KHR, son univers et ses personnages ne m'appartiennent pas.


Two as One :

Doigts couverts de savon écorchant ma peau à vif pour un sentiment de propreté qui refuse de venir... Ces mains ne sont pas miennes.

Sang et salive tombant avec mes larmes, salissant ma face comme des contusions... Cette douleur n'est pas mienne non plus.

Nu, frigorifié et tremblant, teint de rouge par l'eau bouillante de la douche... A qui appartient ce corps ?

Voix rauques et profondes et brisées sortant de ma gorge... Voix qui ne sont pas miennes.

Perdu dans le corps d'un autre, le portant comme un peignoir sans y trouver réconfort. Un corps avec mon faciès et mes manières, mais qui n'est pas mien... Jamais mien.

Il y avait de l'Amour. Il y avait de l'Espoir, un But et un Futur. Tellement de choses magnifiques pour nous garder à flot et ensemble... Tellement de choses irréparablement fracassées avec un sourire.

Tu embrassais mes rougeurs avec tes lèvres roses, laissant du rouge à lèvre sur mes joues. Tu assombrissais mes yeux de poudres et de désir, avec des rictus affamés remplis de dents. Où me suis-je trompé, Chrome ? Quand nous ai-je trahis ?

C'était un jeu, je me souviens. Un jeu sans gagnant, sans prix, sans ligne d'arrivée. On était deux et on y jouait. Tu exhalais des mots doux dans le creux de mon cou. Tu murmurais gloire et beauté contre mes lèvres. Tu t'accrochais à mes hanches avec désespoir et peut-être... Peut-être aurais-je du savoir que quelque chose, déjà, devenait mauvais.

Tu frappes mon visage pour me faire rougir. Tu mords, tu érodes, tu grattes, comme un acide sur mes défenses. Tu peins mes yeux en noir d'hématomes et de colère, plus rien ne peut satisfaire ta faim. Nous étions deux et maintenant je suis seul avec un Monstre. Il n'y rien de doux quand tu m'enserres et que je me brise. Il n'y a pas de beauté, pas de gloire dans cette ultime lutte. Tu déchires mon cœur avec exultation et peut-être... Peut-être que c'était évident : notre Amour était mûr quand il a éclos, il ne pouvait plus que pourrir.


L'Amour est irrationnel, Mukuro-sama, calcinant ma gorge quand l'alcool bourdonne dans mon système et me laissant sans cœur en un seul souffle. Il brûle son chemin à travers mes veines, corrodant mes nerfs et mon bon sens. Il me rend malade et prête à tout pour plus, griffant mes poumons dans un cri silencieux et tordant mes membres dans une danse sordide.

Je t'aime.

Tes lèvres on le goût du sang, tes joues rougissent d'empreintes de doigts... Qui a peint tes yeux si bleus ? Je ne me souviens de rien quand vient le matin. Ma langue est pâteuse et une migraine pulse dans mon corps, se répandant en échos sous ma peau. Je te regarde, allongé à mes côtés. Tu es dégoûtant. Te recroquevillant loin de moi sans oser quitter le lit, emmêlé dans les draps comme pendu à une potence. Je caresse tes courbes avec révulsion. Jaunes, violets et noirs des nuits précédentes. Griffures, déchirures et morsures d'aucun amour. Tu as été possédé par une Bête. Une Bête qui porte mon nom... Tu me dégoûtes.

Je regrette tellement de t'aimer quand je suis sobre... Mon Dieu, laissez-moi rester bourrée pour l'éternité...

Mon utérus est privé de vie et mon âme dégoutte lentement dans un puits de folie. Une femme est une créature fragile, tu sais ? Un simple baiser attisant les braises des espoirs perdus depuis longtemps et un enfer sans pardon consumera son tout. Agissant sans raison. Criant sans rien dire. Elle a l'air de voler, flottant légèrement dans des vents invisibles, mais en réalité elle se noie. Pauvre, cruelle et pitoyable femme... Suffoquant des mots inconnus en agrippant ta cheville pour t'emporter avec elle.

Je ne suis qu'une femme amoureuse... Pardonne-moi... Pardonne-moi...

Parfois je me demande pourquoi tu restes avec moi. C'est un étrange éclat de psychose qui me prend toujours par surprise. Tu m'as aimé un jour, je sais, mais tout ce que je vois à présent c'est la haine dans ton regard. Haine et terreur... Ce n'est pas sain. Ça me détruit et nous détruit. Tu nous as assassiné mais je n'ose pas le dire. Je suis faible et égoïste, tu sais ? Si tu partais... Je ne te suivrais pas.

Il y a deux places dans cette tombe, alors partons ensemble.


Co-dépendance, obsession et manipulation, leur relation n'avait jamais été saine. Des sentiments aussi intenses ne pouvaient être de l'Amour... Une loyauté aussi désespérée ne pouvait être une simple loyauté... Dans un jeu où le premier à y croire est celui qui perd, qui aurait cru que ces deux-là inverseraient un jour rôles et concepts ? Quand Tsunayoshi remarqua enfin la détresse des ses gardiens de la Brume, il était déjà trop tard.


Donc, j'ai traduit le texte pour mon père et je me suis rendue compte qu'il était mieux en français. Comme quoi le naturel m'est revenu au galop...

Que l'inspiration soit avec vous,

Plew A.E