Bonsoir
je poste la suite de cette fic
Petit point Nanowrimo au passage : 44'001 mots écrit à ce jour. Je pense que je vais le réussir ce défi cette année :-)
bonne lecture du chapitre 2
23 ans plus tard
Dean regarda par la fenêtre en soupirant de dépit. Il voyait Sammy passer la tondeuse dans leur grand jardin et ça lui donnait envie de mettre le nez dehors, mais il ne le pouvait pas. Il n'avait jamais pu le faire. Pas une fois en 22 ans de sa vie il n'avait été autorisé à sortir, même pas dans le jardin. Il pouvait se promener dans toute la maison et dans le jardin d'hiver, mais pas à l'extérieur.
Il serra les poings, s'énervant de cette règle de vie qu'il ne comprenait pas. Il avait souvent demandé pourquoi il ne pouvait sortir et ses parents lui avaient toujours répondu que depuis sa naissance, les médecins leur avaient annoncé qu'il souffrait d'un problème aux poumons qui lui interdisait de respirer l'air du dehors. Et puis, il y avait aussi ses grains de beauté. Son père lui avait dit qu'ils étaient apparus à sa sortie de maternité à cause du soleil, pourtant peu brûlant au mois de janvier au Kansas, mais selon John ça avait suffit pour que la peau de Dean garde à jamais trace de cette minuscule sortie à l'air libre. Pour ne pas en être recouvert partout et avoir la peau brûlée, Dean devait rester dedans, caché derrière des vitres teintées.
Le jeune homme soupira et quitta son poste d'observation pour se diriger vers le salon, dans lequel il savait qu'il allait trouver sa mère à cette heure-ci.
Mary lisait, tranquillement installée dans un canapé moelleux. Elle leva la tête quand elle entendit Dean s'approcher.
- Est-ce que ça va, Dean ?
- Bof, je m'ennuie un peu. Sammy tond la pelouse...
- N'y pense pas, Dean. Tu sais que tu ne peux pas sortir. Ça te tuerait.
- Oui je sais, à cause de mes problèmes de peau et de poumons.
Dean s'assit en face de sa mère et soupira, ennuyé.
- Peut-être qu'on pourrait se procurer un nouveau jeu pour s'occuper... Je vais en parler à ton père. Ou alors, un de ses sièges qui ressemble à ceux d'une vraie voiture avec un volant et un écran. Ça te donnerait l'illusion de partir en balade tout en restant dans la salle de jeux.
- Peut-être.
Mary sentit son coeur se serrer en regardant son fils. C'était pas une vie, elle en avait bien conscience, mais ils n'avaient pas le choix. Dean ne devait rencontrer personne pour ne pas tomber amoureux. C'était un risque qu'ils ne pouvaient pas prendre. Ils n'avaient même pas la télé pour pas que Dean ne voit des autres humains et que les sentiments se mettent en place naturellement comme pour tous jeunes de son âge. Ils avaient dû faire beaucoup de sacrifices ces 22 dernières années, mais c'était pour sauvegarder le monde. Ils avaient eu Dean puis avaient hésité plusieurs années pour faire un deuxième enfant, ne se voyant pas imposer une telle vie à deux enfants, mais ils avaient bien remarqués quand Dean avait 3 ans qu'il avait besoin de quelqu'un pour jouer avec lui. Quelqu'un pour s'occuper. Quelqu'un à qui parler, avec qui rire, avec qui échanger, alors ils avaient eu Sam.
Mais Sam, depuis un an, rêvait d'aller à l'université. Il rêvait de devenir avocat, alors Mary et John hésitaient à le laisser sortir de leur maison protégée pour l'envoyer loin afin de le laisser s'épanouir. Au moins, un enfant sur deux.
Mais ils avaient peur. Très peur que Sam puisse donner des infos du monde à Dean, qu'il comprenne que son frère n'a aucun problème de peau ou de poumons, qu'il veuille un jour venir leur présenter une copine et que Dean ait envie d'en avoir une aussi. Comment allaient-ils assumer cela si ça arrivait ?
Ils en avaient déjà beaucoup parlé et Mary était pour dire la vérité à Sam. Il allait avoir 18 ans, il pouvait très certainement comprendre, mais John n'était pas de cet avis. Cette situation créait beaucoup de disputes dans le couple quand les jeunes étaient au lit et dormaient. Quand les enfants ne pouvaient pas les entendre, les discussions animées allaient bon train entre John et Mary.
Mais la fin de l'âge du lycée approchait à grands pas pour Sam et il allait falloir se décider à un moment donné.
Mary arriva dans la chambre parentale alors que John se changeait pour la nuit. Elle s'assit sur le bord du lit et prit son courage à deux mains pour parler à son mari.
- John, j'ai bien réfléchi et je pense que pour Sam, ce serait bien qu'il aille à l'université. On pourrait l'envoyer à Stanford, c'est loin d'ici. Ce serait compliqué pour lui de revenir et il serait obligé d'habiter là-bas.
- Mary, on a déjà parler de ça, dit John en soupirant d'ennui. Imagine qu'il parle à Dean du monde extérieur ou tout simplement qu'il trouve injuste que son frère doive rester enfermé.
- Mais si on lui dit la vérité, il comprendra que c'est important et que nous n'avons pas le choix,.
- Peut-être, Mary, mais peut-être pas. Sam est parfois très buté.
- Je sais. Je me sens tout de même de plus en plus mal de lui imposer cette vie alors qu'il n'y a pas de pression qui pèse sur ses épaules. Il est le seul de nous quatre qui ne risque rien à vivre une vie normale.
- Très bien... nous lui parlerons et on verra bien. On lui fera comprendre l'importance de préserver Dean du monde extérieur.
- Je m'en veux beaucoup de cette situation.
- Tu n'es pas responsable, Mary. Ce n'est pas toi qui a passé un marché avec cet ange.
- J'aurais fait pareil pour toi, tu le sais bien. J'aurais pris la même décision.
- Sans doute... mais le poids de celle-ci repose quand même sur moi. J'ai condamné notre aîné à une vie de prison avant même sa venue au monde. C'est terrible. Mais que faire maintenant ? Il a 22 ans, il devrait avoir des projets de vie, être à l'université ou travailler. Il devrait pouvoir voyager. Il devrait fréquenté, avoir des envies de mariage.
- Tout cela est injuste, nous le savons. C'est pour cela que nous n'avons pas le droit de faire de la vie de Sammy le même enfer. L'un des deux peut avoir enfin droit à une vie. Sa vie.
- Tu as raison, je le sais, mais je ne peux m'empêcher d'avoir peur.
John s'assit sur le lit, le regard perdu dans le vide, puis il se coucha en soupirant.
Sam dévisagea ses parents avec effroi quand ceux-ci eurent terminé de lui expliquer la raison pour laquelle ils leur avaient menti à son frère et à lui depuis toujours. Quand ils eurent avoué et raconté toute l'histoire, Sam est resta sans voix.
- J'espère que tu comprends, Sammy, dit Mary d'une voix douce.
- Nous sommes désolé, s'excusa John, plus ému qu'il ne l'aurait voulu.
- Mais... mais... alors Dean... il va rester enfermé ici ?
- Il le faut, Sammy. Ce n'est pas vraiment un choix. C'est mieux pour lui, pour nous, pour le monde et l'univers tout entier.
- Nous savons que ce n'est pas juste, mais... nous ne pouvons pas faire autrement. C'est pour cela que nous t'en parlons, parce que toi..., John hésita sur comment terminer sa phrase.
- Moi j'ai le droit et pas Dean, c'est ça ?
John et Mary acquiescèrent en silence, les lèvres pincées.
- Tu as la chance de pouvoir faire ce que tu veux de ta vie, Sammy. Ne t'en fais pas pour Dean, nous sommes là pour gérer son cas.
Sam se leva de sa chaise d'un bond.
- Son CAS ? Tu parles de lui comme s'il avait fait quelque chose de grave qui nécessite qu'il soit enfermé. C'est pas ça et tu les sais très bien, papa. C'était votre choix, pas le sien. Pourquoi ne lui avoir jamais rien dit ? Pourquoi avoir menti ?
- Et bien... je suppose que c'était plus simple, murmura Mary, mal à l'aise.
Sam soupira et reprit place sur sa chaise.
- Je veux aller étudier, c'est mon rêve le plus cher... mais, Dean sera seul si je pars.
- Nous serons là, nous.
- Certes, mais il a besoin d'autre chose. De contact avec des gens de son âge. De s'amuser.
- Ce n'est pas possible, Sam, il ne doit pas sortir. Il ne doit pas tomber amoureux. Imagine s'il rencontre une femme et qu'il développe des sentiments pour elle, comment allons-nous faire ?
- Et si... et si vous trouviez un homme ? Un mec de son âge.
Mary et John se regardèrent quelques instants dans les yeux, semblant échanger un dialogue muet.
- Personne n'aurait envie de rester enfermé ici de sa propre volonté, dit Mary, fataliste.
- Et l'ange, il ne pourrait pas vous aider ? Il a pas une solution pour Dean ?
- Ah oui tiens, on n'a jamais pensé à lui demander. Encore faudrait-il savoir comment on peut parler aux anges, dit John, un brin grinçant.
- Les églises sont faites pour ça, non ? Pour parler à Dieu et aux anges.
Le patriarche se sentit tout à coup très idiot de n'avoir jamais pensé à ça. Il aurait pu même essayer de négocier le deal pour changer les choses. Pourquoi pas essayer, après tout.
-Je crois que tu as raison, Sammy. Je vais essayer. Peut-être que je peux même renégocier le deal de base et changer la vie de Dean.
- Qui sait, ça vaut le coup de tenterr, c'est sûr. Je ne dirai rien à Dean mais... je ne lui dirai pas non plus que je veux aller à l'université. Je vais... je vais tout simplement partir et ne pas prendre contact avec lui par la suite. Ce sera plus simple pour tout le monde.
- Sam..., commença Mary, la voix cassé et le coeur déchiré.
- Je sais. Ça va me faire du mal, ça va lui faire du mal, mais... je n'arriverai pas à lui mentir si je l'ai au téléphone ou si je reviens vous voir occasionnellement. Cette situation ne me laisse pas non plus le choix à moi. Promettez-moi de lui trouver un ami.
Mary hocha la tête, promettant à son fils de faire tout son possible. John fut plus hésitant, mais finit par acquiescer lui aussi et Sam en fut ravi. Il se sentait un tout, tout petit peu moins coupable grâce à cette promesse.
John s'appliqua dès le lendemain matin à mettre la promesse faite à Sam sur pieds. Il sortit de sa maison protégée sans rien dire à ses fils et prit la voiture pour aller à Lawrence, en ville. Il s'arrêta devant la première église qu'il vit sur son chemin et entra dans le bâtiment, tiraillé par l'apréhension. Ils avaient disparu depuis si longtemps de la ville et il n'avait pas revu d'ange depuis la... mort de Mary. Il s'arrêta de marcher en arrivant devant la croix et joignit les mains, fermant les yeux. Il soupira en écoutant le silence du lieu et se sentit libre de respirer sans culpabilité pour la première fois depuis 23 ans. Ça faisait un bien fou à son corps et à son mental.
- Bon, je vais être honnête, moi, les prières, c'est pas ma tasse de thé. Je suis même pas certain que je m'y prends correctement mais... j'ai besoin d'aide. Je Suis John Winchester, l'Homme de Lettres, époux de Mary Winchester née Campbell, chasseuse de démons. Nous avons deux enfants et...
John rouvrit les yeux. ''Comment diable s'appelait cet ange, déjà ?''
- Eloi ? Non...euh,,, Eliel ?
John se creusa la tête pour retrouver le nom de cet ange et soudain ça lui revint en mémoire.
- Eloiel ! J'ai besoin de vous. S'il vous plaît.
Un bruissement se fit entendre devant l'humain et il leva les yeux pour voir un homme aux longs cheveux noirs devant lui.
- Oh...
- Vous auriez pu me prier de n'importe ou, ce n'était pas nécessaire de venir ici. Mais bon, je reconnais qu'on fait pas mieux au niveau tranquillité. Monsieur Winchester, ça faisait longtemps.
- Oui, en effet. Écoutez, j'ai besoin d'aide. Voilà, j'ai deux enfants, deux fils et... l'aîné ne doit pas... enfin... vous savez.
- Je sais, en effet. Je ne peux pas rediscuter le deal.
- Je sais, je ne vous ai pas fait venir pour renégocier. Non ! En fait, pour résumer, mon cadet va partir à l'université et il a promis de garder le secret du marché que nous avons passé par rapport à mon aîné si...
- Si ? apostropha l'ange, les lèvres pincées, pas très rassuré.
- Sam voudrait que je trouve un ami pour Dean, un genre de nouveau frère qui resterait enfermé avec lui pour ne pas qu'il ait envie de sortir.
L'ange s'approcha que quelques pas.
- Et quel est mon rôle dans cette affaire ?
- Et bien, je me disais que... un ange, peut-être ou je ne sais pas. Il doit y avoir une solution.
L'ange plissa les yeux et secoua la tête.
- Non, non monsieur Winchester, je ne peux pas vous...
Mais Eloiel se tut soudain, perplexe. Il sembla réfléchir quelques secondes, puis son visage s'illumina.
- Attendez, j'ai peut être une idée. Il y a un ange parmi nos rangs qui est un peu... spécial.
John grimaça légèrement.
- Spécial comment ? Qu'entendez-vous pas là ?
- Oh, Castiel est... comment dire ça... très indiscipliné comparé aux autres anges. Il est très désobéissant.
- Je n'ai pas besoin de quelqu'un qui n'obéit pas, s'énerva John.
- Il n'obéit pas les ordres angéliques, parce que son rêve, soi disant, c'est de vivre comme les humains, sur Terre. Il pourrait être le candidat idéal pour devenir l'ami de votre fils et rester enfermé avec lui. Mais dites, pas de risque que votre fils soit amoureux ?
John recula vivement comme si l'ange l'avait frappé et dit, indigné :
- Bien sûr que non. Et quoi encore ? Vous prenez mon fils pour quel genre d'homme ?
L'ange leva les mains devant lui en signe d'apaisement.
- Je ne voulais pas suggérer que votre fils soit...
Eloiel chercha ses mots mais les trouvant pas, il finit par dire :
- Pardon. C'était une question inappropriée. Quand-est-ce que votre cadet doit s'en aller ?
- Juste après la fin du lycée. Dès le début des vacances scolaires. Il trouve cela plus facile de partir tout de suite.
- Très bien, je vous enverrai Castiel dès le lendemain matin.
Et Eloiel disparu aussitôt. John regarda la croix devant lui et remercia d'un signe de tête, même si ce geste ne servait très certainement à rien.
Bon, on sent clairement arrivé la fic Destiel, n'est-ce pas ?
Evidemment... mais... ce sera pas si simple... ce serait trop beau...
à bientôt pour la suite
KitsuneA
