Tandis que je viens de poser un pied dans la salle commune des Serpentard, étant enfin réveillée, je me fais déjà appeler par le professeur Rogue, qui est présent.

— Mademoiselle Maur, vous voilà. J'ai à vous parler.

Comme il a déjà fait demi-tour, pour sortir de la pièce, je me contente de le suivre, sans dire un mot. Une fois que nous sommes dans le couloir, il conçoit à m'expliquer la raison de sa présence.

— Comme vous le savez, ce matin vous n'avez pas cours.

— En effet.

— Bien, c'est pourquoi le professeur Dumbledore a décidé qu'il était temps pour vous d'avoir votre propre baguette.

Quoi ?!

— Mais…

— Vous partirez donc, dès que possible. Allez voir le professeur Dumbledore, quand vous le serez prête.

Puis, sans me laisser le temps de lui répondre, il se retourne, dans un mouvement de cape, et me laisse toute seule.

Avoir ma propre baguette ?! Ça veut dire… aller chez Ollivander ?! En soi, ça pourrait être une super nouvelle si… Je n'avais pas, aucun moyen de m'acheter cette foutue baguette ! Et, de nouveau, comment Dumbledore peut savoir qu'il y ait le moindre intérêt à ce que j'ai une baguette ? Je n'ai aucune certitude d'avoir le moindre pouvoir magique en moi.

— Aah… ça va être une longue journée…

Je fais demi-tour, pour pouvoir repartir dans le dortoir en aller m'habiller, comme on m'a conseillé de le faire, mais je m'arrête aussitôt. Derrière moi se trouve Draco qui vient vraisemblablement d'arriver.

— Qu'est-ce que Rogue te voulait ?

— M'apprendre que je devais dépenser l'argent que je n'ai pas.

Sans attendre plus longtemps, je profite qu'il ait bloqué l'entrée de la salle commune, pour rentrer en passant sous son bras. Comme quoi, être plus petite, ça a ses avantages ! Je fonce ensuite dans le dortoir des filles, pour trouver quelque chose à me mettre.

Le premier jour, Dumbledore a eu la gentillesse de me prêter une robe de sorcière à ma taille. Ensuite, il m'en a donné d'autres, pour que j'aie toujours de quoi m'habiller ici. Mais, sur le côté, je n'ai que les habits que j'avais lors de mon arrivée. Mais bon, je suppose que pour aller au chemin de Traverse, ça devrait aller.

J'enfile donc, sans attendre, mon jean délavé, mon haut vert, le tout avec ma chemise noir par-dessus. Hors de question que je sorte du château dans une robe noire, aux couleurs de ma maison. Oh, et puis, évidemment, je n'oublie pas mes Docs. Là encore, je suis heureuse d'être plus petite qu'une partie des élèves. Car, les robes que je suis obligé de mettre pour les cours, sont un peu trop longues pour moi. De ce fait, je peux mettre mes Docs sans problème et sans que personne ne le remarque. Heureusement, car je tiens à ses chaussures comme à la prunelle de mes yeux.

Une fois prête, je prends mon sac et ne voyant pas quoi prendre d'autre, je redescends dans la salle commune. La plupart des élèves ont dû partir pour prendre leur petit déjeuner mais, sans grande surprise, Draco et Blaise sont toujours présents.

— Vous pouviez aller manger, vous savez.

— C'est quoi au juste cette histoire d'argent dont tu m'as parlé ? Je n'ai pas eu le temps de te le demander avant.

Malgré la question de Draco, je vois Blaise qui me dévisage des pieds à la tête depuis que je suis arrivé.

— Un problème, Blaise ?

— Non, c'est juste que… tes vêtements sont…

— Si tu oses dire bizarre, je te tue. J'adore ses fringues, moi.

Bon, après je sais que la mode des moldus, comme ils disent, leur semblent souvent horribles. Mais bon, l'inverse marche aussi. C'est assez étrange de voir tout le monde se balader dans de longues robes de sorciers aux couleurs variés.

— D'accord, alors je ne le dis pas, dit-il en rigolant.

— Et sinon, pour ta question Draco, Dumbledore a, semble-t-il, décidé qu'il me fallait une baguette.

— C'est une bonne idée, ça te permettrait de mieux suivre les cours avec nous.

C'est fou comment personne ne semble imaginer que je puisse ne pas être capable de faire de la magie. Mais bon…

— Oui, c'est une excellente idée. C'est possible de faire un crédit à Gringotts, vous penser ?

— Un crédit ? dirent-ils dans un même ensemble.

— Eh bien oui, au cas où vous l'auriez, encore, oublié je ne viens pas d'ici. Donc, pour être plus clair : je suis encore plus pauvre qu'un Weasley, vu que je n'ai pas la moindre pièce à ma disposition. Là, ce sont des mots que vous comprenez ?

Cette fois, et c'est triste à dire, mais ils semblent avoir compris la situation dans laquelle je me trouve. Désolé les Weasley, mais pour le coup, votre situation m'a été bien utile.

— Mais bon, je verrais bien ce que Dumbledore aura à dire par rapport à tout ça.

— On vient avec toi.

— Quoi ? Pour quoi ?

Ils se regardent pendant une seconde, avant de hausser les épaules.

— Et, pour quoi pas ?

Ouah, ça c'est de la repartie, je pourrais presque les applaudir. Mais bon, il ne faut pas exagérer. Surtout qu'il m'arrive assez souvent, trop à mon goût, d'avoir le même genre de réaction.

Dans tous les cas, je ne fais pas attention à eux, et je me dirige vers le bureau de Dumbledore. Une fois que nous avons monté les escaliers, Dumbledore ne met pas longtemps avant de venir vers nous.

— Ah, mademoiselle Maur. Et, monsieur Malfoy, monsieur Zabini. À dire vrai, je ne suis pas très surpris de vous voir ici, tous les trois. Mais passons. Mademoiselle Maur, Severus vous a-t-il fait part de mes projets pour vous.

— Oui, et à ce propos…

— Parfait, alors. Et cela tombe bien que ces deux garçons vous accompagnent, peut-être peuvent-ils vous faire transplanner jusqu'au chemin de Traverse ? Cela serait sûrement plus simple pour tout le monde.

Transplanner ?! Ah non, non, non, non. S'il y a bien un moyen de transport que je n'ai pas envie d'essayer, c'est bien celui-là !

Mais, il faut croire que je n'ai pas le droit d'ajouter ma voie au chapitre, car il ne s'adresse maintenant plus à moi. À la place, il dit à mes deux amis où ils devraient pouvoir atterrir, pour être sûr d'être tranquille.

Quelques minutes plus tard, le temps que nous sortions du château, vu qu'il est impossible de transplanner dans l'enceinte de Poudlard, je me retrouve à tenir fortement les manches de Draco et de Blaise. Puis, tout devient noir.