Ce matin, alors que nous sommes le dernier jour des vacances, nous nous sommes tous levés de bonne heure pour pouvoir rentrer à Poudlard. Et, c'est triste à dire, mais heureusement que nous rentrons aujourd'hui. Car avec Fred et George dans les parages, je n'ai quasiment eu aucun temps libre pour finir mes devoirs.
Heureusement qu'il y avait Remus pour m'aider sur certaines choses. Et aussi Hermione, qui nous a rejoints il y a quelques jours. Avec eux deux, j'ai réussi à quasiment tout finir. Ne me reste plus qu'un devoir pour Rogue et je pourrais profiter du reste de ma journée.
Mais avant, il faut passer par l'étape que je redoute le plus… le transplanage jusqu'à Poudlard. J'en ai des frisons, juste d'y penser.
— Ça va ? Tu es aussi blanche qu'une morte, tout d'un coup.
— Mes rares expériences de transplanage sont plutôt négatives.
Harry explose de rire face à mon mal-être. Il a de la chance que je sois mal, sinon je lui aurais fait comprendre ma façon de penser. Enfin, on ne rit pas d'une femme en détresse ! On ne lui a donc rien n'apprit ?
— Ce n'est pas si terrible en vérité. Faut juste s'y habituer.
— Oui, eh bien après trois fois, je n'y suis pas, crois-moi.
— Alors, autant monter ce chiffre d'un cran.
Et, sans crier gare il attrape ma main et transplane jusqu'à Poudlard. Une fois sur place, je manque de m'effondrer en arrière. Sous le choc et nauséeuse, je plaque ma main fermement contre ma bouche, par sûreté, et je ne dois ma survie qu'au muret qui se trouve juste derrière moi.
Quand je commence à récupérer confiance en ma voix, et que je sens que je ne suis plus sur le point de recracher le petit déjeuner de Molly, je lance le regard le plus noir possible en direction d'Harry.
— Si j'en avais le pouvoir, je t'assure que je pourrais te tuer pour avoir osé me faire ça ! C'était déloyal de ne pas me prévenir !
— Mais non, dit-il en continuant de rire face à ma réaction, c'était le mieux à faire. Comme ça, tu n'as pas pu te préparer psychologiquement et donc tu n'as pas eu peur.
— S'il doit y avoir une prochaine fois, je t'assure que je recrache mon repas sur toi.
Doucement, je me redresse, toujours assez peu sûr du fait que je vais tenir sur mes jambes. Mais, quand je comprends que je peux y arriver, je me remets droite.
— Tu vois ? Ce n'est qu'un tout petit mauvais moment à passer.
— Toi, je vais te…
Non, je me retiens d'en dire plus ou je pourrais le regretter. Mais, bon Dieu, qu'est-ce que j'ai envie de le traiter avec tous les noms d'oiseaux qui me passent par la tête.
— Elena ?
Je tourne rapidement la tête quand j'entends mon prénom. Dans le même temps, j'entends Harry soupirer lourdement et me souhaiter une bonne journée, avant de partir en direction du château.
Depuis combien de temps Draco est-il là, à nous observer ?
— Salut Draco. Déjà de retour de vacance ? Je pensais que tu ne revenais que ce soir.
— C'était ce qui était prévu, oui, mais je suis revenu en avance. En fait, je suis là depuis deux jours.
— Oh ? Comment ça se fait ? J'espère qu'il n'est rien arrivé.
Draco ne m'a jamais parlé de ses parents, autre que quand il parle du passé, donc je ne sais pas comment est sa situation familiale maintenant.
— Non, rien du tout. Je pensais juste que tu en aurais marre d'être toute seule ici. Alors, j'ai réussi à convaincre de mon père que je voulais rentrer en avance.
Oooh il est revenu pour moi ? Vraiment ? Mince, je ne devrais pas trouver ça aussi adorable mais… ça l'est pourtant !
Et… Et moi, je n'étais pas là.
— Désolé, en fait il se trouve qu'on m'a invité à passer les vacances en dehors de Poudlard et je pouvais difficilement refuser.
— J'ai vu ça. Alors… tu étais avec Potter ?
Je ne saurais pas dire s'il est énervé ou… blessé ? Non, ça doit être la première solution, obligatoirement.
— Oui, enfin pas seulement. Il y avait aussi les Weasley, Hermione, le professeur Lupin et… et d'autres personnes.
Est-ce que j'ai le droit de parler de Sirius ? Dans le doute, je vais éviter. Même si, pour ma part, j'ai confiance en Draco. Mais ce secret ne m'appartient pas.
— Je vois. Alors tu as dû passer de bonne vacance.
De nouveau, je n'arrive pas à deviner ce qu'il pense. Si je devais prendre mes rêves pour une réalité, je dirais qu'il est jaloux. Mais l'optique la plus logique, c'est juste qu'il n'aime pas toutes les personnes que j'ai citées.
— Disons, que c'était très… agité. Oui, je pense que c'est le mot juste pour décrire un lieu où se trouvent les jumeaux Weasley. Et toi, ça s'est bien passé ?
Il hoche la tête distraitement, sans rien dire plus. Je me sens mal, mais je ne sais pas quoi dire d'autre.
Alors que le silence continue de s'étendre autour de nous, je sens une goutte d'eau me tomber dessus. Rapidement suivit par une autre. Et encore une. Comprenant qu'il commence vraiment à pleuvoir, je me dépêche de prendre mon sac de voyage et nous rentrons dans l'enceinte de Poudlard.
— Je ferais mieux d'aller ranger mes affaires. Qu'est-ce que tu vas faire, toi ?
— Je t'accompagne.
Nous allons, sans discuter une seule fois, jusqu'à la salle commune des Serpentard. Malgré que ce soit le dernier jour des vacances, il n'y a encore personne de rentrer. Alors, nous avons l'endroit pour nous tous seuls.
Je me dirige, sans attendre, vers le dortoir des filles, quand Draco me retient.
— Elena ?
Je me retourne vers lui, curieuse de savoir ce qu'il veut me demander.
— Oui ?
Il me fixe pendant un moment, mais au final il détourne le regard.
— Non, rien.
J'ai beau être intrigué, je n'insiste pas pour autant. Je vais rapidement déposer mes affaires et je redescends avec mon dernier devoir.
Draco s'est installé dans un coin de la salle commune et il est en train de rédiger une lettre. Je décide de ne pas le déranger, et m'installe à mon tour pour pouvoir travailler.
