N/A : Merci beaucoup pour tous vos messages. J'espère que cette suite vous plaira tout autant. Je tenais également à vous prévenir qu'Esmée aura une figure nouvelle dans cette histoire. Contrairement à l'histoire originelle, j'ai préféré l'imaginer en tant que matriarche du clan Cullen. Non seulement parce que je trouve que ça dépoussière la dynamique habituelle et redondante du clan Cullen, mais aussi parce que je trouve que le rôle de cheffe lui sied à merveille – du moins, comme moi je l'imagine- :')
Certains m'ont plusieurs fois demandé si je comptais reprendre l'écriture de certaines de mes histoires inachevées comme Soul Mates. Alors je vais être honnête, j'aimerais beaucoup m'y remettre mais il faut que je trouve la motivation – espérons qu'elle reviendra avant 2021 – En tout cas, je vous remercie de vous y intéresser encore aujourd'hui. Ça fait vraiment chaud au cœur.
Bonne lecture.
Chapitre 2
« J'ai croisé mon frère dans le couloir. Je lui ai demandé de me parler un peu de vous avant de faire mon entrée dans le salon. Il m'a expliqué la perte que tu avais dû surmonter. Après ça, nous nous sommes quittés et je t'ai rencontré » expliqua Rosalie.
Bella continua de la fixer avec une attention redoublée. Son père était le shérif de la ville depuis aussi longtemps qu'elle s'en souvenait. Mais il avait toujours excellait dans l'art de débusquer les menteurs, même les plus doués. Bella avait hérité de cette faculté plutôt utile.
« Tu mens ».
Rosalie tressaillit comme si on venait de la gifler. Une lueur dangereuse éclaira son visage pâle.
« Tu me traites de menteuse ? » articula-t-elle, l'air consterné.
Bella fronça les sourcils, hésitant entre adopter une position offensive ou une position conciliante avec elle. Elle ne l'avait rencontré que depuis quelques minutes mais elle appréciait déjà Rosalie. Elle ne voulait pas se froisser avec elle à cause d'un stupide malentendu.
Bella croisa les bras sur son torse.
« Je suis douée pour détecter les mensonges alors j'en reconnais un quand j'en entends un. Mais je ne cherche pas à te mettre dans une position délicate. Et je ne suis pas en colère. Je veux juste comprendre, Rosalie » lui jura-t-elle sincèrement.
Rosalie hésita un bref instant avant de détourner la tête.
« Je t'ai dit la vérité. A toi d'en faire ce que tu veux. Allons rejoindre les autres maintenant. Ils doivent probablement être inquiets » lui répondit-elle en se dirigeant vers la baie vitrée.
Bella fronça les sourcils.
« Pourquoi n'étais-tu pas dans le salon quand nous sommes arrivés ? ».
Rosalie se retourna vers elle pour la dévisager, mi-irritée et mi-confuse.
« Pourquoi me reposes-tu cette question ? Je t'ai déjà dit que j'étais occupée à- ».
« Mais tu mentais aussi. Je le sais ».
Rosalie se durcit, ses mâchoires se serrèrent et ses phalanges devinrent encore plus pâles autour de la baie-vitrée. Elle serra si fort la baie vitrée que cette dernière craqua sinistrement avant qu'une fissure n'apparaisse sur la vitrine. Bella écarquilla les yeux, choquée.
« Comment- ».
« Rentre ».
Bella se raidit au ton autoritaire et sec de la jeune femme. Elle secoua de la tête et s'empressa même de reculer de quelques pas. Tout ce qui se passait dans cette maison lui paraissait de plus en plus inquiétant et alarmant même. Bella était décidée à tirer cette affaire au clair avant de faire quoi que ce soit d'autre.
« Je ne ferais rien tant que tu ne m'auras pas dit la vérité. Il y a quelque chose d'étrange ici et je veux savoir ce dont il s'agit ».
Rosalie souffla lourdement. Elle était encore plus irritée. Elle jeta un autre regard par-dessus son épaule avant de revenir sur la terrasse extérieure. Bella recula encore plus, attentive à ses moindres faits et gestes. Habituellement, elle portait une bombe lacrymogène – cadeau de Noël de son cher père – mais son costume n'avait pas de poches alors elle l'avait laissé à la maison. Mais à présent, elle commençait à regretter cette décision.
Rosalie l'observa attentivement et renifla, l'air moqueur.
« Tu as peur de moi ? ».
Bella déglutit avec difficulté.
« Je ne te connais pas. Je préfère prendre mes précautions, c'est tout ».
Un éclat de colère traversa le visage de Rosalie.
« Si tu es aussi intelligente, pourquoi es-tu rentrée dans cette maison, Bella ? » siffla-t-elle.
Bella tressaillit.
« Qu-qu'est-ce que tu veux dire ? Ta mère nous a offert votre hospitalité. Elle semblait sincère ».
Rosalie plissa les yeux.
« N'importe qui peut sembler sincère. Ce n'est pas si difficile que cela. Il suffit juste de croire que ce que nous disons est vrai ou bien » lui fit-elle remarquer, l'air amère. Bella continua de la fixer, de plus en plus confuse par ses propos. Elle ne comprenait pas où voulait en venir Rosalie – ou du moins, elle avait peur de comprendre. Rosalie la regarda avec un mélange de tristesse et de regrets et finit par ajouter : « Tu n'aurais pas jamais dû rentrer dans cette maison, Bella ».
Bella ouvrit la bouche, la gorge atrocement serrée.
« Pourqu- ».
« Rosalie » Les deux jeunes femmes se tournèrent vers le nouveau membre. Bella n'eut aucun mal à le reconnaître. Il s'agissait du jeune homme qui l'avait interrogé sur ses goûts littéraires. Il semblait encore plus échelonné et sombre. Son regard abyssal passa de sa sœur à Bella avec une moue désapprobatrice « Nous commencions à nous inquiéter de votre absence. Mère m'a envoyé vous chercher ».
Rosalie serra les mâchoires.
« Va-t-en, Edward ».
Le visage du jeune homme s'assombrit.
« Mère insiste pour que vous veniez dans le salon. Je suis sûre que tu ne veux pas contrarier notre mère, n'est-ce pas, Rose ? ».
La jeune femme retroussa légèrement les lèvres, semblant à deux doigts de se jeter sur son frère pour le frapper. Ce dernier afficha un air suffisant et leva un sourcil, l'air impatient. Rosalie finit par se retourner vers Bella qui était restée silencieuse et avait observé leur altercation avec une inquiétude grandissante.
Rosalie la regarda avec résignation.
« Il a raison. Nous aurions dû rejoindre les autres il y a longtemps. Je n'aurais pas dû te retenir aussi longtemps » marmonna-t-elle.
Bella fronça les sourcils, l'air incrédule.
« Mais- ».
Edward s'avança d'un pas vers elle et lui tendit une main, un sourire charmeur aux lèvres.
« Ce serait un honneur de te ramener au salon, Bella. Mère aimerait en savoir davantage à ton propos. Tu as réussi à éveiller son intérêt » lui expliqua-t-il avec un profond respect comme s'il s'agissait d'un exploit.
Bella lança un regard hésitant à Rosalie qui n'osait plus la regarder directement dans les yeux. Elle hésita pendant quelques secondes avant de prendre sa décision. Elle s'empara de la main d'Edward dont le sourire s'élargit aussitôt. Elle fut une nouvelle fois surprise par la froideur de sa peau. Les doigts d'Edward se refermèrent rapidement autour de sa main comme s'il craignait qu'elle ne revienne sur sa décision.
« Tu as fais le bon choix » la rassura-t-il avant de la guider à l'intérieur.
Mais Bella sentit le regard de Rosalie peser sur son dos, lourd et funeste et sût sans l'ombre d'un doute qu'elle n'aurait jamais dû accepter la main offerte d'Edward.
Bella se figea-net à l'entrée du salon, les yeux fixés sur les places qui auraient dû être occupés par Mike et Jessica. Mais ces derniers n'étaient nulle part en vue. Elle eut l'impression qu'une sac de pierres venait de tomber dans son ventre.
Elle essaya d'attirer l'attention d'Angela et d'Eric mais ces derniers étaient en pleine conversation animée avec deux membres des Cullen une fille aux cheveux hirsutes et noirs et un garçon au sourire crispé et torturé.
Une main effleura le bas de son dos. Bella se crispa.
« Viens. Mère voudrait discuter avec toi » lui souffla Edward.
Bella n'eut d'autre choix que d'obtempérer. Elle traversa lentement le salon, la boule au ventre. Le visage d'Esmée s'éclaira lorsqu'elle la vit. Elle tapota avec empressement la place vacante à coté d'elle. Bella déglutit et se résigna à prendre place. Edward resta proche d'elle et s'installa sur l'accoudoir du canapé.
Bella ne put s'empêcher de suivre l'itinéraire de Rosalie. Cette dernière lui lança un regard furtif avant de se réfugier dans le coin le plus obscur et le plus éloigné de la pièce en ignorant volontairement la présence de ses frères et de sa sœur. Elle n'adressa même pas un regard à sa mère. Son comportement la rendit encore plus perplexe. Mais elle n'eut pas le temps de s'y attarder car Esmée lui tendit une tasse de chocolat chaud. Bella détourna la tête à regret et s'en empara presque à contrecœur. Elle la remercia du bout des lèvres, toujours préoccupée par l'absence de ses deux amis.
« Tes deux autres amis ont manifesté un désir certain de vouloir visiter la maison. J'ai chargé mon mari et Emmett de leur faire faire le tour des lieux. J'espère que tu ne m'en voudras pas... » lui dévoila Esmée.
Bella l'observa avec surprise.
« Je suppose que non, mais nous repartirons dès qu'ils reviendront. Nous sommes attendus autre part » lui rappela-t-elle aussi fermement que possible.
Plus Bella en apprenait sur cette famille, plus elle avait l'impression qu'ils n'étaient pas pourvus d'intentions uniquement nobles et honnêtes. Elle pria silencieusement pour que ses deux amis reviennent au plus vite. Puis, son regard s'élança à travers la pièce, irrémédiablement attiré par Rosalie. Son cœur bondit dans sa poitrine lorsqu'elle se rendit compte que la mystérieuse blonde la fixait.
« Je vois que tu as rencontré Rosalie… J'espère qu'elle s'est comportée correctement avec toi. Elle peut parfois faire preuve d'une dureté extrême envers les inconnus » expliqua Esmée avec une grimace.
Edward se pencha vers elles, l'air renfrogné.
« Rosalie était en train de terroriser la pauvre fille quand je suis arrivée. Je me suis empressée d'aller lui porter secours, bien sûr ».
Bella ouvrit la bouche pour le corriger, indignée par les propos diffamatoires qu'il tenait à l'encontre de sa propre sœur. Rosalie ne l'avait pas terrorisé. Il lui en aurait fallu beaucoup plus pour l'être.
Esmée fronça les sourcils, l'air à la fois troublé et désapprobateur.
« Vraiment ? Je suis sincèrement désolée d'apprendre cela, ma chérie. Je ferais en sorte que cela ne se reproduise plus ».
« Non, ce n'est pas nécessaire- ».
Esmée tapota fermement son genou, le regard ferme.
« Ne t'inquiète pas. Je m'occuperais de régler ce petit incident plus tard. Mais pour l'instant, je veux que nous parlions de toi ».
Bella cligna des yeux.
« Que voulez-vous savoir ? ».
Esmée lui sourit, les yeux pétillants.
« Oh, à peu près tout, si possible ».
Bella fronça les sourcils, perturbée par l'intérêt accru qu'elle lui portait. Qu'avait-elle pu faire ou dire pour réussir à lui sembler aussi intéressante ?
Bella n'était pas si différente de ses amis. Elle avait grandi à Forks comme eux, était allée aux mêmes écoles qu'eux, avait évolué dans le même groupe d'amis et avait toujours nourri le désir d'aller vivre ailleurs. A dire vrai, la seule chose qui la différenciait de ses amis était le décès de sa mère qui avait constitué une véritable tragédie au sein de leur ville. Autrement, Bella se considérait comme une jeune femme on ne peut plus banale.
Mais si cela pouvait lui faire gagner du temps avant le retour de Mike et de Jessica, Bella était prête à lui raconter toute sa biographie.
« Je suis née ici, un jour de pluie comme un autre à Forks... ».
Bella termina de raconter son histoire, la bouche toute asséchée. Elle n'avait pas l'habitude de parler autant. Elle avait toujours été l'amie discrète et silencieuse, qui prenait la parole uniquement lorsqu'elle jugeait cela nécessaire. Autrement, elle préférait observait les autres.
Au fur et à mesure, les autres personnes présentes dans la pièce s'étaient tus pour écouter son récit. Angela et Eric étaient intervenus à plusieurs reprises pour préciser un événement ou ajouter une anecdote à son histoire.
Bella avait eut du mal à ignorer le regard persistant de Rosalie posé sur elle. Cette dernière ne l'avait pas une seule fois quitté du regard et ce, même en dépit des regards menaçants d'Edward. Rosalie était restée dans son coin, aussi immobile qu'une statue et avait écouté son histoire avec un mélange d'envie et de mélancolie.
Une fois qu'elle eut complètement terminée son histoire, un silence profond s'installa dans la pièce. Esmée finit par poser sa main sur son genou.
« Merci d'avoir partagée ton histoire avec nous, Bella. Je suis heureuse d'avoir pu de te connaître un peu mieux ».
Bella rougit.
« Merci de ne pas vous être endormis. J'aurais été embarrassée et n'aurait su quoi faire » plaisanta-t-elle légèrement.
Son cœur se réchauffa lorsqu'elle avisa le sourire amusé de Rosalie. Un élan d'émerveillement et de fierté la submergea et lui fit à peine entendre les rires des autres personnes. Edward se pencha vers elle, l'air extrêmement amusé lui aussi.
« Ne t'inquiète pas pour ça. Il en faudrait beaucoup plus pour nous endormir ».
Bella lui lança un regard confus. Que voulait-il dire par là ? Étaient-ils insomniaques ? Mais comme il serait étrange que toute une famille soit insomniaque…
«Mère » fit la jeune femme aux cheveux hirsutes et noirs.
Bella lui jeta un regard curieux.
Elle était assise au rebord d'une chaise, prête à bondir sur ses pieds. Son pied droit rebondissait vivement sur le sol, à une allure presque surnaturelle. Bella en eut le tournis rien qu'à la regarder pendant quelques secondes.
Esmée pencha la tête.
« Oui, Alice ? ».
Alice mordilla sa lèvre inférieure. Elle semblait impatiente et excitée pour une raison encore inconnue.
« Il se fait tard » dit-elle avec un regard insistant.
Bella fronça les sourcils. Elle sentit Edward et Esmée se raidirent autour d'elle. Elle jeta un regard à Rosalie et se rendit compte que cette dernière s'était crispée également.
« Sois un peu plus patiente, Alice. L'heure viendra bientôt » lui dit Edward, l'air sévère.
Alice fit la moue, la mine plaintive.
« Pourquoi devons-nous attendre encore ? Carlisle et Emmett sont déjà en train de- ».
Esmée se leva brusquement, un sourire crispé aux lèvres.
« Encore un dernier effort. L'attente est bientôt finie, ma chérie. Je dois juste m'assurer que- ».
Un hurlement de terreur interrompit brusquement leur conversation. Bella le ressentit jusqu'au plus profond de son être. Ses amis sursautèrent violemment sur le canapé. Elle sauta sur ses pieds, le cœur battant à tout rompre.
« Qu-qu'est-ce que c'était ? ».
Les visages des Cullen s'assombrirent.
