AVANT MINUIT

One-shot sur "Pirates des Caraïbes"

Disclaimer : rien n'est à moi

Genre : romance

Rating : T

Pairing : Sparrabeth ( Jack Sparrow / Elizabeth Swann ) , Norrybeth ( James Norrington / Elizabeth Swann )

Résumé : Alors que la famille Swann fête le réveillon du nouvel an, Elizabeth, fiancée à James Norrington, reçoit une étrange invitation de la part de Jack Sparrow… Sera t'elle capable de prendre une décision avant que minuit ne sonne?

Se situe après "Pirates 1" sans tenir compte de la fin du film.

La soirée s'annonçait pour le moins festive, dans la demeure des Swann.

Il faut dire que, au delà du fait qu'à minuit, l'année allait changer, le gouverneur Swann allait avoir le privilège de présenter sa fille, sa chère Elizabeth, à un de ses frères, venu tout droit de Londres pour visiter la ville de son frère Weatherby. Les deux hommes ne s'étaient point vus depuis près de vingt ans, un peu avant la naissance d'Elizabeth, ce qui bien sûr expliquait pourquoi la jeune femme n'avait jamais rencontré son oncle; et le gouverneur avait eu l'immense joie de savoir que son frère allait enfin venir pour rencontrer sa nièce. Sa joie était d'autant plus immense que depuis peu, Elizabeth était la fiancée du très distingué commodore James Norrrington, qui était lui aussi également invité pour le repas de famille organisé par les Swann, chose logique puisque James allait faire partie intégrante de cette famille. C'était donc l'occasion de réunir enfin les frères Swann, mais aussi de faire les présentations des deux fiancés avec l'oncle de la future mariée...

C'est donc dans une ambiance festive à la manière de la noblesse de Port-Royal que devait se dérouler ce réveillon, et Elizabeth, occupée à être apprêtée pour le dîner par ses domestiques, avait hâte de rencontrer son oncle et de retrouver son fiancé pour la soirée... Il faut dire que les deux futurs époux n'avaient guère l'occasion de passer du temps ensemble, en raison non seulement des activités prenantes du poste occupé par James, mais aussi du fait que, de l'avis partagé de ce dernier et de Monsieur Swann, mieux valait éviter les rencontres de trop longues durée entre deux fiancés afin d'éviter les tentations qui, si elles étaient assouvies avant le mariage, pourraient nuire à la respectabilité de James et à l'honneur d'Elizabeth... La jeune femme n'avait d'autres choix que d'accepter cette règle, mais cela ne lui convenait pas du tout: elle voyait bien les regards d'envie et de désir que lui portait son fiancé et elle avait bien tenté à plusieurs reprises de faire fi de ces convenances qu'elle trouvait bien trop austères, mais elle s'était à chaque fois heurtée à un refus et elle commençait vraiment à s'impatienter face à ce protocole étouffant. Elle savait pourtant que James était fort épris d'elle, et, s'il n'avait pas été aussi froid à cause de tout ces règlements qu'il appliquait à la lettre, elle aurait pu, elle aussi, éprouver pour lui plus que du simple respect.

Malheureusement, depuis leur aventure avec des pirates, James, ainsi que le gouverneur, étaient devenus plus regardant aux vues des convenances. Pour protéger Elizabeth, qui était apparue bien trop imprudente et bien peu obéissante pour une femme de son rang; et à présent elle se sentait encore plus "étouffée" qu'avant, mieux surveillée, davantage cadrée... Et petit à petit elle sentait que pour avoir pris un peu de liberté, elle en avait de moins en moins...

Cette situation, à vrai dire, pesait de plus en plus sur le moral de la jeune femme.

Depuis sa tendre enfance, elle n'avait eu de cesse de rêver d'aventures, de liberté, elle s'était fascinée pour les pirates, et lorsqu'elle avait, bien malgré elle, été entrainée dans une de ces aventures qu'elle lisait plus jeune, elle s'était encore plus sentie l'âme d'une aventurière, elle avait désobéi ouvertement à ce qu'elle était censée faire, à plusieurs reprises au cours de cette aventure. Et même ses fiançailles avec James avaient un goût étrange de piraterie: si elle avait accepté sa demande en mariage, c'était dans le but de sauver son ami Will des griffes des pirates maudits, alors que ce dernier s'était lui-même en quelques sortes "accoquiné" avec des pirates pour la sauver... Tout cela n'était guère conventionnel, et elle en avait parfaitement conscience. Elle le savait, ce n'était qu'un mariage de raison et arrangé en quelques sortes, un mariage qui n'avait rien de réellement amoureux ni de très honnête, en tout cas en ce qui la concernait, car James lui, était honnête et amoureux. Il le savait en partie, il avait deviné le manège d'Elizabeth, il la savait parfois attirée par les pirates, mais il l'aimait trop pour faire marche arrière et ne plus la vouloir pour femme, l'aventure terminée ils s'étaient donc fiancés mais jamais Elizabeth n'avait su oublier ces quelques journées où, pour la première fois, elle s'était senti libérée du poids des convenances, libre de faire ressurgir d'elle-même des côtés quelques peu... Obscurs...

Et en cette soirée de festivités, qui n'était pas sans lui rappeler le jour de la demande en mariage du commodore, elle songeait que décidemment, un peu de fantaisie et de liberté ferait le plus grand bien à sa vie... Ce soir, elle était décidée à faire à James une demande qui allait peut-ètre lui permettre d'obtenir cela, du moins un peu car une future épouse de commodore n'aurait jamais autant de liberté que ce qu'elle en avait eu pendant ces quelques jours qui hantaient sa mémoire...

Alors que la jeune femme s'apprêtait à descendre au salon afin d'y rejoindre son père, elle entendit un petit bruit étrange du côté de sa fenêtre, ça aurait pu ètre le bruit du vent si seulement il y en avait eu ce jour-là, mais ce n'était pas le cas et elle s'approcha instinctivement de la fenêtre avant de s'apercevoir qu'il y avait sur le rebord de celle-ci, ce qui resemblait à un papier plié, posé juste là... Elle fronça les sourcils, persuadée que ce papier n'avait pu arriver là tout seul et elle ouvrit la fenêtre, regardant partout autour d'elle. Elle se doutait que cela aurait pu être d'un quelconque danger mais sa curiosité était plus forte que tout et elle restait à scruter les alentours, le cœur un peu battant à l'idée de découvrir quelque chose ou quelqu'un... Mais, il n'y avait rien ni personne et ce fut presque par dépit qu'elle se décida à déplier la "lettre" pour y lire le contenu... Elle ne reconnut par l'écriture mais aux premiers mots elle comprit immédiatement de qui cette lettre pouvait provenir et elle s'empressa de lire chaque mot, ne pouvant que difficilement croire à ce qu'elle voyait.

" Elizabeth, j'adore les mariages et je suis navré de savoir que je ne serai pas invité au vôtre, à moins que je ne m'y invite moi même ou que je vous invite à ne pas y assister… Vous êtes trop libre pour vouloir ce mariage Lizzie... Vous avez bien d'autres rêves et bien d'autres envies que de vouloir vous obliger à vivre toute une vie comme une épouse modèle devant obéir à toutes sortes d'étranges règles... Je vous connais Lizzie, vous n'êtes pas faite pour ça... Un cygne n'a rien à faire en cage, pas plus qu'un moineau...

Que voulez-vous réellement? Lorsque minuit sonnera, vous serez dans l'année de votre mariage, l'année où tout va changer... Mais elle peut changer différemment... Je suis à quelques encablures, avec le Pearl, et je n'attends que vous. Je prendrai le large à minuit. Quelle année voulez-vous passer Lizzie? Avec votre cher prince Norrington... Vous en êtes sûre?

Capitaine Jack Sparrow"

Elizabeth resta devant la fenêtre de longues minutes, la lettre en main, se demandant si elle rêvait ou si Jack Sparrow était réellement à quelques encablures de là. C'était probablement le cas, sinon jamais cette lettre n'aurait attéri là et elle le savait. Le coup de la surprise passé, elle rangea soigneusement la lettre et referma la fenêtre avant que quelqu'un ne s'apercoive de quelque chose, puis elle soupira et se décider à rejoindre son père qui d'ailleurs l'appelait. Elle se sentait particulièrement troublée, car jamais elle n'avait pensé revoir le pirate, et cette idée de le savoir si près déclenchait en elle un sentiment de malaise, non pas parce qu'elle ne voulait pas le revoir ni parce qu'elle avait peur, mais au contraire parce que la lettre et la proposition du Capitaine Sparrow faisaient écho à ce qu'elle avait ressenti depuis ces dernières semaines... Le manque de liberté qui l'étouffait, ce mariage dont elle n'avait pas envie... Et lui, Jack, lui proposait justement de revenir à cette liberté, de vivre autrement... Etait-elle prête à pareille folie, elle ne le savait pas, mais l'image du pirate était désormais bien présente dans son esprit et elle en était particulièrement troublée...

"Elizabeth! Tu es vraiment resplendissante, le Commodore sera si heureux de te voir si belle! Et tâche de ne pas te montrer trop dissipée ce soir, ton oncle aime que son entourage ait le sens des convenances!"

Elizabeth fit un signe de tête positif à son père en se forcant de sourire, mais au fond d'elle ce diner l'ennuyait déjà. Son oncle l'ennuyait déjà, et elle se sentit soudain comme dans un monde trop étroit pour elle, comme si finalement elle n'avait jamais vraiment aimé respecter toutes ces consignes, comme si finalement...

"Vous n'êtes pas faite pour ça Lizzie..." les paroles de Jack lui revenaient en mémoire et de nouveau faisaient écho à ses ressentis. En fait, c'était ce qu'elle ressentait depuis que Jack lui avait parlé de la liberté, quelques mois auparavant, lorsqu'ils avaient échoué sur cette ile... Et depuis, ces paroles avaient grandi en elle jusqu'à ce qu'elle ne se sente complétement étouffée, elle manquait d'air autant que lorsqu'elle avait porté ce corset si serré qu'elle en était tombé inconsciente à la mer... Et c'est Jack qui l'avait sauvé, qui lui avait retiré ce corset pour qu'elle puisse respirer... Et si c'était Jack qui pouvait de nouveau la faire respirer...

"Elizabeth? Tout va bien?"

La jeune femme sursauta légèrement à la question de son père, alors que le diner avait commencé. Elle avait été présentée à son oncle, puis James était arrivé à son tour, et après de maintes et maintes minutes de présentations mondaines, tout ce petit monde de la haute société s'était retrouvé autour de ce banquet de réveillon, mais tout paraissait ennuyeux aux yeux d'Elizabeth.

Son oncle s'était avéré beaucoup moins agréable qu'elle ne l'aurait espéré, même le Gouverneur avait eu du mal à reconnaître son frère en cet homme hautain et désagréable, qui n'avait de cesse de faire des réflexions parfois bien peu sympatiques. Depuis que les deux frères ne s'étaient pas vu, tout avait changé, et ces retrouvailles s'étaient finalement transformées en déception... Elizabeth, agacée, avait bien vite décroché de ces conversations ennuyeuses, et ses pensées s'étaient de nouveau tournées vers cette lettre... Vers Jack...

Mais elle n'était pas prête. Du moins pas encore, ou peut-être ne le serait-elle jamais, car même si elle rêvait de partir à l'aventure, elle savait aussi qu'elle n'avait jamais vécu autrement que comme une femme de haut rang et que ce n'était pas les quelques jours qu'elle avait passé avec des pirates - en otage qui plus est - , qui pouvait faire d'elle une aspirante pirate ou aventurière. Elle aurait presque rit de la situation si elle ne s'était pas sentie si oppressé. Était-elle trop rêveuse, tout comme l'enfant qu'elle était lorsqu'elle lisait fascinée les aventures des pirates ?

Mais parfois les rêves pouvaient devenir réalité, elle en était sûre. Et la lettre de Jack n'était-elle pas l'opportunité qu'il fallait avoir le courage de saisir pour tenter de s'approcher de ses rêves ?

En réalité, elle aurait aimé tout simplement pouvoir partir, ce soir même, tester la vie sur le Pearl quelques temps, et pouvoir revenir si ça ne lui convenait pas. Mais elle doutait que tout ce passerait si bien si elle faisait cela, tout ce qu'il risquait d'arriver était qu'elle inquiète atrocement les siens qui partiraient aussitôt à sa recherche et finirait par prendre d'assaut le Pearl pour la ramener à Port-Royal en la pensant tout simplement prisonnière ( et il allait sans dire qu'elle ne leur dirait pas être partie de son plein grès pour « tester » la vie de pirate !) .

Il n'y avait donc aucune solution hormis oublier cette fichue lettre.

Tentant de revenir un peu dans « l'ambiance » du diner, elle vit soudainement James se lever et s'éclipser en s'excusant, profitant d'une pause dans le repas de ce long réveillon. Sans hésiter, elle se leva à son tour, prise d'une soudaine envie d'aller parler à son fiancé pour lui faire la demande incongrue dont elle avait eu l'idée dans la journée. C'était le bon moment, et s'il acceptait, alors il n'y aurait plus besoin de penser à la lettre de Jack et elle pourrait célébrer la nouvelle année bien plus joyeusement.

« James ! James ! »

S'écria la jeune femme en courant pour rattraper son fiancé dans l'un des couloirs de la demeure.

Le commodore se retourna, surpris de la voir le suivre, et lui sourit.

« Elizabeth ? »

Cette dernière lui fit son sourire le plus éblouissant, essayant de mettre toutes les chances de son côté pour qu'il accepte sa demande. Elle était nerveuse mais excitée tout à la fois, comme si les secondes à venir pouvait changer sa vie.

« James, je… Je voudrais vous parler… J'ai… J'ai quelque chose à vous demander, et je pense que ça ne peut pas attendre, ce serait merveilleux que nous prenions cette décision pour la nouvelle année ! »

James se troubla, tentant de comprendre de quoi elle pouvait bien parler, ce qui pouvait la rendre si joyeuse soudainement alors que la soirée avait été plutôt morne. Lui lançant un retard interrogateur, il lui prit amoureusement les mains.

« Dites-moi tout, ma chère… De quoi voulez-vous me parler pour la nouvelle année ? Avez-vous des projets pour notre couple ? Pour le mariage ? »

Elizabeth sourit et prit son courage à deux mains.

« Oui… À vrai dire, je pensais que nous pourrions partir en voyage, après le mariage, pourquoi n'irions nous pas visiter quelques unes de ces îles des Caraïbes ? Je ne connais que Port-Royal ici ! Nous pourrions même parfois voyager ensemble à bord de votre navire, je suis sûre que ce serait merveilleux… ! »

Le cœur d'Elizabeth bondissait à cette idée. Mais James, après l'avoir écouté attentivement, commença par froncer les sourcils avant de sourire doucement.

« Oh, Elizabeth… vos rêves d'océans sont si singuliers, tout comme vous, sans doute aussi pourquoi je vous aime, vous êtes si différente des autres femmes… Cependant, je ne peux accepter… Mon vaisseau est un vaisseau de guerre, de combat, et une femme ne saurait faire partie d'un voyage… Les îles des Caraïbes sont bien trop infestés de tout ces pirates, vous en savez quelque chose, je ne prendrai pas le risque de vous voir une seconde fois aux mains de ces pirates… «

Elizabeth ne se laissa pas impressionner et répondit avec véhémence :

« Mais les pirates n'attaqueront pas un navire de la Navy sans raison, si nous voyageons simplement, personne n'oserait attaquer un navire de la flotte ! Et je ne crains rien avec vous… Je vous en supplie James ! Je ne peux rester enfermée à Port-Royal toute ma vie ! »

James eut l'air presque peiné de voir comme sa fiancée parfois avait des rêves impossibles à réaliser.

« Les navires de guerre ne servent pas à se promener, ma chère Elizabeth… Et lorsque nous serons parents, vous ne pensez tout de même pas à voyager avec nos enfants sur des navires de la Navy, à moins qu'il n'y ait un réel but à nos voyages… Nous ne resterons pas toujours a Port-Royal, si un jour je me dois de déménager pour mon travail, vous ferez partie du voyage, je ne vous laisserai jamais loin de moi… Nous irons aussi en voyage lorsque nous visiterons nos familles, en Angleterre ! Rassurez-vous, nous organiserons ces voyages avec minutie afin que notre famille ne court aucun risque ! »

Elizabeth se sentit la gorge sèche.

« Et… Pour le voyage après les noces ? »

La réponse du commodore brisa ces derniers espoirs.

« Malheureusement je ne suis pas en mesure de quitter mon poste pour un voyage, Elizabeth, mes fonctions de commodore sont bien trop importantes pour prendre ce temps inutile ! Mais je vous promets de rentrer chaque soir à la maison pour vous retrouver chaque fois que je serai à Port-Royal, je vous le promets je prendrai du temps pour nous… »

James embrassa délicatement la main de sa fiancée avant de s'excuser et de s'éclipser pour retourner à la salle de réception où tout le monde devait les attendre.

Elizabeth, désespérée, se précipita vers lui en attrapant le poignet solide du militaire.

« Prouvez-le moi James… Faîtes-moi l'amour… »

James s'arrêta net, complètement pris au dépourvu par la demande si abrupte de sa fiancée. Subitement gêné que quelqu'un ait pu entendre, pour l'une des seules fois de sa vie, il eut presque l'impression de sentir ses joues rougir, et Elizabeth espéra l'espace d'un instant qu'elle avait suffisamment attiré son attention cette fois-ci.

Mais James avait beau l'aimer et la désirer très fort, il avait le sens des convenances et il était inenvisageable pour lui d'accepter cette demande.

« Votre impatience me flatte Elizabeth… Je vous promets de vous donner tout mon amour lors de notre nuit de noces… »

Elizabeth se retrouva seule dans le couloir alors qu'il la laissait, seule et en colère, seule et tremblante. Elle sentit les larmes monter à ses yeux, couler sur ses joues alors qu'elle serrait les poings. Oui, James l'aimait, mais pas comme elle voulait être aimée. Il la respectait, mais trop, et ça l'étouffait. Il pensait à sa sécurité, elle pensait à l'aventure. Il pensait à leur future famille, elle pensait à leurs nuits enflammées. Il pensait à faire des voyages occasionnels pour visiter leur famille, elle voulait voyager pour visiter le monde.

La déception était plus forte que tout. James ne comprenait pas ce qu'elle désirait si fort. Il voulait qu'ils vivent comme les autres, même si il l'aimait pour sa différence. Elle réalisa combien le fossé entre eux deux était grand. Combien ils n'étaient tout simplement pas fait pour être ensemble.

Désespérée, elle se sentit incapable de revenir au repas. Elle couru à l'extérieur, dans les jardins, espérant que personne ne viendrait la chercher trop rapidement. Elle avait besoin d'évacuer sa colère, marcher rapidement les poings serrés et pleurer librement.

Sans le voir vraiment, elle s'éloigna de la demeure. Une voix tout près d'elle la fit sursauter :

« Vous avez pris votre décision Miss Swann ? »

Elle sursauta, une main sur son cœur, mais sans réelle peur aussitôt qu'elle reconnut à qui était la voix. Elle en aurait presque oublié la lettre, et voilà qu'il venait se rappeler à son bon souvenir.

« Vous m'avez fait peur ! »

« Vraiment Milady ? Vous pourriez être plus agréable… »

répondit Jack d'une voix ironique en sortant de l'ombre, son plus beau sourire aux lèvres.

« Je me doutais que vous ne tiendriez pas toute la soirée… Ennuyeux n'est-ce pas ? Et à voir votre visage renfrogné et triste, j'imagine que quelque chose s'est mal passé… Votre fiancé ne vous aurait pas refuser une faveur j'espère ? »

Le visage d'Elizabeth se ferma.

« Ça ne vous regarde pas ! Vous êtes insolent et indécent ! »

Décidée à s'éloigner, elle commença à partir mais Jack la retint comme elle l'avait fait quelques minutes auparavant avec James.

« Votre fiancé est un idiot… il ne comprend rien à votre tempérament aventureux et passionné… Je vous assure que je ne ferai pas la même erreur que lui, si j'avais été à sa place, je vous aurais emmené sur le champs sur mon navire et vous aurais fait l'amour exactement comme vous en aviez envie… Quel idiot… »

Elizabeth, comme James quelques minutes auparavant, sentit le rouge monter à ses joues subitement.

« Comment… Comment.. Quoi ! Vous étiez en train de nous espionner ! Vous étiez dans la demeure ! Vous êtes fous ! »

« Pas fou Lizzie, juste curieux.. Je voulais juste voir le désastre de votre soirée, et à quel moment vous finiriez par craquer… »

« Vous êtes immonde ! Vous m'avez espionné alors que j'étais avec mon fiancé, vous avez attendu de me voir pleurer et craquer, alors que tout ceci ne vous regarde pas, ma vie ne vous regarde pas.. »

La fin de sa phrase fut stoppée par le retentissement des cloches qui annonçait minuit, le changement d'année. Elizabeth, horrifié de voir qu'elle n'était pas auprès des siens à cet instant, se précipita pour courir vers sa demeure mais Jack la rattrapa et avant qu'elle n'ait le temps de comprendre quoi que ce soit, elle sentit ses lèvres sur les siennes. Un baiser passionné, exquis, un baiser qui n'avait rien de commun avec ceux qu'elle avait déjà partagés avec James. Jack n'avait pas de retenue, de protocole à respecter, de désir à brimer. Jack lui faisait l'amour rien qu'à travers ce baiser, libre, fou et passionné comme lui.

Elizabeth dans sa surprise commença par ne pas réagir, mais très vite elle se surprit soudainement à répondre, ardemment, désespérément. Ses bras s'enroulèrent autour du cou du pirate et c'était comme si toute sa colère, toute sa frustration, tout son manque de liberté explosait à cet instant même.

Lorsque les douze coups de minuit s'arrêtèrent, Jack rompit le baiser avec une douceur qu'elle n'aurait jamais cru voir de lui et qui la fit frémir très fort…

« Bonne année Lizzie … »

Elle le regarda sans savoir que répondre. Elle était bouleversée.

« Je peux faire de votre année quelque chose de très différent de ce à quoi vous vous attendiez… Suivez moi Lizzie… Le Pearl… Vous et moi, moi et vous, nous…Et l'horizon… »

Elizabeth jeta un regard vers le domaine, où sa vie si monotone et son fiancé si sérieux l'attendaient. Puis, elle regarda Jack. Ce pirate excentrique qui lui proposait tout ce dont elle rêvait.

Elle ne pouvait pas décider tout de suite. Mais… Si elle suivait Jack juste pour cette nuit, juste pour une nuit, assouvir le désir qui couvait dans ses reins depuis qu'elle l'avait vu, assouvir son désir d'être désirée aimée et femme, ici, maintenant…

Et ensuite, elle pourrait choisir…

Oui, ce soir, elle avait le choix. Elle en avait assez qu'on la protège, qu'on pense sa vie à sa place. Alors ce soir, elle serait dans les bras d'un pirate.

Alors qu'elle s'emparait des lèvres de Jack à nouveau et qu'ils s'éloignaient ensemble de la demeure pour rejoindre le Pearl, elle se força à ne pas penser à ce qui se passerait au petit matin, ni à la décision qu'elle prendrait. Pour l'heure, elle voulait juste vivre. Vivre et profiter.

Et alors qu'il l'embrassait comme elle ne l'avait jamais été, Elizabeth songea que l'année ne pouvait pas mieux commencer.