Holà ! Je me pointe avec une traduction comme un cheveux sur la soupe et je le vis bien.
J'espère que vous vous portez toutes et tous bien, que l'année commence bien pour vous et que ça continue de simp hard sur hawks (est-ce que c'est bizarre de ship endhawks mais de traduire un hotwings ? oui ? non ? bref). J'espère que vous apprécierez la traduction, le lien vers l'histoire originale est présent sur mon profile.
DISCLAIMER : L'histoire et le personnage de Toma appartiennent à StrikerEureka sur AO3 de qui j'ai eu l'autorisation de traduction. Allez lire, ça vaut le coup ! Pour ce qui est du reste as always : l'univers et le reste appartiennent à Hori et personne ne fait de profit sur quoique ce soit.
RÉSUMÉ ANGLAIS : Hawks manages to keep his baby a secret from Dabi for a grand total of two months. Once Dabi finds out about him, he starts coming around a lot more often, usually at night. These are snippets of their time together.
Hawks smiles as he helps him to stand on wobbly feet, both thumbs lost in a tight-fisted grip. Toma coos at him and Hawks coos back. To his surprise—and Dabi's, judging by the look on his face—Toma then turns and makes the same sound at him.
Dabi huffs a breath and reaches out a hand to stroke over Toma's fuzzy head.
"I don't know how to make that sound, kid."
RÉSUMÉ FRANÇAIS (qui est plus court parce que la limite de caractères sur FF, vous savez, je sais, nous savons) : Hawks parvient à garder l'existance de son fils secrète pendant deux mois. Aussitôt que Dabi en prend connaissance, il commence à se pointer de plus en plus souvent chez Hawks. Ci-gît un aperçu des moments passés ensemble. "Je ne sais pas comment faire ce bruit, gamin."
PAIRING : hotwings ; hawks/dabi
Merci à Encens pour sa correction !
THROUGH THE DARK SIDE OF THE MORNING
Si Hawks avait eu son mot à dire, Dabi n'aurait jamais découvert l'existence de son fils. Personne n'aurait jamais pu le découvrir. Hawks aurait été la seule personne à l'aimer et le protéger comme jamais. Toma ne serait jamais vulnérable, parce que l'homme ne l'aurait pas permis. Le garçon grandirait comme un enfant normal doté d'un alter de vitesse et d'une paire d'ailes d'un rouge vif, fichée à même son dos. Il irait à l'école avec ses amis et ce, sans s'inquiéter des ennemis que son père s'était fait durant sa carrière.
Numéro. 2 parmi les héros ou pas, Hawks avait trouvé le juste équilibre. Jouer l'avocat du diable avec la Ligue et la Commission était un jeu dangereux et l'arrivée brutale de son fils sur le sol de sa salle de bain au beau milieu d'un après-midi, n'avait fait que hausser les enjeux d'ores et déjà incroyablement élevés.
Avant Toma, il n'avait jamais été certain de vouloir d'enfant et maintenant qu'il l'avait, il était sûr de ne rien vouloir d'autre. Le garçon possédait de grands yeux ambrés dotés de marques noires en leurs coin, un doux duvet blond sur le dessus de sa tête ainsi que de petites serres acérées aux mains et aux pieds. Il était parfait et Hawks avait instantanément su qu'il ferait n'importe quoi pour le protéger.
Deux mois complets s'écoulent avant que Dabi ne découvre tout.
C'est aisément le pire de ses souvenirs récents : arpenter le salon de son loft au beau milieu de la nuit, essayant d'apaiser les pleurs de son bébé et entendre la porte du balcon s'ouvrir pour voir apparaître Dabi. Hawks n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Aucune bataille, mission ou réunion avec Dabi n'avait su l'emplir d'un tel sentiment de terreur avant ce jour.
Ils se regardent, Toma gémissant à son oreille, les plumes de Hawks, frémissant dans son dos et prête à se détacher si besoin se fait. Il attend que Dabi fasse le premier pas, complètement incertain qu'il est, de savoir s'il est sage ou non, qu'il en fasse autant.
Finalement, Dabi referme la porte derrière lui et souffle d'un air agacé.
« — Avoir soudainement en ta possession, un enfant, n'est pas une excuse suffisante pour ignorer mes messages, dit-il en s'avançant.
Hawks referme sa prise sur son fils.
— Stop, ordonne-t-il, appelant à lui, l'une de ses plumes qu'il attrape de son autre main, la tenant devant lui.
Dabi continu de bouger et ce jusqu'à ce que la pointe effilée s'enfonce dans sa poitrine. Il s'arrête là, fourrant ses mains dans les poches de son jean incroyablement serré, la tête légèrement inclinée sur le côté.
— Est-ce que c'est le tient ?
— Qu'est-ce que tu crois ? Demande Hawks.
Toma a des ailes, putain.
— J'ignorais l'existence d'une madame Hawks.
— Il n'y en a pas, crache-t-il alors qu'il le repousse un peu plus fort du bout de sa plume. Oublie ce que tu as vue et vas-t-en.
Dabi secoue sa tête.
— Je ne vais pas faire ça. En plus, on dirait que tu pourrais bien avoir besoin d'une pause. Tes cernes sont pires que les miennes.
Hawks rigole presque à l'idée.
— C'est quoi son prénom ?
Il hésite.
— Toma.
— Laisse-moi le prendre.
— Non.
— Je suis doué avec les enfants.
— Curieusement, j'en doute, renifle Hawks.
L'homme présente pourtant ses mains et Toma continu de pleurer.
— On ne le sauras jamais à moins que tu me le passe. »
La main du héros tremble autour de sa plume. Seul un groupe restreint de personnes savent seulement que l'enfant existe. La Commission n'en sait rien, la League non plus et il n'a aucune famille à qui en parler — hormis Toma lui-même — et certainement pas d'autre parent à l'horizon. Hawks vole à l'aveugle là-dedans, se reposant la plupart du temps sur son instinct et sur des vidéos YouTube sur la façon dont on devient parent.
Il est exténué et usé de devoir faire cavalier seul. Et, en dépit de tout le reste, il pense pouvoir faire confiance à Dabi, aussi stupide que cela puisse paraître.
Lentement, il abaisse sa plume et Dabi s'avance une fois de plus. Ils maintiennent un contact visuel tandis que le vilain lui prend Toma des bras, faisant attention à soutenir sa tête alors qu'il porte l'enfant à bout de bras afin de pouvoir l'observer.
« — C'est comme regarder un de tes clones miniature, qu'il commente avant de venir nicher le bébé contre son torse.
Hawks l'observe, avec un ravissement mêlé de fatigue, frotter gentiment le bas de son dos, juste en dessous de la base de ses ailes. Ses doigts paraissent énormes contre le petit corps de Toma et la vision de Hawks commence à devenir trouble. Il frotte ses yeux et laisse sa plume retourner à sa place, à même son aile gauche.
Après un temps, les pleurs de Toma commence à s'estomper, devenant gémissements avant, d'éventuellement, cesser complètement. Ses paupières tombent alors et sa tête repose contre la poitrine scarifiée de Dabi.
— Comment diable..
Dabi saisit son poignet, guidant la paume de sa main jusqu'à ses clavicules. La peau est chaude, bien plus chaude que celle d'un humain, bien plus chaude que celle de Hawks lui-même.
— Oh, murmure-t-il, sa main s'y attardant un moment après que Dabi l'ai relâché.
— Il faut le faire cuire un peu.
— Incuber, corrige le héros non sans renifler.
Dabi hausse les épaules.
— C'est la même chose.
Hawks frotte son visage de ses mains.
— Qu'est-ce que tu fais là, Dabi ?
— Je suis venu voir pourquoi tu étais si difficile à joindre dernièrement. Ça commence à énerver Shiragaki.
Toma est désormais parfaitement assoupi dans les bras du vilain et Hawks prend un instant pour se demander ce que sa vie est en train de devenir.
— J'ai été occupé.
— J'imagine. D'où est-ce qu'il vient ? demande-t-il, les sourcils haussés.
— De moi.
— Comment t'as pu chier un gosse ?
Hawks lui adresse le regard le plus plat dont il est capable. Dabi lui retourne un rictus, un sourire façon citrouille d'halloween bien visible par-delà les boucles blondes de l'enfant.
— Tu n'aimerais pas savoir.
— De toute évidence. On aurait pu avoir de beaux bébés ensemble, poussin.
— Je t'aurais frappé si tu n'étais pas en train de tenir mon fils.
— Je suis tellement terrifié.
Hawks croise ses bras contre son torse, ramassant ses ailes dans son dos.
— Est-ce que tu vas rester ?
— Est-ce qu'on le fait ce soir, ce bébé ?
— Vas te faire foutre. Je ne veux pas qu'il se remettre à pleurer à la seconde où tu l'auras posé.
— Tu n'as pas à inventer des excuses pour me faire rester cette nuit, Hawks.
— Je te déteste.
— Et c'est réciproque, rétorque Dabi tandis qu'il pivote en direction du canapé afin de s'y asseoir. »
Toma ne fait rien de plus que renifler et recroqueviller son tout petit corps plus encore, contre la chaleur émanant de Dabi. Ce dernier n'a certainement pas l'air décontenancé, assis sur le canapé de Hawks, tenant contre lui, son fils. Il apparaît presque satisfait, là, dessinant des motifs connus de lui seul du bout de ses doigts, par-dessus le pyjama que Hawks a dû altérer afin que les ailes de Toma puissent passer.
Hawks s'endort à côté d'eux, ses jambes repliées sous lui et sa tête reposant contre son bras à même le dossier du canapé. Il se réveil avec le cou raide et une crampe à l'une de ses ailes. Toma ne se réveille pas de la nuit et Dabi le tient contre lui au petit matin, alors que Hawks leurs prépare le petit déjeuner.
Réflexion faite, ce n'est pas la pire nuit de sa vie.
Toma a huit mois lorsque les choses commencent à bouger entre Hawks et Dabi une fois de plus.
D : réunion. minuit.
Pas disponible
D : pourquoi
Toma est malade.
D : la grippe aviaire ?
Pas drôle.
Hawks verrouille son téléphone avant de le lancer au bout du canapé. S'enfonçant jusqu'à ce que la base de ses ailes rencontre le dossier du canapé, il étire ses jambes douloureuses et les laisses reposer, fermant les yeux. Le loft est silencieux durant trois minutes avant que Toma recommence à s'agiter infatigablement contre son torse, une faible et douce plainte lui échappant pathétiquement. Hawks dessine des cercles contre son dos, juste dessous ses ailes, le faisant taire doucement.
« — Tout vas bien, bébé, chuchote-t-il.
Toma frotte son visage contre le torse de son père, son petit front brûlant contre le tissu de son t-shirt. Il ne tient pas en place, geignant et gigotant, clairement incommodé. Hawks caresse sa chevelure moite et lui murmure, de petits chuchotements doux qui l'apaisent lentement jusqu'à ce qu'il s'endorme dans un silence gêné que Hawks sait, ne saura durer.
Immobile, il ferme ses yeux brûlant de fatigue et tente de se reposer tant qu'il le peut. Il n'a pas dormi depuis plus de vingt-quatre heures à ce stade et ne cesse de piquer du nez, sombrant lentement dans le sommeil, que Toma soit éveillé ou non.
Il sursaute lorsqu'il sent Toma être soulevé de sa poitrine. Hawks pense d'abord qu'il est en train de le faire tomber. Il est brusquement tiré de son sommeil. Dabi se tient au-dessus de lui, tournant Toma contre son torse afin de l'y nicher.
Le cœur de Hawks martèle jusqu'au dans sa gorge lorsqu'il expire, frottant ses yeux de ses deux main afin d'y chasser son trouble.
— Merde Dabi, grince-t-il. Ne fait pas ça.
Dabi l'ignore alors qu'il presse contre le front brûlant de Toma, le dos de sa main. L'enfant geint, les serres de ses petits orteils remuant contre le tissu peu épais de son t-shirt jusqu'à y faire un accro. À sa décharge, Dabi ne grimace pas même un peu lorsque les serres acérées viennent creuser son estomac.
— On s'échauffe petit moineau ? demande-t-il de sa voix douce, comme elle ne l'est que lorsqu'il s'adresse à Toma.
Le front de l'enfant repose contre son épaule tandis qu'il s'accroche fermement au t-shirt de Dabi, échappant un faible geignement. Le vilain frictionne doucement la zone à la base d'une de ses épaules, grattant doucement les plumes les plus basses tandis qu'il baisse les yeux sur Hawks.
— T'as une sale gueule.
Hawks renifle, aplatissant une main contre sa tignasse, ses doigts bataillant bientôt avec un nœud particulièrement têtu.
— Merci.
— Quand est-ce qu'il peut reprendre quelque chose pour sa fièvre ?
Hawks récupère son téléphone, grognant lorsque son dos, raide, proteste contre l'étirement.
— Vingt minutes, à prendre ou à laisser.
Dabi grogne en guise d'accord, son regard s'attardant sur Toma et ses joues rondes et écarlates reposant contre ses clavicules.
— Met un réveil. Je m'en occupe jusque-là.
Hawks ne sait pas exactement quand est-ce qu'il a commencé à faire confiance à Dabi avec son fils, mais Toma l'apprécie et il est bien trop foutrement fatigué pour protester. Il a désespérément besoin d'une sieste.
— D'accord, dit-il, hochant la tête. »
Il ne va pas s'attarder là-dessus pour le moment.
Dabi s'éloigne sans rien ajouter, tapotant le dos de Toma en se faisant. Le héros programme son réveil sur son téléphone pour très exactement vingt minutes avant de s'étaler à plat ventre, tête nichée dans le creux de ses bras. Il sombre rapidement, bercé par le son des bottes de Dabi allant et venant dans le couloir.
La sonnerie aiguë de son téléphone semble parvenir à peine quelques instants plus tard, le tirant de son sommeil dans un sursaut paniqué, persuadé d'avoir égaré son fils, avant de se souvenir que Dabi l'a. Hawks s'assied en grognant et ce, sans se laisser le temps d'envisager retourner se coucher. Il bouge, pieds nus, vers la cuisine à la recherche du flacon du médicament liquide, près de l'évier.
Il se prend un instant pour se faire une tasse de thé noire, avant de suivre la lumière au bout du couloir, jusque dans sa chambre.
La porte de la salle de bain est entrouverte et la lumière y est allumée. Il la tient ouverte d'une épaule, s'arrêtant à l'entrée. La vision de Dabi, agenouillé près de la baignoire et Toma l'éclaboussant de ses mains potelées est quelque chose qu'il n'est pas près d'oublier de sitôt.
Toma lui jette un regard et se met à gazouiller, un son sans pareil à celui des oiseaux. Hawks gazouille en retour. Dabi hausse les sourcils alors qu'il lève les yeux vers lui.
Le héros ne relève pas, bougeant pour venir s'asseoir sur le comptoir, sirotant une gorgée de son thé. Le visage de Toma est décidément beaucoup moins rouge qu'il ne l'a été plus tôt et il a l'air beaucoup plus heureux aussi et ce, même si ses cheveux sont mouillés et collés à sa tête. Il déteste qu'on lui lave les cheveux. Hawks n'a aucune idée de la manière dont s'est débrouillé Dabi pour que Toma ne crie pas au meurtre.
Le bébé gazouille une fois de plus dans sa direction.
« — Est-ce qu'il te dit vraiment quelque chose ?
Hawks fredonne par-dessus sa tasse.
— Pas vraiment. Il n'y a pas de traduction directe, disons. Il est juste heureux de me voir.
Dabi émet un bruit, arrosant Toma, de son index. L'enfant frappe l'eau de ses deux mains, éclaboussant le t-shirt de Dabi et le sol d'un même temps. Hawks cache un rictus derrière sa tasse.
— Sa fièvre a baissé, dit Dabi en remettant à Toma, le gant de toilette qu'il tient. Le bébé le fourre immédiatement dans sa bouche, aspirant l'eau du tissu saturé. Essaie un bain tiède, la prochaine fois.
Toma offre le gant à Dabi, qui se penche pour le mordre non sans un sourire de squelette. Toma l'interpelle de sa voix douce et trinquante, ses yeux se plissant alors qu'il sourit.
Il y a une douleur aiguë et familière dans la poitrine de Hawks alors qu'il les regarde interagir. Il fléchit les orteils, les serres se recourbent sous ses pieds en se faisant.
— Est-ce que tu as des enfants ? Demande-t-il soudainement.
Dabi s'ébroue, lissant d'une main, les cheveux mouillés du petit.
— Est-ce que je ressemble à un papa gâteau ?
— Et bien..
Dabi lui lance un regard, paupières plissées, par-dessus son épaule.
— Hé, t'es celui qui a lâché le mot en P.
Le vilain retourne son attention vers Toma qui semble s'amouracher d'une des agrafes de son poignet.
— Toma, dit Hawks d'un coupant. Non.
— Laisses-le.
— Ses serres n'ont peut-être pas l'air de grand-chose, mais je peux t'assurer qu'elles sont comme des lames de rasoir.
Dabi hausse les épaules, laissant Toma continuer à l'embêter.
— J'ai vu pire.
S'il avait été assez près, Hawks lui aurait filé un coup de pied.
— Alors quoi, tu prends soin d'un tas de bébés malades ou quoi ? Demande-t-il.
— Putain, Hawks, tais-toi juste et profites du silence. »
Sachant qu'il est peu probable que Dabi s'étende ou même explique quoique ce soit, Hawks se contente de siroter son thé, jusqu'à ce que le vilain se lève, ses deux genoux craquants comme du gravier en se faisant. Il ne fait aucun commentaire, alors Hawks ne dit rien, mettant sa tasse de côté et glissant du comptoir pour attraper la serviette de Toma, au crochet situé à l'arrière de la porte.
Dabi le sort de l'eau pour le lui tendre, là, dégoulinant sur le sol tandis que le héros l'enveloppe. La serviette est dotée d'une fente à l'arrière, pour chaque aile et d'un petit capuchon que Hawks abaisse sur la tête humide pendant que Dabi ajuste les ailes. Le devant de sa chemise blanche est presque transparent à cause de l'humidité. Hawks souffle par le nez, pressant ses lèvres sur le front de son fils : sa peau est beaucoup plus fraîche, à présent.
« — Je te trouverais un autre t-shirt une fois que je l'aurais changé. »
Dabi lui adresse une réponse non-verbale et se penche à nouveau, mais pour vider l'eau du bain.
Toma est décidément moins difficile, Hawks parvient à l'habiller d'un body et d'une couverture plus fine. Il baille beaucoup, se réfugiant contre la poitrine de Hawks, dès que ce dernier le reprend dans ses bras. Hawks espère qu'ils pourront enfin tout deux dormir.
Dabi est torse nu, fouillant dans sa commode lorsque Hawks retourne dans sa chambre. Il s'arrête juste sur le seuil de la porte, et l'observe durant un instant. Il n'a jamais vu Dabi sans chemise auparavant et n'a jamais vu non plus, l'étendue de ses cicatrices. Ce n'est pas aussi grave que ce qu'il avait imaginé, s'arrêtant juste au-dessus de ses omoplates mais continuant sur son flanc droit, dans une tache oblongue qui ne se relie à rien d'autre.
Finalement, Dabi semble trouver quelque chose qui ne semble pas le déranger de porter, aussi passe-t-il une simple chemise grise par-dessus sa tête. Ce doit être l'un des seuls haut que possède Hawks qui n'a pas été modifié pour s'adapter à ses ailes.
Dabi se retourne, sa chemise humide à la main et se fige quand il les voit.
« — Il dort ? demande-t-il.
Hawks tend le cou pour vérifier que les yeux de Toma sont bel et bien fermés.
— On dirait. Je vais l'allonger ici avec moi ce soir.
Dabi opine du chef.
— Je vais rentrer.
— Ne te sens pas obligé, dit Hawks, regrettant presque immédiatement les mots qui lui échappent parce que Dabi le regarde comme si une seconde tête venait de lui pousser.
L'arrière de sa nuque se réchauffe rapidement.
— Je veux dire, il est tard.
— Shiragaki veut que je rentre ce soir, lui dit Dabi.
— Oh, répond Hawks. D'accord.
— Il voulait que je prenne de tes nouvelles.
Le corps entier de Hawks se refroidit de panique. C'est tout ce qu'il peut faire pour ne pas serrer Toma plus fort encore, contre lui.
— M'assurer que tu ne te fous pas de nos gueules.
Hawks ne sait pas quoi dire. Dabi ne laisse aller que très rarement des informations sur la Ligue, ou sur Shiragaki – voire quoique ce soit d'autre. Il ne sait pas pourquoi Dabi lui dit cela.
— Ne lui parle pas de Toma, chuchote Hawks alors que Dabi s'approche, avalant la distance entre eux jusqu'à ce qu'il soit à portée de main.
Il le dévisage de ses yeux bleus glaciers. Ils ont déjà eu cette conversation et la réponse de Dabi n'a jamais changé.
— Je ne dirais rien, cervelle de moineau. »
Pour une raison quelconque, sur ce point, Hawks lui fait totalement confiance. C'est certainement stupide et probablement un peu de déni, mais il ne veut pas envisager une alternative où Dabi parle de son fils, à la Ligue. Ce serait presque aussi grave, si la Commission le découvrait. Il presse son nez à même les cheveux de Toma et inspire lentement.
Hawks ne répond pas et Dabi tend la main et passe ses doigts pâles dans les boucles humides de l'enfant. Un long moment s'écoule où aucun d'eux ne dit un mot, mais Hawks a l'impression que Dabi lui dit quelque chose qu'il ne peut pas entendre, mais qu'il veut désespérément lui faire comprendre.
Un grondement de tonnerre au loin, rompt le lourd silence. Hawks déglutit, ses yeux commencent à brûler à nouveau à cause du manque de sommeil.
« — Tu devrais rester, chuchote-t-il. Toma aime quand tu es là.
Dabi incline sa tête, ses yeux bleu et froid détaillant le visage du héros.
— C'est ce qu'il t'a dit ?
— Tu l'a entendu gazouiller pour toi.
— Ah ouais ? Qu'est-ce qu'il a dit ?
Hawks a le sentiment vraiment étrange qu'ils font quelque chose d'effroyablement proche du flirt. Et ils le font en parlant de son fils. Il y a quelque chose à ce sujet qui lui paraît déplacé et très étrange. Mais quand même, pas si mal.
— Apprends à parler le faucon et tu sauras.
Dabi renifle. Le tonnerre se fait entendre à nouveau, plus près cette fois.
— Tu veux que je reste ?
— Est-ce que Shiragaki va être furieux ?
— Qu'il aille se faire foutre, dit Dabi. Je vais dormir ici, ton canapé est merdique. »
Et sans attendre la confirmation, Dabi le contourne et marche vers la salle de bain, suspendant sa chemise sur le rail de la porte de douche.
Hawks glisse à nouveau son visage dans les cheveux de Toma alors qu'il se dirige vers le lit. Il est incroyablement difficile de dormir dans une autre position que sur le ventre et Toma est encore trop jeune pour que ses plumes se détachent, il ne peut donc pas dormir autrement. Hawks l'allonge et l'enfant se recroqueville, genoux sous son corps, enfonçant son poing dans sa bouche et le suçant sans même un battement de paupière.
Dabi se change tranquillement, passant un pantalon de survêtement et Hawks évite de le regarder pendant qu'il le fait. Avoir vu l'état de son dos lui suffit, il ne veut pas être surpris à regarder ses jambes par-dessous tout. Il s'installe sur le ventre et Dabi grimpe prudemment de l'autre côté de Toma, couché sur le dos.
À l'extérieur, le vent se lève et le héros entend les éclaboussures aléatoires des gouttes de pluie contre la fenêtre. Il espère qu'il n'y aura pas de tempête car il veut que toma dorme toute la nuit, afin qu'il puisse lui aussi, se reposer.
Dabi ferme les yeux, un bras calé derrière sa tête. La cicatrice et es agrafes semblent douloureuses, mais rien n'indique qu'elles le soient, sur son visage. Pour ce qui est de la millionième fois, Hawks se demande si cela lui fait mal, ou si ce n'est qu'un bruit de fond pour lui, à ce stade. Pour la millionième fois, il ne lui demande pas.
« — Merci de m'avoir aidé, chuchote-t-il, ses propres yeux se fermant. »
Dabi ne répond pas pendant si longtemps que Hawks pense qu'il s'est endormi. Quelques secondes plus tard, un silence et « De rien, » à peine audible sous la pluie battante.
Près d'un mois plus tard, Hawks se réveille avec le bourdonnement de son téléphone jetable. Après des semaines de sommeil, Toma s'est soudainement réveillé pendant de longues périodes et s'agite quand il est temps pour lui d'aller se coucher. Ça, combiné au stress lié au retour de ses horaires de patrouilles semi-régulière, suffit qu'il soit suffisamment épuisé pour ne même pas pouvoir l'atteindre.
Il répond juste avant que la messagerie vocale s'enclenche.
« — Quoi.
Ça ne ressemble pas à une question.
La respiration lourde de Dabi, le salue, suivie d'un rire tendu.
— Je ne pensais pas que tu allais répondre.
Il est immédiatement évident qu'il souffre.
Hawks se redresse sur un coude, les yeux rivés sur l'horloge sur sa table de chevet, se sentant soudainement très éveillé.
— Dabi ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
— Tu as fermé ton balcon.
Hawks se met debout et se libère de ses draps à coups de pieds.
— Tu es là ?
Il y a un bruit sourd que Hawks peut entendre aussi bien au téléphone que depuis le salon.
— Ne joue pas au con. Laisse-moi entrer. »
Hawks ne répond pas. Il appuie sur le bouton pour mettre fin à l'appel et jette son téléphone au fond du canapé lorsqu'il passe devant. Dabi est affalé contre l'une des portes de balcon que Hawks avait décidé de laisser déverrouillées lorsque les visites nocturnes de Dabi ont commencé à devenir régulières.
Il déverrouille l'autre porte et sort sa tête. Le côté gauche du visage de Dabi est brillant et noir de sang au clair de lune, ses cheveux sont emmêlés au-dessus de sa tête et deux des agrafes manquent de ce côté de sa bouche, la laissant béante de façon grotesque.
« — Merde, murmure Hawks en tendant une main vers lui. Viens ici.
Dabi se laisse tirer, ce qui n'aide en rien à stabiliser les hauts de cœurs de Hawks. Il verrouille la porte derrière eux.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
— J'me suis fait botter le cul.
— Ça, j'ai vu. Mais par qui ?
Dabi hausse les épaules.
— Tu as de l'alcool ? J'ai besoin d'un putain de verre.
— Tais-toi, grogne Hawks. Tu peux marcher ?
— J'ai fait tout le chemin jusqu'ici, non ?
Hawks ne relève même pas.
— Ma chambre, dit-il. Vas-y. J'ai du matériel de premiers secours.
— Il va falloir plus qu'un pansement cette fois, petit oiseau.
— Bouge. »
Dabi obéis.
Hawks lui attrape une bouteille d'eau et quelques serviettes dans le placard du hall, avant de lui emboîter le pas. Dabi s'assied par terre à côté du lit, affalé vers l'avant, le visage dans ses mains.
« — Enlève ta veste et ta chemise, lui dit Hawks en jetant les serviettes sur le lit et en déposant l'eau à côté de lui. »
C'est dire à quel point Dabi doit souffrir, puisqu'il ne fait pas la moindre remarque sur le fait que le héros l'ait poussé à se déshabiller. Hawks mouille une serviette et attrape sa trousse médicale, sous le lavabo de la salle de bain.
La chemise tachée du sang de Dabi est posée en boule sur sa veste alors qu'il regarde fixement le mur du fond. Il y a du sang sur sa poitrine, qui coule de sa mâchoire, et d'autre taches sur le blanc de sa ceinture.
Hawks grimpe sur le lit derrière lui, assis sur le bord avec une jambe de chaque côté de son corps. Il allume la lampe de chevet pour avoir plus de lumière et commence à sentir doucement la blessure sur la tête de Dabi.
« — Parle-moi. Dis-moi ce qui s'est passé.
Dabi secoue légèrement sa tête.
— Ça n'a pas d'importance.
— Si, ça en as. C'était un héros ? Un vilain ?
— Pourquoi ? Demande Dabi alors que Hawks écarte les cheveux autour de la blessure de son cuir chevelu, et commence à la nettoyer avec la serviette humide. Tu vas aller les défoncer pour moi ?
— S'il le faut.
Dabi laisse échapper un souffle avant d'aspirer le suivant.
— Avec quoi as-tu été frappé ?
— Un poing.
Hawks veut lui en donner un, des coups de poing à l'arrière de la tête.
— Qu'est-ce qui a fait ça ?
— Un mur de briques.
— Tu as une commotion cérébrale ?
L'homme hausse les épaules.
— Dabi.
— N'utilise pas ce ton paternaliste avec moi, poussin.
Hawks plie la serviette et tapote contre la coupure. Il y a encore du sang qui coule, mais il est mou, comme s'il était déjà presque entièrement coagulé.
— Tu vas avoir besoin de points de sutures, dit-il.
Dabi émet un son évasif.
— Je peux m'en occuper, mais ça va faire un mal de chien.
— Fais-le, Hawks, répond Dabi d'une voix fatiguée et grave, comme si ses cordes vocales avaient été traînées sur un kilomètre de route terreuse.
Hawks ouvre le kit de premier soin à côté de lui et fouille pour trouver une aiguille et du fil de suture.
— Prend un verre, lui dit Hawks en poussant dans sa direction, une bouteille du bout du pied. »
Dabi obéis, descendant la moitié de la bouteille avant de la mettre de nouveau de côté. C'est effrayant de voir à quel point il s'assied bien pour des points de sutures. Il ne sourcille pas, ne prend pas une seule inspiration tendue et ne fait pas un bruit pour indiquer qu'il a mal. Hawks travaille toujours aussi vite qu'il le peut tout en gardant les points de suture propres et régulièrement espacés. Dabi reste assis en silence, tout le temps. Hawks ne fait aucun commentaire.
« — Bien. J'ai terminé, dit-il en posant l'aiguille sur la table de chevet pour la jeter plus tard. T'es toujours avec moi beau gosse ?
Dabi souffle du nez et fait un signe de tête. Hawks lui serre doucement l'épaule, conscient qu'il y a une très forte possibilité que Dabi ait d'autres blessures qu'il ne voit pas.
— Allons te nettoyer.
Au lieu de se mettre debout, une main s'enroule autour de la cheville de Hawks, juste sous le bord de son survêtement et Dabi fait basculer sa tête sur le genou du héros. Pendant un instant, Hawks ne respire plus, sa gorge est sèche et son cœur palpite dans sa poitrine.
— Dabi ?
— Donne-moi un instant, dit-il. »
Ses yeux sont fermés.
La main de Hawks est toujours sur son épaule et il la serre à nouveau avec douceur, laissant son pouce frotter contre le tissu cicatriciel qui s'y trouve. Aucun d'eux ne bouge et Hawks se contente de compter les respirations de Dabi en regardant les minutes défiler sur son réveil.
Éventuellement, Dabi se redresse et s'empare de son poignet. Hawks pense qu'il va le repousser, mais il ne le fait pas. Il s'accroche et la poitrine du héros est douloureuse pour une toute autre raison.
« — Tu es toujours avec moi, demande-t-il après une autre minute de silence.
Dabi hoche la tête.
— J'ai mal au crâne.
Hawks renifle doucement.
— J'imagine. Je te donnerai quelque chose pour ça après qu'on ait nettoyé le sang de son visage.
Dabi opine à nouveau, son corps s'affaisse, appuyée contre Hawks. Quand sa main tombe, le héros s'abaisse pour prendre en coupe son visage, inclinant légèrement la tête. Dabi ouvre les yeux pour le dévisager. Le pouce de Hawks se pose sur le trou d'une de ses agrafes manquantes.
— Est-ce que.. tu en as de rechange ?
— Pas sur moi, répond Dabi alors qu'il s'assied bien droit non sans un gémissement presque inaudible. Putain, je suis fatigué.
— Je vois ça. Tu as de ces cernes sous les yeux.
Dabi tourne la tête pour pouvoir le regarder par-dessus son épaule puis, se met à rire. C'est calme et bref, mais ses yeux se plissent et il sourit putain, et Hawks a l'impression qu'on lui a donné un coup de poing dans le ventre.
— T'es un connard. »
Toma choisit ce moment pour se mettre à pleurer. C'est suffisant pour sortir le héros de la stupeur brumeuse dans laquelle il se trouve, les yeux posés sur un Dabi insouciant, contrairement à lui. Hawks balance sa jambe au-dessus de la tête du vilain et se met sur ses pieds en levant ses ailes assez haut pour s'assurer qu'il ne frappe pas Dabi en pleine tête avec ces dernières. Il est sur le point de donner un coup de main à l'autre homme, mais il se redresse déjà en gémissant. Le héros ailé attend assez longtemps pour s'assurer qu'il n'est pas sur le point de s'effondrer avant de quitter la pièce et de se réfugier au bout du couloir.
Toma est assis bien droit dans son berceau, les yeux brillants de larmes contenues et il lève les mains au moment où Hawks pousse la porte.
« — Qu'est-ce qui ne vas pas bébé ? chuchote Hawks en tendant une main vers lui.
Toma se blottit contre sa poitrine, ses pleurs s'apaisant en de doux gémissements presque immédiatement. Hawks se tient là, le berçant d'un côté, puis de l'autre, en lui tapotant les fesses. Il n'a pas besoin d'être changé et s'il avait faim, il serait toujours en train de pleurer.
— Tu voulais juste chouiner, hein ?
— Ça te ressemble, dit Dabi, derrière lui.
Hawks agite sa main dans sa direction.
— N'entre pas, il ne retournera jamais dormir s'il te voit.
Mais c'est trop tard. Toma relève la tête au son de la voix du vilain pour lui adresser un sourire plein de joues et de dents. Hawks soupire.
— Merci. »
Dabi s'approche de lui et Toma lui tend sa petite main potelée. Il lui donne un doigt pour y enrouler ses petites serres. Le sang de son visage a été nettoyé et il s'est changé en pantalon de jogging et en chemise qu'il emprunte à chaque fois qu'il vient squatter le canapé de Hawks. Ou son lit. Ce qui est quelque chose auquel Hawks ne veut pas penser, qu'apparemment, Dabi est assez à l'aise à l'idée de passer la nuit dans son loft pour avoir une paire de vêtement emprunté et préféré pour la nuit.
Il essaie également de ne pas penser au fait que la première réaction de son fils en voyant Dabi, est de lui sourire et de gazouiller.
Les doigts du vilain frôlant les ailes du héros pour se reposer sur le bas de son dos, n'est pas non plus une chose à laquelle il veut penser.
Il est rare que Dabi passe avant la nuit. Hawks n'est pas sûr de savoir si c'est parce que la Ligue semble être surtout active sous couvert de la nuit, ou si c'est parce qu'il est plus facile de cacher son apparence de cette façon – voire un peu des deux. Quoi qu'il en soit, quand on frappe à la porte du balcon, juste avant que celle-ci ne s'ouvre sur Dabi, c'est surprenant.
Le salon est beigné d'une chaude lueur de ce soleil de début d'après-midi. Toma a l'air positivement angélique avec son visage rond et doux, ses yeux ambrés brillants et ses cheveux blonds et duveteux. Hawks est allongé sur le sol avec son fils, qui attend patiemment que son père redresse la tour qu'il est en train de construire, pour que Toma puisse la faire tomber à nouveau.
Ils redressent tout deux leurs têtes, lorsque le bruit de l'ouverture de la porte leur parvient. Dabi porte une veste sombre sur un sweat à capuche dont le capuchon est relevé et un masque qui repose comme une écharpe autour de son cou, lorsqu'il l'abaisse.
Toma babille joyeusement lorsque le vilain apparaît à visage découvert.
« — Je parie que venir ici est la seule fois où quelqu'un est heureux de voir ta sale gueule, dit Hawks en ajoutant un énième bloc de bois à la tour.
— Pourquoi est-ce que tu crois que je viens aussi souvent ? demande Dabi, ôtant sa veste et abaissant sa capuche avant de venir s'asseoir sur le sol, près de la tête de Hawks.
— De la vanité à l'état pure. J'en étais sûr.
— Hé, p'tit moineau, dit Dabi, sa voix prenant ce ton doux dont Hawks ne peut toujours pas croire qu'il est capable.
Toma le salue en démolissant la pile de blocs qui se trouve devant lui et en partant dans un fou rire, qui fait rigoler Hawks à son tour. Il recommence à empiler les blocs.
— Destruction de Wanton et un rire joyeux ? Vous élevez un vilain, Hawks.
Dabi plaisante, mais les mots font se tordre l'estomac du héros de façon désagréable.
— Regarde ce visage, dit Hawks en tendant la main pour toucher le ventre de Toma et l'écouter rire de nouveau. Il n'y a pas une once de vilenie là-dedans.
Dabi s'appuie contre le canapé, allongeant ses longues jambes et les croisant au niveau de ses chevilles.
— Tout comme son père, alors, dit-il et, il n'y a pas de taquinerie cette fois-ci, seulement un ton factuel qui fait froid dans le dos.
Avant que Hawks ne puisse glisser totalement dans la panique, Dabi tend sa main, arrache le bloc de bois de la sienne et l'ajoute à la pile.
Le héros s'assied à ses côtés, et Dabi le regarde sans sourciller.
— Tu es un piètre menteur, lui dit-il.
Hawks regarde à nouveau Toma, qui désormais, fait ses dents sur l'un des blocs de constructions, puisque plus personne ne lui construit quelque chose à démolir.
— Je ne suis pas un menteur. J'en ai assez de la façon dont les choses sont faites des deux côtés. Pour ce que ça vaut, je ne veux pas non plus être un héros. Je ne veux pas être autre chose qu'un bon père.
Dabi l'observe attentivement et Hawks a peur de détourner les yeux de ce regard plissé qu'on lui adresse : il n'a jamais vu ces yeux bleus et froids apparaître aussi intenses avant ce jour. Finalement, Dabi rend toute son attention à Toma, qui est en train de taper deux des blocs l'un contre l'autre, et de babiller pour lui-même.
Mais le silence est de trop. Hawks a besoin de savoir ce à quoi pense Dabi, car il ne doit plus se préoccuper uniquement de sa propre sécurité. Le héros s'humecte les lèvres, ses dents s'attardant sur sa lèvre inférieure, qu'il mordille brièvement.
— Est-ce que tu vas le dire à Shiragaki ?
Dabi renifle.
— J'en ai rien à foutre, de Shiragaki. Ou de la Ligue. Une fois que j'aurai tué Endeavor, j'en aurai fini avec eux, de toute façon. »
La confession est étonnante d'honnêteté car Dabi lui donne sciemment une assurance avec ses mots. Hawks pourrait facilement utiliser cela contre lui, tout comme Dabi pourrait le livrer à la Ligue en tant que traître. Il ne comprend pas tout à fait pourquoi, mais il pense qu'il commence à voir la situation dans son entièreté, au fur et à mesure qu'elle se précise.
Hawks ignore complètement le commentaire sur Endeavor.
Toma renverse ses blocs et tombe en avant en rampant. Hawks voit Dabi s'agiter, comme s'il pensait que Toma trébuchait et qu'il allait le rattraper. Toma se met un peu plus en place avant d'avoir l'élan nécessaire pour ramper vers Hawks, se balançant avec ses ailes arquées et plus déployées.
Hawks sourit alors qu'il l'aide à tenir sur ses pieds maladroits, les deux pouces perdus dans une prises serrée. Toma gazouille et Hawks répond d'un même son. À sa surprise – et celle de Dabi, à en juger par le regard sur son visage – Toma se retourne vers lui pour réitérer ce même son, à son attention.
Dabi inspire et tend la main pour caresser la tête pleine de boucles de Toma.
« — Je ne sais pas comment faire ce bruit, gamin.
Toma lâche Hawks d'une main pour s'agripper au poignet de Dabi qui se laisse attraper et, sa main termine dans la bouche de l'enfant.
— Je crois qu'il fait encore ses dents, dit Hawks. Toma, arrête.
Toma lui babille quelque chose d'aiguë alors qu'il déloge la main de Dabi de sa bouche. Hawks papillonne, tandis que Dabi rit, s'approchant pour prendre le bébé à bout de bras et le tenir au-dessus de sa tête.
— Il t'a répondu.
— J'imagine que oui, répond le héros en souriant alors que les petites ailes de Toma s'agitent, s'étendent, battant comme s'il voulait décoller. Tu t'envoles ? demande-t-il alors que Dabi le lance un peu pour le rattraper tranquillement.
Toma couine de joie et Dabi recommence encore et encore avant de l'asseoir sur ses cuisses.
— Quel est l'Alter de son autre père ? Demande Dabi, posant la question aussi facilement que s'ils discutaient de la pluie et du beau temps.
— Quoi ?
Dabi hausse l'un de ses sourcils alors que Toma s'affaire à frapper les agrafes sur le poignet du vilain.
— Tu m'a entendu. La ressemblance est évidente ce gamin ressemble à un mini-toi en bien plus mignon. Tu sais s'il a un autre Alter ?
Hawks ignore la pique, se massant la nuque avant de regarder son fils.
— Je ne sais pas. J'espère que non. Les ailes sont assez distinctives sans qu'il ait un autre Alter qui se manifeste plus tard.
Dabi passe soigneusement ses doigts dans les plumes de Toma.
— J'aime les ailes.
Hawks sent ses joues se réchauffer.
— Pourquoi tu demandes ?
— Parce que ses mains sont foutrement gelées.
— Quoi ? demande Hawks, tendant la main pour toucher celles de l'enfant.
Dabi a raison, elles sont absolument glaciales.
— Il est trop jeune pour montrer des signes d'un autre Alter.
Dabi incline sa tête sur le côté.
— Apparemment pas.
Hawks se dégonfle, s'appuyant contre Dabi sans même s'en rendre compte.
— Réchauffe ses mains.
Il est assis près de Dabi, leurs biceps se touchant tant est qu'il peut sentir quand la température de son corps augmente, même si ce n'est que légèrement. Toma fixe les mains du vilain, ses grands yeux emplis d'un quelque chose de curieux avant qu'il ne vienne fourrer son poing dans sa propre bouche, qu'il se met à sucer.
— C'est une bonne chose, lui dit Dabi. Ça signifie qu'il est fort.
Hawks soupire, inclinant sa tête sur le côté et la laissant reposer contre l'épaule de Dabi. La chaleur qu'il dégage à travers le tissu fin de sa chemise, suffit faire transpirer son front en quelques instants.
— J'y connais rien en Alter de glace.
— Tu trouveras bien.
— Ouais.
Hawks expire et se relève, se penchant en avant pour planter un baiser sur le front de toma avant de se redresser.
— Je suppose qu'on n'aura pas le choix, hein ?
Toma gazouille dans sa direction. Hawks baisse les yeux vers Dabi, qui déjà, l'observe et les mots restent bloqués dans sa gorge. Qu'est-ce qu'il y a ? Veut demander une part de lui, car il y a quelque chose dans ses yeux que Hawks ne comprend pas. Mais il garde ses questions pour lui et cogne la cuisse de Dabi du bout de son pied nu.
— Tu restes pour le déjeuner ?
Dabi le dévisage encore un instant avant de baisser les yeux vers l'enfant.
— Ouais, dit-il lentement. »
Hawks essaie de ne pas s'y attarder.
Hawks mentirait s'il disait qu'il n'avait pas un tout petit peu peur que Dabi se retourne contre lui et le livre tel un traître. Que ce soit à la Ligue ou à la Commission, il n'est pas sûr de savoir laquelle des deux l'effraie le plus. Pas pour lui-même, mais pour son enfant. Toma n'a jamais rien demandé et Hawks aime son petit plus que tout autre chose. C'est la première vraie famille que le héros n'ait jamais eue et il mourrait avant que quelqu'un ne le lui enlève.
Cependant, il dort plus sereinement en sachant que Dabi aime Toma. Il est évident qu'il l'aime et Hawks ne sait pas s'il apprécie juste les enfants en général – ce qui semble être en total contradiction avec tout ce qu'il sait sur Dabi – ou si c'est juste son fils.
Le héros se réveille lorsque le vilain grimpe dans le lit avec lui, papillonnant tout somnolant qu'il est, dans l'obscurité relative de sa chambre. Les rideaux ne sont que partiellement tirés et les lumières de la ville filtrent suffisamment pour qu'il puisse voir plus que la silhouette de Dabi, lorsqu'il s'installe lourdement à ses côtés.
Ça fait quelques jours qu'il ne s'est pas pointé au loft ou donné plus d'un mot en réponse à un SMS. Il n'a pas non plus contacté Hawks pour quoi que ce soit en rapport avec la Ligue depuis des semaines, faisant dès lors office de tampon entre lui et Shiragaki sans que Hawks ne le lui demande. Hawks a l'impression qu'ils se sont à peine vu.
« — Ça va ? marmonne-t-il, le visage à moitié enfouis dans son oreiller.
— Ouais, dit Dabi. »
Hawks s'était séparé de ses plumes avant de se doucher et ne les avait pas rappelés à lui avant de se mettre au lit. Il est plus facile de dormir sans elles, quelle que soit la position, mais Hawks se sent presque sans défense sans elles, donc il ne le fait que rarement. Dabi ne l'a pas souvent vu sans, que ce soit alors qu'elles revenaient volontairement à lui après une bataille, ou de son propre vouloir. Il ne fait rien pour rendre son regard moins évident.
Le héros l'observe d'un œil lorsque Dabi tend l'une de ses mains pour venir caresser les plumes souples qui subsistent. Son toucher est attentif, comme le vilain ne l'est que rarement, car il démêle ses plumes du bout des doigts, les poussant sur le côté. Les bras de Hawks démangent de chair de poule. Que Dabi s'en rende compte ou non, l'acte de lissage est sauvagement et incroyablement intime pour lui. Personne ne l'a jamais fait pour lui, si ce n'est lui-même.
Il cache la rougeur de son visage dans le creux de son bras.
« — Ça fait du bien, murmure-t-il. »
Dabi fredonne tranquillement, ses doigts bougeant jusqu'à l'endroit où ses ailes jaillissent de son dos, là où la chair humaine se confond avec celle de l'oiseau. Entre ses ailes se trouve une tache duveteuse de plumes douces, comme si son corps n'avait su se décider entre rester entièrement humain ou non. Dabi la caresse, ses doigts s'enfonçant juste assez pour être sentis.
La queue du héros tressaute lorsqu'elle s'appuie contre sa cuisse et il bouge ses hanches, écartant légèrement ses jambes. Dabi continu de caresser ses plumes, apparemment, sans se rendre compte de l'effet qu'il a sur Hawks avec la délicatesse de ses doigts. Cela en dit probablement long sur le héros, que la première fois que Dabi pose ses mains sur lui sans qu'il s'agisse de coups, l'excite.
Mais il l'ignore, parce qu'il se sent vraiment bien. La dernière fois que quelqu'un l'a touché d'une manière qui n'était pas totalement désagréable, il s'est retrouvé en cloque. Hawks ricane dans son coude à cette pensée.
« — Quoi, demande Dabi.
— Rien, répond-t-il en extirpant sa tête de l'endroit où il l'avait caché et en posant à nouveau sa joue contre l'oreiller, glissant son bras dessous. Je pensais juste à la dernière fois que quelqu'un m'a touché comme ça, j'ai fini avec un enfant.
C'est au tour de Dabi de ricaner.
— On peut dire que c'est romantique.
— Ça l'est ? demande Hawks, croisant son regard alors que la main de Dabi suit la pente de sa colonne vertébrale jusqu'au fossettes à la base de celle-ci. Il les trace toutes les deux, effleurant l'élastique de son survêtement à chaque passage.
— Je ne fais pas dans le romantique, poussin.
— Pourquoi pas ? Tu joues très bien l'homme au foyer.
Dabi prend ses fesses en coupe par-dessus son pantalon de survêtement et y applique une pression. Hawks inspire vivement, pressant à nouveau ses hanches contre son matelas.
— Je ne sais pas ce que tu attends de moi, dit Dabi, sa prise devenant douloureuse pendant un instant, avant de disparaître. »
Hawks veut trop de choses. Il en veut trop pour que ce soit plausible ou sans danger, pour l'un comme pour l'autre, y compris pour Toma. Il secoue la tête et tend une main vers la nuque de Dabi, le tirant vers lui. Dabi l'embrasse avec tout ce qu'il a. C'est étrange, la sensation de sa lèvre inférieure abîmée, rugueuse et raide par rapport à sa lèvre supérieure. Les agrafes l'empêchent de trop ouvrir la bouche, mais c'est suffisant pour que Hawks y glisse sa langue. L'intérieur de sa bouche est chaud, tout comme le reste de son corps, même les parties scarifiées.
Dabi le pousse sur le dos et Hawks s'allonge de son plein gré, dégageant ses jambes des draps alors que Dabi s'avance entre celles-ci. Il est beaucoup plus dur maintenant qu'il ne l'était une minute plus tôt, sa queue frottant contre celle de Dabi à travers leurs survêtements. Dabi le clou contre le matelas d'un ferme roulement du bassin et, putain, lui aussi est dur. Hawks enroule ses bras autour de ses épaules, une main empoignant ses cheveux, tenant Dabi contre lui pendant qu'ils s'embrassent.
Le mouvement des hanches de Dabi est impitoyable et l'angle parfait, de sorte que leurs verges soient pressées l'une contre l'autre, frottant l'une contre l'autre. C'est un mouvement doux et dur à la fois, qui fait haleter Hawks contre la bouche du vilain et goûter dans son pantalon en un rien de temps. Il y a bien longtemps qu'il ne s'est pas branlé sous la douche et encore plus longtemps depuis qu'il a bien voulu s'envoyer en l'air avec quelqu'un d'autre.
« — Putain, gronde Dabi, malmenant l'intérieur de ses joues avant de laisser sa tête reposer contre le cou transpirant du héros.
Hawks accroche une jambe autour de celle de l'autre homme, le tirant plus fort à chaque poussée, essayant de s'empêcher d'y enfoncer ses serres. Une main saisit sa hanche, le poussant vers le matelas.
— Dabi, merde !
Le héros l'entraîne à nouveau dans un baiser en tirant fortement sur ses cheveux. Dabi se met à genoux et soulève Hawks de ses mains sur son cul, les bougeant dans une nouvelle position et changeant l'angle de friction. L'homme ailé le libère d'une main pour s'appuyer contre le mur, lui donnant assez d'espace pour retourner à leurs frottements.
Dabi se couche au-dessus de lui, une main plantée près de sa tête pour rehausser l'oreiller, l'autre toujours accrochée contre son cul.
— Tu veux baiser ? demande Dabi, d'un ton rude et essoufflé.
Le héros lui griffe l'épaule, l'écoutant siffler lorsque l'un de ses serres agrippe l'espace entre la chair et le tissu cicatriciel.
— Ouais, mais..
Il laisse échapper un souffle, les yeux fermés alors que Dabi fait glisser leurs queues l'une contre l'autre, juste comme il faut.
— Je n'ai.. J'ai rien pour.. et je ne veux pas..
— Encore finir en cloque ?
— Ouais, s'exclame Hawks, tendant la main pour attraper le visage du vilain.
Ce dernier capitule aisément, s'allongeant à nouveau contre Hawks, le clouant sur le matelas d'un roulement des hanches et d'un déluge de bouches et de dents. Ça fait mal, tout fait mal, mais c'est tellement bon, putain..
— Tu vas jouir ?
Hawks hoche la tête, l'embrassant une fois de plus.
— M'en faudra pas plus.
— Pareil. »
Dabi double la force de ses mouvements, faisant crier Hawks, le faisant s'étouffer contre la bouche de l'autre homme. Il est si près de jouir, à ça de se répandre dans son survêtement alors que Dabi s'acharne toujours contre lui comme deux adolescents idiots lorsqu'un cri aigu et plaintif les plonge tous les deux dans un silence de mort.
Ils sont tous deux à bout de souffle, les jambes de Hawks tremblent et sa queue tressaute contre celle de Dabi. Aucun d'eux ne bouge, se tenant immobile pendant qu'ils écoutent.
« — Dis-moi que ça n'était pas le gamin, gronde Dabi.
Hawks lève la tête de l'oreiller et écoute, avec son ouïe fine. La porte est entrouverte parce que le héros ne peut pas se résoudre à la fermer lorsque son fils risque de se réveiller en pleine nuits. Il espère vraiment qu'il ne s'agit pas de l'une de ces fois.
Toma choisit ce moment pour se remettre à pleurer, haut et fort, comme il le fait lorsqu'il est vraiment bouleversé ou affamé. Dabi s'effondre contre lui dans un soupire.
— J'étais si près, grogne-t-il. »
Hawks ne veut pas le laisser partir. Il gémit, s'accrochant à Dabi pendant un moment avant de lui faire un signe. Le vilain roule sur le côté pour le libérer. Le devant de son survêtement est tendu et humide, à l'endroit ou Hawks a gouté contre lui. Il est magnifique allongé là, dans les draps du héros, respirant de manière laborieuse, les paupières closes. Il y a une fine traînée de poils roux sur son bas ventre qui disparaît sous sa ceinture et dans laquelle Hawks veut enfoncer ses dents.
Il se dépêcher d'ôter son jogging souillé et d'enfiler une autre paire de bas de pyjamas. Il perd rapidement son érection, mais il ne peut pas aller réconforter son fils avec du liquide séminal tachant ses vêtements.
« — Joli cul, dit Dabi en levant la tête de l'oreiller pour le regarder.
Hawks lui jette son bas de pyjamas au visage et va chercher son fils. »
Toma continue de pleurer, même après que Hawks l'ait pris dans ses bras et l'ait fait taire. Il presse son visage contre la poitrine de son père, pleurant plus fort encore.
« — Tu as faim ? Demande le héros qui se dirige vers la cuisine.
Il n'a pas besoin d'allumer la lumière, sa vision est suffisamment nette dans le noir pour qu'il puisse bien voir. Il branche le chauffe-biberon et se met à mélanger le lait en poudre d'une main, jusqu'à ce que Dabi sorte de sa chambre, heureusement, sans érection.
— Viens par-là, petit tueur d'érection, lui dit Dabi en prenant Toma.
Hawks lui donne une claque sur le biceps.
— Ne l'appelle pas comme ça. »
Il n'est pas tout à fait capable d'empêcher le rire de teindre sa voix quand il le dit. Il met la minuterie sur le chauffe-eau et s'appuie contre le comptoir.
Toma au moins, a arrêté de pleurer, mais pleurniche et renifle toujours, familier qu'il est au processus pour savoir qu'il va bientôt manger. Lorsque le biberon est près, Dabi soulève l'enfant et presse un baiser sur sa tempe avant de le remettre à Hawks. La douleur persistante derrière ses côtes fait de nouvelles étincelles lorsqu'il place Toma dans le creux de son bras, lui laissant la place pour s'asseoir confortablement, avant de le nourrir.
Ils se regardent dans l'obscurité, tout deux aussi silencieux l'un que l'autre et ce, alors que les yeux de Toma recommencent à se fermer et que Dabi a replié ses bras contre sa poitrine meurtrie et que lui-même, tient son fils. Ce n'est pas du tout ce qu'il avait imaginé que sa relation avec Dabi allait devenir.
C'était mieux. Beaucoup mieux, quoique que toujours aussi confus parce que Hawks n'a aucune idée de ce qui va se passer ensuite. Pas seulement avec Dabi, mais avec sa vie en général. Tout est sur le fil du rasoir en ce moment. Tôt ou tard, quelqu'un en dehors des gens qui connaissent déjà Toma, apprendra son existence et alors, absolument tout pourrait partir en couille.
« — Tu réfléchis trop, dit Dabi, interrompant le fil de ses pensées.
Hawks articule un « vas te faire foutre » à l'attention du vilain, qui se met à rire.
— Tu peux le dire de vive voix, ce n'est pas comme s'il allait répéter.
— Dabi.
— En parlant de foutre, dit Dabi, bougeant du comptoir contre lequel il s'était installé pour avaler la distance qui les sépare.
— Je tiens un bébé.
— Tu vas tenir un bébé toute la nuit ? Demande-t-il en mettant une main contre son flanc, ses doigts sur le point de devenir inconfortablement chaud.
Hawks secoue la tête.
— Dabi, soupire-t-il. Qu'est-ce que tu attends de moi ? À part un orgasme je veux dire.
Dabi le regarde, ses yeux sont si lumineux qu'ils brillent presque.
— Qu'est-ce que tu me donnerais ?
— Je ne parle pas que de sexe.
— Moi non plus, répond aisément l'homme, tendant une main pour caresser les cheveux duveteux au-dessus de l'oreille de Toma. Qu'est-ce que tu veux, Hawks ? »
De toutes ses années de vie, Hawks pense que personne ne lui a jamais posé cette question auparavant. Tout a toujours été décidé pour lui. Depuis qu'il est enfant, ses options lui ont été retirés, lui laissant une ligne de conduite à suivre, qu'il le veuille ou non. Mettant de côté le biberons vide de Toma, il soulève le bébé somnolent sur son épaule pour lui faire faire son rot. C'est difficile avec ses ailes, mais il l'a surtout perfectionné en plaçant une petite tape soigneuse entre celles-ci.
Dabi l'observe à moins d'un mètre de distance, les yeux posés sur le héros et sa main glissée sur lui et Toma.
L'homme ailé prend une inspiration et ferme les yeux, rejetant sa tête vers l'avant pour se reposer contre l'épaule du vilain.
« — Je veux.. que tu restes pour la nuit. Et que tu t'occupes du reste de cette merde après qu'on se soit fait jouir au moins deux fois.
Dabi émet un son soulagé.
— Ok.
Hawks soupire et repousse Dabi loin de lui.
— Je vais l'allonger.
Il s'arrête quelques pas plus loin et regarde en arrière, haussant l'un de ses sourcils à l'attention de l'autre homme.
— Tu viens ?
— Dans les prochaines cinq ou dix minutes, avec un peu de chance. »
Hawks plisse les yeux et Dabi sourit, lui emboîtant le pas.
