Quand je suis sorti de la salle du cours de Remus, Draco et Blaise me sont directement tombés dessus. Il n'était pas compliqué de voir que j'avais pleuré, mon visage était sans doute rougi par tout ça et je devais sûrement avoir une ou deux larmes qui coulaient encore sur mes joues. Et puis, de toute façon, même s'ils n'étaient pas à côté, ils me voyaient de là où ils étaient, alors ils n'ont pas pu rater mon magnifique petit spectacle. Dire que je me suis effondré dans les bras de Remus… J'hésite à être mortifié, à l'idée de mettre de nouveau ridiculiser devant lui, ou folle de joie à l'idée d'avoir été tenu dans ses bras, pendant qu'il me rassurait.

Dans tous les cas, mes deux amis m'ont posé beaucoup de questions. Trop, pour être exacte, alors je n'ai pas su répondre à tous. Je me suis surtout contenté de leur dire que j'avais parlé avec le professeur Lupin d'un sujet qui avait été très dur pour moi. Comme ils ont insisté, j'ai fini par leur dire que j'avais parlé des morts qu'il y avait eu dans les livres. Et, comme j'étais toujours dans tous mes états, j'ai de nouveau fondu en larmes.

Au vu de ça, ils ont arrêté de me poser des questions. Ils m'ont amené jusqu'à la Grande Salle, en faisant de leur mieux pour me changer les idées. Chose pour laquelle je leur suis grandement reconnaissante.

Dans tous les cas, par rapport à tout ça et à l'état dans lequel je m'étais mise, je n'ai pas vraiment été attentive pour le cours de Métamorphose qui a eu lieu durant l'après-midi. Et, une fois dans la salle commune des Serpentard, je me suis écroulé dans un des fauteuils et je n'en suis sorti que pour aller me coucher. Ce ne fut pas ma plus belle soirée, ça c'est sûr.

Et, maintenant que le matin s'est levé, je ne suis toujours pas au mieux de ma forme. À force d'avoir pleuré, j'ai attrapé une migraine de l'enfer, qui continue de me poursuivre depuis mon réveil. Mais, je fais de mon mieux pour le cacher et l'ignorer.

Le petit déjeuner aura été plutôt rapide aujourd'hui, sans doute parce que Blaise et Draco étaient pressés de rejoindre notre seul cours de la journée. Le Vol sur balais. Autant dire que, pour ma part, je n'avais aucunement hâte d'y être.

Lorsque nous arrivons dans le parc, tous les élèves ont déjà leurs propres balais. Je peux ainsi admirer le Nimbus 2001 de Draco, et du coin de l'oeil je vois aussi l'Éclair de Feu d'Harry. En effet, madame Bibine m'a placé pile entre ces deux-là. Sans doute espère-t-elle qu'avec une personne innocente au milieu d'eux, ils n'allaient pas commencer à se chamailler. Ou pire encore.

Alors que tous les élèves sont déjà en vol, ayant l'habitude de le faire depuis des années, pour ma part, je n'ai toujours pas réussi à faire venir le balai que l'on m'a prêté pour le cours, jusqu'à moi. Je commence même à désespérer. Après, en même temps, je ne suis pas pressé de me retrouver à plusieurs mètres au-dessus du sol. C'est peut-être pour ça que je n'arrive pas faire un exercice aussi simple. Le coeur n'y étant pas, le balai ne répond pas. Oh ! Je fais des rimes !

Je dois faire partie des rares personnes, n'étant pas intéressée par l'altitude et l'adrénaline que voler doit provoquer. J'aime avoir les pieds sur terre, c'est plus sûr je trouve. Mais bon, il va bien falloir que je prenne sur moi, si je veux pouvoir suivre ce cours. Et, comme je n'ai pas le droit d'abandonner un des cours principaux, je n'ai pas le choix.

Après un énième échec, je décide de m'asseoir par terre et de faire une pause. Cela me permet de regarder tous les autres élèves voltiger dans les airs et suivre les instructions de madame Bibine. Ils ont tous l'air de beaucoup s'amuser, même si j'en vois certains qui manquent de s'écraser au sol à plusieurs reprises.

Finalement, quelqu'un vient se poser juste à côté de moi. Je n'ai pas besoin de me tourner pour voir qu'il s'agit de Draco. Je l'ai vu regarder dans ma direction à plusieurs reprises.

— Tu n'y arrives pas ?

Je secoue la tête pour lui faire comprendre que, non, rien n'y fait, ça ne veut pas.

— Mais je suis bien, là, au sol, à vous regarder risquer un accident toutes les trente secondes.

Il rigole et cela fait chaud au coeur d'entendre son rire.

— Aller, debout fainéante, je vais t'apprendre.

— Eh, je ne suis pas fainéante ! Je n'ai simplement pas envie de me prendre pour un oiseau.

Il me regarde en rigolant, avant d'attraper mon bras pour me forcer à être debout. Ensuite, il commence à m'expliquer comment il s'y est pris pour attirer le balai à lui, lors de sa première fois. Mais, j'ai beau essayer, rien n'y fait.

— Peut-être que je ne suis juste pas faite pour ça. Tout simplement.

Il tente de répliquer quelque chose, mais au même moment, quelqu'un d'autre se pose à nos côtés. Je m'attends à voir Blaise, mais à la place je tombe sur Harry Potter. Quand Draco le voit, il se renfrogne aussi vite.

— Qu'est-ce que tu veux, Potter ?

Son ton n'est pas aussi sec que dans les films. Pour le coup, ici, il est plutôt las.

— Je ne viens pas pour toi, Malfoy. Madame Bibine m'a demandé d'aider Elena, comme vraisemblablement tu n'arrives pas à le faire.

Aaah, une discussion sympathique, entre deux adultes. Je soupire. Je n'arrive pas à croire que je sois mêlé à une dispute aussi grotesque entre Harry Potter et Draco Malfoy.

Ils continuent de s'énerver ensemble, ayant vraisemblablement oublié jusqu'à mon existence et donc le but de leur présence au sol, avec moi. Du moins, jusqu'à ce que je me rappelle à leur bon souvenir, en me plaçant directement entre.

— C'est bon, vous avez fini votre petite guéguerre ? dis-je en les regardant l'un après l'autre de façon à ce qu'ils comprennent que je trouve la situation grotesque.

Ils me jettent tous les deux, un regard ébahi. Puis, c'est Harry qui se décide à reprendre la parole en premier.

— Désolé. Comme je l'avais dit, je suis là pour t'apprendre à monter sur un balai correctement.

Les derniers mots, il les dit en se tournant vers Draco, pour pouvoir finir sa phrase en le regardant droit dans les yeux. Pitié, ils ne vont pas déjà recommencer ?! Pour être sûr que cela n'arrive pas, je me tourne vers Harry, pour pouvoir lui faire face et l'empêcher de voir Draco. Enfin, c'est vite dit, vu que l'un comme l'autre, ils sont plus grands que moi. C'est injuste que je sois plus petite que la plupart des gens ! Un mètre soixante-quatre, c'est pourtant bien je trouve ! Mais ici, j'ai l'impression d'être entouré de géants.

— Merci, c'est très gentil Harry. Vous pourriez aussi enterrer la hache de guerre et me donner tous les deux des conseils, comme des gens civilisés ?

Ma demande tombe dans l'oreille d'un sourd, quand j'entends Draco souffler derrière moi. Harry ne tarde pas à faire de même. Réconcilier deux némésis, ça me semble impossible on dirait. Dire qu'il y a des gens qui écrivent sur eux, en les faisant finir ensemble. Mieux vaut qu'ils ne sachent jamais ça !

Madame Bibine finit par nous rejoindre, pour voir comment mon apprentissage avance, de ce fait ils font tous les deux contre fortune, bon coeur, et me donnent enfin leurs aides. Bon, cependant, rien y fait. Mon balai refuse de quitter la terre ferme.

— C'est de ta faute, Malfoy ! Comme si tes conseils ridicules pouvaient l'aider en quoi que ce soit !

— Oh, c'est vrai que ta méthode à l'air de mieux marcher, Potter !

Ils se jaugent du regard pendant de longues secondes.

— Et si vous arrêtiez de me comparer à vous ? Draco, je n'ai pas grandi dans un lieu où la magie était normale, pour moi tout cela est nouveau. Alors, je suppose que c'est naturel que je ne puisse pas apprendre comme toi tu l'as fait.

Harry a le plus grand sourire que je ne lui avais jamais vu. Il doit penser qu'il a gagné ce mini-conflit ridicule qu'il y a entre eux. Mais, quand je me tourne vers lui, il semble comprendre que j'ai aussi quelque chose à lui dire.

— Et toi, Harry, je suis désolé de te le dire, mais je n'ai pas un talent naturel hérité de mon père, pour toute cette histoire. Je doute que dans ma famille il y ait eu ne serait-ce qu'un seul joueur de football, alors ne parlons même pas de Quidditch.

— Tu as raison, commence Harry qui a perdu de sa superbe face à ma réparti, nos méthodes à tous les deux étaient sûrement mauvaises. Quand je suis arrivé pour la première fois dans ce cours, c'est comme si j'avais toujours su ce qu'il fallait faire. Mais, tu n'es pas comme moi. Je m'excuse.

Je lui souris doucement, acceptant ses excuses.

— Moi aussi je suis désolé, dit Draco à son tour, j'ai tendance à oublier que tu n'es pas de notre monde et donc que tout ça est nouveau pour toi. Faut dire, pour ma défense, que tu te débrouilles tellement bien le reste du temps, que c'est difficile de s'en souvenir.

— Je vais sans doute faire ma Hermione ici, mais tout ce que je sais, je l'ai appris dans les livres.

Harry sourit à cette réplique.

— Mais on ne peut pas apprendre à voler sur un balai de cette manière.

— Hermione serait entièrement d'accord là-dessus.

Harry et moi rigolons un moment par rapport à ça.

Puis, nous remarquons que les autres élèves reviennent sur la terre ferme. Le cours est terminé on dirait.

— Bien, tout le monde, avant que vous n'alliez manger, j'aimerais vous rappeler que dès cet après-midi, les entraînements de Quidditch vont reprendre. Donc, n'oubliez pas de venir me voir si vous voulez réserver le terrain pour ça.

Plusieurs personnes, dont Harry et Draco, semblent enjouées à cette nouvelle. Il n'y a pas à dire, le Quidditch c'est toute une institution ici.