Info' du chapitre :

- Rating : T

- Correction : Moi-même, en attendant que Papaye27 passe derrière mes erreurs


* Remerciements à :

JulieMcKirk, Hima-oneesan, gratsu2209, lilouloup, N'Evoli, woloopie, GothicAlbinos

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Merci beaucoup ! :D

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* Note de l'auteur [04/09/20]: Bien le bonjour tout le monde ! :D

Je suis de retour pour vous poster ce second chapitre, dans la joie & la bonne humeur. Comment pourrait-il en être autrement avec l'ambiance de cette histoire ? D'ailleurs, concernant ce sujet, j'espère que nous sommes du même avis.

Des brèves réactions lues ici, cela semble être le cas. Tony, seul à la Tour, qui s'ennuie à mourir & au prise avec Jarvis, son adorable IA aux tendances légèrement démoniaques... Ce petit cocktail de départ a l'air de plaire ! ;p

Quoi ? Comment ça j'oublie quelque chose ?! Ah oui ! Le short étoilé découvert par notre milliardaire ! Bien entendu ! Impossible que je passe à côté ! Ce fameux short ! Il est fou de voir ce qu'un vêtement aussi basique peut créer dans la tête de notre génie ! Héhé !

Bon, allez, je vous laisse avec la suite !

Merci à tous ceux qui se sont manifestés pour me dire le bien que vous pensez de cette histoire ! Vous êtes formidables ! Grand merci !

Sur ce,

Bonne lecture à tous ! :)


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|| 2ème Partie ||

"Le Short Étoile, Ce Grand Sauveur De L'ennui ?"

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23h25.

Assis sur le canapé, les coudes sur ses genoux et le regard sur la table basse du salon, Tony était plongé dans ses pensées. Pas que cela change beaucoup du début de sa soirée en solitaire où il s'était égaré un certain nombre de fois mais, tout de même.

Son vendredi soir, seul, déprimant et terriblement ennuyeux avait basculé d'une manière dont il ne l'aurait pas cru possible. Au final, il pouvait remercier ce bon vieux Jarvis pour en avoir été à l'origine.

S'il ne l'avait pas embêté, il n'aurait pas craqué et serait passé à côté de cette petite découverte forte intéressante. De lui-même, il ne lui serait jamais venu à l'idée d'aller tapoter ces coussins de l'autre côté du canapé mais sur le moment, dans le feu de l'action, il l'avait fait. En règle générale, il n'était pas sujet à ces petites manies de rangement impeccable. Non. S'il devait penser à quelqu'un pour ce genre de toc, c'était plutôt... Steve.

Hum.

Il en revenait encore au soldat.

Ceci rendait donc la situation encore plus intrigante.

Il était question de l'un de ses vêtements et Mister Perfection serait passé à côté sans s'en rendre compte ? Vraiment trop bizarre.

Et tout ce qui était bizarre trouvait un intérêt pour Tony. Encore plus s'il était associé à cet homme en particulier. C'était un petit mystère qu'il allait prendre plaisir à résoudre et dès ce soir. Il ne pouvait pas laisser passer ça.

Du coup... Exit la menace faite à Jarvis et bonsoir l'énigme du short étoilé !

Captain beau cul passait avant. Mais que son ami virtuel ne se repose guère sur ses lauriers, il n'allait pas l'oublier de sitôt. Oh non. Il irait faire un tour dans son cerveau dès qu'il en aurait fini avec Steve.

Alors que ses yeux continuaient de fixer ce bout de tissu plutôt banal, quelques questions continuaient de se bousculer dans sa tête. À vrai dire, elles ne s'étaient pas réellement arrêtées depuis qu'il avait sorti ce short de sa petite cachette.

Pour réfléchir au mieux, il avait laissé le film en sourdine -n'était-il pas encore fini d'ailleurs ?- et avait repris place sur le canapé, sa trouvaille déposée sur la table basse et sa curiosité poussée à son maximum.

Parmi ces interrogations revenant sans cesse, l'une d'entre elles sortait du lot. Comment le blond avait-il pu oublier un vêtement aussi essentiel ?

Si Tony était tombé sur un tee-shirt, il n'aurait pas trouvé la situation aussi dingue. Se mettre torse nu n'était pas un crime, bien que cela ne ressemble pas non plus aux habitudes du blond mais pour autant, ce n'était pas exclu. Après tout, ce n'était pas parce qu'il ne l'avait jamais vu faire -ce qui était fort dommage en passant- que Steve n'appréciait pas regarder la télé, très tard le soir et seul, en tenue légère. Tony était un adepte de cette pratique. Il devait toujours être impeccable, de part son statut professionnel et aussi pour son plaisir des beaux costumes, mais il adorait se retrouver le torse sans entrave. Aucun tissu, la peau à l'air, ce sentiment d'être libre et à l'aise en toute circonstance. Ouais, c'était très agréable et il en usait souvent. En y pensant, le soldat l'avait même surpris à plusieurs reprises dans cette tenue.

Le génie eut un bref rire amusé au souvenir de la première fois où c'était arrivé. Cela s'était produit quelques mois en arrière. Les beaux jours arrivant, les nuits s'étaient faites plus chaudes et dans cette logique, Tony s'était encombré de moins en moins de vêtements sur le corps. Quand le sommeil le fuyait, il se baladait dans la Tour au gré de ses envies par des passages à son atelier ou bien dans les parties communes pour grignoter, boire un café ou somnoler sur le canapé, devant la télé. Cela dépendait. Cette fameuse nuit, il s'était installé pour un petit film, dans l'espoir que ce dernier le détende assez pour dormir et à peine une dizaine de minutes après l'avoir lancé, il s'était rendu compte qu'il n'avait pas été le seul à être pris d'insomnie. Steve était apparu à l'étage et si, au départ, il était passé suite à une petite envie de grignoter, il avait été très vite attiré par l'écran géant. Quand il l'avait vu sur le canapé, affalé de tout son long et -bien évidemment- torse nu, le blond en avait fait tombé son paquet d'oréo. Il s'était empressé de le ramasser mais Tony n'avait pas loupé les adorables petites rougeurs sur ces joues et plus fort que lui, il s'était fait un plaisir de le mettre un peu plus mal à l'aise. Il s'était levé, lui avait pris le paquet de gâteau des mains et l'avait remercié d'avoir été le chercher pour sa petite envie du soir. Bon, au passage, il en avait légèrement profité pour caresser cette grande main quand il le lui avait subtilisé et pour cacher son propre trouble, il avait ajouté un clin d'œil, avant de retourner s'affaler sur le canapé. Il avait cru que le blond allait en tomber à la renverse tant il était devenu rouge mais non, il s'était contenté de le regarder, bras croisés. Puis il lui avait balancé que ces gâteaux n'étaient pas pour les sales types sans savoir vivre -allusion au manque de tissus couvrant son corps- et s'était penché pour reprendre son bien, avant de se laisser tomber à ses côtés pour regarder le film. Et même s'il avait été torse nu, Tony avait quand même eu des gâteaux.

Suite à cette soirée, ce petit manège s'était reproduit. La deuxième fois, le génie avait eu envie d'un café et il s'était attardé sur sa tablette pour visionner quelques ébauches de travaux démarrés. Là encore, Steve l'avait rejoint et s'était assis à côté de lui pour discuter et observer ce qu'il faisait. Mais pas que. À plusieurs reprises, il avait surpris le regard du blond sur lui. Plus précisément sur son torse découvert.

Et maintenant qu'il y réfléchissait, la tête parfaitement reposée et au calme, cela s'était produit à chaque fois que Steve s'était retrouvé en sa compagnie lors de leurs insomnies communes. De gêné, le comportement du blond était passé peu à peu à quelque chose d'autre. Il n'arrivait pas à mettre de mots exacts mais tout avait changé. L'ambiance générale. La manière de se comporter de son ami. Sa manière de parler aussi. Puis la journée, il marquait une distance, mettait un frein à cette proximité de la nuit, comme si elle n'avait pas semblé exister. C'était déroutant, à tel point que Tony pensait souvent avoir imaginé toutes ces choses, accusant sa libido débridée et dopée au Captain, faussant toutes les données.

Il soupira. Ce type était une petite énigme à lui tout seul. Nul besoin de rajouter un short dans la balance pour compliquer un peu plus les choses.

Son regard revint sur l'objet en question et il se laissa partir en arrière, le dos contre le dossier du canapé. Un putain de short. Il soupira lourdement. Il fallait vraiment lui expliquer comment il avait atterri dans le salon car il ne voyait pas du tout.

Du moins, il ne voyait pas de scénarios dits classiques. Il avait tenté de les visualiser dans sa tête et aucun ne lui semblait plausible. Par contre, il en avait bien un qui sortait du lot mais...

Il grimaça.

Non !

Mauvaise idée ! Et même, très mauvaise idée que d'aller sur ce terrain !

Avec son esprit aussi fertile, il risquait encore de partir trop loin dans ses divagations et s'il se mettait à imaginer ça... Il était bon pour une séance de travaux pratiques. Ici même. Dans le salon. Et tant pis si celui de ses pensées débarquait au même moment. Il serait encore capable de ne pas s'arrêter et de trouver la situation encore plus excitante. Et là, ce serait horriblement catastrophique. Steve ne le balancerait pas de la Tour, comme envisagée par Natasha dans sa note, mais il le tuerait sur place. C'était aussi évident que deux et deux font quatre. Logique imparable.

Au lieu de partir sur ce terrain très glissant qui -si ça se trouvait- n'était qu'une idée perverse issue de son cerveau en constante fusion, il pourrait demander à Jarvis. Si ce petit démon numérique avait peint une cible sur Steve pour le suivre à la trace -visuelle- dans les bâtiments du S.H.I.E.L.D., il l'avait sûrement fait aussi à la Tour ou du moins, dans tous les accès communs. Les quartiers privés restaient privés. Tony ne rigolait pas avec ça et son I.A. le savait pertinemment. Peu importait la crise de rébellion qu'il était en train de lui faire, cette règle se devait de rester inviolable. Du coup, étant donné l'endroit où il avait fait sa trouvaille, rien ne l'empêchait de demander. Il aurait la réponse en quelques images et le tour serait joué. Su curiosité serait rassasiée.

C'était une bonne idée. Ou pas.

Si effectivement l'enregistrement existait, il n'y avait que deux possibilités. Soit, cette histoire n'était qu'un banal oubli du Captain et Tony le verrait sûrement le récupérer de la main de Wilson, après qu'il lui ait prêté. Il était bien connu qu'entre pote, il pouvait y avoir des petites aides de ce genre. Peut-être que Sam était tombé en panne de short et Steve, en bon ami, lui avait proposé l'un des siens pour le dépanner ? Hum. Tony croisa les bras. Même lui avait du mal à y croire.

Ou alors, le génie n'était pas qu'un obsédé, guidé uniquement par ce qu'il avait dans son pantalon, et son scénario pressenti était réellement celui auquel il allait s'attendre en image. Steve, alangui sur le canapé, presque nu, en pleine séance de plaisir solitaire après il ne savait quel déclencheur. Ces besoins pouvaient surgir n'importe quand. Alors, ce fameux soir, il n'avait peut-être pas pu se contenir et avait décidé de lâcher prise, en totale insouciance, dans le salon. Tony déglutit lentement alors qu'il retenait avec grande difficulté les images sulfureuses voulant se jouer dans sa tête. C'était si tentant de les laisser passer.

Pourtant, un léger doute s'insinua au travers de cette délicieuse et très provocante situation évoquée. Il y avait un problème. Et bien entendu, le cerveau à l'impressionnant QI du milliardaire ne l'avait pas loupé. Si le blond avait réellement agi de cette manière, pourquoi ne s'était-il pas rhabillé après alors ? Ce n'était pas logique. Pour en connaître -parfaitement- les sensations, Tony savait que la montée et l'assouvissement du plaisir déconnectait quelque peu de la réalité. Ceci, il ne le remettait pas en question. Cependant, après... Le retour à la normale revenait, avec toute la concentration allant avec.

Et ainsi arriva la troisième option, celle qu'il n'avait pas vu venir mais qui semblait pourtant s'imposer avec une facilité déconcertante dans son esprit trop minutieux.

La possibilité que Steve n'ait pas été seul pour s'amuser, ce qui expliquerait pourquoi il en avait oublié son short. La frénésie du moment, l'urgence de devoir faire vite afin d'éviter de se faire surprendre et pour finir, détaler rapidement pour ne pas être pris dans un état physique qui pourrait aiguiller sur ce qui venait de se passer, devant l'un de ses amis nocturnes de passage dans les quartiers communs.

Hum.

Malheureusement, ceci collait bien plus à la réalité, ou du moins, au résultat que Tony avait sous les yeux.

Contrairement au précédent, celui-là ne l'emballait pas des masses et avait eu le mérite de refroidir ses ardeurs. L'idée que Steve ait pu s'envoyer en l'air le dérangeait un peu.

Bref. Nul besoin de s'éterniser sur ce point.

Et puis, sincèrement, avec qui le Captain aurait-il pu coucher ?

Un bref ricanement le secoua. Non, il ne se moquait pas de son fantasme sur pattes. Disons que ce genre de choses ne lui correspondait pas du tout. Les coups d'un soir, c'était plutôt son domaine à lui. Son petit blondinet était si gentil, bien éduqué, très prévenant et surtout, trop courtois. Une petite séance de sexe vite fait sur le canapé de la Tour Avengers n'était absolument pas un plan de soirée envisageable. Tony l'imaginait mal ramener quelqu'un ici et le faire là, en prenant le risque d'être vu. Non. Non. Et non. Ça aussi, cela relevait plutôt de ses prouesses personnelles et il ne put retenir un petit sourire fier au souvenir de tous les endroits visités dans lesquels il avait connu ce genre de moments débridés et risqués. Pour autant, il ne l'avait jamais fait à la Tour. Il se l'était toujours refusé.

Si son statut de milliardaire et de génie ne l'avait jamais dérangé pour étaler sa vie et ses biens, celui de super-héros l'avait fait. Certes, pas dans l'immédiat mais cela s'était produit, avec son entrée dans le projet Avengers et la rencontre avec tous ceux qui étaient devenus ses amis. Par respect et pour leur vie privée, il était hors de question de faire entrer qui que ce soit d'étranger dans ce lieu.

Et bien entendu, cela le ramenait à Steve. Rien qu'avec cette règle, il évinça immédiatement la possibilité d'une personne extérieure pour une soirée de débauche. Il ne restait donc plus que ceux ici, à la Tour et tout aussi vite, Tony balaya l'option.

Natasha était la seule femme et entre eux, il n'y avait rien de plus qu'une forte amitié. Quant aux hommes de leur bande, il n'en voyait aucun qui aurait pu franchir cette limite en compagnie de la bannière étoilée. Non. Vraiment. Clint était marié à Laura, père de trois enfants et vu la manière dont il parlait de celle liée à sa vie, elle était son monde, même s'il vivait une grande partie du temps à New-York. Impossible qu'il foute tout en l'air pour une histoire de cul. Quant à Bruce, la plus petite idée de contact le mettait encore parfois en stress. S'il acceptait les marques d'affection amicales, il était encore à des années lumières de pouvoir accepter des gestes aussi intenses que pendant un acte sexuel et à sa connaissance, seul la douce Natasha semblait lui faire de l'effet, avec ses jolies courbes et son doux sourire, qu'elle ne réservait qu'à lui d'ailleurs. Il ne restait donc plus que ce bon Sam et Tony ne savait pas jusqu'où aller. Steve et lui étaient très proches. C'était indéniable. Ils partageaient la plupart de leur temps ensemble, allaient courir tous les matins l'un avec l'autre, s'entraînaient beaucoup et forcément, ils parlaient sans discontinuité. Quand ils les voyaient tous les deux, il sentait une proximité étroite et pas de secrets. Ils se comprenaient parfois d'un regard et pouvaient se mettre à rire sans avoir dit le moindre mot. Des signaux assez forts qui pouvaient facilement induire qu'une autre relation ait pu s'établir. D'un autre côté, le génie n'avait jamais intercepté le moindre geste ambiguë entre eux et en passant autant de temps l'un avec l'autre, il était évident qu'il aurait dû en voir s'ils avaient été amants, même une nuit. Il avait l'œil pour repérer ce genre de choses.

Au final, ce short était un putain de mystère. Ses nombreuses pensées ne le menait à rien, si ce n'est dans des délires sans fin. Pour y mettre un terme, il pourrait tout aussi bien demander à Jarvis. Mais il n'en ferait rien. Non.

Où serait donc l'intérêt ?

Il en avait trouvé un avec cette découverte. Elle le tenait occupé. C'était un bon moyen de passer la soirée qui, selon lui, avait viré d'une manière délicieuse. Ou du moins, elle allait définitivement le devenir. Dès que Steve serait là.

Oh oui.

Un petit frisson d'anticipation le traversa. Il avait tellement hâte car il allait s'en donner à cœur joie pour le torturer avec cette histoire.

Cela allait être grandiose.

Du grand Tony Stark, dans toute sa splendeur !

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00h43.

Vouloir jouer avec le feu était une chose... Mais il était bien mieux d'avoir le matériel adéquat pour pouvoir le déclencher. En l'occurrence, il lui manquait l'essentiel. Captain America.

Hum.

Il avait le déclencheur sous les yeux, sa langue bien pendue serait le parfait combustible qui accélérerait le processus mais pour que l'ensemble prenne, il lui fallait la matière à enflammer et elle se faisait largement désirée.

Sans le blond, rien ne pourrait démarrer.

Il en était donc réduit à bouder comme un môme. Magnifique. Et ceci durait. Encore et encore.

Il avait fini par laisser tomber le film. Il n'était clairement pas d'un grand intérêt et il pensait, à forte raison, d'avoir vu l'essentiel. Il avait bien loupé un morceau mais ne s'était pas encombré à le remettre. La scène finale ne lui donnait pas envie. Tout ce cirque pour que ça finisse sur une séparation à cause d'une séance en chambre rouge qui, de toute évidence, n'avait pas plu à Anastasia. Ouais bon, il lui manquait sûrement quelques données mais il s'en fichait pas mal. Il n'avait pas aimé.

Du coup, il avait coupé dès le générique et avait basculé sur les chaînes de télé. Il s'était arrêté sur un programme automobile plutôt sympa. Le principe était simple. L'animateur, passionné et investi, trouvait des véhicules abîmés -légendaires, historiques et plus ou moins anciens mais possédant du cachet- à acheter puis à proposer à son réseau de restaurateurs. Ces derniers faisaient des offres en coût de rénovation. Celui qui proposait la plus faible remportait le chantier complet et venait ensuite tout le travail en détail s'opérant, jusqu'à la mise en vente [1*]. Le modèle de l'épisode était intéressant mais l'impatience le guettant ne l'aidait pas du tout dans son appréciation, même si l'heure avancée faisait baisser peu à peu cet état.

Couché sur le flanc droit, la tête soutenue dans son bras, Tony jonglait entre l'écran géant et son portable. Au cas où. Il l'activait régulièrement dans l'espoir de voir un message, un appel, un snap ou n'importe quoi venant de l'un de ses amis. C'en était déprimant.

Alors qu'il désactivait l'écran de veille pour -au moins- la quinzième fois, un bruit très discret vint réveiller son cerveau embrumé par le manque d'activité. La mise en route de l'ascenseur.

Nom de dieu !

En un instant, il bondit du canapé, atterrissant sur son fessier, assis de travers pour regarder dans la direction du couloir faisant office d'arrivée. Il ne l'avait pas rêvé. Ce bruit. D'un geste vers la télécommande à côté, il coupa le son de la télé pour vérifier. Un léger bourdonnement, étouffé, provenait bel et bien de l'ascenseur.

Enfin !

Ce n'était pas trop tôt ou plutôt, si, après un regard sur son portable pour vérifier l'heure. Presque une heure du matin. Le soldat rentrait extrêmement tard. À ce niveau, il n'était même plus question d'aimer son métier, c'était carrément être investi d'une mission !

Le bruit s'arrêta un instant et reprit quelques secondes après. Steve avait dû monter dans la cabine. Pour ne pas se faire surprendre, il se laissa tomber sans aucun grâce dans le canapé, reprenant vite sa position précédente, alors qu'il remettait le son de la télé. Il ne voulait surtout pas donner l'impression de s'ennuyer à mourir et d'attendre avec impatience un peu de compagnie. Non. Il avait sa petite fierté. Merde.

D'un autre côté, il ne pouvait nier qu'il avait hâte de le voir. Un sourire se dessina sur ses lèvres et son regard glissa plus loin, dans l'angle du canapé. Là où il avait caché le short. Oh oui. Tellement hâte. Il allait le travailler un peu et lâcherait sa petite bombe au bon moment.

Quand il entendit des pas se diriger vers les pièces communes, il effaça rapidement son sourire pour retrouver un visage neutre, et concentré sur son programme télé. La tentation était grande de se montrer mais ce ne serait pas assez marrant. Il préférait créer le petit effet de surprise.

Et il n'allait pas être déçu.

S'il perçut l'interruption des pieds foulant le marbre et le bruit d'un objet déposé au sol -identifié comme devant être un sac-, il fût surpris par la voix toute proche qui s'éleva très rapidement.

- Tony ?!

Et il sursauta comme un enfant pris en faute. Pour le coup, cette comparaison semblait tout à fait appropriée. Il ne se démonta pas d'un pouce alors qu'il tournait la tête pour découvrir Steve, fraîchement débarqué. Et pour être frais, il l'était. Son parfum était venu aussitôt se propager dans son espace. À moins que ce ne soit lui qui y soit trop sensible. Avec son éternelle veste en cuir, habillé d'un jean bleu clair et d'un tee-shirt blanc, il l'observait, surpris de le trouver là.

- Bonsoir, Captain ! lança le brun, tout en légèreté. Qu'y a-t-il ? Aurais-je une tâche sur le visage pour mériter un tel regard ? ajouta-t-il en prenant son portable pour y voir son reflet.

Faire l'innocent, rien de tel pour ne pas éveiller le moindre doute et dans ce jeu, le génie excellait. Steve sembla s'animer face au petit manège et consentit à répondre.

- Non, non, tu n'as rien...

- Ok, c'est bien ce qui me semblait ! fit Tony, tout sourire. Alors pourquoi une telle attitude ?

Cette nouvelle question sembla perturber un instant le leader des Avengers. Le génie le vit se tendre et ceci l'intrigua fortement. Au silence se prolongeant, il haussa un sourcil.

- Mais encore ? ne put-il s'empêcher de dire.

- Je ne m'attendais pas à te trouver ici... finit par laisser tomber le soldat, avec une main venant frotter sa nuque.

Aussitôt, Tony laissa apparaître un grand sourire. Il avait donc eu raison. Quelqu'un l'avait prévenu pour le séminaire de Stamford mais apparemment, cette personne s'était bien gardée de lui signaler un point essentiel.

- Je vois... Mister Amérique croyait trouver la Tour, vide de la présence de tous ses amis et ainsi il aurait pu profiter tranquillement de ce grand weekend en solitaire ! susurra-t-il, mielleux à souhait, avant de reprendre plus rapidement. Désolé de te décevoir mon grand ! Il faudra faire avec moi ! Enfin... Ne t'inquiète pas, vu la superficie à notre disposition, on ne devrait pas trop se marcher dessus ! termina-t-il avec un clin d'œil.

Steve sembla reprendre pied à ces mots.

- Non, ça ne me dérange pas du tout ! lança-t-il, comme pour se défendre de cette accusation. Je... Je l'avoue... Je ne pensais pas que tu serais là... Je croyais que tu serais parti rejoindre les autres à Stamford !

Cet aveu laissa planer un petit silence, troublé uniquement par le bruit de la télé. L'air de rien, Tony retourna son attention sur l'écran.

- L'idée m'a traversé l'esprit... glissa-t-il, feignant d'être concentré sur les étapes du démontage de ce gros moteur de Mustang.

Il n'allait pas faciliter la discussion à Monsieur "Je Joue Aux Abonnés Absents". Non. Pas après avoir passé une soirée aussi ennuyante, tout seul, à l'attendre. Maintenant qu'il était là, c'était à son tour de le faire languir un peu.

- Mais ?

C'était trop facile, pensa-t-il, tout en retenant un nouveau sourire. De manière exagérée, il soupira longuement.

- Pour la simple et bonne raison que je suis attendu demain, pour des rendez-vous très importants à Stark Industrie... Ma présence est plus que recommandée... Si tu vois ce que je veux dire...

Apparemment, Steve comprit, puisqu'il se mit à rire doucement.

- Pepper ?

Tony le fusilla du regard. Autant dire que cela n'eut pas l'effet escompté. Steve continuait d'afficher son plus beau sourire moqueur. Où était passé le gentil Steve Rogers ? C'était à se demander.

Puérilement, il lui envoya donc le premier truc sous la main en pleine face. Heureusement, ce n'était qu'un coussin et il fût réceptionné in extremis, dans un grand éclat de rire.

- Très mâture comme réaction, Tony !

- Je m'en tape ! Je n'ai jamais dit que je l'étais ! Contrairement à toi qui est tellement rigide, Captain ! ne put-il s'empêcher de dire, en le provoquant d'un regard, toujours couché, sa main soutenant sa tête.

L'ombre d'un instant, il crut l'avoir vexé. Le blond se contentait de le fixer, silencieux. Puis...

- Je suis rigide... Sérieux ? finit-il par demander en arquant un sourcil.

Et là, le génie en jubila de plaisir. C'était la première perche, le point de départ d'une petite entrevue très attendue et qu'il allait se faire un honneur de lancer. Sans l'ombre d'une hésitation, il acquiesça.

- Exactement ! Tu as bien entendu ! Ton audition n'est pas encore endommagée, papy !

Et hop, une autre petite boutade. Mais qu'y pouvait-il ? Cette soirée seul ne lui avait pas réussi et il se rattrapait allègrement de cette présence tardive. Autant ne pas perdre de temps. Steve risquait de lui fausser compagnie s'il n'y mettait pas de suite les bonnes formes.

Armé de son petit rictus, il ne le lâchait pas du regard et dans un sens, ce fût son erreur. Tellement fixé sur les expressions de son visage, il ne fût pas assez rapide pour anticiper la riposte. Un retour de coussin à très grande vitesse et en pleine tronche. Sous le choc, il laissa échapper un grognement et s'affala totalement sur le canapé. Il eut besoin de quelques secondes pour se remettre de ce coup en traître.

- Toujours aussi rigide le papy ?

Cette répartie moqueuse le fit grogner, mécontent de s'être fait avoir.

- T'es qu'un petit vicieux ! lança-t-il en se redressant.

Steve éclata de rire.

- Petit ? Certainement pas ! Par contre, vicieux ? Tout le monde finit par le devenir en vivant avec toi !

Il appuya ses propos d'un haussement de sourcils suggestifs et se détourna d'un mouvement.

L'ensemble laissa Tony sur le cul.

Puis, voir s'éloigner le soldat le fit sursauter et il se mit assis en travers du canapé pour le suivre du regard. L'idée même que Steve le plante de cette manière lui sembla inconcevable. Il n'en était pas question. En le voyant récupérer son sac au milieu de la pièce, il craqua.

- À peine arrivé, tu décides de m'abandonner... Trop sympa ! Je te dérange donc autant que ça ?! laissa-t-il tomber, la voix légèrement déçue.

Et pour le coup, elle n'était pas feinte. La possibilité que sa présence soit un réel problème pour Steve lui fût désagréable. Et dire qu'à l'inverse, celle du soldat était toujours attendue. Ce soir, plus que les autres fois d'ailleurs.

Le blond se tourna vers lui.

- Je ne compte pas m'en aller... Je voulais simplement déposer mes affaires dans ma chambre, me mettre à l'aise et revenir ici... expliqua-t-il doucement, avant de regarder sa montre. Enfin... Si tu te sens d'attaque pour rester encore éveillé, étant donné que tu travailles demain, ajouta-t-il avec un sourire taquin.

Cette précision eut le mérite de faire disparaître totalement la petite déception précédente.

- Pour qui me prends-tu ? Je suis toujours d'attaque ! répliqua donc Tony, sur un ton supérieur et léger.

- Tant mieux ! Allez, je vais me débarrasser de tout ça... lança le soldat, amusé, en faisant volte face.

Le génie se contenta d'un signe de tête, retenant sa langue qui voulait approuver trop vivement cette initiative. Steve pouvait bien se débarrasser de tout ce qu'il voulait -surtout de ses vêtements- mais il se retint de le dire. Au lieu de ceci, il l'observa s'éloigner, laissant son regard s'attarder sur ce fessier agréable et faillit se faire surprendre quand son équipier s'arrêta et pivota vers lui.

- D'ailleurs, j'y pense...

- Oui ? s'exclama trop vivement le brun.

Il aurait dû éviter de répondre ainsi. Steve semblait tout à coup suspicieux, alors il tenta de faire disparaître cette impression en ajoutant un petit sourire. Le froncement de sourcil disparut et il eut droit à un petit soupir amusé.

- Laisse-moi le temps de faire ce que je dois et évite de t'exciter sur ton portable ! Par pitié !

Ah. Finalement Captain avait vu ses messages et ses appels manqués. C'était une bonne chose. Il n'était pas invisible au moins.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, se contenta-t-il de dire, en haussant les épaules.

- Tony... Tu veux que je te rappelle le nombre de fois où tu as essayé de me joindre ? demanda le blond, clairement amusé.

- Je n'ai pas fait attention... répondit Tony avec mauvaise foi, en frottant son bouc puis il se redressa, prenant appui sur le dossier du canapé. Mais pour ma défense, j'étais inquiet ! Peux-tu imaginer ma réaction quand j'ai su que les autres étaient partis à Stamford et que tu n'y étais pas ?! J'ai failli déclencher une alerte disparition !

- Oh Tony ! lâcha Steve, en secouant la tête, légèrement hilare. Tu n'es pas possible !

- Je l'aurais fait ! rétorqua le brun, avec aplomb.

Le soldat éclata de rire.

- Je sais ! Heureusement que je suis rentré alors !

Et sur ces dernières paroles, le blond partit en direction de l'ascenseur, inconscient du regard brillant le suivant. Tony aurait pu ajouter que Jarvis l'avait bien aidé à ne pas céder à cette idée d'alerte mais ceci entraînerait des questions et il n'avait pas envie d'aiguiller son ami sur ce qui avait pu se dire entre son IA et lui. Il n'était pas certain que Steve approuve les démarches, bien trop pointilleuses de l'intelligence de la Tour. Et surtout, le génie n'était pas sûr des paroles que pourrait prononcer Jarvis. Et ça, c'était bien trop dangereux.

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Une dizaine de minutes plus tard, Tony, au comble de l'excitation, vit enfin réapparaître Steve. Il avait tellement hâte de démarrer la séance "interrogatoire sur le mystérieux short" qu'il faillit en louper son arrivée et cela aurait été fort dommage. Il avait opté exactement pour la même tenue que lui, à la différence que son haut était... Rouge.

Le génie n'en crut pas ses yeux.

S'il imaginait bien quelqu'un ne pas porter cette couleur, c'était bien le Captain. Il était plutôt habitué à des tons discrets et passe-partout. Noir, blanc, beige, bleu -avec toutes ses variantes, tant que ça restait soft- et gris, mais certainement pas aussi coloré. D'où sortait ce haut ? Telle était sa question alors que le blond était parti dans la cuisine chercher à boire.

Bon, c'était une curiosité de plus à satisfaire !

Quand le soldat revint dans le salon, Tony se décala volontairement sur la droite pour lui laisser de la place. Pas que le canapé ne soit pas assez grand pour eux, bien au contraire, mais il préférait garder à porter de main l'objet bien caché dans l'angle. Il s'agissait de pouvoir le brandir au bon moment et l'effet recherché était très important. Bien entendu.

En dehors de son mouvement, il avait décidé de ne pas lâcher la télé des yeux. S'il le faisait, il serait perdu. Steve, en rouge, c'était un peu trop pour son insatiable désir de tout savoir sur tout. Fixé sur l'écran, c'était un peu plus simple. Cette émission était réellement intéressante.

Alors, quand le blond s'installa, il ne tourna pas la tête. Quand il entendit un bruit de verre sur la table basse, il fit comme si de rien n'était. Mais quand il perçut un petit soupir et un léger ricanement, ce fût plus compliqué.

- Tu es tellement prévisible, Tony ! Un programme automobile, pourquoi n'en suis-je pas étonné ? laissa tomber l'homme à ses côtés, d'une voix bien trop moqueuse.

Le génie se retint de lui adresser un regard courroucé. On ne rigolait pas de la mécanique.

- Cela te pose un problème l'ancêtre ? Que je sache, les voitures existaient déjà dans les années quarante, alors laisse-moi regarder la fin de cet épisode et profites-en pour rattraper ton retard dans ce domaine !

- Eh du calme Grincheux ! s'exclama Steve, en lui mettant un petit coup sur l'épaule. Si c'est pour être désagréable, je retourne dans ma chambre !

Immédiatement, le brun se calma. Ok. Il y était peut-être allé fort. Il s'enfonça dans le canapé et tourna la tête vers le soldat.

- Désolé, c'est sorti trop spontanément !

Un petit silence suivit son excuse où seuls leurs regards semblaient parler pour eux. Tony affichait son petit air de chiot battu, en espérant amadouer le blond. Il était vraiment désolé mais il en rajoutait un peu face à ce regard bleu, si sévère et inflexible.

Inflexible jusqu'à...

- C'est bon ! Ce n'est rien ! soupira le capitaine, en passant une main vive dans ses cheveux.

Aussitôt, le milliardaire se détendit.

- Mais arrête de faire ça ! reprit Steve, en faisant allusion à son regard désolé. Je déteste quand tu utilises cette technique pour me faire céder ! Je sais que tu en rajoutes... Je ne suis pas dupe !

À ces mots, Tony ne résista pas et laissa passer un petit rire.

- Peut-être... Mais en attendant, ça fonctionne ! ajouta-t-il, pas peu fier de son effet.

Un petit grognement lui répondit et ce fût sur cette dernière réplique, très mâture, qu'ils finirent par se concentrer sur la télé. Aussi étonnant que cela fût, le blond ne fit aucune autre intervention alors que le génie s'attendait à être sollicité pour quelques précisions quant aux manœuvres techniques effectuées lors de la restauration du véhicule à l'honneur.

La fin de l'émission arriva bien vite, avec cette question en suspen. Que faire ?

Comme s'il avait anticipé la réaction à ses côtés, Steve commença à bouger. Il récupéra son verre sur la table et le vida d'une traite. Tony eut le temps de remarquer le contenu de ce dernier et eut un bref sourire. Apparemment, quelqu'un avait trouvé sa citronnade fraîche dans le frigo.

- Comment est la boisson ? demanda-t-il, aussitôt, l'air de rien.

Le soldat suspendit son geste, verre toujours en main.

- C'est toi qui l'a préparé ! fit-il, un peu surpris.

- Qui d'autre ? Tu ne crois quand même pas que nos adorables et -pour certains- insupportables comparses auraient eu la gentillesse de nous en faire, avant de partir ! Surtout, que nous sommes les seuls à en boire ! ajouta le brun, avec évidence.

- Pas faux ! rigola le blond, avant d'observer son ami et se rembrunir légèrement. Je ne t'ai même pas demandé si tu en voulais un verre !

- J'en ai bu assez pour la soirée, crois-moi... lança le génie, tout sourire. D'ailleurs, je vais t'abandonner un instant pour... Régler ce problème !

Aussitôt dit, aussitôt mis à exécution. Il partit, accompagné d'un rire très agréable derrière lui. Quand il revint, la vessie plus légère, il fut plus ou moins stoppé en pénétrant dans le salon. Steve avait débarrassé la table basse du salon et il se tenait debout, télécommande en main. Le grand écran faisait défiler la bibliothèque personnelle de films et s'il eut envie de rire sur l'envie du blond de vouloir en regarder un, il eut une toute autre réaction en voyant le choix fait par ce dernier.

- Ne me dis pas que tu comptes regarder ça ?!

Steve se tourna brusquement vers lui, surpris de ne pas l'avoir entendu revenir.

- Euh... Non ! Ce n'est pas mon intention...

- Tant mieux ! Épargne-moi cette souffrance ! coupa Tony en passant devant lui pour rejoindre sa place, sur le canapé.

- À ce point ? s'étonna le blond en s'asseyant. J'aurais pensé que ce genre de film aurait pu être... digne d'intérêt pour toi !

Le génie haussa un sourcil. Était-ce une pointe d'humour ? Assurément, au vu du sourire ornant ces lèvres tentatrices.

- Rogers, ce n'est pas parce que l'un des personnages principaux est un milliardaire aux nombreuses conquêtes que tu peux penser ainsi. Pour passer le temps, j'ai visionné ça en début de soirée et sincèrement, je me suis fait chier. Donc si tu comptes jeter ton dévolu là-dessus, dis-le moi et je me mets de suite en position horizontale pour dormir !

Tony paraissait tellement sérieux que le soldat explosa de rire.

- Ok, je vais t'épargner ça alors... laissa-t-il tomber, encore secoué par de légers rires puis de manière tout à fait détachée, il déclara. Surtout que je l'ai déjà vu aussi... Donc aucun intérêt !

- Hein ?!

Cette exclamation était sortie toute seule de la bouche du brun, suite à ces paroles. Il regardait Steve, les yeux grands ouverts et il devait avoir l'air d'un parfait idiot. Mais comment aurait-il pu en être autrement avec cette révélation inattendue ?

- Cap' ! Ai-je mal entendu ?! Tu as regardé 50 Nuances de Grey... Toi ?!

- Je ne vois pas ce qui te surprend...

Ce dernier continuait son petit tour dans la bibliothèque, totalement inconscient de l'effet produit sur le milliardaire. Ou peut-être pas tant que cela, à en juger par ce petit sourire en coin.

- Arrête de me regarder comme si j'étais un ovni, Tony ! reprit-il, la voix étrangement basse. Je suis loin d'être aussi rigide que tu peux le penser...

Ces mots résonnèrent étrangement dans la tête du brun. Abasourdi, il ne pouvait se détacher de la vision à ses côtés. Captain America venait de le figer sur place. Le short trouvé, l'apparition avec ce haut trop rouge et maintenant, cette petite bombe lâchée concernant ce film à tendance érotique. Là, c'était trop pour le génie. Tout s'emmêlait bizarrement dans son esprit. À quoi jouait ce foutu Rogers ? S'il tentait de le perturber, c'était foutrement réussi.

Sans l'avoir vu venir, son cerveau lui rappela cette scène imaginée plus tôt dans la soirée.

Steve.

Vêtu d'un simple boxer.

À genoux. Assis sur ses talons.

Attendant patiemment dans cette fameuse chambre rouge.

Non. Non. Non. Très mauvaise idée.

Ça y est. Il déraillait à plein gaz. Il inspira longuement et aussi discrètement que possible. Il n'était pas question de se retrouver excité maintenant et surtout en présence de Steve. Que dirait-il en découvrant son état ? Franchement, avec tout ce qu'il avait vu et entendu en si peu de temps, il n'en savait rien. Toutes ces certitudes avaient volé en éclat concernant l'homme à ses côtés. S'était-il trompé à ce point sur son compte ?

Agacé de se faire balader par tous ces faits en rapport avec le soldat, il tenta de se reprendre au mieux. Il était plus que temps d'entrer dans la partie et de satisfaire cette putain de curiosité dévorante.

Il n'allait pas lâcher le bonhomme. Pas tant qu'il n'aurait pas ses réponses.

Tout en adoptant une attitude maîtrisée -consistant à se mettre assis de côté, un bras reposant sur le dossier du canapé et les jambes croisées- il plongea sans attendre son regard sur le profil de Steve. Ce dernier, devant se sentir observé, tourna la tête dans sa direction.

L'instant suivant sembla se suspendre de lui-même.

Les yeux ne semblèrent plus capable de se quitter, n'allant pas plus loin que le visage de l'autre, dans une inspection minutieuse et précise des expressions les traversant. Aucun mot n'était dit. Tout passait par les réactions. Et à ce jeu, Tony était très bon.

Il fit donc de son mieux pour ne rien laisser passer qui pourrait lui porter préjudice. Il n'avait plus que ce but. Faire craquer l'homme en face de lui.

Il n'allait pas lâcher ces orbes bleues. Oh non. Il pouvait deviner la petite agitation traversant le blond. Ce froncement de sourcils parlait pour lui. Il se demandait sûrement ce qu'il lui arrivait et le génie ne put résister d'afficher un petit sourire en coin. Une petite provocation. Un moyen d'attirer son attention. Une façon de lui dire "si tu savais". Alors qu'au fond, il ne savait rien du tout. Mais par ce geste, il tentait de le pousser à réagir.

Et ce fût presque trop facile.

- À quoi est-ce que tu joues ? finit par souffler Steve.

Tony nota brièvement le léger essoufflement dans la voix. Il ne sut comment l'interpréter et préféra rester concentré sur son objectif.

- C'est plutôt moi qui devrait poser cette question... À quoi est-ce que tu joues toi..? demanda-t-il en ponctuant sa question.

Le prenant au dépourvu, Steve se mit à rire doucement.

- À rien... Ce n'est pas mon genre ! déclara-t-il en haussant les épaules. Je ne sais même pas où tu veux en venir. Je crois que tu devrais aller te coucher, le manque de sommeil te fait dérailler.

Cet aplomb désarçonna quelque peu le milliardaire. Il ne s'y attendait pas. Au final, le capitaine était un bon comédien. Pas encore aussi bon que lui, mais il devait reconnaître ce petit talent caché fort prometteur. Il ne se démontait pas. Ce regard bleu paraissait plus que décidé. Mais décidé à quoi au fond ?

Et cette interrogation le persuada un peu plus à pousser les choses.

- Crois-moi, je suis loin de dérailler, Steve ! affirma-t-il, tout aussi sûr. Depuis un moment, je remarque pas mal de changements chez toi et je m'interroge...

Volontairement, il laissa sa phrase en suspens. Il tenait à mener la discussion et l'une des meilleures façons d'opérer était d'attirer l'attention, des doutes raisonnables qui conduiraient plus sûrement à des réponses. D'accord, il mentait un peu car ces fameux changements, il n'en avait réellement pris conscience que ce soir mais le Cap' n'était pas censé le savoir. Donc il tentait et verrait bien où ça le mènerait.

En soi, rien que le comportement de ce dernier commençait à être révélateur. Une petite agitation semblait le traverser. C'était très discret mais Tony, de son œil avisé, ne loupait rien. Les doigts du blond s'étaient refermées avec un peu trop d'emprise sur la télécommande et ses épaules, secouées plus tôt avec indifférence, paraissaient tout à coup crispées.

Hum. C'était intéressant.

Le génie trouvait enfin un intérêt à cette soirée. Il en devenait très fébrile. Une tension à l'état brut se répandait lentement à travers son corps mais elle n'avait rien de mauvaise. Bien au contraire. L'effet était bon. Si bon qu'il allait se faire un plaisir d'aller plus loin. Même s'il mettait en péril ses propres limites. Tant pis. Il n'allait pas pouvoir s'en empêcher.

Tout à ses délicieuses pensées, il faillit perdre le fil de la discussion. Et le reprit in extremis pour entendre les derniers mots du capitaine.

-... N'ai rien à cacher !

Bon. Il avait loupé le début mais la fin lui donna l'irrésistible envie de vérifier.

- Pardon ? fit-il, légèrement narquois.

Cela lui valut un petit regard sévère. Dieu. Dans ces circonstances, il pourrait presque se mettre à réagir.

- Bien ! Ça fait plaisir de voir que tu m'écoutes ! soupira Steve, les lèvres pincées. Je te disais donc que... Tu te faisais des films tout seul et que je n'avais strictement rien à cacher. Et même si cela en viendrait à être le cas, sache que j'ai droit à une vie privée et qu'elle ne regarde que moi ! Désolé de te décevoir, Tony ! termina-t-il par dire, d'une voix terriblement basse.

Le sourire provocateur -qui s'y ajouta- fût clairement la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Ou dans ce cas très précis, il fût à l'origine d'un sursaut d'excitation dans le pantalon du milliardaire.

Il devait se reprendre. Tout de suite. Avant que Steve ne comprenne ce qui se passait plus bas, sous l'élastique de son vêtement.

Chance ou pas, il le vit étrangement s'activer. Dans un enchaînement parfait, la télé fût éteinte, la télécommande déposée plus loin sur le canapé et le capitaine debout, prêt à partir.

- Sur ce, je vais te laisser... J'ai eu une longue journée à la base ! On se verra demain ! déclara-t-il, en commençant à tourner les talons. Bonne nuit Tony !

Ces mots furent l'électrochoc dont il eut besoin pour revenir dans le moment présent.

En une fraction de seconde, il sut ce qu'il devait faire.

- Alors c'est comme ça ! Je touche un point sensible et monsieur prend la fuite ! Très courageux ! s'écria-t-il, d'une voix forte et moqueuse.

Ceci eut le mérite de stopper le leader des Avengers au milieu du salon, qui se tourna vers lui.

- Tu n'as rien touché du tout... répliqua aussitôt Steve, en croisant les bras. Je suis fatigué !

Tony se mit à rire.

- Menteur ! Il n'y a pas cinq minutes, tu cherchais un film à regarder...!

Aussitôt, il vit la mâchoire du blond se contracter et il ne put contenir un air satisfait. Il était tellement facile de le faire réagir. C'était une chose qui ne changerait jamais entre eux. Des réelles disputes, ils étaient passés à plus léger et sans animosité. Tony pensait réellement du bien de cet homme. Pour preuve, ils avaient beaucoup appris l'un de l'autre et une grande confiance s'était installée au fil du temps. Mais ce qu'il aimait par-dessus tout, c'était ce besoin de se confronter à lui. Pouvoir le charrier, le taquiner, se moquer -sans que ce soit méchant, bien entendu- et prendre plaisir à voir des réactions aussi vives et enjouées de l'autre côté. Ils fonctionnaient ainsi. Ce jeu perpétuel de mener l'autre à la baguette. Le temps d'une boutade. Le temps d'une discussion. Le temps d'une soirée.

Et là, Tony tenait son petit moment. Il n'allait pas le laisser passer. Oh non.

Étrangement, Steve n'avait toujours pas répliqué. C'était aussi bizarre qu'intriguant. Il le fixait et le génie ne savait réellement pas quoi en tirer. Alors, profitant de ce silence, il prit une position plus adéquate.

À genoux sur le canapé, ses avant-bras en appui sur le dossier en cuir, il laissa ses yeux parcourir le corps du soldat à son bon vouloir. C'était risqué mais foutrement excitant. Autant qu'il prenne un peu de plaisir dans la manœuvre. D'un regard très appuyé et armé de son sourire le plus sexy, il se lança.

- Tu sais... Pour quelqu'un clamant avoir une vie privée qui ne regarde que lui -je reprends tes termes-... Je te trouve très peu minutieux, mon cher Captain, susurra-t-il lentement.

Aussitôt, l'effet de ses premiers mots apparurent.

Steve fronça les sourcils et baissa les bras.

- Que veux-tu dire ? demanda-t-il, lentement.

Tony eut un sourire encore plus grand. Le blond ne semblait plus aussi sûr de lui. Hum c'était mal de mentir ! Et il allait vite le lui faire comprendre. Il n'aurait pas dû le provoquer ainsi. D'un autre côté, Tony en serait venu quand même à ce final mais, peut-être aurait-il utilisé une autre technique que celle-ci. Tant pis. Il allait se faire plaisir.

Le moment était venu de mettre en lumière son petit trophée.

- Eh bien... Il se pourrait que j'ai la certitude que tu as des choses à cacher... reprit-il, sur le même ton.

Discrètement, il glissa sa main gauche derrière le coussin pour se saisir du short, tout en continuant d'observer les réactions sur son équipier. Immobile, silencieux, ce dernier tentait de rester de marbre à ses provocations. Ou du moins, essayait-il de s'y employer au mieux. Même ce rire qui s'échappa de sa gorge sonnait faux.

- Non, cela m'étonnerait... Tu essaies juste de me retarder pour ne pas te retrouver tout seul... lança-t-il en se redressant un peu plus, puis de nouveau, il croisa les bras et reprit. Pour ne pas retomber dans l'ennui, tu en deviens complètement mythomane.

Tony en perdit de sa superbe. Son visage n'exprima plus que la surprise. Il n'avait clairement pas vu arriver cette provocation. Quel monstrueux type bourré au super sérum ! Il allait loin. Le génie ne pensait pas qu'un tel vocabulaire pouvait sortir de cette bouche toujours aussi impeccable. Même entre eux. Quand ils étaient seuls.

Il y avait souvent ces joutes verbales animées mais le capitaine restait toujours irréprochable en utilisant un langage de son niveau. Maîtrise et respect en étaient les maîtres mots. Certains termes, même s'ils n'étaient pas grossiers au premier sens, en donnaient l'impression et il ne les utilisait pas. Enfin, en général. Ce soir, c'était différent. De toute évidence.

Une moue faussement contrariée se dessina sur la belle gueule du milliardaire puis tout aussi vite, il retrouva son assurance. Elle ne l'avait pas quitté mais le tout était de savoir jouer des émotions, et il le faisait à merveille. Les yeux braqués sur Steve, il prit la pose. Le menton appuyé dans son poing droit, il soupira exagérément.

- Ah Steve... Si je n'étais pas aussi impatient de te montrer, j'entrerai volontiers dans ce petit jeu avec toi... Tu sais combien j'adore nos échanges verbaux et musclés, susurra-t-il en lui envoyant un clin d'œil.

- Arrête Tony ! Tu en deviens lourd...

L'agacement et la confusion commençait à monter chez le blond. Tony le voyait bien. Il aurait dû en parler plus tôt pour éviter de s'attirer de possibles foudres mais il n'avait pas trouvé le moment adéquat. Ce départ précipité l'était. Et là encore, au lieu de mettre un terme à ces échanges, il s'amusait à en rajouter, faisant grimper la tension de la pièce. Et malgré les risques, il prenait un pied d'enfer à faire languir l'autre homme de cette façon.

- Très bien, déclara-t-il brusquement. Puisque tu insistes... ajouta-t-il d'une voix doucereuse. Peut-être, pourras-tu m'éclairer pourquoi j'ai retrouvé ceci dans notre salon commun ? fit-il en sortant le short noir de sa cachette.

Son regard bascula immédiatement sur le vêtement. Pour un effet garanti, il avait bloqué le tissu entre son index et son majeur au niveau de la ceinture élastique et il pendait, fièrement exhibé au bout de son bras.

Un spectacle magnifique.

Tony ne pouvait qu'être fier de sa mise en scène. Elle était parfaite. Et il s'amusait follement. Enfin !

Retournant sur l'homme en face de lui, il embraya, tout sourire.

- Alors... Qu'avez-vous à dire pour votre défense, mon cher capitaine étoilé ?

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À Suivre...

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[1*] Cette émission automobile existe réellement & se nomme Vintage Mecanic. Elle est présentée par François Allain & attention les loulous, elle est bien française. Cocorico ! ai-je envie de dire. Pour les curieux, oui, je suis une petite fan' d'automobile & avec un mari qui l'est tout autant, inutile de vous dire que j'ai droit à un certain nombre d'émissions de ce genre. Celle-ci est ma préférée & m'a donc inspiré ! ;)


La seconde partie s'arrête ici !

Et s'il vous plaît... On évite de vouloir me faire la peau ! Sinon je vais m'isoler dans la forêt derrière chez moi ! Oui, elle existe vraiment ! xD

Après relecture, je trouve toujours ma fin de chapitre exquise ! :D

Je sais ! Pour vous c'est sadique ! Et horrible ! Et moche ! Et... je vous laisse le soin d'ajouter d'autres qualificatifs ! Mais pour moi... Dieu, je l'adore ! J'imagine tellement le visage fier & satisfait de Tony ! Haha !

Bref' je vous avais prévenu... Cette histoire est un gros craquage de ma part où les maîtres mots sont "pas de limites", "fun attitude power" & "liberté créative". Bon, avec une cohérence quand même hein ! Vous me connaissez un minimum pour savoir comment je fonctionne ! ;p

D'ailleurs, je suis ouverte aux suggestions pour la suite ! Inondez-moi de vos idées ! Haha !

Ou alors, plus simplement, n'hésitez pas à réagir sur le chapitre (ce qui s'y passe, certains détails, vos ressentis...). Je serai plus qu'heureuse de vous lire ! :)

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Comme toujours & avec plaisir,

Un très Grand merci à vous d'être là & de m'avoir lu ! :)

Portez-vous bien,

À très vite,

Miss Crazy Drake