Salut ^^ avant de commencer, j'aurai voulu répondre à un commentaire qui me faisait remarquer que le voyage entre Erebor et la Comté aurait duré 6 mois et que, par conséquent, le retour de Bilbon en 5 jours serait impossible. Il est fort possible que je me trompe (et si c'est le cas je m'en excuse) mais il semblerait que le chiffre de 6 mois soit celui du livre et non des films. Car j'ai revu les films justement pour déterminer le temps qu'on mit les nains pour faire leur voyage et j'étais tombé sur le chiffre de 7 jours et 7 nuits.

Je tiens également à m'excuser pour les malheureusement nombreuses erreurs dans les textes. Je dois bien avouer que j'ai de gros problèmes dans l'écriture et qu'il est vrai que la rédaction de fanfiction est un exercice qui me permet de m'entrainer et m'améliorer (en quelques sortes vous êtes mes cobails malgré vous). Je m'aide d'un correcteur d'orthographe et d'une relectrice qui permette à mes textes, je l'espère, d'être lisibles. Je m'excuse si votre lecture a pu être gâchée par mes piètre compétences :/ Ma relectrice fait ce qu'elle peut et je la remercie de prendre de son temps pour mes humbles fanfictions ^^

Enfin voilà c'était beaucoup de bla bla pour finalement vous remercier de vos lectures et de vos commentaires qu'ils soient des retours critiques ou des remerciements. J'espère que ce chapitre (un peu plus court) vous plaira :p

Edit: le chapitre 8 sortira avec un peu de retard (1 ou 2 jours donc soit le mardi soit le mercredi) Il est plus gros qu'espérer mais j'espère que l'attente en vaudra la chandelle ^^

Merci et bonne lecture :*


La fin de journée commençait à pointer le bout de son nez dans la Comté. Le bleu du ciel laissait place à un dégradé orangé et la douce chaleur à une fraicheur nocturne. Bilbon regardait ce paysage bucolique se vider peu à peu de ses habitants. Il sentait qu'il était tant de rentrer, mais il voulait pouvoir encore profiter de son petit jardin et de sa pipe quelques instants. C'était peut-être la chose qui lui avait le plus manqué lors de cette expédition pour Erebor : simplement profiter du temps qui passe et de la quiétude d'une vie de hobbit.

Non pas qu'il regrettait son voyage inattendu, bien au contraire. Tous ces souvenirs et tous ces moments, il se les repassait dans son esprit encore et encore en se laissant happer par la fumée de son tabac. Son retour s'était fait sans embuches. L'aide du magicien lui avait permis d'avoir un peu de compagnie et de sécurité. De plus, revoir Gandalf lui avait fait un bien fou. Mais dès qu'il l'avait déposé chez lui et qu'il était reparti dans on ne sait quelle mission, la solitude était venue à nouveau le trouver. Ce fut comme si un sentiment étrange de vide était venu l'habiter. Et depuis son retour, ce sentiment étrange semblait peser sur ces petits moments de vie, pourtant si plaisants. Il avait cherché tous les moyens de s'en débarrasser et de cesser de ressasser le passé. Pourquoi ne pas conter ses aventures ? Il pourrait garder une trace de son voyage et la partager à sa communauté. Cette idée qui lui avait paru brillante sur le moment même avait vite laissé place au douloureux syndrome de la page blanche. Il était rentré chez lui et, pourtant, un sentiment d'inachevé l'empêchait de commencer son histoire. Même assis sur son petit banc en bois, face à son voisinage paisible, loin des conflits de la montagne, loin des dangers et des créatures belliqueuses, loin de ces fuites interminables et de ces nuits interrompues par le danger, il avait l'impression de n'avoir jamais vraiment quitté Erebor. Ce moment où il avait dit au revoir à son ami, quelque chose avait manqué. Quelque chose dans la manière dont il avait quitté Thorin ne semblait pas correct.

Il finit par rentrer chez lui quand il commença à apercevoir de la fumée sortir des cheminées de ses voisins et le froid lui chatouiller les orteils. Il était temps que lui aussi se prépare à manger et allume sa cheminée pour la nuit.

Rester à l'extérieur et profiter de l'air frais lui permettait aussi d'éviter de penser au second problème auquel il avait dû faire face à rentrant chez lui. Car si un vide existentiel semblait l'habiter, c'était aussi le cas de sa maison dans un sens bien plus matériel. Il avait eu la fâcheuse surprise de comprendre que pendant son absence on l'avait pensé mort. Et un profiteur avait vendu aux enchères tous ses biens. Presque tous les meubles, les ustensiles de cuisine, ses réserves de nourriture et même sa garde-robe étaient partie pour, lui avait-on-dit, un prix dérisoire. Seuls les quelques biens qui n'avaient qu'une valeur sentimentale ou qui auraient été trop lourds à transporter étaient restés. Parfois, il s'amusait à penser que si sa maison n'avait pas été directement creusée dans le sol, le charlatan aurait trouvé un moyen de repartir avec. Ainsi la première chose qu'il dut faire avant même de pouvoir retrouver sa vie calme fut d'aller trouver l'idiot qui avait organisé la vente aux enchères pour récupérer les noms des acheteurs. Puis il dut lui-même aller faire du porte-à-porte en espérant pouvoir récupérer ou racheter ses propres meubles. Tenter de convaincre les voisins et amis, qu'il connaissait depuis des années, qu'il était bel et bien vivant avait été aussi pénible que long. Heureusement, il avait pu récupérer quelques meubles et objets. Mais sa maison faisait quand même bien vide.

En passant devant la table de sa cuisine, il se souvint des lettres qu'il avait reçues dans sa boîte aux lettres aujourd'hui et qu'il n'avait pas encore pris la peine de lire. Depuis qu'il était revenu, il recevait des dizaines de ces bouts de papier lui demandant de confirmer son retour. Mais l'une des lettres attira son attention. Il la passa sous son nez et reconnut le parfum et l'attention élégante portés à la cire. Il l'ouvrit et tomba sur un faire-part de mariage soigné et décoré harmonieusement. Il avait déjà été mis au courant dans une lettre précédente que sa sœur allait se marier. Mais cette lettre-là lui avait été envoyée quand il était encore à Erebor. Elle dut être mise au courant de son retour et avait donc dû prendre soin de lui envoyer à nouveau une invitation pour ne pas qu'il rate cette fête. Elle avait lieu après-demain et Bilbon s'en réjouissait. Le bonheur de sa sœur était déjà une raison suffisante de s'en réjouir. Mais l'idée de pouvoir penser à autre chose et retrouver la bonne humeur et l'ambiance des festivités des hobbits était revigorante. Peut-être que retrouver le visage familier de ceux qui avaient refusé de lui rendre ses couverts en argent ou de celui qui lui avait ouvert la porte en portant ce qui avait été son peignoir l'agacerait. Mais il pourrait revoir sa sœur, lui qui l'avait quelque peu perdue de vue lorsqu'elle s'était fiancée. Elle était partie de la Comté pour découvrir la région, avait-elle dit. Et ce mariage était l'occasion pour elle de revenir à ses racines et de retrouver ses proches. Lui qui lui avait dit qu'elle avait tout pris de son grand-père en voulant partir de la Comté et explorer le monde aurait beaucoup à lui raconter.

Il mit quelques buches dans la cheminée et commença à faire chauffer la marmite de soupe. Une bonne odeur et une douce chaleur commencèrent à envahir la pièce. Il enfila le seul peignoir qu'on avait accepté de lui revendre et empoigna l'une des deux cuillères qui lui restaient. Alors qu'il était là à profiter de sa petite maison, il ne pouvait pas s'empêcher, encore une fois, de se demander ce qu'il se serait passé s'il était resté à Erebor. Cette proposition que Thorin lui avait faite, lui demander de rester à ses côtés, il y pensait encore. Peut-être qu'il lui avait dit ça par politesse, mais Bilbon, lui, y avait sérieusement songé. Sur le moment, il n'avait pas su quoi dire. Mais la nuit, il y avait beaucoup réfléchi. Il savait que sa place n'était pas à Erebor, mais quelque chose dans la manière dont Thorin le lui avait demandé l'avait marqué et intrigué sans qu'il puisse comprendre pourquoi. Le lendemain, dès qu'il eut fini d'emballer ses affaires, il eut l'impression de faire une erreur. Pendant un court instant, il fut sur le point de renoncer à partir. Il se demandait s'il ne pouvait simplement pas rester encore quelques jours. Ce n'était pas comme si ça pouvait faire la moindre différence. Beaucoup de choses allaient se passer à Erebor et il ne voulait pas manquer ça. Et puis, Thorin était son ami. L'abandonner dans une situation aussi délicate alors qu'il en était en partie responsable n'était pas très sympathique. Cette aventure n'était peut-être pas terminée. Il pouvait encore aider. Thorin avait frappé à sa porte. Il avait raison. Il devait rentrer. Son contrat était terminé. Il n'avait plus besoin de lui. Maintenant qu'il était chez lui, dans ce calme et cette quiétude de hobbit, dans cette place qu'était la sienne, il sentait qu'il manquait quelque chose, pas seulement quelques meubles. Il manquait quelque chose d'autre.

Il s'apprêta à manger quand on frappa à sa porte. Il se leva quelque peu étonné qu'un visiteur puisse venir chez lui aussi tard. Il avait eu la visite de voisins curieux et de quelques gamins qui voulaient vérifier son retour, mais pas à cette heure-ci. Ou peut-être était-ce l'un des idiots qui avait acheté ses meubles, qui avait changé d'avis, et qui venait lui rendre ses affaires ? Il espérait que ce soit celui qui avait refusé de lui rendre son beau peignoir d'hiver. Il ouvrit la porte et écarquilla les yeux en voyant Thorin.

— Thorin ? Ça alors. Je ne m'attendais pas du tout à vous voir.

— Bonsoir monsieur Sacquet. Désolé de vous rendre visite si tard. Je devais arriver dans l'après-midi, mais il semblerait que je me sois encore perdu…

— Oh non ! Entrez, entrez ! Lui dit Bilbon plein d'entrain.

Bilbon le fit entrer. Il constata qu'il portait un imposant sac de voyage et qu'il semblait épuisé avec un teint plutôt pâle. Il s'étonna également de ne pas voir d'autres nains. Thorin enleva son épais manteau et déposa son sac.

— Vous êtes seul ? demanda Bilbon en tenant toujours la porte ouverte.

— Rassurez-vous, maître Sacquet, ils ne viendront pas piller votre garde-manger.

— Oh, non. De toute façon, je n'aurais pas eu de quoi les nourrir cette fois-ci.

Thorin ne comprit pas cette remarque. Bilbon ferma la porte.

— J'espère que ma visite imprévue ne vous met pas dans l'embarras.

— Pas du tout ! Je vais vous préparer la chambre d'ami pour la nuit. Vous pourrez y déposer vos affaires et venir manger. J'imagine que vous avez faim ?

— C'est très gentil de votre part, lui répondit Thorin avec un petit sourire.

Thorin fit quelques pas dans la maison en attendant. Il fut plus que surpris de découvrir que la maison était bien plus vide que dans ses souvenirs. Dans le salon, il ne restait que quelques tas de livres et de feuilles ainsi qu'une chaise et une petite table. Quant au fauteuil dans lequel Thorin se souvenait avoir déposé Bilbon, quand il s'était évanoui en lisant le contrat, il avait tout bonnement disparu. Bilbon revint avec un grand sourire et vit le regard interrogatif de Thorin.

— C'est plutôt ironique de la part de notre cambrioleur d'en avoir subi un autre… lui dit Thorin.

— Oh ! ça… c'est pire, j'en ai bien peur. Ils ont été vendus pendant mon absence.

— Quand même pas votre fauteuil ?

— Hélas si… l'acheteur a refusé de me le rendre…

— Si vous voulez, je peux aller convaincre cet escroc de vous le rendre.

— Pas la peine. J'ai pu récupérer tout ce qu'il me faut et ils ont eu la délicatesse de laisser les biens sentimentaux. Le reste, ce ne sont que des meubles.

Thorin sourit à son optimisme et Bilbon lui sourit en retour.

— Votre chambre est prête. Vous pourrez venir quand vous aurez fini de vous débarrasser.

Thorin le remercia chaleureusement et entra dans la chambre. Tout comme le reste de la maison, il ne restait pas beaucoup de meubles dans cette pièce, seulement quelques cadres avec des photos, une chaise, un petit miroir, une bassine en métal et quelques livres sur le sol. Le lit, en revanche, semblait avoir été laissé moins par générosité qu'à cause de son poids et de sa taille. Il y déposa son sac et commença à se débarrasser de ses vêtements. Ce voyage n'avait pas été de tout repos et avait pris beaucoup plus de temps qu'il ne l'aurait espéré. Sa santé avait encore une fois empiré et plus d'une fois il avait dû se coucher sur le bord de la route en espérant qu'aucun bandit ou aucune créature ne tombent sur sa carcasse brûlante et agonisante. Il devrait écourter son voyage dans la Comté. Malgré la température fraîche à l'extérieur, il mourait de chaud avec tous ses vêtements. Mais il savait que cette illusion était seulement due à son mal-être. Il retira cependant sa chemise pour pouvoir respirer un peu. Dans le reflet du miroir de la chambre, il put regarder la longue cicatrice sur son flan. Elle était toujours là, comme pour lui rappeler ce jour où tout aurait pu se terminer et aussi ce jour où il avait été sauvé.

Mais ce fut à ce moment-là que la porte s'ouvrit et que Bilbon apparut, les bras chargés de couvertures. Ils se regardèrent pendant quelques secondes sans réagir. Le visage de Bilbon se rougit d'un coup et il ne put s'empêcher de poser son regard sur le torse de Thorin. Dans la panique, il laissa s'échapper de ses bras le linge de maison. Quand il le réalisa, cette distraction lui permit de se détacher de Thorin. Il se pencha pour ramasser les draps et commença à bredouiller des excuses.

— Heu… je suis vraiment désolé… j'aurais dû frapper avant d'entrer… je n'avais pas vu que… je me suis dit que la nuit était fraîche… je voulais juste apporter des couvertures supplémentaires et je…

Thorin se baissa pour l'aider. Bilbon continuait de s'excuser en tentant de ramasser les couvertures sans se rendre compte que la précipitation l'empêchait de pouvoir le faire. La honte et la gêne qu'on pouvait lire sur son visage et déceler dans son articulation plus que hasardeuse n'étaient rien face à celles qu'il ressentait réellement en lui. Thorin en fut mal à l'aise pour lui pendant qu'il l'aidait à ramasser les couvertures. Il ne voulait pas qu'il se sente gêné.

— Ce n'est pas grave ! Merci pour les couvertures. Je vais m'en occuper.

Bilbon releva la tête et vit que Thorin lui adressait un sourire sincère et bienveillant. Il se releva et lui sourit par politesse pour masquer son malaise. Bilbon ne pouvait pas s'empêcher de se couvrir de honte parce qu'il n'arrivait pas à détacher son regard de Thorin bien qu'il le voulait. Il sortit de la pièce en catastrophe.

Thorin se mit à doucement rire jusqu'à ce qu'une petite douleur au cœur vienne le rappeler à l'ordre. Il n'avait pas oublié ce pour quoi il était venu. Sa santé qui déclinait n'avait fait que confirmer ses craintes. Il ne voulait toujours pas totalement y croire, mais depuis qu'il l'avait revu, son sentiment de vide l'avait quitté et ses douleurs toujours présentes semblaient bien moins nuisibles. Il ne lui restait que quelques jours pour s'assurer qu'il pouvait être sauvé.

Quand il eut fini de se rafraichir et qu'il eut enfilé des vêtements plus confortables, il arriva dans la salle à manger où un bol de soupe et Bilbon l'attendaient. Son visage gardait encore les marques de sa gêne, mais avait su retrouver un peu de sa blancheur. Il lui tendit le bol et lui dit :

— Vous avez de la chance, je n'ai pu récupérer que deux de mes bols. Un nain de plus et l'un d'entre nous aurait dû manger sa soupe dans une tasse.

Thorin le remercia et commença à manger. La soupe était un peu chaude, mais, après son long voyage, elle lui fit un bien fou. D'autant plus qu'il ne mangeait plus beaucoup ces temps-ci. Il prit le bol et engloutit d'un coup le potage. Bilbon avait l'habitude de la gloutonnerie naine, mais ne s'y attendait pas de la part de Thorin. Il supposait que ce voyage l'avait affamé et il n'avait pas totalement tort. Mais Bilbon était encore obnubilé par son entrée impromptue dans la chambre.

— Je suis désolé pour tout à l'heure… Je ne voulais pas vous mettre dans l'embarras.

— Ne vous en faites pas. Je pense que cette situation vous a plus embarrassé que moi. Est-ce que tous les hobbits sont aussi pudiques ?

— Non… je pense que c'est surtout moi.

Bilbon but une gorgée de soupe.

— À ce propos, j'ai pu… heu… constater que votre blessure avait cicatrisé, lui dit-il en évitant de le regarder dans les yeux. Est-ce que vous avez pu récupérer totalement de cette blessure ? C'est juste que… quand je vous ai vu arriver, vous aviez l'air… épuisé. Mais c'est possible que ce soit à cause du long voyage qui vous amène ?

Thorin fut plutôt étonné que Bilbon remarque aussi vite qu'il n'allait pas bien. Son état s'était aggravé pendant son voyage, sans même qu'il ne puisse s'en rendre totalement compte. C'est vrai que son cœur battait plus vite que la normale. Chaque effort l'épuisait. Et ses gestes étaient parfois hasardeux. Ce n'était pas par hasard qu'il avait bu la soupe d'une traite. Ses mains pouvaient se mettre à trembler à tout moment et il n'aurait pas voulu que Bilbon le voit.

— Je m'en remets doucement, mais il est vrai qu'un voyage d'Erebor à ici n'a pas dû m'aider. Mais ne vous inquiétez pas pour ça. Ce n'est qu'une cicatrice et ce n'est pas la première que je ramène d'une bataille.

— Vous me rassurez.

Ils n'osèrent pas parler pendant quelques minutes et profitaient simplement de leur repas et de l'un et l'autre. Thorin s'attaquait au pain pendant que Bilbon terminait tranquillement sa soupe. Le crépitement du bois dans la cheminée fut le seul son qui berça leur repas. Quand Bilbon eut fini, il lui dit :

— Ça me fait plaisir de vous revoir, Thorin. Je ne pensais pas vous revoir de sitôt. Qu'est-ce qui vous amène ici ? Votre couronnement est pour bientôt, n'est-ce pas ?

— Oui, dans quelques jours. Mais… J'avais besoin de m'éloigner quelques temps de tout ça. Est-ce que je peux vous demander le logis pendant quelques jours ?

— Bien sûr ! Vous m'avez logé des semaines à Erebor, c'est la moindre des choses. Je serai ravi de vous loger. Seulement quelques jours ?

— Je ne pourrai malheureusement pas rester plus. Je dois repartir dans deux jours pour Erebor. J'ai… un duel.

— Un duel ? Contre qui ? s'étonna Bilbon qui faillit en avaler de travers son verre d'eau.

— Vous vous souvenez sûrement de la venue de Carha et de ce qu'elle disait du seigneur Barûsar ?

— Évidemment… Alors c'est lui que vous affronterez ? Pourquoi ?

— Parce qu'il a réussi à faire douter mon peuple et… il m'a aussi fait douter. Il a réussi à leur montrer mes faiblesses vis-à-vis de l'arkenstone, mais aussi… Il prétend que mes qualités de guerriers ne sont que des mensonges. J'ai besoin de retrouver la confiance des habitants de la montagne et de réaffirmer ma position de chef et de guerrier. Il a proposé un duel et j'ai accepté. Ce n'était pas le choix le plus sage, je le reconnais. Mais… sur le moment, j'ai pensé que c'était ce que mon peuple attendait de moi.

— Un combat… hé bien… les traditions naines sont bien différentes de celles des hobbits. Ici, les conflits se règlent autour d'une bière puis quand les deux partis sont assez ronds que pour ne plus pouvoir discuter, ils rentrent chez eux et oublient. Le lendemain, ils paient une tournée pour s'excuser. Ce n'est pas la guerre qui motiverait qui que ce soit ici. Au contraire, les hobbits n'aiment pas le conflit.

— C'est pour ça que j'ai choisi de venir me reposer ici quelques jours, maître Sacquet. Pas de guerre, pas de conflit, pas de compétition, just la tranquillité de la vie.

Il l'avait regardé droit dans les yeux en lui mentant. Quoique… Il ne lui mentait pas complètement. La tranquillité de la Comté lui serait plaisante, mais c'était avant tout lui qu'il était venu trouver. Toutes ces questions qu'il s'était posé à Erebor et celle qui s'était martelée pendant son voyage semblaient s'être évaporées au moment même où il avait à nouveau posé ses yeux sur lui. Juste profiter d'un bon repas avec lui, loin d'Erebor et de ses problèmes de roi, c'était peut-être un sentiment bien plus agréable et puissant que tout ce qu'il avait vécu ces derniers jours.

— J'espère que si peu de temps vous suffira, lui répondit Bilbon.

— J'espère aussi. J'aimerais pouvoir rester plus mais j'ai des responsabilités de roi que je ne peux pas faire attendre. Barûsar en profiterait inévitablement.

— Je comprends.

Bilbon dit ces derniers mots avec amertume. La présence de Thorin dans son salon avait eu sur lui un effet de joie et de bonheur qu'il ne pouvait comprendre. Comme si, d'un coup, ce sentiment de vide qu'il avait éprouvé ces derniers jours avait été comblé par sa seule présence. Peut-être avait-il simplement besoin de la compagnie d'un ami pour reprendre le cours de sa vie.

— Ça me fait du bien de vous revoir, lui dit Bilbon en baissant la tête.

— Moi aussi, je suis heureux de vous revoir.

Thorin aurait voulu lui dire plus. Il aurait du. Mais ce cœur qui avait déjà piqué son attention quelques minutes auparavant semblait à présent s'emballer. Il se leva précipitamment avant de ne plus en avoir la force.

— Le voyage a été long et vous avez raison, lui dit Thorin, je suis épuisé. Je vais aller dormir.

— Très bien. Je vous souhaite une bonne nuit.

— Merci, vous aussi, maître Sacquet.

Il marcha d'un pas rapide vers sa chambre et eut juste le temps de s'écrouler sur son lit. Il serra de toutes ses forces sa poitrine qui semblait exploser de l'intérieur. Il fallait qu'il tienne, se disait-il, il fallait qu'il tienne assez longtemps pour être sûr. Il fallait qu'il soit sûr que cette légende soit réelle, il fallait qu'il soit sûr qu'il l'aimait, il fallait qu'il l'aimât en retour. Et il fallait qu'il tienne assez longtemps pour qu'il ait le courage de le lui dire.