Après cette journée des plus mouvementés, surtout au niveau des nouvelles surprenantes, la vie a quelque peu retrouvé son calme. Du moins, en apparence…

J'étais de nouveau embarqué dans un dilemme. Devais-je rester sur ma décision de rester dans mon monde, et donc dire adieu à Draco définitivement. Ou alors, pouvais-je avoir une chance de vivre là où mon coeur se trouvait ?

Pour dire la vérité, je n'en avais aucune idée. Draco ne m'aidait pas en me disant constamment de repartir avec lui, entre deux baisers. Mais j'ai mis les choses aux claires avec lui : je refusais de repartir, si cela signifiait que je retombe dans le coma. Évidemment, au vu de ça, j'ai dû lui expliquer ce qui m'était arrivé ici, pendant que j'étais à Poudlard avec lui. Dès lors, il a compris que cela était problématique. Déjà pour moi, car cela était dangereux. Mais aussi et surtout pour mes proches, qui étaient obligés de rester dans un état de peur perpétuel.

Draco a donc décidé de repartir, seul, à contrecœur, cela se voyait. Il m'avait promis de revenir vite, et cela n'a pas manqué. Au grand dam de ma mère, qui n'était aucunement préparée à recevoir mon nouveau petit ami sans être prévenu. Et, pour ne rien arranger, Blaise était venu avec lui. Autant dire qu'il n'a pas fait une très bonne impression à mes parents. Il était tellement curieux et surexciter à l'idée d'être là, qu'il a fait de nombreux dégâts.

Petite pensée, notamment, pour le magnifique vase de mon père, qu'il tenait de sa mère, qui a été réduit en miettes. Blaise m'a bien proposé de le réparer, avec la magie, mais j'ai refusé. Cela aurait causé trop de question auprès de mes parents. Et c'était un objet unique, donc il était impossible qu'il puisse dire qu'il avait réussi à acheter le même ailleurs, en compensation.

Pour ce qui est de Draco, cela s'est beaucoup mieux passé. Il faut dire qu'avec la tempête qu'était Blaise, mes parents étaient plus que ravit de voir que j'avais choisi d'être avec quelqu'un de bien plus calme. Et, comme à son habitude, il a été des plus charmant, ce qui a été parfait.

Après cette rencontre, il m'a amené à l'extérieur pour pouvoir me parler. Il avait un message de Dumbledore. Ce dernier me certifiait que, si je décidais de revenir, cela n'aurait plus de répercussions néfastes dans mon monde. Il m'a aussi dit, dans sa lettre, que je serais libre de revenir quand je le désirais pour voir mes proches.

En soi, il ne m'en fallait pas beaucoup plus pour accepter. Mais j'ai quand même eu une dernière hésitation. En effet, l'année était terminée, et je ne pouvais décemment pas vivre à Poudlard pendant les vacances. Et il était hors de question que j'aille au Manoir Malfoy, où je n'aurais sans doute pas été très bien accueilli. Et, bien que Draco m'ait certifié le contraire, ce n'était pas une option quand même.

Il a donc fallu trouver une autre façon de faire.

J'aurais pu accepter la proposition d'Harry, qui m'avait dit que je pouvais rester au Square Grimmaurd, mais… J'ai préféré décliner. De toute façon, au vu du regard que ma lancé Draco, quand il a entendu l'idée, je ne pense pas avoir vraiment eu le choix. Enfin, si, il me l'a laissé à vrai dire. Et, même s'il était clairement contre cette idée, il m'a dit que je pouvais accepter. Que c'était une solution comme une autre, en attendant d'avoir mieux. Mais j'ai quand même décliné, pour m'assurer qu'il n'y aurait aucune tension avec Draco.

Et puis, une autre solution s'est ouverte à nous. Et, à ma grande surprise, elle m'est venue de Remus. Ce dernier, avait été prévenu par Harry, que je cherchais un endroit où vivre. Et il m'a proposé sa maison. Mais, attention, pas simplement une chambre. Non, non, toute sa maison. En effet, cette dernière était bien trop petite, surtout maintenant que le petit Ted commençait à grandir. Il voulait donc trouver quelque chose de plus grand, et donc ce débarrasser de sa maison actuelle.

Après avoir discuté avec lui, pendant un long moment, nous avons décidé d'un prix qui semblait convenable. De toute façon, tout était mieux que sa première proposition. Logique, vu qu'il voulait m'en faire cadeau. Ce que j'ai clairement refusé.

J'ai, ensuite, dû trouver un arrangement avec les jumeaux Weasley, pour qu'ils acceptent de me reprendre. En vérité, je n'ai pas eu à vraiment forcé pour qu'ils me disent oui. Et, de nouveau, ils ont même été jusqu'à me confier une avance, histoire que je puisse commencer à payer Remus.

Quand j'ai été revoir le loup, pour lui annoncer, il m'a alors dit qu'avec ça, il avait la totalité du prix. J'ai été pour réfuter, mais il a insisté en m'expliquant que Draco avait, le matin même, payé l'autre parti. Suite à ça, j'ai voulu faire entendre ma façon de penser au blond. Et j'aurais vraiment pu, s'il n'avait pas pris les devants en m'expliquant qu'il n'avait pas fait ça par charité. Mais plutôt parce que :

— J'avais pensé qu'on pourrait vivre ici à deux, histoire de rattraper le temps qu'on a déjà perdu. Et puis… je ne veux plus avoir à me séparer de toi.

Comment j'aurais pu lui en vouloir, après cette répartie ?

En tout cas, cela fait maintenant presque deux ans que nous habitons là et je dois dire que je ne me vois pas partir d'ici.

Alors même que je pense ça, je sens deux bras venir encercler ma taille, tandis qu'une paire de lèvres dépose, doucement, un baiser dans mon cou.

— Déjà réveillé ? demandais-je, sans pouvoir retenir le sourire qui prend naissance sur mes lèvres.

— Évidemment, n'est-ce pas un jour important ?

Oh si, ça l'était. D'ailleurs, c'est à cause de ça que je m'éloigne, à contrecœur, de l'étreinte de Draco, pour pouvoir aller finir de mettre la table. Il est encore tôt, mais je veux que tout soit parfait pour tout à l'heure. Blaise doit venir manger chez nous, avec Neville. Ils se sont tournés autour pendant un bon moment après que Blaise ait été honnête avec le Gryffondor. Neville n'était pas sûr de ce qu'il ressentait pour mon ami, sachant qu'il ne le connaissait que peu. Mais, il avait quand même été plus que touché par ses nombreux cadeaux. Notamment l'histoire des chocolats, que Blaise avait pris plaisir à refaire à plusieurs reprises.

D'ailleurs, en parlant de ces chocolats, j'ai fini par apprendre, par accident, que ceux que j'avais reçu moi-même, venait de Draco. Je l'ai su à cause d'un concours de circonstances. En fait, alors que Blaise était chez nous pour avoir mes conseils sur les dits chocolat et leurs cuissons, Draco a répondu à ma place. Cela nous a tout les deux étonnés, Blaise et moi, car nous n'avions jamais vu le blond s'intéresser à ça. Il a alors laissé sous-entendre qu'il en avait déjà fait, une fois. C'est là que j'ai compris et il me l'a ensuite confirmé.

Dans tous les cas, ici, il ne s'agit pas de moi.

— Tu sais que tu peux te détendre ? Ils n'arriveront pas avant au moins trois heures.

Je lui tape doucement sur le bras, tandis qu'il essaie de me ramener à lui, pour un câlin.

— Arrête, tu sais bien que je veux que tout soi parfait. Est-ce que tu peux imaginer que, dans quelques heures, Blaise va faire sa demande à Neville ?

J'avais été vraiment prise de court quand il nous l'avait annoncé, quelques jours auparavant. Mais en vérité, cela semblait plutôt logique. Blaise était totalement mordu de son Gryffondor au point où il lui avait déjà demandé de vivre avec lui. Alors, sa demande n'était qu'une suite logique à tout cela.

Draco se rapproche de moi, profitant que j'étais perdu dans mes souvenirs, pour me reprendre dans ses bras.

— Oui, je peux très bien imaginer, je te ferais dire que j'ai été à sa place il n'y a pas si longtemps.

Je ne peux retenir mon rougissement à ce rappel. Il est vrai qu'il y a quelques mois, Draco m'a fait une énorme surprise. Alors que nous étions chez ses parents, pour un repas des plus formels, il avait soudain paru nerveux. Quelques secondes plus tard, prenant tout le monde de court, il s'était mis à genoux devant moi et m'avait demandé ma main. J'avais été sans voix, tout comme ses parents. Évidemment, j'ai fini par dire oui et, ce qui m'a le plus étonné, est que Lucius a été le premier à nous félicité. Lui qui, lors de notre rencontre, aurait sûrement préféré me voir disparaître de sa vie, m'a maintenant pleinement accepté dans sa famille.

— Aller, tu n'as pas à t'en faire. En plus, connaissant Blaise, peu importe toutes les préparations que tu prépareras pour lui, il trouvera quand même un moyen de tout gâcher.

De nouveau, je le frappe doucement pour le faire taire, ce qui a pour effet de le faire rire. Mais il n'a pas totalement tort. Blaise est toujours fidèle à lui-même, sûr de lui au possible, sauf quand il s'agit de Neville. Une fois que le Gryffondor, notre ami semble perdre tous ses moyens. La seule chose qui me rassure, encore aujourd'hui, c'est qu'il n'a jamais utilisé le flacon de Felix Felicis que je lui avais donné. Au moins, même si ce fut long et laborieux, il ne doit la réussite de son couple qu'à lui-même.

Sachant que mon homme à raison, j'abandonne l'idée de tout préparer à la perfection. Après tout, même si Blaise fait ça de manière maladroite, je ne doute pas que Neville finira par lui dire oui. Après tout, lui aussi est sacrément mordu du Serpentard.

À la place, je me perds dans l'étreinte qu'il continue de me donner. Jamais je n'aurais cru être autant heureuse et pourtant tout me semblait parfaitement parfait. J'étais avec un homme fabuleux, qui m'aimait autant que je l'aimais et j'étais entouré d'un tas d'amis qui comptaient plus que tout à mes yeux. De plus, même si je vivais assez loin d'eux, je pouvais voir mes parents autant de fois que je le voulais et j'étais même accepté par ma belle-famille. Et, pour couronner le tout, j'avais trouvé un travail, chez les Weasley, qui me plaisait vraiment et dans lequel je m'épanouissais.

Au final, mon vœu c'était peut-être vraiment réalisé, il avait juste fallu plus de temps que prévu pour que cela arrive.