N/A : Et voici la rencontre que vous attendez tous ;)

Bonne lecture.


Chapitre 1

Bella éclaboussa son visage avec l'eau du robinet pour se rafraîchir avant de se redresser. Elle empoigna le rebord du lavabo et fixa son reflet dans le miroir. Elle contempla tristement ses yeux mélancoliques et la moue affligée de sa bouche.

Plusieurs années étaient passées depuis le décès de sa mère. La ville avait accueillit la nouvelle avec un énorme chagrin. Sa mère, Renée, avait toujours fait figure de femme moderne et décapante au sein de leur pauvre petite ville. A sa disparition, Bella et son père s'étaient retrouvés déséquilibrés et dévastés, déboussolés sans leur rayon de soleil quotidien. Mais ils avaient pu compter sur le soutien et la compassion des habitants pour surmonter cette épreuve. Ils avaient fini par réussir à aller de l'avant mais ils en avaient gardé quelques afflictions.

Cependant, Bella ne voulait pas gâcher la soirée, surtout pas alors que ses amis étaient tous dans une humeur festive et agréable. Alors, elle prit une profonde respiration et quitta la salle de bain, résolue à passer une bonne soirée en compagnie de ses amis. Sa mère aurait détesté la voir se lamenter et broyer du noir dans son coin.

Mais elle fit à peine un pas hors de la salle de bain avant de percuter quelqu'un. Elle laissa échapper un halètement de surprise et perdit l'équilibre. Par chance, la personne en face d'elle avait des meilleurs réflexes et s'empressa de la rattraper en enroulant un bras autour de sa taille.

« Merci. J'ai toujours été très maladr- ».

Sa voix mourut brusquement dans sa gorge lorsqu'elle croisa le regard de sa sauveuse. Bella n'avait jamais rencontré une femme aussi belle qu'elle. Elle avait des cheveux blonds et des traits finement dessinés et pâles. Ses lèvres étaient pulpeuses et d'un rose séduisant, hypnotisant. Mais le plus perturbant restait ses yeux : ils étaient presque noirs, saupoudrés de quelques éclats cramoisi.

Bella en resta stupéfaite.

Elles se dévisagèrent pendant un long moment, perdue dans le regard de l'autre. Bella fût la première à rompre le silence intense et électrique qui planait autour d'elles, la voix à peine plus élevée qu'un murmure :

« Tu n'étais pas dans le salon ».

La jeune femme cligna des yeux, surprise par sa déclaration. Bella l'aurait été aussi à sa place mais c'était la première chose qui lui était venue à l'esprit – après sa beauté éblouissante, bien sûr.

La jeune femme haussa un sourcil parfaitement dessiné, une lueur de défi dans le regard.

« En es-tu sûre ? ».

Même sa voix était éblouissante. Elle était douce et soyeuse et lui fit l'effet d'un vêtement de soie riche et précieux. Elle frissonna.

« Oui, je t'aurais remarqué sinon » lui assura-t-elle vivement, sans réfléchir.

Puis, elle rougit furieusement, gênée et consternée par sa propre déclaration. Mais la jeune femme se contenta de la regarder avec encore plus d'intensité.

« C'est bon à savoir, je suppose » finit-elle par déclarer, la voix traînante.

Bella rougit encore plus furieusement et s'empressa de se détacher de la jeune femme. Elle ne s'était jamais sentie aussi gênée de sa vie. Sa soudaine hardiesse la surprenait elle qui avait toujours eut du mal à s'exprimer oralement sur ses sentiments ou ses impressions. La jeune inconnue sembla presque déçue.

« Je devrais rejoindre mes amis. Nous n'allons pas tarder à partir » reprit Bella en tripotant nerveusement l'ourlet de ses manches bouffantes, sans réelle conviction cependant.

La jeune femme continua de la fixer sans bouger d'un cil. Bella se rendit compte qu'elle portait également un costume de garagiste, tâché de cambouis. Très convaincant.

« J'aime bien ton costume » la complimenta-t-elle.

La jeune femme cligna des yeux une deuxième fois et jeta un regard perplexe à sa tenue avant de la regarder à nouveau.

« Ce n'est pas un costume » la rectifia-t-elle lentement.

Bella écarquilla les yeux.

« Oh !… Je suis vraiment désolée ! Je pensais que- ».

La jeune femme haussa un sourcil.

« -Que j'étais une femme et que j'étais trop belle pour pouvoir apprécier la mécanique ? » termina-t-elle à sa place, une lueur de défi dans le regard.

Bella s'agita, le visage rouge de honte.

« Non, bien sur que non » bredouilla-t-elle.

Un silence gênant tomba entre les deux jeunes femmes. L'inconnue finit par reprendre la parole :

« Comment t'appelles-tu ? ».

« Isabella Swan mais je préfère Bella ».

La jeune femme sembla apprécier son prénom. Ses yeux sombres s'illuminèrent un instant même si le reste de son visage resta plutôt inexpressif et renfermé.

« Enchantée, Bella. Je m'appelle Rosalie Cullen ».

Bella frissonna en entendant son prénom dans la bouche de Rosalie.

« Pourquoi n'es-tu pas dans le salon avec ta famille ? » ne put-elle s'empêcher de lui demander, intriguée.

Rosalie haussa un sourcil.

« J'étais occupée à démanteler les clichés de notre société, apparemment ».

Bella rougit furieusement et grimaça, l'air penaud.

« Je suis vraiment désolée ».

Rosalie s'adoucit et haussa les épaules.

« Je suppose que je ne peux pas réellement t'en vouloir. Nous sommes le soir d'Halloween, après tout. Les gens peuvent encore moins se fier aux apparences » soupira-t-elle, l'air sombre avant de reprendre : « J'étais sur le point de vous rejoindre dans le salon quand tu es tombée sur moi ».

« Oh... » fit Bella. Rosalie sourit faiblement et jeta un regard inquiet par-dessus son épaule. Bella l'observa avec curiosité avant de se rendre compte que cela faisait longtemps qu'elle était partie. Ses amis risquaient de s'inquiéter « Alors, nous devrions rejoindre les autres avant qu'ils ne- ».

« Puis-je te faire visiter la maison ? » lui demanda-t-elle brusquement.

Bella referma aussitôt la bouche, surprise par la proposition.

« Maintenant ? » s'étonna-t-elle, hésitante.

Rosalie la fixa intensément.

« Pourquoi pas ? » répliqua-t-elle.

Bella cligna des yeux et hocha de la tête.


« Je me perdrais sûrement dans ces couloirs si j'habitais dans une maison aussi grande » avoua Bella, ébahie par le nombre de couloirs qu'elles avaient dépassées depuis qu'elles avaient commencé la visite guidée.

Rosalie esquissa un sourire narquois.

« Probablement au début mais tout le monde finit par s'habituer au luxe et à la grandeur. Les hommes sont avares. Ils veulent toujours plus ».

Bella lui jeta un regard du coin de l'œil, intriguée par sa réponse et l'amertume à peine cachée qu'elle décela dans sa voix.

« Pas tous » ne put-elle s'empêcher de protester.

Le regard intense de Rosalie retomba sur elle, hypnotisant et troublant.

« Pas tous mais il s'agit d'une minorité » finit-elle par concéder avec assurance.

Bella renonça à continuer de protester en repensant aux comportements de Mike et de Jessica. Elle les connaissait depuis la petite section maternelle et les avait toujours apprécié. Mais son affection pour eux s'était tarit lorsqu'ils s'étaient mis à développer des jalousies superficielles et des envies trop matérialistes.

Rosalie rompit sa réflexion en ouvrant une baie vitrée qui donnait lieu sur une terrasse extérieure. Les deux jeunes femmes s'avancèrent sur la terrasse et s'accoudèrent au balcon. Bella ne put s'empêcher de pousser un soupir de contentement, soulagée de pouvoir respirer à nouveau l'air pur de la nature. A l'intérieur, elle avait eut l'impression d'étouffer, troublée par l'atmosphère pesante et inquiétante de la villa.

« Jane Austen » devina Rosalie en jetant un regard bref à son costume.

Bella sourit et la regarda avec un air agréablement surpris. Elle se sentit ridicule d'avoir supposé que Rosalie n'aurait jamais pu reconnaître son costume. Elle devait cesser de se fier trop aux apparences.

« C'est mon autrice préférée » avoua-t-elle, l'air timide.

« J'ai lu quelques unes de ses œuvres. J'aime son style d'écriture ».

Bella la regarda avec des yeux étincelants.

« J'adore son style d'écriture. J'en suis tombée amoureuse le jour où ma mère m'a offert mon premier livre, à l'âge de six ans ».

Rosalie sourit doucement, semblant apprécier ce souvenir avant que son visage ne s'assombrisse brusquement.

« Je suis sincèrement désolée pour la disparition de ta mère. Elle semblait être une femme pleine de vie et d'idées. Une femme admirable ».

Le cœur de Bella se serra de douleur. Elle détourna la tête et hocha de la tête pour cacher ses yeux emplis de larmes. Elle contempla un instant les arbres qui entouraient la demeure des Cullen avant de reprendre la parole :

« Merci. Je suis sûre qu'elle aurait apprécié d'être décrite comme une femme pleine de vie et d'idées. C'était tout à fait elle » sourit-elle, l'air lointain.

Rosalie hésita longuement avant de poser une main par-dessus la sienne. Bella retint son souffle, à la fois troublée par ce simple toucher et par la froideur de sa peau. Les doigts longs et fins de Rosalie s'emboîtèrent naturellement aux siens.

« Elle devait sûrement être une mère exceptionnelle si elle a réussi à élever une personne intelligente et humble telle que toi ».

La bouche de Bella trembla.

« Je fais de mon mieux ».

Les yeux de Rosalie pétillèrent.

« C'est très impressionnant ».

Bella frissonna intensément lorsqu'une bourrasque particulièrement froide la secoua. Elle enroula ses bras autour de sa taille pour tenter de se réchauffer. Mais Rosalie s'en aperçut et s'empressa de l'inviter à revenir à l'intérieur.

« Ma famille me tuera probablement si tu tombes malade à cause de moi » renifla-t-elle d'une voix pleine d'amertume.

Bella voulut l'interroger davantage sur sa réponse, interpellée par son ton virulent. Mais avant d'y parvenir, une pensée la frappa brusquement. Elle se figea-net au milieu de la terrasse comme si elle avait été frappée par la foudre et dévisagea Rosalie.

« Si tu n'étais pas dans le salon, alors comment peux-tu savoir que ma mère est morte, Rosalie ? » lui demanda-t-elle avec effroi.

Les yeux de Rosalie s'écarquillèrent.