Il revient dans la chambre, quelques minutes plus tard, avec une boîte recouverte de papier-cadeau gris dans les mains. Il me le tend, tandis que je cache dans mon dos, en le posant sur le lit, celui que je compte lui donner ensuite.
— Tu sais tu n'étais pas obligé de m'offrir quelque chose.
— Je le sais, mais j'en avais envie.
J'ouvre doucement le paquet que j'ai maintenant entre mes mains. Ce n'est pas quelque chose de très grand et, quand j'ouvre la boîte, j'ai la surprise de découvrir qu'à l'intérieur il y a un Vif d'or. Je le regarde étonné, alors il se décide à prendre la parole.
— Je me suis dit que tu ne voudrais pas d'un objet que j'aurais acheté une fortune. Et puis, j'ai pensé à ça. C'est celui que j'ai attrapé avant les vacances. Dans un sens, c'est un peu grâce à toi si je l'ai eu.
— Moi ? Pour quoi ?
— Parce que tu m'as encouragé. Tu as été la première à me dire que je pouvais réussir à gagner. D'habitude, on me dit simplement que je peux battre Potter, ou au contraire qu'il est supérieur à moi. Toi, tu n'as jamais parlé de lui, tu as… simplement cru en moi, finit-il en haussant doucement les épaules et en évitant mon regard.
— Car tu es un très bon joueur de Quidditch, si tu ne le vois pas, c'est bien dommage.
Il sourit en m'entendant parler de lui comme ça.
— Merci beaucoup, je suis très touché d'avoir la preuve de ta victoire. Même si, je reste sûre et certaine, que tu ne la dois qu'à toi-même. Je n'ai rien fait.
— Tu étais là, c'était suffisant pour moi.
Je sens mon souffle se bloquer à cette remarque. J'ai toujours été doué pour me faire des films. Sans doute car j'en regarde beaucoup trop. Alors, évidemment, ce genre de phrase a tendance à faire que mon coeur démarre un marathon.
Je décide donc de changer légèrement de sujet.
— J'ai aussi quelque chose pour toi, mais ça semble… ridicule maintenant.
— Tu as… un cadeau pour moi ?
— Évidemment, dis-je le regardant droit dans les yeux. C'est Noël, je ne pouvais pas venir chez toi, sans rien avoir.
— Mais… commence-t-il en se mordant la lèvre pour ne pas finir sa phrase.
Oh, je sais très bien ce qu'il a voulu me dire. Oui, c'est vrai, je n'ai pas d'argent. Alors, comment ai-je pu lui acheter un cadeau ?
— J'ai trouvé un job, enfin à peu près. Disons que je vais aider Fred et George à leur boutique, le week-end, après les vacances. Et, ils ont accepté de me payer en avance pour que je puisse acheter une ou deux choses.
— Tu vas travailler chez les Weasley ?!
Je hoche la tête. L'idée me trottait dans la tête, depuis que je les avais rencontrés au Square Grimmaurd. Alors, j'ai fini par leur envoyer Fanya, avec une lettre leur demandant si c'était possible. Ils m'ont répondu assez vite, me disant que c'était une idée qui leur plaisait bien. Bien sûr, ça ne va pas être de tout repos, avec les cours à côté. C'est pour ça que je ne vais commencer qu'après les vacances. Comme ça, ça m'a laissé le temps de prévenir Remus qu'il fallait réduire le nombre de cours que je prenais en plus avec lui. Sinon, je n'aurais jamais tenu plus d'une semaine je pense.
— En tout cas, voilà. Pour te dire la vérité, je ne savais pas vraiment quoi te prendre. Tu peux tout avoir, alors le choix a été compliqué. J'espère donc que tu ne seras pas trop déçu.
Je lui tends le cadeau que j'ai emballé avec soin. Il vient s'asseoir à côté de moi, sur le lit, et se met à ouvrir le paquet. À l'intérieur, se trouve une plume argentée. Draco ne la quitte pas des yeux, et j'ai du mal à dire si c'est parce qu'il apprécie l'attention, ou au contraire car il ne l'aime pas. Dans le doute, je décide de prendre la parole.
— Je t'ai entendu, à plusieurs reprises, râlais sur ta plume. Alors j'ai eu cette idée. Et, on m'a aidé à lui jeter un sort. C'est un peu le même principe qu'une Plume à Papote, sauf qu'elle n'exagère pas ce qu'elle entend. Elle, elle va se contenter d'écrire ce que tu lui diras.
Pour ce sortilège, j'ai dû demander de l'aide à Hermione. Et, elle m'a très gentiment aidé, au grand dam de Ron, qui était présent à ce moment-là.
Draco ne dit toujours rien, alors je commence à me sentir mal à l'aise.
— Si ça ne te plaît pas, je comprendrai, et…
— Si elle ne me plaît pas ? Tu plaisantes ? Elle est magnifique !
Oh ! Alors, il était juste surpris par le cadeau, mais en bien ? Ouff…
— Vraiment ? Je dois dire que je suis rassuré. Je n'y connais pas grand-chose en plumes, alors je me suis concentré sur son aspect visuel. Et, je voulais qu'elle soit spéciale, d'où le sortilège.
— Merci beaucoup, Elena !
Son sourire est éclatant et ça me fait vraiment chaud au coeur.
Nous discutons pendant un petit moment après ça, jusqu'à ce qu'il remarque quelque chose.
— Qu'est-ce que c'est ?
Mince, j'avais presque oublié que j'avais aussi amené ça. Mais je ne peux plus reculer.
— Eh bien, tu vas peut-être trouver ça stupide, mais… j'ai aussi quelque chose pour ta mère. Bon, c'était surtout pour me faire bien voir, car je me doutais que je ne serais pas accueilli à bras ouverts. Mais, pour dire la vérité, je doute qu'elle accepte quoi que ce soit de ma part. Quant à ton père, j'ai bien essayé de trouver quelque chose, mais… Eh bien, je sais juste qu'il aime les artefacts puissants, et ce n'était pas franchement dans mes moyens.
Draco me regarde, surprit.
— Tu as quelque chose pour ma mère ? Et tu as même voulu offrir quelque chose à mon père ?
— Oui. Je t'ai dit que tu allais trouver ça idiot.
— Non, pas du tout ! Simplement… Eh bien, comme tu dois le savoir, les gens ont plutôt tendance à ne pas aimer mes parents, alors… Je ne m'étais pas dit que tu pourrais penser à eux. Ni même à moi en vrai, mais... Ouah.
Je dois avoir des tendances Poufsouffle. Ou alors, je suis vraiment juste idiote. Mais, c'est vrai que quand Draco m'a invité ici, je me suis tout de suite dit qu'il fallait que j'apporte quelque chose. Je ne pouvais pas me permettre d'offrir quoi que ce soit à Lucius et de toute façon, je doute qu'il aurait accepté quoi que ce soit venant de moi. Mais, comme je pensais que ça passerait mieux avec Narcissa, j'ai tenté quelque chose.
— Mais bon, ce n'est pas comme si je pouvais aller la voir et lui offrir quoi que ce soit de toue façon.
— Bien sûr que si !
— Non, Draco. Ta mère semble détester le simple fait que je me trouve sous son toit, alors je ne peux pas aller la voir et dire simplement : Bonjour et joyeux Noël, en lui tendant mon cadeau.
Cependant, sans prendre la peine de m'écouter, il prend le cadeau et sort de la pièce. Ne pouvant pas le laisser faire ça, je pars à sa poursuite, mais je n'arrive pas à le rattraper avant qu'il n'entre dans le salon. Ce dernier est entièrement décoré, et j'ai un moment d'arrêt en voyant ça. Hier, nous n'avons clairement pas fait tout ça. Voyant que je me suis arrêté à l'entrée de la pièce, Draco se tourne vers moi.
— Je t'avouerai que j'ai utilisé la magie pour faire tout ça. Mais, ça semblait te tenir à coeur, alors je n'ai pas hésité.
Je n'ai pas les mots. Et, de toute façon, je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus longtemps, car Narcissa entre dans la pièce au même moment. Elle aussi marque pause, mais sans doute pas parce qu'elle est surprise. Ou, si elle l'est, ce n'est pas une bonne chose.
Dès qu'elle s'est remise de son choc, son regard perçant se bloque sur moi. Mais, avant qu'elle ne puisse m'incendier quant à la nouvelle décoration de son intérieur, Draco s'avance vers elle. Je vais pour le retenir, mais c'est trop tard, il lui fait déjà face et lui tend le cadeau.
— Elena a apporté ça pour toi. C'est un cadeau de Noël.
Elle prend une attitude pincée, mais comme c'est son fils qui lui fait face, elle accepte de prendre ce qu'il lui tend. Délicatement, elle déballe le cadeau et inspecte l'objet méticuleusement. Il s'agit d'une montre à gousset, qui n'est plus toute jeune malheureusement, mais où se trouve l'emblème de la maison Serpentard sur le dessus.
— Qu'est-ce que c'est ?
Draco ne pouvant pas répondre, c'est moi qui à moi de me lancer.
— En fait, euh… Je voulais vous offrir quelque chose qui pourrait vous servir, mais…
Elle vit dans un manoir et est l'une des personnes les plus riches du monde des sorciers, donc c'était compliqué.
— Enfin, du coup j'ai pensé à ça. C'est, une montre, mais elle n'indique pas l'heure. À la place, je l'ai fait enchanter pour que vous puissiez toujours savoir comment va votre fils.
Surtout, il ne faut pas que je dise que j'ai eu l'idée en voyant le pendule de la famille Weasley. Ça serait pire que tout. Pourtant, c'est bien ça qui m'a donné l'idée. Et, pour pouvoir en arriver là, il m'a fallu l'aide de Molly, qui m'a très gentiment aidé à travers ses lettres.
— Je sais que vous tenez beaucoup à lui, tout comme votre mari d'ailleurs. Alors, avec ça, vous pourrez tous les deux être rassuré par rapport au fait qu'il va bien, et ce en toutes circonstances.
Je suis toujours la seule à parler, ce qui commence à me rendre mal à l'aise. Je baisse la tête, ne pouvant plus supporter le regard de Narcissa sur moi. Ni celui de Draco, qui a commencé à me fixer, pendant mes explications.
J'entends, finalement, que Narcissa ouvre la montre à gousset et, je ne peux m'empêcher de jeter un coup d'oeil pour voir sa réaction. Son visage ne montre pas ce qu'elle peut ressentir, alors ça ne me sert pas à grand-chose. Puis, elle referme l'objet et s'approche de moi. De ce fait, je me redresse, pour pouvoir lui faire face, même si mon assurance est feinte.
Une fois qu'elle se trouve en face de moi, elle continue de garder le silence. Ses sourcils ne sont plus froncés et sa bouche n'est plus pincée, ce qui me semble être une bonne chose. Du moins, je l'espère.
— Je suis touché par votre attention.
Si je ne me retenais pas, je serais sûrement bouche bée.
— Merci beaucoup.
Elle ne reste pas plus longtemps, et je la fixe, sans voix, tandis qu'elle quitte la pièce.
Est-ce que Narcissa Malfoy vient de me remercier ? Sans réfléchir, je me pince doucement au niveau du bras, pour être sûr que je ne suis pas en train de rêver. Mais non, je suis bien réveillé.
Je reviens dans le moment présent, quand Draco s'approche à son tour de moi.
— Je ne me rappelle pas avoir entendu ma mère dire merci à quelqu'un.
Son sourire est grandissant, tandis qu'il regarde en direction de l'endroit où sa mère est partie. Puis, alors qu'il reprend la parole à nouveau, il se tourne vers moi.
— D'où t'es venu cette idée ?
Pourquoi faut-il toujours que les gens posent toujours LA question qu'il faut éviter ?
— Ça m'est venu, comme ça. Je me suis dit que ça, vous ne deviez pas avoir ici. Et, comme je l'ai dit, je sais qu'elle tient profondément à sa famille, alors je me suis dit que ça pouvait être une bonne idée.
Maintenant que c'est fait, j'ai l'impression d'avoir un poids qui s'est enlevé de mes épaules. Avec un peu de chance, la suite de mon séjour ici sera légèrement plus agréable.
