N/A : Bella se pose de plus en plus de questions et Rosalie se ramollit...

N/A2 : Le prochain chapitre sera haut en couleurs ! Entre un rapprochement Rosalie/Bella et l'arrivée d'une menace... Les choses vont se corser très vite mais je n'en dis pas plus héhé...

Bonne lecture.


Chapitre 13

Je ne peux pas tomber amoureuse d'une vampire… , se répéta-t-elle en marchant autour du périmètre d'un pas crispé, … Je ne peux tomber amoureuse d'une-

C'était le mantra qu'elle se répétait depuis sa conversation avec Jasper. Tout s'emmêlait dans sa tête et elle s'était mise à interpréter d'une nouvelle manière toutes les interactions qu'elle avait pu avoir avec Rosalie. Elle avait l'impression que sa tête allait exploser sous l'afflux d'information et de réflexion. Et pour être tout à fait honnête aussi, elle avait l'impression qu'elle allait devenir folle si elle continuait à penser à Rosalie.

Un ours bondit brusquement devant elle et grogna violemment. Bella poussa un hurlement de terreur et frôla la crise cardiaque. Elle recula d'un bond et tomba dans la neige. Une vive douleur traversa sa cheville.

Un rire bruyant lui fit relever la tête. Elle écarquilla les yeux en croisant le regard hilare d'Emmett. Il était pliait en deux, la main pressée contre son ventre.

« T-ta tête… C'était… Tu... » ria-t-il sans réussir à formuler une phrase cohérente, perdu dans son accès d'hilarité.

Bella lui lança un regard noir, les dents serrées.

« Tu es un idiot ».

« Je suis un génie ! » la corrigea-t-il en faisant mine d'essuyer de fausses larmes.

Bella roula les yeux. Elle se releva lentement mais étouffa un cri de douleur dès qu'elle s'appuya sur son pied gauche. Elle perdit l'équilibre et commença à basculer vers le sol. Mais cette fois-ci, Emmett la rattrapa à temps.

« Tu as mal quelque part ? » paniqua-t-il.

Bella serra les dents pour se forcer à ne pas pleurer.

« Ma cheville » dit-elle avec difficulté, la gorge nouée « Elle me fait mal. Je crois qu'elle ait foulé ».

Emmett écarquilla les yeux.

« Putain. Ils vont me tuer ».


Carlisle s'agenouilla en face d'elle, examina avec une attention scientifique sa cheville gonflée et se redressa avec un raclement de gorge.

« Elle est foulée » décréta-t-il, l'air grave.

« C'est que ce que j'ai dit » marmonna Bella, enfoncée dans le dossier du canapé.

Esmée pressa une main contre sa poitrine et poussa un halètement affligé. Rosalie sembla être sur le point de commettre un meurtre. Les visages des autres Cullen s'assombrirent.

Emmett s'avança d'un pas vers elle, l'air sincèrement navré.

« Je suis tellement désolé, Bella. Je ne pensais pas que tu te ferais mal. Si j'avais su, je me serais abstenu de te faire peur ».

Bella haussa les épaules.

« J'ai toujours été maladroite ».

Rosalie attrapa le col du polo du jeune homme et le tira dans une autre pièce. Ce dernier trébucha derrière elle, le regard rivé sur le sol. Bella les fixa disparaître avec un froncement de sourcils inquiet.

« Ne devriez-vous pas les suivre ? » leur demanda-t-elle.

Le visage d'Esmée se durcit.

« Emmett t'as fait du mal. Il doit être puni ».

Bella se raidit aussitôt.

« C'était juste un stupide accident. Il n'a pas fait exprès ».

« Emmett n'est pas un enfant. C'est un adulte qui possède de grandes facultés physiques. Il doit apprendre à se comporter de manière plus réfléchie et plus responsable » rétorqua Esmée.

Bella se força à se relever sur une jambe.

« Tu ne devrais pas- » commença Carlisle, consterné.

« Je m'en fiche » le coupa-t-elle sèchement.

Elle clopina maladroitement jusqu'à la sortie du salon sous les yeux ébahis des Cullen. Bella fit de son mieux pour ne pas tomber. Elle ne tenait pas vraiment à se fouler l'autre cheville. Elle s'aida du mur pour avancer, l'air déterminé.

« Ne lui fais pas de mal, Rosalie » lui dit-elle sans forcer la voix, sachant que la jeune femme l'entendrait peu importe sa position dans la maison.

Un grognement étouffé lui répondit. La seconde suivante, Rosalie se matérialisa devant elle avec un regard sombre et mécontent. Bella broncha légèrement et se redressa du mieux qu'elle put, le menton levé.

« Je ne veux pas que tu le… punisses ».

Rosalie serra les mâchoires. Un éclat dangereux traversa son regard.

« Il t'a blessé ».

« Il n'a pas fais exprès » insista Bella.

Rosalie la fixa longuement avant de faire mine de se détourner d'elle, semblant juger inutile d'avoir cette conversation avec elle. Bella paniqua et fit la seule chose qui lui traversa l'esprit. Elle poussa un faux cri de détresse et se força à perdre l'équilibre. Son corps bascula rapidement dans le vide. Rosalie la rattrapa avant qu'elle ne percute le sol. Elle enroula un bras autour de sa taille et la ramena fermement contre elle.

La bouche froide de Rosalie effleura son oreille.

« Idiote » grogna-t-elle.

Bella frissonna.

« N'inverse pas les rôles. Tu es toujours la plus idiote de nous deux ».

Rosalie se raidit et fit mine de vouloir la repousser. Bella réagit instinctivement encore une fois et agrippa sa nuque. Ses doigts s'entremêlèrent à ses cheveux infiniment doux et s'enfoncèrent dans sa peau dure. Rosalie se figea.

Bella posa son front contre son épaule.

« Ne fais pas ça… S'il te plaît » murmura-t-elle.

Le corps de Rosalie trembla brièvement contre le sien.

« Idiote » répéta-t-elle, plus doucement.

Bella déglutit.

Je ne peux pas tomber amoureuse d'une vampire, je ne peux pas tomber amoureuse d'une vampire…


« Tu devrais te méfier ».

Bella se raidit et leva la tête de son livre. Elle était assise dans la pièce consacrée aux arts, emmitouflée d'un léger plaid qui sentait l'odeur de Rosalie. Cette dernière n'avait jamais voulu admettre que c'était elle qui l'avait déposé sur son lit. Mais Bella reconnaîtrait son odeur entre mille.

Edward hésita un court instant avant de s'avancer dans la pièce, une main enfouie dans la poche de son pantalon cintré. Bella pouvait lui reprocher toutes sortes de défauts et de critiques. En revanche, elle ne pouvait s'empêcher d'admirer sa toilette toujours remarquablement propre et soigné. Excepté ses cheveux aux reflets cuivrés qui semblaient toujours mener une bataille entre eux.

Bella enfonça son menton dans le creux de sa paume, un sourcil haussé.

« Si je t'écoutais, il faudrait que je me méfie de ma propre personne, Edward » railla-t-elle.

Le jeune homme écarquilla légèrement les yeux avant de grimacer. Il tira une chaise du dessous de la table d'étude et prit place dessus.

« Je n'irais pas jusqu'à une telle extrémité bien que ce ne serait pas une pensée totalement dénuée de sens. Après tout, nous sommes souvent notre propre Némésis » lui fit-il remarquer, un sourire amer sur les lèvres et une lueur sombre dans le regard « Cependant, ce n'est pas le sujet dont je voulais te parler ».

« Qu'en est-il alors ? ».

« Je sais que tu as développé un certain… attachement pour Rosalie. Ce n'est un secret pour personne puisque vous êtes presque toujours fourrées ensemble » marmonna-t-il, l'air renfrogné. Bella se contenta de le regarder avec amusement sans en prendre offense « Mais tu devrais te méfier d'elle ».

Bella fronça les sourcils.

« Plus que de tous vos autres ? » se moqua-t-elle.

« Oui, bien plus que nous autres. Tu as pu constater que Rosalie n'est pas comme nous. Son comportement ingrat et irrespectueux tend à créer des conflits au sein de notre famille. Elle ne peut pas s'en empêcher. Elle doit toujours tout gâcher. Elle ne supporte pas que les autres puissent être heureux et en paix » expliqua-t-il, le poing serré et posé sur la table.

« Peut-elle qu'elle a de bonnes raisons de ne pas le supporter ? » émit Bella.

Edward fronça les sourcils.

« J'apprécierais de ne pas devoir me disputer avec toi au sujet de notre nature. Je ne suis pas souvent en accord avec Tanya mais je ne peux que me rallier auprès de son avis lorsqu'elle dit que tout est une question de perspective. Restons concentrés sur Rosalie, s'il te plaît ».

Bella s'enfonça dans son fauteuil et croisa les bras contre son torse, l'air renfrogné.

« Et j'apprécierais de ne pas devoir me disputer avec toi au sujet de Rosalie, Edward » répliqua-t-elle.

Edward grimaça.

« Tu ne la connais pas comme moi je la connais. Rosalie a toujours eu un comportement auto-destructeur et destructeur. Je serais disposé à le lui pardonner si elle ne gâchait pas la vie des gens que j'aimais ».

Bella soupira lourdement et frotta ses tempes.

« Où veux-tu en venir, Edward ? ».

Le jeune homme se pencha vers elle, l'expression fébrile et passionné.

« Tu dois t'éloigner d'elle avant qu'il ne soit trop tard. Votre collaboration est vouée à l'échec. Rosalie le cache peut-être bien pour l'instant mais elle finira par sombrer dans ses vieux travers. Elle finit toujours par tout gâcher » insista-t-il fermement.

Bella secoua de la tête.

Elle sentait la colère monter en elle à mesure qu'Edward continuait à discréditer Rosalie. Elle ne connaissait peut-être pas la blonde depuis très longtemps mais c'était la seule à avoir tenté de la sauver. La seule à l'avoir aidé à s'échapper au détriment de sa propre personne. Elle s'était mise en danger pour elle.

« C'est inutile de continuer ta compagne de dénigrement. Je ne partage pas ton avis » lui déclara-t-elle sur un ton ferme et intransigeant.

Le visage du jeune homme s'assombrit. Son poing se crispa sur la table.

« Elle a détruit Emmett. Et avant lui, elle m'a détruit » lâcha-t-il brusquement.

Bella releva la tête.

« Que veux-tu dire ? ».

Le visage d'Edward s'assombrit encore plus.

« Elle s'est servie de nous. Elle nous a utilisé comme des jouets. Elle nous a fait croire que nous avions de l'importance à ses yeux, elle nous a bercé de fausses illusions et puis, une fois lassée de nous, elle nous a jeté comme des objets inutilisables. Elle a supplié mère de transformer Emmett parce qu'elle affirmait qu'il était destiné à être à elle. Mais ce n'était encore qu'un autre de ses caprices. Il n'a suffit que de quelques semaines pour qu'elle se lasse de lui et ne s'en détourne » Edward secoua de la tête laissa échapper un rire sec, dénué de joie « Je dois lui concéder cela elle a un don pour réussir à charmer son entourage ».

Bella le fixa longuement, bouleversée par ce qu'il venait de lui dévoiler. Elle avait du mal à concilier la Rosalie qu'elle connaissait à la Rosalie que Edward venait de lui décrire. Rosalie n'avait jamais essayé de la charmer ou de la manipuler. Bien au contraire, elle s'était toujours appliquée à la tenir à distance. Edward s'aperçut qu'elle était en train de douter de la véracité de son récit et s'empressa de reprendre :

« Emmett pourra corroborer mon histoire. Il a encore plus souffert que moi de son comportement méchant et méprisant. Il était vraiment attaché à elle. Il a mis du temps à surmonter ses sentiments et à aller de l'avant ».

Bella fronça les sourcils.

Elle avait encore plus de mal à imaginer qu'Emmett et Rosalie avaient pu entretenir la moindre relation romantique. Mais c'était probablement dû à ses propres sentiments qui semblaient altérer son jugement plus qu'elle ne l'avait pensé au premier abord.

« Je lui parlerais » finit-elle par dire.

Edward se détendit et hocha de la tête, satisfait par sa réponse.


Bella passa toute une après-midi à espionner Emmett.

Elle n'avait pas réussi à surpasser sa surprise et son incrédulité. Elle avait toujours du mal à accepter que lui et Rosalie avaient pu sortir ensemble comme un véritable couple. Même le terme de couple tendait à la hérisser.

C'était tellement étrange.

Ils étaient aux antipodes de leurs personnalités. Emmett était excessivement bruyant – surtout pour un vampire, joyeux et farceur au possible. Il était brusque dans ses gestes et ne connaissait vraisemblablement pas l'art de la subtilité.

Rosalie était mystérieuse et en retraite, même secrète. Une aura de noirceur semblait toujours planait autour d'elle. Elle détestait tout le monde – ou s'appliquait à le faire croire, et ne perdait jamais une occasion pour le clamer haut et fort. Elle semblait même se prélasser dans son rôle de rebelle, toujours en opposition avec les autres. Jamais en accord.

Comment avaient-ils pu-

Le doigt d'Emmett s'enfonça lentement dans son front.

« Hé, arrête de me fixer comme ça. Je vais finir par croire que tu es amoureuse de moi et j'ai déjà trop de prétendantes pour pouvoir te gérer. Bien que… Je pourrais peut-être faire une exception pour toi » l'avertit-il en secouant ses sourcils.

Bella rougit légèrement et frappa sa main. Il ricana et se laissa tomber à coté d'elle. Ils étaient assis sur les marches du perron du chalet.

« Je ne te fixais pas » marmonna-t-elle.

Emmett renifla.

« T'étais carrément en train de me fixer. J'ai même cru que t'essayais de me voir à travers mes vêtements ».

Bella rougit encore une fois.

« Je ne faisais pas ça ! C'est faux ! ».

Emmett lâcha un autre rire à gorge déployée, la main posée contre sa cuisse épaisse. Bella la regarda avec une fausse contrariété.

« Arrête de te moquer de moi ».

Emmett se força à calmer son hilarité et leva légèrement les mains en l'air.

« D'accord, d'accord, je suis désolé. C'est juste tellement facile de t'embêter, Bella » ricana-t-il en secouant de la tête « Comment va ta cheville ? ».

Bella haussa les épaules.

« Bien. Elle se rétablit ».

Emmett hocha de la tête avec soulagement.

« Cool ».

Ils se mirent à contempler le coucher de soleil en silence, l'air pensif. Bella ne put s'empêcher de l'observer du coin de l'œil, l'air curieux. Elle hésita un long moment avant de se jeter à l'eau.

« J'ai une question ».

Emmett haussa un sourcil.

« Je t'ai déjà dit que j'avais déjà trop de prétendantes, Bella ».

Bella ne put s'empêcher de sourire. Elle le bouscula de l'épaule en veillant à ne pas se faire de mal. Elle ne tenait pas à se déboîter l'épaule aussi.

« Tais-toi, idiot. Je suis sérieuse. J'ai vraiment une question à te poser concernant toi et… Rosalie ».

Emmett se raidit légèrement.

« Oh… Cette question ».

Bella le fixa d'un air inquisiteur.

« Edward m'a raconté que vous aviez eu une relation tous les deux. C'est vrai ? » le questionna-t-elle en espérant à moitié qu'il réfuterait.

Mais Emmett hocha de la tête, l'air brusquement grave. Il baissa les yeux vers ses pieds.

« Ça n'a pas duré longtemps. Nous n'étions pas faits pour être ensemble finalement ».

« Est-ce qu'elle t'a mal traitée ? » lui demanda-t-elle doucement.

Emmett fronça les sourcils.

« Je suppose que Edward n'a pas hésité à grossir le trait pour dénigrer Rosalie. Mon frère a toujours eu un penchant pour les lamentations et ses rancunes sont tenaces. Il n'a jamais réussi à surmonter le rejet de Rosalie. Il en a pris pour son grade lorsqu'elle a refusé d'être sa compagne ».

Bella sentit ses yeux s'écarquiller.

« Edward voulait que Rosalie soit sa compagne et Rosalie a refusé ? ».

Emmett hocha de la tête.

« Edward a toujours eu une haute estime de lui. Il ne pensait pas qu'il était possible qu'on lui refuse quelque chose jusqu'au jour où Rosalie la fait redescendre sur terre ».

Bella laissa échapper un soupir incrédule.

« Incroyable ».

« Et quant à moi... » Le visage d'Emmett s'attrista légèrement « C'est vrai. J'aimais beaucoup Rosalie. Je pensais vraiment que nous étions destinés à être ensemble. Mais Rosalie ne pensait pas la même chose. Nous nous sommes séparés en bons termes cependant ».

« Je suis désolée, Emmett ».

Le jeune homme secoua de la tête et posa une main étonnement douce sur son épaule.

« Ne le sois pas. Ça arrive tous les jours. Je suppose que la vie nous réservait simplement un autre sort et je commence à mieux comprendre aujourd'hui ».

Bella hocha de la tête avec compréhension.

Un silence confortable s'installa autour d'eux. Ils se remirent à contempler le coucher de soleil. Bella observait pensivement les différentes de nuances de couleurs qui s'étiraient dans le ciel.

« Si j'ai un conseil à te donner c'est de ne pas faire l'erreur d'écouter tout ce que te dit Edward, surtout concernant Rosalie. Et… accroche-toi à elle. Elle le mérite » lui offrit le jeune homme, une lueur étonnement douce dans le regard.

« Ça fait deux conseils » lui fit-elle remarquer.

« Le premier était officiel et le deuxième était disons… officieux. C'est un secret entre nous deux » expliqua-t-il avec un regard complice.

Bella lui sourit.