est pas la seule à être surprise ; Hardings a les sourcils froncés et la mine pensive.
— Laissez-moi donc continuer, Daisy, vous aurez ainsi vos explications.
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Le lendemain, Dorian fut le premier réveillé. Il se leva alors, demandant à Varric de prévenir le militaire qu'il le trouverait s'il avait besoin dans ses appartements. Il avait besoin d'un bain pour commencer la journée avant tout, ou il serait d'une humeur exécrable.
Ainsi, lorsque Cullen se réveilla à son tour, il n'avait aucune réelle idée des agissements du mage pendant son sommeil. Cependant, son absence le surprit et il s'étonna d'ailleurs de la regretter. Avec un grognement, il se leva et s'habilla, avant de se faire interpeller par Varric, qui le mit donc au courant de la localisation du maître des lieux.
— Vous devriez le rejoindre, ajouta-t-il.
Le féreldien hésita quelques instants. Il n'oubliait pas l'existence de la rose et craignait qu'elle fusse toujours là, prête à retourner son esprit déjà bien malmené et inoccupé. Ce fut d'ailleurs la menace de l'inaction qui le poussa finalement vers les appartements du maître des lieux. Il avait besoin de se défouler, de maintenir ses mains occupées pour ne pas se laisser ravir par le manque.
Or, il n'avait pas son épée pour s'entraîner et maintenir ses démons à l'écart. Pavus l'avait rangé il ne savait où, et il voulait prendre le risque de lui demander. Il ignorait s'il donnerait suite à son exigence ou non, même s'il osait espérer.
Il n'avait pourtant pas tellement fait d'efforts pour se faire apprécier, la chanson du lyrium ayant suivi son coup de froid qui l'avait cloué au lit. Il y avait peu de chances pour que son hôte le considère déjà comme quelqu'un en qui il pouvait avoir confiance et qu'il lui rende son épée, même pour un court moment.
Tout à ses réflexions, il s'aperçut qu'il s'était égaré dans le manoir. Pestant, il passa une main nerveuse dans ses cheveux, avançant dans le couloir pour tenter de retrouver son chemin.
Soudain, un aboiement joyeux le fit sourire et il se retourna, à l'instant même où un repose-pieds venait finir sa course dans ses jambes. Nym. Il s'accroupit à sa hauteur, flattant ce qu'il devinait être en temps normal sa tête. Il était peut-être un peu jaloux du Hérault de Kirkwall pour avoir obtenu la loyauté d'un mabari, mais celui-ci était tellement affectueux, même avec lui, qu'il oubliait volontiers qu'il ne s'attachait pas à ses pas.
― Tu pourrais me guider vers les appartements de Pavus, Nym ?
Un nouvel aboiement lui servit de réponse et le repose-pied se remit à courir sur le tapis usé et poussiéreux. Il le suivit un peu plus lentement, son sourire s'agrandissant en voyant l'animal transformé faire des allers-retours entre le bout du couloir et lui. Nym était décidément pleine d'énergie malgré la malédiction.
Son regard parcourait les murs, pour tenter de cartographier le couloir, quand il avisa une peinture à la toile déchirée et en partie brûlée. Il s'avança, curieux, et souleva le bout déchiré pour tenter de voir ce qui avait survécu.
Le portait était sans doute celui d'un noble, s'il se référait à la qualité et au luxe des vêtements qui couvraient le haut du buste. La peau de l'homme était plus foncée que la sienne, s'il se fiait à la carnation au niveau du cou. Un menton fin était encore visible, ainsi qu'une bouche qui invitait aux baisers, surmontée d'une fine moustache noire artistiquement travaillé. Le reste avait disparu, brûlé ou déchiré.
Il sortit de sa contemplation lorsque Nym posa ses pattes de bois sur sa hanche pour attirer son attention, geignant doucement. Il la flatta à nouveau, laissant retomber le bout de toile. L'animal fit une roulade joyeuse, avant de se remettre à courir.
Cullen le suivit donc jusqu'aux appartements de son hôte. Le chien s'arrêta devant les battants clos et aboya joyeusement pour annoncer leur présence. Puis, elle se frotta contre les jambes de l'adulte, avant de repartir s'ébattre gaiement dans les couloirs. Cullen sourit sans y penser, avant de se tendre quand la porte s'ouvrit.
Pourvu que le fleur ne fusse plus là, ou il ne répondait plus de son comportement.
La Bête ouvrit finalement la porte. Ses yeux s'égayèrent en le voyant et il libéra le passage, l'invitant d'un signe de tête à entrer. Le militaire ferma les yeux en passant le seuil, craignant d'entendre la belle chanson.
Mais seuls les pépiements des oiseaux résonnaient dans la pièce.
Craintivement, il rouvrit les yeux et se détendit franchement en observant le guéridon sur lequel reposait auparavant la fleur. Vide. Un toussotement le fit tressaillir et il se retourna à demi vers son hôte, qui lui désigna une table dans un coin de la pièce, où attendait une bouilloire encore fumante et une tasse d'où s'échappait une délicieuse odeur.
― Je ne pensais pas que vous viendriez, ou j'aurais eu une tasse à vous proposez. Néanmoins, je n'ai pas encore bu, alors je pense que vous pouvez prendre la mienne.
La voix rauque était douce, gentille… Et Cullen ne put s'empêcher de douter à nouveau. C'était trop beau pour être vrai. Le mage était trop bon pour être sincère, il le savait bien. Des flashs de l'attaque de la Tour de Calenhad le firent frémir et il s'assit sur une chaise pour masquer son soudain vertige.
Il versa de l'eau sur la cuillère contenant le thé pour s'offrir une contenance, avant de lever ses yeux sur son hôte, qui n'avait pas bougé. Son visage animal arborait une expression différente de d'habitude et le militaire fronça les sourcils.
― Vous avez toujours peur de moi.
Il ne s'agissait pas d'une question et le féreldien ne s'y trompa pas. Il soupira lourdement sans répondre, observant l'eau se teinter d'ambre au fil des secondes.
― Les mages sont incontrôlables par nature. Ils sont dangereux. Vous êtes dangereux.
Mais il n'avait pas blessé Mia. Il ne lui avait rien fait. Tout ce que Cullen pouvait lui reprocher était sa séquestration et même là, il était bien traité. Peut-être même mieux qu'au service du roi Theirin, où il se serait sans doute forcé à travailler, même fiévreux et en manque de lyrium, pour tenter d'oublier sa soif.
― Alors je ne vous comprends pas, souffla-t-il finalement. Ce serait tellement plus simple de me tuer ou d'utiliser la magie du sang pour me contrôler…
Un grondement sourd retentit soudain dans la pièce. Il n'avait pas besoin de relever les yeux de sa tasse pour sentir qu'il avait blessé Pavus avec ses propos. La vérité crue blessait toujours.
Il sortit la cuillère de la tasse, l'égouttant d'un geste maladroit avant de la déposer sur la soucoupe. Toujours sans regarder le mage, il approcha la tasse de ses lèvres, inspirant les doux arômes de citron et de bergamote.
― Oh, je comprends votre raisonnement, après tout, je viens de Tévinter, je suis forcément le mal incarné !
La violence qui suintait des propos le fit frémir et il se tendit, en attente d'un geste ou d'une insulte qui ne vint jamais. Il entendit néanmoins l'Altus approcher et prit une gorgée de sa boisson en tremblant légèrement. Une patte se glissa sous son menton et le souleva doucement, mais fermement.
Cullen ne put détourner cette fois le regard des yeux sombres qui le fixaient.
― Qui vous a blessé au point que vous en veniez à tous nous mettre dans le même panier ?
La voix de Pavus avait retrouvé sa douceur, mais le militaire se dégagea tout de même de sa poigne. Il reposa sa tasse, fermant ses paupières. Le visage doux d'une jeune mage souriante lui revint, avant d'être éclaboussé par du sang et que son regard chaleureux se charge de douleur et de colère.
Il ne voulait pas parler de Heli Surana.
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― Oh, par Andrasté !
Cassandra a les yeux écarquillés, suspendue aux lèvres de Varric, avant de se tourner vers le Commandant. Ce dernier hausse les épaules, visiblement mal à l'aise et agacé.
― Je ne crois pas vous avoir permis de parler de ce détail, Tethras. Et je ne sais même pas comment vous êtes au courant, grogne le militaire.
― Allons, Bouclette, il faut bien un peu de tension pour l'histoire ! Et… Hum, disons que deux se comptaient fleurette sous le balcon quand vous en avez parlé à Dorian.
Le regard du conteur glisse vers Anders et Fenris. L'elfe plisse le nez et croise les bras, tandis que le guérisseur rougit comme une tomate.
― Un jour, il faudra nous raconter comment ils se sont mis ensemble, rit Hardings.
― Je vous assure que ce n'est en rien intéressant ! s'empresse d'ajouter le blond.
Il désigne soudain du pouce la garde à la table en retenant un sourire.
― La mise en couple d'Aveline, cependant…
― Je ne veux rien entendre à ce sujet. D'aucun d'entre vous. Surtout pas vous, Isabela, ajoute la féreldienne alors que la pirate ouvre la bouche.
Varric reprend avant que les deux femmes ne partent dans une joute verbale.
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Cullen esquiva ainsi la question comme il le put, refusant de trop en dire. Mais alors qu'il s'attendait à ce que la Bête insiste, mais seul le silence suivit sa réponse. Son hôte s'éloigna finalement, le laissant respirer sans insister.
Se rappelant soudain pourquoi il était là, le militaire sentit sa gorge s'assécher et il se gratta nerveusement le poignet. S'obligeant à reprendre la tasse pour occuper ses mains, il but un gorgée du thé avant de se lancer.
― Je… Je sais que je vous en demande beaucoup, mais est-ce qu'il serait possible que vous me rendiez mon épée ? Ce n'est pas… J'ai besoin d'être actif et je voudrais m'entraîner.
Il ne pouvait pas tenir indéfiniment la tasse en l'air ; la chaleur du breuvage se communiquait à la porcelaine et brûlait le bout de ses doigts agrippant l'anse. Il la reposa, souffla sur ses extrémités pour tenter d'apaiser la douleur, avant de se remettre à gratter son poignet.
Le regard sombre du maître des lieux se posa sur lui et il frémit à la lueur qu'il ne reconnaissait pas. Ses ongles grattèrent un peu plus frénétiquement la peau tendre, jusqu'au moment où la Bête s'en aperçut. D'un geste ferme, il s'empara de son avant-bras pour l'empêcher de continuer et de son autre main, saisit le poignet pour l'observer.
Pavus le relâcha en soupirant, secouant lentement la tête.
― Je vous rendrais votre épée le temps de votre entraînement et vous me la redonnerez ensuite. Ne me faites pas regretter ma décision.
Cullen se sentit immensément soulagé et sourit largement, se détendant un peu plus sur la chaise. Il avait osé espérer une telle réponse, sans pourtant imaginer un seul instant que ce serait effectivement celle-là. Pavus avait un don pour le surprendre et, bien qu'il devrait à nouveau se méfier de tant de prévenance, il ne pouvait s'y résoudre.
Avec une épée, il pourrait blesser, voire tuer son hôte et ils le savaient tous les deux. Pourtant, la Bête avait accepté, malgré tous les arguments raisonnables qui aurait dû l'en empêcher.
― Merci, souffla-t-il finalement en inclinant la tête.
― Vous me remercierez quand vous irez mieux. Et finissez votre thé avant que nous descendions déjeuner !
Le militaire n'avait pas vraiment faim, mais acquiesça tout de même, observant d'un œil neuf son hôte refaire son lit en maugréant.
L'Altus était définitivement à mille lieux des mages qu'il avait déjà côtoyé.
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― C'est pour ça que vous n'avez pas sauté au plafond quand j'ai demandé à l'Inquisiteur d'aider les mages, alors que je m'y attendais.
Cullen sursaute, alors que Léliana vient de se glisser derrière lui.
― Disons qu'à force de fréquenter Hawke, Anders…
― Et d'avoir épousé Dorian, surtout, le coupe le Hérault avec un sourire goguenard.
Le Commandant soupire, passe une main devant son visage pour masquer son sourire tendre. Dorian ne s'y laisse pas prendre et, saluant le reste de l'assemblé, prend la main de son époux pour le faire sortir de la taverne.
― Je crois que cela marque la fin pour ce soir, rit le conteur. Bouclette n'appréciera pas que je continue en son absence !
― Il est là pour surveiller vos exagérations, j'imagine.
Aveline jette un regard amusé vers le nain, qui lève sa chope en silence pour acquiescer, tandis que l'auditoire commence doucement à s'éparpiller.
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N'hésitez pas à laisser un commentaire si ça vous a plu, si vous avez ri ou non et surtout... Faites vos spéculations X)
