Il n'y avait personne sur le chemin que nous étions en train d'emprunter. Au sol, je pouvais voir des traces de roues et je ne pouvais pas m'empêcher de penser aux calèches et aux Sombrals.

Plus je découvre cet endroit, plus la situation me semble étrange. J'ai de plus en plus l'impression d'être dans un rêve. Mais la marque rouge qui commence à apparaître sur mon bras, depuis que je me suis violemment pincé à plusieurs reprises, tend à prouver le contraire.

Tout coïncide pourtant, du moins en partie. Le Poudlard Express, un lieu reculé, la présence de Dumbledore ou encore les traces au sol. Mais… Autant, j'aimerais que ce soit vrai, autant mon esprit rationnel cherche à tout prix une autre réponse à mes questions.

— Nous sommes presque arrivés.

Tout en parlant, Dumbledore se retourne vers moi pour me sourire doucement. Puis, il me montre quelque chose du doigt et, cette fois, je manque de tomber à plat ventre. Je n'ai pas du tout remarqué la racine d'un arbre qui se trouvait juste devant moi, car j'étais trop absorbé par la vue que j'avais devant les yeux.

Là, face à moi, comme sorti d'une scène d'un des films, se trouve le château de Poudlard. C'est impossible que ce soit autre chose, je reconnais les grandes tours de l'école, dont celle d'Astronomie qui surplombe toutes les autres. Et, plus nous nous rapprochons, plus je remarque les petits détails qui ne peuvent pas être un hasard.

Finalement, alors que nous arrivons devant la porte principale, je m'arrête. Dumbledore m'imite, la main déjà posée sur la porte, prête à l'ouvrir.

— Vous ne venez pas ?

J'ouvre la bouche pour parler et, comme plus tôt face à Rémus, je ne sais pas quoi dire. Puis, d'une voix proche d'un murmure, je dis :

— Je n'y comprends rien. Comment… comment je pourrais être ici ? Et vous ? Et… et tout ça ?!

— Je me doute que la conjoncture actuelle des choses doit être compliquée pour vous. Mais, venez, je vais vous expliquer à l'intérieur.

Il n'attend pas plus longtemps avant de pousser les lourdes portes, et il me fait de nouveau signe de le suivre.

L'endroit est calme, sans personne aux alentours. Nous entrons ensuite dans le château et je ne peux pas rater les portraits aux murs, qui bougent de leur propre chef. Tout comme il m'est impossible de ne pas remarquer les fantômes qui traversent les murs comme bon leur semble, tout en nous saluant à leur passage.

Finalement, c'est dans un état étourdi, que j'arrive à suivre Dumbledore à travers les différents couloirs du château.

Nous nous arrêtons devant les portes de la Grande Salle. On voit assez souvent cette double porte dans les films, pour ne pas me tromper sur l'endroit où nous sommes. Elles sont fermées et, de l'autre côté, j'entends les éclats de voix de nombreuses personnes.

— Il me sera plus simple de vous parler en détail de votre présence ici, un peu plus tard. Mais je vous dois quand même quelques explications.

Il semble chercher ses mots, comme s'il avait peur de trop en dire. Mais, au point où nous en étions, je pense qu'il pourrait me raconter que c'est une tornade qui m'a amené jusqu'à un autre monde, que je serais presque prête à le croire. Bon, il se peut que j'exagère un peu par rapport à tout ça et je préfère laisser à Dorothy la joie des voyages en tornade. J'ai déjà bien assez de problèmes, pour rajouter quelque chose dans ce goût-là.

— Je sais depuis un moment maintenant, que vous devez arriver. En effet, il y a au Ministère de la Magie, une prophétie à votre nom, mademoiselle Maur.

— Que… Quoi ?!

Et le délire continue… Quand cela va-t-il s'arrêter, bon Dieu… ?!

— Pour le moment, garder simplement en tête, qu'il était écrit que vous viendriez. Le reste peut attendre.

Attendre ? Est-ce qu'il plaisante ?! Il me sort ça et… Et c'est tout ? Je suis censé me contenter de cette simple, pitoyable et minuscule information ?! Dites-moi que je rêve ! Ah, bah non, j'ai déjà vérifié que je n'étais pas en plein songe, fait chier…

— Maintenant, suivez-moi.

Il ouvre la double porte, comme si elle ne pesait rien, et le brouhaha qui emplissait la pièce, disparaît aussi vite. Toutes les têtes présentes se tournent vers nous et je me sens rougir comme jamais.

Dumbledore avance dans la pièce, calmement, mais il finit quand même par se retourner, après quelques pas, pour m'indiquer que je dois le suivre. Contrite, je vais jusqu'à lui, en gardant autant que possible la tête baissée. La seule vue de quelques acteurs, ou personnage que sais-je, a suffi à me donner une migraine indescriptible Cette situation est décidément invraisemblable…

Nous allons jusqu'à la table des professeurs et, malgré que je fais de mon mieux pour ne croiser le regard de personne, je remarque tout de suite que Rémus, qui me sourit poliment.

— Pardonnez mon retard. Professeur McGonagall, pourriez-vous, s'il vous plaît, rapporter le choixpeau ? Il y a ici, avec moi, une élève qui n'a pas été répartie.

Le visage du professeur McGonagall se tourne, surprit, vers moi, avant qu'elle ne regarde de nouveau Dumbledore.

— Une élève ? Je ne comprends pas, où était-elle pendant…

C'est rassurant, dans un sens, de voir que je ne suis pas la seule à ne rien comprendre.

— C'est une longue histoire, professeur, mais je pense pouvoir vous l'expliquer après la répartition de cette jeune femme.

— Très bien professeur Dumbledore.

Elle ne semble pas particulièrement ravie, mais elle ne fait pas d'autre commentaire. De mon côté, Dumbledore me montre le tabouret où je dois m'asseoir, ce que je fais non sans être toujours mal à l'aise.

Le professeur McGonagall ne tarde pas à revenir, avec le choixpeau entre ses mains. Est-ce que je suis vraiment en train de vivre cette scène ?!

Je n'ai pas le temps d'y réfléchir davantage, car le professeur McGonagall, dépose sur ma tête le chapeau magique. Au bout d'une seconde à peine, je le sens bouger doucement et j'entends aussi sa voix qui résonne dans ma tête.

— Hmm… Je vois en toi beaucoup de qualités, mais aussi d'énormes indécisions. Chaque maison pourrait, sans aucun doute, t'apporter beaucoup.

Je sens toujours le regard de chaque personne présent dans la Grande Salle, braqué sur moi. Et je déteste ça. Être au centre de l'attention, n'a jamais eu le moindre intérêt pour moi. Du moins, plus depuis cet incident… Non, il ne vaut mieux pas que je pense à ça pour le moment.

En tout cas, évidemment j'ai envie de dire, quitte à être au centre de cette scène, je vais finir par être désigné comme étant une chapeauflou vue le temps que cela dure. Génial…

Si tout cela se révèle être réel, pour une raison que je ne m'explique pas, j'adore déjà l'idée d'être autant mise sur le devant de la scène… Noté l'ironie, merci.

— Le choix n'est pas facile…

Chaque seconde qui passe, fait battre mon cœur un petit peu plus vite.

— Hmm. Non, c'est bon, je sais… SERPENTARD !

Avant que je ne comprenne ce qui vient de ce passé, un tonnerre d'applaudissements surgit d'une partie de la pièce, tandis que le professeur McGonagall reprend délicatement le choixpeau.

Dumbledore frappa ensuite deux fois dans ses mains et un magnifique banquet apparu sur les tables. Durant le même instant, mes habits furent transformés en une longue robe de sorcière noire, avec l'insigne de la maison Serpentard.

Toujours sous le choc, je me dirige, sous le regard de quasiment tout le monde, vers la table où les autres élèves de Serpentard semblent s'être rassemblés. Mais avant d'y arriver, le professeur Dumbledore m'attrape par l'épaule et me dit doucement :

— Venez me voir après le banquet, mademoiselle Maur. Je pense que vous avez beaucoup de questions et, j'espère en tout cas, avoir les réponses qu'il vous faut.