Il m'a fallu un moment pour me remettre de mes émotions liées au fait de m'être retrouvé face à face avec Sirius Black. Mais, avec l'aide de Remus, qui m'a un peu ramené sur terre, j'ai réussi à le saluer. Puis, nous sommes entrés à l'intérieur.
Là, je n'ai pas été surprise de me retrouver dans un endroit assez sombre. Mais, contrairement à ce qu'on voit dans les films, l'atmosphère y est chaleureuse. Je suppose que les bougies, les décorations disséminées ici et là et, surtout, les gens qui s'y trouvent, y sont pour beaucoup.
Une fois dans le couloir, Remus s'excuse et prend congé de nous, tandis qu'il se précipite dans la cuisine. Au vu de son sourire, je dirais qu'il y a de grandes chances pour que là-bas, il y ait Tonks et leur fils.
— Alors, vous êtes la fameuse Elena ?
Je me retourne vers Sirius, ne m'attendant pas à ce qu'il me connaisse.
— La… fameuse ?
Le sourire, légèrement espiègle, qui le définit tant, s'agrandit à ma question.
— Remus a beaucoup parlé de toi.
Oh ? Oh ! Vraiment ?!
— En bien, j'espère.
— Oui, il m'a surtout expliqué que tu n'étais pas d'ici.
Génial, donc tout le monde est vraiment au courant alors. Même les gens qui ne sont pas présents à Poudlard.
— Sirius, est-ce que… Elena ?!
Je salue Harry, qui vient de faire son apparition dans l'escalier qui se trouve juste à côté de nous. Avec un air contrit, je lui fais signe de la main.
— Salut Harry.
— Qu'est-ce que tu fais là ?
C'est Sirius qui se met à lui expliquer que c'était l'idée de Remus de m'amener ici. Cela semble suffire à Harry, qui ne pose pas plus de question à ce propos. À la place, il commence une discussion, très sérieuse, avec son parrain à propos de Buck. Ou plutôt, Ventdebout, vu que c'est maintenant son nom.
J'ai dû un peu trop montrer mon intérêt pour l'hippogriffe quand, alors que je ne dis toujours rien, Sirius se tourne vers moi, avec un grand sourire.
— Harry pourrait te montrer Ventdebout, si tu veux.
— Quoi ? Non, je ne voudrais pas déranger.
— Ne t'en fais pas pour ça, va donc avec lui.
Il me donne une tape affectueuse dans le dos qui a pour effet de me pousser d'un pas en avant. Je me retrouve donc, juste en face d'Harry, qui me surplombe encore plus que d'habitude, vu qu'il se trouve toujours dans l'escalier.
Il me fait signe de le suivre, tandis qu'il remonte trois par trois, les marches. Une fois que nous nous trouvons près de la porte du grenier, il se retient de l'ouvrir, et se tourne vers moi.
— Surtout, fais attention, une fois à l'intérieur. Les hippogriffes sont…
— Des créatures extrêmement fières, à qui il ne faut jamais manquer de respect, dis-je en lui coupant la parole avec un grand sourire.
— Bien entendu, tu sais déjà tout ça.
Je hoche la tête, pour lui certifier que c'est le cas.
— Tu ne vas donc pas imiter cet idiot de Malfoy ?
Je lui lance un mini-regard noir, avant de rire.
— Promis, je serais sage et je m'inclinerai pour lui montrer que je n'ai que de bonnes intentions à son égard, après l'avoir regardé dans les yeux. Et, bien sûr, je ne l'approcherai que s'il l'accepte.
Harry semble apprécier cette optique, car il accepte enfin de me faire entrer.
Au centre de la pièce, recouverte entièrement ou presque de paille, se trouve Buck. Enfin… Ventdebout. J'ai toujours du mal à utiliser son nouveau nom. Pour moi, il sera toujours Buck. Mais ce n'est pas la question.
Il est sublime et absolument majestueux, même allongé au sol. Sa tête se redresse rapidement à notre arrivée et il regarde Harry, avant de fixer ses yeux sur moi. Je ne dévie pas le regard, inspirant doucement, avant de finalement m'incliner face à lui. C'est à ce moment-là, que je l'entends se lever.
Harry reste à mes côtés, ne sachant sûrement pas comment l'hippogriffe va réagir à ma présence. Mais, finalement, je le vois du coin de l'oeil s'abaisser à son tour. Là, Harry me félicite et me dit que je peux maintenant m'approcher.
Il vient avec moi, alors je n'hésite pas et je ne peux qu'être sous le charme de Buck. C'était déjà magique de l'imaginer, mais le voir en chair et en os face à moi, c'est encore plus incroyable. Sous l'encouragement d'Harry, je caresse doucement sa tête.
— Il est magnifique.
Harry acquiesce, sans me quitter des yeux. Sentant cela, je me tourne vers lui.
— Quoi ? Pourquoi tu me fixes comme ça ?
— Pour rien c'est juste… Je me demande ce qui te pousse à être amie avec Malfoy et Zabini, si tu es en fait si gentille.
— Je te l'ai déjà dit, mais ils ne sont pas méchants.
Il me jette un regard circonspect qui me prouve qu'il ne croit en rien à ce que je dis. Cette discussion à un air de déjà-vu.
— D'accord, ce ne sont pas des anges. Mais pourquoi ne veux-tu pas accepter l'idée qu'ils aient pu changer ?
— Parce que ça se verrait sinon.
Je baisse le regard, me souvenant encore de la détresse que j'ai pu lire sur le visage de Draco, quand il s'est confié à moi lors de ma première semaine à Poudlard. Je ne peux pas non plus faire comme si je n'avais pas remarqué qu'il se tenait à distance de tout le monde. Et, même s'il continue ses petites joutes verbales avec Harry, il ne crache plus son mépris sur tous ceux qui croisent sa route.
Blaise, lui, à un comportement un peu différent. Il parle à quelques personnes, mais ne reste jamais avec eux bien longtemps. Il finit toujours par revenir auprès de Draco. Mais, je ne sais pas s'il fait ça pour que le blond ne soit pas entièrement seul, ou si lui aussi en a gros sur le coeur.
— Je suis triste que tu ne voies pas ce qu'il y a sous tes yeux, alors.
Harry ne semble pas comprendre ce que je veux dire par ça. Et, je ne peux pas lui en vouloir. Depuis qu'il est arrivé à Poudlard, il a appris à détester Draco.
— Il est toujours le petit con énervant que je suis obligé de côtoyer depuis des années.
Je hausse les épaules, ne pouvant rien répondre à ça. Je refuse de trahir Draco en dévoilant le mal-être qu'il ressent au fond de lui, à Harry. Malgré tout, je peux quand même essayer de lui faire voir les choses sous un autre angle.
— Vas-tu me dire que tu n'as jamais fait d'erreur dans ta vie, Harry ?
Je continue de caresser distraitement Buck, mais c'est Harry que je regarde.
— Ce n'est pas comparable !
— Ah oui ? Pourtant, si ce que je sais est vrai, tu étais prêt à tuer Sirius à un moment donné. Tu sais, dans la cabane hurlante.
Il ouvre la bouche, mais ne me répond rien. Je ne lui en laisse pas le temps, de toute façon, et reprends aussi vite la parole.
— Puis, tu as compris ton erreur, tu l'as laissé s'expliquer et maintenant tu lui as donné une place importante dans ta vie.
— Même si c'est vrai, ne t'attends pas à ce que je fasse pareil avec Malfoy !
Je ris doucement à cette réponse des plus spontanés.
— Je ne pensais pas autrement. Seulement, ce que je veux dire, c'est que tu as laissé à Sirius une chance de s'expliquer. Alors que, pourtant, tu pensais qu'il avait tué tes parents. Mais, tu refuses de le faire avec Draco, alors qu'il n'a pas été dans un tel extrême.
Une moue presque boudeuse prend naissance sur son visage.
— C'est différent.
— Pour quoi ? Car, pour Sirius, tu avais Remus qui était présent et qui t'a motivé à l'écouter ?
— En quelque sorte.
Maintenant, il semble moins boudeur. Il a plutôt la tête de quelqu'un qui réfléchit fortement à ce qu'il va pouvoir dire.
— Malfoy n'a pas cessé d'être un petit con. Entre les insultes envers Hermione, ce qu'il a essayé de faire à Buck, ou encore quand…
Il se retient de parler, comme s'il avait peur d'en avoir trop dit.
— Oublie ça.
Et, avant que j'aie pu lui quoi que ce soit, il a quitté la pièce.
Bon… la discussion ne s'est pas vraiment passée comme j'aurais pu l'espérer…
