Hello, me revoici sur ce fandom avec un petit recueil qui comptera cinq OS. Avec Moira-chan, on a décidé de se faire un petit event sur Durarara. Vu qu'on est proche de l'anniversaire de Shizuo, on a choisi de se faire une semaine spéciale Shizuo. Avec cinq thèmes (que je mettrai en titre), on va donc tenter de mettre en avant notre cher Shizu-chan ~

Je profite également de cet event pour me remettre à écrire sur ce personnage sans pression. Les textes ne seront pas très longs. Le but, c'est d'écrire de petits OS en 1-2h plus ou moins. Dans tous les cas, j'espère que ça vous plaira.

Un grand merci, Moira-chan, pour avoir organisé avec moi ce petit event, pour m'avoir encouragée et pour tout simplement écrire de nouveau sur ce beau fandom ! Je me réjouis de faire cette semaine spéciale avec toi :)

Attention, ce texte contient des spoils sur la fin de l'anime !

Je vous souhaite une bonne lecture !


Souvenirs envahissants

Les rues d'Ikebukuro étaient calmes. Malgré tout, Shizuo les arpentait aux aguets. Sa journée de travail venait tout juste de se terminer. Il n'y avait eu aucune tension aujourd'hui. À vrai dire, cela faisait plusieurs semaines, à présent, que Shizuo ne s'était pas réellement énervé. Tout était si paisible ces derniers temps. Trop paisible. L'ancien barman était méfiant. Cette accalmie lui paraissait clairement suspecte et il préférait rester sur ses gardes. Ses sens étaient donc à l'affût. À tout instant, il s'imaginait sentir l'odeur de la puce, entendre son horrible voix ou même apercevoir son manteau brun hideux. Il s'y attendait tant que ses muscles étaient déjà prêts à bondir. Cependant, rien ne vint troubler sa route. Il put marcher jusqu'à son appartement sans rencontrer le moindre encombre. Sans apercevoir le moindre signe de la puce. Pourtant, aujourd'hui, plus que n'importe quel autre jour, Shizuo s'était attendu à croiser son chemin.

Parce que ça faisait une année complète qu'il était parti. Izaya aimait les mises en scène stupides, non ? Revenir juste un an après son départ, c'était donc tout à fait son genre. Alors pourquoi ne s'était-il pas montré ? Pourquoi ne revenait-il pas à Ikebukuro ? Son absence n'avait aucun sens. Et elle mettait de plus en plus Shizuo sur les nerfs. Dire qu'au début, il y avait à peine fait attention. Mais les jours étaient devenus des mois et les mois avaient défilé. Jamais Izaya n'était resté aussi longtemps éloigné du quartier. Quelque chose n'allait pas. Shizuo le sentait bien.

Il aurait dû n'en avoir rien à faire, mais il n'arrivait pas à penser à autre chose. Chaque coin de rue lui rappelait un combat qu'il avait eu avec Izaya. Il était même encore capable de percevoir son ton méprisant. Ses foutus Shizu-chan. Shizuo les détestait. Mais ne plus les entendre, dans le fond, c'était pire que tout. Pourtant, c'était ce qu'il avait toujours voulu. Qu'Izaya s'en aille, qu'il lui fiche enfin la paix. Maintenant que c'était chose faite, tout le monde semblait s'attendre à ce qu'il s'en réjouisse. Mais c'était loin d'être le cas. Comment pouvait-il à se réjouir d'une situation qui n'était que temporaire ? Il n'avait pas le droit de se reposer sur ses lauriers. Parce qu'à tous les coups, c'était exactement ce que voulait Izaya. Endormir sa confiance, se faire oublier pour frapper un grand coup. Shizuo ne le laisserait pas faire. Il fallait donc qu'il se tienne prêt.

Mais le temps filait. Izaya était-il aussi patient au point de réussir à attendre un an avant de mettre son plan en place ? Certains jours, Shizuo en doutait. Et c'était dans ces moments-là que les rumeurs étaient difficiles à ignorer. Pourtant, Shizuo en était sûr, Izaya n'était pas mort. Il ne reviendrait pas sur cette conviction. C'était juste impossible. Alors, forcément, il devait y avoir autre chose. Autre chose qui retenait Izaya ailleurs. Ou quelqu'un d'autre. Mais qui serait capable de le garder loin d'Ikebukuro... loin de lui ?

Submergé par ses réflexions, Shizuo se mit à faire les cent pas dans son appartement. Quelques fois, il observait l'écran de son téléphone. Il s'attendait presque à recevoir un message d'un numéro inconnu. Mais il n'y avait rien. Absolument rien. Et le monde autour de lui continuait de tourner. Comme si Izaya n'avait jamais existé. Si seulement Shizuo pouvait en faire de même. Sans la puce, le quartier était plus bien tranquille. Shizuo arriverait peut-être à avoir la vie dont il avait toujours rêvé. Mais il ne réussissait pas à se détacher de ses pensées. Il restait trop dans l'attente de son retour. Parce qu'il savait qu'il reviendrait. Ou peut-être parce qu'il l'espérait.

Dans le fond, il en avait conscience. Cette ville si calme et si paisible était juste devenue... ennuyeuse. L'adrénaline lui manquait. Son corps désirait tant s'élancer, à nouveau, au travers des ruelles d'Ikebukuro. Il n'arrivait pas à oublier toutes ces courses-poursuites. Tout ces instants où chaque partie de son être s'était embrasée, enflammée. Il les avait haïs. Mais jamais il ne s'était senti autant en vie que dans ces moments-là. En fermant les yeux, Shizuo parvenait parfois à retrouver ces sensations. Elles montaient en lui, aussi éphémère que de la simple fumée. Et Shizuo le revoyait alors. Son sourire moqueur accroché sur le visage. Son couteau à la main. Sa veste qui voltigeait derrière lui. Ses yeux brillants qui lui lançaient un défi. Celui d'arriver à l'attraper. Dès le départ, Izaya lui avait donné cette envie. Au final, sans même que Shizuo ne le comprenne, ils avaient toujours été sur la même longueur d'onde.

« Tu vois... C'est amusant, n'est-ce pas ? »

Le sourire d'Izaya lui revenait en mémoire. La toute première fois que la puce l'avait blessé. Si seulement, ils avaient su en rester là. À leurs disputes dangereuses qui ne dégénéraient pourtant pas. Ils avaient réussi pendant des années à ne pas franchir la limite. Et malgré toute la colère qu'il avait ressentie à l'époque, Shizuo donnerait tout pour retrouver cette espèce d'insouciance. Ces moments où il suffisait qu'il lui coure après. Quand le rire d'Izaya s'élevait encore dans les airs. Quand son regard était toujours plein de vie. Si différent... Si différent de la dernière fois qu'il l'avait posé sur lui.

« Fais-le, monstre. »

Shizuo aurait tout donné pour effacer ce souvenir de son esprit, mais c'était celui qui s'imposait le plus en lui. Il revoyait le teint pâle d'Izaya, ses yeux fatigués et éteints, ses lèvres tordues en un rictus douloureux. Ce moment où ils avaient franchi la limite. Et maintenant, il n'y avait plus de retour en arrière. Sauf si... Sauf si Izaya revenait et se comportait exactement comme avant.

S'il se montrait face à lui, s'il lui chantonnait encore une fois qu'ils pourraient s'amuser ensemble, Shizuo savait... Il savait qu'il réagirait d'une façon très différente. Et qu'il accepterait enfin son invitation. Pour qu'ils puissent, à nouveau, s'élancer dans la ville. Et se combattre, se haïr, sans jamais aller trop loin, sans réellement se blesser. Ça n'avait été qu'une sorte de jeux au début et peut-être que ça pouvait le redevenir. Le corps de Shizuo le désirait tant. Parce qu'Izaya était la seule personne à pouvoir remplir ce rôle. Celui de l'aider à se défouler sans crainte.

À bout de nerf, Shizuo arrêta d'arpenter son salon de long en large et finit par sortir sur sa terrasse. Il inspira l'air frais. Ses yeux parcoururent ensuite la rue qu'il voyait en contre-bas. Aucune silhouette étrange n'attira son attention. Les heures s'écoulaient et Shizuo comprenait. Il comprenait qu'Izaya ne reviendrait pas aujourd'hui. Mais demain, ça ferait un an et un jour... Combien de temps encore Shizuo devrait-il l'attendre ? Son corps s'impatientait, mais pas autant que son esprit. À nouveau, il songea à la possibilité que quelque chose n'allait pas avec la puce. Et ça l'énervait. Même en étant absent, Izaya s'arrangeait pour lui pourrir l'existence. Peut-être que c'était ça son plan depuis le début ? Parce qu'il y avait forcément un plan. Une raison stupide et absurde qui poussait Izaya à ne pas revenir. Mais quelle qu'elle soit, Shizuo espérait que ça prendrait bientôt fin. Pour que sa vie reprenne son cours normal.

Allez, puce. Il est plus que temps que tu reviennes maintenant.

Shizuo aurait tant voulu qu'Izaya puisse l'entendre. Mais peu importe à quel point il le désirait, ses pensées ne trouvèrent pas la moindre réponse. Il était juste seul, à présent. Seul avec ses souvenirs. Des souvenirs qui l'envahissaient. Des souvenirs qu'il chérissait.

Parce que c'était désormais tout ce qu'il lui restait d'Izaya Orihara...


Et voilà, j'espère que ça vous a plu ! À demain pour un autre OS :)