Oropo ouvrit son havre-sac et sortit le sac à provisions et la lettre restante. C'était ce qu'il pensait qu'il n'y avait qu'une seule de lettre restante mais en fait, il y en avait une autre collée sur celle-ci! En plus de la lettre pour Bump, il y avait une qui s'adressait à Oropo! Ce dernier ne pensait pas qu'il y en avait deux collées ensembles!
Il la lu :
« Cher Oropo,
Dernière minute! Ce n'est pas deux ou trois jours mais demain! En effet, les Dofus sont réapparus plus tôt que prévu! À l'heure où je t'écris, le jour se levait déjà et tu n'allais pas tarder à te réveiller et donc je ne voulais pas t'embêter. J'avais demandé à Feca de te donner cette lettre en main propre en même temps que la sienne car de mon côté, j'avais des occupations à faire...
Bref! Bonne chance pour ta quête, toi et tes amis!
P.S. : Sois prudent si tu trouves l'eliacube, utilises la boite que je t'ai donné si jamais tu le trouve quelque part dans le Monde des Douze... Je ne pensais pas qu'il pouvait se régénérer en même temps que les Dofus...
La Grande Déesse "Elia" Eliatrope»
Oropo replia la lettre et la rangea.
- Bon bah... La patronne a parlé : c'est demain.
- Cool! dit Yugo enthousiaste. Je suis encore plus impatient de partir!
- Ouais, moi aussi...
Yugo déroula la carte et un visage apparu dessus, c'était Grufon.
- Oh tiens! Salut Yugo! disait la carte shushu quand il se réveillait. Comment ça va depuis?
- Ça va, ça va. lui répondit tout naturellement l'eliatrope. On va partir à l'aventure dès demain avec Oropo.
- Qui?
Yugo lui montra son frère en emmenant la carte à lui.
- Ah... Mes salutations, alors, Oro... machin?
- C'est Oropo. le corrigea celui-ci.
- Au repos?
- NON! Oro. Po. Insiste bien sur le O de "ro"!
- Ah d'accord! Oropo. Eh ben, enchanté!
- On se connait déjà, Grufon...
- Hein?
Le shushu regarda Yugo sans comprendre.
- C'est une longue histoire, Grufon, on te racontera... Pour l'instant, on doit se préparer pour le voyage!
Il posa la carte bien ouverte sur le lit afin de garder contact avec le shushu qui semble un peu déboussolé et continua les préparatifs.
Tous les deux comptaient combien de kamas ils avaient pour voir s'ils avaient assez afin de s'acheter à manger et de dormir dans une auberge bien au chaud.
- Les autres doivent en avoir suffisamment de kamas, eux aussi... dit Yugo après avoir fini de compter.
- Oui, surtout ce vieux gripsou de Ruel!
Ils ricanèrent gentiment après ça.
- Bon bah... Je pense qu'on est prêt. déclara Oropo.
- On a de quoi manger? demanda Yugo.
Pour toute réponse, Oropo ouvrit le sac à provisions et en sorti des fruits : Poms, Pitayaïes, Bananagrums, Fraises et des baies...
- Tadaa! Cadeaux des Dieux!
- Génial! bondit le jeune garçon. On a de quoi tenir pendant quelques jours!
Il rangea ensuite dans le sac à provisions puis dans l'havre-sac.
- Hé, je n'ai jamais visité ton havre-sac... je peux?
- Bien sûr!
Et tout deux entrèrent dedans.
Derrière la porte de la chambre, Ruel avait tout entendu. Cela le rendait triste qu'il se fasse en quelque sorte remplacer par Oropo.
- Cool, ça sent bon! renifla Yugo. Ça sent meilleur que dans l'havre-sac de Ruel!
Pas en quelque sorte. L'enutrof soupira tristement.
- Alors là, vraiment, je sais où dormir quand on campera à la belle étoile! C'est sûr!
Ruel s'éloigna de la chambre en soupirant.
Pendant le déjeuner, Alibert remarqua que son ami n'était pas dans son assiette, il se pencha vers lui.
- Ça ne va pas, Ruel? s'inquiéta-t-il.
- Non pas trop... lui répondit-il tristounet, s'appuyant la tête avec son poing, regardant son assiette, en train de jouer un peu avec sa blanquette de bouftou avec sa cuillère.
- Tu peux peut-être en parler?
- J'sais pas...
- Allez vas-y, raconte!
- Bon...
Il leva les yeux et se confia.
- Je me sens comme... inutile.
Tristepin qui avait tout entendu et qui buvait de l'eau, à côté de l'enutrof, en recracha sous l'effet de la surprise.
- HEIN? hurla-t-il, vraiment choqué. Comment peux-tu dire ça?! T'es pas inutile, Ruel!
Alibert passa un coup de chiffon sur le comptoir là où le iop a recraché de l'eau.
- C'est ça qui te chiffonne? Pourquoi?
- Passé un certain âge, on se fait remplacer... allez, hop! À la poubelle! Hmm...
- Mais non, ne dis pas ça, Ruel! le réconforta Amalia. T'es pas inutile! Qu'est-ce qui te fait dire ça?
- Bah... J'ai surpris une conversation entre Yugo et Oropo... Ce dernier a tout prévu : de l'argent, des provisions en cadeaux et un havre-sac qui sent bon!
- C'est normal qu'il fasse ça, expliqua la princesse, il est prévoyant. N'oublie pas qu'il a dit qu'on partira demain pour la quête des Dofus. Et puis... question argent... tu vois... tu n'en dépense pas beaucoup!
- Je sais... Mais quand même! Un havre-sac qui sent bon quoi!
- Au moins, on n'aura pas le nez en feu quand on y entre! Haha! plaisanta Rubilax.
- Voyons le bon côté des choses, poursuit Evangelyne en donnant le biberon à son bébé, tu ne peux pas être inutile! La preuve : tu nous as sauvé la mise parfois. Comme jouer les appâts à Kelba pour attirer le corbeau noir (qui était Kabrok en réalité), tu nous as appris comment jouer au boufbowl...
Yugo, qui servait des clients, ajouta une pierre à l'édifice.
- Tu as réussi à battre le génie mangeur de kamas.
- Oui, et si tu n'avais pas été là, on n'en serai pas là aujourd'hui.
- C'est vrai...
- Oropo est juste un compagnon en plus, comme Ad', il ne te remplacera jamais!
L'eliotrope était dans les cuisines en train de préparer les plats pour les clients sans se douter ou presque de la baisse de moral de Ruel. Quand il eut fini et qu'il sortit des cuisines, après avoir donné les assiettes à Yugo qui servit les clients restants, il trouva un Ruel de bonne humeur et regonflé à bloc!
«Pendant un instant, j'ai cru qu'il était malheureux, j'suis content qu'il ait retrouvé l'appétit.»
Oropo prit sa pause déjeuner en compagnie de ses frères mais problème : Tristepin était là. Alors il s'assit parmi les clients avec Echo et Coqueline, au lieu de s'asseoir au comptoir, à fixer d'un regard noir le iop. Il n'avait toujours pas digéré la bagarre tofuesque qui lui avait coûté une fracture aux ailes. Ce regard pesait sur le jeune chevalier alors il lui proposa de changer leur place. Oropo accepta, prenant son plat et l'eniripsa avec lui, l'air boudeur, les yeux fermés et la tête haute. Gardant toujours une distance entre lui et le iop.
À croire que "iop" rime avec "catastrophe"!
Assis au comptoir, Oropo retrouva le sourire.
