Chapitre 4 : Vérités et mensonges
Dumbledore avait convoqué, à son bureau de Poudlard, McGonagall et Snape. La sorcière accueillit avec soulagement la mise sous tutelle d'Ariane par le vieux sorcier. Snape, quant à lui, n'était pas du tout ravi. Il ne voulait pas attirer l'attention de Dumbledore sur l'enfant. Snape savait qu'il n'était pas un homme de nature cruelle, mais pour arriver à son but, il était prêt à tout. Vraiment tout. Et si Ariane était bien ce qu'il croyait, alors elle était un atout majeur qui pourrait changer le cours de l'histoire. Dumbledore serait incapable de laisser passer une telle opportunité.
D'un signe de la main, Dumbledore congédia la sorcière. Il regardait intensément Snape. Il croyait savoir la vérité sur ce dernier, en fait il supposait qu'il appartenait à une ancienne espèce de vampire qui pouvait supporter la lumière du soleil. Jamais il ne lui serait venu à l'idée qu'il était un Né-Vampire, en un siècle à parcourir la planète il n'en avait jamais vu, ainsi dans son esprit, ils appartenaient au monde des légendes. Les deux hommes n'avaient jamais discuté ouvertement de la situation, mais il était impossible de l'ignorer : depuis 70 ans qu'ils se connaissaient, Snape n'avait pas vieilli d'un poil.
«Soit honnête, as-tu fait quelque chose à Ariane?» Seules deux options étaient possibles dans l'esprit de Snape: Dumbledore avait remarqué quelque chose de différent chez la fille ou il trouvait étrange sa guérison miraculeuse. Les deux auraient très bien pu être liées sans qu'il eût à s'en mêler et de toute manière le Né-Vampire n'avait pas de compte à rendre au sorcier, surtout concernant ce choix. Il n'avait aucune idée de ce qui allait se passer avec Ariane et il ne désirait pas en discuter avec son vieil ami.
«Non, je n'ai rien fait d'autre que la libérer de ses chaînes» Dumbledore ne pouvait pas savoir s'il lui disait la vérité car Severus se faisait un devoir de garder un ton calme et son masque austère. Il savait qu'il n'obtiendrait rien de plus du vampire. Il était de ces rares individus auxquels la prestance de Dumbledore ne faisait ni chaud ni froid. Ainsi, il souhaita bonne soirée au vampire et quitta pour le ministère. L'immortel retourna à sa chambre et continua de préparer les prochains cours de potion, distrait par la question de Dumbledore et l'image d'Ariane enchaînée. Il déposa sa plume. Tant pis, se dit-il, il décida d'aller à Ste-Mangouste pour constater de lui-même si, oui ou non, l'enfant avait été changée par l'ingestion de son sang ou si, comme il le croyait, il s'agissait d'autre chose.
L'hôpital était tranquille en ce début de nuit. Les couloirs étaient quasiment vides et Snape marchait rapidement. Même s'il avait croisé quelqu'un, il n'aurait probablement pas eu le courage de l'arrêter. Il laissait émaner de lui cette aura de terreur qui était reconnue parmi les élèves de Poudlard. La gamine dormait à poings fermés. Il put constater que les cheveux d'Ariane étaient d'une profonde couleur cuivrée et qu'une fois propres, ils étaient magnifiquement bouclés. Son visage laiteux était constellé de taches de rousseur et de longs cils bordaient ses paupières fermées. Il devinait derrière celles-ci ses éblouissants iris verts. Il fut sorti de ses pensées par une douce sensation de chaleur, comme s'il venait de s'immerger dans une source volcanique. Il ferma les yeux pour en apprécier la caresse.
Les événements de Privet Drive l'avaient amené à présumer qu'elle était différente, cet accueil le confirmait. Elle était une sorcière Alpha, du moins c'est ainsi qu'on les nommait jadis. Elles étaient encore plus rares que les Nés-Vampires. Une sorcière capable d'utiliser, d'emmagasiner la magie pure. La magie était une énergie que seuls les sorciers pouvaient utiliser, mais ils devaient utiliser une baguette pour la condenser. Pas Ariane. Elle, elle avait un accès direct, pas besoin de formule, pas besoin de baguette, la magie se pliait à ses pensées et ses désirs. Autrefois, les Alphas avaient régné sur le monde magique, on disait d'eux qu'ils utilisaient toujours leur puissance avec sagesse et avait réussi à garder la paix durant des siècles, mais sans qu'on puisse l'expliquer de moins en moins d'Alphas venaient au monde, pour être finalement relégués aux livres d'histoire.
Snape comprenait maintenant ce qui l'avait poussé à sauver Ariane, il devait la protéger. Elle était une lueur d'espoir, une promesse d'un monde nouveau, meilleur. C'était plus fort que lui, à l'instant où leur regard s'était croisé elle le possédait. Contre sa volonté, ses crocs apparurent. Il prit une grande inspiration, essayant de garder son calme. Il entendait le cœur de la fillette palpiter, l'odeur de son sang lui faisait tourner la tête. Il quitta rapidement la pièce pour ne pas perdre le contrôle de ses actes.
Les jours passaient lentement, les cours avaient recommencé, les feuilles perdaient peu à peu leur vert éclatant pour les couleurs plus chaudes de l'automne. L'état d'Ariane s'était grandement amélioré, il n'y avait plus de trace d'une quelconque infection et les fractures avaient été reléguées au rang des oubliettes grâce à de savantes potions. Snape se concentrait sur ses cours au maximum, il souhaitait réellement protéger Ariane et cela comprenait la protéger de lui-même. Il espérait encore que le Lien se dissipe, mais pour l'instant il ne montrait aucun signe de faiblesse. La faim le tenait entre ses griffes. Il n'avait pas, depuis au moins un millénaire, ressenti un tel engouement pour le sang. Il avait essayé de jeter son dévolu sur un humain quelconque, mais la simple odeur de son sang le répugnait et il lui laissa un goût crayeux en bouche, sans pour autant l'apaiser. Il n'avait soif que pour le sang d'Ariane.
Par un matin frais et ennuagé, alors qu'il était affamé et tenaillé par le pressant désir d'aller compléter le Lien, il ressentit le réveil d'Ariane. Il avait l'impression de se tenir debout au sommet du plus haut versant de la plus haute montagne, éclairé par une aube printanière aux odeurs herbacées. Cet étrange vertige fut suivi de peur, d'incompréhension, de confusion. Elle divaguait dans un brouillard médicamenté, sombrant à nouveau dans l'inconscience pour se réveiller aussitôt. Il n'aurait pas été prudent de se rendre à l'hôpital sorcier. Le Lien devait être rompu ou laissé tel quel, pas question de compléter le rituel et jamais il ne forcerait une enfant dans un Lien Éternel. Même s'il devait en mourir.
Ariane ouvrit difficilement les yeux. Elle avait l'impression que ses paupières pesaient une tonne. Son regard était flou et cela prit quelques instants avant qu'elle puisse voir où elle se trouvait. Les murs de la pièce étaient de couleur crème, un rideau bleu foncé était suspendu au plafond formant une sorte de paravent lorsqu'il était déployé. Dans le coin face au lit se tenaient une chaise en bois et une petite table sur roulettes. Son regard erra sur les murs nus jusqu'à se fixer dans ceux de la médicomage à ses côtés. Elle lui parlait, mais elle n'entendait rien, ses oreilles bourdonnaient tellement qu'elle se crut durant un instant au cœur d'une ruche surpeuplée. Elle cligna des yeux et eut peine à les rouvrir. Elle réalisa qu'elle était assoiffée et chercha du regard quelque chose à boire. Habituée à de telles situations, une infirmière approcha un verre d'eau de ses lèvres. Ariane le but à petites gorgées, savourant chaque instant de pure extase que ce simple verre d'eau lui apportait. Elle se rappela le sous-sol des Dursley où, au désespoir, elle léchait la pierre des murs et parfois même le sol à la recherche de la moindre goutte d'eau. Un frisson d'horreur la traversa au moment où ses souvenirs revinrent. Elle aurait préféré avoir oublié à jamais.
Le bourdonnement dans ses oreilles commençait à s'estomper, elle put répondre aux questions de la femme qui se présenta comme étant une… médicomage? Elle comprit qu'elle était à l'hôpital, qu'elle avait été blessée, mais que maintenant elle allait mieux. Blessée. Elle se rappela la colère sur le visage de Vernon, l'écume au coin de ses lèvres alors qu'il criait, les ruées de coups, le bruit sourd d'un os qui craque puis le feu. Ariane frissonna d'horreur. Elle devait garder secret ce qui s'était réellement passé. Elle continua d'écouter et de répondre le plus sommairement possible jusqu'à ce qu'un homme, très vieux si on en croyait la longueur de sa barbe blanche, entre. Elle essaya de s'assoir dans le lit, mais elle n'avait aucune force dans les bras. L'infirmière l'aida à se redresser.
«Bonjour Ariane. Je m'appelle Albus Dumbledore. Comment te sens-tu? » L'homme à la longue barbe avait adopté un ton amical. Elle répondit qu'elle se sentait de mieux en mieux. Dumbledore se dit qu'elle devait être traumatisée en plus de se retrouver dans un endroit différent de tout ce qu'elle avait connu alors il pesa ses mots.
«Ce que je m'apprête à te dire sera peut-être choquant pour toi, mais dans cette pièce nous sommes tous des sorciers. Tu es une sorcière Ariane» Elle les regarda avec surprise et contre toute attente répondit
«Je sais…» Il y eut un long silence avant qu'elle complète «Ma tante me l'a dit… est-ce qu'on est… beaucoup?» Cette fois, ce fut Dumbledore qui eut un air surpris
«Des sorciers? Bien sûr, nous sommes des millions!»
«Mais… mais… »Ariane nageait dans la confusion «Je l'ai vu dans les livres… les sorciers sont brûlés au bûcher… et noyés dans les lacs» S'en suivit la conversation la plus étrange que Dumbledore eut depuis au moins une décennie. En effet, les Dursley avaient réussi à convaincre Ariane, à grands coups d'images lugubres et effrayantes, que les sorciers étaient toujours chassés et brutalement tués. Ariane avait la nausée, elle se sentait crédule, comment elle avait pu croire ces… ces MONSTRES. Elle commença à hyperventiler, elle voyait des points noirs. La médicomage demanda à Dumbledore de sortir alors qu'ils aidaient la jeune fille. Ses signes vitaux étaient hors de contrôle et ils lui donnèrent une potion qui l'endormit d'un sommeil sans rêves.
Severus tournait en rond dans son bureau depuis plus d'une heure. Il pouvait ressentir que Ariane était toujours endormie. Les montagnes russes émotionnelles de ce matin l'avaient chaviré tel un vulgaire radeau pris dans un typhon. Il avait depuis longtemps oublié à quel point les émotions pouvaient être puissantes. Au retour de Dumbledore, il n'était pas allé lui poser de questions au sujet de l'enfant. C'était une véritable torture d'être loin d'elle ainsi, mais il devait être parfaitement calme afin de ne pas commettre de geste irréparable. Il attendit que le soleil se couche pour aller lui porter le dernier rapport sur les activités des mangemorts et Dumbledore aborda lui-même le sujet, lui racontant sa matinée et lui demandant de lui rapporter immédiatement et directement tout ce qu'il entendrait au sujet d'Ariane.
«Il ne faut pas oublier que les événements de Godric Hollow sont ceux qui, au final, ont amené Ariane dans ce lit à l'hôpital.» Compléta Dumbledore. Snape frissonna. Voldemort savait, il en était persuadé. Voudrait-il se venger ? Tenter à nouveau de la capturer, de faire sien son pouvoir ? Protéger Ariane de lui-même et de Dumbledore n'était pas assez, il devait la protéger de Voldemort aussi. Si au moins il avait pu rester à ses côtés constamment cela aurait été un jeu d'enfant, mais sa faim ne faisait que s'aiguiser davantage chaque jour et le sentiment d'urgence qui l'habitait n'avait rien de naturel. Tout son être lui hurlait de compléter le Lien.
«La semaine prochaine, je vais l'interroger sur les événements des derniers jours. Les aurores n'ont toujours pas retrouvé les Dursley, c'est pour le moins étrange. Ce ne sont que des moldus après tout. Je vais aussi lui demander… comment était sa vie avec eux. Ça risque de la troubler. Je veux que tu sois là, c'est toi qui l'a trouvée après tout» Il avait pris un ton mielleux. Le salaud, pensa Snape, refuser aurait été suspect. Mais il savait qu'il ne pourrait plus se contrôler longtemps. Il n'avait pas le choix, il devait s'éloigner de Ariane le plus possible. Il ne pouvait pas non plus la laisser seule avec tout ce pouvoir. Il risquait aussi de la perdre aux mains de Voldemort. Il avait beau se creuser les méninges, il ne voyait qu'une solution.
«Albus, vous m'avez demandé si j'avais fait quelque chose à Ariane la nuit où nous l'avons trouvé à Privet Drive. Je vous ai menti. Elle allait mourir alors je lui ai donné mon sang pour lui sauver la vie, nous sommes liés depuis» Dumbledore failli cracher son thé, surpris par la confession du vampire. Severus compléta
«Je ne suis pas un simple vampire, je suis né ainsi»
Dumbledore était abasourdi. Un Né-Vampire, lui qui croyait… »
«Cela explique bien des choses, Severus, je suis content que tu te sois confié à moi. Mais, si tu es si puissant que les légendes le disent, pourquoi ne mets-tu pas fin à cette guerre ?»
Severus soupira de dépit.
«J'y ai pensé, comme lors de toutes les guerres, moldues ou sorcières, depuis des siècles. Oui, je pourrai dès maintenant transplaner au QG de Voldemort et tous les tuer. Mais après il y aurait d'autres guerres, d'autres gens à tuer. Et pourquoi ne pas en finir avec tous les petits truands, les criminels, les gens un peu trop radicaux… Ça ne finirait jamais, et par le passé se mêler des affaires moldues ou sorcières s'est toujours révélé être une mauvaise décision. Les Né-Vampires avons convenu de ne plus nous impliquer. Si je faisais cela, les miens s'uniraient pour me détruire. Tout le monde croit que nous sommes éteints et c'est parfait ainsi» Severus avait insisté sur la dernière phrase. Dumbledore renchérit
«Mais tu espionnes pour moi»
«N'importe quel sorcier pourrait le faire. Si ça n'avait pas été moi, ça aurait été un autre. Ça ne me demande pas d'utiliser mes pouvoirs de vampires, seulement de sorcier. Personne chez les mangemorts ne se doute que je ne suis pas qu'un simple sorcier»
Dommage, pensa Dumbledore, mais c'était sa décision. Ce dernier ne pouvait pas se douter à quel point Severus regrettait de ne pas avoir tué Voldemort avant les événements de Godric Hollow. Lily et James seraient en vie et Ariane aurait eu une vie normale. Et il se serait évité bien des soucis. Il se secoua, ça ne servait à rien de pleurer sur le passé.
«J'ai autre chose à vous révéler. Ariane est une sorcière Alpha, une sorcière qui a accès à la magie à l'état pur. Mais la magie d'Ariane est brute, vous devrez l'entraîner. Elle doit apprendre à maîtriser ses pouvoirs sinon elle risque de se blesser, ou pire de se tuer. Depuis que nous sommes liés, ma faim pour elle ne fait que grandir. Je dois partir avant de perdre le contrôle, je ne peux pas la condamner à cette vie. Je vais continuer à espionner Voldemort, mais je ne pourrai pas revenir à Poudlard»
Dumbledore regarda Severus avec un air grave alors qu'il lui tendait de vieux livres qui tombaient presque en poussière, lui mentionnant que c'étaient les seuls ouvrages mentionnant les Alphas qu'il avait pu trouver.
«J'ai confiance que vous ferez les bons choix pour Ariane, par contre, sachez que je ressens tout ce qu'elle ressent, alors si je devais revenir, ce ne serait pas pour de bonnes raisons. Vous ne voulez pas que je revienne, Albus»
Durant un instant, la pièce s'obscurcit et l'angoisse prit le vieil homme à la gorge. Ce n'était qu'un avertissement. Il acquiesça.
«Je prendrais soin d'elle comme ma propre fille, Severus»
Alors qu'il allait quitter le bureau, il ajouta
«Ne lui parlez pas du Lien, ni de moi. Sa vie sera déjà assez compliquée»
Le Né-Vampire prépara son mince bagage et fut parti dans l'heure.
L'hôpital avait l'air plus lugubre que jamais sous le ciel gris et la pluie battante. Dumbledore entra rapidement et contre toutes attentes, lorsqu'il vit Ariane, il ressentit d'abord du soulagement. Ses joues étaient déjà plus arrondies et son teint était rosé. Des oreillers dodus soutenaient son dos et une infirmière était en train de lui donner de la compote de pomme à la cuiller.
«Bonjour Ariane, j'ai quelques questions à te poser» L'infirmière prit son plateau et quitta la pièce. Albus prit place dans le fauteuil.
«Sais-tu où sont les Dursley ?» Dumbledore avait visiblement décidé de ne pas tourner autour du pot. Ariane détourna le regard, d'une voix timide elle répondit qu'elle ne savait rien.
«Peux-tu expliquer ce qui s'est passé… pourquoi tu étais dans la cave ?» La question de Dumbledore fut suivie d'un long silence.
Ariane déglutit. Elle avait un air grave.
«La vie avec les Dursley était correcte jusqu'à l'anniversaire de Dudley. Avant ça ils me donnaient trois repas par jour, j'avais un lit et j'allais à l'école. Des fois, ils disaient des choses méchantes comme que Dudley était leur vrai enfant et que c'est pour ça qu'il avait des cadeaux. Je n'avais pas vraiment d'amis parce qu'ils disaient que mes vêtements n'étaient pas beaux et que Dudley disait des choses méchantes sur moi. À la fête de Dudley, on est allé au zoo, je ne sais pas pourquoi ils m'ont amenée, mais cette fois-là ils m'ont amenée. Dans la maison des reptiles, Dudley avait sa face collée dans la vitre des serpents. Je n'ai pas voulu lui faire mal, j'en avais juste assez qu'il soit toujours méchant avec moi. Je me suis dit que ce serait drôle s'il n'y avait pas de vitre il tomberait dans les serpents… et c'est arrivé. La vitre a disparu une seconde et Dudley est tombé avec les serpents, mais quand il a voulu sortir la vitre était revenue. Pétunia criait comme une folle… ils n'étaient pas venimeux ces serpents-là ce n'était pas trop dangereux… En revenant tout le monde était furieux, ils ont crié après moi, m'ont dit que j'étais une sorcière comme mes parents. Vernon m'a poussée dans l'escalier de la cave et j'ai déboulé toutes les marches. Il a refermé la porte et l'a barrée. Je ne pouvais plus marcher, ma jambe me faisait vraiment mal alors je me suis mis à crier et pleurer, mais ils m'ont dit qu'ils allaient appeler la police si je n'arrêtais pas et que la police allait m'amener en prison parce que j'étais une sorcière. Après ils m'ont expliqué avec des livres que les sorcières étaient brûlées au bûcher ou noyées. Mais qu'eux ils étaient gentils ils allaient me cacher dans la cave… Mais ce n'était pas gentil ils ne m'amenaient presque pas de nourriture, j'avais soif et un jour oncle Vernon est descendu avec une chaîne et un cadenas et m'a attachée parce qu'il disait que je n'arrêtais pas de faire du bruit. Je suis restée là vraiment longtemps. Puis vous êtes arrivés.» Les souvenirs d'Ariane concernant la nuit durant laquelle Snape l'avait secourue étaient vague, elle avait déduit, par l'Attitude de Dumbledore, que c'était lui qui l'avait trouvée.
«Quel âge a eu le garçon la journée qu'ils t'ont enfermée? » La voix de Dumbledore avait claquée dans le silence. Ariane baissa les yeux.
«Neuf ans» Il y eut un long silence. Plus de deux ans dans un sous-sol lugubre.
«Les infirmières sont gentilles, elles m'ont parlé du monde magique… que ce n'était vraiment pas vrai ce que mon oncle et m'a tante m'ont dit.»
Albus lui sourit et acquiesça. Il posa quelques questions à Ariane concernant son séjour à Ste-Mangouste et lui confirma qu'elle pourrait aller à Poudlard dès qu'elle serait assez en forme. Elle demanda s'il était possible de lui amener des livres. Ariane était avide de connaissances, un nouveau monde s'ouvrait devant elle, un monde merveilleux, et elle n'avait qu'une envie, y plonger tête première. Chez les Dursley, elle avait sombré dans le désespoir, croyant qu'elle allait passer le reste de sa vie enfermée au risque d'être exécutée. Quels monstres, pensa Ariane. Malgré tout, elle regrettait son geste, elle n'avait pas voulu les tuer, elle voulait juste que Vernon arrête de la frapper, elle voulait juste être libre.
«Bien, je ne te dérangerai pas plus longtemps, tu dois être fatiguée.»
Ariane n'avait pas osé demander, mais elle était convaincue qu'il s'était passé quelque chose dans le sous-sol. Elle se sentait différente, comme si quelqu'un la regardait alors qu'il n'y avait personne dans la pièce. Elle frissonna. Ce n'était peut-être qu'une impression.
Dans les semaines qui suivirent, Albus la visita, s'enquérant de son bien-être. Il aimait bien la jeune fille, elle était polie et curieuse. Elle posait beaucoup de questions et il se faisait toujours une joie de la visiter. Et il avait si peu de joie dans sa vie présentement.
Ariane était de plus en plus en forme, si bien qu'elle pouvait maintenant commencer sa rééducation. Ses muscles et ses os étaient si affaiblis que se nourrir seule la laissait essoufflée et en sueur. Jour après jour, elle travaillait du matin au soir, faisait religieusement ses exercices, repoussant la douleur et la fatigue. Elle allait aller à Poudlard. Elle allait faire de la magie. Jours après jours, semaines après semaines elle cochait ses exploits sur un grand tableau que le personnel lui avait dessiné.
Manger
Se laver
S'habiller
Écrire
Marcher
Courir
Sauter
Une semaine avant la rentrée elle fit sa valise. Direction Poudlard.
À suivre
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