Un Lien Éternel
Disclaimer : L'univers ainsi que les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent aucunement
Note : J'avais déjà publié les deux premiers chapitres de cette fanfic mais des événements m'ont tenu à l'écart de mon clavier, ainsi j'ai décidé de la réviser.
***Cette fanfic a un M-rating : elle parle de violence et de l'horreur, mais aussi de la force pour la surmonter! ***
C'est un univers dont l'histoire est complètement différente : personnage féminin (Ariane) est la fille de Lily et James Potter. Harry n'existe pas, de même que la prophétie et les événements entourant la trahison de Peter Pettigrew, l'emprisonnement de Sirius…. Severus n'est jamais allé à l'école en même temps que Lily Evans donc n'en ait jamais tombé amoureux d'elle.
J'ai emprunté de légers éléments de l'univers de Witcher
Résumé : Univers alternatif. Ariane Potter a vécu l'enfer chez les Dursley et Snape doit prendre une grave décision pour la sauver. Dans l'horreur, la guerre et à travers les manipulations des deux camps elle devra faire des choix.
Chapitre 1 : Un miracle, vraiment?
Les ruines encore fumantes étaient éparpillées aussi loin que Dumbledore pouvait voir. La nuit était sombre et froide. À ses pieds, la neige était noire de cendres et, du bout de sa chaussure, il fit rouler des fragments de pierres, dernières reliques de la maison des Potter. Ils feront passer cela sur le dos d'une fuite de gaz, pensa le vieil homme. Les Potter étaient de puissants aurores et le camp de Voldemort avait récemment accusé de lourdes pertes. Supprimer les Potter, et possiblement d'autres aurores, dans l'intimité de leur demeure pouvait être une stratégie payante. Partout dans le monde on chuchotait à propos du mage noir, de ses convictions et ses idées, mais guerre rime avec mort. Il n'en fallait pas moins pour faire hésiter les recrues potentielles. L'intensité des combats augmentaient, Voldemort en avait probablement assez d'avoir Lily et James dans les jambes et avait décidé de s'en débarrasser de façon définitive. L'esprit de Dumbledore allait à toute vitesse, tentant de réunir toutes les hypothèses possibles et d'en mesurer le réalisme. Était-ce un message aux autres aurores? Une diversion?
Un simple Avada aurait suffi, le style de Voldemort n'était pas dans l'éclat, il faisait monter la terreur chez ses ennemis par une violence indifférenciée, mais réfléchie. Hommes, femmes, enfants, moldus et sorciers, personne n'était à l'abri de son armée. Il aimait laisser l'extérieur de la demeure, voire de villages entiers, intacte et ce n'est qu'en entrant que l'on comprenait ce qui s'était produit et que plus jamais l'on ne reverrait sa famille. De plus, une dizaine de corps avaient déjà été trouvés, calcinés jusqu'aux os. Soit les Potter avaient organisé une soirée, soit de nombreux mangemorts avaient péri... Peut-être Voldemort lui-même… Dumbledore chassa cette pensée, il ne voulait pas penser à une éventuelle victoire avant que le tout soit confirmé. Quelque chose de grave c'était produit ici et il avait le pressentiment que ni James et Lily ni Voldemort n'étaient à l'origine de cette destruction. Il avait beau essayer de trouver une explication, rien n'avait de sens.
Un superviseur passa à côté du vieux sorcier. Espérant éliminer quelques hypothèses Dumbledore l'interrogea sur les événements des derniers jours. Aucune attaque à signaler, rien de particulier. Ce n'était donc pas une diversion… Le sorcier fut tiré de ses pensées par les sirènes des véhicules d'urgence moldus qui approchaient rapidement. Les aurores fouillaient encore les ruines alors que d'autres étaient occupés à ensorceler l'esprit des moldus qui voulaient voir le carnage.
La marque de Voldemort était encore légèrement visible dans le ciel et Dumbledore la dissipa d'un mouvement sec de baguette. C'est la marque qui avait mené à l'arrivée d'une armée d'aurores à Godric Hollow, mais au moment où ils approchaient silencieusement dans la nuit noire, la maison avait explosé dans un fracas épouvantable. Aucun sens, tout cela ne faisait aucun sens. Dumbledore laissa son regard errer sur les ruines, priant qu'un autre indice lui permettrait de percer ce mystère. Ses vœux furent exaucés, car au loin une aurore agita rapidement sa baguette dont le bout était illuminé. Il accourut.
« Elle est vivante! » Ces mots stupéfièrent Dumbledore, quoi? comment? Au milieu des ruines, une jeune aurore tenait dans ses bras un bambin d'environ un an, couvert de suie de la tête aux pieds. L'enfant était bien vivante, elle bougeait les jambes et se frottait les yeux, essayant de regarder tout le monde autour, ignorant qu'elle était orpheline depuis moins d'une dizaine de minutes. Elle ne semblait même pas blessée. « Amenez-la immédiatement à Ste-Mangouste, évacuez les corps, les moldus arriveront dans un instant. Je veux vos rapports à la première heure sur le bureau du ministre! » Tous s'activèrent et en un instant les lieux étaient vides.
Contrairement à ce qu'avait espéré Dumbledore, la présence de la gamine au milieu des décombres de son ancienne chambre, ne faisait qu'épaissir le mystère. C'est un miracle, dirent les médicomages. Le sorcier à la longue barbe était trop vieux pour croire aux miracles.
« Avez-vous trouvé quelque chose… d'anormal chez elle », demanda le vieil homme. Il savait bien que ce qui s'était passé dans cette maison était loin d'être normal, même pour le monde magique. Il voulait… devait comprendre ce qui c'était passé. Les médicomages se regardèrent, incertains de comprendre la question.
« Vraiment rien de spécial, Dumbledore, nous vous l'assurons. Vous… vous pouvez aller la voir si vous voulez, elle dort… » Le médicomage pointa la salle dans le fond du couloir et le sorcier s'y rendit d'un pas vif. Les médicomages se regardèrent de nouveau, mais ne dirent rien. Le vieux sorcier était connu pour être excentrique, voire étrange, et cette rencontre ne faisait que confirmer sa réputation.
L'enfant dormait profondément, couchée sur le dos avec une peluche serrée contre son petit visage aux joues dodues. Il se concentra, essaya de percevoir quelque chose qui pourrait émaner de la fillette, en vain. Il n'entendait rien en dehors de sa respiration, il ne voyait rien en dehors de sa silhouette, de la peluche… Rien. Cela énerva Dumbledore plus qu'il n'aurait voulu l'admettre. Il s'approcha avec douceur, il ne voulait pas la réveiller. Si son hypothèse était juste, il devait être prudent. Il passa la main au-dessus de la fillette, murmurant des incantations dans une langue oubliée. Il le sentit tout de suite, un bouclier. Il remonta sa manche, déposa sa main sur le dessus et ferma les yeux en inspirant profondément.
« Lily… » Il pouvait sentir la présence de son ancienne étudiante partout dans la pièce, son amour avait protégé l'enfant. Mais ce n'était pas cela qui avait détruit la maison ; le bouclier en était un de protection, pas d'attaque, et ce qui avait causé l'explosion n'était aucunement un mécanisme de défense. Il remplit son esprit de pensées bienveillantes et appuya sur le bouclier pour passer au travers, allant déposer sa main sur le front de l'enfant. Il s'attendait à être renversé par une vague de puissance, une magie brute, merveilleuse, une promesse de victoire dans la guerre qui sévissait depuis bientôt 10 ans.
Dépité, il inspira profondément. Il ressentait son pouvoir magique, palpitant de vie, prêt à grandir avec elle, mais rien qui n'aurait pu causer le carnage de Godric Hollow. La fillette avait miraculeusement survécu et il ne semblait pas y avoir d'autres explications. Dumbledore se frotta le front de découragement. Il y avait vraiment cru durant un instant, cru que l'enfant recelait un potentiel magique considérable. Il devait se résigner, son hypothèse était fausse et devait maintenant se concentrer sur les autres suspects. Il jeta un dernier regard au bambin, espérant encore une fois que la chance lui sourirait et que ce mystère se résoudrait là, devant ses yeux, mais il n'en fut rien. Il quitta l'hôpital magique, espérant pouvoir dormir quelques heures et qu'à son réveil tout serait plus clair.
Dans le bureau du ministre de la Défense, un grand bureau bien gris avec une table, des chaises, une bibliothèque et une plante verte dépérissant dans un coin, la pile de rapport montait sans arrêt, plus vite qu'il était possible de les lire. Le ministre, un certain Crouville, qui ne ferait pas 3 mois à son poste au vu de son incompétence, lisait les rapports, le front luisant de sueur qu'il épongeait avec un chiffon déjà bien imbibé. Il laissait s'échapper des cris d'horreur et de stupéfaction à chaque page qu'il tournait, au grand dam de Dumbledore. Ce dernier lisait rapidement les divers documents, son regard errait sur les photos sans s'y accrocher. Ce n'était pas son premier charnier. Chaque chemise qu'il fermait augmentait son niveau de rage. Ces rapports étaient aussi inutiles que la plante sur laquelle il venait de déposer son regard.
Un bruit faible sortit les deux hommes de leurs pensées. Quelqu'un cognait légèrement à la porte et fini par l'entrouvrir « Hum… désolée de vous déranger… je voulais juste… …. » L'aurore s'interrompue brusquement. Rougissante, elle se tenait dans l'embrasure de la porte. Elle avait un visage fin et ses cheveux marron retombaient sur ses yeux et lui donnaient un air encore plus timide que sa voix ne le laissait à penser. Elle regarda les deux hommes et courut poser son rapport sur la pile qui grandissait encore. Elle n'avait pas besoin de se déplacer jusqu'au ministère pour y déposer des documents, c'était le Ministère de la Magie, pas celui des moldus! Et pourtant elle était là en chair et en os. Elle a peut-être une information importante, se dit Dumbledore.
«Désirez-vous nous faire part de quelque chose?» Le vieux sorcier avait adopté une voix presque mielleuse. La femme acquiesça vigoureusement. Dumbledore était probablement l'un des mages les plus connus au monde, elle était intimidée au possible par sa simple présence et voilà qu'il lui adressait directement la parole. « Nous vous écoutons » le ton était moins doux, un peu brusque même. Elle inspira profondément « Je voulais savoir si l'enfant allait bien et… » Elle fut interrompue par la main levée du sorcier barbu. « Elle va bien. Avez-vous une information pertinente à nous partager, vous qui vous êtes déplacé jusqu'ici? » La voix de son idole était froide, tranchante. La voix tremblante elle rétorqua « Non… je voulais juste savoir ce qui va lui arriver et si… » Dumbledore ne prit même pas la peine de lever la main, il attrapa un autre rapport et y plongea son regard, tournant le dos à l'aurore. Le ministre, toujours suintant, et répondit rapidement que la fillette serait confiée à des membres de sa famille et qu'ils prendraient bien soin d'elle. Il congédia la femme qui quitta le bureau la mine basse.
Le lendemain de l'incident de Godric Hollow tous des corps avaient été identifiés : 11 mangemorts avaient péri en plus de Lily et James Potter. De plus, des espions avaient rapporté que Voldemort avait été gravement blessé, de même que plusieurs mangemorts dont certains seraient décédés par après. C'est une excellente semaine, pensa Dumbledore, un sourire rêveur aux lèvres. Être responsable de la fin de deux guerres durant sa vie, quel accomplissement se serait! Son nom serait sur toutes les lèvres, son histoire enseignée des siècles après sa mort! Une seule ombre au tableau : Personne ne savait l'origine de l'explosion. Ni lire les rapports, ni interroger les aurores présents sur les lieux, ni les inspecter de nouveau n'avait mené à de nouvelles pistes. Il avait même, avant le départ de la fillette pour la maison de sa tante, sondé ses pensées, en vain. Elle dormait au moment des faits. Dumbledore laissa son regard errer dans son bureau, cherchant l'inspiration dans les portraits couvrant les murs, sur le phénix qui dormait sur son perchoir, dans le feu brûlant dans l'âtre. Son esprit était vide d'idée nouvelle. Il soupira, vaincu. Pour l'instant, l'explosion de Godric Hollow resterait un mystère, il devait se concentrer et écrire le discours qu'il présenterait aux médias quant à l'incident. Répondre aux questions des journalistes risquait d'être une partie de plaisir, pensa-t-il avec ironie. Son discours était presque terminé, la nuit était tombée depuis plusieurs heures lorsque l'un de ses enseignant fit irruption dans son bureau. Snape, aussi pâle qu'à l'accoutumée, n'attendit pas que Dumbledore pose sa plume et dit simplement
« Le haut conseil des mangemorts m'a donné une mission. Ils veulent que je leur ramène le diadème de Serdaigle qui est dans la salle sur demande» Dumbledore le regarda, fatigué. Qu'est ce que le mage noir voulait faire avec un diadème? Il n'eut pas besoin de poser la question que Severus haussa les épaules. Les deux hommes se connaissaient depuis de nombreuses années. Severus était devenu mangemort à la demande de Dumbledore et espionnait pour le camp adverse depuis quelques mois maintenant. Voldemort était content d'avoir un espion dans les murs de Poudlard mais pas au point de lui donner un haut grade, mais ses informations se révélaient toujours précieuses et avaient sauvé de nombreuses vies. Le diadème était inestimable, mais à la fin de la guerre, qu'ils allaient gagner bien sûr, ils pourraient récupérer le diadème, se dit Dumbledore. Et même s'ils ne le retrouvaient jamais cela ne valait pas la peine de perdre l'atout que représentait Severus Snape. Les deux hommes se jaugeaient avec leur air sérieux et Dumbledore acquiesça lentement.
Il ne fallut pas plus d'une heure à Severus pour trouver le diadème, quitter l'enceinte de Poudlard et transplaner jusqu'à l'intérieur du château de Voldemort. Il pouvait en pénétrer l'enceinte grâce à la marque, sans elle il aurait été réduit en poussière au moment de traverser les protections magiques. C'était un vieux château qui avait appartenu aux ancêtres du Mage Noir et les sorts de protection remontaient à un temps oublié. Les aurores avaient longuement essayé de les parer, le tout c'étant soldé par un cuisant échec. Il amena directement son précieux colis jusqu'au haut conseil, mais la salle était vide. L'une des portes du fond de la pièce était entrouverte. Cette porte n'était jamais ouverte. Jamais. Il s'y dirigea directement, c'était une chambre immense, aux murs couverts de draperies luxueuses et meublée avec goût. Au fond de la pièce, sur un lit de bois sombre, Voldemort gémissait de douleur dans un état semi-comateux, la peau horriblement brûlée, le bras et la jambe droite avaient été réduits à de courts moignons à l'extrémité suintante. Severus garda un visage impassible alors qu'un membre du haut conseil s'approcha. Son regard voulait tout dire. Garder le silence sur tout ce qu'il avait vu. Severus fit un sec mouvement de la tête et lui tendis le diadème. Ce dernier alla rejoindre d'autres objets sur un autel éclairé par des bougies gravées. Disposés à égales distances se trouvaient un vieux livre à la couverture noire, une bague, un médaillon, une coupe et des os humains. Nagini était couchée sur le sol au pied de l'autel. Severus quitta rapidement le château.
Il est à l'agonie, confirma Snape à Dumbledore. Même s'ils réussissent à le garder en vie il est gravement affaibli. L'esprit de Dumbledore filait à vive allure, un livre, une bague, un diadème… «Décris moi les objets en détail» Snape s'exécuta jusqu'à ce que Dumbledore lui fasse signe de se taire. Il se prit la tête entre les mains, furieux. Rien ne pouvait sauver Voldemort… Sauf des foutus horcruxes. Il avait prévu le coup le salaud. Il lui avait livré, sur un plateau d'argent, la clé de sa survie.
« Il y avait cinq objets, tu es sûr » Malgré sa frustration Dumbledore avait une voix relativement calme. Ce n'était pas la faute de Severus, il lui avait donné son accord, il ne pouvait s'en vouloir qu'à lui-même. « J'en suis certain » Le vieux acquiesça. Cinq horcruxes, quel sacrilège. Au moins, il ne risquait pas d'en avoir d'autres. Et rien ne laissait croire pour l'instant que les mangemorts avaient réussi leur sortilège.
Il fallut des semaines pour confirmer cette information, mais alors que la nouvelle année venait de commencer, Voldemort convoqua tous ses mangemorts et fit rapidement taire les rumeurs qui couraient à son sujet. Il leur apparut pleinement guéri et encore plus fort. Les mangemorts étaient extatiques, certains pleuraient de bonheur et essuyaient discrètement leurs larmes sous leur masque, d'autres applaudissaient, certains criaient les yeux remplis de béatitude. Severus, présent au rassemblement, restait impassible. Lorsqu'il confirma le tout à Dumbledore ce dernier n'avait qu'une pensée. Fuck.
