Aujourd'hui, c'est le dernier jour avant les vacances. Et, dans quelques heures, il sera temps pour les Serpentard et les Gryffondor de faire leur match de Quidditch. Mais en attendant, je me retrouve dans la salle de classe de Rémus, pour suivre un énième cours de soutien de sa part.
Jusqu'ici, nous avons travaillé sur pas mal de sujets différents. Parfois, il me parlait des créatures, allant même jusqu'à en amener avec lui dans la classe. Une fois, il m'a même amené dans la forêt interdite, pour que je puisse admirer une licorne, tandis qu'il me parlait de ce qu'elles représentaient. D'ailleurs, il m'a promis de m'y amener de nouveau plus tard dans l'année, pour que je puisse travailler sur d'autres créatures.
Pour le reste du temps, il m'a appris des sortilèges de base et de défense. En fait, cela m'a beaucoup fait penser aux moments où Harry créer l'Armée de Dumbledore. La seule différence, c'était que j'avais face à moi un véritable professeur.
Quand j'entre dans la classe de Remus, ce dernier me sourit alors que je le salue. Depuis que je l'ai vu en dehors de Poudlard, chez Sirius, il est encore plus détendu qu'avant. Il faut dire qu'il aura du mal à se faire passer pour un prof sévère, maintenant que je l'ai vu en mode "papa-gâteau" avec son fils.
— Bonjour, mademoiselle Maur. Prêt pour ce dernier cours, avant les vacances ?
— J'espère que oui. Quel est le programme du jour ?
Son sourire s'agrandit.
— Que savez-vous des Patronus ?
Sa question me surprend, car il s'agit là d'un sortilège particulièrement compliqué et donc pas du tout de mon niveau. Enfin, je suppose qu'il veut surtout me parler de théorie.
— Il s'agit d'un sortilège extrêmement complexe. C'est une projection qui sert de protection, notamment face aux Détraqueurs. Pour le faire apparaître, il faut se concentrer sur un souvenir de particulièrement heureux, sinon cela ne marchera pas.
Il écoute ce que je lui dis, faisant de mon mieux pour repenser à chaque détail qui a été dit dans les livres. Cependant, je suis sûre d'oublier certaines choses, mais j'ai au moins le principal.
— Il prend, la plupart du temps, la forme d'un animal, comme c'est le cas pour Harry qui a un cerf. Et, il arrive que la forme d'un Patronus change, si le sorcier ou la sorcière vit un choc, que ce soit dû à un deuil ou alors à l'amour. Je sais, par exemple, que c'est le cas de Tonks qui, quand elle est tombée amoureuse de vous, a vu son Patronus devenir un loup.
Remus ne semble pas surprit que j'en sache autant. À vrai dire, au début de nos cours il l'était, mais il a rapidement compris que mes connaissances sur leur monde étaient vastes. Ce qui me manque, c'est la pratique, et les détails qu'Harry n'a jamais sus ou vus.
— En effet, vous avez assez bien résumé la situation. Voudriez-vous essayer ?
— Moi ? dis-je, incapable de retenir ma stupeur face à cette demande. Mais c'est un sortilège trop complexe pour mon niveau.
— C'était aussi le cas pour Harry, pourtant il a réussi lors de sa troisième année.
— Certes, mais il y a une différence entre trois années et, dans mon cas, quatre mois.
Malgré tout, son sourire ne diminue pas.
— Mais vous pouvez quand même essayer, non ?
Il n'a pas tort, mais… est-ce que cela vaut vraiment le coup ? J'ai beaucoup de mal à lancer des sortilèges. Même si, selon le professeur Flitwic, quand j'y arrive ils sont toujours très bien exécutés.
— Vous connaissez la formule ?
— Oui.
— Bien, alors fermez les yeux, et réfléchissez au souvenir sur lequel vous voulez vous concentrer. N'oubliez pas qu'il peut aussi s'agir d'une idée, ou d'un fait. Ce qui compte, c'est que cela vous rende fortement heureuse.
Je fais ce qu'il me dit, mais j'ai du mal à savoir ce à quoi je devrais penser. Quand je pense avoir trouvé, je rouvre les yeux et, sous l'encouragement de Remus, je lance le sort.
Cela n'a, sans surprise, aucune réaction.
— Il est rare de réussir du premier coup, ne vous en faites pas. Recommencez. Peut-être devriez-vous penser à autre chose.
Au bout de quatre essais, infructueux, je me dis qu'il vaut mieux que j'abandonne. Pourquoi continuer à forcer si, de toute façon, je n'ai sûrement pas le niveau requis pour ce sortilège.
— Si cela n'est pas indiscret, à quoi pensiez-vous ?
— Vous allez avoir une impression de déjà-vu, mais… à mes parents. En fait, je ne vois pas vraiment sur quoi je peux m'appuyer à part ça.
Il me regarde, sans rien dire, pendant plusieurs secondes. Je vois bien que son esprit tourne à vive allure, mais qu'il se retient de parler pour le moment.
— Vous devriez essayer avec autre chose, qui n'a rien avoir avec vos parents. Peut-être… quelque chose de plus récent ? Votre arrivée ici ? Ou bien, quelqu'un que vous auriez rencontré depuis que vous êtes à Poudlard ?
Sans pouvoir me contrôler, je me sens rougir face à cette réplique. Aurais-je été si transparente que, même Remus, aurait vu ce qui se passait dans ma tête ? Ou alors, Harry lui aurait-il tout dit ? Dans tous les cas, je suis sûre qu'il fait référence à Draco. Ou alors, je suis juste tellement focalisé sur lui, que je vois des signes partout.
— Je vais essayer.
Il vaut mieux ça, plutôt que de rester focalisé trop longtemps sur le regard de Remus.
De nouveau, je ferme les yeux. Ne sachant pas sur quel souvenir en particulier je pourrais m'appuyer, je décide de simplement penser à ce que je ressens quand je suis avec lui. Et, quand je me sens prête, je n'attends pas avant de jeter le sortilège.
— Expecto Patronum.
Je m'attends tellement à ce qui ne se passe rien, que je garde les yeux fermés, de dépit. Pourtant, cette fois, Remus me demande d'ouvrir les yeux. Et je sens à son ton, qu'il s'est passé quelque chose.
À ma grande surprise, j'ai réussi. J'ai peine à le croire, aussi je reste, pendant plusieurs longues secondes, à fixer le petit animal qui me fait face, sans rien dire. Finalement, je suis incapable de retenir mon rire, face à la situation dans laquelle je me trouve.
C'est en pensant à Draco que j'ai réussi et voilà que je me retrouve face à mon Patronus qui n'est autre… qu'une fouine !
— Je savais que vous pouviez y arriver, mademoiselle Maur. Puis-je connaître la raison de ce rire ?
— C'est… Enfin… comment dire ?
J'ai du mal à parler, tellement il m'est difficile d'arrêter de rire.
— C'est juste que…
Je n'ai pas le temps de lui donner entièrement mon explication, que la porte s'ouvre dans mon dos. La petite fouine, d'un bleu translucide, vient se nicher autour de mon cou, comme pour me protéger d'un quelconque danger.
Cela a le mérite de faire légèrement diminuer mon rire, bien que je n'arrive toujours pas à le tarir totalement. Du moins, jusqu'à ce que je me retourne, pour voir qui vient d'entrer dans la salle.
Il s'agit de Draco et, à sa vue, je ne peux m'empêcher de rougir. Fort heureusement pour moi, mon Patronus est toujours présent et cache, en partie, mon visage au blond.
— Désolé de déranger, je pensais que vous auriez terminé à cette heure-ci.
Malgré son ton posé et, presque, détaché, je vois bien que le regard de Draco est focalisé sur mon Patronus.
— Ce n'est rien monsieur Malfoy, à dire vrai, ce cours à durer bien assez longtemps.
Suite à cela, Remus se tourne vers moi.
— Je suis fier de vous, mademoiselle Maur. Vous avez parfaitement bien exécuté ce sortilège, comme je m'y attendais. Et, ne vous en faites pas, la raison de ce succès restera entre nous.
Il me fait un clin d'oeil, qui me fait rougir jusqu'aux oreilles à nouveau, avant de sortir de la pièce. Alors… il sait vraiment ! Non, mais ce n'est pas vrai…
Après avoir fini de m'apitoyer sur mon sort, et une fois que j'ai fait disparaître le Patronus, je me retourne vers Draco. Je fais de mon mieux pour masquer mon trouble, mais ça ne semble même pas obligatoire. Draco semble beaucoup plus intéressé par ma réussite, et la façon dont c'est arrivé, que par le reste. Et, une fois que nous avons retrouvé Blaise dans la Grande Salle, ce dernier se joint au blond pour me poser toutes les questions auxquelles ils peuvent penser.
Fort heureusement pour moi, ils auront bientôt bien d'autres choses en tête. Et, pour la suite, je ferais de mon mieux pour toujours détourner leur attention, si le sujet revient sur le devant de la scène.
