Hello, voici directement le 2e chapitre de cette fanfiction ^^ Comme dit précédemment, elle est publiée en parallèle sur mon compte Wattpad et j'ai décidé de la publier en même temps sur les deux comptes :p Je tenterai de sortir le chapitre 3 le jeudi prochain au plus tôt (et au plus tard ce sera samedi) ^^

Merci à ma correctrice pour sa précieuse aide et bonne lecture ^^


Chapitre 2 :

Après avoir échappé à la mort, venir dans la sépulture de la lignée des Durin avait quelque chose de macabre. C'était pourtant un endroit magnifique d'une grande beauté solennelle. Elle était le témoignage de leur famille et de leur histoire. Même la venue de Smaug ne semblait pas l'avoir endommagé. Quant au temps, cela faisait bien longtemps que la poussière et l'abandon faisaient partie intégrale de l'ambiance de ces catacombes. Alors qu'il s'y enfonçait, il entendait de lointaines lamentations et quand il s'approcha, il vit sa sœur Dìs.

Dìs était, tout comme lui, une naine de bonne taille. Elle avait sous son voile noir de deuil une longue chevelure noire et une barbe avec quelques mèches argentées, un trait de leur famille. Elle avait également de grands yeux bruns remplis de larmes. Elle portait une large tunique sombre et terne. Elle avait toujours porté, après la chute de leur royaume, des parures sobres et sans artifices. Le goût du luxe et du paraître, elle l'avait abandonné depuis bien longtemps et même si son frère allait devenir roi, ça ne l'avait pas empêché de continuer à porter ses vêtements modestes.

Alors qu'elle pleurait à chaudes larmes, une main posée sur la sépulture de l'un de ses fils, elle remarqua l'arrivée de son frère. Il lui fallut quelques secondes pour se détacher de la tombe et encore quelques secondes pour sortir un mouchoir et sécher ses larmes. Elle ne pressa pas ses actions comme pour retarder la conversation qu'elle devait avoir avec le futur roi. Thorin aussi aurait voulu retarder cette conversation. Sa sœur et lui avaient une relation difficile depuis la chute du royaume. Si Dìs avait refait rapidement sa vie dans les montagnes bleues, Thorin n'avait cessé de penser à la vengeance et à leur trésor. Dìs, de son côté, élevait ses enfants en se demandant si elle pourrait les sauver de leur oncle.

— Tu auras finalement survécu à tes blessures… lui dit-elle en essuyant une dernière larme.

Thorin sentait dans ses mots un manque profond de réjouissance. Il posa sa main sur la tombe de Kili et lui dit :

— Je suis désolé, Dìs... Et tu le sais. Je suis désolé de tout cœur de ne pas avoir tenu ma promesse. Et… je suis désolé de ne pas avoir été assez fort.

Elle sourit douloureusement.

— Parce que tu crois que c'est ça qui t'a manqué… De la force…

Que pouvait-il lui répondre ? C'était lui qui avait appelé ses fils à se battre. Il les savait jeunes, il les savait peu expérimentés. Mais ils étaient braves et loyaux. C'était tout ce qu'il voulait d'eux. Cette loyauté et cette bravoure, c'était ça qui les avait tués. C'était leur force et ce fut leur faiblesse.

— Et toi, comment vas-tu ? lui demanda-t-il.

Pendant quelques secondes, elle eut un petit rictus puis elle répondit après réflexion :

— Comme toujours… en deuil. Et pourtant, je ne peux jamais vraiment m'y habituer. Je sais que toi aussi tu en souffres, que tu culpabilises et que tu ne pourras jamais vraiment te pardonner tes erreurs. Pourtant, tu recommences… toujours. Et bientôt, tu seras roi…

— Je ne suis pas encore au fait de toutes les nouvelles mais c'est ce qu'on m'a dit.

— Et tu penses toujours que c'est une bonne idée. La mort de tes neveux, celle de notre père et de notre grand-père, la guerre et l'avarice, ça ne t'aura pas convaincu.

Thorin sentait que ce sujet de conversation délicat allait revenir sur le tapis.

— Les nains ont besoin d'un roi, lui dit-il sèchement.

— Les nains n'ont besoin que d'une chose : d'eux-mêmes. Ils n'ont pas besoin d'un nain qui leur plantera un couteau dans le dos dès que son or sera menacé. Notre lignée a échoué, Thorin. Et peut-être que c'est la meilleure chose qu'il nous soit arrivé. Erebor a été rendue aux nains. C'est de ça qu'avaient besoin les nains. Pas d'un roi qui pourrait la perdre à nouveau.

— C'est parfaitement ridicule. Un autre que moi pourrait tout aussi échouer et se laisser corrompre.

— Sûrement… peut-être qu'il ne faut pas de roi à cette ville.

Thorin ricana. Sa sœur avait toujours été une grande utopiste. Si le trône lui avait été refusé parce qu'elle était une femme, ses idées ridicules n'avaient fait que confirmer les inquiétudes de leur père. Elle avait été la première à voir la corruption de leur grand-père. La première fois qu'elle en avait parlé, Thorin lui avait ri au nez. Et puis, il avait vu sombrer son grand-père mais n'avait pas osé lui donner raison par orgueil. Peut-être était-ce encore aujourd'hui cet orgueil qui le poussait à rire de ces craintes. Mais Dìs en avait tristement l'habitude et elle n'avait ni l'envie ni la force de se battre avec son frère. Et surtout pas à côté de la tombe de ses fils.

— Mais roi pour combien de temps encore ? Sans descendance... Toi qui as toujours compté sur Kili et Fili pour prendre la succession, je me demande ce que tu feras si une nouvelle guerre a lieu…

Thorin n'aimait pas le ton qu'elle utilisait quand elle lui parlait de sa descendance. Il se souvenait encore de son père qui lui avait fait les mêmes reproches quand il rêvait encore de succéder à son père à lui. Thorin aurait dû trouver une naine de son statut pour apporter une descendance à leur lignée si Dìs n'avait pas eu ses deux enfants. Cette charge lui avait été enlevée grâce à elle. Mais leur disparition soulevait à nouveau le problème. Et il savait que sa sœur ne pourrait pas avoir d'autres enfants, surtout si Thorin venait toujours les lui prendre.

— De toute façon, ajouta-t-elle pour couper les réflexions de Thorin, je ne serai pas là quand tu deviendras roi.

— Tu ne resteras donc pas à Erebor…

— Je ne suis venue que pour dire adieu à mes fils… et à toi.

Il sentit dans chaque syllabe qu'elle prononça si lentement et sèchement toute sa rancœur et toute sa haine envers lui.

— Mais je ne veux pas te quitter en mauvais termes, Thorin. Je le devrais. Mais… maintenant que ce foutu trésor a pris mon père, mon grand-père et mes fils… il ne me reste que toi. Après tout, tu es mon frère mais tu ne seras jamais mon roi. Alors si je dois te quitter, je ne veux pas regretter mes dernières paroles. C'est pourquoi je te souhaite sincèrement de trouver une meilleure raison de vivre et d'enfin comprendre quel est le vrai trésor des nains.

Elle commença à partir avant de lui dire d'un ton presque affectueux :

— Adieu, Thorin et bonne chance.

Thorin ne lui répondit pas et la laissa s'en aller. Lui non plus ne voulait pas dire des paroles qu'il pourrait regretter. C'étaient des adieux encore une fois très froids. Thorin et elle en avaient l'habitude. Eux qui ne se voyaient que dans le deuil et la rancœur, en arrivaient à regretter leurs retrouvailles. Peut-être était-ce mieux si c'était la dernière fois qu'ils se voyaient. Thorin ne lui en voulait pas. Quand il avait emmené ses fils combattre Smaug, il avait espéré que leur gloire pourrait soulager et réconforter leur mère. Ou même les réconcilier. Mais même cette guerre-ci n'a pas pu les réunir.

Thorin mit quelques temps avant de sortir des catacombes. Quand il en sortit, il fut appelé à la salle de conseil pour une réunion organisée par Dáin. Thorin retrouva enfin ses autres compagnons nains. Les retrouvailles furent à la fois très heureuses mais furent teintées d'une certaine amertume. Les nains avaient toujours la mort de Kili et de Fili au travers de la gorge et même la victoire de leur peuple ne pouvait effacer le deuil de leurs frères d'armes. Mais ils furent heureux de retrouver leur roi à nouveau debout et enfin prêt à gouverner. Thorin aussi était heureux de tous les revoir. Aucun nain ne sembla soulever son humeur mélancolique. Ils se disaient que le manque d'énergie de leur chef devait être dû au fait qu'il venait de se lever. Bilbon devina que la conversation avec sa sœur avait dû être difficile. Il avait interrogé Balin sur leur relation et il l'avait informé de leur grand froid. Bilbon n'osa pas lui en parler pour ne pas le mettre dans l'embarras.

Thorin était également content de revoir Dáin après cette longue bataille. La réunion commença et il put lui expliquer tout ce qu'il s'était passé en son absence. Comme Bilbon lui avait dit, c'était Dáin que les nains avaient désigné pour prendre les commandes pendant que Thorin se rétablissait. Il lui avait directement expliqué qu'il n'avait nullement voulu lui voler le titre qui lui revenait de droit, mais Thorin lui faisait confiance. Sa première mesure avait été de rappeler tous les nains qui s'étaient dispersés dans la terre du milieu à revenir à Erebor reconquérir et reconstruire leur royaume. La nouvelle s'était vite propagée et les jours qui suivirent des centaines de familles et de nains de toute la terre du milieu étaient déjà aux portes du royaume prêtes à apporter leur pierre à l'édifice. L'or nain qu'ils avaient stocké sans but pouvait enfin servir aux nains et ils avaient pu le dépenser pour acheter les outils, les matériaux et la nourriture. Même les elfes leur avaient proposé leur aide. Mais Dáin avait refusé par principe et même Thorin qui leur devait en partie sa vie n'aurait pu accepter. Et puis, les nains étaient un peuple plein de ressources. La deuxième décision de Dáin avait été d'inviter les rois nains de la terre du milieu pour le futur couronnement de Thorin. Quand il les a invités, il ignorait encore quand il se réveillerait. Même si ses compagnons avaient parfois douté qu'il s'en sorte, Dáin savait qu'il ne pourrait pas abandonner son peuple pour une simple blessure mortelle. Et de ce fait, son couronnement aurait lieu dans quelques jours ce qui lui laissait un peu de temps pour s'accoutumer à son nouveau rôle de monarque.

Thorin n'avait jamais été roi. Depuis son enfance, son grand-père et son père lui avaient tant de fois expliqué qu'un jour ce serait à lui de régner sur le peuple d'Erebor. L'arkenstone en serait la preuve et le symbole et tous les autres rois se prosterneraient devant sa puissance. Il avait vu les monarques se plier devant son grand-père, mais il avait aussi la part sombre de ce roi. Ce roi dont la quête de pouvoir et d'avarice le poussait à exhiber ses richesses même devant ses amis, à entasser de l'or avidement, à abandonner ses sujets pour secourir son précieux joyau. Même son père, qui aurait dû succéder à son grand-père, avait fui dès sa mort. Et lui, il devait leur succéder. Ils lui avaient tout appris, se disait-il, et pourtant, il avait l'impression qu'il avait enchaîné que les mauvaises décisions dès qu'il eut mis la main sur son trésor. Et si Dìs avait raison ? Peut-être qu'il ne valait pas mieux que ses aïeux. Peut-être ne devrait-il pas devenir roi. Mais ce n'était pas ce que le peuple d'Erebor attendait de lui.

La réunion prit fin et Dáin proposa à Thorin d'accueillir les nouveaux arrivants. Toute la journée, il reçut des centaines de familles, des chefs de clan et des nains qui venaient le remercier parfois presque aux larmes pour sa bravoure. Si ses compagnons ne se gênaient pas pour accepter allégrement ces louanges, Thorin ne pouvait pas s'empêcher de les accepter amèrement. Au contraire, c'était lui qui remerciait ces nains revenus rebâtir leur cité. Les nains en étaient ravis et ça ne faisait que renforcer leur attachement pour leur futur monarque. Ses compagnons étaient à ses côtés et d'autres nains de la cité l'entouraient par curiosité ou pour voir Thorin agir en roi. Bilbon était aussi à leurs côtés, mais sa présence semblait étonner les nains. Certains n'osaient pas demander de quelle race il était et tentaient de le définir d'un coin de l'œil. D'autres s'étonnaient verbalement de la présence du semi-homme et demandaient ce qu'il faisait. Thorin tentait de ne pas s'énerver devant leur impolitesse. Après tout, il avait lui-même eu quelques pensées méprisantes quand il l'avait vu avec sa robe de nuit s'évanouir devant un simple papier.

Mis à part ces incidents mineurs, la journée se terminait doucement jusqu'à l'arrivée tardive d'une jeune naine. Les autres nains étaient venus en petits groupes, mais elle était arrivée seule. C'était une naine de taille moyenne avec de longs cheveux gris attachés en tresse. Elle possédait, comme toutes les naines, une petite barbe mais ce qui frappait chez elle était son regard vert perçant, presque accusateur. Elle était vêtue d'un long manteau en fourrure de loup blanc, d'une petite hache facile à transporter et d'un grand sac en cuir qu'elle portait en bandoulière. Quand elle arriva à eux, elle salua Thorin en s'inclinant.

— Je vous salue, Thorin Écu-de-Chêne et futur roi sous la montagne.

— À qui ai-je l'honneur ? demanda Thorin qui ne semblait pas connaître la jeune femme ni les attributs de sa région.

— Je suis Carha, messagère de Barûsar, fils de Barûl et seigneur de la ville de Grimelva. Il m'a envoyé vous remettre un message de sa part.

Barûsar. Ce nom-ci ne lui était pas inconnu et lui rappelait de douloureux souvenirs. Barûsar, surnommé également « L'Audace-rouge ». Et Grimelva non plus ne lui était pas inconnue. C'était une ville marchande extrêmement luxuriante située non loin des montagnes bleues. Mais Barûsar, c'était aussi un grand guerrier. C'était l'une des raisons pour laquelle il lui avait demandé son aide pour leur quête contre Smaug. Il avait refusé, comme tous les autres, mais ce n'était clairement pas ce qui le dérangeait le plus dans son retour à Erebor.

— Pourquoi le seigneur Barûsar nous envoie-t-il une messagère ?

— Mon seigneur m'envoie vous remettre ses salutations avant son arrivée. Mais, j'ai aussi le regret de vous informer qu'il porte quelques doutes sur votre couronnement… Il voudrait demander au peuple nain de commencer à organiser votre destitution.

Les compagnons de Thorin se levèrent d'indignation et Bifur lança dans le brouhaha général :

— C'est une plaisanterie ?

Thorin lui fit signe de se rasseoir et se tourna vers la messagère qui semblait ne pas avoir été ébranlée par l'indignation générale. Elle reprit calmement.

— Mon seigneur aimerait rappeler que votre succession au trône et votre légitimité de monarque sont liées à l'arkenstone, le joyau des rois, comme l'appelait feu votre grand-père. Or il semblerait que cette pierre ne soit plus en votre possession, n'est-ce pas ?

Tous les nains se turent. Leur quête avait toujours été de récupérer le joyau de la montagne parce qu'ils savaient qu'il serait la seule chose qui réunirait tous les chefs nains autour d'eux pour vaincre Smaug. Mais comme le dragon avait été vaincu par les Hommes, ils en avaient oublié sa première utilité. Thorin serra les poings en lui demandant :

— Et qui est votre seigneur pour pouvoir prétendre mieux savoir que moi ce qu'il me faut pour régner ?

— Mon seigneur est l'actuel possesseur de l'arkenstone.

— C'est impossible ! s'écria Bifur en rigolant avec les autres compagnons.

La messagère prit son sac et en sortit l'arkenstone. La pureté et la lumière qui émanèrent de la pierre ne firent douter aucun des nains. Des chuchotements commencèrent peu à peu à fuser parmi le public de citoyens. Le sang de Thorin ne fit qu'un tour à la vue du joyau. Bilbon se tourna vers Thorin avec inquiétude. Il voyait son regard obnubilé par la lueur envoûtante de la pierre. Puis Thorin regarda la messagère avec un regard noir et se leva d'un coup.

— Retournez dans votre village avec cette chose et dites à votre seigneur que nous n'en voulons pas ! hurla-t-il dans un grand silence glacial.

La messagère esquissa un sourire, pendant que les autres nains se tournèrent, troublés par la réaction de Thorin. Elle reprit très calmement :

— L'arkenstone est le joyau de cette montagne. C'est le symbole de notre culture et de notre puissance naine. Mais il semblerait que, comme votre grand-père, son pouvoir est trop grand pour vous. Et quel roi êtes-vous pour vous laisser intimider par un simple caillou au point de le laisser à n'importe quel village humain ?

Thorin commençait doucement à sentir ses rancœurs et ses doutes passés revenir le hanter. C'est parce qu'il savait qu'elle mettait le doigt sur quelque chose d'encore récent chez lui qu'il sentait monter en lui une fureur sans limite. Bilbon le vit se serrer des dents avec cette expression de rage et de haine qu'il se souvenait avoir vue lorsqu'il l'avait menacé de le jeter de la muraille. Thorin s'apprêtait à répondre quand Bilbon intervint et dit à la messagère :

— S'il vous plait, mademoiselle Carha, est-ce que… vous pourriez remettre l'arkenstone dans votre sac ?

Elle qui n'avait pas remarqué Bilbon rangea la pierre et lui demanda :

— En parlant des habitants de Lac-ville. Ils nous ont raconté que c'est un semi-homme qui a volé l'arkenstone au grand Thorin et qu'il leur a généreusement offert. Ne serait-ce pas vous ?

Bilbon détestait être le centre de l'attention. Il avait pu, en voyant la détresse de Thorin, lui demander de mettre hors de sa vue l'arkenstone, mais à présent, tous les nains de l'assemblée s'étaient tournés vers lui et attendaient sa réponse avec appréhension.

— Heu… oui. Enfin, je n'ai pas vraiment volé l'arkenstone. Disons que… du quatorzième de la fortune qui m'avait été promise, j'ai jugé que l'arkenstone était de cette part. Et j'ai… j'ai fait le choix d'utiliser ma part pour payer les dettes que nous avions auprès des Hommes de Lac-ville. Après tout, ce sont eux qui ont tué Smaug.

Les chuchotements reprirent de plus belle et la compagnie de Thorin savait que ces annonces n'allaient pas faire l'unanimité. Les rumeurs concernant la mort de Smaug avaient su rester suffisamment vagues pour permettre à l'imagination des habitants d'Erebor d'attribuer les mérites de cette victoire à Thorin et sa compagnie. Mais à présent, le doute n'était plus permis. Quant à l'arkenstone, ils la pensaient perdue dans l'immense trésor de leur peuple ou emportée par Smaug avant sa mort, mais sûrement pas donnée et encore moins volée. Thorin reprit pour défendre Bilbon avant que la messagère ne saute sur cette information, mais il savait que Bilbon en avait déjà trop dit :

— Ce semi-homme, comme vous dites, est un des rares guerriers qui a accepté cette quête et c'est lui-même qui a affronté le dragon pour récupérer cette pierre. Je n'ai vu aucun problème à ce qu'il l'ait donné aux habitants de Lac-ville.

— Mais vous ne pouviez pas ne pas être d'accord puisqu'il vous l'a volé. Et puis… vous l'avez menacé de mort pour ce crime.

La haine que Thorin éprouvait pour cette femme décupla en quelques secondes.

— Ça suffit. Je n'accepterai plus aucune parole de votre part, lui répondit-il d'un ton tyrannique. Si votre seigneur a quelque chose à me dire qu'il vienne et nous reparlerons de ses « doutes ». Quant à vous, vous êtes la bienvenue dans la cité à la condition que l'arkenstone reste dans votre besace. Me suis-je bien fait comprendre ?

Les nains de l'assemblée ne savaient plus quoi faire ni répondre après avoir vu leur futur monarque perdre son sang-froid devant cette pierre qu'on leur avait dit être si bénéfique à leur race.

— Comme vous le voudrez, lui répondit-elle d'une salutation qui était bien moins une politesse que le point d'orgue de sa victoire.

Thorin mit fin à la session et tous les nains partirent en murmurant leur inquiétude dans les couloirs. La compagnie ne savait pas quoi dire à Thorin. C'est Bilbon qui, le premier, vint lui demander comment il allait. Mais Thorin était encore tourmenté par la vision de la pierre et il lui répondit sèchement qu'il allait bien. Il grinçait des dents. En tant que guerrier tout ce qu'il avait à faire était de combattre et de prouver sa valeur sur un champ de bataille, mais un roi se devait d'avoir une bonne image auprès de son peuple, surtout si sa légitimité était déjà remise en question. Mais il n'allait quand même pas se retourner contre Bilbon pour sauver sa peau.