Oropo et la Grande Déesse étaient tous les deux face à une grande porte épaisse, cadenassée et verrouillée. Elle avait la couleur du stasis : violet.

Elia' sortit une clé de la manche de sa robe et inséra cette clé dans le cadenas. En entendant un "clic", les chaînes en stasis qui entouraient la porte disparaissaient. La grande porte s'ouvrit toute seule. En entrant, une passerelle en wakfu apparaissait, on pouvait marcher dessus sans risque de tomber. Le reste de la prison était fait en stasis surtout en dessous de la passerelle en wakfu, un gouffre, il y avait une forte concentration de stasis. Un beau mélange de bleu et de violet. Les murs entourant la passerelle étaient faits de wakfu aussi, ce qui protège les visiteurs du stasis.

- Tiens, tiens, regardez qui voilà! pesta un prisonnier de classe ecaflip. C'est notre "chère" Elia', notre ancienne co-détenue!

- Alors, tu attaches encore un autre après ta libération? se moqua méchamment un autre prisonnier qui était un pandawa. Ce n'est pas très sympa dis-moi!

Les prisonniers étaient suspendus dans le vide, pieds et mains ou pattes menottés. Les chaînes étaient en stasis, les prisonniers ne pouvaient pas bouger et ils étaient dans un sale état.

"Voilà ce qui m'attendrait si jamais je recommençais. se dit Oropo."

Les prisonniers avaient beau parler à la Grande Déesse, soit par des compliments soit par des insultes ou des menaces, elle ne leur répondit pas. Elle les ignorait.

- Comme d'habitude, on parle encore à un mur...

- Un jour, toi et tes copains, vous allez le regretter! Ça, tu peux en être sûre!

Certains des prisonniers étaient en colère d'être ici et manifestaient leur colère par des hurlements tandis que d'autres pleuraient bruyamment ou en silence. C'était le cas d'une jeune fille qu'Oropo avait aperçu en passant devant elle. Elle avait dans les 14 ans, elle ne parlait pas, les yeux clos, les larmes coulant le long de ses joues.

Elle ne possédait pas de classe spécifique donc elle devait être certainement humaine. Elle ouvrit les yeux et vit l'eliotrope et la Grande Déesse. Lorsqu'Oropo voulut lui parler, Elia l'en empêcha.

- Ne lui parle surtout pas.

Puis ils continuèrent de marcher droit devant eux. La passerelle était en ligne droite et les prisonniers étaient suspendus des deux côtés. Oropo avait de la peine pour cette jeune fille. Qu'avait-elle fait pour en arriver là? Il posera la question à Elia quand il sortiront de cette prison. En regardant les détenus, il se demandait s'ils mangeaient ou buvaient car, en effet, ils n'étaient vraiment pas en forme, ils n'avaient que la peau sur les os mais ils étaient tout de même en vie. Oropo en profita que l'un d'eux soit endormi pour l'observer attentivement. Il remarqua un collier avec un tuyau translucide planté à l'arrière dans laquelle un fluide bleu y circula à faible quantité.

"Ils sont maintenus en vie grâce au wakfu." constata-t-il.

Une voix venant du gouffre alerta Oropo.

- SORTEZ-NOUS DE LÀ!

- ÇA BRÛLE!

Il se pencha pour mieux voir et vit avec horreur des prisonniers se "baignant" dans de la stasis pure.

- PAR PITIÉ, SORTEZ-NOUS DE LÀ! cria l'un d'eux à Oropo en se débattant comme s'il se noyait. ON SUPPORTE TRÈS MAL LA STASIS!

Oropo aimerait bien aller les aider mais il ne peut pas voler pour l'instant et Elia' le regardait avec sévérité signifiant l'interdiction de sauver les prisonniers sinon il y restera avec eux donc il ne pouvait rien faire. À part regarder. La jeune femme ignorait les cris de souffrance de ces pauvres prisonniers mais pas Oropo qui n'était pas insensible comme on pouvait le croire.

- J'AI MAL, J'EN PEUX PLUS, ÇA BRÛLE! hurla en continue un détenu sur le point de trépasser, consumé par la stasis, son corps était tellement incandescent de violet vif qu'on dirait une flamme vivante.

Un autre continua de hurler avec un mélange de colère et de tristesse.

- VOUS, LES DIEUX, VOUS ÊTES TELLEMENT CRUELS ENVERS LES MORTELS EN PLUS DE NE PAS LES ÉCOUTER! ARGH! ÇA BRÛLE! JE SUIS TROP JEUNE POUR MOURIR!

Les hurlements de douleur de ces pauvres prisonniers mettaient très mal à l'aise Oropo. Il demanda à Elia de sortir rapidement.

Une fois sorti, il respira très profondément, soulagé de ne plus entendre ces cris et cette souffrance. S'il était resté une seconde de plus, il se sentirait malade jusqu'à la limite vomir.

Après avoir refermé la grande porte de la prison, Elia lui proposa du thé en compagnie d'Eniripsa afin de soulager sa nausée.

- Je me sens mieux, merci. dit-il après avoir bu une bonne gorgée de thé au citron, quelques minutes plus tard. J'ai très bien retenu la leçon.

- Je t'en prie. Je suis désolée de t'avoir fait endurer la souffrance des prisonniers, s'excusa la Grande Déesse, mais il fallait te montrer que ce n'était pas que des paroles en l'air.

- Bof, rien qu'à entendre "prison divine", ça me fait déjà frissonner...

Puis il se rappela de ce qui l'avait intrigué.

- Au fait, la jeune fille, auquel vous m'avez interdit de parler, qu'est-ce qu'elle a fait?

Elia but une gorgée de thé.

- Elle avait voulu nous empoisonner. Tous.

Oropo failli recracher son thé en entendant "empoisonner". Il avait presque cru qu'on lui avait mis du poison dans sa boisson. Mais ce n'était pas pour lui.

- V-Vraiment? Et quel était son mobile?

- La même chose que toi : On n'avait pas écouté ceux qui prient et qui ont besoin d'aide. D'ailleurs, tous les prisonniers avant toi et elle voulaient notre peau pour cette raison.

- Comment a-t-elle fait pour vous rapprocher?

À cet instant-là, silence. Elia, gênée, hésitait à lui répondre, même chose pour Eniripsa qui regarda ailleurs. Oropo insista gentiment.

- Allez dites-moi, comment a-t-elle fait?

Les deux femmes restèrent silencieuses pendant un moment. Finalement c'est Eniripsa qui lui répondit.

- On avait envoyé une "petite" annonce disant chercher un homme ou une femme à tout faire de toute classe et ça à partir de 12 ans...

- Évidemment, ça était une erreur de notre part, compléta Elia toute rouge mais qui garda une émotion neutre digne d'une déesse, une GROSSE erreur. Une TRÈS GROSSE erreur. Une TRÈS TRÈS GROSSE ERREUR. Enfin bref, s'il n'y avait pas Eniripsa pour détecter le poison, on serait tous mort à l'heure qu'il est.

L'eliotrope but encore une fois une gorgée de thé tout en regardant Eniripsa qui semblait très fière de son exploit d'avoir sauvé ses amis.

La Grande Déesse poursuit.

- Durant son procès, elle avait expliqué que ses parents étaient gravement malades et qu'elle nous avait beaucoup prié pour qu'ils soient guéris mais comme à ses mots "rien ne s'était passé", tu sais ce qu'il s'est passé...

Et là, Oropo comprit.

- La pauvre! Elle s'est retrouvée toute seule du jour au lendemain...

- On était submergés par les prières, regretta Eniripsa, on n'avait pas pu intercepter celle de la petite à temps.

- C'est pour ça, ajouta Elia, que je t'ai dit qu'on ne pouvait pas être partout, qu'on avait des limites nous aussi.

- Je comprends. dit Oropo, compréhensif.

"J'ai vraiment cru qu'ils ne faisaient que de s'amuser au lieu d'écouter les mortels..."

Il n'avait pas oublié la petite scène dans la salle d'omnivoyance du Monde des Douze où Xélor et Sram était habillés en supporteurs en train d'encourager leurs équipes favorites de Boufbowl.