Après avoir mis en évidence tout ce qui pouvait nous servir, je me tourne vers le sapin.

— Pour commencer, il faudrait mettre la guirlande lumineuse.

Après un regard vers ladite décoration, je reprends :

— Ou plutôt, les guirlandes car une ne va jamais suffire au vu de la taille du sapin.

— Je peux l'agrandir si tu veux.

C'est si simple de faire quelque chose avec un sorcier à porter de main. Enfin, je pourrais aussi faire ça, je pense, mais je préfère ne pas m'y tenter.

— Alors vas-y. Ensuite, je te laisse la joie de monter jusqu'au plafond pour pouvoir la disposer de haut en bas.

Il n'attend pas avant de faire cela, et je ne rate pas son air satisfait quand je lui dis qu'il a fait un très bon travail.

— Ne prend pas la grosse tête. Ça, c'était la partie la plus facile. Maintenant, il va falloir déposer toutes les décorations en quinconce pour qu'il y en ait partout et de manière équilibrée. Il ne faudrait pas qu'une partie du sapin soit mieux décoré que l'autre.

Nous nous mettons tous les deux au travail. De nouveau, je lui laisse la partie la plus haute du sapin, ce qui n'a pas l'air de le déranger. Il nous faut une bonne heure, pour pouvoir admirer notre œuvre.

— Il ne reste plus qu'une dernière étape.

— Laquelle ?

Je sens qu'il est vraiment intéressé, ce qui me fait vraiment chaud au coeur.

— Il nous faut décorer le sommet du sapin. La tradition voudrait que ce soit une étoile, ou encore une pointe, voir un petit ange, mais on peut trouver autre chose s'il le faut. Reste à savoir quoi.

— J'ai vu quelque chose qui pourrait nous servir.

Je le regarde fouiller dans plusieurs cartons, avant de ressortir un magnifique cimier de sapin sous la forme d'une étoile, entièrement en argent.

— Il est magnifique !

— Donc, ça fera l'affaire.

— Oui, totalement !

— Alors je vais le mettre.

Une fois qu'il est de retour sur la terre ferme, Draco utilise un sort pour que la guirlande lumineuse soit en grande partie verte, avec quelques ampoules grises. Ainsi, les reflets sur les murs, sont dans la couleur voulue. Et, cela se reflète sur chacune des décorations présentes. Pour le moment, comme il fait jour, on ne s'en rend pas vraiment compte. Mais de nuit, cela doit être magnifique.

— Je trouve que ça rend bien.

Je me tourne vers lui, ravie que cela lui plaise.

— Pour ton premier sapin, tu t'en es très bien sorti je dois dire.

— C'est parce que j'avais un très bon professeur.

— Vil flatteur !

Après cet interlude léger, je me tourne vers le reste de la pièce.

— Ça va sûrement nous prendre toute la journée à décorer cette pièce.

Je n'imagine même pas si nous voulions faire TOUT le manoir. Enfin, ça de toute façon, ce n'est pas une option. Je ne me vois pas décorer la chambre de Narcissa et Lucius, et encore moins le bureau de ce dernier. Même si ça pourrait être drôle de voir leur tête. Du moins, ça le serait, si ce n'était pas ma vie qui était en jeu.

— Tu veux que je le fasse avec la magie ?

— Je ne sais pas… D'un côté, c'est vrai que ça serait plus rapide. Mais en même temps, ça enlève une grosse partie du charme de Noël…

— Que nous reste-t-il à faire, ensuite ? On peut déjà faire le reste, et on verra ensuite pour les décorations si tu veux.

Heureusement que nous ne faisons pas vraiment une fête de Noël, sinon la réponse serait très longue. Trop, même, pour le temps qu'il nous reste.

— Eh bien, on pourrait préparer des gâteaux. Je connais la recette de ma mère par coeur. Alors si tu peux nous avoir les ingrédients, ça pourra être marrant.

— C'est faisable. Eh il y a les chants de Noël aussi. Ne crois pas que tu vas pouvoir te défiler. Depuis que tu en as parlé, je veux t'entendre.

Je me cache doucement, honteuse à l'avance.

— Pitié non, en plus je t'ai dit que je ne savais pas chanter.

— Ça, ça sera à moi d'en juger.

Et, sans attendre, il m'entraîne dans la cuisine qui est, pour le moment en tout cas, immaculée.

— Que nous faut-il ?

Je suis plutôt heureuse, car il n'arrête pas de sourire. J'aurais pourtant cru que faire tout ça l'aurais ennuyé au plus au point. Mais à la place, il semble simplement prendre du plaisir à suivre quelques traditions.

— Il va nous falloir les ingrédients pour faire les gâteaux. Ça, c'est la partie la plus facile. Ensuite, on va découvrir si tu as, ou non, l'âme d'un artiste, car il va falloir faire les glaçages.

L'idée à l'air de lui faire peur, ce qui me fait éclater de rire.

Mais, avant d'en arriver là, je lui donne la liste des ingrédients qu'il nous faut et en un claquement de doigt, tout est sous mon nez. Je lui montre alors comment faire, sans avoir recours à la magie. Il râle un peu au début, mais finit par le faire de bon coeur.

Et, bientôt, notre première fournée est mise au four. Nous en faisons un peu plus que ça, et quand les premiers semblent avoir totalement refroidi je lui montre comment on peut les décorer.

— Après, pour ça, tu dois faire comme tu le sens. Ne te mets pas la pression, de toute façon à la fin, ils seront tous mangés quand même.

— D'accord, mais avant j'ai une demande.

Curieuse, j'attends de savoir ce que c'est.

— Tu as parlé de chanson, non ?

— Ne peut-on pas oublier cette partie-là ?

— Aucune chance.

Je soupire, sachant que je n'aurais pas gain de cause, et quitte la pièce avant qu'il ait pu me retenir. Je monte l'escalier aussi vite que possible, pour enfin atteindre ma chambre. Là, je fouille rapidement mon sac et en sors ce qu'il me faut. Ensuite, je repars plus doucement dans la cuisine, n'était pas si pressé que ça en fait.

— Qu'est-ce que tu as été cherché ?

Je suis assez surprise qu'il ne m'ait pas suivi. Mais bon, on est chez lui, et même si l'endroit est très grand, il doit se douter que je ne pourrais pas l'éviter durant toute la durée des vacances. Et autant chanté ici, plutôt que d'être obligé de le faire à Poudlard.

— Mon outil magique à moi.

Il fixe, sans comprendre, ce que je viens de poser sur la table.

— C'est mon portable. Pour te dire la vérité, je ne suis pas sûre d'avoir encore de la batterie.

Maintenant, c'est moi qu'il regarde sans, je me doute, avoir compris un traitre mot de ce que je lui ai dit.

— Tu vas comprendre.

Du moins, s'il veut bien s'allumer. Fort heureusement pour moi, quand je suis arrivé à Poudlard, lors de mon premier jour, je l'ai éteint pour économiser ma batterie. Et, depuis, je n'ai jamais pensé à le rallumer. De toute façon, cela ne m'aurait pas servi. Qui dit autre monde, dit… inutilité du portable. Mais, j'ai bon espoir que ma playlist soit toujours enregistrée dedans. Et je retiens mon cri de joie, quand je comprends que c'est bien le cas. Heureusement, car je doute qu'il y ait une box internet ici, sinon.

— Tiens, c'est ma playlist de Noël. Je te laisse choisir sur laquelle je vais devoir me ridiculiser.

Il regarde la liste, tout en étant assez dubitatif, et la fait défiler vers le bas, comme moi juste avant. Puis, ne sachant pas vraiment quoi choisir, il me laisse faire le choix moi-même.

— Ou alors, je laisse le choix au hasard.

Je clique sur le bouton, pour qu'une musique se lance, sans que ce soit moi qui choisisse. Mais, dès que la première note se lance, je me sens blanchir. Pitié… pas celle-là. Non ! Tout, mais pas ça !