Chapitre 11: Invisible

Title: Désir et Jalousie

Author: kill_titi

Pairing: AS/S, Albus Severus/Scorpius

Rating: R maybe M later

Bonjour à tous,

La suite de Désir et Jalousie!

J'espère que vous aimerez ce chapitre.

Je n'ai pas grand chose à dire dessus sinon que pour une fois nous sommes dans la tête d'Albus.

C'était assez agréable d'écrire pour lui!

Cette histoire se terminera plus vite que je ne l'imaginais, si je continue sur la fin que j'avais prévu, la fic devra très très compliqué, et je ne veux pas la noyer.

Mais à voir! Je change sans arrêt d'avis après tout!

Je remercie toutes personnes qui m'ont envoyé des reviews! J'aimerais vraiment répondre à certains d'entre vous mais vous n'êtes pas tous inscrits sur le site donc je ne peux pas répondre ou correspondre en message privé.

En tout cas merci beaucoup, à ceux qui trouvent que je fais pleins de fautes (je le sais, je fais des efforts mais à la dizaine lecture j'en peux plus, mais je m'applique je m'applique, courage!), à ceux qui aime Dorian (vous êtes nombreux ça fait plaisir), à ceux qui haissent/adorent James (c'est double face ce type!), à ceux qui déteste/aime Scorpius (il fait cet effet là c'est normal) et à ceux qui encouragent Albus (il en a besoin)!

Et bien sûr merci à tous ceux qui suivent encore cette histoire!

Pour ce chapitre j'ai écouté Sally's Song par Fiona Apple. Une reprise de la chanson de Sally dans l'Etrange Noel de Monsieur Jack. Elle est magnifique, écoutez là, je vois vraiment Albus dans cette version.


Chapitre 11: Invisible

Un vendredi pour Albus

Quatre jours écoulés déjà. Il avait un goût amer en bouche qui le poursuivait où qu'il fut. Il se demandait pourquoi il faisait le compte des jours. C'était fini, c'est ce qu'il avait décidé. Et il avait raison, il en était persuadé.

Il regarda le planning d'entraînement. Une semaine complète où son équipe passait ses soirées sur le stade de Quidditch en vue du match de demain. Il ne restait plus qu'un entraînement avant samedi.

Et Scorpius avait raté tous les autres.

Il se trouvait dans la salle commune des Gryffondors. Il s'y cachait d'une certaine façon même s'il refusait de l'admettre. Il passait un temps ridiculeusement long à regarder Hugo jouer et gagner aux échecs contre les adversaires désignés aux tableaux des scores.

Oui, ils avaient même fait un tableau des scores ! Chacun pouvait tenter sa chance contre le jeune Weasley en inscrivant son nom dans une des cases mentionnant la date et l'heure du « combat ». D'après ce tableau, Hugo était invaincu depuis la rentrée.

« Quelque chose ne va pas avec Malfoy ? lui demanda son cousin en déplaçant son cavalier et arrachant une grimace à son adversaire quand le pion coupa la tête de sa reine.

- Comment ça ?

- On ne vous voit plus ensemble.

- Rien de particulier.» Albus se mordit la lèvre tout en gardant les yeux sur l'échiquier. « On n'avait pas grand-chose en commun finalement. »

- Ah. » Des mèches rousses tombaient sur ses yeux quand il observait les pions. Une technique pour qu'on ne prédise pas les pièces qu'il allait déplacer. « Je préfère je t'avoue. » Il ignora le regard surpris d'Albus et continua : « Collés comme vous l'étiez, j'avais peur que tu l'invites pour les vacances.

- Je n'y avais pas pensé. Et je ne vous pas en quoi ça te regarde.

Hugo haussa les épaules :

- ça n'aurait pas été cool pour nos parents. C'est comme ramener le chiot d'un chien qui a la rage, dans une maison où les gens ont été mordus, sous prétexte que tu le trouve mignon.

- ça ne veut pas dire que ce chiot a la rage.

- Non, mais en le voyant les gens se souviennent d'avoir été mordu.

Albus grommela, dédaigneux. Il s'étonnait de ne pas avoir entendu plus de remarques de ce genre de la part de sa famille. Du moins des membres présents à Poudlard. Personne d'autres n'était au courant chez lui et s'ils l'étaient, ce n'était pas de son fait. Jamais dans ses lettres il n'avait mentionné Scorpius.

«Tu comprends ce que je veux dire, continua Hugo, concentré sur le jeu. Ils n'auraient rien dit et ils l'auraient sûrement accueilli. Mais ça ne veut pas dire que le voir ne leur aurait pas rappelé de mauvais souvenir. Personnellement, moins ma mère pense à la guerre, mieux je me porte.

- Du coup, c'est toi l'égoïste.

Il haussa les épaules.

- Tout le monde est égoïste. Echec et mat, Gary !

La tête du Roi roula à terre.

Albus regarda sa montre. Il devait rejoindre Katie devant la Salle Commune des Serdaigles. Devant la porte, car il n'était pas sûr de savoir résoudre l'énigme pour rentrer. Depuis quatre jours, il passait la majeure partie de son temps avec Katie. Autant dire qu'il fuyait le donjon des Serpentards et la personne qui y logeait.

Il arriva à la tour des Serdaigles et aperçut la grande et mince jeune fille qui l'attendait devant l'entrée. Elégante comme à son habitude, grande et svelte. Malgré lui, Albus ralentit le pas, souhaitant presque qu'elle ne le vit pas. Mais trop tard, de grands yeux bruns immenses se posaient déjà sur lui et un sourire chaleureux l'accueillit. Il lui rendit son sourire avant de venir à sa rencontre. Le jeune fille passa ses bras autour de son cou et posait déjà ses lèvres sur les siennes. Il enserra ses hanches, cachant son hésitation.

Elle, elle n'hésitait jamais ! Ses gestes étaient assurés et impudiques.

Dès leurs premières étreintes, leur différence d'expérience c'était faite sentir. Elle avait deux ans de plus que lui. Elle avait déjà eu des aventures. Et elle était très femme. Il ne savait pas quoi faire d'elle, de son corps. Il se trouvait maladroit face à sa peau. Et plus il était gauche, plus elle semblait captivée.

Elle donna la réponse à l'énigme de l'aigle en pierre (Albus n'avait même pas compris la question), et la porte de la salle commune s'ouvrit. Ils traversèrent main dans la main la grande salle bleue, ignorant les gloussements de quelques adolescentes sur leur passage.

A la grande surprise d'Albus, Katie l'emmena dans les dortoirs. Il fut sur le point de protester. Les garçons ne pouvaient pas entrer dans les dortoirs des filles, un sort les en empêchait. Mais Davies le fit rentrer dans une autre chambre, une de garçon à en croire le désordre.

« Mais qu'est-ce que… ?

- Michael a dit qu'on pouvait utiliser son lit.»

Albus aurait voulu demander qui était ce Michael, quand il fut poussé sur un lit. Katie grimpa sur lui, le chevauchant, un sourire radieux aux lèvres.

Elle portait son uniforme, une jupe et un chemisier. Albus pensa aux matières fines, des bas noirs et une petite culotte, qui le séparait de la peau de la jeune fille. Il pouvait sentir la chaleur de ses cuisses.

Elle le jaugea un instant, souriante, puis se mordit la lèvre. Elle retira sa chemise d'uniforme, doucement, bouton par bouton, en observant le garçon entre ses jambes. Les yeux écarquillés, Albus restait figé, la gorge sèche tandis que la fièvre le gagnait.

Le tissu glissa de ses épaules, découvrant des sous-vêtements de dentelles mauves. Sans laisser le temps à Albus de l'admirer, elle dégrafa son soutien-gorge.

Albus sentit sa respiration se couper. Il détourna une seconde les yeux, par pudeur, mais les ramena sur Katie, levant les mains vers sa poitrine. La jeune fille l'encouragea, attrapant ses paumes pour les placer sur ses seins. Au contact, Albus soupira, et souleva ses hanches, accentuant le contact de leur corps.

«Tu es prêt?

- Pourquoi?... enfin je... bégaya Albus.

- Pour le match? dit-elle en riant.

- Ah le match, déglutit le garçon, les yeux toujours fixés sur les seins dans ses mains. Heu oui, oui je crois.

Elle sourit, appuyant sur les mains qui tenaient ses seins, les massant.

- Je me suis dit que tu avais besoin d'un moment de détente, soupira-t-elle, joueuse et pleine de promesses.

Albus déglutit péniblement, et acquiesça, le souffle court.

Elle ondula des hanches, arrachant un râle au garçon qui sentit son pantalon devenir étroit. Elle le sentit elle aussi et sourit encore. Ses yeux s'assombrirent. Reculant un peu sur le corps qu'elle chevauchait, gardant toujours les mains du garçon sur ses seins, elle fit glisser ses doigts sur le torse d'Albus et s'arrêta à son pantalon, massant le membre tordu par les vêtements, au travers des tissus. Albus gémit, lâchant presque les seins de Katie mais les reprit rapidement en main.

La jeune fille ouvrit son pantalon et écarta le sous-vêtement. Albus passa sa langue sur sa lèvre inférieure, haletant, observant les réactions de la jeune fille devant son membre. Le frémissement des lèvres de la jeune fille ne lui échappèrent pas, ni son sourire satisfait. Rassuré, Albus reporta son regard sur son bas-ventre découvert. Katie fit glisser ses doigts sur la longueur du sexe, sans le prendre et les hanches d'Albus se soulevèrent du matelas pour rentrer sa main. Elle le tortura à deux ou trois reprises, serrant ses cuisses pour que le garçon ne puisse pas lever les hanches, le gardant prisonnier.

«Katie» souffla Albus, presque implorant. La sueur commençait à perle sur son front.

Quand elle prit dans le membre dans sa main, Albus lâcha sa poitrine, ses yeux roulèrent. Il la tira vers lui par les hanches, alors que sa main serrait son sexe de plus en plus fort, le branlant doucement, pressant ses doigts sur la peau engorgée, passant son pouce sur le gland. Enfonçant ses doigts dans les hanches de la jeune fille; puis les faisant glisser sur ses cuisses, Albus rejeta la tête en arrière, ses râles se faisant de plus en plus profonds, et ses hanches se soulevaient pour intensifier les mouvements de Katie. L'extase montait en vagues brûlantes et les mouvements de ses hanches se firent plus secs, désordonnés par le plaisir. Katie serra encore, appuyant d'avantage son pouce sous le sexe, glissant sur le frein. Albus ouvrit soudain les yeux, tremblant, et dans un râle, il éjacula, les yeux fixaient sur son propre sexe et la main où commençait à perler sa semence.

Haletant, il regarda Katie, ses lèvres rouges entrouvertes et ses yeux brillants.

Il se releva, la souleva brusquement et la renversa sur le lit. Encore fiévreux, il baisa sa bouche et ses joues, descendit sur sa gorge, puis ses seins, passant de l'un à l'autre, les mordillant légèrement avant de repasser à ses lèvres, excité par les gémissements de Katie qui enflaient à chacune de ses caresses. Sa main glissa sur ses hanches puis s'engouffra sous sa jupe.

Mais Katie l'arrêta, attrapant son poignet.

Surpris Albus se releva, s'appuyant sur les coudes au-dessus de son corps.

«Je peux attendre, murmura-t-elle, les joues empourprées.

- Attendre?

- Attendre demain soir, après le match.»

Albus la regarda, plongeant son regard dans le sien. Avait-il bien compris ce qu'elle insinuait? Elle désirait coucher avec lui? Demain soir? Elle sourit encore, sûre d'elle, comme à son habitude, mordillant l'intérieure de ses lèvres.

«D'accord», murmura-t-il.

Elle passa ses bras autour de son cou et l'embrassa longuement. Albus glissait ses doigts dans ses cheveux, intensifiant le baiser. Son cœur se calmait et il abandonna ses lèvres, descendant sur son corps. Il déposa sa tête contre ses seins, appréciant leur douceur et leur chaleur.

Elle l'entoura de ses bras et ils restèrent ainsi.

Elle le réveilla, disant que les cours des 6ème années étaient terminés. Albus en conclut que Michael était un 6ème année. Il remit son pantalon et la regarda se rhabiller, se mordillant la lèvre en observant sa silhouette. Demain il aurait ce corps. C'était effrayant et terriblement excitant et il se rendit compte qu'il souriait comme un idiot.

«Tu me rejoindras après l'entraînement? dit-elle en se retournant. Albus eut à peine le temps de lever les yeux de ses fesses qu'il observait avec attention.

Il hésita.

«L'entraînement risque de durer. Le couvre-feu sera sûrement passé.

- Essaie de passer à la salle commune. Tu as l'autorisation de circuler après le couvre-feu les veilles de match tu sais.»

Albus acquiesça. Il savait cela. Mais il n'avait pas envie de passer cette veille de match avec elle. C'était égoïste et peu courtois envers elle, mais c'était pourtant vrai.

« Et puis je pourrais te donner deux trois astuces pour demain, de capitaine à capitaine, dit-elle avec un clin d'œil. »

Albus ne sut pourquoi cette remarque le mit en colère. Lui aussi était Capitaine et son adversaire. Il n'avait pas besoin de ses conseils.

- Ecoutes Katie, ne le prend pas mal. Mais j'aimerais être seul ce soir.

Elle haussa les épaules, toujours chaleureuse.

- Comme tu veux.

Potter resta planté là, surpris. La jeune fille paraissait indifférente à son rejet.

- C'est simple de parler avec toi.

Elle sembla ravie. Mais Albus n'était pas sûr d'avoir prononcé un compliment. Il lui souffla une excuse, une rencontre avec Rose pour un devoir et sortit de la Salle Commune des Serdaigles.

Il devait réviser il était vrai, mais seul, il n'avait aucune envie de l'avoir avec lui. Il ne comprenait pas lui-même pourquoi. Elle était adorable, vivante et rayonnante, pleine de projets. Elle ne doutait jamais. Elle était solide et forte, elle était sans doute ce dont il avait besoin.

Mais il savait qu'elle n'était pas ce qu'il désirait. La personne faite pour soi n'est pas toujours celle qui mérite votre amour.

Ce serait trop simple. Des fois, on aime l'amour qui fait mal.

Quand il arriva dans le dortoir des serpentard, il fut rassuré de le trouver vide. Il se blottit sur son lit, un cahier devant au dessus de sa tête, sans parvenir à suivre les mots. Son regard virait vers le lit de Scorpius. Soupirant, frustré, il lâcha son livre et se leva. Il s'approcha du lit et tendit la main vers son oreiller mais se retint. Que désirait-il faire? Le serrer contre lui, sentir l'odeur de Scorpius sur le linge. Pitoyable!

Il regarda la table de nuit. Des potions, celles que le garçon prenait depuis son séjour à l'infirmerie. Doucement, Albus ouvrit le petit tiroir, se maudissant de ce qu'il était en train de faire. A l'intérieur, il n'y avait que des lettres, beaucoup de lettres. Il lui sembla qu'elles portaient toutes le sceau des Malfoy. Albus ferma le tiroir, secouant la tête, honteux. Il cherchait des mots, des lettres intimes mais il n'avait aucun droit sur Scorpius. Il voulait savoir qui l'avait touché, qui lui avait fait l'amour. La nausée lui monta aux lèvres et cette crampe si habituelle maintenant et pourtant insoutenable se propageait dans son ventre, une douleur sourde qui s'accentuait à chaque battement de coeur.

Il prit un sac et le remplit. Il réviserait à la bibliothèque aujourd'hui encore.


Albus suivait Carlson jusqu'à la Grande Salle pour le dîner. Ils avaient débattu de stratégie tout le long du chemin. Linz était confiant et c'était ce dont un capitaine avait besoin.

Albus était plus serein, la perspective du dernier entraînement occupait tous ses sens et son esprit. Et puis, il ne craignait pas de voir Scorpius à la table des serpentards. Il passait son temps avec Dorian et Nicolas à celle des gryffondors. C'était le cas encore aujourd'hui. Il se raidit en apercevant le garçon, mais ne s'attarda pas.

Potter n'avait pas apprécié qu'il retrouve une routine et un équilibre aussi facilement. Il aurait voulu le voir souffrir. Il se trouvait odieux et sale de désirer cela. Mais merde, il en avait le droit!

Il se demanda encore qui était le garçon que Scorpius avait retrouvé en cachette tout ce temps. Cela n'avait plus d'importance, mais il voulait savoir. Il y réfléchissait depuis quatre jours. Il avait tourné et retourné toutes les hypothèses dans sa tête mais il n'avait aucune réponse. Bien sûr il avait soupçonné Dorian, mais dans ce cas, aucun d'eux ne s'en se serait caché. Après cela, le néant. Scorpius ne fréquentait personne.

En s'asseyant, il les observa du coin de l'œil. Dorian mettait de la nourriture dans l'assiette à moitié pleine de Malfoy, qui faisait une moue écœurée comme s'il n'en pouvait plus.

Sans doute en vue du match. Oh pas pour la victoire ! Si Scorpius avait désiré voir gagner l'équipe il aurait participé aux entraînements. Non. Mais Drago Malfoy serait présent et le garçon voulait prendre quelques kilos avant de voir son père.

Scorpius semblait fatigué, très fatigué, mais il n'était pas abattu, comme si rien ne s'était passé entre eux.

Albus fronça les sourcils quand il remarqua que ses mains étaient rougies et il tenait ses couverts d'une manière bizarre, comme si ces doigts lui faisaient mal. Sur un de ses poignets, il discerna un large hématome.

Albus secoua la tête. Ce n'était plus son problème. Ils partageaient plus rien. Ils s'évitaient même superbement, avec un timing impeccable. Pour cause: Scorpius était introuvable. Albus avait cessé de craindre de le rencontrer dans les couloirs, le garçon était devenu invisible. Quand Albus venait dans le dortoir, Scorpius était déjà endormi, ou du moins il gardait ses rideaux tirés. Et il se levait ridiculeusement tôt. Albus ne connaissait par l'heure exacte mais il lui semblait que Scorpius quittait le dortoir vers 4heures, peut-être plus tôt, chaque matin. En classe, ils étaient toujours loin de l'autre. Sauf en Charme, puisqu'ils travaillaient en binôme, mais là encore aucun d'eux ne regardait l'autre. De fait, le projet n'avançait pas, ce qui était risible mais Albus n'avait aucune envie de lui parler. Tout le monde avait remarqué leur attitude et personne ne posait de question. Ils n'avaient pas compris leur attachement de départ après tout. Les choses s'équilibraient mieux ainsi sans doute. Mais en dehors de ces moments de rencontres obligatoires, jamais leur chemin ne se croisait.

- Combien de temps l'entraînement ce soir Capitaine, s'enquit son batteur.

- Deux heures c'est bien, si vous faites ce que je dis.

Linz grimaça. Il s'attendait déjà à passer la nuit sur le stade...


Le post-entraînement

Albus était crevé. Quand il entra dans la salle commune des Serpentards, il lutta pour ne pas s'effondrer sur le canapé et y passer la nuit. Il se doucherait demain, peu importait, il voulait seulement dormir. Parler à son père et dormir. Il avait reçu une lettre lui demandant de le contacter vers 23heures, par l'intermédiaire de la cheminée des Serpentards.

A la Sirius comme disait son père, bien que tout le monde utilise ce mode de communication maintenant.

L'entraînement avait duré deux heures, mais en valait trois en intensité.

Cette fois encore, Scorpius n'était pas venu.

Albus pénétra dans la salle de bain et stoppa. Le sol était jonché de cheveux blonds, tout comme le lavabo devant lequel se tenait Scorpius, des ciseaux à la main. Ses cheveux qui lui tombaient dans le dos étaient maintenant au-dessus de ses épaules. Le coup de ciseaux avait été rude, les mèches étaient irrégulières. Il rencontra le regard du garçon dans le miroir. Celui-ci se figea et détourna les yeux. Albus fut sur le point de quitter la pièce mais se trouvant ridicule, il ferma doucement la porte et se dirigea vers le lavabo à côté de Scorpius. Le garçon parut surpris et s'écarta légèrement quand Potter prit place à côté de lui. Il passa la langue sur ses lèvres, indécis, et posa doucement les ciseaux sur le rebord en céramique. Il était pâle, presque malade et fiévreux. Des hématomes couvraient ses bras blancs. Ses mains avaient perdus leur aspect rougi.

Indifférent, Albus prit sa brosse à dent, appliquant la pâte. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient seuls ainsi depuis quatre jours. Et Potter n'aimait pas cela.

- Il faudrait qu'on se voit pour le devoir de Charme, dit-il, indolent.

- Il est terminé. Je l'ai amené au bureau de Lupin hier soir.

La voix du garçon était roque, mal-assurée.

- Bien.

Abus se brossa les dents, ignorant le garçon. Il s'arrêta rapidement de brosser, il n'avait pas envie de rester seul avec Scorpius. Il sentait déjà la bile lui monter et sa colère enflait. Il prit de l'eau et recracha.

« Tu ne veux pas savoir quel objet j'ai pris? demanda Scorpius, hésitant.

- Peu importe.» Il essaya sa bouche, refusant de regarder le garçon. «Je n'ai pas besoin d'avoir la moyenne en charme.

- Je n'ai pas bâclé le devoir! s'indigna Scorpius.

- Je m'en fiche. Je voulais le rendre pour ne pas avoir de retenu.»

La présence de Malfoy l'échauffait et il n'avait pas envie de ressentir cette colère maintenant.

Scorpius sembla hésiter. Il ne le regardait pas.

«Le match, ça va aller tu sais?»

Ce n'était qu'un murmure, innocent. Mais Albus aurait voulut ramasser les cheveux aux sols et les lui enfoncer dans la gorge.

«Si t'en avait quelque chose à foutre tu serais venu aux entraînements!»

Il avait crié. Scorpius se figea, sa lèvre tremblait. Il fut sur le point de répliquer mais se ravisa, et sortit en claquant la porte. Albus eut envie de le suivre, envie de le pousser dans les escaliers, contre le mur de pierre comme il l'avait fait, voir Scorpius en douleur. Il détestait cette haine qui s'insinuait dans ses veines. Il frappa du poing dans la porte, furieux, puis fit couler dans l'eau froide dans la vasque et s'aspergea le visage, mouillant ses cheveux. Il attendit de se calmer, inspirant, déçu d'en être encore à cet état, où il ressentait trop, et ne pardonnait rien.

Il regarda sa montre. 22h55.

La salle commune était vide. Albus s'agenouilla devant les flammes, respirant doucement, la tête baissée, attendant le crépitement familier. La tête de son père apparut dans la braise et le garçon sourit.

- Albus?

- Salut Papa.

- Comment tu vas?

- Bien bien.

- Tu as l'air un peu fatiguée.

- C'est les entraînements.

- Ah. Tout ira bien tu verras.

Albus acquiesça et sourit. Il savait que son père s'inquiétait pour lui, pour le match. La discussion devait être vive à la maison. Certains devaient scander «Allez Les Lions!». Etre pour les serpents n'était pas de circonstance...

« Tout va bien à la maison? s'enquit Albus, plus pour changer de sujet que par réel intérêt. Ni l'un ni l'autre n'était très bavard.

- Oui oui, on va bien. On est tous les deux très occupés, du coup on a du mal à se voir. J'ai l'impression d'habiter une maison vide.

- On va vite revenir. Trois semaines ça passe vite.

- C'est long pour un père.

Albus acquiesça même s'il ne savait pas vraiment ce que ressentait son père. Il savait qu'Harry aurait aimé faire une pause dans sa carrière pour s'occuper de ses enfants à la place de Ginny. Albus avait d'abord été surpris, mais après tout, avant ses onze ans, son père n'avait pas eu de famille.

- Tu sais avant le match, dit-soudain son père, va sur le terrain, avant que la foule n'arrive. Quand la pression sera là, souviens-toi de l'endroit quand il était vide, quand il n'était qu'à toi. Ca aide. Enfin, ça m'a aidé pour mes matchs.

Albus acquiesça encore, souriant. Il écouta docilement son père lui dire de dormir et de bien manger, la rengaine parentale, et lui souhaiter une bonne nuit. Le visage s'évanouit.

Quand il entra dans le dortoir, Scorpius avait tiré les rideaux.


Albus éteignit le réveil. 6heures un samedi, il devait vraiment être masochiste. Mais quand le stress l'avait réveillé pour la troisième fois dans la nuit, il avait décidé de suivre le conseil de son père et d'aller sur le terrain de Quidditch.

A sa droite, le lit de Scorpius était vide.

Sans bruit, il quitta le château.

L'air était frais, vivace et le ciel totalement dégagé, laissant entrevoir quelques étoiles alors que le soleil pointait à l'horizon. Il engouffra ses mains dans les poches de son jean, baissant la tête pour se protéger du vent. Il arriva au terrain. Son coeur s'emballa comme dans un début de match, mais la vue des gradins vides l'apaisa. Il emplit ses poumons d'air froid, doucement, regardant les six anneaux de part et d'autres du stade. Quand il reviendrait cette après-midi, ce lieu serait engorgé de monde, de bruits, de sifflements, d'encouragements et de remarques plus acides criés aux joueurs. Mais là, rien, le silence. Le silence et le vent.

Soudain, il entendit un bruit sec venant du ciel, qui se répercutait dans l'air. Il connaissait bien ce son, c'était le bruit d'une batte contre un cognard. Il leva les yeux, cherchant d'où l'intonation pouvait provenir. Deux silhouettes se détachèrent du ciel, à peine éclairé par une lumière naissante. Les formes filaient et Albus plissa les yeux pour reconnaître les joueurs de l'aube. Une instant, ils passèrent dans l'aurore, et Albus les reconnut.

C'était Scorpius. Il en était certain. Le garçon poursuivait un vif d'or dans une presque obscurité, poursuivit par Dorian qui l'assenait de cognards. Malfoy les évitait et les renvoyait à grand coup de bras pour qu'ils ne heurtent pas sa tête.

Perplexe, Potter resta un instant à les observer. Quand ils descendirent près du sol, il recula et repartit à grands pas vers le château, l'esprit blanc.

Il n'était plus sûr de comprendre ou plutôt il comprenait trop.

Scorpius s'entrainait. Quand il sortait le matin, c'était pour s'entrainer. Les mains rouges c'était les écorchures dû aux frottements du balai contre les paumes. Les bleus sur les avant-bras, c'était pour se protéger des cognards. Comment n'avait-il pas reconnu ses blessures?

Le timing parfait où ils s'évitaient était une illusion. Tout ce temps où Scorpius était invisible à Poudlard c'est parce qu'il était sur le terrain.

Albus accéléra le pas et franchit les murs du château à grande enjambée. Il lui sembla qu'il respirait mieux, alors même qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il étouffait.

Quelques lèves-tôt déjeunaient dans la grande Salle. Parmi eux se trouvait James, occupé à analyser un plan de match. Quand il aperçut son frère, il plia le parchemin en souriant et lui désigna un siège en face de lui, l'invitant à asseoir avec lui.

Il lui tendit un bol.

«Tu es prêt petit frère?» demande James.

Albus hésita. Etait-il prêt? Oui il l'était. A son réveil, il n'en aurait pas été sûr. Alors pourquoi maintenant?

Albus lui rendit son sourire et acquiesça.

- Parfait.


Le prochain chapitre sera «un vendredi pour Scorpius». Cela donne quelques explications sur les événements pré-match mais le chapitre sera court, plus court que celui-ci.

J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à m'envoyer vos reviews!