Salut ^^
Voici le nouveau chapitre ^^ J'espère qu'il vous plaira et que la suite vous plaira tout autant. Je garde le rythme d'un chapitre tous les 5 jours donc le prochain sera le dimanche de cette semaine. Bla bla commentaire si ça vous plait bla bla merci pour vos lectures ^^ et merci toujours à ma fidèle relectrice : p
Bonne lecture :p
Thorin tentait de dormir depuis des heures. Mais rien n'y faisait, la sensation était toujours là. Il avait chaud en cette soirée fraiche et avait le cœur battant la chamade à le rendre sourd. Il n'arrêtait pas de repenser à chaque phrase, chaque mot, chaque geste, chaque regard de Bilbon, analysant encore et encore ses dires pour savoir s'il allait rester. Mais pourquoi est-ce que cette idée l'obsédait tant ? Il n'arrivait pas à comprendre. Alors qu'il faisait les 400 pas dans sa chambre, il réalisa une chose. Il se tourna vers l'une des petites bibliothèques de ses quartiers et dirigea son regard dans la partie contenant ses anciens livres pour enfant. Mais malheureusement, il ne trouva pas l'ouvrage qu'il cherchait. Ça faisait tellement longtemps qu'il n'y avait pas touché et il ignorait ce que ce petit livre était devenu. Alors qu'il s'en retournait dormir, déçu d'avoir perdu le livre, il se souvint que ce petit poème était tiré d'un livre bien plus grand et plus vaste de l'histoire des nains. Et un tel livre ne pouvait que se trouver dans la grande bibliothèque d'Erebor.
Les nains étaient connus pour leurs compétences de guerriers et d'artisans. Bien qu'on leur prêtait un savoir-faire minutieux, certaines races s'amusaient d'entendre que les nains possédaient également de riches, vastes et très anciennes bibliothèques. Enfin, c'est ce que fut la bibliothèque royale d'Erebor. Malheureusement, une grande partie de leur collection n'avait pas pu être sauvée. Si le feu avait fait partir en fumée des milliers d'années de conservation et de connaissance, le reste avait à peine tenu à l'abandon. On pouvait reconstruire des murs, mais pas réécrire des millénaires d'histoire. Quand Thorin arriva, il espérait que l'ouvrage qu'il recherchait avait pu être épargné. Il parcourait les longues rangées de livres avec une petite lanterne comme seul éclairage. Il passa presque toute la nuit à se promener parmi les monstres de papier, scrutant avec détermination à la recherche de l'objet de sa visite. Il lui fallait au moins ça pour tenter de ne plus penser à Bilbon et à son cœur qui continuait de battre à chaque fois que son visage parcourait son esprit. Enfin, il tomba sur le livre qu'il cherchait. Le miracle avait voulu que ce livre survive.
C'était un immense et épais livre dont l'épaisse couverture en cuir avait été décorée de pierres précieuses finement taillées et formant une rosace de toutes les couleurs. Le livre était si lourd qu'il lui fallut toute sa force pour le soulever de son étagère. Quand il le fit lourdement tomber sur une table de la bibliothèque, un nuage de fumée parcourut la pièce. Ce n'était pas le livre le plus vieux de leur collection, ni même le plus précieux, mais il était peut-être le plus connu des livres anciens. On pouvait y lire en lettres d'or « Histoires et légendes naines ». Ce titre sobre qui cachait en réalité un grand travail et une grande connaissance. C'était le recueil des légendes et des histoires naines de leur époque. Contenant aussi bien les grandes batailles historiques et les légendes ancestrales que les rumeurs et les contes pour enfants. Mais l'une des légendes les plus connues était celle des âmes-sœurs.
Il déposa sa petite lanterne à côté de l'ouvrage pour l'éclairer et commença à chercher le chapitre que l'intéressait. La première page était dédiée à ce fameux poème dont il se souvenait tant. Ce n'était pas étrange puisqu'en effet, le poème était la source la plus ancienne et la plus connue que l'on possédait sur cette fameuse légende. De nombreux historiens nains avaient échoué à donner une date à ce poème. On savait que cette version en langue commune était la plus récente, mais certains auraient retrouvé des extraits de ce poème en vieille langue naine sur des morceaux de poterie presque aussi anciens que leur civilisation. Et pourtant, légende et histoire semblaient se confondre quand on évoquait les âmes-sœurs. Thorin s'assit à la table et commença à lire.
« Si la puissance de notre grand peuple nain
N'est ni sa richesse ni sa force à la guerre,
Alors quel est ce fameux trait de caractère
Qui nous rend aux combats si braves et surhumains ? »
Thorin trouvait ça assez comique de s'imaginer que depuis le début de leur civilisation, leur race était à la recherche d'un mythe et d'un trait commun qui pourrait tous les réunir et prouver leur supériorité par rapport aux autres populations de la terre du milieu. Trouver un lien pour tous les unir autour d'une idée commune, n'était-ce pas ce que l'arkenstone avait été pour Erebor ? Cette même pierre qui fait qu'il héritera du trône. Pourtant, il semblerait que le mythe unificateur de leur peuple le plus ancien soit une légende bien plus universelle et fédératrice, un mythe directement inscrit dans leur corps et dans leur esprit, dépassant le temps et les frontières.
« C'est l'amour ! Unissant du berceau au cercueil.
Car le peuple nain tient sa force de son cœur.
C'est pour cette raison que nous sommes les seuls
Dont le cœur peut se lier à une âme-sœur. »
De nombreux nains témoignèrent au cours de l'histoire l'existence de cette légende. Et quand ils étaient rois, c'était dans les livres que leurs histoires perduraient. Dans ce même ouvrage, Thorin y voyait de nombreuses dynasties qui se vantaient de s'être fondées sur un amour si puissant qu'il était celui de leur âme. Mais il avait toujours trouvé ça ridicule, même quand c'était sa propre mère qui lui avait raconté sa rencontre avec son père. Elle lui avait expliqué tout ce qu'il s'était passé dans son esprit et dans son corps et qui était mot pour mot ceux de ce poème qu'elle lui contait avant d'aller dormir. Elle pouvait en parler des heures et des heures des étoiles plein les yeux, lui expliquant à quel point, si lui n'y croyait parce qu'il n'était qu'un enfant, il saurait quand ça lui arriverait.
« Avec une autre âme, chaque nain s'harmonise.
Cette chance, une fois par vie, est promise.
Impuissante devant ce tout nouveau trésor
L'âme s'y liera à la vie et à la mort. »
Et c'était pour cette raison qu'à la mort de sa mère, son père n'avait pas tenté de reconstruire sa vie avec une nouvelle femme. Il lui racontait qu'elle était l'unique et qu'elle le serait pour toujours. Il était sûr qu'elle avait été son âme-sœur. Thorin s'était parfois disputé avec lui parce qu'il n'y croyait pas et pensait que son père méritait une autre chance. Sa sœur l'avait encouragé jusqu'à ce qu'elle-même succombe à cette légende en rencontrant celui qui deviendrait le père de ses enfants. Elle aussi s'était mise à lui parler de cette légende comme d'un fait.
« Heureux ceux qui sentent les émois de leur âme !
Mains tremblantes, ventre sans faim et cœur battant,
Regard pétillant d'obsession et corps brûlant,
Devront nous conduire à déclarer notre flamme. »
Oui, ses parents et sa sœur avaient été heureux. Mais toutes les victimes de cette légende n'avaient pas eu cette même chance. Ce n'était pas pour rien que l'un des surnoms de cette légende était « la malédiction du cœur des nains ». Page après page, il y était conté les belles romances, mais aussi celles qui avaient tourné au cauchemar. Il tomba sur l'une d'entre elles qui ne lui était pas inconnue. Celle qui n'avait pas seulement eu la peau d'un roi, mais qui avait su condamner toute sa lignée. Brakorda était un puissant seigneur nain, descendant d'une tout aussi puissante dynastie naine s'étendant sur des siècles. Ce seigneur avait gagné en puissance et en richesse et espérait obtenir le titre de roi grâce à un mariage avantageux avec Mezzynthir, fille d'un des plus puissants rois nains. Leur royaume était promis à un radieux avenir. Et il le fut à leur début puisqu'ils eurent un fils et ce fils eut lui-même un fils. Une histoire qui n'était pas étrangère à celle de Thorin. Mais c'est à ce moment-là que la malédiction du cœur vint les frapper, car le roi Brakorda s'éprit d'une des servantes de son château. Il est tombé si follement amoureux qu'il en devint totalement obnubilé. Sa santé se mit à se dégrader jour après jour. Et en à peine quelques semaines, il sentait que la fin était déjà proche. Tous les médecins qui vinrent l'examiner ne purent trouver de causes physiques à son mal-être. Mais le roi savait, lui. Il savait que la seule manière de venir à bout de sa souffrance était que son amour soit partagé par la jeune femme. Mais ce n'était pas le cas.
« Malheur à ceux dont l'amour n'est pas partagé !
Si cette promesse n'était qu'une imposture,
Ces doux symptômes naïfs deviendront torture. »
Le roi en devenait fou. Il ne pouvait supporter les nombreux refus de la servante alors qu'il se sentait dépérir. Sa folie fut telle qu'un jour, après avoir encore menacé la pauvre femme entre deux déclarations d'amour, il l'assassina. Mezzynthir, sa véritable épouse, en découvrant toute cette histoire et le corps de sa victime, couverte par la honte et craignant la fureur de son époux, mit elle-même fin à ces jours. Le roi mourut le soir même, seul. Le médecin ayant découvert le massacre parla d'un corps pâle et maigre, sans aucune blessure visible, mais un cœur ayant explosé de l'intérieur. Quand le père de Mezzynthir apprit le suicide de sa propre fille, la honte fut jetée sur l'ancien monarque et sa descendance. Son fils et le fils de ce dernier fuirent leur ancien royaume pour trouver une nouvelle vie. Le conte s'arrêtait là et ne disait pas ce qu'étaient devenus les fugitifs. Thorin, lui, savait que c'était son grand-père qui les avait accueillis, eux et leur famille, à Erebor. Mais ce n'était pas ce qui préoccupait Thorin dans cette histoire.
Il attrapa la maudite page contenant le poème et l'arracha du livre. Il la tenait dans ses mains et ne pouvait pas s'empêcher de lire encore et encore la dernière phrase.
« Ton âme malade te sera arrachée. »
Cette phrase résonnait si fort en lui. Thorin ne voulait pas y croire. Il pressa sans même le vouloir sa poitrine. Ce n'était que des histoires, des contes pour enfants, des légendes, des surinterprétations, des mensonges, des rumeurs. Ce n'était pas possible.
Soudain, un bruit le sortit de ses angoisses. Il ferma violemment l'ouvrage et fourra la page dans la poche gauche de son manteau. Il vit, entre deux piles de livres, une ombre s'en aller. Il n'eut que le temps de voir la chevelure argentée de Carha avant de se lancer à sa poursuite. S'il y avait bien une personne qu'il n'aurait pas voulu voir maintenant, c'était bien elle. Mais il fallait qu'il sache ce qu'elle lui voulait. L'affront de cet après-midi n'avait pas été assez ? Elle voulait encore l'humilier avec l'arkenstone ? Vu qu'elle avait fui, elle ne voulait pas lui parler, mais, lui, il le devait.
Il la perdit de vue pendant quelques instants. Puis une silhouette apparut à côté de lui, il se retourna satisfait d'avoir pu la rattraper avant de reconnaitre Balin.
— Oh ! C'est toi ! s'exclama Thorin. Tu n'as pas vu Carha ?
— La messagère ? Non, il ne me semble pas. À vrai dire, je n'ai entendu que toi ici.
Thorin se demandait s'il l'avait imaginée ou si elle avait juste pu échapper à Balin. Il n'était pas dans un état où il aurait pu trancher la question. Il en avait mal à la tête. Balin vit son mal-être dans son regard perdu et sa peau transpirante.
— Est-ce que tout va bien ? Tu devrais aller dormir.
— J'ai dormi 2 semaines, je ne pense pas que je pourrais dormir de si tôt.
Balin voyait bien que Thorin tentait de le rassurer, mais cette fois-ci il n'avait même pas la force de feinter l'assurance.
— Que fais-tu ici ? lui demanda-t-il.
Thorin eut un petit sursaut.
— Il y avait quelque chose qu'il fallait que je vérifie.
Balin se tourna vers la table où l'immense livre et la lanterne y étaient encore. Thorin eut un petit frisson de stress en se demandant si Balin pouvait se douter de ce qu'il cherchait dedans. Mais il lui répondit :
— C'est au sujet de l'arkenstone, n'est-ce pas ?
Thorin souffla de soulagement. Il en avait oublié que la légende des âmes sœurs n'était qu'une histoire parmi tellement d'autres et l'histoire du joyau de la montagne était aussi l'une de ces histoires contées. Balin s'approcha de l'ouvrage et l'ouvrit à ce chapitre. Le chapitre de l'arkenstone était l'un des plus récents de l'ouvrage puisqu'il y avait été ajouté par sa famille. C'était un chapitre déjà bien maigre, mais si on y ajoutait le fait qu'il avait été rédigé avant l'attaque de Smaug, il en devenait presque obsolète.
— Les autres nains et moi on se fait du souci pour toi, Thorin.
Thorin leva les yeux.
— Tout va bien…
— Tu n'as pas à t'en faire pour les dires des nains. Il est normal pour le peuple de douter de son monarque. Je suis certain que tu sauras très vite leur prouver ta valeur.
— Et s'ils avaient raison… Et si ce seigneur et sa messagère avaient raison. Et si je n'étais pas le roi que cette cité mérite.
— Est-ce que c'est à cause de ce qu'a pu te dire Dìs, ce matin ? Tu n'as pas à culpabiliser pour la mort de Fili et Kili. Ils savaient les risques qu'ils prenaient en venant.
— Il n'y a pas que ça. J'ai totalement été incapable de me contrôler devant l'arkenstone. Le peuple l'a vu, ils savent.
— Tu sais pourquoi Kili, Fili, les nains de la compagnie et moi t'avons suivi ? Parce qu'on te faisait confiance. Et on continue de te faire confiance. Nous savons que tu as tes défauts, mais tu sauras conduire Erebor comme tu as su nous conduire. Ne laisse pas ce seigneur se jouer de toi.
— Merci, Balin, tes paroles me rassurent, lui répondit Thorin avec bienveillance.
Balin posa sa main sur son épaule puis lui dit :
— Et va dormir, Thorin. Tu as l'air épuisé et tu as bien besoin de sommeil.
Thorin retourna dans ses quartiers en emportant avec lui un florilège de questions et le poème dans sa poche. Il réussit à s'endormir, non sans difficulté. Mais avant que le soleil ne se lève, il fut réveillé dans un hurlement incontrôlé par une douleur au cœur particulièrement féroce. Il se leva trempé de sueur de bas en haut. Son cœur qui battait à en exploser mit du temps à ralentir alors qu'il soufflait bruyamment. Cette sensation dans sa poitrine avait été la plus intense qu'il n'avait jamais connue. Ce n'était pas possible. C'était un hasard. Ça le devait.
Il se leva difficilement de son lit et fouilla dans ses poches à la recherche de la fameuse page qui l'obsédait tant. Il la retira de sa poche droite et commença à la lire encore et encore. Il tenait la page dans une main et pressait son cœur encore un peu sujet à la douleur de l'autre.
Bilbon était leur cambrioleur et son ami, fidèle et loyal, qui l'avait sauvé plus d'une fois et qui comptait tant pour lui. Il n'avait pas d'autres sentiments pour lui, hormis de l'amitié et un grand respect de guerrier. Qu'importait qu'il retourne ou non dans sa chère Comté. S'il voulait s'en aller, que grand bien lui fasse. Il s'en fichait, se disait-il pour se rassurer et se calmer. Peut-être même que c'était mieux qu'il s'en aille. Thorin affrontait beaucoup de choses en ce moment, la mort de ses neveux, le départ de sa sœur, le retour de l'arkenstone, son couronnement, ce seigneur qui semait le doute chez son peuple. Et Bilbon, rien que pour sa présence, le troublait et l'empêchait de penser à ses responsabilités. Sa culpabilité envers lui devait être la raison de son obsession à son égard. Mais Bilbon l'avait pardonné, alors il pouvait partir en paix, il le devait même. Lui proposer ce poste de conseiller avait été une monumentale erreur. Bilbon lui-même devait l'avoir pris pour un fou. Peut-être était-il en train de devenir fou ? Avoir à ses côtés un hobbit pour régner sur les nains ? Non, il n'avait pas pu lui proposer sérieusement un tel plan de vie. Il avait dû laisser sa culpabilité le consumer.
Thorin n'eut ni le courage ni l'envie de s'endormir à nouveau. Il n'avait même pas envie de manger, ni même envie de rien d'ailleurs. Il se sentait juste nauséeux et assez faible. Il sortit de ses quartiers pour se balader dans la cité et l'admirer peu à peu se réveiller. Les familles et les artisans commençaient à sortir de leur habitation et la reconstruction reprenait.
Il marcha pendant il ne sait combien de temps, salua les nains dont il croisa la route puis il finit par se retrouver devant les quartiers où logeait Bilbon. Il n'aurait pas été capable de dire s'il avait été là par hasard ou si son obsession croissante l'y avait guidé. Il pouvait voir sous la porte une ombre bouger et entendre de l'agitation. Il avait passé tout ce début de journée à réfléchir à tout ce qu'il devait lui dire et il frappa à sa porte avec assurance. Le bruit de la chambre s'arrêta un bref instant puis il entendit la porte s'ouvrir. Il se retrouva nez à nez avec Bilbon qui semblait aussi fatigué qu'il l'était.
— Je ne m'attendais pas à vous voir de si bon matin. Vous vouliez me voir ? lui demanda Bilbon.
— Oui, c'est à propos de ce dont je vous ai parlé hier.
— Ah oui… j'ai réfléchi à votre proposition et…
Thorin lui coupa la parole. Il avait déjà décidé ce qu'il allait lui dire et il fallait que ça sorte.
— Ne vous inquiétiez pas à propos de ça… J'ai bien compris que c'était un peu précipité. Et je comprends parfaitement que vous vouliez rentrer chez vous. Vous avez raison. Votre place est parmi les vôtres, avec votre fauteuil et vos livres.
Thorin avait un large sourire, satisfait d'avoir pu mettre fin à cette situation ambigüe. Bilbon ne réagit pas tout de suite puis ricana un peu.
— Heu… oui. C'est vrai. J'étais justement en train de finir d'emballer mes affaires. Il va bientôt être l'heure pour moi de partir et il vaut mieux que je me dépêche si je veux pouvoir faire mes adieux aux autres.
— Oh bien sûr, je ne voulais pas vous déranger.
— Non, non. Vous ne me dérangez pas.
— Vous n'avez besoin de rien ?
— Non, je crois que j'ai tout ce dont j'ai besoin.
— Dans ce cas, je vais prévenir la compagnie et nous vous attendrons dans le hall d'entrée.
— Très bien. Merci.
Bilbon referma la porte et Thorin s'en alla soulagé. Même si une petite sensation étrange semblait le perturber, il pouvait enfin souffler et se réjouir d'en avoir fini avec ce problème.
Une petite heure à peine après, lui et les autres nains purent faire leurs adieux à Bilbon. Ils en allèrent chacun de leur petit mot et de leur petite anecdote en lui souhaitant un bon retour. Bilbon semblait ému de devoir les quitter si vite, mais leur promit qu'ils seraient toujours les bienvenus à Cul-de-Sac et que c'est à 16 heures qu'il servait le thé. Ce n'était pas vraiment le genre de la maison naine alors ils en rirent. Bilbon ne s'en étonna qu'à moitié. Puis vint le tour de Thorin. Le soulagement laissa à nouveau sa place à cette lointaine impression désagréable. Il avait eu son lot d'adieux cette semaine et celui-ci était presque de trop. Il y a quelque temps encore il s'en réjouissait. Maintenant qu'il l'avait devant lui, son sac sur l'épaule et prêt à s'en aller, il sentait ce sentiment étrange monter en lui et son cœur battre plus fort. Mais il savait que c'était la bonne chose à faire.
— Bon voyage, maître Sacquet.
Il lui tendit la main pour qu'il la lui serre. Bilbon exprima un air surpris en le voyant puis tendit sa main à son tour pour la lui serrer.
— Merci, lui dit-il avec un petit sourire, et bonne chance pour votre couronnement.
— Merci, répondit Thorin avec le plus de joie qu'il pouvait simuler.
Ils échangèrent un bref regard. Et ce fut sur cette note amère que Bilbon partit. Thorin se sentait aussi mal psychologiquement que physiquement. Thorin comprit cette sensation étrange qui l'avait hanté depuis qu'il avait parlé à Bilbon. Cette sensation, d'avoir manqué quelque chose et d'en être le terrible responsable, cette sensation, c'était le regret.
