Les jours et les semaines ont passé, depuis ma discussion avec Draco dans la salle de classe de Potions, et les choses ont repris peu à peu leur cours.

Au début, c'était encore assez gênant entre nous, mais finalement nous avons fini par reprendre notre amitié, telle qu'elle était jusqu'à la fin des vacances de Noël.

— Elena, j'ai besoin de toi, c'est urgent !

Ça aussi, ça n'a pas changé. Blaise continue toujours de courir vers moi, dès qu'il s'agit de Neville. Car c'est le sujet principal de nos conversations.

En parlant de lui, nous avons eu beaucoup de temps pour parler, alors j'ai pu aider Blaise autant que possible. Malgré tout, il n'est toujours pas convaincu qu'il peut aller lui parler. Pourtant, nous savons maintenant que Neville ne fait pas attention au sexe de la personne qui le courtise, mais plutôt à sa personnalité. Je trouve que c'est une très belle philosophie.

Draco nous observe discuter, mais il n'interfère pas. Blaise refuse toujours de lui dire qui est la personne dont il est amoureux et il a fini par l'accepter. L'excuse de Blaise pour ce silence infini à ce sujet ? Il ne veut pas se porter la poisse en le disant à beaucoup de monde. Et il rajoute souvent, quelque chose du style : Elena, c'est différent, elle peut me donner des conseils censés. Je ne suis toujours pas sûre de comment je dois le prendre, mais j'ai fini par ne plus y faire attention.

Dans le fond, je pense surtout que Blaise a peur de la réaction de Draco. Ils sont très proches, plus que des meilleurs amis, ils interagissent parfois comme de véritables frères. Blaise doit donc avoir peur de le perdre à cause d'une histoire de coeur.

— Je t'écoute.

De toute façon, je n'ai pas beaucoup d'autre choix. Et puis, vu la journée qu'on va avoir aujourd'hui, ce n'est peut-être pas plus mal. Car, oui, à mon grand désespoir, nous sommes déjà le 14 février… Le jour de l'Amour, ou peu importe comment on l'appelle. Pour ma part, c'est surtout la pire journée du mois. Celle qui va me rappeler mon célibat, et aussi les fiançailles futures de Draco et Astoria. D'ailleurs, du coin de l'oeil, je vois cette dernière s'approcher de Draco. De ce fait, je donne toute mon attention à Blaise.

— Je voudrais offrir quelque chose à… tu-sais-qui.

C'est terrifiant de ce dire que, dans un sens, c'est comme s'il me demandait d'offrir un cadeau à Voldemort. D'ailleurs, pour rire, je le lui dis et il prend un air horrifié.

— Non, mais ça ne va pas la tête !

Bon, son hurlement n'était pas obligatoire par contre. Maintenant, tout le monde a le regard rivé sur nous, super…

— Aucun humour, je te jure. Mais bon, qu'est-ce que tu as en tête ?

Il semble soudainement absorbé par le tapis qui se trouve sous nos pieds. Puis, il dit quelque chose qui est parfaitement incompréhensible. Je dois lui faire redire trois, fois, avant que je ne comprenne enfin ce qu'il souhaite me dire.

— Je voudrais lui faire des chocolats…

— Mais c'est génial, et adorable aussi, surtout si tu les fais toi-même. C'est le genre d'attention qui plaît toujours.

Il rougit, du moins je le pense, même si son teint de peau laisse très peu de place à ça.

— Qu'est-ce qui plait toujours ?

Ça, c'est Astoria qui s'est, légèrement, incrusté dans notre conversation et qui a dû entendre la fin de ma phrase. Mais bon, elle semble, comme toujours, si gentille, que je n'arrive pas à lui en vouloir.

— Faire ses propres chocolats pour la Saint-Valentin.

— Oh ! Tu as totalement raison, Elena. C'est une attention toute particulière et absolument romantique ! Pour qui comptes-tu en faire ?

Évidemment, elle pense que c'est mon idée. Bon, pour Blaise, je suis prête à porter le chapeau.

— Je vais garder le secret. Tu sais, pour la tradition, tout ça, tout ça.

Est-ce qu'il existe vraiment une tradition pour ce genre de chose ? En vrai, je n'en sais rien. Mais au pire, elle pensera que c'est quelque chose que font les Moldus, ou au pire les gens de mon monde.

— Oui je comprends tout à fait.

Bah voyons… C'est si simple d'inventer des traditions. Je devrais faire ça plus souvent. Que penseraient les gens si la nouvelle tradition de la Saint-Valentin c'était que notre crush était obligé d'avoir des sentiments pour nous ? Non ? Vraiment pas ? Dommage. Au mois, j'aurais essayé.

Après cette petite discussion, je prétexte qu'il faut absolument que j'y aille, si je veux avoir le temps de tout faire. Et, évidemment, Blaise se propose de m'accompagner. Franchement, si la rumeur de notre "couple" n'avait pas été démentie par Blaise et moi directement, je pense que tout le monde continuerait à y croire.

Une fois dans la cuisine, je prépare ce qu'il nous faut et explique les étapes à Blaise. Heureusement que nous avons la magie de notre côté, d'ailleurs, sinon j'aurais été obligé de lui dire qu'il s'y prenait trop tard.

Mais, au final, nous arrivons à en voir le bout. Je peux donc observer notre travail et je suis très satisfaite de nous.

Blaise n'a pas eu simplement l'idée de faire des chocolats. Il a préféré faire ses friandises en forme de fleurs et de plantes diverses. Je trouve ça trop mignon, mais il vaut mieux que j'évite de le lui dire. La dernière fois que j'ai laissé échapper ça, il a démenti en disant qu'il n'était pas "mignon" mais "sexy". Aaah les hommes…

Une fois qu'il les a emballés avec soin, il se rend compte qu'il va devoir trouver un moyen de les lui offrir, sans se faire voir par qui que ce soit. Y comprit, par le principal intéressé.

— Ou alors, c'est le moment de ne plus te cacher, et…

— Non ! Je vais trouver quelque chose. Laisse-moi réfléchir quelques minutes.

Je soupire, tandis que nous marchons dans les couloirs jusqu'à approcher la Grande Salle. Là, non loin de la porte, je vois Luna Lovegood. Je lui ai déjà parlé depuis mon arrivée, mais jamais plus de quelques fois. C'est dommage, je la trouve très gentille, même s'il est parfois difficile de la suivre.

Soudain, j'ai une idée. Je prends le paquet des mains de Blaise et me dirige vers Luna, sous le regard ébahi de mon ami.

— Salut Luna, dis-tu accepterais de me rendre un petit service ?

— Bien sûr.

— Tu pourrais donner ce cadeau à Neville Londubat, mais sans lui dire de qui il vient ? Mon ami refuse qu'on sache que c'est lui le commanditaire.

— Pas de souci.

Elle me prend la boîte rouge et or, que Blaise a trouvé je ne sais pas où, et elle rentre dans la Grande Salle.

Blaise me rejoint, et nous regardons discrètement la réaction de Neville. Ce dernier, d'abord surpris par l'intervention de Luna, accepte le cadeau en regardant autour de lui. Sans doute cherche-t-il la personne qui lui a donné ce cadeau, mais Luna lui dit quelque chose, alors il arrête de tourner sa tête dans tous les sens.

— C'est foutu… Elle lui a tout dit…

— Mais non, tu connais Luna, même si elle lui avait dit que c'était toi, elle aurait utilisé un de ses surnoms, alors Neville n'aurait pas pu comprendre.

Il ne semble pas convaincu, mais il continue quand même de fixer le Gryffondor. Ce dernier a ouvert la boîte pour y découvrir les nombreux chocolats qui se trouvent dedans. Un énorme sourire prend place sur son visage, et je crois même apercevoir quelques rougeurs.

Ses voisins de table semblent jaloux de l'attention qu'à reçut Neville. Ron, boude dans son coin, tandis qu'Hermione semble féliciter son ami. Harry, lui, essaye de chiper un des chocolats, mais Neville l'en empêche. À la place, il referme le couvercle et le met hors de portée de ses amis.

— Tu vois, il a aimé.

— Oui. Enfin… tu penses ?

Je lève les yeux au ciel. Comment Blaise peut-il être si sûr de lui constamment, sauf quand il en a vraiment besoin ?

— Évidemment ! Tu as eu une excellente idée !

Il se détend à ce constat, mais il ne semble toujours pas entièrement convaincu. Ça va être long cette histoire, je le sens…

Après tout ça, nous sommes allés rejoindre Draco au niveau de la table des Serpentard, sans rien laisser paraître.

Plus tard dans la journée, alors que je tombe de fatigue sur mon lit, je sens quelque chose de dur sous mon oreille. Surprise, je me relève doucement et soulève mon coussin. En dessus, se trouve une petite boîte, toute noire. Quand je l'ouvre, je suis surprise d'y trouver une dizaine de chocolat.

Il n'y a aucun mot par contre, alors je n'ai aucune idée de qui ça peut venir. Aurais-je un admirateur secret ? Non, je m'en serais aperçu quand même ? Enfin, je crois…