Le mot du jour est "Coulisses".

Itachi a 14 ans au moment des faits.


Le jeu du chat et de la souris

Il avait fallu quelques mois à Itachi, après son infiltration dans l'organisation de Madara, pour gagner la confiance de ses pairs. Ce n'était qu'à partir du moment où ils avaient commencé à relâcher leur surveillance qu'il avait laissé ses sharingans balayer Pain, retenant avec difficulté une grimace écœurée quand il avait compris que le Pain qui les dirigeait tous était un cadavre animé par du chakra : la nécromancie et tout ce qui tournait autour le révulsaient au plus haut point.

Quelques semaines après, il parvint à dépasser son dégoût, mû par une curiosité pas seulement dictée par son envie d'accomplir sa mission. À vrai dire, à titre tout à fait personnel, le rinnegan l'intriguait. C'était une pupille de légende, il n'avait jamais cru la voir un jour en vrai et, pire encore, devoir en percer le secret pour espérer la contrer.

Que six personnes différentes, bien qu'elles aient des traits semblables, puissent être dotées d'une telle pupille, était invraisemblable, mais c'était une option qu'il avait vite rejetée, puisque Pain était un cadavre. Un cadavre animé par des bâtons récepteurs de chakra, avait révélé son sharingan. Et qui disait récepteur signifiait émetteur.

Souvent, Konan, la binôme de Pain, disparaissait et ne revenait que longtemps après. Itachi en avait déduit qu'elle savait d'où provenait le chakra et qu'une entrée secrète était cachée dans la salle de réunion.

Alors il avait attendu que tout le monde soit couché pour se relever, arme au poing, sharingan au clair, pour découvrir l'entrée des coulisses de Pain, pour en apprendre plus sur le sujet.

Tâtonnant les murs sans résultat, sa pupille ne décelant rien, il finit par aller s'installer dans le fauteuil du chef, pour réfléchir.

Le Troisième lui avait affirmé qu'ils lui feraient parvenir un signe au moment où il serait propice de commencer à échanger des informations. Pour l'instant, il n'avait pas grand-chose à dire, il était tenu à l'écart de la plupart des secrets de l'organisation, il était envoyé en mission, parfois. La plupart du temps des assassinats. Un Seigneur du pays de l'eau avait commandité la mort naturelle de sa maîtresse enceinte, par exemple.

Un mouvement dans le couloir interrompit ses pensées, il se leva pour suivre l'ombre, avec discrétion et grâce, finissant par la retrouver deux corridors plus loin en train de fureter. C'était une des incarnations de Pain, mais pas l'habituelle.

Intrigué, Itachi s'infiltra dans l'entrebâillement de la porte dérobée que Pain avait ouverte pour le pister à distance.

Le jeu dura longtemps, sa cible s'amusant à disparaître, laissant place à un autre avatar, puis à un troisième, les six s'enchaînant et l'entraînant toujours plus profondément dans les entrailles d'Ame.

Ils étaient à présent face à face dans un immense couloir qui luisait doucement d'éclats blancs.

— À quoi rime ce jeu de piste ? s'agaça-t-il un instant.

Pain sourit et se volatilisa, laissant Itachi au fond des souterrains, grognant de frustration. Évidemment. L'éloigner de la salle de réunion pour permettre aux autres chefs de sortir et dissimuler son entrée. Le temps qu'il remonte, il n'y aurait déjà plus de trace pour lui indiquer où se trouvait l'ouverture. Il s'était vraiment fait avoir comme un bleu.

Bien malgré lui, il laissa une lueur amusée danser sur ses rétines, en dépit de la vexation qu'il ressentait.

Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas eu une aussi bonne partie de cache-cache.