- Il m'en veux encore... soupira Tristepin.

- T'en fais pas, le rassura Coqueline, ça va lui passer.

Le repas dévoré, tous les clients partaient sauf nos amis qui sortaient prendre l'air.

- Ça va lui passer, ça va lui passer... répéta le iop. Ça devrait lui passer au bout d'une semaine normalement! Quel rancunier, je te jure...

Il s'assit à côté de l'entrée de l'auberge avec la petite osamodas.

- Bah il lui faut davantage de temps sauf si...

- "Sauf si" quoi, Coqueline? lui coupa-t-il, en posant ses deux mains sur les épaules de la petite fille alors que lui et elle étaient assis. J'suis prêt à tout pour me faire pardonner de l'avoir blessé!

- Sauf si tu insistais pour lui parler.

- De cette distance? C'est impossible ! Je ne vais quand même pas lui hurler "SALUT, OROPO! ÇA VA? MOI, ÇA VA SUPER!"

- Pas hurler peut-être, gloussa Coqueline amusée, cependant tu peux le rendre moins méfiant.

- Comment?

- Oropo ne veut plus que tu le touche, expliqua Rubilax, donc en évitant de le toucher, il se sentira moins menacé.

Coqueline haussa les épaules.

- Le shushu a parlé. À toi de jouer!

- Donc je peux m'approcher mais pas le toucher.

- Garde quand même une certaine distance. conseilla Rubilax. 1 mètre au moins. Avant c'était 2 mètres parce que tu nous l'avais vexé, là, il est nettement plus détendu je crois.

- Ok. Bon, c'est parti!

Il se leva, respira un grand coup et se lança.

Au même moment, Oropo, qui était assis au pied de l'arbre couché avec Yugo, se souvint d'un truc.

«BON SANG, LA LETTRE POUR BUMP! J'AI OUBLIÉ DE LA LUI TRANSMETTRE! Faut que j'y aille de suite!»

Il se leva à la hâte, passant devant Tristepin qui essaya de lui parler.

- Salut Oro...

- Pas le temps!

Silence de mort alors que l'eliotrope s'éloigna du secteur laissant Tristepin en plan. Finalement, ce fut Rubilax qui brisa ce silence en rigolant très fort.

- Le vent que tu t'es pris! HAHAHAHA! Si j'étais libre, j'aurais tapé le sol de toutes mes forces tellement c'était hilarant!

Mais Tristepin n'avait pas le cœur à rire, le shushu se calma enfin au bout de quelques secondes.

- Allez, t'en fais pas, va. Il reviendra, il a sûrement oublié un truc.

- Bah, j'espère! dit-il avec un ton plein de fierté en regardant Rubilax. J'suis toujours motivé à me faire pardonner!

Il se rassit par terre en attendant Oropo.

- Au fait, Rubi', s'il te plaît... Évite de rire, c'est gênant...

- Pourquoi? Avec toi, on ne s'ennuie jamais, c'est ça qui est poilant!

- Oui mais évite... ou bien sois plus discret, hein...


Oropo vola à toute vitesse sans s'arrêter mais il n'avait aucune idée où était Black Bump! Il n'avait pas dit où il allait après la séparation des deux groupes, tout le monde était fatigué par ces événements. Il s'arrêta un instant, le temps de réfléchir où son ami pouvait aller de manière logique. Puis il se frappa le front avec la paume de sa main.

«Mais bien sûr ! Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt? Il est passionné par ça donc ça doit être là-bas qu'il y est à cause du nom!»


Île aux Moines - Sliptorium

Oropo entra dans le donjon sombre et sinistre avec frissons.

«Bon sang! Je déteste cet endroit! Ça me fout les chocottes!»

- YOUHOU? Bump? T'es là?

Un vent glacial lui parcouru l'échine ne pouvant s'empêcher de se couvrir tout en étant en alerte au moindre bruit, il continua son exploration.

- Y a quelqu'un?

Quelques bruits de pierres, venant du mur, se frottant entre elles et des petits cailloux qui tombèrent du plafond se font entendre, faisant légèrement sursauter l'eliotrope. À tout instant, Oropo avait peur de croiser un fantôme.

- BUMP? appela-t-il encore une fois. S'il te plaît, répond-moi si t'es là!

Il se fit petit.

- Je n'ai pas envie d'avoir l'impression d'être à la fois seul et surveillé alors s'il te plaît répond-moi...

Soudain, des pleurs se firent entendre. Oropo avait cru que son cœur allait sortir de sa poitrine croyant que c'était un fantôme qui exprimait sa tristesse. Mais en fait, il reconnaissait ces pleurs. C'était ceux de Black Bump. Il suivit la source du bruit en prenant son courage à deux mains. Il le retrouva recroquevillé dans un coin de la grande salle, tenant un slip en guise de doudou. À côté de lui, quelque chose était enveloppé dans un tissu blanc, ignorant ce que c'était.

- Bump?

- Bouh... Oui?

Il regarda qui lui parlait et vit que c'était Oropo. Il se releva rapidement faisant comme si de rien n'était.

- Salut, Oropo. Content de te voir.

«Et moi donc! Bon, je lui donne la lettre de sa mère et je file très loin d'ici!»

- Moi aussi, je suis content de te voir. Comment ça va depuis?

- Ça va... Mais pour être honnête...

L'instant d'après...

- Non, ça ne va pas! pleurnicha-t-il. Je ne me suis toujours pas remis de la perte d'une partie de ma collection! Je vais devoir tout recommencer!

Oropo avait eu de la peine pour ce grand gaillard. Recommencer à collectionner des slips durement obtenus n'était vraiment pas facile pour lui.

- Awww... Tiens, j'ai quelque chose qui te rendra le sourire.

- Un slip?

- Non, dit-il en fouillant son havre-sac, une lettre de quelqu'un que tu connais très bien.

Il trouva la lettre de la Déesse Feca et la remit à Black Bump.

- De ma mère?

Il ouvrit et la lit avec attention. Il fut très ému après avoir fini de la lire. Pas besoin de lui demander pour savoir ce qu'elle avait écrit, ça se lisait dans les yeux remplis de larmes de cet homme.


De retour à Emelka, Oropo se rassit à côté de Yugo, au pied de l'arbre incliné.

- Ça y est? Tu lui as donné? lui demanda-t-il.

- Oui... Bon sang, j'avais complétement oublié de la lui donner mais c'est fait.