N/A : Et voilà un nouveau chapitre ! Les choses vont s'accélérer avec la révélation du lien existant entre Rosalie et Bella. Mais une arrivée inopinée risque de créer quelques étincelles...

PS : J'ai décidé de rallonger la longueur des chapitres, qu'en pensez-vous ? Ce n'est pas trop long comme ça ?

Bonne lecture.


Chapitre 11

Bella claqua furieusement la porte.

Esmée leva à peine les yeux de son chevalet, les doigts enroulés autour d'un pinceau coloré. Elle haussa juste un sourcil.

« Bonjour, ma ché- ».

« Pourquoi ? » gronda-t-elle en se postant devant elle, les poings le long du corps « Pourquoi lui avoir fait du mal à elle ? C'est moi qui me suis enfuie. C'est moi la responsable. Pas elle ».

Esmée reposa soigneusement son pinceau et lui offrit un triste sourire.

« Tu es humaine. Je ne suis pas assez stupide pour te faire du mal. De plus, voir souffrir Rosalie semble avoir été un châtiment assez élevé pour te punir comme tu devais l'être. J'espère que tu retiendras la leçon ».

Les yeux de Bella s'emplirent de larmes.

« Pourquoi êtes-vous aussi cruelle ? ».

Esmée se crispa.

« Je ne suis pas cruelle. Je n'ai jamais pris de plaisir à punir mes enfants. Je les aime et serais capable de faire n'importe quoi pour eux. Je me suis toujours occupée d'eux. Mais en retour, j'attends un minimum de reconnaissance et de loyauté. Et je ne crois vraiment pas que cela soit un lourd prix à payer ».

Bella la fixa avec dégoût.

« En quoi n'est-ce pas cruel de manipuler vos liens ? Vous vous servez de leurs attachements pour obtenir ce que vous souhaitez. C'est fourbe ».

Esmée se releva brusquement. Elle contourna le chalet et alla se poster près de la fenêtre. Elle contempla un instant l'extérieur, les mains crispées.

« Je ne suis pas la dictatrice impitoyable et tortionnaire que tu penses que je suis, Bella. Je leur ai laissé à tous le choix de me rejoindre ou pas. Je ne les ai jamais contraint d'accepter ma proposition sous la force. Rosalie avait la possibilité de ne pas me rejoindre mais elle l'a fait » Esmée se retourna vers elle, le regard féroce et ferme « Elle a accepté notre lien parce qu'elle le désirait comme tous mes autres enfants. Et pendant un moment, elle n'a eut aucun problème avec ça ».

Bella fut décontenancée par cette révélation mais elle essaya de ne pas le montrer. Esmée était douée pour tromper et manipuler son public. Elle la regarda avec méfiance.

« Comme moi ? Vous l'avez kidnappé et avez attendu patiemment qu'elle ne finisse par craquer, résignée à accepter le seul sort qu'il lui restait et qui lui éviterait la mort ? » se moqua-t-elle.

Esmée s'assombrit.

« Rosalie était en train de mourir. Je l'ai sauvé et je lui ai permis d'avoir une seconde chance. En aucune façon je ne l'ai forcé à me rejoindre ou à accepter notre lien. Elle l'a choisi de son propre chef ».

Bella finit par détourner les yeux.

« Rien de toute cela ne change ou ne rachète ce que vous avez fait. Vous lui avez fait du mal. C'est inexcusable ».

Esmée poussa un soupir frustré.

« Ce n'est pas comme si tu m'avais laissé un autre choix, Bella ! Tu t'es enfuie ! Tu nous a abandonné ! » cracha-t-elle presque. Bella écarquilla les yeux. Esmée ferma les yeux et prit une profonde respiration pour reprendre contenance. Elle finit par répondre la parole, le ton plus calme et contrôlé : « Je devais agir vite et intelligemment. Je savais que votre lien avait déjà commencé à se développer, même en dépit de tous les efforts déployés par Rosalie pour me faire penser du contraire » dit-elle avec un léger rictus renfrogné « Alors je m'en suis servie, pour te ramener à la maison ».

Bella tressaillit à nouveau.

« Vous avez fait tout ça uniquement parce que vous ne supportez pas l'idée que je ne sois pas à vous ? » fit-elle, l'air incrédule.

Esmée fronça les sourcils.

« J'ose espérer que tu comprendras mes décisions et que tu auras une autre vision des choses lorsque tu auras enfin embrasée notre lien. Mais il ne s'agit pas que de cela. Je ne pouvais pas prendre le risque de laisser une… humaine s'échapper avec la connaissance de notre existence. J'aurais mis en péril ma famille ».

Bella la regarda avec confusion.

« Que voulez-vous dire ? ».

« Notre communauté est régit par une monarchie royale composée de trois reines à sa tête. Nous avons peu de lois mais elles sont strictes et intransigeantes. La plus importante est celle de ne jamais nous exposer aux humains. Nous avons enfreint cette loi avec toi » développa-t-elle patiemment, le regard sombre.

« Et quel est la… punition pour avoir enfreint cette loi ? ».

« La mort ».

Bella frissonna.

« Je vois ».

Le visage d'Esmée s'adoucit légèrement.

« Je comprends que ça puisse faire beaucoup à assimiler en si peu de temps. Je m'efforce vraiment de faire tout ce qui est en mon possible pour ne pas te bousculer et te laisser le temps suffisant pour t'adapter. Mais tu ne me simplifies pas la tâche, Bella ».

Bella la dévisagea.

« Pourquoi devrais-je vous la simplifier ? Vous m'avez kidnappée ! ».

Esmée sembla se retenir de rouler les yeux. Elle se contenta de soupirer longuement.

« J'en suis bien consciente et il me serait extrêmement difficile de l'oublier au vu de nombre de fois où tu te sens obligée de me le rappeler. Mais j'espère que tu me pardonne- ».

« Jamais ! » la coupa Bella avant de sortir de la pièce à grands pas et de claquer la porte derrière-elle.

Esmée grimaça.


« Je lui ai parlé ».

Rosalie se tendit.

« Je t'avais défendu d'aller la voir ! Chaque opportunité que tu lui donnes de te parler est une nouvelle occasion pour elle de s'insinuer dans ton cerveau. Tu dois arrêter de croire que tu peux rivaliser avec elle sans en subir les conséquences, Bella » siffla-t-elle, assise raidement contre le dossier de son lit.

Bella fit la moue et referma la porte de la chambre derrière-elle. Elle alla directement vers le lit et s'installa sur le rebord du matelas.

« Je n'ai pas pu m'en empêcher. Il fallait que je lui dise que je n'approuvais pas du tout ce qu'elle avait fait et qu'il lui serait encore plus difficile de se racheter auprès de moi. Il fallait que je lui dise ce que j'avais sur le cœur » expliqua-t-elle en hochant de la tête, satisfaite d'elle-même.

Rosalie la fixa un moment avant de détourner la tête.

« Idiote » marmonna-t-elle mais sa voix avait déjà des inflexions plus douces.

Bella fronça les sourcils.

« Tu es l'idiote de ne pas m'avoir dit que nous avions un lien aussi. Les choses auraient pu se passer différemment et bien mieux si tu m'avais avoué la vérité à propos de… nous » hésita-t-elle sur le dernier mot, l'air brusquement timide.

Rosalie se hérissa légèrement.

« Il n'y a pas de nous ».

Bella s'efforça de cacher l'éclat de douleur qui la traversa à cette réponse sèche. Elle se força à ne pas insister et changea rapidement de sujet.

« Es-tu sortie de ta chambre ? ».

Le visage de Rosalie s'assombrit.

« Non ».

Bella la contempla avec inquiétude.

« Tu devrais. Ce n'est pas bon de rester enfermée. L'air frais de l'extérieur te ferait du bien. Nous pouvons aller nous promener. Je ne serais pas contre l'idée de m'éloigner de ce satané chalet et de ses occupants » lui proposa-t-elle gentiment.

Rosalie fronça les sourcils.

« Encore faudrait-il qu'elle m'autorise à sortir avec toi et je pense que nous pouvons toujours rêver pour que cela se produise. Je suis même surprise qu'elle ne t'ai pas interdite de me parler ou n'ai pas pris des mesures plus drastiques pour te tenir éloigner de moi » renifla-t-elle, l'air maussade.

Soudain, Bella bondit sur ses pieds et lui tendit la main. Rosalie la fixa sans comprendre. Bella secoua ses doigts, l'air de s'impatienter.

« Allez, viens. Allons dehors ».

« Mais- ».

« Esmée ne fera rien » lui assura-t-elle sur un ton ferme et confiant « Maintenant viens. Ce n'est jamais une bonne idée de broyer du noir. Je sais de quoi je parle, crois-moi ».

Rosalie hésita un long moment avant de s'emparer de sa main. Bella ne put s'empêcher de frisonner, électrisée par ce contact simple. Les doigts longs et fins de Rosalie s'entremêlèrent aux siens.

« Juste une petite promenade alors » grommela-t-elle.

Bella lui sourit – son premier sourire depuis qu'elle avait été kidnappée.


Quelques jours passèrent.

C'était étrange de s'occuper d'une créature qui pouvait la tuer en un claquements de doigts. Mais Bella avait été plus encline à écouter leur lien et cette étrange traction qui semblait de plus en plus s'épanouir dans sa poitrine depuis sa fuite ratée. Cet étrange lien qu'elle pouvait véritablement sentir en elle l'incitait à se rapprocher davantage de Rosalie. Et c'était presque impossible d'y résister.

Bella passa donc la majorité de son temps dans la chambre de Rosalie. Elle appréciait passer du temps avec la blonde, notamment au travers de longues promenades autour du périmètre autorisé et sous la surveillance d'un tiers personne – souvent Edward. Cependant, elles se chamaillaient beaucoup aussi souvent à cause d'Esmée ou de sujets futiles. Une tension électrique planait entre elles et exacerbait leur relation.

Bella se sentait désorientée et troublée. Elle avait l'impression d'être un funambule perché au-dessus de son fil, s'efforçant de poser un pied après l'autre sans perdre l'équilibre. Mais elle peinait à trouver ce fameux équilibre tant leur relation avait changé depuis la découverte de leur lien.

Rosalie semblait tout faire pour ne pas y mettre du sien et ne pas arranger les choses. Elle lui répondait sèchement, lui jetait des regards mauvais ou se moquait régulièrement d'elle, comme pour tester ses limites. Bella essayait de ne pas lui montrer à quel point cela la bouleversait. Mais c'était de plus en plus dur de nier que Rosalie avait une influence grandissante sur son humeur.

« Tu es encore perdue dans tes pensées » marmonna Rosalie en l'observant du coin. Bella cligna des yeux et lui offrit un sourire d'excuse. Une lueur de curiosité s'alluma dans le regard de la blonde « Tu fais souvent ça, tu sais… Regarder ailleurs et te perdre quelque part ».

Bella grimaça.

« Il faut dire que j'ai beaucoup de choses en tête en ce moment ».

Rosalie leva un sourcil, l'air faussement étonné.

« J'espère qu'il ne s'agit rien de trop inquiétant ? ».

Bella mordit sa joue intérieure pour retenir son sourire. Elle haussa les épaules en s'efforçait d'être aussi nonchalante que possible alors qu'elle sentait le regard de Rosalie la brûler.

« Une certaine blonde me donne du fil à retordre. Mais je devrais pouvoir m'en sortir. Je suis plus solide que j'en ai l'air ».

Rosalie plissa les yeux.

« Si je te cause autant de soucis, tu n'as qu'à partir. Tu sais où se trouve la porte » répliqua-t-elle aussitôt.

Bella lui jeta un faux regard innocent.

« Ai-je dit qu'il s'agissait de toi ? ».

Rosalie se renfrogna.

« Peu importe » souffla-t-elle et elle se remit à regarder son émission de carrosserie, les bras croisés sur le torse et un air étonnement boudeur sur le visage.

Bella ne put s'empêcher de ressentir de la tendresse. Elle la contempla avec des yeux pétillants d'amusement.

« Tu as déjà remarqué que lorsque tu t'énervais ou que tu boudais, de la fumée sortait de tes oreilles et de ton nez ? C'est très amusant à regarder ».

« Tais-toi ».


Bella et Rosalie étaient encore en train de se promener autour du périmètre autorisé du chalet. Seulement, cette fois-ci, Alice avait insisté pour les accompagner, contrariée de ne pas passer assez de temps avec elles, et notamment de ne pas pouvoir approfondir sa relation avec Bella.

Elles commencèrent d'abord par marcher sans parler. Le silence était gênant et tendu. Si les regards de Rosalie pouvaient lancer des poignards, le corps d'Alice en serait criblé. Heureusement, ce n'était pas le cas mais l'ambiance était emplie d'animosité. Bella allait finir par suffoquer si elles ne crevaient pas l'abcès.

« Alors... » commença-t-elle d'une voix incertaine, les mains enfoncées dans les poches de sa veste chaude. Le regard de Rosalie se riva aussitôt sur elle et sembla l'inciter à se taire. Mais Bella l'ignora et continua : « Vous êtes sœurs depuis longtemps ? ».

Les lèvres de Rosalie se retroussèrent légèrement.

« Nous ne sommes pas- ».

Alice rebondit légèrement sur la pointe des pieds.

« Depuis un peu plus de soixante-ans. Jasper et moi sommes arrivés en dernier. J'ai trouvé Jasper et nous les avons rejoints après avoir eu une vision d'eux ».

Bella cligna des yeux.

« Tu vois le futur, c'est vrai » se rappela-t-elle.

Alice lui sourit malicieusement.

« Je vois beaucoup de choses ».

Bella lui jeta un regard curieux.

« Est-ce que ça ne te fruste pas de ne plus pouvoir être surprise ? Ça doit être ennuyeux de tout savoir à l'avance. Il n'y a plus de suspense ou de mystère ».

Alice fut surprise par sa question. Elle réfléchit un instant avant de lui répondre.

« Honnêtement, j'adore mon don. Je ne l'échangerais pour rien au monde. Il fait parti de moi. Et il est très utile pour protéger notre famille. Je peux appréhender les potentielles menaces et voir les différentes issues possibles. Mais le futur m'offre parfois quelques surprises. On ne peut pas s'appuyer sur lui comme une science exacte et inaltérable. Il évolue perpétuellement et présente une multitude de combinaisons possibles » expliqua-t-elle le mieux possible, l'air véritablement passionné et investie « C'est plutôt rare mais même moi je peux me tromper » ajouta-t-elle avec un sourire narquois.

Rosalie renifla légèrement à coté de Bella, l'air moqueur. Bella y fit à peine attention, complètement fascinée par le don d'Alice.

« C'est… passionnant. Mais comment fais-tu pour ne pas devenir folle ? ».

Alice laissa échapper un rire amusé. Son rire ressemblait à un bruit de clochettes.

« Par chance, j'ai un cerveau qui fonctionne très bien et je m'efforce de concentrer mes visions sur des événements ou des personnes en particulier. De sorte à réduire le champ des possibles et à avoir des visions plus nettes et plus plausibles de se réaliser ».

« Cool » murmura Bella.

Rosalie fronça les sourcils.

« Ce n'est pas si cool que ça » se moqua-t-elle en rejetant les cheveux blonds vers l'arrière, l'air hautain « Alice n'est plus maîtresse de son corps lorsqu'elle a des visions. Son esprit est projeté dans le futur, mais son corps, lui, reste dans le présent et est plus que jamais vulnérable. Elle serait incapable de se défendre si quelqu'un l'attaquait pendant l'une de ses visions. Et la plupart de ses visions restent subjectives et évasives ».

Alice haussa les épaules, l'air solennel.

« Je suppose que tout à un prix et je m'efforce de payer le mien avec équité ».

Rosalie leva un sourcil moqueur.

« Depuis quand ? » lui demanda-t-elle un peu effrontément.

Alice plissa les yeux.

« Depuis toujours. Je n'ai jamais- ».

Alice se tut brusquement et s'immobilisa. Bella manqua de lui rentrer dedans. Elle chancela et jeta un regard inquiet à la jeune femme seulement pour constater que ses yeux étaient devenus tout vitreux.

Bella écarquilla les yeux et ouvrit la bouche.

« Est-elle en train d'avoir- ».

« Une vision ? Oui » répondit Rosalie, la voix un peu sèche.

La blonde soupira lourdement et se posta devant sa sœur adoptive. Elle contempla attentivement les traits de son visage, essayant vainement de capturer une émotion particulière mais le visage d'Alice resta vide et indéchiffrable. Elles attendirent quelques minutes avant qu'Alice ne revienne à elle. Celle-ci cligna des yeux et lança un regard paniqué à Rosalie.

« Les Denali arrivent ».

Rosalie écarquilla les yeux.


Les Denali étaient composés de cinq membres. Il y avait un couple, Eleazar et Carmen et trois sœurs, Tanya, Irina et Kate. Tanya était la cheffe de leur clan.

Ils furent accueillis par des expressions mitigés dans la cour du chalet des Cullen. Pendant un moment, personne ne parla. Un silence tendu plana sur l'endroit. Ils se dévisagèrent intensément, s'efforçant de trouver les véritables intentions de l'autre clan.

Bella se tenait en arrière-plan, derrière l'entièreté du clan qui n'avait pas voulu l'exposer aux nouveaux arrivants. Rosalie était juste devant elle. Elle portait une fine chemise qui lui permettait de discerner sans soucis les lignes tendus de son dos. Bella serra son poing pour s'empêcher de tendre la main et de calmer sa tension.

« C'est une surprise » déclara Esmée, le sourire crispée.

Elle se tenait tout en avant de la pyramide hiérarchique. Carlisle se tenait à sa droite – Bella avait sursauté en le voyant apparaître à la lumière du jour, ayant presque oublié son existence - et Edward se tenait à sa gauche, fier comme un paon.

Rosalie aurait dû se situer à coté d'eux mais elle avait insisté pour rester auprès de Bella. Esmée avait finit par céder, pressée par le temps qui leur manquait et le regard critique de Bella.

Tanya lui retourna son sourire, un sourcil levé.

« Une agréable surprise, j'ose espérer. Nous sommes d'abord passés par Forks puisqu'il s'agissait du dernier lieu que vous nous aviez indiqués. Mais notre surprise et notre inquiétude furent grandes lorsque nous nous sommes rendus compte que vous n'étiez pas là. Alors nous nous sommes rappelés que vous aviez une maison secondaire dans le Montana et nous avons tenté notre chance » expliqua-t-elle.

Esmée fronça les sourcils.

« Pourquoi ne pas nous avoir appelé ? ».

Tanya haussa les épaules.

« Nous étions déjà sur la route ».

« Je vois » murmura Esmée, les sourcils toujours froncés. Un moment passa puis elle soupira lourdement : « Pour être tout à fait honnête avec vous, vous ne tombez pas au meilleur moment. Nous faisons face à une situation… délicate ».

Tanya les observa avec un mélange d'intrigue et d'amusement.

« Je suppose qu'il y a un rapport avec la petite humaine que vous vous efforcez de cacher depuis notre arrivée ? Elle sent divinement bon ».

Les Cullen se raidirent. Rosalie étouffa même un grognement sauvage. Bella dû se faire violence pour ne pas toucher son dos ou s'emparer de sa main.

Esmée cessa de sourire. Une lueur d'avertissement traversa son regard.

« Elle s'appelle Bella et elle sera bientôt une de nos membres » lui annonça-t-elle avec fermeté, s'assurant de son immunité et de sa revendication par la même occasion.

Tanya écarquilla les yeux. Elle lâcha un rire étonné avant de frapper dans ses mains.

« Félicitations, je suppose ? ».

Esmée lui offrit un sourire crispé.

« Merci ».

« Oserais-je abuser de notre amitié si je me permettais de la rencontrer ? Elle fera bientôt partie de notre grande famille, après tout et il n'est jamais trop tôt pour créer des liens » leur fit-elle remarquer.

Esmée sembla vouloir refuser. Sa bouche se tordit légèrement, hésitante et surtout redoutant les conséquences qui découlerait d'une telle décision. Elle se tourna légèrement vers Bella et la regarda avec hésitation.

« Non » grogna Rosalie.

Bella s'avança et entrelaça leurs mains. Rosalie tressaillit aussitôt et lui jeta un regard interloqué. Bella lui offrit un sourire rassurant avant de la tirer doucement avec elle. Elles dépassèrent les Cullen et se postèrent à coté d'Esmée qui fixait leurs mains liées avec un mélange d'amusement et de bonheur. Esmée releva la tête et autorisa Tanya à s'approcher.

Cette dernière se matérialisa aussitôt devant elle. Bella sursauta de surprise, ne l'ayant pas vu bouger. Rosalie se hérissa aussitôt et poussa Bella derrière-elle.

Tanya émit un rire, amusée par la situation. Elle s'empressa de lever les mains en l'air.

« Je ne voulais pas lui faire peur. Je ne pensais pas que j'avais bougé si vite. Toutes mes excuses » Rosalie continua de la fixer sans bouger d'un cil, le regard menaçant. Le visage de Tanya s'adoucit et elle ajouta : « Allons, Rosalie… Nous sommes de vieilles amies. Tu sais que je ne lui ferais pas de mal ».

Rosalie la fixa encore un instant avant de céder. Elle baissa le bras et permit à Bella de s'avancer à nouveau. Le regard de Tanya tomba sur elle. Elle lui offrit un large sourire qui laissa entrevoir ses crocs aiguisés.

Bella frissonna.

« Bonjour, Bella. Ravie de te rencontrer » ronronna-t-elle presque en tendant la main.

Bella hésita un instant avant de s'en emparer.

« B-bonjour ».

Les doigts pâles de Tanya se refermèrent sur sa peau et s'y attardèrent. Rosalie finit par grogner. Tanya lâcha aussitôt sa main non sans y ajouter une dernière pression. Tanya se redressa et lui lança un clin d'œil.

« Quelque chose me dit que nous allons bien nous entendre ».

Bizarrement, Bella n'en fut pas aussi sûre.